Salut bande de pommes !

Pour être honnête, je savais pas trop si je devais poster ou pas, à cause de ce qu'il s'est passé à Paris. Alors j'ai attendu la fin du deuil national, et voilà ! Je poste.

Blah blah blah, ce chapitre a prit du temps à écrire. Je devais présenter les personnages essentiels, et je ne voulais pas que ça fasse « catalogue ». Alors dites moi ce que vous en pensez ^^

Disclaimer : Les personnages de Death Note ne m'appartiennent pas, Je ne possède que quelques Ocs. Jonathan Crane ainsi que l'asile sont grandement inspirés de Batman =)

Bonne lectuuuuuure !


Chapitre 3 : Dialogue ?

Ma mère me le répète souvent : mort, il faudra me museler pour m'empêcher de parler de mes voisins de cimetière.

A comme Association, Car nos cœurs sont hantés

Erik L'Homme


-Mais vous êtes encore plus dingue que les tarés du sous-sol, s'écria Emily Jones. Il ne survivra jamais à autant de médicaments ! Surtout avec des effets aussi puissants !

Même s'il n'en avait pas l'air, Alexander Messner avait suffisamment de notions en matière de courtoisie élémentaire pour savoir que frapper une femme, c'était mal.

Seulement... le spécimen de sexe féminin qui lui faisait face, poings sur les hanches, mettait sérieusement sa courtoisie à l'épreuve. En fait, l'aide soignante Emily Jones avait une sorte de superpouvoir : faire sortir le Docteur Messner de ses gonds en quelques secondes et quelques mots. En effet, elle était loin d'être sotte, et n'hésitait jamais à l'ouvrir quand elle désapprouvait quelque chose. Et elle désapprouvait souvent les actes d'Alexander, si ce n'était le médecin en lui-même. Le problème, c'était qu'elle avait le sang chaud, et que ses coups d'éclat étaient imprévisibles et plutôt vulgaires. C'était dommage, elle était plutôt jolie. Un peu maigre, mais jolie…

Le jeune psychiatre soupira en son for intérieur. Elle lui bloquait le passage vers la salle commune, et il avait besoin d'un café. Un bon café, bien serré. Sa nuit avait été exagérément longue, noyée dans des papiers et dans des caractères d'imprimerie.

-Miss Jones, grinça-t-il. Il me semble que, de nous deux, je sois le médecin. Je sois donc le plus apte à prescrire à Mister Wesker le traitement qui le soignera mentalement et physiquement. Donc, s'il vous plaît, écartez vous je vais en salle commune.

Les fins sourcils de la blonde se froncèrent.

-Pas tant que vous n'aurez pas modifié l'ordonnance de Wesker.

Hors de question de céder. Question d'honneur. Jamais le docteur Alexander Messner ne baisserait les yeux ni ne reviendrait sur une décision à cause d'Emily Jones. Avec un mince sourire narquois, il entreprit de contourner la jeune femme en prenant soin de ne pas entrer en contact avec une quelconque partie d'elle, qu'il s'agisse de sa blouse ou de son coude. Seulement, elle n'avait manifestement pas dit son dernier mot, car elle lui saisit le poignet en une prise étrangement douce, comme si elle hésitait à le tenir véritablement. Erreur lamentable.

Profitant sans le moindre scrupule de la gêne de son adversaire, il s'échappa avec courage et se glissa rapidement dans la salle commune.

Vers dix heures du matin, il était normal que la salle commune soit presque vide. Le docteur Worthing travaillait sur un dossier aux côtés de Bélen Alonso, qui sirotait un café en le regardant distraitement. Au fond de la salle, le professeur Crane prenait des notes sur un paquet de feuilles couvertes des pattes de mouche serrées du psychiatre. Après une brève hésitation, le docteur Messner s'approcha de lui et se laissa tomber sur la chaise à sa gauche. Il n'avait jamais compris pourquoi Crane s'obstinait à conserver une bonne partie de ses dossiers par écrit. Il n'était pourtant pas un vieillard archaïque et aigri.

-Vous devriez employer un ordinateur, votre écriture est vraiment illisible, lâcha-t-il, sans sourire.

L'autre leva les yeux au ciel et s'attaqua au verso de sa page, inscrivant scrupuleusement ses observations.

-Et si le but était justement que personne d'autre que moi ne puisse avoir accès aux dossiers de mes patients ? Vous ne pouvez pas savoir si Sharp ne vend pas vos informations à la police ou à je ne sais quel individu.

-Serait-ce de la paranoïa ? railla le jeune médecin.

Son voisin soupira et posa son papier.

-Malgré les apparences, tu es un véritable gamin gâté Messner.

Alexander bailla, puis alluma son propre ordinateur pour se mettre au travail. Depuis le réveil de BB, il avait entamé une sorte d'épreuve de courage et d'endurance, surtout pour quelqu'un qui, comme lui, se retrouvait régulièrement écrasé sous une quantité difficilement imaginable de travail (dont il aimait d'ailleurs beaucoup se plaindre) : trouver un maximum d'informations sur l'affaire de Los Angeles BB. Il ferait le tri plus tard, mais, déçu par le dossier plus que succinct mis à sa disposition par L et les autorités, et poussé par une curiosité propre à l'enfant génial qu'il avait été, il s'était lancé dans de véritables recherches d'archives, en quête de descriptions plus précises des corps, des scènes de crimes. Tout cela parce qu'il en était venu à la conclusion que L et son patient se connaissaient avant l'affaire. La raison de ces doutes pour le moins étranges ? L'affirmation catégorique de Birthday que le détective ne s'inquiétait pas pour lui laissait entendre qu'il le connaissait plus que les dossiers qu'on lui avait confié le laissaient entendre, confirmant les doutes déjà présents. Quelque chose clochait. BB semblait être un véritable tordu. Il y avait forcément un indice, destiné à L, dissimulé dans les meurtres.

Pour la première fois depuis très longtemps, Alexander Messner était confronté à un mystère trop compliqué pour lui.

Sans l'avouer, il attendait avec impatience l'entretient avec le malade aux yeux rouges, espérant un peu naïvement en apprendre plus sur la psyché défaillante de son patient. En effet, ça pourrait peut être l'aider à élaborer des hypothèses quant à la maladie dont souffrait le criminel.

Il n'avait pas encore assez d'éléments pour isoler une pathologie particulière, ils n'avaient eu qu'à peine dix minutes de conversation.

Petit à petit, la population de la salle se modifiait. Crane sortit, prétextant plusieurs consultations urgentes, puis ne revint plus. Worthing, encouragé dans ses résultats précédents avec « son autiste », s'en fut dès qu'il eut terminé ses dossiers pour faire un peu de zèle avec son patient préféré.

Ce gosse se faisait beaucoup trop d'illusions.

Il ne restait plus qu'Alonso et lui. Il n'avait absolument pas l'intention de sortir avant que la situation ne l'exige. En effet, il aurait pu tomber sur Emily Jones, et il n'avait aucune assurance de conserver son calme et sa galanterie dans le cas d'une rencontre impromptue.

Penser à Emily Jones provoqua une étrange sensation dans le poignet du jeune homme, comme une démangeaison. Rien d'insupportable, mais rien d'agréable non plus. Avec un frisson, Alexander se souvint soudain que l'aide soignante l'avait touché. Avec sa peau. Sur sa peau à lui. Malgré le temps écoulé depuis le contact, se peau ne l'en démangea que plus. Faisant mine de rien, il aspergea la zone sensible de désinfectant et frictionna sa peau sale comme si elle était couverte de boue.

Coup d'œil à l'heure de l'ordinateur. L'heure de débuter les consultations.

Il se leva, ajusta le col de sa blouse et quitta la pièce, évitant soigneusement de frôler ne serait-ce que les cheveux bruns du docteur Alonso, occupée à terminer son onzième gobelet de café. Alors qu'il allait sortir, elle le héla.

Inattendu.

Ils n'avaient que des échanges strictement limités aux conversations professionnelles. Bélen Alonso était une collègue, rien de plus. Pas stupide, mais pas géniale. Pas idéaliste, mais pas extrême. Pas gentille, mais pas teigneuse. Elle n'avait aucun intérêt aux yeux d'Alexander, et il savait pertinemment qu'elle ne trouvait en lui aucun intérêt non plus. Une relation de collègues comme les autres, en fait.

-Oui ?

-Vous devriez sérieusement avoir une discussion avec Miss Jones, vos altercations nuisent grandement à l'environnement sonore de travail.

Rectification. Non seulement elle était inintéressante, mais en plus, elle se permettait de lui faire des remarques.

-Parce que vous étiez en train de travailler ? interrogea-t-il, sarcastique, tout en posant la main sur la poignée. Il me semble que vous réfléchissiez sur l'effet produit par les rayons du soleil dans les cheveux de Jérémiah Worthing.

La femme eut le bon goût de froncer les sourcils.

-Ma vie ne vous regarde en rien.

-La mienne non plus. Occupez vous de vos affaires et je m'occuperai des miennes.

Gobelet posé sur la table. Regard assassin.

-Pourquoi Crane et vous semblez apprécier qu'on vous en veuille personnellement ?

-Peut être parce que ni le professeur ni moi n'avons envie de tisser des liens avec nos collègues. Encore que je vous concède que Worthing et vous n'êtes pas des idiots, il en va autrement pour Sharp, par exemple.

Froncement de sourcils. On pouvait presque voir les engrenages fréquemment huilés à l'aide de traités de psychiatrie tourner fluidement.

-Inutile de tenter une analyse comportementale, je me porte à merveille.

-Vous m'en voyez ravie.

-Je le suis moi aussi. Passez une agréable journée Bélen.

Sortir, sans claquer la porte. Il n'y avait aucune raison de perdre son calme. Absolument aucune. Bélen Alonso était l'archétype du psychiatre. Elle était curieuse, relativement observatrice et intelligente. Il était normal, en tant que femme, qu'elle prenne la mouche pour une remarque sur sa vie sentimentale. Il fallait sérieusement qu'il soit le plus calme possible. Il avait deux patients à voir dans l'après midi. Birthday d'abord, ensuite venait normalement Wesker. Enfin, il serait probablement assommé par les médicaments qui lui auraient été respectueusement administrés. O joie.

Couloir des soins intensifs.

Toujours les cris. Sauf que ce jour là, on entendait en particulier les hurlements de la chambre 8, tenant plus de la chanson paillarde que des hurlements paniqués d'un fou en camisole. Qui était dans cette chambre déjà ? Impossible de retrouver le nom. Tant pis, il avait d'autres malades à fouetter. A commencer par Birthday. En temps normal, il devait avoir terminé son repas.

Au moment où il allait utiliser son pass sur la fermeture de la chambre 2, la porte s'ouvrit sur une aide soignante. Encore une personne dont le nom n'était pas intéressant, puisqu'il ne s'en souvenait plus. Bref, elle avait les sourcils froncés et les yeux rouges.

Madeline Williams !

C'était son nom.

-Vous avez un problème Williams ?

La jeune femme grimaça.

-Votre patient… Il est vraiment malade, murmura-t-elle.

-C'est pour ça qu'il est dans un asile, sourit aimablement le jeune médecin.

Avec une vague hésitation, et malgré sa répulsion, il tapota l'épaule de l'aide soignante du bout des doigts, pour limiter le contact au strict minimum. Elle eut un très mince sourire, et s'éloigna, poussant son chariot bringuebalant le long du couloir.

Quand il fut sûr qu'elle s'était éloignée, il pénétra dans la chambre tout en se saisissant de son flacon de gel désinfectant.

-Bonjour Alexander, susurra une voix moqueuse, appuyant volontairement sur la consonne sifflante comme un serpent à sonnette, menaçant mais joyeux, prêt à mordre.

Il leva les yeux vers son interlocuteur. Il était accroupi, sur le matelas, son index coincé entre les lèvres, agressé presque violemment par une rangée de dents pointues et acérées.

-Docteur Messner, je vous l'ai déjà dit. Sinon, bonjour, Mister Birthday.

Gel sur les paumes, frictionner, illusion de propreté. Tout ça sous le regard écarlate du meurtrier. Sans qu'un mot soit échangé, il s'assit sur la chaise du bout des fesses et croisa les jambes. Birthday, quant à lui, inclina légèrement la tête, à la manière d'une chouette glauque et inquiétante.

-Comment vous sentez vous depuis votre réveil ? interrogea-t-il, sortant d'une poche de sa blouse carnet et stylo.

-En pleine forme, il n'y a pas de berceuses plus douces que le fond sonore de ce sous-sol.

Pas de problèmes d'insomnie, nota Messner.

-Et pour la nourriture ?

-C'est infect. Le riz est comme des copeaux de bois trempés dans de l'huile de friture, les petits pois ont goût de sable et de farine. Le meilleur, ce sont les steaks. Vous avez déjà mordu dans la semelle d'une chaussure ? Eh bien c'est un peu pareil, en plus filandreux et en moins savoureux.

-C'est ce que vous avez dit à Williams ?

-J'ai simplement fait remarquer à Madeline Williams que la couleur de sa purée me faisait vaguement penser à du vomi mélangé à de la maïzena. Plus quelques détails ? Répondit l'autre avec un sourire malsain.

Plaisir à mettre les autres mal à l'aise, pas de difficultés de langage. Noté sur le cahier. Curieusement, il partageait l'avis du médecin sur la qualité de la nourriture fournie aux patients. Pas qu'ils aient besoin de manger bon, ils étaient timbrés de toute façon. Mais c'était parfois à se demander ce que mettaient les cuisiniers dans la nourriture. A une époque, ils y mettaient de la cocaïne. Il y a longtemps.

-Vous avez des comparaisons plutôt… imagées.

Comme la plupart des surdoués dérangés, il faisait des connexions mentales soit étranges, soit improbables. C'était une de leurs caractéristiques. Noté.

-Et vous vous n'êtes pas très bavard. Pourquoi vous nettoyiez vous les mains à votre entrée dans la salle ? Vous aviez touché quelque chose de sale sur l'épaule de Williams ?

Manifester l'ennui. Bailler.

-Je n'aime pas les contacts physiques.

-Haptophobie ? Vous savez, il n'y a pas de honte à avoir. J'ai un ami qui en souffre aussi.

En entendant cette raillerie, il était difficile de considérer l'homme comme un fou. Il était capable de réflexion.

-Je ne parlerais pas de peur, soupira Messner. Plutôt de dégoût.

-Hoooooooo…. Je vois.

-De quoi voulez-vous que nous discutions ? Il reste à peu près quarante minutes.

Laisser le choix au malade, lui donner une impression de dialogue, d'égalité et de contrôle sur la discussion. L'autre se gratta patiemment la mâchoire, mimant une réflexion intense.

-Hum… Je ne sais pas trop… On pourrait essayer de faire connaissance, non ? Je ne connais que votre nom… Ce serait intéressant d'en savoir plus, vous ne pensez pas ?

Qu'est-ce que c'était que cette idée ? Faire connaissance, et puis quoi encore ? Birthday n'était sûrement pas naïf à ce point. Seuls quelques rares osaient, avaient le courage (ou la stupidité) d'espérer tisser des liens avec les médecins. Comme s'ils étaient des êtres humains. Comme si l'être humain était aussi stupide qu'eux. Remarque, si les êtres humains devaient être plus intelligents que ça, alors il devait exister très peu d'êtres humains. Peut être qu'il fallait considérer le contraire. Peut être que l'être humain était stupide. Tout simplement.

Pourquoi partait-il dans des conceptions philosophiques tout à coup ?

-En effet. Je vous en prie, commencez. Présentez-vous.

Birthday agita son doigt long et fin dans le vide, comme on gronde un enfant.

-Tut tut tut ! Pas comme ça. Il faut res-pec-ter les règles du jeu !

Pousser plus loin ? Respecter ses règles, ce serait lui offrir les rennes de l'entretien. Sauf qu'avec ce « jeu », il avait une opportunité unique d'obtenir des informations sur le dingue. A prendre ou à laisser.

Tout bien réfléchi, il allait prendre.

-Quelles sont vos règles ?

Sa curiosité le perdrait. L'autre se fendit d'un sourire mauvais, machiavélique. Exactement le genre de sourire qu'un crotale pourrait adresser à une souris acculée contre un mur dans une ruelle sombre. Sauf qu'Alexander Messner n'était pas une souris sans défense.

-En revanche, je me réserve le droit de les refuser ou de les accepter, précisa-t-il, voyant BB ouvrir la bouche.

Le sourire s'élargit.

-Eh bien, les règles sont simples, presque enfantines. Je vous pose une question, vous me répondez. Vous me posez une question, je vous réponds. Simple, non ?

Jouer je jeu.

-Oui. Et a-t-on le droit de refuser une question ?

-Ah non ! Ce n'est pas fair-play !

Bien. Rien de si difficile que ça. Au pire, il pouvait aisément mentir, 127 ne connaissait absolument rien à sa vie.

-Je commence, lança le psy. Quel âge avez-vous exactement ?

Ce serait utile. Pour le dossier. Birthday se gratta la nuque nonchalamment, laissa son regard vagabonder sur les murs puis se braquer sur lui. Vaguement gênant.

-Je ne sais pas trop… Ma date de naissance reste floue… Je dirais… Vingt cinq ans, à peu près. Peut être un peu moins, peut être un peu plus.

Noté.

-Vous ne figurez pas dans les dossiers d'état civil ?

-Hey ! On ne triche pas, ricana le brun. C'est à mon tour de poser une question !

Le patient se prenait au jeu. Impossible de dire si c'était bien ou mal.

-Allez-y.

-Vous avez une pe-ti-te-a-mie ?

Il avait accentué chaque syllabe, comme une vague chanson, comme la berceuse, comme un poème railleur et ironique. Menaçant. Menace sous-jacente, bien entendu. Que du sous entendu, que de l'implicite. Tout en subtilité.

Pas mal comme spécimen.

Mentir ou dire la vérité ?

-Non.

Vérité.

-Un pe-tit-a-mi-a-lors ?

-Une question à tour de rôle, sourit le jeune médecin. Comment expliquez-vous l'intérêt que vous porte L ?

Les pupilles s'étrécirent au centre des iris cramoisis. Il réfléchissait à sa réponse. Annonciateur de mensonge.

-Je suppose que c'est parce que je suis assez génial pour avoir frôlé le crime parfait, se vanta-t-il, fat.

Il réfléchissait vite. Mensonge. Noté.

-Juste « frôlé », railla le jeune psychiatre.

-Mon tour. Des parents en vie ?

-Aucun. Et vous ?

-Aucun non plus. Ca nous fait un point commun, Alex.

Le docteur roula des yeux.

-Docteur Messner. Je vous l'ai déjà dit.

L'autre pouffa doucement, puis remit son pouce entre ses dents. Les quarante minutes étaient presque passées.

-Dites docteur…

-Hum ?

-A propos de la nourriture, sourit-il. J'ai très envie de confiture de fraises… Vous m'en procureriez ?

Haussement de sourcils. Il ne croyait pas sérieusement que son médecin attitré allait lui apporter de la confiture alors qu'il était dans un asile psychiatrique pour criminels.

-Je ne crois pas non.

-Même si je vous le demande gentiment ?

-Non.

-Vous avez besoin de sentir les autres dépendants de vos décisions ? Vous aimez quand on doit vous demander pour obtenir quelque chose ? Tu sais Alex, ça peut être pathologique, il te faudrait peut être consulter.

C'était de la moquerie pure et simple. Détestable. Ce genre de phrase qui vous donne envie d'envoyer votre poing dans le visage de celui qui ouvre la bouche pour vomir ce genre de bassesses. Alexander soupira. Pourquoi les gens avaient ils besoin de donner des surnoms ? Alex, c'était le surnom que pourrait avoir un adolescent immature tout juste entré au lycée.

Il rangea lentement son carnet.

-Bien, je vais vous quitter, 127. Je me dois néanmoins de vous prévenir : les prochains rendez-vous seront enregistrés au magnétophone.

-Hooooo… Et je suppose que vous allez envoyer lesdits enregistrements à…L.

Il avait l'air presque déçu. C'était incroyable.

-En effet. Mais ça reste entre nous.

Soudain, pour la première fois depuis leur dernière (et première) rencontre Birthday se mit en mouvement. Il déplia ses jambes et tendit tout son corps pour se rapprocher du médecin. Alors, il posa sa main maigre sur la gorge du jeune psychiatre. Alexander sursauta. La main serrait sa peau chaude, sa veine palpitante d'une prise avide. Pleine de microbes et de bactéries.

Tressaillement. Messner se dégagea de la prise et s'éloigna.

-Je te l'a-vais diiit, chantonna le brun avant qu'il ferme la porte.

Ce type était un vrai malade. Besoin de contrôle. Noté.

Coup d'œil à la montre. L'entretien avait dépassé les quarante minutes. Pas très professionnel tout ça.

Remarque, un peu de retard sur l'entrevue avec Wesker ne poserait pas de problème. Entre Birthday et lui, le choix était vite fait. Il préférait passer dix bonnes heures avec le malade aux yeux rouges dérangeants plutôt qu'avec le gros porc puant et stupide.

Reprendre l'ascenseur. Sa gorge le démangeait. Dans la quiétude de la cabine métallisée, il rinça son cou au gel. Encore. Et encore. Et encore. Le gel froid sur la peau chaude le faisait frissonner.

Le couloir de Wesker était grouillant de monde. Curieux. Il y avait un grave problème, d'habitude, ses collègues préféraient passer leur temps libre dans la salle commune, avec du café et des beignets. Worthing et Alonso discutaient d'un air pressé, le visage de Jérémiah particulièrement verdâtre. A côté d'eux, Stanislas O'Connor, le technicien de surface à mi-temps, ruminait son chewing-gum en envoyant des messages à l'aide de son portable. Appuyée contre un mur, bras croisés, air renfrogné, Emily Jones le mitraillait d'un regard assassin. Juste à sa droite, Williams se rongeait les ongles jusqu'au sang. A l'écart, le professeur Crane scrutait les autres d'un oeil distant, café en main.

Évitant soigneusement tout contact avec la « foule » gesticulante et grouillante, le docteur Messner s'approcha de Jonathan Crane.

-Que se passe t-il ?

-Tu sais, ton sympathique patient là... Arnold Wesker.

-Mn ?

Avant que l'autre n'ait eu le loisir de lui expliquer ce qu'il s'était passé, le petit directeur sortit de la chambre ouverte de Wesker, les cheveux en bataille, la chemise trempée de sueur. Appâté par la voix du jeune psychiatre, il se jeta sur lui comme un noyé sur une bouée de sauvetage. Il fallut à Alexander un effort colossal pour ne pas marquer de geste de recul ni de grimace de dégoût quand Sharp posa sa petite main moite sur son avant bras. Le petit gros avait l'air prêt à s'arracher les cheveux.

-Sainte Marie Mère De Dieu Messner ! Votre patient est mort ! Mort ! Crise cardiaque, crâne fracassé.


Tadaaaaaaam ! Terminiched !

Pas d'échanges de mails avec L, parce que les messages sont envoyés dans la soirée, et qu'on est pas encore la soirée ^^ Au prochain chapitre ça reviendra, promis ;)

Dites moi comment vous avez trouvé tout ça, votre avis sur les personnages, votre avis sur BB, sur mon écriture, tous les commentaires me sont utiles et m'aident à progresser.

Les reviews sont gratuites, agréables et pas stressantes pour un sou ! Si vous m'en envoyez une je vous offre un chamallow (pas les dégueus, les bons, les roses !)

Réponses aux reviews :

Lou Keehl : Merci pour les DEUX reviews ! :D Elles m'ont fait très plaisir ^^

Shadows of Liberty : Merci pour ta review ! Encore une fois ton compliment fait chaud au coeur ! o/

Diamly : J'ai rien contre les petites reviews ! Pas de discrimination ! Merci pour ton commentaire et j'espère que ce nouveau chapitre t'a plu ^^ P.S : Huhu c'est vrai que Grell en camisole serait très drôle xD

Froshe : Merci :D Pas exactement fan de Grell, plutôt de l'anime en général *~* (et je cherchais un nom pour un malade, il est venu de lui-même)

Naitaa : Meuh non t'es loin d'être trop discrète XD PERSONNE ne peut appeler Alexander Alex. Et il y tient. Merde. Grell dans un asile, je trouvais ça fun x3 En tout cas j'espère que le lycée va bien et que tu as aimé ce chapitre o/