Ce texte à la base devait présenter un personnage mais qui a changé d'histoire, donc de personnalité et comme il me plait quand même, considérons le comme dans un monde alternatif.
La Putain du Nord
La Putain du Nord, c'est comme ça qu'ils t'appellent ces imbéciles
Comme se présenter garant de la Morale
Surtout à notre époque ouverte
Est FACILE
Il l'aime, du moins, il le sait, il ne lui dit jamais par contre, pourquoi? Pas besoin de mots, tout entre eux se passe de paroles, ils se comprennent d'un simple regard, après des siècles ça ne sert plus à rien. Lens passe sa main dans ses cheveux à la couleur indéterminée maintenant, souillés par la cendre, la peinture et...Autres... Sa robe est déchirée, son maquillage a coulé, un fil de son collant lâchera bientôt, pourtant, il affiche ce sourire. Celui, qui blesse son amant mieux que n'importe quelle arme. Sa Façade...Celle d'Avant, du temps où il ne pouvait pas l'approcher sans qu'un fouet ne l'arrête, qu'une main ne le saisisse pour l'écarter, quand il était l'Esclave et lui le Maître, sur Papier...Dans les faits... La Poupée jouait uniquement son rôle.
Es ce de la Folie
Du Dévouement
Une Culpabilité latente
Que j'exprime en te protégeant
Mais de qui
De quoi
Du Monde ?
De Toi?
Cette page devrait être tournée, maintenant qu'ils ont brisé leurs chaînes, injustement, celles de Lens demeurent à ses poignets, invisibles: les pires de toutes car elles ne disparaissent pas comme ça. Leurs cicatrices n'ont beau pas être visibles, lui les connaît, il a conscience qu'elles existent... Internes, elles pendent en lambeaux de chairs meurtries, enfin lui les voit de la sorte. Lens s'en fiche. Il avale les médicaments, les boulotte comme des bonbons, fume les joints à la chaîne, se plante la seringue dans le bras, consomme, engloutit, gobe n'importe quoi: palliatif ou placebo? Qu'importe: il prend. Après, il s'enfuit, il tourne, il court à toute allure se croyant libre, piaillant voulant retrouver le Paradis Perdu...Sauf qu'il l'est bel et bien. Les doux sentiers de l'Enfance...Loin, détruits...Mutilés...Salis...Brisés, dans l'exact état de celui qui les a foulés en sautillant. Mais, les autres ont beau tout avoir, le posséder, le marquer, l'attacher, le faire gémir, provoquer ses cris... Lui détient le dernier Trésor que nul ne ravira: il comprend. Il a eu le Malheureux Privilège de partager son sort, assister à ce qui l'a changé. Il n'est pas un Représentant juste un gamin paumé incapable de se relever...De s'en sortir... Lens pourra toujours compter sur lui, car il lui a promis, il veillera. Au début il n'avait s'agit qu'un simple jeu entre deux garçons, une sorte de serment en l'air, destiné par sa nature à ne pas être tenu.
Tu peux tricher
Tu peux farder
Tu peux leur mentir
Moi je sais
Tu peux rire
Tu peux glousser
Ca ne changera rien
Tu t'es effacé
Pour ne pas capituler
Je ne t'en veux pas
Mais c'est plus fort que moi
Il réclame de l'affection, de l'attention sans se douter de ce que son comportement engendre chez celui qu'il le maintient au bord du Précipice, sans lucidité, il continue de se mettre toujours plus en danger, son gardien pense qu'il cherche parfois à mourir. Ses yeux si sombres, ce rouge aux allures de noir, ce corps qui n'a grandi en plusieurs centaines d'années, parce qu'il ne le pouvait pas, à croire qu'il restera amoureux de cet éternel gamin sans jamais le voir vieillir. Un être humain ordinaire aurait certainement perdu la vie à sa place. La Putain du Nord ne bouge pas, elle reste belle, séduisante, elle joue, aguiche, allume, repousse la seconde d'après. La Perfection: le Jouet Incassable... Comment Rui pourrait il avoir la moindre idée de ce qui s'est produit à l'époque où il piquait ses caprices? Peut être que sans ses coups d'éclat au Portugal quelqu'un d'autre que sa soeur et lui auraient regardé Lens...
Pas besoin de ressasser, il a mieux à faire, le garçon tombé d'épuisement moité déshabillé s'est endormi. Il ne peut pas le laisser seul ou...Il finira par se brûler: complètement. Qui ose dire que leur vie est juste? L'immortalité a un Prix, plus ou moins supportable...
Un Ange Condamné à l'Enfer
