Petite réflexion de Catherine alors qu'elle se retrouve toute seule.
Bonne lecture
Par la fenêtre de l'énorme gratte-ciel Nemois, Catherine contemplait les étoiles tout en gardant un œil sur les invités. Comme toujours ça parlait Politique et la Continentiale n'avait pas droit de participer à ce genre de conversation. Depuis le début il avait été décidé que le reste du monde ne la concernait pas, qu'elle s'occupe de ses affaires, gère déjà son continent chaotique que beaucoup voyaient comme une redite dont ils se seraient bien passés. Pour les autres, une menace en puissance dont il faudrait se débarrasser tôt ou tard quand les pires horreurs de l'Histoire renaîtraient de leurs cendres.
Autant Neïm, Siksa, Liezel et Hurg – Maateel, sans oublier les Cardinals parvenaient à s'en sortir, car vus comme de « vrais » Représentants. C'étaient d'ailleurs les seules villes à trouver grâce aux yeux des non-Continentials dans leur intégralité. Jeunes, certes, mais chacune avait su se doter d'une culture, d'une histoire, d'une personnalité propre pour que leur existence puisse être « pardonnée », sauf que ces quatre-là n'étaient que 4% du territoire… Ne pas tenir compte des enfants, la jeune femme pouvait encore le comprendre, or il existait sur place des Représentants qui dataient de l'ère Viking quand même ! Oui, le Continent avait longtemps vécu en autarcie, mais cela s'expliquait par sa position particulière, les communautés qui s'y étaient installées et Catherine avait respecté leur volonté de ne pas se mêler au reste du monde.
Cela lui faisait un peu mal de voir que toute personne incarnant quelque chose sur son territoire finissait sous cette étiquette peu flatteuse voire humiliante de « Doublon » ou « Bizarrerie du continent sans nom ». Elle se disait parfois que même la plus petite des bourgades avait plus de considération et de valeur aux yeux du monde qu'elle-même.
