A deux Âmes Déliées

Aujourd'hui premier couple: celui que forme Erevan dont c'est aussi le prénom car je pense que ça pourrait se porter vu celui de sa mère Naïri étant l'ancien nom donnée à l'Arménie (Capitale de l'Arménie) et Tbilissi (Capitale de la Géorgie) Ilya . Je considère que beaucoup de villes, capitales principalement sont les enfants des nations, ce qui ici renforce l'amour de Naïri pour Erevan donnant une certaine cohérence psychologique à ses excès.

Encore un peu de parlote désolée: alors malgré leurs âges: humainement parlant Erevan et Ilya sont deux jeunes garçons de 16 ans sur le plan physique. Séparés depuis la fin de la première guerre mondiale car à cause du génocide Arménien Naïri n'autorise plus du tout son fils à sortir seul, traumatisée, la pauvre voit des Kurdes partout. Erevan n'a donc plus le droit de voir Ilya, encore moins de communiquer avec lui vu que Naïri a développé un délire de persécution impressionnant dont Erevan fait principalement les frais.

La pluie tombait, mais quelle importance, même sous un soleil radieux il n'aurait pas pu profiter du ciel d'azur. La morosité du temps lui donnait moins de regrets sans effacer pour autant ses souvenirs, au contraire: à croire que chaque instant le ramenait en arrière...

Dis tu penses à moi?

Erevan attrapa un livre qui ne l'intéressait pas du tout face à l'ennui qui le gagnait. Il tomba sur un vieil album photo, lequel lui atterrit plus exactement sur le crâne s'ouvrant sous le choc à une page au hasard. Le garçon ramassa l'imposant volume poussiéreux, en flatta les pages songeant le remettre où il avait trouvé quand il suspendit son geste.

On pense toujours à ceux qu'on aime, tu ne crois pas Erevan?

Tu avoir raison Ilya, mais là tu penses à quoi?

Cette question qui avait tant de fois rythmé leur quotidien n'existait plus ou alors il la posait à un portrait, un cliché jauni par les ans: par presque un siècle de silence, d'absence. Il n'avait pas d'images plus récentes de lui que celles de leurs dernières vacances dans les Balkans, peu avant que la guerre se ne déclare, que tout change, bascule, sombre...Il aurait pu continuer à jouer sur cette Note des heures encore. Inévitablement, la fin du conflit lui revint en mémoire, cette triste conversation avec sa mère, qu'il ne reconnaissait plus, cette grande créature drapée de noir, cachée dans des étoffes, un épais châle autour des épaules ne lui ressemblait que physiquement.

- Maman pourquoi tu réagis comme ça...Pourquoi tu m'empêches de voir Ilya?

- Je pense avant tout à ta sécurité puisque je dois le faire pour deux. Tu ne comprends pas le danger que tu cours.

- Ça n'a jamais été un problème avant!

- le Monde a changé... Erevan...

Cette lassitude dans la voix

- Mais...La guerre est finie!

Annonçant des paroles dures que la Vraie Naïri n'aurait jamais prononcé.

- Ne discute pas!

- Je... Maman ce n'est pas juste!

- Et le massacre des Miens, il était JUSTE?

Fin d'une Ère d'insouciance

- Tu...Tu mélanges tout! Ilya n'a rien fait pourquoi le punir lui! Pourquoi...Nous punir...Me punir...Moi..

- Grandis!

Et de bonheur partagé

- Tu n'as pas le droit!

Cette phrase maudite

- Cesse de te conduire comme un enfant Erevan. Et de piquer des colères pour une Ridicule Amourette! Je ne veux plus en entendre parler! Résigne toi...De toute façon tu ne pensais pas que cette Bluette d'adolescent allait durer j'espère...

Mais, il y pensait encore.

- Joyeux anniversaire Ilya... Murmura le garçon passant ses doigts sur le papier où s'affichait une date celle du jour mais surtout la fin de la soumission Géorgienne aux Russes: 29 août.

Et voici, j'espère que ce texte différent des autres vous plaira. J' essaye de tenir compte au possible des éléments "réels" sans trop de succès, pardonnez mes impairs à l'Histoire.

A bientôt j'espère