4- Butterflies and Hurricanes
Cette question si épineuse ne cesse de tourner dans ma tête, me tenant éveillée jusqu'à une heure avancée de la nuit. Après y avoir songé, mon enthousiasme a été quelque peu refroidi. Et depuis une semaine, cette question tourne et retourne dans la tête, inlassablement.
Ai-je le droit de modifier l'histoire? Leur histoire?
Je remonte d'un coup sec mon drap jusque sous mon menton.
Mais après tout, Dumbledore va surement trouver une solution pour mon problème, donc que je change leur situation ou pas, ça ne change rien pour moi, hein?
Je me retourne sur le ventre et enfonce ma tête dans l'oreiller.
Oui, mais si je ne dis rien, si je laisse les choses comme elles sont, James et Lily vont mourir. Supporterai-je la mort de James? Supporterai-je de savoir que j'aurai peut être pu l'éviter?
Je me retourne à nouveau. Etendue sur le dos, je sens une larme couler sur ma joue, jusque dans mon oreille.
J'aime James. Il est comme un frère, un grand frère rigolo, attentionné, protecteur. Il l'était déjà bien avant que je le rencontre, à travers ces choses que je lisais sur lui, il était déjà ce grand frère que je n'avais pas. Un grand frère que je ne veux pas voir mourir.
Lasse, je me redresse d'un coup et m'assois sur le bord du lit.
Oui, mais changer les évènements peut aussi vouloir dire tuer James plus tôt. Ou que Lily ne meurt pas en protégeant son fils. Donc pas de super Harry Potter qui résiste à Voldy. Et l'histoire sera peut être les aventures de Neville Londubat. Oui, mais Neville sera-t-il à la hauteur? Résistera-t-il à toutes ses attaques, d'années en années?
En soupirant, je me lève, ouvre la fenêtre et m'accoude au rebord. Lentement, j'inspire une grande bouffée d'air frais.
Et si je ne pars pas? Et si je ne pars jamais? Pourrai-je tenir sans rien dire? Voir James et Lily mourir? Voir Sirius injustement enfermé? Voir Remus s'engluer dans la tristesse? Et Peter s'échapper, et vivre treize années tranquilles, chez les Weasley? Tiendrai-je le coup? Arriverai- je à porter mon lourd secret, sans jamais rien dévoiler?
Finalement, le sommeil a quand même raison de moi.
Le lendemain matin, le soleil brille et les petits oiseaux chantent. J'aime l'été en Angleterre.
En bas, j'entends James déblatérer des monceaux de conneries à sa dulcinée. C'est qu'il l'aime sa Lily. Et comme les maraudeurs en leur temps, je me demande bien pourquoi. Cette nana est carrément antipathique. Bon, le fait d'avoir ruiné la réception du mariage joue surement là dedans. Et le fait que je sois potentiellement une ennemie aussi. Sans compter que je m'entends bien avec James et qu'elle peut voir en moi une...rivale. Cette pensée me fait grimacer. Beurk, rien que le fait d'envisager James et moi me semble... incestueux.
De bonne humeur, j'attrape une petite robe blanche et un gilet, enfile ma paire de converse et agrippe mon mp3 d'une main. Avant de sortir, je fais un arrêt devant le miroir, arrange rapidement ma tignasse brune, avant de claquer la porte.
Une fois en bas, je passe en coup de vent dans la cuisine pour attraper une pomme (Lily et James sont en train de se faire des papouilles, ils ne m'ont même pas vu) et je gagne la terrasse. A cette heure là de la journée, elle est inondée de soleil. Que du bonheur!
Ma destination se trouve être le transat, placé judicieusement face au soleil par moi même la veille. Sans attendre, je m'y installe, les jambes étendues devant moi, les bras relevés, et les écouteurs vissés aux oreilles.
They will not force us
They will stop degrading us
They will not control us
We will be victorious
Interchanging mind control
Come let the revolution take its toll if you could
Flick the switch and open your third eye, you'd see that
We should never be afraid to die
So come on!
[Muse- Uprising]
Voilà, ça c'est le paradis. Mais ce bonheur n'est qu'éphémère et une ombre me soustrait soudain à la chaleur du soleil.
Réprimant une envie de meurtre, je grogne mon mécontentement, mais cela ne semble faire aucun effet sur l'intrus.
" Qui que tu sois, dégage illico presto de devant mon soleil.
- Je ne vois qu'un soleil ici, et il n'est pas qu'à toi, fillette.
- Crétin, j'ai le même âge que toi. Bon, tu bouges?
- Hum... non.
- Ok, c'est quoi le but de la manœuvre?
- Juste t'agacer un peu. Rien de bien méchant.
- Sirius, dernier avertissement, casse-toi.
- Ou sinon quoi? Tu crois que tu peux rivaliser avec tes bras de crevette?
- CASSE-TOI!"
Enfin le soleil m'est rendu, et je l'entends s'éloigner en ricanant.
" Oh, et Mac? Super chanson au fait!"
Ce mec est un crétin fini. Aaaargh! C'est injuste! C'est juste THE mâle! Et inutile d'épiloguer encore une fois sur l'intérêt que je lui porte, on sait tous que je bave dès que je le vois. Mais il n'empêche que c'est un débile profond.
Mais qu'importe, pour le moment, je recharge mes batteries à coup de rayons solaires, et c'est le pied total. Et puis, c'est le drame.
" Aaaaaaaah Aaaaaaaaaaaah! Non... non...Naaaaaooooooon!
- Mac! Mac qu'est ce qui se passe? T'as vu quelqu'un? On se fait attaquer? Mac? Tout va bien?
- Jaaay, y'a plus de batterie!
- ...
- Tu ne comprends pas? Y'a plus de batterie? Mais comment j'vais faire si y'a plus d'batterie? Ma vie est finie...
- Euh... Mac, de quoi tu parles?
- De la fin du monde... Je ne survivrais pas.
- Je ne comprends rien. Vous comprenez quelque chose, vous?
- MAIS BORDEL! J'TE CAUSE QUE J'AI PLUS DE BATTERIE DANS MON MP3! Je VIS avec mon mp3 aux oreilles. J'ai même songé à me le faire greffer pour l'avoir en continu sur les oreilles. Et là Y'A PLUS DE BATTERIE!
- C'est quoi ton Mp3?
- Euh, James, je crois qu'il s'agit de son truc à ficelle pour écouter de la musique.
- Ah. Et donc y'a plus de batterie.
- Nooooon!
- Donc il marche plus.
- Nooooon!
- Et tu ne peux pas en mettre une neuve?
- Mais ça n'existe pas ici. J'ai plus ma musiiiiiique!"
S'en suit une loooongue séance de consolation de la part de James, histoire de me faire oublier mon incommensurable peine.
Plus de mp3, ça veut dire plus de Muse. Et il se passera des années avant que leur premier album sorte. Et peut être qu'il ne sortira jamais ici! Je n'écouterai plus jamais de Muuuuuse!
Après plusieurs minutes à me lamenter sur mon sort, je relève bravement la tête et je leur lance:
"Et bien puisque je ne peux plus écouter ma musique, je vais chanter pour la remplacer."
Et je les laisse là, plantés comme des radis, pendant que je retourne à l'intérieur de la maison.
Je passe donc le reste de la matinée à errer dans la maison, telle une âme en peine. Mon mp3 me manque déjà. Tout le monde est gentil avec moi. Même Lily fait des efforts. Elle évite de me jeter un regard soupçonneux à chaque fois qu'elle me voit. Un jour, il faudra quand même que j'ai une conversation avec elle.
En attendant, je suis désœuvrée dans cette maison. Je n'ai pas beaucoup d'occupations. Il faut dire que sans musique, sans internet (de toutes manière, y'a pas d'ordinateur non plus alors...), c'est un peu la merde. Et comme je n'ai pas le droit de sortir seule, la question est réglée. Bref, je m'emmerde à qui mieux mieux. J'ai déjà lu cinq bouquins de la bibliothèque de ma chambre. C'est sympa, mais ça va vite me gonfler. Et puis James et Lily sont partis au ministère cet après-midi. C'est qu'ils bossent ces deux là, et ils ne peuvent pas prendre de congés, juste pour me surveiller. De toute manière, Evans aurait refusé. En plus, elle ne supporte déjà plus de m'entendre chanter, je l'ai entendu tout à l'heure traiter mes petits Muse chéris de "sauvage qui ne savent que faire du bruit ressemblant de très loin à de la musique et qui chantent comme des casseroles". Bref, elle déteste Muse, elle me déteste, et elle déteste m'entendre chanter du Muse. Du coup, concernant ma situation, c'est Remus qui a ma "charge", vu qu'il est actuellement au chômage. Pauvre Remus. Non seulement il n'a pas de boulot, mais en plus il doit faire du Mackenzie-sitting. Et croyez moi, ce n'est pas drôle du tout. Surtout que je n'arrête pas de chanter (mal) à tue-tête. A force de m'entendre, il finit même par fredonner. Je ne suis pas sure qu'il s'en rende compte. Ca doit plutôt être inconscient, comme quand on a une chanson qui tourne dans la tête, on finit par la chanter sans s'en apercevoir.
" Remus?
- Hum?
- Je m'ennuie.
- Que veux-tu faire?
Ben je n'sais pas, c'est bien pour ça que je m'ennuie. T'es un peu bête, c'est à se demander comment tu as fait pour devenir préfet...
- Comment sais-tu que...
- Oups, ça m'a échappé.
- Tu sembles quand même beaucoup nous connaître, je me trompe?
- Et bien, comme je l'ai déjà dit, je sais certaines choses, mais il y en a beaucoup que j'ignore.
- Mais comment sais-tu toutes ces choses sur nous. Enfin, je veux dire, il aurait fallu que tu sois à Poudlard avec nous pour être au courant de...tout ça.
- Je ne suis pas sure de pouvoir te l'expliquer. Si ça ne te dérange pas, je vais attendre d'avoir l'avis de Dumbledore sur la question.
- D'accord. Et sinon, qu'est ce que tu sais sur nous?
- Je commence par qui? Tiens, par toi, petit curieux. Alors. Je sais que tu es le fils unique de Lyall Lupin et Espérance Howell et que ton deuxième prénom est John. Je sais que tu es un loup-garou depuis ton enfance, que tu as été mordu par Fenrir Greyback quand tu avais, hum, quatre ans il me semble. Je sais que lors des nuits de pleine lune, tu vas dans la cabane hantée de Pré-au-lard en passant par un souterrain dont l'entrée est gardée par le saule cogneur. Il a d'ailleurs été planté pour toi. Je sais que tu adores le chocolat. Je sais que tu penses que tu n'es pas digne d'être aimé par une femme, parce que tu te penses trop dangereux, ce qui est une grosse connerie en passant. Je sais que les maraudeurs sont tout pour toi. Je sais que parmi eux, tu as toujours été le sage, celui qu'on écoute, celui qui reste raisonnable et qui tente de raisonner les autres. Ton surnom de maraudeur, c'est Lunard. J'en sais un peu plus sur la suite, mais je vais m'arrêter là, c'est plus sage.
- ...ah. Effectivement, tu sais le principal. Et les autres?
- Remus, je tiens absolument à ce que cette conversation reste entre nous deux. Je sais que tu es digne de confiance. Bien. Alors, les autres. Par qui veux-tu commencer?
- Euh...Lily, par exemple.
- Alors, Lily. Son nom de jeune fille est Evans. Elle a une sœur, Pétunia, mariée à un moldu du nom de Vernon Dursley. La famille de Lily est moldue. Elle a été nommée préfète-en-chef en septième année, et elle détestait James jusqu'à cette année là. Je ne sais pas si tu es au courant pour Rogue par contre alors...
- Si, elle en a plus ou moins parlé un jour.
- Ok, alors, elle habitait le même coin que lui, ils se connaissaient donc d'avant Poudlard. Ils étaient amis. Mais leur amitié s'est dégradée au fur et à mesure des années à Poudlard, jusqu'à ce jour de... cinquième année je crois, où il l'a traitée de sang-de-bourbe. Au passage, Severus est carrément fou amoureux d'elle depuis des années, c'est une des nombreuses raisons qui fait qu'il hait James. Bref, quoi d'autres... ah si, je sais aussi que le patronus de Lily est une biche. Voilà.
- Impressionnant. Et pour James?
- Il est fils unique, et je crois que ses parents ne l'ont eu que tardivement. Il s'est longtemps comporté comme un imbécile prétentieux et arrogant, principalement pour impressionner Evans, pardon, Lily. Il était poursuiveur dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor, et déteste profondément les Serpentards. Comme tes deux autres copains, c'est un animagus non déclaré. Il se transforme en cerf, d'où son surnom de Cornedrue. Ils ont fait ça pour toi, pour te tenir compagnie durant les nuits de pleine lune. Lui et Sirius sont comme des frères. Et il a sauvé Severus de tes griffes, la fois où Sirius a déconné.
- Ah, tu es aussi au courant de ça...
- Oui. Concernant Peter, je ne sais rien de lui, sauf qu'il se transforme en rat, que son surnom est Queudver, et je crois qu'il n'a plus que sa mère. Et il me semble me souvenir qu'il n'était pas très doué en classe, assez maladroit et timide.
- Et Sirius?
- Sirius est un Black. Famille de sang-pur, plongée dans la magie noire jusqu'au cou. Sa mère, Walpurga, est complètement folle. Il a un frère, Regulus, qui est plus jeune et qui est mangemort. Au passage, contrairement à ce qu'on pourrait croire, Regulus est quelqu'un de bien dans le fond. Bref, la maison des Black se situe au 12, square Grimmaurd, à Londres. Sirius était en disgrâce depuis sa répartition à Gryffondor, maintenant, il est carrément renié depuis qu'il s'est enfui du domicile familial à... seize ans, il me semble. Ses parents voulaient le voir embrasser la fabuleuse carrière de mangemort. C'est Regulus qui a hérité du fardeau. Quoi d'autre. Son animagus est un chien noir, qui ressemble à s'y méprendre à un sinistros, et qui s'appelle Patmol. Il hait par dessus tout les Serpentards, et en particulier Severus. Il est arrogant, prétentieux, intelligent, insouciant encore. C'est un séducteur. Il aime les femmes, et elles le lui rendent bien.
- Tu sais de quoi tu parles...
- Tsss. No comment.
- Oh allez, j'ai bien vu que tu le dévores des yeux et que tu rêves de lui sauter dessus.
- Quoi? Mais...pas du tout.
- Ton odeur change quand il est à côté de toi.
- Hein? Comment ça?
- Hum... c'est un peu délicat.
- Va au bout de tes paroles Remus Lupin!
- C'est à dire que ce ne sont pas des mots très dignes d'un gentleman...
- LUPIN!
- Bon bon, très bien. Quand il est à côté de toi, ton odeur change parce que tu es en chaleur, là! Voilà, tu es contente?
- En chaleur? Comme...comme une chienne? Une vulgaire chienne en chaleur? Mon dieu, j'ai honte.
- Tu me diras, la chienne en chaleur, le chien, ça fait ton sur ton.
- Mais je ne veux pas être une chienne en chaleur! Je ne veux pas faire partie de ces crétines au cerveau liquéfié par sa présence. Merde! Enfin je sais que... qu'il, enfin que...enfin bref, on a compris. Mais je ne m'étais jamais vue comme une chienne en chaleur. Oh Remus, j'ai hooooonte!
- Euh, j'ai jamais dit que tu étais une chienne, moi. Juste que je pouvais sentir ton...désir.
- Mais c'est dégueulasse! Et ça ne te dérange pas?
- Ben... c'est un peu indiscret, je me fais l'impression d'être un espion. C'est le genre de choses que personne ne devrait savoir, quand même et...
- REMUS, VITE, VIENS NOUS AIDER! REMUS!"
Sirius vient de faire irruption en trombe dans la pièce en hurlant, suivit par Lily soutenant James. Ce dernier est bien mal au point. Lily est pâle comme la mort. Retrouvant mes facultés intellectuelles, je me lève du canapé pour que Remus et elle puissent l'étendre dessus.
" Mon dieu, que s'est- il passé?
- Il y a eut une attaque. Dans un village sorcier. Il était là.
- Qui?
- Voldemort. Il est venu en personne. Il a demandé à certains d'entre nous de le rejoindre et qu'ainsi, il nous épargnerait. Evidemment, on a refusé. Et du coup, il a attaqué. James a prit un sort en voulant protéger Lily.
- Alors ça y est, la guerre est officiellement déclarée."
C'est alors que je sens mon sang se retirer de mon visage. Mes oreilles bourdonnent, ma langue devient sèche, et un goût désagréable de bile envahit ma bouche. Que Merlin les protège. Les mots prononcés par Sybille Trelawney, ou plutôt qu'elle prononcera bientôt, résonnent alors dans ma tête.
"Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... et le Seigneur des Ténèbres le marquera, en fera ainsi son égal. Mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois..."
Par trois fois défié. James et Lily vont le défier trois fois. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'aujourd'hui, il s'agit de la première fois.
Ressassant mes pensées, je reste à l'écart. Je ne sers à rien actuellement. Je ne peux être d'aucune aide, alors, autant ne pas encombrer. Sirius est allé prévenir Dumbledore, et Remus et Lily s'affèrent autour de James. Il est vraiment mal au point, pâle comme un mort, le front couvert de sueur, les traits tirés par la douleur.
Cela m'effraie de le voir comme ça. Mais je sais qu'il va vivre. Son heure n'est pas venue, sa tâche n'est pas finie, et il va s'en sortir. Il n'empêche, je tremble, j'ai froid, et je ne me sens pas bien. Instinctivement, je ressers mes bras autour de ma poitrine, serrant le plus fort possible, mes yeux ne quittant pas James.
"Mac? Tout va bien?
- ..."
Devant mon manque évident de réaction, Sirius, qui est revenu sans que je ne m'en aperçoive, m'attire dans ses bras. Et croyez le ou non, mais sur le moment, ça ne me fait absolument pas fantasmer. Peut être que d'ici un ou deux jours, en y repensant... mais là, tout ce dont je suis capable c'est de poser mon front contre son torse et de serrer les dents très fort pour ne pas fondre en larme.
Ses bras se resserrent autour de moi, et je sens ses mains qui commencent à s'activer doucement dans mon dos. Ses caresses légères me font sourire.
" N'en profite pas non plus" que je lui lance.
Lorsque je me détache de son étreinte, je vois un faible sourire s'étendre sur ses lèvres.
" Merci, Sirius, ça va mieux maintenant.
- J'espère que Dumbledore va vite arriver, James est vraiment mal au point.
- Sirius? Ca va aller, d'accord? Ai confiance en moi, James va s'en sortir.
- Comment peux-tu en être si sure?
- Je le sais. C'est tout."
Avec douceur, j'attrape sa main et la sers dans la mienne. Son regard plonge dans le mien, et sa main se ressert sur la mienne, m'agrippant avec force.
Les minutes passent. Remus et Lily s'activant toujours autour de James, Sirius et moi, nous tenant par la main, restant à l'écart, et scrutant notre ami.
Finalement, Dumbledore arrive enfin, emmenant avec lui une infirmière. Au milieu de l'agitation qui règne, je comprends qu'il s'agit de Mrs Pomfresh. Après diverses manipulations, James semble reprendre des couleurs. Pompom demande à Lily de le monter dans la chambre, où il sera plus à l'aise pour récupérer. Elle la suit pour lui donner quelques instructions.
Lâchant Sirius, je m'approche de Dumbledore. Il semble fatigué, si fatigué. Rapidement, je file à la cuisine et revient avec un verre d'eau.
" Merci miss Tallis. Mais j'avoue que quelque chose de plus fort me ferait du bien.
- J'y ai pensé aussi. Un verre de Wisky pur feu vous ira?
- Avec plaisir miss."
Je sors alors de derrière mon dos une bouteille, renverse le verre d'eau dans la plante posée dans le coin de la pièce, et le rempli de liquide ambré, avant de le tendre au professeur.
" Professeur?
- Miss?
- Je souhaiterai vous parler. Cela concerne ce qui s'est passé aujourd'hui. Et ça vous éclairera peut être sur qui je suis.
- Soit. Sirius, pouvez- vous nous indiquer un lieu où miss Tallis et moi même pourrons parler tranquillement?
- Bien sur, suivez-moi, le bureau devrait faire l'affaire."
Emboîtant le pas aux deux hommes, je les suis jusque dans une pièce de la maison où je n'ai encore jamais mis les pieds. Lorsque Sirius referme la porte sur nous, je m'installe, par réflexe, dans le fauteuil faisant face au bureau, incitant ainsi le professeur à prendre place de l'autre côté. Pour un peu, je pourrais me croire dans le bureau du directeur en train de me faire enguirlander. La réalité est en faite bien pire puisque je m'apprête à dire la vérité à Dumbledore.
" Et bien, qu'aviez vous à me dire sur l'attaque d'aujourd'hui?
- Sur celle là, rien en particulier. Mais ce type d'attaque va se multiplier, et James et Lily auront encore à affronter deux fois le seigneur des ténèbres dans l'année qui va suivre. Il en sera de même pour Frank et Alice Londubat. Mais ils s'en sortiront, au moins pour cette année.
- Très bien, bien que je ne m'explique pas de quelle manière vous pouvez être au courant de ça.
- Professeur... il y a cette question qui me taraude, et à laquelle je ne trouve pas de réponse. Alors je m'en remets à votre sagesse. Je sais ce qui va arriver. Je sais comment et quand cette guerre finira. Et je sais ce qui arrivera à vous tous. Et je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas si je dois tenter de changer les choses à notre avantage, en espérant que cela n'aura pas de conséquences plus graves que ce qui est prévu. Je ne sais pas si je dois laisser les choses arriver. Et je ne sais pas si je dois vous les dire. Je ne pense pas me tromper en disant qu'il y a de fortes chances pour que je reste ici pour toujours. Alors aidez-moi.
- Avant tout, je souhaiterais savoir comment vous êtes capables de prévoir la suite des évènements.
- Chez moi, dans mon monde, votre histoire est un roman. En fait une série de roman. Or, ce roman suit les aventures d'un jeune sorcier, qui a hérité d'un lourd fardeau, et qui est le seul à pouvoir vaincre un mage noir très puissant. Le premier chapitre débute en 1981, et le dernier se situe en 1997.
- Etrange de savoir qu'ailleurs, nous ne sommes réduits qu'à de simples personnages de papier. Comme quoi, nous ne sommes pas grand chose.
- C'est pour ça que je connais ce monde. Que je vous connais, tous, au moins un petit peu. Et c'est pour ça que j'ai envie de changer ce monde.
- Cela se termine donc si mal que ça? J'imagine que si c'est un roman, la fin ne doit pas être si terrible.
- L'histoire se termine bien, mais pas pour tout le monde.
- En changeant les choses, vous pourriez les empirer.
- Mais je sais des choses. Ceux qui trahiront, ceux qui mourront, et quand, et pourquoi. Et ceux qui resteront fidèles, quand tous les croiront traitres. Vous me demanderiez de savoir tout ça et de devoir me taire?
- Je suis désolé Mackenzie, mais en révéler trop pourrait provoquer des évènements imprévus, qui ne seraient pas forcément en notre faveur. Comprenez vous bien?
- Je sais que vous avez raison. Mais je souhaiterai tellement que vous ayez tort.
- Ceci dit, peut être que je viendrai parfois vous demander conseil. Après tout, votre présence à ces lieux a peut être déjà changé les choses. Me permettez-vous de faire venir messieurs Black et Lupin, ainsi que Mrs Potter? Je souhaiterais maintenant vous faire boire un peu de veritaserum. Ainsi, votre situation pourra quelque peu changer.
- Très bien. "
Dumbledore quitte alors le bureau, me laissant accablée dans mon fauteuil. Quelques minutes plus tard, il revient accompagné de Sirius, Remus et Lily. Tous trois affichent un visage sérieux et grave. Dumbledore a déjà dû leur expliquer la situation. Au moins, maintenant qu'il connaît ma situation, il ne me posera pas de questions trop compromettantes.
" Bien, nous allons pouvoir commencer. Miss, buvez ceci."
J'attrape la fiole et en avale le contenu d'un coup sec. Le goût est acide, et pas vraiment agréable.
" Je suis prête.
- Bien. Quel est votre nom?
- Mackenzie Rose Tallis.
- Quelle est votre date de naissance?
- Le 13 mai 1991
- Où vivez-vous?
- A Londres.
- Êtes-vous une sorcière?
- Non.
- Une cracmol?
- Non.
- Une moldue?
- Oui.
- Comment avez vous pénétré dans la propriété de Mr et Mrs Potter?
- J'étais dans le métro, à Londres, en décembre 2010. Il y a eu des secousses, et un éclair blanc, et j'ai ouvert les yeux sous la table du jardin.
- Comment expliquez-vous que le sortilège repousse-moldu ne fonctionne pas sur vous?
- Je pense que c'est parce que je n'appartiens pas à ce monde, et que dans le mien, la magie ne semble pas exister.
- Avez-vous un lien quelconque avec Voldemort ou un de ses partisans?
- Aucun.
- Soutenez-vous les actions de Voldemort?
- Non.
- Professeur?
- Oui Remus?
- Puis-je poser une question?
- Je vous en prie.
- Mackenzie, comment connais-tu tous ces détails sur nos vies?"
Dans une supplique silencieuse, je tente d'attraper le regard de Dumbledore. Hélas, ses yeux sont fixés sur Remus. Alors, advienne que pourra.
" Dans mon monde, vous êtes les personnages d'un de mes romans préférés. "
Suite à ma réponse, le silence se fait. Lily, incrédule, se tourne vers Dumbledore pour chercher confirmation.
Soudain, un fin sourire en coin étire les lèvres de Remus.
" Ton personnage masculin préféré, il venait de ce roman?
- ... Oui.
- Ne t'inquiète pas, je ne te demanderais pas de qui il s'agit. De toute manière, je crois avoir deviné."
Le goujat se met alors en rire, pendant que moi, je sens mes joues s'échauffer. Déterminer à ne pas me ridiculiser un peu plus, je m'obstine à fixer le mur d'en face. Hors de question que je croise le regard de Sirius maintenant.
" Bon, si personne n'a d'autres questions à lui poser, je pense que nous pouvons nous arrêter là."
N'obtenant aucune réponse des autres, Dumbledore s'approche de moi et me présente une nouvelle fiole. Le goût en est bien meilleur.
" Vous êtes sur que l'antidote à fonctionné?
- Essayez, dites un mensonge.
- Je suis amoureuse de James Potter. Ah oui, ça marche.
- Très bien miss Tallis. Dés à présent, je vous donne l'autorisation de sortir sans escorte. Bien sur, prévenez quelqu'un avant, on ne sait jamais par les temps qui courent.
- Merci Professeur".
A moi la liberté!
