Chapitre 6 :
Depuis la première fois depuis longtemps, Gakushuu eut droit à un vrai repas de famille en compagnie de son père. Sans oublier Lola ! Car oui, avec l'arrivée de la correspondante française, Gakuho voulait lui montrer à quel point il étaient une « famille moderne ». Quand son père le lui avait annoncé ça, son fils n'a pas pu s'empêcher de serrer les dents et de marmonner que son idée était complètement stupide.
Résultat : le dîner se passait très mal. Personne n'osait parler et l'ambiance était pesante.
- Alors, tu vas essayer d'intégrer Kunugigaoka ? Demanda le père de famille à l'intention de la jeune fille.
- Oui, c'est cela.
- Tu n'y sera pas à ta place. Si j'étais toi, je renoncerai.
Le jeune Asano se raidit et manqua de casser ses baguettes. Comment son père osait-il lui parler de la sorte ?! L'adolescent allait répliquer mais son amie le devança.
- Comment pouvez-vous affirmer une telle chose ?! Vous avez certes dirigé les deux établissements pendant plusieurs années, cela ne vous permet pas d'être aussi … aussi …
La jeune fille déposa son bol de riz violemment sur la table, s'essuya la bouche et se leva.
- Merci pour le repas. Je vais dans ma chambre. Lâcha-t-elle sèchement en lançant un regard haineux envers le maître de maison.
Le rouquin regarda Lola se diriger en colère vers la chambre qu'on lui avait attribué. Gakushuu serra les poings. Son père est vraiment un monstre.
- T'es affreux.
- Je ne lui ai dit que la vérité.
Le jeune homme se leva à son tour pour rejoindre son amie.
- Où tu vas ?! S'écria son père.
- Voir la seule personne qui ne soit pas une pute dans cette putain de baraque ! Cria-t-il à son tour.
Peut-être qu'il aurait mieux fait de ne rien dire. Son père se leva à son tour et se mit à la hauteur de son fils, lequel soutenait son regard. Il savait pourtant ce qui l'attendait. Mais l'adolescent voulait lutter, au moins une fois, contre son père. Et à sa grande surprise, il ne se passa rien. Il ne lui fit rien. Son paternel se contenta de se rasseoir. Le jeune Asano prit ceci comme une chance et il rejoignit la jeune française dans sa chambre. Il toqua avant d'entrer. Il trouva la jeune fille au dessus de son bureau, stylo et cahier en main.
- Fais pas attention à ce qu'a dit mon père …
Lola ne répondit rien. Elle se contentait d'écrire, encore et encore.
- Tu crois qu'il a raison ? Je ne vais pas y arriver ?
- Il n'a plus toute sa tête. Lui avoua le rouquin.
La jeune fille soupira et posa ses affaires. Elle se tourna ensuite vers Gakushuu.
- Je vous ai entendu. J'ai beaucoup travaillé mon japonais, tu sais. Je le parle couramment maintenant. Tu ne l'as même pas remarqué, je crois.
- Si. Bien sûr que si !
- Est-ce que … Non, rien. Laisse tomber.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est pas mes affaires. Laisse moi, s'il te plaît. Dit-elle en retournant à son travail.
Le rouquin n'insista pas plus. La ton qu'elle venait d'employer l'en avait dissuader. Il préféra donc aller dans sa propre chambre. Sur le chemin, il croisa son père. L'adolescent lui adressa un regard rempli de haine et de colère. Il avait complètement gâché les rêves de Lola. Il ne mérite même pas que Gakushuu l'appelle « père ». Pour lui, il n'était rien. Juste une pute qui se faisait sauter tout les soirs pour gagner sa vie.
Karma était venu tôt, ce matin là. Il voulait absolument passer du temps avec sa chère et tendre Lola. Depuis le temps qu'ils s'étaient quittés ! Sauf qu'il ne s'attendait vraiment pas à voir ça de bon matin. Le rouge avait sonné à la porte des Asano. Gakushuu lui avait ouvert, encore un peu endormi.
- Tu es là de bonne heure … Dit-il en baillant.
- Je peux entrer ?
- Ouais … Lola est pas encore réveillée.
Le rouquin laissa son pire ennemi entrer chez lui. Si un jour on lui aurait dit ça, Gakushuu aurait sûrement rigolé. Mais bon. Il faisait ça pour son amie. Le jeune homme conduisit Karma dans le salon et le fit s'asseoir à table.
- Tu veux quelque chose à manger ou à boire ? Demanda-t-il gentiment.
- Un lait fruité.
- OK …
Se frottant les yeux, l'adolescent se dirigea vers la cuisine, laissant le rouge seul.
Attendant le retour de son jumeau, le jeune Akabane se leva et regarda un peu les photos de famille qui ornaient les murs. C'est ainsi qu'il découvrit le visage de sa mère. Sa vraie, cette fois. L'adolescent comprit d'où venait sa couleur de cheveux ainsi que la couleur de ses yeux. Sa mère biologique les avait également. Mais la forme de son visage ressemblait beaucoup à celle de Gakushuu. Karma a dû hériter de la forme de son père. Gakuho. Le rouge ne digérait toujours pas le fait d'être son fils. Il le déteste tellement.
Soudain, l'adolescent au regard de sang entendit des ronflement venant du canapé. Intrigé, il détacha son regard des photographies et alla voir qui dormait. Lorsqu'il vit de qui il s'agissait, il se recula vivement et voulut ABSOLUMENT effacer l'horrible image qu'il venait de voir. Son père biologique, habillé en femme ! C'est … C'est … Dégueulasse. Il n'y pas d'autre mots.
Karma retourna s'asseoir et se prit la tête dans ses mains. Il espérait vraiment ne jamais finir comme ça ! Mais … comment Gakushuu pouvait-il supporter ça ?! D'ailleurs, ce dernier revenait vers lui, sa fameuse brique de lait en main. Pour dire la vérité, le rouge n'avait plus vraiment envie de boire. Mais il accepta tout de même la brique et but à petite gorgée. L'image de son ancien proviseur en pute ne voulait décidément pas partir. Le jeune Akabane devait trouver un sujet de discussion pour se changer les idées.
- Il n'y a pas beaucoup de photo toi. Constata-t-il.
- Mmh ? Non, pas vraiment. En fait, depuis la disparition de ma mère, nous avons arrêté de prendre des photos.
- Tu avais quel âge ? Je veux dire quand elle est …
- Cinq ans. C'est également à cet âge là que … Non, rien.
- Que ? Insista le rouge.
- Ce n'est pas tes affaires ! S'écria presque le rouquin.
Les deux garçons entendirent ensuite des bruits de pas venant de l'escalier. Une jeune fille brune encore décoiffée et en pyjama s'avançait vers eux. Elle se frottait les yeux.
- Karma ? Tu es déjà là … ? Demanda-t-elle avec une petite voix, encore endormie.
- Ouaip. Comme tu peux le voir.
Lola fit la bise à son correspondant puis embrassa le rouge avant de s'asseoir sur les genoux de son petit ami.
- J'ai faim … Se plaignit la jeune fille en posant sa tête contre la table.
- Ah … Je vais chercher à manger, bouge pas. Dit le jeune Asano.
La brune attendit que le rouquin soit dans la cuisine pour faire une remarque à Karma :
- Tu as vu les photos ? Tu ressembles beaucoup à ta mère.
- Oui, j'ai vu. J'ai aussi vu les photos de Gakushuu encore bébé. Regarde cette ressemblance de fou …
Le rouge sortit de sa poche son porte feuille et lui montra une photo de lui encore bébé. On aurait dit des clones, ou encore le même enfant. La jeune fille écarquilla les yeux.
- T'es trop mignon ! Rigola-t-elle.
- C'est pas ça que je voulais te montrer. C'est notre ressemblance de fou !
- Roh ! Ça va ! Je sais !
- C'est … toi ? Demanda le jeune Asano qui était revenu.
En entendant sa voix, Karma rangea immédiatement sa photo. Le rouge espéra qu'une seule chose : que Gakushuu n'ait pas fait le rapprochement, qu'il n'ait pas remarqué qu'il lui ressemblait. Le jeune Akabane voulait vraiment lui dire pour leur lien fraternel mais … Il ne pouvait tout simplement pas. Ca lui ferait un trop gros choc.
Une fois le petit déjeuner finit, et Lola et Gakushuu habillés, les trois adolescent décidèrent d'enfin se mettre au travail. Enfin … Pas totalement. Le jeune Asano avait préféré bon de réviser dans la plus grande salle de la maison, autre que le salon. Il s'agissait de son ancienne salle de jeu. Quelques vieux jouets d'enfants traînaient par-ci, par-là. Dont un vieux cheval à bascule que Karma ne manqua pas de remarquer.
- Oh ! J'en ai jamais fait ! S'exclama le rouge.
Le jeune Akabane rejoint le cheval en bois en trottinant bêtement. Même s'il passait pour quelqu'un de totalement ridicule, Karma s'installa et commença à se basculer.
- Ouiiiiiii ! S'exclamait-il comme un enfant surexcité.
Restés un peu en retrait, Lola et Gakushuu ne pouvaient s'empêcher de rire des bêtises du soi-disant « plus intelligent ». Ils rirent tant que les deux correspondant se tenaient les côtes. Même le jeune Asano. Puis, la brune s'arrêta soudain et s'exclama à son tour :
- Un piano !
La jeune fille se dirigea doucement. Elle caressa gracieusement les touches puis commença à jouer un petit air et à chantonner. Sentant qu'elle était passionnément observée, Lola arrêta.
- Non ! Continue ! L'encouragea son petit ami.
- Oui, tu joues bien. Assura le rouquin.
Rouge de honte, la jeune étrangère s'assit et joua son air, accompagné par un chant. Les paroles étaient dans sa langue d'origine, le français. Mais les deux garçons comprirent parfaitement les paroles. Une fille que personne n'appréciait qui mets fin à sa vie. Gakushuu se reconnu tellement à travers ces quelques phrases. Il ne put s'empêcher de verser quelques larmes. La vois de son amie y était un peu pour quelque chose également.
- Asano-kun ? Tu pleures … ? S'inquiéta son frère.
- Hein … ?
Le jeune homme sécha rapidement ses larmes. Non, ça va.
- Non, ça ne va pas ! S'écria Karma.
- Gakushuu … J'ai comme l'impression que tu nous caches quelque chose … Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est ton père, c'est ça ?!
- Je … Je …
Lola et Karma se trouvaient maintenant face à lui, un regard sévère mais tellement inquiets. Il ne put garder ça pour lui et craqua, avouant tout. Il montra ses cicatrices, ses bleus.
- Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt au lieu de mentir ?! S'énerva le rouge.
- J'avais peur ! Je ne savais pas à qui faire confiance ! A cause de lui, je me trouvais seul ! Je n'avais personne à qui me confier !
- On est là, maintenant, d'accord ? Rassura la jeune fille.
