Bonjour ! Bienvenue ! Bonsoir à tous et à toutes !

Moi ? Prendre mon temps ? ... Jamais !

Bref, j'ai toujours les mêmes raison à l'irrégularité dans la publication, faut bosser sur les TPE, c'est chiant mais c'est comme ça. Alors ne vous attendez pas vraiment à un rythme de publication plus régulier ou fréquent, il faudra attendre que j'aie passé le bac de français, c'est à dire... Les grandes vacances. Oui, c'est nul pour moi aussi =_=

Disclaimer: Rien n'est à moi, même pas les personnages, même si je mange plein plein de sucre, que j'écrive bizarrement en riant et que je suis quelqu'un de bizarre ;_;

Ce chapitre était plutôt chiant à écrire, explications en bas.

Ah ! Et je suis partie du proncipe logique que BB avait sévi aux USA, où il avait donc été jugé et incarcéré. L'histoire se passe donc aux Etats-Unis et, malheureusement, la plupart des personnages de Death Note sont soit Anglais, soit Japonais. Je dois donc piocher dans les rares personnages américains de ma connaissance pour coller un maximum au canon. Ce sera donc difficile d'insérer des personnages très connus. D'où la présence d'autant d'OCs, que je m'efforce de ne pas rendre trop fades ou insipides. Voilà, c'était pour la précision technique !

Oh, autre chose, les molestations sur des gens fragiles, malades ou faibles d'esprit ne sont pas bien. Alex est un vrai connard là dessus, ne refaites pas la même chose. C'EST MAL è.é

En attendant... Enjoy o/

CE CHAPITRE EST UN REPOST DU PRECEDENT, SI VOUS AVEZ DEJA LU, INUTILE. JE PROCEDE JUSTE A UNE RELECTURE SUITE A LA REMARQUE DE L'UNE D'ENTRE VOUS (Merci au passage ~(030)~) j'espère avoir tout corrigé ;_;


Chapitre 5 : Souvenir.


« Le temps est un grand professeur mais malheureusement il tue ses élèves. »

Hector Berlioz.


-Bien. Où nous étions nous arrêtés la dernière fois ?

-Mes souvenirs les plus lointains docteur.

Lorsqu'on pensait aux affaires de police, aux crimes résolus, on ne retenait généralement que les affaires spectaculaires, codées par des criminels de génie, qui plongeaient les babouins de la police dans une perplexité n'ayant pour égal que la quantité impressionnante de beignets suintants de matière grasse que lesdits babouins ingurgitaient à tour de bras, tout au long de la journée. On avait tendance à négliger les cas faciles. Les cas évidents. Les cas tellement évidents qu'on en venait à retrouver un jeune homme à genoux au dessus de du corps sans vie de sa bien aimée, les mains encore serrées autour du manche du couteau à sushis qui la transperçait, et, comme si ce n'était pas assez simple, des kilos d'ADN coincés sous les ongles de la victime.

Messieurs les babouins de la police, suivez la flèche.

Le seul problème ? Le meurtrier, prouvé et jugé coupable, ne se souvenait absolument pas du meurtre ou de son identité. Après examen, le docteur Messner avait pu affirmer que l'homme, John Doe, comme on l'avait appelé, souffrait d'amnésie psychogène, causée par un choc violent, et qui affectait la mémoire autobiographique du sujet. Autrement dit, John ne se rappelait plus de son identité, ou de quoi que ce soit.

En temps normal, on aurait dû lui faire passer de multiples tests de calcul, de lecture, mais Alexander ne s'y était pas conformé, choisissant délibérément de tester l'amnésique sur la pratique.

-Oh je vois. Désolé, j'ai parfois des trous de mémoire.

Cette plaisanterie vaseuse et mordante aurait amusé Crane, alors qu'elle vexait le malade. Ce dernier passa ses deux mains sur son crâne chauve et luisant, comme pour s'assurer que son cerveau ne se promenait pas à l'air libre. Si cerveau il restait, bien entendu.

-J'avais eu une idée, pour tenter de ramener les souvenirs. Vous êtes disposé à tenter le coup ?

Le regard sombre de Doe se leva vers lui, une lueur d'espoir dans les iris noirs. Pauvre naïf. Le docteur saisit la chemise en carton apportée, retenant avec difficulté un large sourire mauvais. Si cette « thérapie », aisément qualifiable de brutale, fonctionnait, le professeur Crane lui devrait un montant total de soixante dollars. L'enregistrement servirait de preuve, témoin de son écrasante victoire.

L'amnésique se jeta presque sur les photographies qu'on lui tendait, comme si le simple fait de les dévorer des yeux lui rendrait la mémoire. Alexander appuya calmement ses coudes sur ses genoux et entrelaça ses doigts, regard curieux fixé sur le sujet. Pardon. Sur John Doe.

Dès que les yeux de ce dernier se posèrent sur les clichés, il les lâcha brusquement et marqua un mouvement de recul spectaculaire, digne d'un personnage de cartoons.

-Putain mais c'est quoi cette boucherie ?

Très posément, le docteur Messner aligna les deux photographies. Il fallait que le boulet, pardon, que Mr Doe, puisse voir correctement les eux clichés.

-Sur l'image de gauche, vous avez la scène de crime au milieu de laquelle on vous a trouvé. Et sur l'autre, je vous ai apporté un gros plan de la victime. J'aimerais que vous m'en fassiez une description dans le détail.

Il avait du batailler avec le service psychiatrique de la police de Miami pour obtenir ces deux simples clichés. Ça avait intérêt à fonctionner.

-Mais je… je…

-Vous n'avez qu'à commencer par la photographie du cadavre. Avec le temps qu'il nous reste, on se gardera ainsi la scène de crime pour vendredi.

-Mais c'est impossible docteur, je, je ne pourrais pas, c'est mauvais, c'est mal d'utiliser cette pauvre femme.

Que de bons sentiments. Horripilant.

-C'était également mal de la transpercer avec un couteau à sushis, il est pourtant prouvé que vous l'avez fait.

Le malade se serait arraché les cheveux, s'il en avait eu. Il se mordit douloureusement la lèvre inférieure. Ses yeux survolaient le cliché, puis fuyaient. Regard coupable. Sensation de malaise apparente. Il était évident que l'image lui faisait quelqu'effet. Le médecin coucha ces quelques éléments sur le papier.

-Je vous écoute, John.

Les yeux sombres de l'homme s'humidifiaient, comme des nuages pleins de larmes. Il faudrait vite des mouchoirs. Avec les larmes venait généralement la morve. Immonde.

-Elle… Elle est t-très belle. Et ses y-yeux sont d'un vert ma-magnifique. Pourquoi ils sont ouverts ? Pourquoi le- pourquoi il- pourquoi je les ai pas fermé ? Hein ? Et pourquoi je pleure hein ? C'est qui c'te meuf ?

-Votre ancienne petite amie. Décrivez, je vous prie.

-Je-je ne sais pas quoi dire. Elle est superbe, c'est tout.

-La position, l'expression…

-Elle, elle a les cheveux blonds, répandus autour de sa tête, on dirait des algues collées de sang. Et elle a la bouche ou-ouverte. Comme pour, comme pour, comme pour…

-Crier ?

-Oui, oui c'est ça. Et elle a une très jolie robe, verte.

On avait apparemment fait le tour.

-Bien. Maintenant, je vais retourner la photo, et vous devrez me dire ce dont vous vous souvenez.

Jouer au memory du cadavre avec un amnésique au bord de la crise de larmes. Le pied. Aussitôt dit, aussitôt fait. La charmante macchabée disparut, et John Doe reniflait bruyamment. Délicat.

-Alors ?

-Elle, elle était blonde, avec les yeux bleus, non, verts, non… je ne sais plus… clairs je crois. Elle avait les yeux et la bouche ouverts.

La voix devenait haletante, rauque et délirante. Bien. Les premières barrières du choc traumatique venaient d'être enfoncées à coup de pied.

-Il y avait du sang par-partout. Su-sur la robe, sur les cheveux, la robe, la robe. C'était m-moi qui l'avait offerte à Evelyne, elle était toute pâle et, et…

Des sanglots secouaient à présent le malade, qui se mouchait allègrement dans ses propres doigts, plus si propres par conséquent.

Coup d'œil au dictaphone.

00 :32 :46

Allez, presque terminé.

Le sujet leva son visage humide vers Alexander Messner et demanda, tout reniflant, dégoulinant et méprisable :

-Qui est Evelyne docteur ?

Messner inclina un peu la tête, et lâcha froidement :

-Comment voulez-vous que je le sache ? Je ne connais pas votre vie beaucoup plus que vous.

00 :37 :50

Le jeune psychiatre récupéra les deux clichés et les rangea dans la chemise avant de statuer, imperturbable :

-Vous aurez donc jusqu'à vendredi, soit trois jours, pour y réfléchir. Je vous garde la scène de crime, et vous enverrai des anti-douleur, et une personne qui s'occupera de votre visage.

Fin de l'enregistrement.

Le docteur se leva et quitta la pièce, fermant sèchement la porte sur l'amnésique plein de larmes.

Rideau.

Il avait bien envie d'un café. Il était à peine quatorze heures, l'heure du café, donc. Son prochain entretien, avec 127 n'était que dans une petite heure et demi. Il devrait ensuite malheureusement enchaîner les consultations.


La machine à café de l'asile devait être une invention diabolique, uniquement destinée à faire souffrir un peu plus le personnel de l'hôpital. Et à permettre audit personnel de se retrouver chaleureusement autour de gobelets bon marché fumant d'une vapeur à l'odeur amère. Pour vous donner l'illusion d'avoir le choix, on vous présentait différentes « sortes » de café. Café noisette, comme l'avait prit O'Connors. Café au lait, élu par Worthing. Expresso, le choix de Crane. Quant à Messner, il avait opté pour un café vanille, nourrissant vainement l'espoir que l'arôme artificiel dissimule le véritable goût de la boisson.

Mais ne vous faites pas de films. Expresso, vanille, noisette, au lait, le prix était toujours de quarante cents, et le goût était toujours celui de la boue grumeleuse et sucrée.

-Alors Stan ! Comment avancent les études ? s'exclama joyeusement le docteur Worthing.

Et, pour faire bonne mesure, il administra généreusement une claque qui se voulait fraternelle sur l'épaule de la grande asperge rousse, manquant de lui faire recracher le café qu'il était occupé à tenter de déglutir.

Alexander échangea un coup d'œil avec le professeur, qui arborait un air ouvertement dédaigneux quoique cruellement amusé. Jérémiah Worthing paraissait oublier qu'il tenait tout juste son diplôme.

-Je… Oui, oui, ça va monsieur Worthing. Les études graphiques, c'est vraiment génial.

O'Connors, le plus jeune des travailleurs de l'asile, avait la particularité –et le mérite, selon certains de ses collègues- de balayer le sol de l'asile uniquement dans le but de financer ses études en graphisme. En effet, Papa et Maman avaient décidé que le graphisme n'était pas digne de leur fiston adoré et avaient tenté de le sauver de la déchéance en lui coupant les vivres. Pas de chance pour leurs préoccupations parentales, dès ses dix-huit ans, leur fils s'était trouvé un emploi et avait commencé ses études.

-C'est bien de faire ce qui te plaît, gamin, railla Crane, s'attirant immédiatement un coup d'œil inquiet du technicien de surface.

Le professeur avait toujours cet effet là sur ses subordonnés.

Et il semblait particulièrement aimer en profiter sur le malheureux Stanislas.

-Ah, oui, je me rappelle, fit Worthing, toujours plongé dans son délire d'aîné plein de bons conseils. C'est quand je faisais mes études que j'ai eu ma première copine !

Silencieusement, Alexander soupira. Il ne voyait absolument pas l'intérêt de ce genre de conversations. Trop futiles. Le professeur, en revanche, laissa échapper un ricanement mauvais et susurra :

-Un peu tard pour une première, je trouve.

-Et alors ? Je cherchais la bonne !

Entre ses deux supérieurs, O'Connors rougissait jusqu'au lobe de ses oreilles. Ce qui était assez comique. Messner se demanda si la délicate teinte cramoisie parviendrait à atteindre à la fois la gorge et la racine des cheveux. Au vu de la coloration de la mâchoire, c'était bien parti.

-Alors Stan ? Et toi ? Tu as une petite chérie ? Tu peux tout nous dire, entre hommes, tu sais !

Gagné. La rougeur avait gagné la pomme d'Adam, faisant ressortir des tâches de rousseur et jurant odieusement avec les cheveux carotte du pauvre, pauvre garçon.

-Hum… Je…

-Nous nous efforcerons de ne pas nous moquer, interrompit Crane, sourire aux lèvres.

-Ben, pas encore, mais je pense que c'est en bonne voie.

-Oooooh ! Et tu t'y prends comment ? Le tourmenta Worthing. Les cadeaux ? Les fleurs ? Les poèmes ?

-Les S.M.S ? glissa Jonathan Crane, narquois.

-A vrai dire… L'élément comique allai arriver. Messner éloigna légèrement le gobelet de son visage, s'écartant du fumet immonde de la boue vanillée, et attendit la suite. Je n'ai pas encore son numéro.

Worthing éclata fraternellement de rire, Crane conserva un calme imperturbable et prit une gorgée de sa boisson. Quand à Messner, il ne put contenir un ricanement bref.

-Parce que vous, vous avez facilement trouvé des copines ? Ton amer. Tentative de réplique intelligente et mordante. Tombée à l'eau.

-Oui ! Deux trois phrases d'accroche de mon cru et voilà ! J'ai l'amour de ma vie dans mes bras ! Et vous les gars ?

Alexander déglutit, mal à l'aise, et prit une gorgée de son infâme breuvage pour se donner une contenance. Sa ruse fut cependant percée par Jonathan Crane, qui lui adressa une œillade des plus carnassières, et sadique, comme pour dire « J'ai hâte de voir comment tu vas t'en sortir cette fois. »

Le professeur se tourna vers Worthing et déclara, du ton glacé et hautain qui vous donnait envie de vous recroqueviller sur vous-mêmes immédiatement.

-Ce genre de choses ne m'intéressait pas tant que cela, mais j'ai eu ma première petite amie à la fin du lycée, plus par caprice que par « amour », cependant, ajouta-t-il en haussant les épaules.

Pitié. Pitié. Pitié. Pitié.

-Et toi Messner ?

T'as une amoureuuuuse ? Hein ? Hein ? Dis moi !

Salaud. Crane savait parfaitement quelle était sa position par rapport aux femmes, et aux relations en général. Beaucoup trop bactérien, salissant, physique. Et il entreprenait manifestement de massacrer soigneusement la réputation du jeune psychiatre. En plus de concentrer l'attention sur lui, ce qui était des plus désagréables.

-Pendant l'Université. Comme Jérémiah.

Mensonge. Mensonge éhonté mais nécessaire. Cligner des yeux naturellement. Garder sa respiration régulière. Ne pas fixer son interlocuteur avec trop d'insistance. La stratégie sembla fonctionner puisque le technicien de surface hocha timidement la tête.

-Demande son numéro directement, conseilla le professeur spécialiste ès phobies. Tu sauras clairement si elle est intéressée en agissant de la sorte.

-Ou bien demande-le à une des ses amies, compléta Alexander.

Il le savait, ces bandes de guenons circulaient toujours en hordes gloussantes et glougloutantes.

-Vous manquez de romantisme les garçons ! Moi je suis allé la voir –elle était aussi en psycho- et je lui ai dit que j'avais rêvé qu'elle et moi on marchait main dans la main. Comme elle était en psycho, elle a directement compris la signification de ce rêve –inventé de toutes pièces pour la bonne cause, bien sûr-, elle a compris que je voulais qu'on essaie de vivre heureux ensemble. Et c'est ce qui s'est passé pendant plusieurs mois !

Alors que ses collègues s'épanchaient, avec plus ou moins d'ironie, sur l'objet de l'amour apparent de Stanislas O'Connors, (une petite brune eux yeux verts, d'après ce qu'il avait entendu), Alexander réfléchit à ce que venait d'ânonner Worthing. C'était une technique de séduction extrêmement simpliste et stupide. Aucune chance que la demoiselle incriminée soit assez intelligente pour déblayer le non-sens total que représentait le rêve pour atteindre le message qu'on voulait transmettre.

Minute.

Sa main se crispa sur le plastique du gobelet qui crissa désagréablement et lui brûla la pulpe des doigts.

Un rêve.

Un message caché.

Des études de psychologie.

Un message.

Il comprenait enfin ! Et l'analyse du rêve décrit par BB prenait soudain toute son importance.

Tout à coup de bien meilleure humeur, Alexander jeta le gobelet –contenu compris- dans la poubelle et s'éloigna à grands pas en direction de son bureau.

-Tu crois qu'on lui a donné des idées ? interrogea la voix de Worthing au loin.

-Qui sait ? hésita O'Connors.

Crane se contenta de ricaner.


Alexander avait recyclé la stratégie de O'Connors pour se couper du monde extérieur : il avait récupéré un casque et les cache oreilles vomissaient la IXème Symphonie de Beethoven dans ses appareils auditifs alors qu'il grattait la feuille sans vergogne, disséquant point par point le prétendu rêve de Birthday. Et, s'il s'agissait véritablement d'un message destiné à L par le biais de l'enregistrement, les éléments concordaient parfaitement, et chaque étape ou image du rêve avait un sens. Les divers sens pouvaient être regroupés en plusieurs ensembles.

On pouvait en effet diviser le rêve en deux parties. Avant la démolition, et cette dernière, le chaos total.

Dans la première partie, on pouvait observer deux aspects. Le bien-être, la sécurité, et l'être supérieur, idéalisé. L'église représentait le foyer, mais aussi la communion avec une entité quasi-divine. Les cloches évoquaient un clocher, symbole d'une forme masculine idéalisée, selon les études de Freud. Quant aux desserts, toujours selon le psychanalyste allemand, ils pouvaient représenter un amour consommé ou la récompense pour un travail accompli. Les boucles d'oreilles dans la bouche posaient également problème. Dans l'art délicat de l'analyse des rêves, elles représentaient une union forte, jumelaire ou amoureuse, tout dépendait de l'interprétation et du contexte. Néanmoins, de l'humble avis du psychiatre, leur position dans la bouche de B rappelait assez l'ancienne coutume grecque, qui consistait à mettre des pièces dans la bouche des défunts, pour payer leur traversée du Styx. Il pouvait très bien s'agir d'une référence.

Agacé par les cœurs harmonieux et beaucoup trop symphoniques à son goût, Messner changea radicalement de musique, et un léger sourire gagna ses lèvres lorsque les enceintes du casque se mirent à déverser des sonorités basses et rauques de black metal norvégien.

La deuxième partie, à présent. Alexander ne voyait pas vraiment le temps passer. Coupé du monde par la musique et la porte de son bureau, il isolait, analysait et grattait la surface de son mieux. C'était comme si son esprit était une locomotive folle, lancée à cent à l'heure.

La destruction en elle-même avait un sens plutôt évident, la perte du foyer, d'un aspect de soi-même. Tout, dans la seconde part du « rêve », illustrait la perte, plus ou moins violente. La scie ? La séparation en deux. Idem pour la hache, avec supplément séparation douloureuse et… une seconde… un deuxième sens pouvait venir avec la hache, selon le Dictionnaire des rêves. La justice aveugle. La justice qui sépare ce qui est uni, qui applique froidement la sentence. Intéressant. Noté en aparté. Restaient la bougie, et l'urne, dont le sens était évident et concluait le message. Une âme partie, un passé révolu. Que c'était romantique. Que c'était écœurant. Mais bien trouvé et dissimulé.

En réalité, Beyond Birthday avait dit vrai. Tout était moins complexe quand on savait dans quelle direction chercher. Un autre niveau de sens, caché sous le non-sens.

Résumons.

Le message ne se composait guère de mots mis bout-à-bout, mais en fait de notions.

Idéalisation, paire, foyer, puis séparation douloureuse, perte, violence et bam, on tournait la page. Et cette histoire de justice aveugle, qu'il ne savait pas exactement où caser, aussi.

Restait à interpréter. Le message s'adressait forcément à L, et confirmait ainsi ses soupçons selon lesquels il y avait un lien entre le détective et l'assassin. L, justice aveugle, peut être. On pouvait le comprendre de la sorte. Quant au reste du propos, il devait se référer à l'histoire personnelle de son patient. Pourquoi transmettre ces éléments à L, dans ce cas ? Le détective sans visage faisait-il partie du passé du fameux fou aux yeux écarlates ?

La montre à son poignet se mit soudain à sonner.

BAM.

La locomotive de heurter violemment un mur.

Ledit fou aux yeux écarlates l'attendait.


Pas d'infirmière, cette fois-ci. Birthday était accroupi, comme à son habitude, mais, cette fois-ci, il fixait le mur carrelé. Absorbé par ses pensées, ou absorbé par le contemplation des carreaux plus si blancs.

-Bonjour.

Messner déplaça la chaise le plus bruyamment possible, et s'installa tout en maintenant un calme extérieur. Pendant ce temps, le malade se tourna vers lui sans quitter sa position étrange.

-Hello, Alex-chou.

Déjà, son patient était apparemment en pleine forme. Le surnom ridicule avait empiré, et l'agaçait prodigieusement.

-Docteur Messner. Ne perdez pas les bonnes habitudes, je vous prie.

-Je n'ai jamais pris de bonnes habitudes, Alexander.

Le ton était presque sérieux, alors qu'il n'enregistrait pas encore. Inhabituel.

-Vous aviez des liens avec L, n'est-ce pas ?

Les yeux rouges s'écarquillèrent et s'illuminèrent d'un éclat joueur. Birthday esquissa un vague sourire.

-Tu m'as déjà demandé ça. C'est pour poser ta question que tu n'allumes pas le machin ?

-Vous lui avez envoyé un message. C'est que vous devez avoir un lien autre que votre arrestation.

BB s'humecta les lèvres.

-Oooooooh ! Tu as cherché le sens ? Et tu as trouvé ?

-Quelques éléments. Mais je suppose qu'il fallait être le destinataire pour en saisir la totalité.

-Tout à fait ! Tout à fait tout à fait tout à fait ! Mais c'est impressionnant que tu aies comprit quand même ! Tu n'es pas si stupide, pour un psy !

… Il fallait vraiment être dingue comme Birthday pour mélanger l'hystérie, l'insulte et le compliment dans une même déclaration. Alexander soupira et tenta de ramener son patient sur le sujet original, très différent de ses propres capacités mentales.

Qui se portaient d'ailleurs très bien, merci beaucoup.

-Et ? vos liens avec L ?

-Métalliques. Des menottes par exemple. Ou alors en tissu, comme cette charmante camisole. A ce propos, vous avez entendu la chanson que mon cher voisin entonne tous les soirs ? « Mon pyjama est trop serré, les écureuils sont énervés, chérie viens me le décrocher… »

-Stop.

Le docteur Messner leva une main, mettant fin à ce qui ressemblait fortement à une chanson grivoise. De mauvais goût avec ça.

-Ça ne m'intéresse pas vraiment, Mr Birthday.

Fin du jeu. Le médecin posa le dictaphone sur ses genoux et lança l'enregistrement.

-Docteur Alexander Messner. Enregistrement numéro deux du vingt-six novembre deux mille, quinze heures trente. Parient 127 Beyond Birthday. Bonjour Mr Birthday, comment vous portez-vous aujourd'hui ?

Question habituelle. Attendue. BB ôta son pouce de sa bouche et répondit.

-Bonjour, docteur Messner. Je me porte très bien pour le moment, et vous ?

Le retour du Beyond Birthday mature, posé et imperturbable. Difficile d'accueillir le changement avec calme et un comportement bien égal comme il faut.

-A merveille.

-De quoi voulez-vous qu'on parle, docteur ? Vous vous êtes enfin décidé à me demander de vous raconter mon enfance ?

-Si vous désirez m'en parler, libre à vous.

Ce serait beaucoup trop simple que le malade se mette à déballer toute sa biographie ainsi, directement et spontanément. On n'était malheureusement pas dans un stupide feuilleton pseudo-psychologique.

-J'aime bien répondre à vos questions. Interrogez-moi !

-Il ne s'agit pas d'un interrogatoire de police, mais d'un entretien psychiatrique.

-Et alors ? Vous devez vous adapter à moi, c'est votre travail. Faites moi plaisir.

Le pire, dans ce semblant d'humiliation, c'était que le malade restait tout à fait maître de lui-même, calme et posé. Détestable.

-Si vous le souhaitez. Vous aviez beaucoup d'amis ?

- A quelle période de mon existence ? Parce que vous savez, j'ai quand même pas mal vécu.

Certes. Mais on ne savait pas exactement de quand à quand.

-A votre adolescence.

Ce serait véritablement utile à savoir. L'adolescence était la période de la vie où se présentaient généralement la plupart des troubles psychologiques ou psychiatriques. Boulimie, anorexie, bipolarité, schizophrénie, paranoïa et autres troubles de la personnalité fleurissaient à cet âge comme de joyeux boutons d'acné pleins de pus. Et les jeunes malades n'avaient pas tant d'amis que ça, si on s'amusait à généraliser. C'était cliché, certes, mais un peu vrai.

-Vous me parleriez de la vôtre aussi ?

Encore ce jeu malsain, cet intérêt déplacé envers son psychiatre. Alexander se sentait vaguement menacé. Mais il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, n'est-ce pas ? Le fêlé n'avait aucun moyen de vérifier la véracité de ces informations à propos de son passé.

-Si vous voulez ?

-Bien sur que je veux, ça sera sûrement plus intéressant que de discourir sur moi-même pendant des heures !

-D'accord. Alors les amis ? Parlez-moi un peu d'eux s'il vous plaît.

Le visage de Birthday se détendit immédiatement, s'il avait à un moment pu paraître nerveux, tendu ou, plus simplement, doté d'émotions, il semblait avoir à présent mit un masque impénétrable. Étrange. Le dictaphone servait à enregistrer les sons, pas les visages. Pourquoi changer radicalement d'attitude dans ce cas ?

-J'ai toujours eu… Du mal à m'approcher des autres « enfants ». Je n'irai pas jusqu'à dire que nous n'appartenions pas au même monde. Je dirai qu'il demeurait juste… un grand décalage. Comme si on ne voyait… Comme s'ils ne voyaient pas ce que je voyais. Pour faire court, j'avais trois « proches ». Et vous docteur ?

Messner acheva la dernière lettre du dernier mot de sa prise de notes avant de lever les yeux vers son patient. Il le fixait, les yeux ronds, un peu comme un petit enfant. Sauf que l'aspect enfantin de ses traits et de son expression disparaissait dès qu'on voyait le léger sourire pernicieux de Beyond Birthday. Ce sourire de prédateur fit tiquer le médecin. Il pouvait comprendre le… décalage dont parlait Birthday. Les enfants à haut potentiel intellectuel se sentaient à côté de la plaque par rapport aux autres enfants. En revanche, il trouvait les mots employés étrangement choisis. Comme si les autres ne « voyaient pas ce qu'il voyait » ? Il parlait de proches, pas d'amis. Ces thermes marquaient une distance importante. S'il s'agissait de ses seules fréquentations amicales, il aurait dû leur témoigner plus d'attachement. Et, « ce qu'il voyait » ? Certes, les génies avaient une autre vision du monde, mais l'expression des « deux mondes » convenait tout à fait aussi. Pourquoi pinailler là-dessus ?

-Comme la plupart des autres adolescents, j'ai connu les joies de la puberté, de la bande d'amis et des premières fêtes avant de basculer dans le bonheur de l'âge adulte.

-C'est plutôt vague, ça, docteur Messner.

-Il me semble être le psychiatre ici. Je n'ai pas à être précis. Parlez moi un petit peu de ces « proches ».

Le stylo tournoyait souplement entre les doigts du jeune homme, signe d'ennui affiché à l'intention du malade. Ce dernier leva immédiatement les mains, marque de soumission parodiée.

-D'accord. D'accord. On était quatre, comme je l'ai dit. Il y avait moi, bien entendu, mais aussi trois autres dont je ne donnerai pas le nom par soucis d'anonymat.

-Dites m'en un peu tout de même.

Plus le jeune médecin en saurait sur le patient, plus ses soins seraient efficaces. Birthday passa la pulpe de son pouce sur ses gencives et l'émail de ses dents en un bruit de glissement des plus désagréables avant de développer.

-La première, que nous appellerons A, Antigone, était vraisemblablement ma proche la plus proche. Après, il y avait C, Charon, et L , Lachésis.

Bien. Il n'obtiendrait rien de plus. En s'y prenant de la sorte, en tout cas. Toutefois… Il était plutôt étrange de la part de BB de choisir des noms aussi clairement issus de la mythologie ou de l'histoire antique pour qualifier ses anciens amis.

Un nouveau code symbolique peut être ?

Sauf qu'Alexander Messner était beaucoup moins renseigné à propos de la mythologie qu'à propos de la psychanalyse et de l'analyse des rêves. Chacun ses priorités. Mais il allait falloir qu'il trouve un endroit où se renseigner.

Une bibliothèque, peut être ?

-Et vous docteur Messner, vous pourriez me parler de vos amis ?

Quand est-ce que je rencontrerai tes amis Alex ?

Alexander se composa une façade de marbre avant de répondre, d'un ton très bon, très neutre et très plat.

-J'avais un certain nombre de… fréquentations. Vous savez Mister Birthday, pour s'intégrer, il suffit d'observer et d'appliquer les codes de la société qu'on veut infiltrer.

Petite pique, juste subtile comme il faut. Et bien envoyée, il espérait.

-Très juste ! Très juste docteur ! Mais vous avez manifestement décidé d'arrêter de jouer les perroquets, à ce que je vois !

Coup d'œil au dictaphone, plus que vingt minutes.

-Apprenez-m'en plus sur eux, un moment passé ensemble, peut être.

"Apprenez-m'en plus" avait été soigneusement choisi, bien entendu. Le patient devait avoir cette impression de puissance et de connaissance. Cette pratique ne plaisait en rien à Messner, mais pouvait fonctionner sur Birthday. Il était peut être sensible à cette forme de... flatterie.

Birthday se figea, son regard à nouveau perdu dans le vague, avant d'ouvrir finalement la bouche pour raconter, de la voix traînante et monocorde d'un présentateur télévisé.

-C'était pendant les vacances d'été. Nous étions partis sur les plages écossaises. Je me souviens qu'il faisait un temps pourri. Et qu'il pleuvait. Malgré ça, on nous avait amenés à la plage pour une dernière baignade. Charon et moi nous baigniions dans l'eau glacée, et Antigone ne voulait pas nous rejoindre. Elle disait que la mer était trop froide, que l'eau allait abîmer sa peau teeeeellemeeeeeent fragile, comme elle en fait ! Mais je sais parfaitement qu'en réalité, elle s'estimait trop pour faire trempette avec nous autres, pauvres mortels. Alors je suis sorti de l'eau, je l'ai attrapée toute habillée –et déjà trempée par la pluie- et je l'ai jetée dans l'eau salée. Comme elle riait et s'agitait dans le liquide, je lui ai enfoncé la tête dans l'eau, pour rire un peu aussi. Mais pas trop longtemps. Je la faisais ressortir quand sa main qui tenait mon poignet se contractait désagréablement. C'était toujours comme ça entre nous. Elle m'aidait à rire et à profiter. Elle était un peu toujours là pour moi.

Birthday éclata alors d'un grand rire convulsif. Des larmes hystériques roulaient le long de ses joues abîmées. Elles furent vite essuyées par la manche de la camisole grisâtre, mais les yeux cramoisis restaient humides. Véritable amusement ou autre chose, dissimulée ? Impossible à définir. Alexander inclina la tête, dans l'attente d'un développement, une once de fascination mêlée à sa curiosité scientifique toute justifiée. Il avait déjà noté mentalement les tendances pour ainsi dire… sadiques que décrivait le patient 127 et la relation apparemment dysfonctionnelle qu'il entretenait avec « Antigone », qui ressemblait à une meilleure amie.

Finalement, le fou s'humecta les lèvres et gloussa, d'une voix rauque.

-C'est comique, hein ? On dirait une comédie romantique bas-de-gamme. « Elle était toujours là pour moi », « On était ensemble pour l'éternité. » Vous voulez savoir quand s'arrêtera votre éternité à vous docteur ?

S'agissait-il d'une menace ? Birthday n'avait pas l'air spécialement intimidant, pas plus que de coutume, en tout cas. Il affichait simplement un air… aimable. Faussement aimable, il va sans dire. Soudain, le fêlé mit fin à ses spéculations en arrêtant le dictaphone avec un sourire impudent. Pile 00:40:00.

-Donc ? ricana BB. Tu sais Alex, ça restera entre nous, et il est tout à fait normal de vouloir savoir quand-est-ce qu'on va…

Il passa son index sur sa pomme d'Adam d'un geste sec. Signification évidente.

Alexander déglutit. Il était impossible de déterminer la date de la mort d'une personne. Sci-en-ti-fi-que-ment impossible. Et, même si ça l'était, il n'était pas sûr de souhaiter connaître la sienne. Ce serait vivre comme en accéléré, contre la montre.

-Merci pour votre proposition, Mr Birthday, mais je ne pense pas qu'il soit possible de savoir quand une personne va trouver la mort.

Un sourire enfantin étira les lèvres gercées de l'assassin. Ses prunelles écarlates dérivèrent vers quelque chose, au dessus du crâne du pathologiste.

-Dommage, susurra-t-il. Si tu changes d'avis, préviens moi.

-C'est noté, nous en resterons donc là pour aujourd'hui.

Alexander se leva, prêt à sortir. Comme ce qui devenait presque une habitude, Birthday l'interpela.

-Alex ? Aleeeeeeeeeeeex !

-Que voulez-vous Birthday ? Il est toujours hors de question que je vous fasse parvenir de la confiture.

-Je n'allais pas demander ça, même si un petit pot me ferait vraiment plaisir.

-Que voulez-vous, dans ce cas ?

BB glissa son pouce entre ses canines.

-Il n'y a pas grand-chose de distrayant, une fois qu'on s'est habitué aux monologues des voisins, en dehors de toi. Je suis tout seul dans cette chambre vide toute la journée. Mon esprit est comme une éponge, Alexander. Quand il n'absorbe rien de nouveau, il se dessèche ! Il pourrit ! Mon cerveau pourrit, Alexander. Tu devrais comprendre non ?

Le ton était moqueur au début, mais sur la fin de la tirade, se tintait d'une autre émotion. Colère, caprice sûrement. BB n'implorait pas, n'était pas en état de détresse. Il attaquait. Ces sautes d'humeur flagrantes et extrêmes trahissaient-elles une nature bipolaire ? Hypothèse notée.

-J'essaierai de vous trouver une distraction.

Après tout, le patient avait raison. Il pouvait comprendre. Son haut potentiel le plongeait dans un ennui latent. Et encore ! Il n'était ni un apparemment véritable génie, ni enfermé dans une cellule vide.

-Hé, Alex !

Il se figea, main sur la poignée.

-Quoi encore ?

-Tu devrais dire merci, je t'ai fait un compliment quand même.

-Un compliment ? De votre part ? Je prendrais plutôt ça pour une déclaration de vérité générale.

-Que tu es intéressant ? Dégonfles ta tête Alex, tu vas de manger la porte. Je disais juste qu'entre le mur et toi, c'est toi qui as la meilleure conversation.

-Vous voyez ? Il ne s'agissait pas vraiment d'un compliment.

-Mais si ! C'était plutôt flatteur ! Et puis ton ego l'a sûrement bien prit.

-Votre remarque oui, l'après-coup un peu moins.

-Ne te vexes pas Alex-chou, le coup à l'amour propre, c'est comme une gueule de bois, ça passe avec le temps.

Son ego ? Son amour-propre ? Ils allaient très bien merci.

Et le surnom encore plus stupide et agaçant que les autres était de retour. Fini de s'amuser. Il était vraiment temps de partir.

-Je m'en vais donc soigner la plaie à l'ego que vous pensez m'avoir infligé loin de cette cellule. Bonne soirée Mister Birthday.

La seule chose qu'il entendit en fermant la porte, ce fut un éclat de rire grinçant, mais presque amusé. En écho avec le mince sourire qu'il s'empressa d'effacer de ses lèvres.


Lorsqu'il referma la porte derrière lui, il tomba nez-à-nez avec Bélen Alonso, qui devait sortir de consultation. Ils échangèrent un charmant regard d'inimité avant de monter ensemble dans l'ascenseur.

C'était assez surprenant. Ils étaient passés en deux jours de l'ignorance la plus totale à une hostilité ouverte.

Le silence pesait dans l'ascenseur, étouffant et poisseux.

Vraiment, le monde se porterait mieux sans cette femme.


La bibliothécaire était terrifiante. Crane aurait sûrement aimé en avoir une photo, pour montrer à ses patients. Elle se promenait entre les rayonnages, obstruant presque tout le passage de sa large carrure. A son approche, même les livres semblaient se recroqueviller sur eux-mêmes. Elle ébouriffait ses cheveux courts et grisonnants environ tous les dix pas. Lesdits cheveux couvraient à peine l'ignoble verrue qui déformait son front. Immonde verrue. Elle devait contenir toutes les âmes des malheureux qui auraient un jour osé corner la page d'un de ses volumes. En plus d'une bonne dose de pus. Immonde.

Ce ne serait certainement pas à cette… créature qu'il demanderait de l'aide pour trouver un livre sur les personnages et mythes antiques.

Tu es trop curieux Alex. Tu négliges le reste parce que le mal te fascine. Tu me fais peur.

Silence.

Juste, silence.

De toute façon, la bibliothèque était silencieuse. Et personne ne le regardait.

Il s'agissait d'une grande bibliothèque. Il trouverait forcément qui daignerait lui indiquer le bon ouvrage. Mais à chaque carrefour de rayonnages, il croyait tomber sur la grosse baleine, prête à lui sauter dessus et à l'écraser.

Ah, non, juste là, une toute petite bestiole rangeait une pile de livres apparemment beaucoup trop lourds pour elle. Retenant un rictus moqueur, le jeune psychiatre la laissa batailler avec les ouvrages, sans rien dire. Il n'avait aucune envie de l'aider, ou d'être courtois. Toute sa courtoisie s'envolait à l'approche d'un spécimen tel qu'Alonso. Et ne revenait pas avant un bout de temps.

Il se racla la gorge.

La fille se tourna vers lui, étonnée.

-Je peux vous aider monsieur ?

-Oui. Réponse abrupte. Je cherche un dictionnaire mythologique.

La bibliothécaire sembla réfléchir pendant quelques secondes avant d'esquisser un sourire et de proposer, d'une petite voix :

-Suivez-moi, je vais vous montrer.

Ils s'engagèrent alors dans un nouveau « couloir ». Elle trottinait, sur ses petites jambes, et il la suivait, la forçant à marcher vite en imprimant de grandes enjambées. Elle se stoppa soudain, et lui désigna deux volumes poussiéreux, sur la deuxième étagère en partant du haut. Comme il n'entamait aucun mouvement pour les récupérer, elle haussa un sourcil curieux, les saisit et les lui tendit, avec un sourire confus.

-Celui là porte sur la mythologie grecque, et celui-ci sur la mythologie romaine. Il y a certaines choses que vous retrouverez, mais je pense qu'ils sont intéressants et simple à lire.

-Intéressant, lâcha-t-il, sans simuler le moindre intérêt, le regard fixé sur les deux opus.

Toucher la poussière. Beurk. Alexander sortit un mouchoir en papier de sa veste de costume et s'employa pour s'emparer des volumes, sans le moindre contact direct. La petite bibliothécaire haussa timidement un deuxième sourcil, mais reprit vite une expression polie et souriante.

Dire merci et sourire, à présent ? Remercier était pleinement dans ses cordes, mais sourire, c'était un peu trop lui demander. Il lâcha platement :

-Merci miss.

N'éprouvant pas vraiment la nécessité de développer de quelque façon que ce soit, il tourna les talons et s'installa sur l'un des ordinateurs pour vérifier les courriers électroniques de sa boîte de réception spécifique.

Aha. Loud avait répondu.

Cher inconnu,

Vos menaces concernant mon poste et l'avenir de ma sœur sont tout simplement ignobles et immorales. Je ne sais pas comment vous avez obtenu ces informations, dont le détenteur, le professeur Crane, était tenu au secret professionnel, mais vous allez au devant d'ennuis considérables si on découvrait ce chantage. Et moi aussi, comme vous le savez, je suis aspirant au FBI. Accéder à vos demandes me nuirait considérablement. Seulement, si les antécédents de ma sœur venaient à être connus, sa situation serait plus que critique. Réfléchissez-y.

Mais je ne vous pense pas capable de retirer vos menaces.

Aussi vais-je accéder à votre requête.

Quelles sont précisément vos conditions ?

Stephen Loud.

Un large sourire étira immédiatement les lèvres de Messner. Immoral ? Pour si peu ? Il le serait véritablement s'il avait divulgué les informations récupérées auprès de Crane. Or il n'en avait jamais eu l'intention, du moins il le pensait. Le seul danger à faire chanter un futur agent du FBI, c'était de se faire arrêter par le FBI en question. Pas de risques dans son cas, Loud avait accepté, et le chantage ne portait pas uniquement sur lui, mais également sur sa petite sœur. Alexander attaqua sa réponse avec une jubilation évidente.

Cher monsieur Loud,

Gardez bien à l'esprit que j'ai avec moi tout le nécessaire pour vous faire mettre à l'ombre, en plus de perdre votre emploi au FBI. La dissimulation de preuves est condamnée par les Fédéraux, il me semble.

Alors, j'aimerais que vous regroupiez, discrètement, bien entendu, mais on m'a dit que vous étiez justement très discret, toutes les informations –du FBI et de la police- sur l'affaire dite «BB des meurtres en série de Los Angeles». Je voudrais tout ce que vous pourrez obtenir. Témoignages, photographies, rapports, tant que c'est discret. Recontactez-moi lorsque ce sera terminé. En attendant, je conserverai le dossier de votre cadette sous la main.

Cordialement,

X

Chacun avait ses petits secrets, des cadavres cachés dans le placard et qu'on ne voulait pas voir les autres découvrir. Trouvez ce point faible, et vous tenez votre interlocuteur dans le creux de la main. Alexander Messner ne faisait pas exception. Stephen Loud ne faisait pas exception. Beyond Birthday ne faisait pas exception non plus. Alors le taré avait besoin de distraction ? Un livre devrait faire l'affaire. Sauf que Messner n'avait pas la moindre idée de ce qui… plairait au malade.

Il se leva, et décida de traquer la petite bibliothécaire. Après tout, c'était son métier.


De : Alexander Messner

A : L

Objet : 127

Ci-joint l'enregistrement d'aujourd'hui. Je pense en apprendre assez sur le patient pour commencer à isoler certaines pathologies dont il pourrait potentiellement souffrir.


De : L

A : Alexander Messner

Objet : RE : 127

Vous faites très bien votre travail, docteur. L'enregistrement dure très exactement 40 minutes. Vous avez répondu à la question de BB ? Et ne soyez pas satisfait de ce que vous apprenez, ce ne sera sûrement jamais la vérité.


De : Alexander Messner

A : L

Objet : RE : RE : 127

On m'a dit qu'il ne fallait pas répondre à ce genre de questions quand les patient venaient à en poser. Je n'ai rien répondu et je suis parti.


De : L

A : Alexander Messner

Objet : RE : RE : RE : 127

J'aimerais avoir une idée plus précise de la pathologie dont souffre Birthday, la prochaine fois. Souvenez-vous en.


Voilà voilà ! Après je ne suis pas to-ta-le-ment satisfaite par ce chapitre parce que j'ai l'impression qu'il est bâclé et que les solutions tombent du ciel comme ça *claque des doigts*. Mais bon la publication c'était soit aujourd'hui soit jamais. Puis bon c'était pas si nul... J'étais influencée par cette ******* de saint valentin aussi ;_;

Bref laissez une review pour me dire ce que vous en avez pensé, je rappelle à tout hasard que les review sont le salaire de l'auteur et l'aident à garder le sourire quand elle commence sa semaine avec un cours de français T.T

RàR:

Saki-R: Bonjour, chère goule de mon coeur ! J'espère que tu ne sentiras pas passer ces 11 pages word ;) Tes cogitations risquent effectivement de couler comme des cailloux mais je te rassure, elles m'amusent beaucoup ! Merci pour ta review mais, s'il-te-plaît, tu pourrais éviter de m'appeler sempai ? Ca fait un peu peur ;_;

Naitaa: Oui madmoizelle, ce sont des flashbacks, qui seront (peut être) expliqués dans la suite ! Et voilà ce chapitre (si tu veux l'original de la scène dont nous avons parlé... préviens moi, héhéhéhé 83) Et merci pour la review !

Diamly: Hey ! C'est pas grave si tu commentes pas systématiquement, tu lis, ça fait déjà assez plaisir ! Etant moi-même plutôt maniaque du contact, je comprends tout à fait Alex également xD BBQ ? Ha c'est pas bête ça j'y avais pas vraiment pensé ._. Tu es pardonnée ._. Merci pour la review quand même, ça fait plaisir !

PxdxlF: Oui madame ! C'est enlevé madame ! Je pense que c'est bon pour ce qui est du criminel, mon choix s'est finalement arrêté sur une -pauvre- victime, il n'y a pas à s'en faire. En plus, Alex ne mène pas encore "vraiment" l'enquête, donc pas encore trop de risques d'incohérences de ce côté là ^^' Merci pour cette review :D

Slange: Bonjouuuuuuur ! Mais naan tu n'es pas stupide ! On n'est pas sur le même fandom, doc tu t'attendais pas à le trouver là. Et du coup tu pars avec un avantage puisque tu connais un peu le personnage ;3 La rencontre entre BB et L viendra... Mais pas tout de suite. Je préfère cuisiner encore un peu mon petit monde. Et merci pour la review :)

A bientôt pour le prochain chapitre, bande de poulpes ! \\\\(=3=)/