BONJOUR
J'ai un peu (beaucoup) de retard sur ce chapitre, et je ne vous assure absolument pas la qualité que j'essayais de fournir dans les chapitres précédents.
Disons que j'ai été légèrement débordée, tant sur le plan scolaire (TPE, Bac à venir, examens et devoirs à la pelle) que sur le plan privé.
Dooooooooonc, gomenasai pour ce retard et pour l'aspect un peu nul de ce que vous vous apprêtez à lire, mais je tiens à signaler que, si je ne postais pas maintenant, il y avait de fortes chances que je ne poste jamais !
Ca va être chiant de maintenir un rythme, même approximatif, avec le Bac qui approche, mais je vais essayer de vous poster au moins un chapitre !
Mais je veux bosser bien dessus d'abord !
Voilà voilà !
Je ne suis pas morte et je ne pense pas décéder dans les jours à venir !
Disclaimer : Comme d'habitude, flemme de tout recopier
ATTENTION TRUC IMPORTANT : Je ne suis nullement une experte en matière de médicaments, de produits chimiques et tout ça. Je ne suis même pas en filière S. Il est donc possible que mes approximations scientifiques faites dans ce chapitre soient fausses, j'ai pourtant essayé de croiser mes sources au maximum pour éviter de raconter des aberrations. Néanmoins, si quelqu'un qui s'y connaît venait à être choqué par les ânneries que je déblatère, signalez-le moi, je serais enchantée de faire les modifications qui s'imposent !
Je ne te retiens pas plus longtemps, fidèle lecteur chéri ! Bonne dégustation !
Autre chose: J'ai fait une grosse connerie dans la chronologie de l'histoire en disant qu'elle se passait en 2000 ! Elle se passe pour le moment en 2002. Mais je vous rappelle que nous sommes bientôt en décembre dans ce récit. Doooooonc, on passera en 2003 =3 Desolée, je changerai ça dans les chapitres à venir, mais il me paraissait important de le préciser ici...
Chapitre 7 : Meurtre
« Le fil rouge du meurtre se mêle à l'écheveau incolore de la vie. Notre affaire est de le débrouiller, de l'isoler, de l'exposer dans toutes ses parties…c'est du moins ce que dit mon ami Conan Doyle. »
Oscar Wilde et le mystère de Reading, Gyles Brandreth, 2013
-Tu as pensé à moi Alex ? Quelle délicate attention.
Les longues serres osseuses de Birthday se refermèrent sur la pile de livres que lui tendait le docteur Messner. Il les déposa précautionneusement sur sa couchette, juste à côté de lui.
Curieusement, il n'exprimait aucune émotion, ne put s'empêcher de remarquer Alexander. Son visage amaigri ne traduisait rien, et le sourire qui étirait ses lèvres pour découvrir dents aiguisées et gencives sanglantes n'était pas vraiment un sourire amusé ou enfantin comme de coutume. C'était un sourire cynique, un peu désabusé. Le jeune psychiatre n'avait pas la moindre idée des rivages où l'esprit dérangé en ennuyé de son malade avait pu le mener, mais il n'était certainement pas curieux de découvrir ces berges mystérieuses. Quoique...
qui savait quels fascinants îlots, atolls de réflexion Beyond Birthday aurait put atteindre au cours de sa méditation forcée ? Lorsque le corps reste oisif, l'esprit partait dans des directions imprévues, et improbables. En particulier lorsque le sujet était quelqu'un d'intelligent.
Alexander détestait cette sensation, cette perte de contrôle. Et il n'était pas le seul. Crane honnissait également ces « périodes », tandis que nombre de ses patients intelligents lui avaient déjà relaté de telles « passes » durant leur internement.
Le médecin croisa calmement les jambes et regarda le patient examiner les livres un par un. C'était étrange, cette minuscule lueur qui semblait s'allumer dans ses prunelles cramoisies. Un peu comme s'il était enfin tiré du sommeil.
- « Le Dragon Rouge », de Thomas Harris, « Shining », de Stephen King, « Le Horla », de Maupassant ? Tu n'es pas très doué en matière de livres Alex.
-Docteur Messner.
-Peu importe. Ce n'est pas un excellent choix d'ouvrages, si on les destine à un individu mentalement malade, en quête de santé.
-Je pense qu'il s'agit du genre de livres qui vous intéresserait. Plus que de sympathiques romans d'amour à l'eau de rose et au miel. Cependant, il se peut que je me sois trompé.
« Que la petite bibliothécaire se soit trompée » aurait été plus correct. En effet, c'était elle -Miss Winters, s'il se souvenait bien- qui les lui avait conseillé après qu'il lui ait demandé « des livres psychologiques, peut être un peu glauques, mais qui poussaient à la réflexion. ».
-Tu ne t'es pas trompé. Sauf que Shining et Le Horla, je les ai déjà lus. Quoique, ça ne devrait pas poser de problèmes particuliers pour les relire. Il n'y a que ça de toute façon.
Beyond Birthday, comme le soupçonnait Alexander jusqu'à présent, était un homme instruit. Il avait apparemment bénéficié d'un fort patrimoine culturel. Cependant, il ne semblait pas avoir remarqué le petit volume, coincé entre les aventures de Will Graham et Jack Torrance. Ah. Si. Le malade aux yeux écarlates tenait le mince ouvrage, un vrai sourire, franchement amusé, aux lèvres.
-Une étude en rouge ? Tu es sérieux Alex ? Les Aventures de Sherlock Holmes ? Est-ce qu'il s'agit d'une subtile manière de me tourner en ridicule pas si subtilement conçue par ton adorable petit cerveau dans le but d'augmenter ton sentiment de puissance ? Un peu comme ces « titres » que tu veux que je t'attribue ?
Le jeune homme sentit un mince sourire étirer ses lèvres face au réquisitoire suintant d'ironie que son cher patient venait de lui offrir. Il n'avait absolument pas perçu le prêt du Sherlock Holmes sous cet angle là, mais si c'était compris de la sorte... Ça ne posait aucun problème. Il était vrai que l'ironie de la situation, avec suffisamment de recul, ne lui déplaisait pas.
-Eh bien... Je ne l'avais pas vu comme cela, mais si ça vous fait plaisir de tenter de me... percer à jour, allez-y. Il me semble néanmoins important de préciser que ces « titres » que je tiens à vous voir employer sont moins une marque de soumission que de respect mutuel. Voyez, je vous vouvoie et vous appelle par votre nom de famille.
Tout cela avait été énoncé calmement, posément, comme un enseignant expliquerait à ses élèves les grandes lignes de la tectonique des plaques, par exemple. Pendant tout son pseudo discours-exposé, il avait détaillé le numéro 127, puis le dictaphone sur ses propres genoux d'un œil ennuyé. Apparemment ennuyé.
-S'il ne vous convient pas, rendez-le moi, je trouverai autre chose.
Beyond Birthday, alors occupé à feuilleter le livre, leva les yeux vers lui et ricana sèchement :
-S'il ne me plaît pas ? Tu as de la chance Alexander, il y a très peu d'auteurs de policiers que je peux lire et que je supporte.
-Vraiment ? Je pensais que vous aimeriez le genre du roman policier en général.
-A vrai dire, il n'y a que les livres de Conan Doyle, Agatha Christie et, plus récemment, Michael Connely, que j'arrive à apprécier un petit peu. Et pour cause ! Je découvre le coupable dès le sixième chapitre.
C'était plutôt étrange. Quel lecteur normalement constitué apprécierait un livre dont il connaît déjà la fin, le dénouement ? Pour sa part, le docteur Messner détestait ça.
Lorsqu'il prenait le temps et la peine de lire, il aimait aussi prendre le temps de réfléchir aux mots de l'auteur, de chercher par lui-même l'implicite, les indices et les sous-entendus laissés délibérément par l'écrivain, mais avait horreur d'avoir raison, et cherchait des livres qui lui donnaient tort. C'était là, pour lui, le véritable talent d'un auteur.
T'es compliqué Alex… Je suis perplexe…
Evidemment. Et lui-même était perplexe face à Birthday. Raison de plus pour assouvir sa curiosité.
-Vous aimez connaître le coupable avant la chute ? interrogea-t-il, dubitatif.
Une lueur d'amusement illumina les iris écarlates du patient, qui laissa échapper un sifflement railleur avant de développer :
-Il me semble y avoir un léger malentendu, gloussa-t-il. Chez les autres auteurs, je connais le coupable avant le sixième chapitre.
Les sourcils d'Alexander furent agités d'un tic interloqué. Le but d'un roman d'enquête n'était-il pas justement de maintenir le suspense jusqu'à la fin ? De tenir le lecteur en haleine ? Pour cela, l'auteur s'appliquait à créer de fausses pistes, à donner des indices au compte-gouttes, à tromper le lecteur. En affirmant qu'il trouvait le coupable dès les premiers chapitres, Beyond Birthday montrait deux choses à son psychiatre, en admettant qu'il ait dit la vérité.
Tout d'abord, il faisait preuve d'impressionnantes facultés d'analyse, ou d'une excellente connaissance des stratagèmes de l'auteur, du moins.
Enfin, en déclarant cela, même si c'était d'un ton à peu près désintéressé, il démontrait clairement une impression de supériorité, une arrogance détestable.
-Je suppose qu'il vous est alors impossible de relire ces livres.
L'autre haussa les épaules, et leva les yeux au ciel. Dédain, agacement, mouche au plafond, impossible d'en définir la cause.
-On avait assez de livres pour ne pas finir à cours. Et pour ce qui concerne ce volume là en particulier, j'ai beau me souvenir de toute l'intrigue, je suppose que je ne suis pas en position de faire la fine bouche.
Ah ! Peut être une ouverture, une perche tendue fort obligeamment par le patient pour parler de son passé. Alexander fit rapidement tourner le stylo entre ses doigts et releva la tête, intéressé.
-Vous aviez une bibliothèque, chez vous ?
-Il y avait beaucoup d'enfants, et donc il fallait subvenir aux besoins de chacun d'eux en matière de découverte. Et crois moi, nous avions tous des besoins colossaux.
Plusieurs options. Pour qu'il y ait « beaucoup d'enfants », Birthday pouvait avoir été élevé dans une famille nombreuse, un foyer, ou un orphelinat. Ce qui expliquerait sa rencontre avec « Antigone », « Charon » et « Lachésis », ainsi que le souvenir de vacances tous ensemble.
Birthday aurait grandi dans un orphelinat ou un foyer de jeunes…
Hypothèse notée. Mais pas suggérée au principal intéressé. Trop peu de preuves.
Coup d'œil au dictaphone. Plus que quinze minutes.
-Et pour toi Alex ? Tu avais beaucoup de livres dans ta mai-son ?
Ne sois pas stupide, il n'y a pas de place
Je le mettrai sous mon matelas ! S'il te plaît !
Migraine bonjour. Ce devait être la fatigue. Oui. C'était la fatigue.
-Je ne pense pas non. Il y avait une bibliothèque municipale à quelques rues, c'était suffisant.
Le patient se frotta pensivement le menton avant de questionner, joueur :
-Pourquoi ? Tes parents n'aimaient pas les livres ?
Attention. Piège. Il avait déjà dit à Beyond Birthday qu'il n'avait jamais connu ses parents. Par cette interrogation, le malade mettait son honnêteté à l'épreuve. S'il répondait par l'affirmative, ou même par la négative, il se contredirait lui-même. Désagréable sensation entre toutes.
-Mes tuteurs avaient d'autres préoccupations, bien différentes de notre approvisionnement en livres, énonça-t-il platement.
« Tuteurs » restait un terme très vague, pouvant qualifier les parents (quoi qu'avec beaucoup de distance), mais aussi les responsables légaux, parents adoptifs, famille d'accueil et autres directeurs d'orphelinat. Birthday sembla comprendre la nuance car il arbora une petite moue approbatrice et lâcha :
-Tu es franchement loin d'être stupide.
-Nous avons déjà eu cette conversation.
-Certes ! Mais je le pense toujours. Il faudra que nous jouiions aux échecs un jour, histoire que je mesure réellement ton intelligence.
-Pas question, je suis certain que vous arriverez à y jouer tout seul.
-Et avec quoi ? En faisant un plateau de jeu avec mon sang sur le sol et des pions en origami ? Tu es hilarant dis moi.
Il y avait dans la voix du patient une ironie grasse, une amertume qui tranchait radicalement avec son expression enjouée.
-Vous m'excuserez de ne pas vous traiter comme si vous étiez au club du troisième âge.
-Je préfèrerais être au club du troisième âge, mais nous savons l'un comme l'autre que je n'atteindrai jamais un âge assez canonique pour y entrer.
-Et, même si vous l'atteigniiez, je pense que vous resteriez ici encore quelques années.
L'attitude de Beyond Birthday changea alors radicalement, répondant ainsi à la provocation délibérée, quoiqu'à demi mot, lancée par le psychiatre. Son sourire joueur disparut, mais la lueur de défi dans les yeux du fou ne s'était pas éteinte. Il pinça ses lèvres, laissant un coin de son orifice buccal se tordre en un semi-rictus.
Alexander n'avait jamais vu cette expression sur le visage abîmé de son patient. Il n'allait certainement pas la qualifier d'impressionnante, mais le jeune homme devait avouer qu'il lui était difficile de soutenir le regard cramoisi et malsain du fêlé. C'était comme s'il n'avait plus le même Birthday face à lui. Comme si les yeux vermeille l'évaluaient froidement, scannant son comportement comme un serpent analyse une proie, une vision anormale, thermique, permettant d'identifier chaque mouvement de sa proie. Messner avait déjà vu ce genre de changement de comportement chez des psychopathes, qui cessaient brutalement de mimer des émotions pour reprendre leur visage vide. Beyond Birthday ? Un psychopathe ? Excellent menteur et acteur dans ce cas. Alexander aurait juré avoir vu des émotions dans ses yeux. Plusieurs fois.
Mais je mens pas ! Je te jure !
-Vu comme ça, vous avez raison docteur, céda le patient, d'un ton beaucoup trop calme et neutre.
Il ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, mais changea d'avis, lança un bref coup d'œil au dictaphone et émit un petit claquement de langue avant de soupirer, l'air exagérément tragique :
-C'est d'ailleurs bien triste, moi qui espérais avoir des petits-enfants !
Il l'avait encore fait. Il changeait encore radicalement de comportement. Ce n'était pas comme au début de l'entretien, il manquait un peu d'enjouement, et il était beaucoup trop exagéré. Alexander ne savait pas vraiment comment interpréter ce qu'il avait devant les yeux.
-Affligeant.
-Qu'est-ce qui est affligeant Alex ? Ma tragique destinée ou mon auto-apitoiement extrêmement convainquant ?
Le jeune médecin ne put retenir un mince sourire face au comportement totalement puéril du malade avant de lâcher :
-Les deux.
Il arrêta le dictaphone.
-Au fait Alex, tout à l'heure, tu as dit « notre approvisionnement ». Tu parlais de tes tuteurs et toi ? Ou est-ce que tu y incluais une autre personne ? Un frère ? Une sœur ? Une amoureuse ? Plusieurs camarades peut être ?
Sous la blouse, les épaules pointues du praticien se raidirent, comme celles d'un élève interrogé par l'enseignant.
Sauf qu'il n'était plus un élève, et qu'il ne devait rien à ce taré.
-L'entretien est terminé, Mister Birthday.
-Excellent. Cependant, je me permettrai de te rappeler que les aliments d'ici sont infects.
-J'ai compris, Mister Birthday.
-Et qu'avais-tu pensé des noms de mes camarades ? Juste pour voir si mes commentaires sur ton potentiel intellectuel étaient justifiés.
-J'envisageais de commencer à y réfléchir.
-Oooooooh… C'est fort intéressant ma foi !
-Au revoir.
La porte fut sèchement refermée.
La salive difficilement avalée.
Il avait touché la poignée. Immonde.
L'humeur d'Alexander laissait légèrement à désirer alors qu'il repartait en direction de son bureau. Beyond Birthday devenait beaucoup trop intrusif, mais le pire, le pire, ce devait être qu'Alexander ne s'était pas aperçu du jeu que jouait le numéro 127 avant que ce dernier n'en vienne à toucher une corde sensible.
Comment se faisait-il qu'il ne s'en soit pas rendu compte ? Il n'était tout de même pas stupide n'est-ce pas ?
Aucune des deux théories –que lui-même soit extrêmement stupide ou que Birthday soit extrêmement intelligent- ne lui convenait. Chacune blessait son ego.
Il allait sûrement avoir besoin de ce que les autres appelaient du « café ». D'ailleurs, il y avait quelque chose de curieux au rez-de chaussée. Il croisa la préposée à l'accueil, miss Whammstings, qui semblait absorbés par les splendides pages d'un quelconque magasine, enserré par ses griffes cramoisies et ses longs doigts osseux, dont la couverture présentait un « Top 10 des masques qui vous feront une peau de pêche » (l'argile arrivant en haut du podium présenté). Quel Sérieux. Quel zèle. Il déposa le dictaphone sur le comptoir d'un geste sec, à côté de ceux de ses collègues, et s'en fut avant qu'elle n'ait eu ne serait-ce que le temps de penser à le saluer.
Franchement.
Il n'avait absolument aucune idée de qui cette femme était, en revanche il se souvenait parfaitement d'un Crane retenant difficilement un rire alors qu'il lui annonçait, la voix tremblante d'hilarité contenue, que miss Whammstings, de l'accueil, avait remplacé tous les magasines de la réception, remplaçant les magasines philosophiques, psychologiques ou simplement culturelles par d'ignobles feuilles de chou, relatant la vie des stars, les meilleures manucures et les plus belles robes de mariage du moment ainsi que les gâteaux les plus susceptibles d'augmenter votre taux de cholestérol en une seule part.
C'était une excellente idée, avec du recul, de proposer ce genre de lecture à de pauvres mortels attendant de pouvoir rencontrer l'un de leurs proches, interné, ou un psychiatre. Ça les aidait forcément à maintenir leur moral à niveau.
Il se dirigeait vers la salle commune, au fond du couloir, lorsqu'une image beaucoup trop connue et dangereuse apparut dans son champ de vision.
Emily Jones.
Mais, même si Emily Jones en elle-même était une nuisance, elle n'en était pas dangereuse. En revanche, Emily Jones avec un dossier sous le bras était un grave danger. Surtout lorsque ledit dossier était apparemment adressé à Bélen Alonso, et que le cachet ressemblait un peu trop fortement au logo du laboratoire Pasteur. Le laboratoire auquel il avait envoyé les échantillons du sang de Wesker. Évidemment. Il ne connaissait pas l'adresse personnelle de sa chère collègue, et n'avait absolument pas envie de la connaître. Sauf qu'il avait pensé pouvoir récupérer le rapport d'analyse à l'accueil, il y était passé le matin même, et à chacune de ses pauses. Jamais rien. Et là, là, c'était juste quand cette garce passait à l'accueil que le précieux dossier était arrivé.
Rageant.
Et avec ça, il allait devoir établir un dialogue avec cette créature inférieure afin de s'emparer de son bien légitime. Plus ou moins légitime. Certes. Le psychiatre prit le ton le plus aimable et courtois qu'il ait en stock avant d'interpeller :
-Miss Jones ?
L'aide soignante se retourna immédiatement, sourcils froncés. Superbe. Elle avait de toute évidence couru, puisque son mascara si délicatement appliqué avait légèrement bavé de la manière la moins charmante du monde sur son visage déjà peu plaisant, aux yeux du psychiatre.
-Qu'est ce que vous voulez Messner ?
Bon… Le problème, à présent, c'était d'instaurer une diversion suffisante pour pouvoir lui retirer discrètement le colis piégé. Il n'avait malheureusement aucune idée pour la retenir, et éviter l'inévitable atterrissage des analyses entre les griffes de Alonso.
Il n'avait malheureusement jamais pris la peine d'actualiser ses connaissances en matière de mode de pensée féminin. Très honnêtement, il préférait les criminels psychopathes, c'était moins compliqué. Il était parfaitement capable de tenir une conversation avec un schizophrène paranoïaque, mais survivre à un entretien avec une jeune femme -théoriquement- équilibrée mentalement s'avérait beaucoup plus complexe. Bien. A partir de ses connaissances sur les spécimens humains en général, que pouvait-il utiliser ?
Attire la avec des gâteaux ! C'est bien, les gâteaux !
Non. Non non non. Les gâteaux ne feraient pas sérieux, ni crédible.
-Il me semble que vous et miss Williams vivez en collocation, n'est-ce pas ?
La blonde fronça les sourcils, plissa les lèvres et s'arrêta, croisant les bras contre sa poitrine. Elle était clairement intéressée. Intriguée en tout cas. Il n'avait jamais entendu parler de collocation entre les deux subordonnées, malgré sa fréquentation régulière de commères telles que Crane ou Worthing. A vrai dire, il était en train de bluffer, de son mieux. Ce pouvait très bien être une rumeur, cette histoire de collocation. Tout à fait crédible. Les deux employées avaient environ le même âge. Et il était certain que, pour maintenir un niveau de vie correct sur la côte Ouest de Etats-Unis, surtout lorsqu'on est seulement infirmière dans un asile psychiatrique, il pouvait s'avérer nécessaire de s'établir en colocation. Mentir était dangereux, mais s'il touchait juste, ce serait superbe, et, s'il se trompait, son bluff lui permettrait au moins de savoir si Emily Jones connaissait Madeline Williams, et quelle relation elles entretenaient. Sauf qu'il avait déjà du mal à se souvenir du prénom même de Williams. Il se souvenait de Jones parce que c'était une sacrée épine dans le pied, mais dans le cas de sa discrète collègue…..
-Faux. Nous nous entendons bien et je pense être son amie. Vous en doutez ?
- Absolument pas, ma question était trop approximative. Mais je pense qu'en tant qu'amie, vous devriez vous inquiéter pour elle.
Bien. Phrase d'accroche en bonne voie de fonctionnement. Elle s'approcha de lui, la mine soudain plus inquiète que réprobatrice. Quoiqu'assez méfiante. Et il ne pouvait pas lui en tenir rigueur, s'il prenait en compte leur petit... différent ainsi que les rumeurs qui circulaient certainement sur lui.
-Je vous écoute.
Il n'avait jamais vu la jeune femme aussi sérieuse, c'était parfait. Ça faciliterait ce qu'il s'apprêtait à faire. Qui aurait cru qu'une personne au sang chaud telle qu'Emily Jones serait capable de rester aussi calme à l'idée qu'une de ses amies et collègue ait des ennuis, peut être même graves ?
-Je crois que certains collègues de cet établissement ont des…disons des vues sur elle, et qu'elle subit très certainement du harcèlement de la part de quelques patients du service des soins intensifs où elle travaille beaucoup plus que vous, s'il est nécessaire de le préciser.
Il avait fait un effort monumental pour débiter toute sa diatribe, sans flancher. La lueur d'angoisse et de détresse qu'il pouvait voir s'allumer dans les yeux de Jones lui procura une intense satisfaction. Il avait touché très juste. Les psychopathes n'étaient pas tous des exemples de galanterie, et la tâche de les laver, de les nourrir, et de leur administrer les médicaments revenait aux infirmières, aux aides-soignantes. Travail sûrement plutôt éprouvant.
De plus, Emily Jones l'avait cru très vite, certainement à cause de sa préoccupation pour le bien être de son amie. Naïveté. Immaturité. Tellement commun. Il ne restait plus qu'à attendre que le sang chaud de la jeune femme fasse son travail, juste comme l'avait prévu le psychiatre.
En effet, elle déposa le dossier sur son chariot de nourriture, pour avoir les mains plus libres, et entreprit de palper les poches de son manteau, en quête de ce qu'il supposait être son téléphone. Une fois l'objet en main, elle commença à composer le numéro.
-Je l'appelle. Il faut qu'on en parle tout de suite. Vous restez là vous.
Un mince sourire manqua d'étirer les lèvres du médecin qui haussa simplement les sourcils avec une politesse toute feinte, avant d'enfoncer les mains dans ses poches, se soumettant pour le moment à la commande déplacée de la part d'une subordonnée ainsi qu'aux coups d'œil méfiants que continuait à lui jeter la jeune femme par dessus l'écran de son smartphone.
L'objet de sa convoitise reposait sur le chariot. Un simple mouvement, à la première occasion. Et son précieux serait sien.
-Oui, Messner vient de me dire ! De quoi ? Comment ça rien ? Raconte pas de bêtises ! Tu viens ici et on en parle, pas question qu'on te fasse bosser comme ça ! Oui il est avec moi.
Un très mince sourire, qu'il ne se sentait plus capable de retenir, au bord des lèvres, le psychiatre fit mine d'examiner les médicaments reposant sur le chariot, s'attirant un regard noir de la part de la jeune femme. Elle regardait toujours. Tsk. Et, avec les sympathiques rumeurs, elle était certainement persuadée qu'il s'apprêtait à trafiquer une bouteille pour y glisser quelque substance infectieuse. Charmant.
Des pas se firent entendre et Jones se retourna vers Williams, qui arrivait en trottinant. D'un geste rapide, Messner tira le contenu du dossier, le plia et le fourra dans sa poche, ne laissant sur le chariot qu'un dossier vide, en dehors d'une lettre d'introduction, aisément reconnaissable aux signatures en bas de page. Alonso ne comprendrait pas, et conclurait qu'il s'agissait d'une erreur.
-Mad ! C'est vrai ce qu'à dit Messner ?
-Qu'est-ce qu'il a dit ?
Décidant de montrer son investissement intéressé, le médecin croisa les bras contre sa poitrine et fit claquer sa langue contre son palais.
-Votre travail vous affecte.
La petite blonde ouvrit la bouche et mima le poisson hors de l'eau pendant quelques secondes, secondes qu'Alexander mit à profit pour quitter les lieux, en lançant un ultime :
-Vous obstruez le passage, toutes les deux.
Il ignora l'insulte qui fendit l'air et s'engouffra dans la salle commune, sans demander son reste. Il y serait à l'abri, s'il prenait l'envie à l'aide soignante de vérifier l'intégrité de son dossier.
Ses bien-aimés collègues étaient rassemblés autour d'une boîte en métal. Crane compris. Il devait s'agir de quelque chose d'exceptionnel. Il s'approcha de quelques pas.
Exceptionnel. Des cookies.
Pas exactement des cookies, cependant. Plutôt des sablés.
Mais c'était égal.
Parce que tout le monde semblait occupé à discuter des morts.
Et des patients, mais c'était plus ou moins la même chose, maintenant.
-Mais je vous jure qu'il m'a parlé !
-Oui, bien sûr, nous y croyons tous. Peut être qu'il avait juste envie que tu arrêtes de jouer les sangsues et que tu lui fiches la paix, qu'en dis-tu ? C'est un au-tiste ! Il n'a pas nécessairement envie de subir ton babillage incessant. Et je le comprends.
Même la bouvhe pleine, Crane savait être une ordure.
-Elle était gratuite celle-là. Intervint Messner.
-Et toi Alexander ? Ta journée ?
Le jeune psychiatre, qui venait de fourrer un sablé extrêmement sucré dans sa bouche, prit le temps de déglutir avant de répondre à Crane, avec le ton le plus désintéressé et méprisant qu'il avait en réserve.
-Pas vraiment palpitante. J'ai discuté littérature avec Birthday et Heldévary m'a presque sauté à la gorge.
Pendant que ses collègues se lançaient de bon cœur dans une sympathique discussion à propos de la pyromanie, et de s'il fallait ou non prendre un parapluie pour aller au travail le lendemain, Alexander se remémora sa péripétie de début de journée, non sans un certain malaise. Il était entré dans la cellule du pyromane, s'attendant à trouver à nouveau un malade ennuyeux, toujours enfoncé dans le déni jusqu'aux yeux. A la place, il avait trouvé un homme presque heureux, presque surexcité. Il avait d'abord mis ce changement sur le compte du changement de traitement récent du patient, mais, quand ils avaient commencé à parler, l'excitation du pyromane s'était faite de plus en plus flagrante, au point d'inquiéter le médecin.
Alexander s'était restreint, n'avait cette fois pas tenté de pousser Heldévary à bout. C'était trop dangereux à ses yeux. Et s'il voulait bien s'amuser un peu, parfois, pour sortir de son ennui, se mettre volontiers en danger ne faisait pas partie de ses passe-temps favoris.
Il était donc resté le plus professionnel, calme et aimable possible. Aussi aimable qu'il puisse être.
Jusqu'à ce que le fêlé ne s'énerve tout seul.
Il avait posé les mains sur ses genoux, s'était penché en avant, et avait commencé à crier. Il criait, criait que Alexander était un mauvais psychiatre, qu'il se moquait de lui et qu'il allait le détruire, qu'il hurlerait de douleur, qu'il voulait le voir crever, qu'il le haïssait.
Les mots du pyromane restaient encore dans la tête du jeune médecin. Tout comme ses yeux brillants d'impatience et d'un bonheur presque hystérique, sa langue qu'il avait passé inconsciemment sur ses lèvres et les tremblements nerveux de ses doigts alors qu'il les avait enfoncés dans ses genoux. Signes d'excitation. Peut être même sexuelle. Très inquiétant.
« Je vous brûlerai ! Vous et cet asile stupide ! »
Se sentant personnellement menacé, Alexander avait estimé nécessaire de quitter la pièce le plus vite possible. Comme lors de sa discussion avec Beyond Birthday. A croire qu'il était dans un mauvais jour…
Mais si Birthday était menaçant en permanence, à sa manière calme et dérangée, ce n'était pas dans les habitudes de Heldévary. Il y avait forcément eu un déclencheur. Quelque chose qui avait surexcité le malade avant l'entretien, quelque chose qui avait animé ses pulsions déviantes. Il n'avait bien évidemment aucun moyen de mettre le feu à son psychiatre ou à l'asile, de toute manière. Mais il en avait eu l'impression, suffisamment pour relâcher sa garde en présence de son psychiatre. C'était inquiétant. Il faudrait qu'il en parle avec le professeur Crane.
C'était terrifiant Alex ! Je ne veux plus que tu lui reparles ! Il me fait peur pour toi !
-D'ailleurs, vous avez remarqué qu'il n'y avait pas de nouveau mort ?
-C'est normal Worthing, soupira Crane. On n'était pas non plus au courant pour les premiers accidents… Enfin… vous n'étiez pas au courant.
La jubilation du professeur était palpable.
-Je pense, intervint Alonso, que le coupable se sent juste dans l'impossibilité d'agir, grâce à une surveillance efficace.
Coup d'œil dans sa direction.
Bien entendu.
Un meurtrier suffisamment déterminé pour tuer à une fréquence telle que la fréquence actuelle allait s'arrêter d'assouvir ses pulsions simplement parce qu'une petite psychiatre en talons aiguille s'était mis dans la tête de harceler un de ses malheureux collègues.
Évidemment.
Et ça se prétendait psychiatre, experte en psychologie criminelle ?
S'il avait été le meurtrier, il roulerait sous la table, mort de rire.
A la place, il prit un autre sablé.
-Quelle surveillance efficace ? questionna Crane. Je vous parie dix dollars que Flemmings se retrouvera très bientôt avec un nouveau macchabée. Je dirais… dans une semaine.
-C'est ridicule, de parier sur la mort de la sorte, s'offusqua Bélen Alonso, main sur la poitrine en une sublime exagération de surprise. C'est un flagrant manque de respect.
-Le professeur parie volontiers, et on est en droit de se demander s'il lui reste quelque chose de sa paye à la fin du mois, railla légèrement Alexander.
Faible revanche pour l'humiliation de la machine à café.
-Sous entendriez vous, docteur Messner, que je perds nos paris ? Vous voulez vérifier ?
Crane mordit dans le bout d'un sablé, sourire mauvais aux lèvres. Alexander plissa les yeux.
-Dix dollars sur deux semaines.
Le spécialiste en phobies frappa dans ses mains et se tourna vers leurs deux autres collègues, qui les fixaient, ébahis par un tel manque de respect.
-Et vous vous voulez tenter aussi ?
-C'est irresponsable.
-Je ne pense pas que ça soit une très bonne idée.
-Parfait, je vais donc me retirer. Excellents sablés, Miss Alonso. Je me permettrai d'en emporter quelques uns pour mon thé avec Tetch.
Sans demander son reste, il fourra quelques biscuits dans les poches de sa blouse, tapota amicalement l'épaule de Worthing, et Alexander crut voir un billet vert se glisser comme de lui-même dans la poche, rejoignant ainsi les gâteaux.
Quand leur sinistre collègue fut sorti, Jeremiah fronça les sourcils comme un enfant qui tente de se concentrer.
-A votre avis, il se fait beaucoup d'argent avec ces paris ?
-Je ne sais pas, mais ça devrait être illégal.
Préférant dévier les autres du comportement borderline de son collègue, pas par sympathie, mais simplement parce que les regards désapprobateurs de la psychiatre commençaient à sérieusement l'agacer, Messner lança un nouveau sujet, sur le ton de la conversation:
-Vous avez commencé à réfléchir à propos des heures supplémentaires et des congés que vous prendrez pour le mois de décembre ?
-Vous ne comptez pas prendre le jour du repas de Noël juste pour nous éviter, n'est-ce-pas ?
Le retour du docteur Jérémiah Worthing, expert ès relations sociales et amoureuses. Il ajouta avec un mince sourire :
-Il y aura sûrement les employés des autres services, ça nous aérera agréablement.
-Non. Je souhaitais juste me faire une idée grossière de la moyenne en heures supplémentaires prises pour ce mois ci.
Autant couper les discussions pesantes avant qu'elles ne commencent. Il laissa ses deux collègues reprendre leur conversation en quittant la pièce.
Avec un peu de chance, un sablé s'émietterait dans la gorge d'Alonso et elle mourrait étouffée. Avec un peu de chance.
L'appartement d'Alexander Messner était illuminé, de la minuscule cuisine/bar jusqu'au canapé, où le jeune psychiatre épluchait scrupuleusement le dossier du laboratoire Pasteur en grignotant distraitement une carotte lavée au préalable. Et, en effet, plusieurs choses avaient échappé à Isabel Flemming. A commencer par la présence d'éléments chimiques en quantité anormalement élevée. Plus particulièrement de fort taux d'éphédrine, de Mazindol et de Calcium Bromolactobionate, ainsi que d'adrénaline.
Intéressant.
En effet, il était intéressant de noter que l'adrénaline, une hormone de fuite et de combat, était normalement produite par les glandes surrénales, et augmentait le rythme cardiaque, dilatait les artères comme les bronches et provoquait une excitation musculaire ainsi qu'une augmentation du besoin d'air. L'augmentation du rythme cardiaque, poussée à l'extrême, pouvait certainement causer un décès par crise cardiaque.
Il fallait juste une stimulation extérieure.
Et les trois autres substances, trouvées en forte quantité, avaient toutes les trois de belles facultés hallucinogènes… Alors… Mélangées…
On avait bel et bien à faire à un meurtre.
Les hallucinations, probablement terrifiantes, au vu de la réaction de Wesker, avaient engendré un état de panique, qui avait poussé la production d'hormones telles que l'adrénaline, qui s'ajoutaient à l'adrénaline supplémentaire injectée par le meurtrier. Le corps de Arnold Wesker n'avait pas dû supporter la trop forte quantité d'hormones, avait trop réagi, et le petit gomme rondouillard avait très certainement expérimenté un état de panique délirante avant de décéder. Ce qui expliquait la boîte crânienne explosée contre le lit. Il avait probablement été agité de spasmes incontrôlables. Il s'humecta inconsciemment la lèvre inférieure, absorbé par les révélations nouvelles.
Charmant.
Le psychiatre allait se plonger dans les autres chiffres du rapport beaucoup moins intéressants ceci dit, lorsqu'on frappa bruyamment à la porte de son domicile.
Juste derrière le battant se trouvait la quadragénaire la plus imposante que le maigre Alexander Messner ait jamais eu le malheur de connaître. Imposante physiquement, en effet, elle était dotée d'une circonférence telle qu'un ballon sonde se serait senti anorexique à ses côtés, mais aussi imposante tout court, par son très –trop- large sourire très –trop- maternel. A ses côtés se trouvait son mari, un peu plus âgé, fripé comme un fruit trop mur. Mister et Mrs Bugel. Les voisins de palier.
-Aleeeeeex ! Comment vas-tu ? Regardes, on t'a amené les restes de notre repas familial de la veille ! C'est du bon hachis parmentier maison, pour te remplumer un peu ! Et voilà aussi des endives au jambon et à la béchamel, maison aussi ! Et pour ajouter un peu de sucré, j'ai même mis du fondant au chocolat ! Bon il est un peu écrasé mais il est bon quand même !
Au fur et à mesure qu'elle énumérait son menu, elle empilait dans les pauvres bras du jeune homme des boîtes Tupperware moins appétissantes les unes que les autres. On aurait dit qu'un animal malade avait rendu son repas dedans. Finalement, pour le plus grand soulagement de la pauvre victime de ses préoccupations maternelles, son mari tapota le jambonneau qui lui servait de bras.
-Arrêtes, tu lui fais peur ma chérie.
Puis se tourna vers Messner avant de marmonner dans sa moustache :
-Comprends bien qu'on s'inquiète, gamin. On voudrait pas que tu-
Le jeune homme s'empressa de le couper d'un geste sec de la main, tout en esquissant un sourire légèrement forcé, puis se contenta de hausser les sourcils et de remercier entre ses dents serrées.
-Merci Mrs Bugel.
-Mais appelles moi Bertha, mon petit !
Après une ignoble étreinte suffocante et débordante de graisse mal vieillie, le couple s'en alla le long du couloir.
Aimables voisins.
Depuis des années.
Presque cinq ans que leur sale rituel lui pourrissait tous ses vendredis soirs. Ils venaient, sans gêne, et lui donnaient de quoi empoisonner la totalité de ses patients. Ensuite, ils l'embrassaient fort aimablement sur les deux joues et s'en allaient vers la porcherie que devait être leur appartement. Alexander jeta un regard dégoûté aux immondices sous plastique qui l'encombraient. Franchement. Qui mangeait ce genre de choses ?
Toi ? Parce que tu ne voudrais pas gâcher, hein ?
Le simple fait qu'elle les ait préparés est un gâchis de taille, pensa le jeune psychiatre tout en acheminant l'ensemble jusqu'à sa salle de bains aseptisée. Là, il se saisit d'un pince nez, de gants en latex, et entreprit de vider la totalité des bombes chimiques dans ses toilettes, à grand renfort de brosse à récurer et de chasse d'eau. Parfait. Il n'aurait plus qu'à prendre une douche, vider une bouteille de Javel dans les toilettes et il pourrait se reposer.
En ouvrant le réfrigérateur, il tomba sur le pot de confiture encore plein. Peut être qu'il fallait le jeter, à présent, puisqu'il était dedans jusqu'au coudes.
Mais non. Il se contenta de secouer la tête et de prendre sa petite bouteille d'eau.
Retour sur le canapé.
Retour au dossier après cette parenthèse tout sauf plaisante.
Il était mal parti pour dormir sur le canapé. Il ne dormait jamais les vendredis soir.
Il s'agissait probablement d'une excellente occasion de commencer à feuilleter les volumes de la bibliothécaire, histoire de chercher qui étaient Charon, Lachésis et Antigone dans les mythologies antiques.
Si Birthday savait qu'il était sa principale source de distraction lors de ses insomnies, il ne sentirait plus ses chevilles.
De: L
A: Alexander Messner
Objet: Birthday
Je n'ai toujours pas reçu enregistrement ou compte rendu. Si vous vous obstinez à ne pas tenir votre part du marché, vous pourriez avoir des ennuis avec la brigade des stupéfiants dès ce soir.
De: Alexander Messner
A: L
Objet: RE: Birthday
Je vous prie de m'excuser, j'étais plongé dans un dossier de quelque importance. Beyond Birthday pourrait présenter certains symptômes de psychopathie ou de sociopathie, c'est quelque chose que lui et moi risquons d'avoir à travailler à l'avenir, je vous envoie l'enregistrement.
Vous n'aviez pas de raison de vous inquiéter.
De: L
A: Alexander Messner
Objet: RE: RE: Birthday
il me semble que certaines choses devraient avoir la priorité dans vos occupations, docteur Messner. Faites ce que vous voulez, tenez moi simplement au courant, et ne parlez pas de notre arrangement avec Birthday. J'ai bien reçu l'enregistrement.
Bonne fin de soirée à vous.
Je ne m'inquiète jamais.
Voilà voilà xD
N'hésitez pas à me dire ce qui manque, ce qui cloche, ce qui vous plaît ou ce que vous ne comprenez pas dans les reviews, le sympathique petit bouton est là pour ça, vous pouvez le chatouiller sans crainte !
RaR :
PxdxlF : Le dernier chapitre n'avait en effet pas été très relu, je commençais déjà à manquer de temps x) J'ai fait un effort sur celui là, mais si tu repères quelque chose, je suis toute ouïe ! Hum… Pour l'italique, vous avez plusieurs gros indices déjà posés et à venir, je vous laisse spéculer à votre guise :3 Merci pour ta review **
Naitaa : C'est normal de rire, tu n'imagines pas comment il m'arrive de ricaner toute seule quand j'écris cette histoire… Ma famille me regarde aussi bizarrement, quand je rigole sur mon clavier :'3 Pour le souvenir….. Je pense qu'il est un peu des deux. BB s'est sûrement déjà retrouvé dans une situation de ce type. Mais quant aux gestes exacts et aux circonstances…. Je pense qu'on peut choisir ou non de le croire :3 Le sens de l'histoire ne change pas de toute façon :3 Quant à la vérité…. Secreeeeeeeeet 3 Pareil pour les flash-back, tu es libre d'interpréter, cher jeune cerveau ! Fais toutes les hypothèses que tu veux, c'est le jeu :3 Merci pour ta review très chère, à très bientôt ^=^
Slange : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a fait très plaisir :333 La rencontre viendra, mais pas tout de suite :3 J'espère que la suite t'a satisfaite aussi ! (d'ailleurs on te voit plus trop sur le site ! Tu vas bien ? 0.0)
Heriei : Merci pour la review ! Contente que la fic te plaise ! Et ta comparaison m'a beaucoup plu xD (oui il y en a beaucoup. Dans le service des soins intensifs en tout cas. J'ai plus de mal à écrire sur les personnages vieux, mais j'y travaille, juré !)
Saki-R : HEYYYYYY ! (Levi te dit coucou) Bref ! Ta review est très longue, je ferai de mon mieux pour répondre à tout ! Pour les japonais, je dirais même quasi impossible. Mais Tu verras, Alex-chou pourrait peut être aller au Japon dans un chapitre à venir =3 Je te laisse relire, il me semble que côté fautes c'est moins terrible que la dernière fois :'3
A la prochaine les gens !
