Fourchelang

Écrit


Les vacances d'été juste après sa première année avaient été désastreuses. Pourtant, avec tous les problèmes liés au professeur Quirrell, il s'était dit que des vacances lui feraient le plus grand bien. Jusqu'à ce que ses parents lui disent qu'ils allaient rendre une petite visite aux Dursley, la partie moldus de sa famille, Harry sut que le mot repos ne serait pas ajouté à son vocabulaire cette année.

Bien sûr, il n'avait rien contre les moldus. Mais vu tous les commentaires qu'avait pu faire Tom sur ses amis, surtout Hermione, le survivant compris rapidement quel était l'avis de son colocataire sur la théorie de la pureté du sang. Le repas avait été glacial et Harry s'était enfui avant que Dudley lui mette la main dessus.

« Et tu défends encore les moldus ? Ils sont insupportables, et ils n'ont rien fait pour être un minimum hospitalier. »

« Tom arrête ! Ce n'est pas si mal. Ils sont de ma famille… Et puis, ce n'est pas comme si je devais les supporter tous les jours… On les verra qu'aujourd'hui. » Harry voulut se maudire lorsqu'il s'est rendu compte qu'il venait juste d'admettre implicitement qu'il était en accord avec Tom sur le fait que les Dursley sont insupportables. Aucune chance que Riddle ne le remarque pas.

« C'est bien ce que je dis, ils sont atroces. » Harry avait vraiment envie de soupirer, Tom pouvait être si fatiguant.

Finalement, le garçon aux yeux verts décida de rentrer, la nuit commençait à tomber. Au moment même ou il allait ouvrir la porte, cette dernière le fit toute seule et derrière elle apparut sa tante Pétunia.

« Tu étais là ? Dépêche-toi, rentre, tu vas faire un courant d'air. » Dit-elle d'un ton sec, accompagner avec un de ses regards de dégoût. Ils marchèrent tous deux vers le salon. N'y voyant personne, sa tante s'installa sur le canapé en soupirant.

Après un trop long silence, elle reprit. « Tu es aussi bizarre qu'eux. » Ce n'était même pas une question, juste de la méchanceté gratuite. Harry pouvait sentir la colère de Tom devenir encore plus grande. Son colocataire lui murmura dangereusement. « C'est pour cela que je les déteste… » Faites que ses parents reviennent vite.


« Pardon !? »

« Fourchelang ! Harry ! Tu parles aux serpents. »

« N-non ! C'est impossible, n'est-ce pas ? »

Ron et Hermione se contentèrent de le regarder. Sa tête tournait, il avait besoin d'air, maintenant. « Je sors un moment, partez sans moi, je vous rejoindrais plus tard. » Harry avait surtout besoin d'être seul. Il arriva près du lac noir et s'y installa, perdu dans ses pensées, il ne fit attention à rien. Finalement, c'est la voix de Tom qui le sortit de son état de transe.

« Utilise un charme de chauffage si tu ne veux pas geler jusqu'à ce que mort s'ensuive. » Tom était toujours aussi sec et rationnel. Mais entendre une voix familière lui parler d'autre chose que les derniers événements étaient très rassurants. Il rigola légèrement à cette pensée. Riddle le rassurer ? Non, il ne ferait jamais cela. Il jeta néanmoins un sort sur ses vêtements et soupira en sentant l'effet immédiatement.

« Tom ? »

« Oui ? »

« Pourquoi je peux parler aux serpents ? » Demanda-t-il timidement. Après tout, Tom savait toujours tout, que se soient les cours, la plante dans la salle vers la pierre philosophale, les stratégies pour les jeux d'échecs et tout le reste…

« C'est normal, ne t'inquiète pas pour cela. »

« Mais je ne suis pas l'héritier de Serpentard ! » Cria-t-il.

« Non, effectivement, tu ne l'es pas. » En ce moment, c'est exactement ce qu'Harry avait envie d'entendre. Sauf que Tom ne lui disait jamais ce qu'il voulait entendre juste pour lui faire plaisir. Tom exposait les faits, c'est tout. Cette perspective lui permettra de se calmer un peu.

« Mais Hermione a dit qu- »

« Elle a tort. »

« Et les autres croy- »

« Ils ne savent rien. Harry arrête avec ce train de penser, c'est ridicule. »

« Ridicule !? » Il ne se rendait même pas compte qu'il sifflait « Le fait que tout le monde pense que je suis le responsable de toutes ses pétrifications et que je prévois un génocide des nés-moldus à Poudlard est ridicule ?! »

« Calme-toi. C'est ta stupide panique et ta culpabilité sans fondement qui sont ridicules. »

« Oui, c'est sûr que quand on est incapable de sentir quoi que ce soit, tout paraît beaucoup plus facile et ridicule pas vrai ? » Répondit-il sur un ton sarcastique.

« Certes, mon manque de … » Tom semblait chercher le mot approprié. « Sentimentalité me permet de ne pas tenir compte des avis de la société et donc de voir la situation plus clairement... »

Après cela, il y eut un silence pesant. Tant mieux, il ne voulait pas parler au psychopathe dans sa tête de toute façon.


Tom n'avait eu aucun mal à savoir d'où venaient les incidents avec la chambre des secrets. Bien sûr, il y avait la possibilité de tout soit orchestré par l'âme d'origine, mais Tom penchait plus pour l'hypothèse d'un autre horcrux. Reste à savoir lequel…

Il eut rapidement sa réponse lorsque Harry découvrit son ancien journal. C'est ce qu'il redoutait. Le tout premier horcrux qu'il a créé, merci à cette chère Mimi. Le seul problème, c'est que cette version plus jeune de lui-même est resté ignorante des événements des cinquante dernières années. Il espérait qu'Harry n'écrirait pas dedans. En attendant Tom se contenta de resserrer ses boucliers d'occlumancie.


« Je m'appelle Harry Potter. »

« Harry ? Je peux savoir ce que tu fais. » La voix de Tom était glaciale et tranchante. Mais Harry ne prit pas cette remarque qu'il venait de se faire au sérieux, il était habitué aux sautes d'humeur de Tom. « J'écris. »

« Et pourquoi donc ? »

Harry soupira. « Je ne sais pas… Peut-être que j'attends qu'une réponse tomb- » Il n'eût pas le temps de finir que son écriture s'effaçât pour en laisser apparaître une autre.

« Bonjour Harry, mon nom est Tom Riddle. »

Il resta interdit un moment, puis Tom reprit comme si de rien n'était « Qu'une réponse tomb- quoi ? »

« Tombe du ciel. » Répondit-il mécaniquement. « Tom… C'est ton nom qui vient d'apparaître là ? »

« De toute évidence. »

« Et… Ça veut dire quoi ? » Demanda-t-il la voix légèrement tremblante. Il faut qu'il soit prudent, car le ton de Tom était devenus dangereux. Son début de migraine n'était qu'un avertissement. Tom n'avait pas l'air de vouloir lui répondre.

Sa nature courageuse et insouciante de Gryffondor le poussa à reprendre le journal pour écrire à nouveau.

« Harry, arrête cela. Tout de suite. » La voix de son colocataire le fit frissonner. Tom ne demandait pas, il lui ordonnait.

Il écrit : « Savez-vous quelque chose à propos de la chambre des secrets ? » A nouveau, l'écriture s'effaça. La réponse ne prit pas longtemps à apparaître.

« Oui. » L'instant d'après, la seule chose que son crâne pouvait enregistrer était la douleur.