6- Bliss
Quelques semaines déjà que j'ai quitté la maison de Potter, et vous savez quoi? Je l'aime, mon studio! Bon, certes, la compagnie de James me manque quand même, mais je me sens tellement plus à l'aise ici. Déjà, je n'ai pas l'impression d'être une invitée qui s'est incrustée et qu'on ne peut pas renvoyer. Ici je me sens chez moi, à ma place, et j'envisage beaucoup plus sereinement l'idée de devoir rester ici toute ma vie. L'appart n'est pas bien grand, mais il est suffisant pour moi. Une pièce à vivre regroupant le salon, salle à manger et cuisine, une salle de bain, et une chambre. Je n'ai pas encore eu le temps d'acheter tout ce que je voudrais pour rendre tout ça plus douillet, mais ce n'est qu'une question de temps. Une fois que j'aurais accumulée suffisamment d'argent, je pourrais me faire plaisir. Il faut dire que sans internet, j'économise un paquet d'argent. Impossible de me laisser aller à une crise de fièvre acheteuse sur des sites internet, là, je suis obligée de sortir faire du shopping.
J'ai fait la connaissance de mes voisins. Un vieux grincheux au bout du couloir, et un couple de lesbiennes en face. Le vieux grincheux n'est pas des plus sympathique, d'où son petit surnom, mais par contre, les filles d'en face sont juste terribles. Le premier jour, en me voyant aménager, elles ont proposé leur aide, puis m'ont invité chez elle le soir même, histoire de faire connaissance autour d'un petit apéro. Alice (Wentworth) est une femme absolument superbe. Grande blonde, généralement perchée sur des talons vertigineux, des yeux noirs envoûtant, et une peau blanche à faire pâlir d'envie Dracula en personne. Avec ses cheveux bouclés et ses lèvres peintes en rouge, elle est la réincarnation des plus belles actrices de cinéma des années vingt. Judith (Gresham) est un peu plus âgée que sa compagne. Elle a vingt six ans, alors qu'Alice n'en a que vingt et un. D'origine irlandaise, elle arbore une sublime chevelure orange et bouclée, ainsi que de beaux yeux verts. Elle est artiste peintre, et leur appartement ressemble plus à une galerie d'art qu'à un appart.
Au début, je passais un temps considérable chez les Potter, histoire de profiter au maximum de la présence de James. Puis un jour, en riant, Jay m'a dit que si c'était pour passer autant de temps au manoir, ça ne valait pas la peine que je déménage, j'aurais mieux fait de rester avec eux. Ce en quoi il n'avait pas tort. Et puis il a repris le travail et les missions, passant plus souvent ses soirées à se geler devant la maison d'un mangemort qu'au chaud à rigoler avec moi devant un verre ou deux. Et puis, le mois de Novembre est si triste, si froid, si humide, que j'ai fini par ne plus avoir d'autres envies que de rester chez moi, au chaud. Ou avec mes voisines.
Aujourd'hui, je ne travaille pas, c'est mon jour de congé. Et très franchement, j'ai plutôt prévu de le passer tranquillement chez moi, en tête à tête avec un bouquin et un verre de vin français. Et c'est précisément au moment où je m'installe douillettement sur mon canapé que des coups à ma porte se font entendre. Râlant un peu, je m'extirpe de mon cocon si confortable, et m'en vais répondre le plus poliment possible à l'opportun qui vient ainsi déranger ma retraite paisible.
" Surprise!
- Sirius! Mais qu'est-ce-que tu fais là?
- Super, ça fait plaisir.
- Oh, je t'en prie, tu sais bien ce que je veux dire.
- Et bien, mademoiselle la lâcheuse, il s'avère que je n'ai pas eu l'occasion de te voir depuis un bon bout de temps. Remus et James non plus, au passage. Donc, je suis venue jeter un œil à ton nouveau chez toi et essayer de voir si je ne pouvais pas t'embarquer dans quelques folles aventures.
- Entre, ne reste pas là.
- Alors c'est là que tu vis? Mouai... c'est petit. Ça fait un peu taudis quand même. Je ne comprends pas que tu ais préféré vivre là.
- Dis donc, monsieur le goujat, si t'es venu pour critiquer mon appart, tu peux repartir aussi sec! C'est sûr que c'est beaucoup moins spacieux et luxueux et confortable que chez James, mais ça a l'avantage non négligeable que c'est chez moi.
- Ok, ok, je retire ce que j'ai dit, ne te fâche pas, ma belle. C'est un appartement sympathique, douillet et... bref, ce qu'il te faut. Ça te va comme ça?
- Mouai, c'est mieux. Bon, tu veux boire quelque chose?
- Volontiers. Je vois que tu as déjà sorti une bouteille, je vais donc t'accompagner, si ça ne te dérange pas. "
Tout en souriant, je m'en vais sortir du placard un autre verre à pieds. C'est que cet espèce de grand nigaud m'a manqué tout de même. Pendant ce temps, le nigaud en question se met à son aise. Il balance son manteau sur une chaise, et s'affale sur mon canapé, jetant au passage un œil au roman posé sur ma table basse. Le verre dans une main, l'autre prise par un bol de cacahuètes, je le rejoins.
" Alors, comment vas-tu? Et James et Remus? Tout va bien avec... tu sais, les missions, tout ça?
- Mac, ne te stresse pas pour ça, d'accord? Pour le moment, tu ne crains rien. Quand à nous, nous prenons un maximum de précautions, alors cesse de t'inquiéter. James va très bien. Remus est un peu fatigué, mais ça n'a rien d'étonnant, la pleine lune est récente. Et puis, il a quelques soucis pour trouver du travail.
- Ouai, je sais. Pas facile d'être accepté avec sa condition.
- Et toi? Comment ça se passe chez Fleury &Bott?
- Plutôt chouette. Le patron me fait confiance, et même sans magie, j'arrive à me débrouiller.
- On te manque quand même un peu?
- Evidemment, gros bêta.
- Dis, au fait, y'a un match de Quidditch bientôt, les Crécerelles de Kenmare contre les Faucons de Falmouth. J'ai des places pour y aller, ça te tente?
- Sirius, mon p'tit chou, tu as vraiment l'art de poser des questions stupides parfois. Evidemment que ça me tente! Je n'ai encore jamais vu de match de Quidditch de ma vie, j'en rêve!
- Super! J'avais peur de devoir te faire du chantage…
- Et tu m'aurais fait chanter avec quel argument?
- Tu as loupé mon anniversaire, donc ça aurait été l'occasion de te rattraper.
- Ton anniversaire? C'était quand? J'étais pas au courant!
- Le trois Novembre. Ne t'inquiète pas, on n'a pas vraiment eu l'occasion de le fêter, avec les missions, tout ça.
- Bon, alors pour me rattraper, j'accepte de t'accompagner à ce match, mais c'est vraiment de mauvaise grâce. "
Et tout en riant, je saute sur Sirius pour le serrer dans mes bras. Ok, je n'étais pas obligée de me jeter sur lui de la sorte, et oui, j'aurais pu lui communiquer ma joie et le remercier autrement. Mais franchement, soyons honnête, si vous aviez l'occasion de vous serrez (en toute innocence) contre le torse d'un homme aussi bien fait que Sirius Black, vous hésiteriez? Et bien pas moi. Surtout que plus les jours passent, et plus mes convictions faiblissent. Si cette histoire est un rêve, alors je trouve que ce rêve commence à être un peu long. Du coup, je ne suis plus tout à fait sure que ce soit un rêve. Et si ça ne l'est pas, la perspective de rentrer un jour chez moi se fait de plus en plus lointaine. Dumbledore n'a aucune idée de la raison de ma présence ici, et avec la montée de Voldemort, il n'a absolument pas le temps de se consacrer à mon problème. Donc, il y a peu de chance que je reparte un jour. Et donc plus ça va, et plus je me dis que je ferais mieux d'en profiter et de me laisser aller avec ce garçon qui, en plus d'être diablement sexy (ce que je répète depuis le début) est aussi drôle, gentil, attentionné, bref, un mec bien que j'aime beaucoup, à défaut de l'aimer tout court pour le moment.
Finalement, je relâche mon étreinte pour lui coller un baiser sonore sur la joue (ben quoi?).
" Je prendrais ça pour un merci très enthousiaste. Bon, dis moi, tu ne voudrais pas qu'on aille faire un tour?
- Ça ne va pas! T'as vu le temps qu'il fait? Tu ne veux pas qu'on reste ici plutôt, bien au chaud?
- Si tu veux. On fait quoi alors?
- Euh... on pourrait discuter, essayer de se connaître un peu mieux.
- Si c'est pour ce connaître un peu mieux et se réchauffer, j'ai d'autres idées que de discuter...
- Sirius, sois sage! Vilain garçon.
- Ok, ok, je serais un ange désormais. Alors, de quoi veux-tu discuter? "
La conversation s'engage alors sur notre enfance, la mienne dans la charmante petite maison de campagne de mes parents, entourée d'amour et de joie, la sienne, lugubre, au numéro 12, square Grimmaurd, baignant dans la magie noire, le mépris et l'abandon. Puis nous parlons de Poudlard, enfin, il me parle de Poudlard, de sa vie au château, avec les maraudeurs. Et moi je l'écoute parler, absorbée par son récit, désireuse d'en connaître toujours plus sur sa vie, sur lui, sur la magie, sur son monde. Et les heures passent, Sirius assis à une extrémité du canapé, moi à l'autre extrémité, mes jambes sur ses genoux, le plaid nous recouvrant tous les deux, et la bouteille de vin se vidant peu à peu.
Soudain, alors que Sirius me raconte avec enthousiasme une de ses aventures maraudeuresque, nous sommes interrompus par des coups frappés à ma porte. Je me lève donc pour aller ouvrir et tombe nez à nez avec mes charmantes voisines.
" Maaac! Enfin, j'ai cru qu'on allait mourir de vieillesse sur ton paillasson.
- Je t'en prie Aly, je n'ai pas été si longue tout de même.
- Ohhh, mais je vois que tu as de la visite.
- Petite coquine, je comprends mieux pourquoi tu as mis du temps à nous ouvrir.
- Oh, euh, Sirius, voici mes voisines, Judith et Alice. Les filles, je vous présente Sirius, un ami.
- Un ami? Mais je n'en doute pas! Alors? Ami de Mac, depuis quand vous vous connaissez?
- Depuis qu'elle est arrivée ici cet été. Hum. Euh Mac, je vais y aller, je n'avais pas vu le temps passer et il est déjà tard, tu sais, on a une... enfin, tu sais.
- Oui, bien sur. Dis leur de venir me voir bientôt, hein?
- Oui, ne t'inquiète pas. Je te tiens au courant pour le match, ok?
- Ça marche. "
Et mon bel adonis s'éloigne dans le couloir de l'étage pour rejoindre l'Ordre. Et sous le regard amusé de mes amies, je ne peux m'empêcher de le rattraper pour le retenir un instant.
" Sirius! Sois prudent, d'accord? Je t'en prie, fais attention à toi.
- Hey Baby girl, ne t'inquiète pas pour moi, je m'en sors toujours. "
Malheureusement, non, Sirius, pas toujours. Et même si je sais que son heure n'est pas venue, je ne peux m'empêcher de trembler à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose. Le serrant dans mes bras, je lui murmure un dernier mot à l'oreille avant de le relâcher.
" Reviens moi vite, et en vie.
- Promis. "
Il dépose un baiser sur mon front puis se retourne et dévale les escaliers à toute vitesse.
Quand à moi, je regagne mon appartement où je retrouve mes deux amies, un grand sourire scotché aux lèvres, des gloussements menaçant d'envahir l'espace sonore.
" Dis donc, petite cachottière, tu nous avais caché l'existence d'un si bel homme dans ton appartement, que dis-je, dans ta vie!
- Allez, raconte nous tout! On veut tout savoir!"
Et tant bien que mal, je passe le reste de la soirée à leur parler de Sirius, du mieux que je peux, en en révélant le moins possible sur la magie.
Les jours passent, le froid se fait plus intense. Le match de Quidditch approche et je n'ai toujours pas de nouvelles de Sirius. Ça commence à m'inquiéter. Ce soir, je suis en train de dîner avec Alice. Jude a du boulot, et généralement, quand elle est prise d'une folie créatrice, elle vire son amoureuse de l'appart, qui n'a d'autres solutions que de venir se réfugier chez moi. Dans ces cas là, elle passe la soirée à bougonner, avant de se dérider au bout de plusieurs verres de vins, et finit par dormir sur mon canapé. Jude vient la chercher dans la nuit, ou parfois le lendemain matin. Ce soir donc, il est tard, et la conversation s'est orientée vers sa relation avec Jude.
" Tu sais Mac, Jude est incroyable! Elle a ce génie, cette... magie dans les doigts. Ses peintures sont sublimes. En fait, je suis tombée amoureuse de ces peintures avant de tomber amoureuse d'elle. Ma copine de l'époque était modèle, et plus particulièrement le modèle de Jude. Le premier jour où je l'ai accompagnée pour pauser, je suis restée scotchée devant les tableaux. Le deuxième jour, je n'ai pas décroché de l'artiste. Je regardais ses mains évoluer sur la toile, sa manière de mélanger les couleurs, son visage si concentré lorsqu'elle observait le modèle. Le troisième jour, j'étais amoureuse, et le quatrième, célibataire. Depuis, je suis son principal modèle.
- C'est incroyable ton histoire. Et comment..."
Mais je suis coupée par un bruit à ma fenêtre. D'abord étonnée, je ne bronche pas. Puis le bruit se répète, alors prudemment, je m'approche et entrouvre la vitre. Aussitôt, celle-ci laisse le passage à un magnifique hibou au plumage brun et chatoyant. Il laisse tomber un parchemin sur ma table (heureusement, il évite le plat de sauce) avant de faire demi tour et de repartir par où il est venu. Abasourdie, et quelque peu inquiète de l'explication que je vais devoir fournir à mon amie, je me tourne vers elle. Alice me regarde, les sourcils froncés, sur ses gardes.
" Euh, Alice je...
- Ne te casse pas la tête à trouver une explication improbable, Mackenzie, un hibou qui vient livrer du courrier, je sais ce que ça veut dire. J'ignorais seulement que toi aussi.
- Tu... tu es une sorcière?
- Oui.
- Et Jude?
- Aussi. Et toi?
- Vous êtes de quel côté?
- Tu ne réponds pas à ma question Mackenzie!
- Réponds à la mienne, et je répondrais à la tienne.
- (soupir) très bien. "
Je vois alors sa main passer discrètement dans son dos. Surement qu'elle doit saisir sa baguette, histoire d'être prête à me liquider si je ne suis pas dans son camp. Ma bouche s'assèche et mon cœur s'emballe. Mon corps est tendu comme un arc, prêt à réagir au moindre mouvement.
" Les parents de Jude sont moldus. Ce n'est pas le cas des miens, qui sont des sangs purs, mais il se trouve que leur fille est lesbienne, et vit avec une née moldue, alors inutile de préciser que je ne figure plus sur le testament de mon grand-père. "
Soulagée, je laisse s'échapper l'air que j'avais retenu dans mes poumons jusque là.
" Je ne suis pas sorcière. J'ai débarqué ici d'une manière que même Albus Dumbledore ne s'explique pas. Je ne viens pas de ce monde, ni de cette époque. Mais depuis, je vis entourée par la magie, et il semblerait que les sortilèges de repousse-moldu ne fonctionne pas sur moi.
- Et bien je crois qu'il va falloir réapprendre à se connaître alors.
- Je crois aussi.
- Il est tard. Vas lire ton courrier, je vais rentrer chez moi. On se voit bientôt?
- Ouai. Bonne nuit Alice.
- Bonne nuit Mac. "
Une fois seule, je me précipite vers le parchemin, déchirant le sceau avec brutalité. Le message est court:
"Ne t'inquiète pas, tout va bien, je n'ai pas eu le temps de t'écrire avant. Le match tient toujours, je passe te prendre à 11h samedi matin. SB"
Je respire enfin, soulagée qu'il n'ait rien, puis jetant un vague regard vers la vaisselle sale, je hausse les épaules avant de rejoindre mon lit douillet.
Deux jours plus tard, nous sommes Vendredi soir, et je paresse tranquillement dans mon appart, en pyjama. L'idée est que je passe ma soirée tranquillement, à glandouiller, lire un bouquin, écouter de la musique, avant d'aller me coucher pas trop tard. Demain, Sirius m'emmène à mon premier match de Quidditch, et je ne veux pas rater ça. Je veux pouvoir apprécier chaque moment, et non pas les subir parce que je serais trop fatiguée.
Bon, ça, c'était le programme que j'avais prévu. Mais c'était sans compter sur Jude et Aly qui viennent d'entrer en trombe chez moi, sans même frapper à la porte.
" Vous savez ce que veut dire une porte fermée? Elle veut dire qu'il faut y frapper et attendre une réponse positive avant de l'ouvrir. Vous imaginez? J'aurais pu être à moitié à poil, ou avec quelqu'un, peut être même dans une situation indécente et...
- Arrête ton char Ben-hur, je te rappelle que la vue de ton corps nu n'est pas du genre à nous faire fuir. Quand à la situation scabreuse, aux dernières nouvelles, ton apollon ne revient que demain matin. C'est bien pour ça que nous sommes là d'ailleurs!
- Hein? Quoi? Pourquoi?
- Tu te rendre absolument irrésistible et que le beau Sirius te tombe dans le bec tout rôti.
- Aly, tu sais bien que...
- Oui, je sais, la guerre, le voyage dans le futur, bla bla bla, bla bla bla... il n'empêche que pour le moment, tu es là et t'en crèves d'envie. "
Sur ce, la voilà qui se jette sur moi, en me poussant vers la salle de bain.
" Allez hop, à la douche! Lave tes cheveux, frotte bien partout, et nous, on s'occupe du reste. "
Résignée, je me traîne sous le jet d'eau. J'avoue que j'ai un peu peur de la suite quand même. Avant de fermer la porte de la salle de bain, j'ai vu Alice poser un énorme sac sur la table. Au secours...
Aïe! Bon sang, quelle bande de brute!
" Les filles, franchement, ce n'est peut être pas la peine de s'obstiner, hein? C'est juste un match de quidditch, personne n'ira regarder si j'ai du poil aux jambes ou pas!
- Taratata! Mac, ce n'est pas qu'un match de quidditch, c'est un tête à tête avec Adonis en personne!
- Aïe! Mais bordel, ça fait mal! Préviens quand tu arraches la bande!
- Tu sais que ça ne changera rien que je le dise ou non, juste qu'on perdra du temps... A toi de voir si tu veux en chier plus longtemps. "
Allez courage Mac, il ne reste plus beaucoup à retirer. Parce qu'il ne faut pas croire qu'elles me font ça gentiment, genre juste le bas des jambes, non non, elles font la totale! Aisselles, jambes entières et même le maillot. J'ai l'impression de ressembler à un poulet plumé. Raaaah, je les déteste! Alice est totalement absorbée par sa tâche. Elle inspecte minutieusement mes jambes pour détecter le moindre poil récalcitrant. Jude, elle, nous regarde avec un sourire moqueur en coin, tout en faisant le tri dans les cosmétiques qu'elles ont apportés.
" Aïe! Mais putain, je pensais qu'avec la magie, vous auriez inventé un sort pour vous épiler sans douleur!
- Oh mais on l'a fait...
- Quoi?
- Il y a un sortilège pour ça, c'est super rapide en plus.
- ... Alice, peux-tu m'expliquer pourquoi, s'il existe effectivement ce foutu sort, tu t'obstines à m'épiler bande de cire par bande de cire?
- C'est mon petit côté sadique, je crois, et Jude refuse catégoriquement que je l'épile comme ça.
- Aïe! Je te hais.
- J'en ai conscience, mais c'est trop tard, je viens de retirer ta dernière bande. "
S'en suit une longue, très longue séance de coiffure, manucure, pédicure (oui oui, pédicure, parce qu'en plein hiver, ça semble évident que je vais aller montrer mes doigts de pieds à tout le monde) qui me laisse épuisée. Ce n'est que tard dans la nuit qu'elles me laissent enfin tranquille, m'autorisant à aller dormir après s'être assurée que je me tartine bien la tronche avec une de leur pommade qui pue. Paraît-il que c'est pour avoir le teint frais demain matin. Pfff, avec le peu de sommeil que je vais avoir dans les pattes, je peux vous assurer que mon teint ne sera pas frais du tout! Et en plus, je sentirai mauvais à cause de cette pommade immonde!
Grrrrr, je hais ces filles. Face à mon miroir, la brosse à dent dans le bec, je suis forcée de reconnaître que j'ai le teint frais (et sans aucune odeur dégueu). Les yeux un peu gonflés par le manque de sommeil et la tronche dans le cul, mais les joues roses et la peau lumineuse.
Crachant le dentifrice dans le lavabo, je m'arrache à cette vision plus qu'énervante pour aller prendre un café rapide. Je retire tout ce que j'ai dit, j'adore ces filles. Ces choupinettes ont pensé à tout et m'ont laissé sur la table, à côté de ma tasse, un petit sachet magique à faire infuser. Cinq minutes plus tard, je pète la forme comme si je sortais d'une nuit complète de sommeil. Onze heures moins le quart. Il faut que je me dépêche. Heureusement qu'elles m'ont préparé mes affaires hier soir.
Je hais ces filles! Je savais que j'aurai dû jeter un œil à tout ça hier soir. Maintenant je n'ai plus le temps de réfléchir à une tenue, Sirius va arriver d'une minute à l'autre. Me voilà donc accoutrée d'une jupe et de bottes à talon. C'est tellement évident que c'est la tenue idéale pour aller voir un match de quidditch au mois de Décembre!
Onze heures pile et j'entends Sirius frapper à ma porte. J'ai essayé de limiter les dégâts en me couvrant d'un long manteau (du moins, le plus long que j'ai), d'une grosse écharpe bien chaude et de mes gants en laine, mais je ne suis pas sure que ça suffira contre le froid. Si je meurs d'une pneumonie, je reviendrais les hanter pour me venger. Quand j'ouvre enfin ma porte, Sirius m'accueille avec un grand sourire.
" Salut Princesse! "
Instantanément, je le vois loucher sur mes jambes. Rapidement donc, je ferme mon manteau, attrape mes clefs et m'empresse de le suivre. Le tout en jeter un regard noir vers la porte en face (je suis sure qu'elles sont planquées derrière, en train de se battre pour savoir laquelle pourra m'espionner à travers le judas). Une fois dans la rue, Sirius passe son bras sur mes épaules et m'attire contre lui tout en marchant.
" Ça ne va pas Mac?
- Hum? Oh, désolée Sirius. C'est juste que... pfff, c'est stupide maintenant que je te le dis, mais je me suis énervée toute seule ce matin contre Jude et Aly. Elles sont infernales!
- Tant que ça?
- Regarde, elles m'ont obligée à m'habiller comme ça, alors qu'il pèle et qu'on va voir un match de quidditch!
- Personnellement, je n'y vois aucun inconvénient, ça te va très bien... très très bien même.
- Sirius!
- Excuse-moi Baby girl.
- C'est bon, laisse tomber... tu m'as manqué Sirius.
- Toi aussi ma belle.
- Ça a été? Ils t'ont envoyé sur le terrain? Et les garçons?
- Oui, ne t'inquiète pas, c'était une simple mission de routine, une surveillance. James va bien, tu lui manques beaucoup, et Remus est un peu fatigué, comme toujours. Il continue de chercher du boulot, mais c'est pas gagné.
- J'irai les voir tous les deux la semaine prochaine. Je manque à tous mes devoirs d'amie, c'est nul. Ils ont été là quand j'ai débarqué ici, et maintenant que j'arrive à me débrouiller seule, je ne vais même plus les voir. Je passe pour une ingrate.
- Mais non. Ils sont bien conscients que tu as aussi ta vie à mener, et que sans magie, ce n'est pas aussi facile de venir les voir. Ne t'inquiète pas pour ça, ok?
- D'accord. Mais tu me promets qu'ils ne me veulent pas?
- Ouiii. Allez, viens par là, on est arrivé à la zone de transplanage. "
Sirius m'entraine alors dans une petite ruelle étroite et discrète, puis jette un dernier coup d'œil derrière son épaule avant de transplaner.
La sensation est toujours aussi étrange et désagréable, et durant les quelques secondes que durent le voyage, je préfère fermer les yeux. Rapidement, je sens à nouveau le sol sous mes pieds, et lorsque j'ouvre les yeux, je rencontre le sourire moqueur du beau gosse qui me tient lieu de chauffeur. Vexée qu'il se moque de moi de la sorte, je le frappe dans l'épaule avant de m'éloigner. Dans mon dos, j'entends ses éclats de rire, mais je n'y prête plus attention. Devant moi se dresse le stade de Quidditch. Bon sang, c'est immense! Les gens affluent de partout, transplanant à tout va et se dirigeant vers l'entrée du stade. Fascinée, je regarde tout ce remue ménage. Le stade est épatant, avec ses gradins aux couleurs de deux équipes, et ces six grands anneaux d'or de part et d'autre.
M'arrachant à mon émerveillement, Sirius m'attrape par la main et m'entraîne vers l'entrée des gradins. En chemin, nous nous arrêtons devant les marchands ambulants pour faire quelques emplettes. Je n'y connais rien, mais j'ai décidé que je soutiendrais les Crécerelles de Kenmare. Je me retrouve donc avec un superbe chapeau haut de forme vert émeraude, avec deux K dos à dos, brodés en jaune. Sirius, quand à lui, arbore les couleurs gris et blanc des Faucons de Falmouth. J'ai également acheté un petit drapeau et un appareil photo jetable.
Après avoir présenté les tickets, nous nous lançons à l'assaut des multiples escaliers qui mènent en haut des gradins, dans les loges, là où sont les meilleures places. Cette petite grimpette me semble interminable tellement j'ai hâte de voir l'intérieur du stade. Je souris tellement que je commence à avoir mal aux zygomatiques. Je n'arrive pas à y croire, je vais voir un match de Quidditch, un vrai match de Quidditch! J'en rêvais, et maintenant, c'est pour de vrai!
Enfin, nous attenions les places. Juste au bord, tout en haut, bref l'idéal. Au summum de l'allégresse, je glousse, je me trémousse, je pousse de petits cris hystériques, et je m'agrippe des deux mains au bras de Sirius, telle une enfant particulièrement casse-pieds, le tout sous son regard où percent l'amusement et la tendresse. Je vais voir un match de Quidditch! Hiiiiii, c'est un des plus beaux jours de ma vie!
Rapidement, les gradins se remplissent. Sirius est allé chercher de quoi boire et grignoter pendant le match, pendant ce temps, j'en prends plein la figure. Bouche bée, les yeux grands ouverts, je regarde, j'observe, je m'abreuve de ce spectacle, essayant de fixer dans ma mémoire chaque détail pour pouvoir le savourer plus tard.
Lorsque Sirius revient, il me trouve dans la même position d'émerveillement hébété. Son petit rire me sort de ma contemplation muette, et mes yeux se posent sur lui. Il est juste trop chou. Avec sa longue cape noire, ses gants de laine, son écharpe bleue, ses cheveux retombant gracieusement autour de son visage et dans son cou, son petit sourire en coin et ses bras plein de... Niak, plein de sucreries magiques!
" Et voilà, mademoiselle la gourmande. Au passage, je suis allé prendre des multiplettes, ça sera plus pratique pour voir le match.
- Sirius, tu viens définitivement de gagner ta place dans la liste très restreinte des hommes les plus choux du monde, et quand je dis du monde, je parle du mien et du tien réunis!
- C'est l'euphorie qui te monte à la tête ma belle. Allez tiens, prends des chocogrenouilles. "
Et telle une affamée n'ayant pas mangé depuis quinze jours, je me jette dessus comme la faim sur le monde. Au passage, je récupère la carte d'un certain Oswald Beamish, un gus célèbre pour avoir été un des premiers à militer pour les droits des gobelins.
Puis, une clameur se fait entendre. Le présentateur vient de faire son entrée.
Ne voulant rien louper du match, je me jette sur les multiplettes que Sirius a apportées, histoire de me familiariser avec l'objet tant que le signal de départ n'a pas été donné. Les plaçant sur mon nez, j'observe à l'intérieur. Non contente de zoomer de manière impressionnante, ces petites merveilles ont aussi la capacité de faire marche arrière et de repasser indéfiniment le dernier moment, tout en donnant tout un tas d'explication, du genre la marque du balai, le nom de la personne, la figure exécutée, etc.
Sirius me sort alors de mon étude poussée des multiplettes en me donnant un léger coup de coude, avant de m'indiquer le terrain. Une fumée blanchâtre se répand au centre du stade. Soudain, une créature en jaillit, montant en piqué vers le ciel. Jetant un œil à travers mes multiplettes, je constate qu'il s'agit d'un faucon gris argenté. Celui ci est rejoint par un véritable escadron de ses congénères, et ensemble, ils entament un véritable ballet aérien. On dirait une patrouille de la Royal Air Force, c'est géant! Sous les murmures inquiet de la foule, les faucons font alors volte face, et se dirige soudainement droit vers les gradins, et ils ne font pas mine de ralentir. Des gens commencent à s'inquiéter, quelques cris se font entendre, et c'est alors que les faucons se désintègrent en une multitude d'étincelles argentées. Enchantée par ce spectacle incroyable, j'applaudis aussi fort que je peux.
Le présentateur annonce alors la seconde équipe. Leurs mascottes sont des farfadets, qui entament un curieux spectacle d'acrobaties en tout genre, mais surtout du genre périlleux, le tout en lançant des gerbes d'étincelles vertes et jaunes. Le présentateur, un certain Hervé Wood, présente alors les joueurs des deux équipes, qui arrivent sur le terrain montés sur leur balai, sous les applaudissements du public.
Les équipes sont en place, formant un cercle au milieu du terrain. L'arbitre fait enfin son entrée, faisant léviter à sa suite un coffre contenant les différentes balles du jeu.
Sirius se penche alors vers moi. Je sens son souffle chaud contre mon cou.
" Tu as besoin que je t'explique les règles de base?
- Inutile, je les connais par cœur. Souviens-toi que j'ai lu cette histoire des dizaines de fois! Mais c'est tellement mieux de la vivre en vrai!
- J'espère bien, un moi de papier n'est rien comparé à la réalité, je perds tout mon charme sur un page de livre. "
Hum, ou pas.
Bref, je secoue discrètement la tête, histoire de chasser les images... impudiques qui me sont venues à l'esprit, et je me reconcentre sur le match. Les balles sont lancées, l'arbitre siffle, et les joueurs s'élancent à la vitesse de l'éclair. Waouh, c'est impressionnant!
La suite du match se passe dans un état second. Les deux équipes s'affrontent, et pour mes yeux peu habitués à ce genre de spectacle, les joueurs et les balles vont bien trop vite. De temps en temps, Sirius m'apporte quelques précisions sur certaines figures, ou sur les possibles tactiques des équipes. Et parfois, c'est en regardant à travers mes multiplettes que j'en apprends un peu plus (par exemple, savez vous qu'effectuer la roulade du paresseux signifie se mettre en cochon pendu accroché à son balai, et que le fait d'attraper la queue du balai d'un autre joueur est une faute appelée Hochequeue?) Je n'écoute que d'une oreille les commentaires du présentateur, me contentant de crier avec les autres supporters des Crécerelles de Kenmare, tout en narguant Sirius qui soutient les Faucons de Falmouth.
Au final, le score était très serré, mais ce sont les Faucons qui ont vaincu, à ma grande déception.
" Allez, fais pas cette tête Mac, je t'avais dit que les Faucons étaient meilleurs.
- Ils n'étaient pas meilleurs, ce sont juste de grosses brutes, ils jouent comme de australopithèques! Alors que les Crécerelles, eux, ils jouaient tout en finesse, avec élégance même, dans le respect des règles de l'art!
- Mouai, si tu le dis. Bon allez, viens par là, c'est ma tournée. "
Et riant comme deux bossus à une surboum de bossus, nous nous pressons vers le bar le plus proche, à la suite d'un certain nombre de supporters déchaînés. Dans le bar, l'atmosphère est surchauffée, tout le monde cris, chante et porte des toasts à l'équipe gagnante. Evidemment, gagnée par l'euphorie générale, je ne suis pas en reste. Et puis, la soirée avançant, la nuit tombe et je commence à être fatiguée. Quand à Sirius, je vois bien qu'il lutte péniblement contre le sommeil. Il faut dire que ses nuits de planque, à rester éveiller pour surveiller des mangemorts, ce n'est pas de tout repos. Et mon Blackounet adoré est complètement décalqué. Gentiment, je m'approche de lui et le prends dans mes bras.
" T'es fatigué? "
Le garçon ne prend même pas la peine de répondre, mais ressert ses bras autour de moi, ferme les yeux et vient poser sa tête au creux de mon cou. On dirait un petit garçon fatigué et en manque d'affection, c'est trop trognon. Ma main glisse dans ses cheveux, en caresse innocente, pendant quelques instants.
" Allez viens, on rentre, il faut que tu dormes. "
Alors que je fais mine de m'éloigner pour partir, je sens les bras de Sirius se resserrer dans mon dos, et un grognement se fait entendre dans mon cou. Tout en riant, j'insiste un peu plus, m'écarte et lui attrape la main.
" Ramènes moi chez moi, Sirius. "
Hochant la tête, mon beau ténébreux m'entraîne vers l'air de transplanage, puis nous fait atterrir non loin de mon immeuble, avant de me raccompagner jusqu'à ma porte.
Alors que je me retourne pour lui dire au revoir, je constate que mon beau Sirius est vraiment au bord du somnambulisme. Je crois qu'il ne réalise même pas ce qui se passe vraiment, il doit fonctionner au radar. Alors, dans un élan de gentillesse et de compassion ABSOLUMENT pas intéressé, je le fais entrer chez moi.
Pour vous dire à quel point il est au bout du rouleau, je n'ai droit à aucune blague vaseuse, aucune remarque sur son charme irrésistible, pas même un sourcil qui se lève, rien, niet, nada, que dalle. Il se laisse faire, totalement naze.
" Allez, enlève ton pull, ton pantalon et tes chaussures, ce soir, tu dors ici. Hors de question que tu re-transplanes dans cet état. "
A peine si je vois une petite lueur s'allumer dans son regard gris d'acier avant qu'il ne s'exécute. Quand à moi, je me dirige vers la salle de bain, mon pyjama à la main. Ce n'est qu'une fois la porte fermée que je réalise. Sirius va dormir dans mon canapé! Mmmh, pas bon pour mes nerfs ça, ni pour mon cerveau à l'imagination débridée.
De la salle de bain, je passe à la chambre pour aller chercher des draps et couvertures pour le canapé, lorsque mes yeux tombent sur mon lit. Sirius y est déjà allongé de tout son long, les yeux fermés et le souffle régulier. Impossible de le réveiller maintenant pour le faire déménager sur le canapé. La situation est encore pire que ce que j'avais prévu, mais tant pis, je ne vais pas non plus me plaindre alors que je vous casse les oreilles depuis des mois avec le beau et sexy Sirius Black.
Avec douceur et délicatesse, je pousse le gus en question jusque de l'autre côté du lit, avant de rabattre les draps par dessus et de me glisser à ses côtés.
Mais impossible de dormir. Mon corps est aux aguets, chaque petite terminaison nerveuse est sur le qui-vive, attentive à chaque mouvement, et faisant attention à ne pas effleurer mon compagnon d'une nuit. Et toute cette tension intérieure m'empêche de sombrer dans les bras de Morphée.
Ceci dit, la fatigue de la journée se fait sentir, et je me sens tout doucement sombrer. Et juste avant de totalement m'endormir, je sens un corps chaud venir se coller contre moi, et un bras venir se poser sur ma taille. Un sourire vient fleurir sur mes lèvres, et je m'endors.
Les semaines passent et ce soir, c'est Noël. Il neige maintenant, et le chemin de traverse s'est couvert d'une épaisse couche blanche. Depuis le match de Quidditch, j'ai eu quelques fois l'occasion de recroiser Sirius, mais notre relation en est toujours au même point. Sans compter que je ne sais toujours pas si je veux qu'elle évolue ou pas.
En rendant visite à James, j'ai réalisé que Lily devait déjà être enceinte, ce qui ne m'a pas vraiment emplie de joie. Parce que qui dit grossesse de Lily, dit aussi prophétie qui ne devrait plus tarder, donc au moins une ou deux batailles pendant ce lapse de temps, et au final, la fin de tout ce petit monde dans moins de deux ans. Difficile de conserver son optimisme et sa bonne humeur quand on est au courant du futur. Ce qui fait que depuis quelques jours, à chaque fois que Sirius vient me voir, qu'il soit accompagné par James ou Remus, je ne parviens pas à mettre de côté mon angoisse, ce qu'il remarque sans peine.
Mais ce soir, c'est Noël, alors je fais un effort. Aly est venue m'aider à choisir ma tenue tout à l'heure, puisque je suis invitée chez les Potter à fêter ce vingt cinq Décembre. Sirius et Remus doivent venir me chercher dans peu de temps, je décide donc de mettre à profit ces dernières minutes pour faire une retouche beauté et tenter de calmer mes nerfs.
Enfin, les voilà qui sonnent à ma porte. Rapidement, j'enfile mon manteau, attrape mon sac à main et mes clefs, et ouvre la porte sur les deux maraudeurs. Seigneur, ce qu'ils sont beaux. L'un comme l'autre sont d'un genre plutôt canon, bien que très différent. Sirius, plus dans le genre ténébreux, Casanova, arborant cette beauté insolente avec arrogance. Remus, peu conscient de son aspect avantageux, tout en discrétion, une force tranquille. Ce dernier m'accueille avec un sourire amical, pendant que le second me déshabille du regard (à défaut de le faire avec ses mains). Le temps de nous diriger vers la zone de transplanage la plus proche de chez moi et de transplaner, et nous voilà déjà devant le portail des Potter. En entendant le crac familier, James, qui devait surveiller notre arrivée, se rue à l'extérieur et me serre dans ses bras avant de me faire tourner.
" Mac! Tu m'as manquée!
- Jay, vas-y doucement, tu vas me donner le tournis! Ça serait dommage de vomir sur tes beaux vêtements.
- Beurk, voilà, je te repose. Sirius! Remus! Ça y est, cette fois-ci nous sommes au complet! Peter est à l'intérieur avec Lily. "
Et tout en riant allègrement, nous entrons dans le manoir Potter. J'adore vraiment cet endroit, et James et Evans ont fait une déco de noël superbe. Dans l'entrée, Sirius, en galant homme qu'il peut être, me retire mon manteau et le tend à James, tout en me scrutant d'un regard appréciateur. Puis, me tendant son bras, il m'accompagne, tel l'homme galant qu'il est ce soir, jusque dans le salon.
La soirée est une vraie réussite, le repas est divin, la champagne parfait, et la bonne humeur au rendez vous. Enfin, Lily amène le dessert, une superbe bûche au chocolat/framboise.
Alors, James attrape sa coupe en cristal et la fait tinter.
" S'il vous plait, les amis, j'aimerai faire une annonce. "
Ça y est, j'en été sure, il va nous annoncer sa future paternité. Je sens mon visage se crisper, et mon sourire devenir de plus en plus forcé.
" Voilà, il se trouve que Lily et moi avons été chez le médicomage il y a quelques jours, et...
- Quoi, vous êtes malade? Lily, t'as un truc incurable? Et vous nous avez rien dit! Mais bon sang, vas-y, parle!
- Sirius, mon chou, laisse Jay parler sinon tu ne pourras pas savoir.
- Merci Mac. Donc, suite à ce rendez vous médicale, nous avons pris une décision importante. Sirius?
- Quoi?
- Tu veux bien être le parrain de notre bébé?
- ... Bébé?
- Oui...
- Comme dans mini-James?
- Euh oui, c'est ça...
- Youhouuuu! Bien sur que j'accepte! "
Et sur ce cri de joie non retenue, mon grand benêt de soupirant escalade la table et tombe dans les bras de son meilleur ami. S'en suit les félicitations d'usage auprès des futurs parents. Lily est rayonnante, James complètement aux anges, et tout ce petit monde sourit, confiant en l'avenir.
" Et toi Mac, tu ne nous félicites pas?
- Allez viens là, super copain!"
Jay m'attrape alors par les épaules et me serre contre lui, tout à son bonheur. Alors, me hissant jusque vers son oreille, je décide de le spoiler un tout petit peu sur l'avenir. Rien d'important, rien qui ne pourra changer le futur.
" Ton fils sera un homme de bien, James.
- Quoi? Tu...
Chuut, c'est tout ce que tu sauras.
- Mon fils? Alors ce sera...
- Oui, un petit garçon, qui sera le portrait de son papa, avec les yeux verts de sa maman. Un garçon courageux, gentil, généreux, quelqu'un de bien.
- Merci Mac, merci infiniment. "
