Chapitre 2

31 Juillet 1997.

Le Basilic plongea une nouvelle fois sur lui. Harry recula brusquement en laissant échapper un cri, n'échappant que de peu au mouvement sec de la gueule gigantesque du serpent. Le dos fermement appuyé contre la paroi froide derrière lui, il tenait fermement l'épée de Gryffondor tout contre lui : Il n'avait aucune chance de s'enfuir. Même aveugle, le Basilic pourrait toujours le trouver.

Le garçon tremblait. Ses doigts serraient nerveusement la poignée de l'épée alors que son autre main en caressait la lame avec douceur et tendresse. Cette épée était importante. Quelque chose en elle le poussait à vouloir en prendre soin, et Harry se promit silencieusement que, peu importe ce qui lui arrivait, il ferait en sorte que rien n'abime cette épée.

Un des crochets du basilic s'enfonça dans son bras alors qu'Harry plongeait l'épée au plus profond de la gueule de l'animal, transperçant ainsi son palais et son cerveau. Dans un rugissement, le Basilic secoua sauvagement sa tête dans tous les sens, se s'arrachant lui-même de l'épée d'Harry, mais lui laissant son crochet planté profondément dans le bras. Et tandis que le serpent agonisait en se contorsionnant et en sifflant furieusement, Harry rampa au sol, laissant le peu de force qui lui restait encore à tenir l'épée dans une de ses mains. Il ne voulait pas la laisser là. Il ne pouvait pas l'abandonner ici.

Le crochet se retrouva soudainement dans sa main et il l'abattit violement vers le sol, encore et encore. Le crochet se plantait dans le journal et, à chaque fois qu'il en ressortait, de l'encre en jaillissait, aspergeant le visage d'Harry comme l'aurait fait une artère que l'on aurait tranché. Il le poignarda une dernière fois, épuisé, mais souriant avec satisfaction à la vu d'un Tom Riddle hurlant de douleur.

Tom se mit à briller, d'une lueur blanche et aveuglante tout en continuant de pousser des hurlements. Harry s'affala au sol et laissa enfin tomber le crochet, complètement vidé de ses forces. A ses côtés, Ginny commença à s'agiter faiblement mais Harry n'eut pas la force de la regarder ne serait-ce qu'une minute entière.

Son attention était entièrement tournée vers l'épée de Gryffondor et sur le phénix qui voltait au dessus de façon possessive. Si Harry en avait eu la force, il aurait jeté une malédiction à la créature.

XXX

Novembre 1943.

Anathema marchait prudemment, sa main pressée contre celle plus chaude de Tom. « Fais-moi confiance » lui souffla le jeune Voldemort. Ses yeux bleu marine regardèrent avec tendresse le visage rosit de son amant.

« Où allons-nous ? Sommes-nous arrivés ? » Demanda Ana. Sa voix tremblait légèrement. Il portait un bandeau autour des yeux : Ayant refusé que Tom lui jette un sort pour le rendre temporairement aveugle, ils avaient dû avoir recours à une méthode un peu plus Moldue. Anathema n'avait jamais beaucoup aimé le noir. Peu importe que Tom soit avec lui ou non, il continuait à ne pas aimer l'idée de ne pas être capable de voir alors qu'on le trainait à travers les tunnels sous terrains qui menaient à la Chambre des Secrets.

« C'est une surprise. Je te promets que tu vas adorer. » En dépit du tissu noir attaché autour la tête d'Ana et qui cachait ses magnifiques yeux verts, Tom su qu'ils étincelèrent. « Nous sommes presque arrivé, amour. »

Le serpentard de sixième année continua son avancé et Anathema n'eut pas d'autre choix que de le suivre et de le laisser le traîner derrière lui.

Il pouvait entendre quelque chose couler, et le son que faisaient les gouttes d'eau en rencontrant les flaques d'eaux au sol lui semblaient bien plus fort qu'avant qu'il n'ait les yeux bandés. La main libre d'Ana se crispa le long de son corps. Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en Tom, il lui aurait confié sa vie sans hésiter, mais il n'aimait pas se sentir vulnérable. Il avait toujours fais de son mieux pour être fort et autonome, alors autant dire que se laisser guider en aveugle était l'essence même de ce qu'il considérait comme être faible et vulnérable. Il n'était pas faible. Il ne voulait pas être faible. Il ne voulait pas laisser son père avoir raison à son propos.

« Tom, est-ce que tu peux me retirer le bandeau. S'il te plait. » Murmura Anathema. Il pressa légèrement la main de Tom. Un instant plus tard, le plus âgé murmurait quelque chose d'intelligible et le morceau de tissu noir s'échoua doucement au sol. Ana cligna des yeux à plusieurs reprises, essayant de réhabituer ses yeux à la faible lumière de la Chambre.

Les murs étaient crasseux et humides, de l'eau ruisselaient tout le long, ainsi que du plafond. Mais, Anathema ne s'était pas attendu à mieux en matière de décors. L'endroit se situait dans les sous terrain après tout. Personne d'autre n'en connaissait l'existence. Aucune autre personne vivante à part eux, alors il était évident que l'endroit aurait besoin d'un bon coup de balais. Peut-être pourrait-il convaincre un de ses elfes de maison de venir à Poudlard sans le dire à son père ? Ou Voldemort pouvait aussi demander à en emprunter un aux Malfoy.

« Nous ne sommes pas encore arrivé » Lui promit Tom. Il glissa de nouveau sa main dans la sienne et continua à tirer le plus jeune derrière lui. Le cinquième année regardait tout autour de lui, les yeux grand ouverts alors que Tom sifflaient en Fourchelangue et que le mur de pierre devant eux commençait soudainement à se briser.

« C'est comme entrer au Chemin de Traverse ! » Ana laissa échapper un halètement alors qu'une brèche apparaissait dans le mur, devenant de plus en plus large de brique en brique. Ana se sépara de Tom, dégageant sa main de l'étreinte de son amant pour se précipiter dans la Chambre.

Cette pièce était tout aussi sale, mais Ana n'y fit pas plus attention. Il courut au travers de ce qui semblait presque être un lac d'eau, parcourant la salle d'un bout à l'autre, indifférent au fait que ses chaussures étaient probablement fichus. « Oh, regarde Tom ! » Cria-t-il en pointant différentes parties du mur à mesure qu'il avançait. Il y avait des gravures tout au long de la chambre, la plupart étaient des sortes de gribouillis et de lignes et Tom lui expliqua que c'était la forme écrite du Fourchelangue. Ana fit glisser ses doigts le long des formes en essayant de les mémoriser. « Dis-moi les mots, Tom, s'il te plait » Demanda-t-il doucement, en levant ses yeux verts implorant vers l'autre garçon.

Alors Tom commença lire.

Une fois que la curiosité d'Anathema fut satisfaite, Tom lui attrapa de nouveau la main et la tira d'un coup sec pour ramener Ana contre son torse. Ses bras s'enroulèrent aussitôt autour de la nuque du garçon aux yeux bleu marines alors que le bras de ce dernier se refermait autour de la taille plus mince de l'autre garçon.

« Tiens-moi bien » intima t-il au plus jeune. « Il y a quelqu'un que je veux te présenter. » Il pointa leurs pieds de sa baguette « Levicorpus » dit-il calmement. Ils commencèrent à s'élever dans les airs. Avec un large sourire, Anathema fixa le sol qui défilait sous eux, ses bras serrés étroitement autour du cou de Tom. « Je ne vais pas te laisser tomber » Lui glissa doucement l'Héritier de Serpentard.

« Je sais mais, tu sais bien à quel point j'aime voler. Je détesterais oublier que tu n'es pas un balai et te lâcher… »

Tom rit doucement, sa poitrine tressautant contre celle d'Anathema. « Non en effet, mais je suis quand même plus amusant à chevaucher qu'un balais non ? »

Ana rougit furieusement et détourna la tête dans un halètement. Le jeune garçon de quinze ans rougissait comme un puceau à chaque fois que quelque chose d'un tant soit peu sexuel était mentionné malgré le fait qu'il ait déjà perdu sa virginité depuis l'été dernier.

Ils se posèrent directement en face de la statue qui représentait le visage de Salazar Serpentard. La statue était aussi haute que la chambre, et bien assez grande à elle seule. La bouche avait presque la taille d'une petite porte et d'un mouvement de baguette, la statue commença à baillé, ses lèvres s'ouvrirent assez largement pour que Tom puisse y passer et tirer son amant après lui.

« Bienvenu dans le sanctuaire de Serpentard. Viens, Ana » Tom ramena le garçon contre lui.

Anathema eu un sourire alors qu'il marchait à petit pas rapide pour garder le rythme des enjambées plus grandes de Tom. Il n'avait jamais vu Tom être aussi heureux et enthousiaste a propos de quelque chose qui n'impliquait pas un sort de magie noir ou tout autre. C'était agréable, de voir Tom agir comme n'importe quel humain normal ne serait-ce qu'une fois, pensa-t-il.

« Viens à moi, ma jolie, je voudrais te présenter mon compagnon. » Siffla bruyamment Tom. Il s'arrêta au milieu de la pièce et ne fit qu'attendre.

La pièce où ils étaient était splendide. Ana n'était pas certain qu'elle est toujours été aussi propre où si Tom avait simplement fait du nettoyage de la pièce une priorité, mais elle était maintenant incroyable. Il y avait des étagères remplies de livres contre l'un des murs, et sur celui opposé s'étendait un canapé, des coussins et un divan. Le mur complètement nu près de la porte qu'il avait emprunté pour entrer s'ouvrit soudainement. Un basilic se glissa à travers la nouvelle ouverture, ses yeux clos, et il se stoppa juste devant Tom, lui sifflant en réponse.

Anathema trembla légèrement, mais, ce n'était pas de la peur. Il savait que le Basilic était dangereux, mais il était avec Tom. Tom ne laisserait jamais quoi que ce soit lui arriver. Lorsque Tom parla, il frissonna de nouveau. Entendre son amant parler Fourchelangue lui envoyait toujours des frissons dans tout le corps, et Tom trouvait sa réaction face a cette langue très agréable. Il aimait assez prononcer le nom d'Anathema dans le langage des serpents lorsqu'ils faisaient l'amour, juste pour sentir Anathema trembler sous lui et se serrer de plaisir autour de lui.

Le basilic baissa son énorme tête : ses yeux clos faisaient désormais directement face au visage d'Ana.

« Ravi de te rencontrer » lui dit Ana. Tom traduisit ses mots en Fourchelangue.

« Elle a dit que tu sentais merveilleusement bon » Le Basilic rajouta alors quelque chose et un froncement de sourcils apparu sur le visage de Tom. Sa baguette était dans sa main, et il l'agita de façon menaçante, même si le serpent ne pouvait pas le voir, tout en sifflant quelque chose qui n'était sans doute pas très plaisant..

« Qu'a-t-elle dit ? » demanda-t-il, amusé par la réaction de Tom.

« Elle se demandait si elle avait le droit de te dévorer si tu revenais ici tout seul. » marmonna Tom. « Je l'ai remise sur le droit chemin, ne t'inquiète pas Amour » Il se pencha en avant et passa un de ses bras autour de la taille d'Anathema.

« Je n'étais pas inquiet » répliqua doucement Ana. « Je suis avec toi. »

Un peu plus tard, Tom avait enfin réussis à convaincre le Basilic de retourner dans sa tanière. Il avait dû mentir, apparemment, et lui dire qu'Anathema était sur le point de partir et que seul Tom resterait ici. Ana estima que la situation aurait pu être drôle si ce n'est le fait que le serpent aurait pu ne pas obéir, et qu'il aurait sans doute été dévoré avant que Tom n'ait pu l'aider à s'échapper de la pièce. Enfin, il s'inquiétait pour rien, comme d'habitude.

Il marchait lentement à travers la pièce, ses doigts effleurant les peintures et autres couvertures de livres. Il s'assit sur une des chaises, se releva et s'assit sur une autre, puis sur une autre, juste pour pouvoir toutes les essayer. Tom lui se prélassait sur le seul divan, son journal appuyé contre sa poitrine alors qu'il inscrivait quelque chose sur les pages jaunis.

« Qu'est-ce que tu écris Tom ? » Demanda Ana avec curiosité tout en se laissant tombé au sol, au pied de Tom.

« Je suis entrain d'y décrire ma rage si mon animal arrivait un jour à te dévorer. Je veux que le monde entier sache qu'essayer de te dévorer ne serait pas une très bonne idée. » répondit-il lentement, sa voix était froide mais Ana leva les yeux à temps pour voir ses yeux bleus marines brillés avec amusement avant que la lueur ne disparaissent.

« Ah ? » répliqua-t-il, curieux, « Et comment serait ta rage dis moi ? »

« Enragé mon amour. Comment voudrais-tu qu'elle soit ? » Anathema fronça légèrement les sourcils à la réponse ridicule de Tom. Il se releva légèrement pour lui mettre une petite tape sur la jambe. « Ce que j'y écris ne te concerne pas. Quand je trouverais ce que j'ai besoin de savoir, quand je saurais si c'est possible, alors je t'informerai de tout. »

« Et quand tu me le diras, et que tu demanderas indubitablement mon aide, alors je le l'offrirais entièrement. » lui promit solennellement le garçon aux cheveux noir corbeau. Il pencha sa tête en arrière et Tom se baissa, se penchant au-dessus de lui, pour joindre doucement leurs lèvres ensemble.

« Je ne demande rien d'autre que ton entier dévouement ainsi que ton entière participation, Ana. Tu le sais bien. » Le taquina gentiment Tom. Il referma son journal et laissa sa plume entre les pages.

« Oh, et quand est-il de cette même dévotion dont tu m'as fait la promesse ? » demanda le sorcier aux yeux verts.

« Désires-tu une démonstration de ma dévotion ? » L'interrogea Tom. Et sans attendre de réponse, il se laissa glissa du divan et vint s'agenouiller devant Anathema. D'une légère poussée, Ana se laissa tomber en arrière, sur le sol recouvert de moquette. Tom rampa sur lui, et resta au-dessus de lui, soutenu par ses coudes. Des lèvres douces rencontrèrent brièvement les siennes avant que Tom ne se relève légèrement avec un petit sourire satisfait.

« Et si je ne veux pas ? » le titilla doucement Ana alors même qu'il se relevait lui aussi pour presser ses lèvres contre le menton de Tom.

« Oserais-tu me défier ? » souffla Tom avant que leurs bouches ne se réunissent à nouveau.

XXX

Mai 1995.

« Oserais-tu me défier, Lucius ? » Dit-il à voix basse.

Le blond se recroquevilla devant lui, se tassant sur lui-même à même le sol, ses robes noires de Mangemort s'étalaient autour de lui et sa capuche était ramenée en arrière, laissant son visage à découvert. Lucius Malfoy avait de sérieux ennuis, et il le savait pertinemment.

On lui avait ordonné de veiller sur le journal du Seigneurs des Ténèbres, de le protéger. Mais cela faisait si longtemps depuis la défaite du sorcier que Lucius avaient supposé qu'il ne reviendrait jamais. Il avait donné le journal au plus jeune des enfants d'Arthur Weasley pour prendre sa revanche, sachant pertinemment que si la gamine était attrapée en possession d'un tel objet de magie noir, cela apporterait surement des ennuis à la famille.

Et pourtant, ça lui était retombé dessus.

« Mon Seigneur, pardonnez-moi, » plaida Lucius. Une malédiction fondit tout droit sur lui, le coupant au milieu de sa phrase. Lucius hurla alors que le « Cruciatus » faisait bouillir son sang. La douleur était atroce, et il supplia pour que ça s'arrête entre deux hurlements d'agonie.

« Tu n'as aucune excuse, mon cher ami fuyard. Tu as échappé à ton châtiment la semaine dernière. Je t'ai épargné une humiliation publique alors même que tu as été le plus déloyal. Mais là, maintenant, je ne peux pas te laisser repartir sans te faire souffrir un peu. » Le Mage Noir respira profondément, il pouvait sentir la peur de l'homme alors qu'il se penchait sur lui. « Tu as détruit quelque chose qui m'était très précieux. Et je tiens aux choses précieuses, Lucius. »

« Je vous jure mon seigneur, je vous jure que je vais réparer ma faute… Je vais... Je vais faire de mon mieux, je ferais tout ce que vous voudrez, quoi que vous demandiez. Mais s'il vous plait, pardonnez-moi ! » L'homme sanglotait presque. Lucius Malfoy, le fier pure sang suppliait à genoux devant un sang mêlé, essayant vaillamment de retenir des larmes de douleurs et de terreur. « S'il vous plait ? » murmura-t-il.

Une main aux longs doigts osseux et froids parcourut le visage de Lucius. L'homme était beau, pensa Voldemort. Mais sa beauté ne valait rien comparer à celle d'Anathema.

Une vive douleur s'empara de sa poitrine en pensant au garçon mort. Il y avait des dizaines d'années qu'il n'avait plus pensé à son ancien amant. Et avec la pensée de son nom, d'autres vinrent envahir sa mémoire, des souvenirs du temps passé aux côtés du jeune Serptentard aux yeux verts. Le Seigneur Noir fit quelques pas en arrière, loin de Lucius, et il posa les yeux rouges et vitreux sur l'homme accroupis.

« Disparais de ma vue Malfoy. » Siffla-t-il avec rage. Il voulait torturer et tuer mais il ne pouvait pas se permettre de perdre un fidèle si tôt après son retour. Et puis, ça effraierait toute recrue potentielle. Il était fou, pas stupide.

Les pensées d'Anathema tourbillonnaient dans son esprit, mélangées à d'autres pensées comme celles de Potter, qui une fois de plus lui avait échappé. Sa colère s'amplifia. Il jeta un sort en direction de la porte, mais Lucius s'était déjà échappé et fermait rapidement la porte derrière lui. Sa main se crispa sur sa baguette et il siffla tout bas, longuement et avec colère.

Il devait planifier une attaque, juste une petite. Il voulait rester hors des radars du ministère le temps de retrouver ses forces et renforcer son armé. Mais ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas assisté à une torture de Moldu un tant soit peu décente.

XXX

1er Août 1997.

Le mariage de Bill et de Fleur avait été magnifique.

Cependant, comme tout ce qui était agréable dans la vie d'Harry, cela ne dura pas longtemps. Presque aussitôt après que les vœux aient été échangés, que les jeunes mariés se soient embrassés et qu'ils aient coupé la première part du gâteau, des Mangemorts transplantèrent un peu partout dans le Terrier. Les gens hurlaient et criaient, hystériques, en essayant de sauver leurs vies. Seule une poignée eut l'idée de rester et de combattre. Harry était l'un d'eux.

Il leva sa baguette, la pointant droit sur un des hommes drapés d'un manteau noir qui approchait. « Duro ! » cria-t-il. Il eut le plaisir de voir les yeux du Mangemort s'élargir de surprise - ou bien étais ce de la peur ? - sous son masque. Harry ne le savait pas avant de voir le sorcier se changer complètement en pierre mais il n'y avait aucun doute sur le fait que le sortilège tuait. Le sort était initialement prévu pour envouter les objets inanimés, mais Harry n'avait pas vraiment le temps d'ensorceler des plateaux et des tasses pour frapper les Mangemorts avec ! Il ne laisserait personne mourir le jour du mariage de son frère.

« Duro ! » cria-t-il en direction d'un autre sorcier masqué. « Expulso ! » cria-t-il une seconde plus tard alors qu'un Mangemort s'était faufilé derrière Mme Weasley. Harry n'avait jusqu'alors jamais réalisé qu'il connaissait ce sort. Il n'était pas sûr de son effet mais c'était la première chose à lui être venu à l'esprit et il l'avait crié tout haut sans vraiment y penser.

Aussitôt que le sort frappa le Mangemort, celui-ci explosa. Son sang, ses organes et des fragments de ses os s'envolèrent dans toutes les directions. Harry plongea au sol pour éviter d'être touché par un pied arraché. Il ne pensait pas réessayer ce sort. A moins que le combat ne deviennent particulièrement désespéré, et même là, il espérait que personne ne le verrait s'en servir. Comment pourrait-il expliquer le fait qu'il connaisse un sortilège aussi noir alors qu'il ne le savait même pas lui-même ?

Quelqu'un l'attrapa par derrière et passa ses bras autour de son torse. Sachant instinctivement que ce n'était pas un de ses amis, il pointa sa baguette sous son bras et jeta le sort d'Expulsion-d'Entrailles. Un autre sort qu'il ne s'était pas aperçu avoir dans son répertoire.

Un horrible bruit de gargouillement retentit derrière lui, suivis d'un « plop » alors que les intestins du Mangemort étaient vomis par son estomac et qu'ils tombaient inutilement enroulé au sol. Le Sorcier bascula en avant dans un gémissement d'agonie, mais Harry ne fit que l'enjamber et jeter une autre malédiction en direction d'un autre homme masqué.

Il devenait clair que les Mangemort gagnaient. La plupart des gens n'avaient pas pris la peine de riposter. Et les quelques-uns qui avaient essayé avait été blessé ou bien avaient abandonné. Même Harry était surpris d'avoir tenu si longtemps. Si ce n'est le fait qu'il semblait savoir instinctivement la moitié des sorts qu'il avait utilisés, il aurait probablement été blessé depuis longtemps.

A peine avait-il baissé sa baguette et pensé à s'échapper qu'Hermione et Ron apparurent devant lui. Ils étaient sous sa cape d'invisibilité mais il les entendait l'appeler, même s'il ne pouvait pas les voir.

« Viens ! Mec ! Viens en dessous ! Vite ! » Lui murmura Ron.

Hermione releva le bord de la cape pour qu'Harry puisse venir s'y blottir. « Nous avons pris tes affaires. Je les ai mise dans le sac qu'Hagrid t'as donné. Je suis désolée si j'ai oublié quelque chose mais nous devions faire vite »

« Dégageons d'ici. Détruisons ces machins et ce bâtard de face-de-serpent et on rentrera chez nous, d'accord ? » Répliqua Ron tout bas.

Ensemble, ils marchèrent tous les trois lentement et prudemment le long de la clôture qui entourait le Terrier. La protection anti transplanage des Mangemorts s'arrêtait là. Harry n'avait pas encore passé son permis de Transplanage mais, Ron et Hermione l'avaient, eux. Une fois qu'ils furent hors des murs de protection, Hermionne les pris tous les deux par un bras.

« Tenez-moi fort » leur intima-t-elle. Elle tourna alors les talons et ils disparurent tous trois dans un « plop ».

Dans la nuit, après s'être installé dans leurs nouvelles chambres au numéro 12 Square Grimmauld, Hermione se rendit dans la chambre d'Harry. Ron était dans la cuisine, et elle voulait parler seule à seule avec Harry. Elle voulait lui parler et, elle avait dans l'idée que, peut importe ce qu'elle apprendrait, ce ne serait pas quelque chose que Ron pourrait facilement accepter au vu de sa vision un peu limiter du noir et du blanc.

« Harry ? Comment ce fait-il que tu connaisses de tels sortilèges ! » l'interrogea-t-elle brusquement alors que le jeune homme la faisait entrer dans la pièce.

« Viens en au fait Mione, tu veux? » se moqua-t-il avant de marcher jusqu'à son lit pour s'y jeter. « Que veux-tu que je te dise ? Que je les ai appris du Prince au Sang-mêlé ? Et bien non. Et je ne les ai pas lu dans un livre non plus ou dans un livre de Magie Noire ou quoi que ce soit d'autre. Je ne sais pas Mione. J'ai pensé à un sort et c'est la première chose qui me soit venu à l'esprit. Je les connaissais c'est tout. »

Hermione marmonna tout bas, pas réellement d'accord ou en désaccord avec ce qu'Harry avait dit. Elle ne savait pas quoi penser de son excuse mais, elle lui laissait le bénéfice du doute pour l'instant.

« Et tu es au courant que la plupart des sortilèges que tu as utilisé sont considérés comme Noirs ? » le questionna-t-elle avec hésitation après un moment de silence.

« Qu'est-ce qui te fais dire ça ? Le sang et les morceaux d'intestins qui décorent ma robe ou bien le fait que ma cicatrice me brûle horriblement encore une heure après ? Oui, j'avais cru comprendre en effet, merci. Et tu sais quoi Mione ? Je n'en suis pas désolé. Je n'aurais pas dû m'en servir, mais je ne suis pas désolé de l'avoir fait. Ils auraient utilisé les même sur moi s'ils en avaient eu la chance, alors je ne vais pas m'excuser pour les avoir blessé en premier. » Harry croisa les bras sur sa poitrine et jeta un regard mauvais à sa plus proche amie.

« C'est vraiment ce que tu ressens ? » lui demanda-t-elle tout bas, les yeux écarquillés.

« Oui. Non. Peut-être ? Je ne sais plus, je me sens perdu. Honnêtement, je ne sais pas comment ça ce fait que je connaisse ces sorts. Et savoir que je peux les utiliser aussi facilement en sachant que je ne connaissais même pas leur existence avant, ça me fait peur. Et j'ai adoré voir l'effet qu'ils avaient en les invoquant.. Qu'est-ce qui ne vas pas chez moi ? » Murmura-t-il, les yeux écarquillés et embués de larmes.

Hermione se déplaça jusqu'à lui et l'attira dans ses bras. « Il n'y a rien qui cloche chez toi. Tu es juste effrayé, comme nous tous. Et tu as raison malgré tout, ils n'auraient pas hésité à te blesser. Même si je ne suis pas d'accord avec les sorts que tu as utilisés, je suis contente que ce soit eux qui est été tué, et pas toi. Je vais faire des rechercher pour comprendre comment tu peux soudainement te mettre à savoir des choses. Enfin, si j'arrive à trouver un moment libre. » Elle se releva et lui sourit.

« Je sais Mione, merci »

« Repose-toi un peu. Je te verrais demain matin. »

Elle le laissa alors seul, fermant la porte derrière elle. Mais Harry ne pu se détendre dans son lit qu'après avoir levé sa baguette vers la porte et conjurer un complexe sort de protection dont il n'avait aucun espoir d'en expliquer la connaissance. Son unique prière était de se réveiller avant Hermione pour pouvoir l'enlever, car il ne ferait aucun doute qu'elle l'interrogerait aussitôt pour savoir où il avait bien pu l'apprendre aussi bien. Il n'était pas sûr de savoir comment ils les connaissaient, mais il supposait qu'il venait certainement de la pratique.

Cette nuit-là, il se sentit en sécurité dans son lit, protégé de ses deux amis qui ne l'aurait de toute façon jamais blessé.

Et cette nuit-là, il rêva de Voldemort.

XXX

Avril 1963.

La Forêt était quasiment silencieuse. L'on pouvait à peine entendre un léger sifflement se perdre dans le bruissement des feuilles secouées par le vent. Il n'y avait aucun autre animal dans les environs : Tous avaient été effrayés par l'aura dangereuse du Sorcier qui parlait aux serpents.

Le Cobra était anormalement long, aussi long que le sorcier était grand à vrai dire, et ses écailles étaient d'une pâle teinte verte. Vert - Comme les yeux d'Anathema.

Lord Voldemort observa le serpent, le scrutant attentivement. « Est-ce que tu comprend que je m'apprête à mettre un morceau de mon âme en toi ? » Lui demanda-t-il. Elle ne comprendrait certainement pas ce que cela voulait dire, après tout, ce n'était qu'un animal, mais il sentait néanmoins qu'il devait lui expliquer ce qu'elle avait accepté de faire. Si elle devait devenir son animal de compagnie pour le restant de ses jours, il espérait au moins qu'elle aurait de bonne pensées à son égard, même si ce n'était le cas de personne d'autre.

De toute façon, l'opinion qu'on pouvait avoir de lui n'avait aucune importance.

Pas depuis qu'Anath- NON ! Il ne devait pas penser au garçon. Cela faisait 16 ans maintenant que le jeune homme était mort, bien trop longtemps pour Voldemort dont les pensées ne tournaient plus qu'autour de lui. Il avait besoin de se purifier lui-même de ce genre de pensées. Il retrouverait bientôt le monde des sorciers, il serait bientôt de retour en Angleterre et il ne pouvait pas laisser sa seule faiblesse être exposé de façon aussi flagrante.

Il était temps de créer un nouvel Horcrux, pensa-t-il. Il s'en était promis sept et celui là serait le dernier. Juste un de plus et il pourrait enfin y déverser toutes ses pensées à propos de yeux verts, de cheveux noirs, de peau pâle, de lèvres douces posées contre les siennes. Tout cela ne serait plus qu'un Horcrux et enfin, Voldemort serait capable d'oublier.

Tout le monde méritait le pardon après tout. Au moins de la part de quelques forces supérieures si ce n'était pas de soi-même.

« J'avais espéré pouvoir me servir de l'épée de Griffondor pour mon dernier Horcrux. Il aurait aimé. Mais tu vas devoir le faire » siffla-t-il au serpent. Il la connaissait depuis une semaine, il l'avait rencontré alors qu'il parcourait la forêt d'Albanie à la recherche d'un endroit pour cacher un des ses Horcruxs. Nagini, comme il l'avait nommé, était convaincu que créer un Horcrux, que joindre un morceau de son âme, désormais en lambeaux, dans son propre corps était similaire à un « accouplement ». Il posa les yeux sur elle avec un petit sourire narquois alors qu'il lui tendait son bras droit. Elle s'enroula tout autour en utilisant ses anneaux pour se glisser plus haut jusqu'à être entièrement enrouler autour lui. « Allons-y Nagini, » lui dit-il « Allons donc nous accoupler. »

Ils partirent ensemble à la recherche d'un sacrifice, car pour déchirer son âme, il fallait commettre un acte effroyable : le plus terrible et le plus malveillant des actes. Il fallait tuer.

XXX

Note de l'Auteur :

Sinon, gardez bien à l'esprit que Tom n'a encore créé aucun Horcruxes. Son comportement changera donc en fonction des gens aux alentours et du nombre d'Horcruxes crées. De plus, tous les souvenirs canoniques (Certifiés par JKR) que nous avons sont du point de vue de Dumbledore, et nous savons tous à quel point il le détestait. Il n'y a donc pas moyen pour que Tom ait baissé sa garde en présence de l'homme assez longtemps pour que Dumbledore voit qu'il était quand même humain avant de créer ses Horcruxes.

Dites moi, vous avez remarqué, les chapitres sont plus long n'est-ce pas ? Celui là fait presque le double du premier *petit sourire* Merci encore ! Et pour tous ceux qui ne laissent pas de Review… Harry se verra pocké par… la baguette de Voldemort… Nous ne voulons pas que cela arrive, n'est-ce pas ?