Hé tout le monde !
Je vais vous avouer une chose, pour moi Noël et les fêtes de fin d'année c'est pas une période festive : mon père est mort il y a bientôt quatre ans d'un cancer du fumeur le 24 décembre et on l'a pratiquement incinéré le 31. Donc l'histoire qui suite est sombre, triste elle traite de la mort d'une ville sur la zone Française du Continent, non pas disparition mais Mort, vous allez comprendre .
Alors si vous voulez du joyeux et du mignon passez votre chemin, je ne pense pas tellement publier grand-chose d'heureux. Traumas mon nouveau recueil annonce en fait la Couleur.
Mais vous je vous souhaite quand même de bonnes fêtes
Date des faits ? Hm au plus tôt cent ans après la « Colonisation du Continent »(vers 1650 et quelques)
Manoli ( la Zone Espagnole) appelée à l'époque Espania Nueva
Angèle (Nouvelle Versaille) nos ancêtres ayant toujours manqué d'imagination ça passera et c'est un nom qu'ils ont donné au pif, ça sonnait bien.
Norte ( la zone nord d'Espagne sur le Continent)
Jeanne ( la zone Française) à l'époque France du Sud Pacifique
Mercedes : ( Santa Magdalena) nouveau nom de la ville donnée à l'Espagne
Intolérable Impardonnable Inexcusable
Manoli se tenait devant Jeanne vêtue à la dernière mode Espagnole. Si elle avait su, elle se serait mieux habillée pour la circonstance, mais qui aurait pu prévoir ? Sa voisine frontalière lui proposa une chaise, elle ne pleurait pas, son visage n'exprimait rien : une poupée de cire. Norte retira son chapeau présentant ses condoléances au nom des trois autres villes sous sa responsabilité, lesquelles devaient rester sur place. Un éventail à la main, la grande blonde caressait sa fine dentelle ouvragée du bout de l'index. Les deux visiteurs n'osaient prendre la parole, l'orage au dehors zébrait le ciel donnant au visage de leur hôtesse une effrayante teinte jaune renforcé par l'éclat de la bougie, ou cela venait-il d'ailleurs ?
Une servante entrouvrit la porte prête à répondre à leurs besoins, une fraction de seconde, un battement de cil à son adresse suffit à celle-ci pour qu'elle comprenne que les amis de Mademoiselle ne prendraient ni collation, ni breuvage d'aucune sorte : elle s'éclipsa donc. Ce lugubre silence brisé ponctuellement par le tonnerre parut éternel au duo, enfin la Représentante Française du Continent, reconnue en cette période comme la France du Sud Pacifique prononça les premiers mots.
- Norte, Espania Nueva, je vous remercie d'avoir fait déplacement jusqu'ici.
L'emploi de leurs noms officiels les glaça, Jeanne était connue pour n'en faire que très rarement usage, elle leur préférait de loin les appellations humaines. Il émanait d'elle une aura destructrice, jamais encore, le bleu de ses yeux ordinairement si doux n'avait paru aussi vide, le noir de sa vêture accentuait la pâleur de son teint : face à Manoli se trouvait une autre personne…Et elle n'aimait pas du tout être dans la même pièce qu'elle.
S'armant de courage malgré la peur, Norte chercha bravement à plaider leur cause respective. Ces tournures maladroites lui valurent de se faire couper la parole : pourquoi revenir sur son échec, il n'avait pas su contenir ceux dont il avait la charge, rien n'effacerait jamais sa négligence. La jeune fille au teint caramel fixait ses escarpins incapable d'ouvrir la bouche, Jeanne l'écrasait littéralement, à moins qu'il ne s'agisse de son moyen de défense personnel, n'ayant eu à affronter que des problèmes moindres.
- Je vois. Alors puisque votre Couardise n'égale que vote Lâcheté, Reprenons tout. Il y a quelques mois, suite à une magouille de la Cour.
Ce mot, qu'elle cria presque sonnait comme une insulte, un organe à l'existence révoltante dans sa voix. Pourtant, rien sur ses traits n'aurait laissé deviner son ressenti Elle tournait autour de la table en oiseau de proie frappant son éventail plié dans l'ouverture de sa paume, au rythme régulier de ses talons. La Représentante Espagnole du Continent se surprit à serrer très fort l'accoudoir de la confortable chaise du boudoir, lieu choisi pour cet entretien.
Jeanne ne les voyait pas, elle poursuivait son récit devant un auditoire visible d'elle seule : Pour pallier le manque d'agent, ils ont convaincu ce roi ou devrais-je dire ce Fantoche, cette Marionnette Humaine de céder une partie du territoire Français sur le Continent afin d'apaiser paraît-il des Tensions avec l'Espagne. Elle se rappela qu'elle ne parlait pas aux murs : Mais… Vous avez omis de prévenir des mœurs en vigueur d'une vos villes…
Le choix du souverain se porta sur Angèle, une petite ville mais attachée à ses racines, elle avait très mal vécu la séparation surtout parce que sa faible population n'acceptait pas du tout de se retrouver vendus aux Espagnols. Coup du sort, la jeune Angèle fit naître dans le cœur de son voisin le plus proche des sentiments qu'elle ne partagerait pas, mais son avis comme celui du peuple ne comptait pas véritablement, c'en fut trop… Une révolte des citoyens l'acheva quand la couronne d'Espagne changea son nom afin de l'intégrer au reste de son territoire. La ville qu'elle était n'existait plus, il ne restait rien du peu qu'il l'avait construite, autant en finir. Ils l'avaient abandonnée ? Et alors : elle était Française pas Espagnole, un ou une autre prendrait sa place. Un Représentant ne pouvait pas mourir ? Bien sûr que si et choisir de mettre fin à ses jours dans des conditions extrêmes, comme elle. Elle n'était pas la première et ne serait pas la dernière.
De l'autre côté du mur, Mercedes écoutait cette histoire les larmes aux yeux, elle eut soudain honte.
La voix de Jeanne s'imposa dans son esprit martelant ces mots :
Intolérable
Impardonnable
Inexcusable
