Coucou les quiches (lorraine ! lorraines ! me tuez pas !)

Voilà un tout nouveau chapitre ! Désolée pour l'attente que je vous ai (fort méchamment, je le reconnais) imposée.

Pour les justifications d'usage, sachez que je bosse activement et que les fics passent donc au second plan. Celle-là est d'ailleurs particulièrement difficile à écrire pendant les cours au lycée puisqu'elle nécessite de belles recherches.

Bref ! Je tiens à préciser que les opinions exprimées par Alexander à propos de la consommation de viande ne sont que les siennes et ne s'appliquent pas à moi. Viandards, viandardes, ne me mangez pas !

Disclaimer (on s'en lasse à la fin vous trouvez pas ?) : Beyond, L et tous les zozos de Death Note ne sont bien évidemment pas à moi, l'asile et Crane non plus. Quant à Messner et tous ses joyeux collègues, ils viennent de mon petit cerveau !

J'ai l'impression de ne pas assez faire parler les collègues dans ce chapitre, mais j'essaierai de rétablir la justice au suivant ;)

Enjoy !


Chapitre 5 : Nausées


« L'on ne pense pas toujours constamment d'un même sujet : l'entêtement et le dégoût se suivent de près. »

Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1696


Alexander leva les yeux au ciel et réprima une grimace. Les nuages s'amoncelaient au dessus de l'île, et de fines gouttelettes venaient couvrir les verres de ses petites lunettes rondes et tremper son visage. Et, comme si la bruine ne suffisait pas, il fallait y ajouter un vent glacé qui griffait tout simplement chaque espace de peau exposée. Là tout de suite, il ne rêvait que de quitter la côte Est de l'île et revenir dans les bâtiments de l'asile, quitte à devoir reprendre les entretiens qu'il avait annulé dans la matinée, à la demande du directeur. En effet, ce matin, on mettait Arnold Wesker en terre. On ne lui avait pas expressément ordonné d'assister aux « funérailles », mais il était clair aux yeux du jeune psychiatre qu'une absence là où se trouveraient sûrement tous les autres médecins au courant du tragique accident, aurait valeur d'aveux à leurs yeux simplistes et illogiques.

Ses collègues avaient troqué la blouse blanche contre des vêtements noirs, apparemment plus appropriés à un enterrement. Jean noir, manteaux noirs, expressions vides. Pas tristes, bien entendu. Vides, parce qu'ils étaient juste venus pour ne pas laisser un autre « malheureux » être enterré tout seul, avec pour seule compagnie les deux gardes commis d'offices à la sympathique tâche de la mise en terre.

On avait creusé une fosse d'environ deux mètres de profondeur. Deux fossoyeurs improvisés, assez costauds pour soulever la boîte scellée -le terme cercueil serait vaguement surfait pour qualifier cette... chose- où demeurait le cadavre d'un ancien malade rondelet à la seconde personnalité débridée, descendirent ladite boîte dans ladite fosse à l'aide de cordes. Ensuite, ils comblèrent le trou avec la terre entassée à côté et deux bêches de jardinage tandis que Sharp s'éclipsait discrètement. Messner envisageait de suivre l'exemple de son supérieur lorsqu'il capta le regard aiguisé d'Alonso sur lui. On aurait dit qu'elle s'était retournée juste pour le regarder et le fusiller du regard. En voilà une qui n'avait pas vraiment digéré l'humiliation de la veille. En réponse aux prunelles assassines et un brin menaçantes, Alexander réprima son mouvement de recul et resserra platement son manteau gris autour de lui. Le vent glacé de novembre était presque insupportable. La terre fraîchement retournée fut marquée d'une pierre comme on en trouvait beaucoup sur les berges bordées de grillage et de barbelé. Juste un misérable caillou. Prévisible. Pas de pierre tombale, pas de discours enflammé, pas de fleurs, juste un carré de terre et un galet parmi quelques autres, sur une île coupée du monde abritant un asile pour criminels, pas même de chapelle. Pas d'obsèques pour les rebuts de la société. On aurait pu être encore plus pragmatique et jeter la dépouille dans l'eau, ça n'aurait pas fait grande différence.

A la fin du simulacre de cérémonie, tout à fait absurde de l'humble avis du jeune homme, les deux gorilles se retirèrent sans plus d'effets, Flemming ainsi que le professeur Crane étaient déjà partis, réussissant à disparaître sans bruit. Quant à Alonso et Worthing, ils discutaient, un peu à l'écart du carré de terre, et ne manifestaient absolument aucune intention de partir. Messner bailla ostensiblement et tourna les talons. La distraction était à présent terminée, il ne lui restait plus qu'à retourner au bureau. Comme d'habitude.

Les gravillons de l'allée crissaient désagréablement sous ses semelles, le manteau était inconfortable, il flottait dedans, l'air empestait la terre humide et la bruine lui humidifiait toujours plus le visage et les cheveux. La journée commençait pour le mieux.


Le fallafel s'écrasa entre les dents d'Alexander, qui mâchonna la boulette de fèves, de boulgour et d'épices quelques secondes avant de déglutir, d'embrocher une autre boulette de sa fourchette et de l'enfourner distraitement. Il était midi dix, l'heure du repas. Et le docteur Messner s'alimentait de succulentes amuse-gueule végétariennes dans son bureau. Pas question de manger dans la salle commune. Comme si qui que ce soit pouvait avoir envie de regarder ses incapables de collègues mâchouiller leurs sandwiches-éponge, leurs pâtes réchauffées. Qui aurait envie d'écouter les bruits de mastication de multiples carnivores en plein festin. Que pensait-il, festin… Orgie ! Il s'était rendu en salle commune à l'heure du repas une fois, sur la demande de Crane, qui souhaitait « l'amener à socialiser avec le sympathique personnel de l'hôpital » et, accessoirement, faire il ne savait quel test sournois sur le nouveau venu qu'il était encore dans la prison des grands fêlés. La première chose qu'il avait vu, c'était Mégara (vous savez, l'ancienne psychiatre momifiée phobique des cafards), toute absorbée par sa gracieuse dégustation de ce qu'elle appelait un « savoureux pâté en croute à emporter » mais qui ressemblait beaucoup plus à de la chair broyée enveloppée de papier imbibé de jus de viande, le tout dans un Tupperware à la propreté douteuse. Lorsqu'il s'en était vu proposer et que l'agréable fumet de viande froide avait atteint ses narines, il avait réprimé une violente nausée et s'était isolé avec le professeur afin de se purger l'âme grâce à sa salade verte.

Cet épisode marquant de sa vie sur l'île de BlackGates avait fort heureusement disparu des mémoires. Sauf de la sienne. Et de celle de Crane. A croire que ce type avait une sorte de don pour se souvenir de tout ce qui pourrait embarrasser son entourage. Quoi qu'il en soit, son « ami » avait depuis réitéré moult fois sa proposition de repas commun, sans se réoccuper des refus catégoriques qui lui étaient opposés.

Tout en mangeant son encas garanti sans graisses animales, le jeune homme relisait pour la énième fois le dossier de l'affaire BB de Los Angeles, envoyée par L et jointe au dossier d'admission de Birthday. Il y avait cherché de quelconques indices quant à la pathologie de son cher patient, puisque pour le moment il n'avait rien, ainsi que des informations sur l'implication de L dans l'affaire. Est-il nécessaire de préciser que, pour la plus grande frustration de Messner, le FBI s'était vraiment montré avare de détails quant à la cause des meurtres, chaque fois différente ? A croire que BB aimait varier les plaisirs. La strangulation, puis les coups, et, pour finir, l'hémorragie. De plus en plus sanglant, c'était tout ce qu'il avait. On donnait également les noms et âges des victimes, rien de plus. Believe Bridesman, quarante et un ans, Quarter Queen, treize ans, et Backyard Bottomslash, trente six ans. Pas de préférence sexuelle, pas d'abus (qui soit rapporté du moins), pas de préférence quant à l'âge de ses victimes, c'étaient les seules informations potentiellement utiles contenues dans le dossier. Ce dernier avait été censuré d'une manière extrêmement discrète et subtile. On aurait pu passer un épais marqueur noir sur les moyens d'investigation, les descriptions des scènes de crime, des cadavres et des résumés d'autopsies, le résultat aurait peut être même pu paraître moins douteux. Quant à la tentative de suicide du criminel, elle n'était même pas mentionnée. C'était rageant, pensa Alexander tout en gobant le dernier fallafel.

Il était parfaitement conscient que, dans sa situation actuelle, il aurait beaucoup mieux fait de rédiger les entretiens de Heldévary ou d'autres de ses patients, plutôt que d'offrir à Birthday cette forme de favoritisme, mais l'histoire de Los Angeles avait tout d'un casse-tête. Un casse-tête dont il manquait des pièces. Et comment peut on utiliser un casse tête pour remonter le fil élimé de la folie et du génie de son patient jusqu'à sa pathologie s'il ne disposait pas de la totalité du puzzle sous les yeux ?

Il manquait cruellement d'informations.

Et il voyait 127 dans seulement quelques minutes. Il n'avait absolument aucune envie de voir le malade, il n'avait pas envie de se faire prendre de haut et railler par Birthday. Ce type le mettait mal à l'aise, l'écœurait et le fascinait. Et son ridicule petit jeu de questions n'avait fait que renforcer chacun de ces ressentis.

Il n'arriverait à rien de la sorte. Ce dossier lui était définitivement inutile. Totalement inutile. Un mince sourire machiavélique étira soudain les fines lèvres du médecin. Le dossier ne lui apporterait rien, en effet. Une brève recherche dans ses propres dossiers plus tard, il lança l'impression d'un document tellement plus profitable, puis il éteignit son ordinateur, but une grande goulée d'eau glacée, et se nettoya soigneusement les mains à l'aide de son désinfectant. Rien de plus désagréable que la sensation des mains grasses d'avoir tenu la fourchette. La boîte en plastique fut soigneusement refermée et rangée dans le sac du bon docteur puis celui-ci se leva pour quitter son minuscule bureau. Il avait un plan. Une ébauche de plan.


Le couloir des soins intensifs était étrangement silencieux. Les talons d'Alexander claquaient sèchement sur le sol récuré. Distraitement, le jeune psychiatre nettoya ses mains. En pressant le bouton de l'ascenseur, il avait presque pu sentir son doigt s'enfoncer à travers la fine pellicule de gras et de poussière qui en couvrait la surface, accumulée au cours du temps et de la négligence de O'Connors. En plus, il avait dû patienter en compagnie d'Alonso, qui lui avait jeté un long regard d'avertissement soupçonneux avant de descendre, au rez-de-chaussée.

Autre bizarrerie, la porte de la cellule 2 était entrouverte et gardée par un garde taillé comme une belle armoire à glace. Messner haussa les sourcils. Birthday ne pouvait pas être déjà mort, il n'était là que depuis à peine un mois. De plus, Alexander devait déjà supporter les soupçons causés par la mort de Wesker. Le décès de son patient aux yeux rouges ne pourrait que l'enfoncer davantage.

-Excusez-moi, je dois voir Birthday.

Le « Excusez-moi » était de trop. Le simple fait d'avoir à demander à ce qu'on le laisse passer était de trop, et le médecin ne se priva pas de le laisser transparaître dans sa voix comme dans son intonation.

Le garde –sûrement un nouveau, il ne l'avait jamais vu. Quoiqu'il n'était pas vraiment une référence en la matière- fronça les sourcils et répliqua, d'une voix rauque :

-Miss Williams est avec lui, il est en train de manger.

Et alors ? Qu'il soit en train de manger ou de lire un passionnant livre, quelle différence ? Messner ne prit pas vraiment la peine de répondre et pénétra dans la salle. La vision que lui offrit son patient était pour le moins… surprenante. Il était accroupi, comme de coutume, sur sa couchette, et le plateau-repas reposait contre ses jambes, en équilibre précaire. Juste à côté de la couchette, Madeline Williams le surveillait d'un œil méfiant et inquiet. Elle lui lança un bref regard en coin, méfiant, et revint au patient. Le jeune médecin ne voyait d'ailleurs pas la raison de ce regard. Birthday quant à lui se contentait de tâtonner ce qui ressemblait à un filet d'un quelconque poisson du bout de sa fourchette. Il lança un coup d'œil à Alexander lorsqu'il fit un pas dans la cellule. Immédiatement, un large sourire déforma son visage, accentuant toutes les différentes nuances de rose causées par la cicatrisation de sa peau. Il se tourna vers l'aide-soignante :

-Ma chère Madeline, il semblerait que je n'aie pas malheureusement pas le temps de faire entrer ma langue en contact avec cette… chose. Au revoiiiiiiiiiir !

Et il ponctua son adieu railleur par un mouvement de la main.

-Birthday, soupira le jeune homme, déjà excédé par son patient, elle ne partira pas tant que vous ne vous serez pas alimenté.

Les yeux de l'autre s'étrécirent en une mimique de reproche, mais il ne quitta pas son large sourire.

-Aleeex, tu me retires tout espoir !

Alex, arrêtes de faire le rabat-joie !

-Vous m'en voyez désolé. Et c'est Docteur Messner.

-Vous m'en voyez désolé.

Le sourire carnassier s'élargit, dévoilant ouvertement les gencives rendues rougeâtres par l'irritation et les dents de prédateur. Elles auraient pu être taillées en pointes, l'effet aurait été le même. Tout en demeurant à une distance respectable – la main osseuse contre sa gorge lui avait laissé un souvenir… impérissable –, Alexander s'assit à l'extrême bord du matelas.

-Mangez s'il vous plaît Beyond, j'ai d'autres patients à voir, osa murmurer Williams, mal à l'aise au possible.

Cette interruption eut au moins l'avantage de détourner Birthday du médecin. En effet, l'attention du malade était de nouveau focalisée sur le filet de poisson, blanchâtre et apparemment filandreux. Lentement, il laissa tomber sa fourchette, qui atterrit sur le plateau avec un tintement désagréable. C qu'il fit ensuite retourna l'estomac fragile du psychiatre.

Du bout des doigts, il mettait en pièces le produit de la mer, puis portait les morceaux effrités à sa bouche tout en renversant légèrement la tête en arrière. La vitesse à laquelle il engloutissait son « repas » était à la fois terrifiante et hypnotique, un peu comme un monstre cauchemardesque en train de dévorer sa proie à mains nues.

-Je préfèrerais avec de la confiture de fraises, ce n'est pas assez sucré à mon goût, gazouilla-t-il entre deux déglutitions.

L'image d'un BB à la bouche barbouillée de gelée vermeille, comme s'il s'agissait de chair sanguinolente, acheva le système digestif déjà sérieusement affecté du psychiatre qui serra les lèvres pour retenir une nausée naissante avant de répliquer d'un ton légèrement mordant

-Et pourquoi pas un thé plutôt ? Avec des biscuits ?

-Le thé n'est pas trop mon genre, à vrai dire, riposta le patient aux yeux rouges, la bouche pleine. Vous par contre docteur, il se lécha consciencieusement les doigts, causant un presque spasme de dégoût chez Alexander, vous avez l'air d'en avoir besoin, vous êtes plutôt pâle. Un problème ?

-Vous avez des rites alimentaires plutôt particuliers, déclara-t-il, dédaigneux.

-C'est parce que je déteste la sensation de la fourchette dans ma bouche asséna l'autre, d'une voix plate.

Les gestes de Birthday étaient immondes. Messner avait presque envie de lui proposer du désinfectant. Madeline Williams récupéra le plateau vide, essuya les babines et les doigts du malade à l'aide de serviettes en papier avant de quitter la pièce, laissant les deux hommes seuls.

Birthday remua, en quête d'une position plus confortable, pour finalement reprendre sa posture d'origine, cuisses remontées contre sa poitrine, à la manière d'un petit enfant. Quant à lui, Alexander fouilla dans sa poche pour en extraire un dictaphone. Ceux qui étaient disponibles dans la réserve de l'asile, de petits pavés noirs, juste assez grands pour tenir dans la main, comportant seulement un bouton, marche/pause/arrêt, et un orifice pour accueillir les câbles qui permettraient plus tard, de placer les enregistrements dans les archives de BlackGates. Ou de les envoyer à L, dans ce cas précis. Ils étaient également équipés d'un écran, qui affichait la durée de l'enregistrement, ce qui permettait généralement au médecin de ne pas trop dépasser de son horaire.

Dès qu'il aperçut le petit objet sombre et métallique, le patient inclina légèrement la tête sur la gauche et fronça les sourcils en une moue désapprobatrice.

-C'est pour L ?

Alors la première pensée de BB à l'idée d'être enregistré était le fait que le grand détective ait accès à l'enregistrement ? Intéressant. Ils étaient bel et bien des connaissances.

-Officiellement, cet enregistrement est destiné aux archives de l'établissement, répondit le psychiatre, optant délibérément pour une réponse vague au possible. Son accord avec L devait rester confidentiel, cela valait vraiment mieux.

Le malade n'était cependant pas dupe. Il haussa les épaules et se contenta de fixer ses prunelles sanglantes sur les iris bleus du jeune médecin. Tentant de rester le plus calme possible, d'ignorer l'anticipation (et si Birthday le touchait de ses mains ignoblement sales ? Et s'il l'attaquait ?) qui lui crispait désagréablement l'estomac, Alexander pressa mécaniquement le bouton d'enregistrement et prit la parole dès que l'alarme de début d'enregistrement retentit.

- Docteur Alexander Messner. Enregistrement numéro 1 du vingt-quatre novembre deux mille, treize heures vingt-deux. Patient 127 Beyond Birthday.

Il lança ensuite un regard expectatif au jeune homme qui lui faisait face. Voyant qu'il n'esquissait pas le moindre geste en réponse, il poussa un soupir silencieux et se dévoua à lancer l'entretien.

-Bien, bonjour, mister Birthday.

L'autre esquissa un mince sourire impudent et ouvrit exagérément la bouche, articulant démesurément « Je dois parler ? » Syllabe après syllabe, comme on s'adresse à un sourd. Un hochement succinct de la tête lui signifia qu'en effet, il était sensé prendre la parole.

-Bonjour docteur Messner !

Alexander écarquilla les yeux au point qu'il pouvait aisément les imaginer quitter leurs orifice. Avait-il bien entendu ? Depuis quand Birthday se montrait-il aussi conciliant ? Mais ce n'était sûrement que le commencement.

Il croisa calmement les jambes, se saisit de son petit bloc-notes et d'un stylo avant de prendre la parole.

-Alors, de quoi souhaitez-vous que nous parlions aujourd'hui ?

Il s'attendait à ce que le patient propose à nouveau une autre sorte de jeu malsain ou inquiétant, à ce qu'il le raille ou à ce qu'il s'évertue à prendre le contrôle de la discussion dès le début. Mais Birthday le surprit. Encore une fois.

-Je n'en ai pas la moindre idée, qu'aviez vous prévu docteur ?

Il fallut à Messner un effort colossal pour ne pas sourciller face à la complaisance de son patient. C'était plus imprévisible que si le malade avait tenté de l'étrangler. Un désagréable frisson courut le long de son échine à cette idée. Sans montrer le moindre intérêt pour le jeune homme accroupi en face de lui, il feuilleta son carnet jusqu'à la page dédiée au jour présent.

-Comment vous portez-vous ?

Il posait toujours la question à ses patients. A chaque rendez-vous. C'était un peu un rituel…

-Excellent. D'ailleurs, ce matin, j'ai pensé à vous, docteur !

Haussement de sourcils. Devait-il s'attendre à quelque chose de mauvais ? De dingue ? De terrifiant ? Le stylo semblait presque avoir hâte de courir sur le papier.

-Je vous écoute.

-En fait, je crois qu'il s'agit d'un rêve. Je me suis réveillé, et je me suis dit « Tiens, ce rêve là est drôle, peut être qu'il intéresserait mon cher docteur ! »

Birthday qui lui raconterait ses rêves ? Dans quelle dimension parallèle évoluaient-ils ?

-Votre stylo est prêt, doc ?

Soupir.

-Allez-y.

-Voyez-vous, au début de mon rêve, je me trouve dans une chapelle. Les vitraux projettent de grandes lumières sur le sol et sur les bancs de prière.

L'analyse des rêves n'était pas vraiment une discipline dont Alexander était friand, mais il pourrait toujours être intéressant d'essayer une telle approche. Il allait donc devoir noter soigneusement chaque élément du songe.

Noté.

-Dans une chapelle, ou dans un clocher ?

-Une chapelle, mais j'entends les cloches.

Cloches. Noté.

-Donc. Je suis dans une chapelle, j'entends les cloche qui tintinambulent, qui carillonnent sans s'arrêter. Je mange.

-Que mangez-vous ?

Beyond se gratta distraitement le menton.

-Des desserts, je ne me souviens pas exactement lesquels.

Les desserts étaient évidemment importants.

-Ensuite, je sens quelque chose de bizarre dans ma bouche. Pas de la nourriture, pas du sucré. C'est métallique. Des boucles d'oreilles, il me semble. Puis le sol se met à trembler, les murs s'effritent, les vitraux se brisent. On démolit la chapelle, je crois.

-Et que faites-vous ?

-Je me lève, paniqué. Vous savez, des fois, dans les rêves, on a l'impression que tout se passe au ralenti, et bien c'était un peu comme ça. J'ai été bien élevé, vous savez. Je sais ce qu'il faut faire en cas d'effondrement. Alors j'ai voulu sortir. Mais il n'y avait pas d'échappatoire. J'ai roulé sous un banc pour me mettre à l'abri et là, j'ai trouvé une scie et une hache. C'était exactement ce qu'il me fallait pour ouvrir la porte coincée. Avec la hache, j'ai enfoncé la porte de la chapelle. Quand j'étais dehors, j'ai prit une bougie, vous savez, un cierge de messe, qui reposait pas loin, à côté de ce qui ressemblait à une urne, et je l'ai utilisée pour me retrouver.

L'homme aux yeux rouges se figea, comme absorbé par une pensée… pénétrante.

-Et ?

-Et c'est fini. Je me suis réveillé et j'ai pensé à vous.

-Bien. Maintenant, tentez de me répondre honnêtement.7

-Avec plaisir.

S'ensuivit alors un paisible échange d'informations, sur le ressenti de BB par rapport à l'asile, à son bien-être et à son sommeil.

Tout ce qui avait vraiment valu la peine d'être noté, c'était le rêve. La santé du fêlé n'était pas aussi intéressante que cela.

Quand l'écran du dictaphone afficha finalement 00:40 :00, le médecin put enfin presser à nouveau le bouton, mettant de la sorte fin à l'enregistrement. Dès qu'il fut certain que ce qu'ils disaient n'était plus archivé, il fronça les sourcils en direction de 127.

-Puis-je savoir en quoi consiste cette mascarade ?

-Qu'est-ce qui vous bloque, docteur ? Vous avez peur de ne pas comprendre ? gloussa Beyond.

Il redevenait railleur et puéril, on était bien loin du jeune homme sérieux et un brin dérangé qu'il mimait plus tôt.

-Ni l'un ni l'autre. Avez-vous réellement rêvé de ce que vous avez décrit, au moins ?

Parce qu'il en doutait. Il en doutait sérieusement. Le sourire de plus en plus anormal et large de son patient ne faisait d'ailleurs que renforcer ses soupçons. Birthday passa avidement sa langue sur ses lèvres gercées. Son pouce suivit rapidement le muscle humide, plongeant entre ses propres dents en un mouvement volontairement brusque.

-Mais ça semble évident, vous ne croyez pas ?

Les dents attaquèrent la peau sèche des lèvres, les écorchant jusqu'au sang.

-Ce qui compte, ce n'est pas la véracité du récit, c'est ce qu'il véhicule, explicita le brun, une moue agacée sur le visage, comme s'il reprochait au médecin le temps qu'il mettait à saisir le message.

Alexander se leva, et se prépara à quitter la cellule quand il fut à nouveau interpelé par son patient. Un peu plus, et ça deviendrait une sale habitude.

-Je ne retire pas ma demande, vous savez, pour la confiture.

Et en plus c'était pour poser la même question.

-Et ma réponse demeure la même.

-Pas pour longtemps. A bientôt, Alex. Et, au fait, tu m'en dois une.

A cette ultime déclaration, le jeune psychiatre se figea.

-Qu'entendez-vous par là ?

-Je t'ai offert un entretien parfait à présenter à ton ami le détective, et tu pars sans même me remercier, ce n'est pas très aimable.

-Je ne suis pas ici pour être aimable avec vous.

-Et tu penses que je te laisserai essayer de me soigner si tu ne l'es pas ?

Le silence s'installa dans la pièce, un peu comme une lourde chape de plomb. Avait-il senti correctement ? Avait-il eu raison de sentir cette menace sous-jacente qui suintait entre chacun des mots du fou ?

-J'y réfléchirai. Reposez vous, je vous ferai envoyer du baume, pour les lèvres.

-Que c'est prévenant de ta part, susurra le patient d'une voix mielleuse, le même sourire toujours figé sur ses lèvres.

Ce fut seulement lorsqu'il fut hors de la « chambre », la porte dûment refermée que Messner sentit ses intestins se dénouer et la tension retomber un peu.

La nausée était toujours là. Même s'il n'avait rien touché, le médecin se frictionna fébrilement les mains au désinfectant. Sa main glissa lentement dans la poche de sa blouse, laissant son doigt parcourir l'arrête de la feuille pliée fraîchement imprimée.

Il avait encore un patient à voir, un plan à mettre en action un rêve à analyser, et il n'y arriverait sûrement pas.

-Messner ?

Alexander leva la tête vers le grand épouvantail rachitique. Crane devait sortir de consultation.

-Hum ?

-Tu es pâle, on dirait que tu vas vomir.

Aucune inquiétude dans sa voix, bien entendu. Seulement une constatation plate, comme on constaterait qu'il y avait quelques nuages dans le ciel, le matin.

-Je viens de quitter un patient.

Inutile de développer, normalement, ça devait suffire.

-Oh je vois, un sourire mauvais étira les lèvres du professeur.

Sans un mot de plus, les deux médecins entrèrent dans l'ascenseur, et le plus grand pressa le bouton.

Silence.

Peut être qu'Alexander allait pouvoir tirer parti de ce moment d'isolement pour obtenir ce qu'il voulait de son collègue… Il fallait à tout prix qu'il obtienne ces informations.

-Professeur, j'aimerais vous proposer quelque chose…

-Je t'écoute. Par contre, rien de sexuel, je t'en prie. Il y a déjà assez de rumeurs immondes à ce propos.

Encore des rumeurs ? Mais pour qui se prenaient leurs collègues ? Leur comportement rappelait désagréablement à Messner celui de collégiennes pré pubères gloussantes. Il esquissa une grimace dégoûtée et rassura le professeur, pour un peu que ce dernier ait quoi que ce soit à faire de ce qu'on disait de lui.

-Non, non, loin de là. Je pensais plus à un échange de bons procédés.

Crane s'appuya contre le mur métallique de la cabine, croisa ses bras squelettiques sur sa poitrine et haussa les sourcils. Comment cet homme pouvait-il en imposer autant tout en pesant aussi peu ? C'était tout bonnement impensable.

-Comme ?

Si le professeur avait été narquois un seul instant, c'était à présent terminé. Messner avait affaire à son ton le plus plat et impassible, celui qu'il réservait sûrement aux proches de ses patients. Le plus jeune sortit l'extrait de dossier de Wesker, toujours plié dans sa poche, et le tendit à Crane.

-Voici le résumé psychologique et physiologique sur Wesker que je vous ai concentré en une page. Je vous le laisse en échange d'un de vos dossiers.

Là, il était parvenu à déconcerter son interlocuteur. En effet, ce dernier arborait à présent un large sourire, presque comme un enfant à qui on promet un cadeau particulièrement agréable et désiré. Il sa saisit de la feuille et en examina le contenu.

-Tu viens d'éveiller mon intérêt, railla-t-il. L'ascenseur s'arrêta, mais Crane pressa immédiatement le bouton du sous sol. Alors ? Quel dossier veux-tu ?

Oui. Il avait touché juste. Crane était un spécialiste en phobies, il avait déjà demandé à Alexander de le laisser examiner le dossier de Wesker, qui était, selon lui, fortement intéressant. Il avait cependant du faire face à un rejet absolu. Messner avait assez d'ennuis comme ça, et se devait d'être irréprochable, antécédents obligent.

Il aurait peut être dû mal voir le peu de valeur que son collègue attribuait aux dossiers de ses patients, mais, ici bas, plus rien ne l'étonnait vraiment. Jonathan Crane était un scientifique, pas un philanthrope.

-Je ne connais plus le nom, mais celui que vous aviez pris en consultation libre, au début. La fille, vous vous souvenez ?

-L'histoire de la collégienne à Weston ?

-Tout à fait.

Un large rictus étira les lèvres de Crane.

-Je marche.

Main tendue. Et aucun d'eux n'était ganté, bien évidemment. Une poignée de main transmettait énormément de germes, et nécessitait un contact bien trop long pour être humainement supportable. Messner prit néanmoins son courage –et la main de son supérieur- à deux mains avant de lâcher subitement.

-Haptophobie, railla Crane.

-Prudence, corrigea Messner, tout en sortant son flacon de désinfectant.

-Si tu veux. L'amusement clair dans sa voix. Je te passerai ça après la consultation de Stubbs.

-Bien entendu, ça reste entre nous.

-Mais oui, mais oui. Et que comptes-tu en faire, si ce n'est pas trop… indiscret ?

Répondre ? Garder un silence prudent ? Optant pour un beau compromis, le plus jeune lâcha :

-Compléter un dossier bien trop vide.

Crane leva les yeux au plafonnier, et exerça une pichenette dédaigneuse sur l'épaule d'Alexander. Dieu merci, c'était à travers la blouse.

-Tu as de la chance, mes archives papier ne sont pas contrôlées.

La moquerie était un élément clé de leur entente, après tout.

La porte s'ouvrit alors sur le premier étage, Crane ajusta sa blouse et se dirigea à grands pas vers un jeune homme roux qui passait la serpillère, écouteurs vissés dans les oreilles.

-O'CONNORS

Le technicien de surface leva un regard paniqué vers son supérieur qui se dirigeait vers lui à la manière d'un faucon sur sa proie, et Alexander pressa le bouton du deuxième étage.

Son plan était en bonne marche.


-C'est gentil à vous de me l'avoir amené docteur, très gentil.

Dans l'imaginaire collectif, Ben Stubbs, le tueur sadique de Harlem, ressemblait aux tueurs des émissions télévisées regardées par tous les ignares quand ils sortaient du travail, de la banque, ou du supermarché. Pour le plus grand nombre, le meurtrier sadique type était un jeune homme, charismatique, beau, mince, intelligent, passe-partout et passionnant.

Tellement ridicule.

Tellement cliché.

Tellement faux.

Certes, la personnalité sadique pouvait être une maladie, et pouvait provoquer un engouement criminel. Mais elle ne frappait pas forcément de jeunes mannequins séduisants et géniaux. Par exemple, Ben Stubbs était un véritable colosse d'un bon mètre quatre-vingt-dix. Pas de doutes qu'il aurait aisément pu briser Alexander de ses mains immenses s'il n'avait été solidement menotté. Son visage aux traits rustres, aux yeux enfoncés et au nez écrasé différaient légèrement du joli minois des feuilletons pour ménagères de vingt-cinq ans. Le docteur Messner, mal à l'aise, croisa à nouveau les jambes, sans quitter du regard les larges mains de l'homme, occupées à manipuler souplement le petit bloc d'argile qu'il avait du amener à Stubbs. Entre les doigts gros comme des saucissons, une figure humanoïde prenait lentement forme. Tout le monde a des hobbies, et, en dehors du meurtre et de la torture, Ben a-do-rait la sculpture d'argile, comme en témoignait le large sourire ravi qui déformait le visage du blond et l'étincelle dans ses yeux limpides. Avait-il la même expression concentrée et radieuse lorsqu'il découpait de jeunes demoiselles en fleur ? Le médecin préférait ne pas se poser la question.

-Ce n'est pas comme si j'en avais eu le choix.

-Alors c'est gentil à miss Jones de vous avoir demandé pour moi, très gentil.

La voix du mastodonte était étonnamment douce, presque un murmure.

-Vous aussi vous êtes très sympathique de rester un peu avec moi, docteur.

-Ceci est un entretien médical, pas une sortie entre amis, soupira Alexander.

-Oui mais vous restez, vous venez, c'est très attentionné de votre part.

Peu de patients étaient aussi pacifiques, aussi sages, flatteurs et affables que Ben Stubbs. Il ne levait jamais la voix, ne s'énervait jamais, ne faisait jamais de gestes brusques. Chacun de ses mouvements était savamment mesuré, souple, restreint et tellement inquiétant.

Plus que deux minutes d'entretien et il pourrait partir. Deux toutes petites minutes et son instinct de survie arrêterait de l'étouffer.

-Qu'est-ce que vous modelez ?

-Je ne sais pas trop, une poupée en terre.

Bien, la conversation s'annonçait parfaitement.

Une minute trente.

-Je vous aime bien docteur.

Ça, c'était encore plus préoccupant. Le ton douceâtre du colosse était tout simplement oppressant. C'était peut être pour ça que Messner suait à grosses gouttes.

-Vous m'en voyez ravi.

Moi aussi je t'aime bien Alex

-Vraiment ravi.

Le gaillard leva les yeux vers le jeune homme. Cessant momentanément de façonner la tête de sa figurine.

-Vous vous sentez bien ? Vous êtes livide. Vous n'allez pas vous évanouir n'est-ce pas ?

-Aucun risque, ne vous inquiétez-pas.

-Tant mieux. Les gens évanouis sont trop exploitables, je pourrais ne pas résister.

Frisson.

-Résister ?

-A la tentation de vous rompre les os.

00 :40 :03

Fin de l'enregistrement.

-Passez une bonne soirée Ben, j'essaierai de vous faire à nouveau parvenir de l'argile.

Allez, un petit effort, les patients étaient toujours sensibles à la flatterie.

-Celle là est très réussie, félicitation.

Et, sur ces mots, le docteur Alexander Messner quitta la pièce, impatient de mettre son plan génial en action.

A son retour au bureau, une pochette en carton reposait bien en évidence, accompagnée d'un post-it.

Le dossier de la collégienne. Amuse toi bien. Je veux la partie du dossier de Wesker qui concerne ses hallucinations auditives dans mon bureau avant la fin de la journée.

Pr. Crane.


De : Alexander Messner

A : L

Objet : Patient 127

J'ai de nouveau eu en entretien avec Birthday, tout s'est très bien passé.

Ci-joint l'enregistrement de la discussion.


De :L

A : Alexander Messner

Objet : RE : patient 127

Vous m'étonnez docteur. Rien ne se passe jamais bien avec BB. Votre diagnostic ?


De : Alexander Messner

A : L

Objet : RE : RE : Patient 127

Encore trop tôt, mais j'y travaille. Pour le moment je tente d'isoler les potentielles pathologies.


De :L

A : Alexander Messner

Objet : Question

Excusez-moi, combien de temps a duré votre rencontre ? Je viens d'écouter l'enregistrement.


De : Alexander Messner

A : L

Objet : RE : Question

J'ai enregistré tout l'entretien. Il a duré quarante minutes précisément.


De : L

A : Alexander Messner

Objet : RE : RE : Question.

J'attendrai les autres enregistrements avec intérêt, docteur.


Le soir même, dans une bibliothèque non identifiée de la ville la plus proche de l'île de BlackGates, où habitait Messner, ledit docteur tapotait frénétiquement sur le clavier d'un ordinateur disponible, un large sourire satisfait aux lèvres.

Chers gérants du laboratoire d'analyse Pasteur, chers confrères.

Je vous ai envoyé ce matin un échantillon que j'aià cœur de faire analyser dans les plus brefs délais. J'aimerais d'ailleurs obtenir les résultats le plus tôt possible, avant la fin de la semaine, si c'est faisable. Pour vous faciliter la tâche, comme je sais pertinemment que les analyses sont ma foi fort fastidieuses et complexes, je me suis permis de joindre à l'échantillon la première partie d'un petit bonus que je vous destine, pour vous remercier. La seconde moitié viendra évidemment dès que j'aurai reçu vos résultats d'analyse, et je tiens à préciser que, chaque jour, j'y retire dix dollars.

Sur ce, bonne soirée messieurs,

Veuillez croire en l'expression de mes sentiments les plus respectueux,

Dr Bélen Alonso.

P.S : J'ai vraiment besoin de ces résultats, pour un patient, je vous en prie.

Le plan était brillant, sourit-il alors qu'il entamait la conception d'un second mail.

Cher agent aspirant Loud, Commença-t-il à taper. Il lui restait approximativement une petite heure avant la fermeture. Bientôt, les clés de l'affaire BB seraient à lui. Il espérait.


TADAAAAM

Au départ, j'avais vraiment peur de faire trop long pour ce chapitre, mais je n'avais pas la foi pour le couper, et je me suis donc contentée de retarder certains moments pour le prochain :3

Si vous avez trouvé ça pompeux et lourd, dites le moi !

Autre chose : les maladies que je décris et leurs symptômes viennent d'internet, et encore, je les romance quelque peu. Sachez que vous pouvez lire une forme altérée des symptômes ou de la pathologie, et que je ne suis absolument pas sûre à 100% de ce que j'avance.

Laissez une review si vous voulez qu'Alonso morfle dans les chapitres à venir ! Et si vous voulez pas... Bah laissez moi une review aussi :3

RaR

AriasD : Merciiiiiiii ! Et pour les bébés, t'inquiètes pas, on les fait dès qu'on trouve le moyen o/

Eleonnora : Un très grand merci pour ta review, elle m'a fait très plaisir ^^ J'espère en tout cas que tu n'es pas déçue par la suite, et que mon BB n'a pas encore sombré dans le cliché :')

Saki-R : Ha bon ? On dit Nécessité ? Et bien sache, jeune hominidé, qu'on ne dit pas « fane » mais fan ! Et toc ! Contente que kle chapitre t'aie plu, j'espère que celui-ci te plaira aussi ^^ (VINCENT !)

Faim de Lou : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a vraiment fait plaisir :D Nous verrons avec les résultats de l'analyse si tes soupçons sont confirmés, clin d'œil !

Shadows : Les profs sont des sadiques qui nous veulent du mal, tout le monde sait ça D : Contente que tu aies lu et que ça t'ait plu, et merci pour ta review !

Naitaa : Oui personnellement je respecterais aussi Alexander et Crane. Ce sont de sacrés spécimens mais ils en imposent ! Ne t'en fais pas, c'est parfaitement normal ! En tout cas j'espère ! Merci pour la review et ton courage, j'espère que ce nouveau chapitre t'a plu :D

PxdxlF : Hey ! Désolée de t'avoir fait attendre xD BB prendra de l'importance, ne t'en fais pas, mmais en effet, ça prendra du temps avant qu'Alex arrive à dépasser son dégoût ^^ Tes suppositions sur les morts suspectes sont ma foi fort intéressantes, et divertissantes ! Quand j'aurai moi-même une idée du criminel, je pourrais te dire si tu as bon ou pas 8D Merci pour la review et pour les vœux, je me permets de te souhaiter bonne année aussi (en retard, malheureusement xD)

A la prochaine mes cher(e)s !