8- Resistance
La faible lueur du jour qui perce à travers les rideaux mal fermés arrive enfin à bout de mon sommeil, et c'est dans un long soupir que j'émerge. Je n'ai pas encore ouvert les yeux, mais déjà, un grand sourire s'installe sur mes lèvres, et je plonge mon nez dans les draps. Ça sent bon. Ça sent l'homme. Ça sent Sirius. D'une oreille, j'entends le bruit de l'eau qui coule dans la douche, ce qui explique ma solitude dans ce grand lit.
Hier soir, soit un jour après l'intervention de Dumbledore sur mon cerveau, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis collée un coup de pied au cul. Je n'y suis pas allée par quatre chemins, je n'ai pas cherché de réponses à tout ça, je l'ai juste embrassé lorsqu'il a ouvert la porte de sa maison. La suite n'a rien de mystérieuse et n'a fait que confirmer ce que je savais déjà: Sirius est un dieu au pieu. Cette première nuit dans son lit entre facilement dans mon top cinq personnel des meilleures nuits au monde. Bref, j'ai pris un pied d'enfer. Me voilà donc, enroulée dans les draps anthracite de mon amant, blottie dans la chaleur de son lit, respirant son odeur à plein nez, et attendant patiemment qu'il sorte de la douche.
Le bruit de l'eau s'arrête enfin, et quelques minutes plus tard, mon bel apollon passe le seuil de la chambre, uniquement vêtu d'une serviette de toilette nouée autour de sa taille. Ses cheveux sont encore tout humides, et des gouttes d'eau brillent sur ses épaules. Lorsqu'il m'aperçoit, ses yeux s'illuminent et un sourire en coin vient fleurir sur ses lèvres.
" La marchandise te convient?
- J'ai des doutes encore. Peut-être faudrait-il que je la réexamine d'un peu plus prés. De très, très près. "
Ses yeux s'enflamment alors, et d'une démarche de prédateur, il me rejoint sur le lit. Ses lèvres se collent aux miennes, sa langue s'insinue dans ma bouche, cherchant la mienne. Agrippant son visage de mes mains, je l'attire vers moi, jusqu'à ce qu'il cède et me surplombe de tout son corps de dieu grec. Ses mains se posent d'abord sagement sur ma taille, écartant le drap qui m'enveloppe, avant de se mettre à explorer chaque centimètre carré de mon corps. Sa bouche ne tarde pas à en faire autant, avant de se fixer sur ma poitrine. Mon souffle s'accélère alors que je le sens jouer de sa langue sur mes seins. Pendant des années, cet homme a envahit chaque parcelle de mon subconscient. Pendant des années, il a constitué mon fantasme le plus absolu. Et pendant toutes ces années, je me suis demandé ce que ça faisait de le sentir là, entre mes cuisses, avec ses lèvres titillant la peau tendue de mes seins.
Mon bassin cogne contre le sien sans que je ne puisse rien contrôler, mon corps étant complètement gouverné par le désir impérieux qui monte en moi. Mes mains agrippent ses cheveux bruns, pressant son visage contre ma poitrine. Mon cœur s'emballe de plus en plus. Abandonnant mes seins, Sirius pose ses lèvres sur ma bouche, en en forçant presque l'accès. Ce n'est pas tendre, ce n'est pas délicat. C'est une bataille, un combat de volonté, de domination. Trop de fierté, trop d'orgueil chez l'un comme chez l'autre.
Une main toujours agrippée à sa tignasse, je descends l'autre le long de son torse, jouant des ongles sur ses abdominaux, avant de descendre plus bas, à la limite de la serviette de toilette qui lui enserre la taille. Je le sens devenir fébrile, retenir son souffle. Je joue un instant avec le tissu, avant de tirer dessus, le laissant aussi nu qu'au jour de sa naissance. Sa main, jusque là occupée à caresser sagement mes hanches, vient alors se poser sur mon entrejambe, frottant aux endroits stratégiques, me faisant gémir et bouger lascivement contre ses doigts.
Et puis, délaissant ma bouche malmenée, je le sens déposer une traînée de feu le long de ma mâchoire, mordiller un instant la peau tendre dans le creux de mon cou, m'arrachant au passage un gémissement guttural, avant de continuer à descendre, plus bas, toujours plus bas.
De sa langue, il tourmente un instant mon nombril, ce à quoi je réponds par un grognement et un faible mouvement de hanche. Je l'entends alors étouffer un petit rire narquois. L'enfoiré sait parfaitement l'effet qu'il me fait et l'impatience qui est la mienne. Il joue avec moi comme avec une poupée de chiffon, m'imposant sa volonté.
Il fait alors passer mes cuisses de chaque côté de sa tête. Ma respiration se coupe un instant lorsque je sens son souffle chaud effleurer cette parcelle de chair si sensible.
Impossible pour moi de retenir le gémissement sourd qui monte de ma gorge lorsqu'enfin il pose sa bouche sur mon intimité. Mon corps se tend, se courbe vers lui, demandant toujours plus. Après un ou deux coups de langues rapides sur mes chairs chauffées à blanc, ses lèvres se referment sur mon clitoris, le suçotant, le mordillant, l'aspirant, lui infligeant une délicieuse torture. J'entends ma voix partir dans les aigus, répétant son nom sans cesse, comme un leitmotiv. Mon esprit déjà bien embrumé par le plaisir commence à décrocher. L'orgasme n'est pas loin, et je ne devrais plus tarder à décoller. Encore quelques coups de langues, un ou deux coups de dents et …
Ma tête, mon bas ventre, mon corps tout entier a explosé. Quand je réussis enfin à regrouper tous les morceaux, je sens la bouche de Sirius déposer un chaste baiser sur mes lèvres gonflées. Baiser auquel je réponds, d'abord distraitement, puis de plus en plus ardemment. D'un habile mouvement de bassin, j'intervertis nos positions et je reprends le contrôle. Sirius affiche un sourire suffisant. Il a réussi à m'envoyer au septième ciel en un rien de temps, et il est fier de lui.
Ma main descend jusqu'à son membre, si chaud, si doux, et au bord de l'explosion. Je le guide alors jusqu'à l'orée de mon intimité, le maintenant à sa limite, sans vraiment le laisser entrer. Mon bel amant perd alors son sourire plein d'arrogance et pousse un grognement frustré, auquel je réponds en m'empalant brusquement sur son sexe. Mes mains posées sur ses pectoraux, je me tiens immobile un instant, histoire de savourer sa présence imposante en moi, et puis petit à petit, j'amorce un léger roulement de hanche. La respiration de Sirius devient de plus en plus chaotique, au rythme des accélérations et des ralentissements de mon bassin. Ses doigts agrippent alors violemment mes fesses, contrôlant mes mouvements, les rendant plus réguliers, m'intimant un rythme beaucoup plus soutenu. Toujours plus rapide, toujours plus fort, toujours plus loin. Cambrée en arrière et ne maîtrisant plus grand-chose, je sens le plaisir monter de manière fulgurante, et la jouissance ne tarde pas à m'envahir, sans que je ne retienne mes cris. Sirius atteint son point culminant rapidement et après un dernier coup de rein, je le sens se libérer en moi.
Essoufflée et comblée, je bascule sur le côté, entremêle mes jambes à celles de mon amant et recouvre nos deux corps luisant de sueur.
Le sommeil nous cueille ainsi, l'un contre l'autre. Ce n'est qu'une heure plus tard que je sens le matelas bouger. J'ouvre un œil.
" Mmmhhh, tu vas où?
- Nous faire le petit déjeuner. Tu veux quoi?
- Pain, confiture, jus d'orange, lait chaud.
- La totale à la française quoi.
- T'as tout compris. Et encore, je t'épargne les croissants."
Et sur un dernier clin d'œil, Sirius quitte la chambre, me laissant émerger doucement.
J'en profite pour revenir sur les derniers évènements, sur ma décision. Je suis bien obligée de me rendre à l'évidence, je ne repartirai jamais d'ici. D'abord parce que cette possibilité me semble de plus en plus improbable, ensuite parce que maintenant, il est hors de question que je quitte Sirius et ma nouvelle vie. Les miens me manqueront, mais je me créerai une nouvelle famille. Je me choisirai des frères, des sœurs. Sirius sera là aussi, mon homme, mon amour. Cela durera le temps que ça durera, mais désormais, j'appartiens à ce monde.
Un bruit me sort de mes pensées. Quelqu'un vient d'entrer chez Sirius.
"Voilà une vision dont je ne pensais pas être témoin un jour. Sirius Black dans sa cuisine! T'es malade? Tu te sens fiévreux?
- Ni l'un ni l'autre cher ami.
- Oh oh, deux tasses, et une rose… je vois, petit déjeuné romantique au lit. Coquin, va! La fille est toujours dans la chambre?
- James, fiche le camp.
- Mais dis donc mon grand, il me semblait que c'était Mac que tu voulais, et uniquement Mac. T'as fini par lâcher l'affaire?
- …
- Non… ne me dit pas que…
- Jaaaames, non!
- Attends, il faut que je vois ça!
- Arrêtes!
- Oooh non!"
S'en suit un vacarme pas possible de pas courants sur le parquet, puis la porte s'ouvre à la volée. J'ai juste le temps de relever le drap sur moi, histoire que Jay ne me trouve pas à poil.
" Bande de petits cachotiers. Tsss, c'est pas gentil gentil de rien raconter à son copain Jamesie. Hum?
- Salut Jay. Pour information, les choses sont assez récente, tu serais donc gentil de nous laisser un peu de tranquillité.
- Récentes comment?
- Récentes comme hier soir, ça te suffit comme précision? Maintenant fiche le camp!"
Et l'heureux garçon sort enfin de la chambre, à reculons, un large sourire collé au visage.
Sirius soupire et s'assoit à côté de moi.
"Je suis désolé.
- Mais non, ça va. C'est James, fallait s'y attendre.
- Tu as conscience qu'à l'heure actuelle, toute la bande doit être au courant? Et que d'ici un quart d'heure, ce sera toute l'Angleterre. Même le ministre de la magie risque de le savoir.
- Parfait, nous n'aurons pas à rendre les choses officielles nous même. A moins que tu ne veuilles pas…
- Amour, ça fait des mois que je crève de t'avoir à moi, alors je ne vais pas reculer maintenant. Et toi?
- Aucun risque. Mais dis moi, tu ne m'avais pas promis un petit-déjeuner?"
Mi mars. Sirius est reparti en mission. Je n'ai pas tellement l'occasion de le voir du coup, il passe le plus clair de son temps en surveillance. De ce que j'ai compris, il s'agirait de suivre tous les faits et gestes de Dolohov et de certains de ses petits copains. Evidemment, il n'a pas le droit de m'en dire plus, c'est top secret, et puis surtout, ça pourrait me mettre en danger. Entre sa mission et les réunions au quartier général de l'Ordre, il trouve malgré tout un peu de temps pour venir me voir. Généralement, il débarque au milieu de la nuit, sans même me parler, il se jette sur moi. Ce n'est qu'après, une fois épuisé par nos ébats qu'il me sourit, m'embrasse et me sert fort dans ses bras. Et puis il s'endort, épuisé. Au matin, quand je me réveille pour aller bosser, il est déjà parti, ne laissant derrière lui que son odeur sur l'oreiller.
Nos moments de complicité me manquent, j'ai envie de passer du temps avec lui pour de vrai. Mais c'est ainsi, Voldemort devient de plus en plus puissant et l'Ordre est le seul vrai rempart contre son pouvoir maléfique. Alors je me contente de ce que Sirius peut m'accorder actuellement. Je sais la valeur de la résistance, il est hors de question que je m'y oppose.
Hier, Alice est venue frapper sur ma porte avec virulence.
" Bonjour Alice. Que me vaut se déchaînement contre ma pauvre porte qui ne t'a rien demandé?
- Oh, je ne sais pas, peut être bien le fait que nous n'ayons plus de nouvelles de toi depuis environ trois semaines.
- Oups… tant que ça? Viens, entre."
Rien qu'à voir le visage d'Alice, je sens qu'il va me falloir ramer pour me faire pardonner.
En silence, elle vient s'assoir dans le canapé. D'un geste, je lui propose un peu de thé, qu'elle accepte. Pendant que je mets la bouilloire à chauffer, j'essaye de réfléchir à ce que je pourrais dire pour dégeler un peu l'ambiance.
" Jude n'est pas là?
- Elle peint. Elle est toujours sur ton portrait. Enfin, elle essaye en tout cas, vu que son modèle à fichu le camp.
- Oh.
- Oui, oh. Bon sang, à quoi tu pensais Mac? On s'est inquiétée avec Jude! Plus de nouvelles, plus de traces de toi! Sans compter l'attentat au chemin de traverse!
- Je te demande pardon Aly, mais les choses ont été un peu… bousculées ces derniers temps. Après les attentats, j'ai passé quelques temps à Ste Mangouste.
- Quoi? Tu as été blessée? Oh Mac, tu aurais dû me le dire tout de suite!
- Non, non ça allait. Je n'avais presque rien. C'était Sirius… Mais il va mieux maintenant, beaucoup mieux.
- Ouf, merlin soit loué! Et ensuite?
- Il a fallu que je règle quelques trucs avec Dumbledore, tout ça… et puis avec Sirius.
- J'en étais sûre! Petite coquine, en fait tu n'étais pas planquée chez toi, tu étais juste trop occupée avec ton bel apollon pour penser aux copines.
- Je suis désolée.
- Tu ne l'es pas du tout, et je te comprends. J'ai beau aimer les filles, ton Sirius serait du genre à me convaincre de passer dans l'autre camp. Mais chut, pas un mot à Jude.
- Motus et bouche cousue. Bon, si je comprends bien, il va falloir que je me fasse pardonner.
- Oh, pour moi tu es toute pardonnée. Judith est un peu plus… compliquée à convaincre. "
C'est comme ça que je me suis retrouvée à nouveau à poil, allongée sur un lit, mes fesses soit disant cachées par un drap blanc, et Jude scrutant chaque détail de mon anatomie. Si avec ça elle ne me pardonne pas, je ne sais pas ce qu'il faut que je fasse.
Dix Mars. Aujourd'hui, C'est l'anniversaire de Remus. Je lui ai acheté un joli livre relié tout en cuir, sur les lycanthropes célèbres à travers les âges. J'y ai aussi ajouté une tablette de chocolat. Avec les temps qui courent et le peu de disponibilité de chacun (enfin surtout des autres, moi je ne suis pas overbookée ces derniers temps), on a décidé de reporter l'évènement. Mais je lui ai quand même fait parvenir son paquet par hibou postal. Y'a pas de raison.
Fin Mars. Cette fois-ci, c'est au tour de James de fêter son anniversaire. Cette fois-ci, on a prévu le coup. On s'est tous réuni à Godric's Hollow pour fêter les vingt ans de mon Jay-Jay et de Remus. Sirius est passé me prendre chez moi tout à l'heure, et on a transplané jusque chez les Potter. A peine ai-je posé le pied sur la première marche du perron que je me retrouve happée par une paire de bras.
"Maaaac!
- Aaaaïeuuuuuh!
- James, lâche ma copine, tu seras gentil. Je tiens à la garder en un seul morceau.
- Ouuuh, regardez le, notre petit Sirichounet qui fait son jaloux! C'est qu'il est possessif!"
Ça y est, il aura suffit de deux secondes avec les garçons pour que tout redevienne comme avant. Exit les inquiétudes, les questions, les angoisses. C'est le moment que choisit Evans pour débarquer, avec son bidon bien rond. Instantanément, mes deux grands nigauds se calment. La suite est plutôt calme… enfin, autant qu'elle peut l'être avec une bande pareille. Peter est là aussi, mais je fais mon possible pour l'ignorer au maximum. Malgré lui, la soirée se poursuit plutôt agréablement, jusqu'à son apothéose: les deux gâteaux au chocolat, surmonté d'une quantité astronomique de bougies. Après ça, tout le monde (sauf moi bien sûr) étant fatigué, nous sommes rentrés chacun chez soi… ou presque, puisque Sirius est venu à la maison.
Par la suite, les choses se sont enchaînées assez rapidement, sans que je ne vois le temps passer. La librairie ayant enfin ré-ouvert, j'ai pu reprendre mon travail. Inutile de préciser que je n'y suis plus jamais retournée avec la même insouciance de mes débuts. On sait toujours, quelque part au fond de nous, qu'une guerre, c'est moche. Qu'on assiste à des choses affreuses, qu'il y a des risques, mais en réalité, tant qu'on ne l'a pas vécu, tout ça semble lointain. Et les semaines ont passé.
Cette insécurité constante, et l'absence de Sirius et James, m'ont ramené encore une fois vers des sentiments mitigés. Et si je changeais les choses? Mais finalement, j'en revenais toujours au même point. J'avais promis à Dumbledore de ne rien faire, de ne rien tenter, bien que cela me brise le cœur. Un an et demi. C'est tout ce que nous avions. Tout ce qui nous restait.
Avril. Sirius me rejoint, tard dans la nuit. Au moment de me blottir contre lui, après avoir assouvi nos désirs, je ne peux me retenir. Tout ce qui m'a agité l'esprit ces derniers temps ne demande qu'à sortir, et je suis incapable de me retenir plus longtemps.
" Reste, ne pars pas.
- Où veux-tu que j'aille? Bien sûr que je reste.
- Non… je veux dire… reste.
- Mac… qu'est ce que tu essayes de me dire?"
Je suis frustrée. Frustrée de ne pas réussir à lui faire comprendre ce que je veux. Frustrée de ne jamais me réveiller à ses côtés. Frustrée de ne pas pouvoir profiter de mon temps avec lui. Incapable de lui faire comprendre, je sens les larmes monter à mes yeux. Ne voulant pas lui faire voir ma faiblesse, je me retourne et cache mes larmes dans mon oreiller. C'est peine perdue, Sirius n'est pas un idiot. Inquiet, il se penche sur moi, m'enlace et me sert fort contre lui.
"Mac, non… ne pleure pas… Quel idiot je fais, je ne comprends jamais rien, pardon.
- Ça va, ne t'inquiète pas… ça va aller.
- Non ça ne va pas aller. Parle-moi, explique-moi, dis-moi ce que tu veux…
- … je veux que tu restes, que tu restes avec moi. Je ne veux plus te voir repartir. Je ne veux plus angoisser quand je pense à toi. Je veux pouvoir t'engueuler parce que tu n'as pas descendu la poubelle, je veux que tu sois la première personne que je vois le matin, et la dernière que je vois le soir, je veux une deuxième brosse à dent dans ma salle de bain, je veux râler parce que tu as laissé la lunette des chiottes levée, je veux que tu restes ici, avec moi, pour toujours.
- Mac…
- Je sais… je sais, je t'en demande trop, et je comprends tu sais, je ne suis pas naïve.
- Non, non, Mac. Ce que je veux dire, c'est que… tout ce que tu viens de dire… je suis d'accord. C'est juste que je ne peux pas te donner tout ce que tu veux, pas encore, pas maintenant. Mais je peux essayer.
- C'est vrai? Tu veux dire, tu restes?
- Je ne suis pas sûr que ce soit l'idée du siècle, mais oui… je reste.
- Je t'aime.
- Je sais.
- Sale gosse.
- Moi aussi."
Fin Avril. Sirius et moi pendons notre crémaillère. Enfin, c'est surtout Sirius, moi je ne déménage pas. Jude et Aly sont bien sûr de la partie (Sirius les adore, et elles le lui rendent bien… enfin, surtout Aly), tout comme Remus, James et Lily. Peter aussi était invité (je n'ai pas pu l'éviter), mais grâce au ciel, il avait un truc important à faire.
Pour l'occasion, on s'est mis au fourneau avec Sirius. Le problème, c'est que nous sommes, autant l'un que l'autre, incapables de sortir un truc correct et mangeable. Bref, on a fini par commander à un traiteur. Ouai, je sais, c'est la honte. Sirius a l'air ravi de la situation, et je ne peux que m'en sentir heureuse. Il n'est pas souvent là, avec moi, mais je sais que tous les soirs, il revient vers moi. Je sais aussi que tous les matins, avant de partir, il vient m'embrasser pour pouvoir être au moins la première personne de la journée que je verrai. Et il descend la poubelle. Ça ne durera pas, mais j'avoue que pour l'instant, c'est plutôt idyllique.
Bref, la soirée est belle, l'ambiance est bonne, et je suis heureuse, là, maintenant, entourée de toutes les personnes que j'aime dans ce monde.
" Bon, les tourtereaux, c'est pas tout ça mais, avec Alice, on vous a réservé une petite surprise. Tadaaaa!"
Dans sa main, Judith me tend un petit rectangle emballé. Au moment où je tends la main pour l'ouvrir, elle me donne une tape. Une formule magique plus tard, je me retrouve avec un immense rectangle dans les bras. Rien qu'à la forme, je devine de quoi il s'agit. Mon intuition est d'ailleurs confirmée par le sourire en coin d'Alice, et le clin d'œil de sa rouquine. Oh punaise! Impossible de ne pas déballer le tableau, Jude serait vexée. Sirius, lui, est très enthousiaste. Il adore les cadeaux. Et en fait, je ne sais pas trop s'il va adorer ou pas celui là.
D'une main tremblante, je tire sur le papier et dévoile la toile. Aussitôt, James recrache bruyamment ce qu'il a dans sa bouche, Remus s'étrangle, et Lily étouffe un cri de surprise. Sirius, lui, est tétanisé devant l'œuvre de mon amie. Ses yeux scrutent la peinture, avant de se lever lentement vers moi. Un peu inquiète, j'attends sa réaction. Son petit sourire en coin et la lueur qui brille dans ses yeux me rassurent… il adore, et il a compris, il m'a reconnu. Pendant qu'il remercie chaleureusement Judith, et la félicite pour son talent, j'ose enfin regarder le tableau.
Objectivement, c'est plutôt pas mal. Jude a tenu sa promesse, on ne voit rien. Je suis couchée sur le ventre, mes fesses couvertes, et mes cheveux couvrant la plus grande partie de mon visage. Impossible de me reconnaître, en tout cas pour toute personne ne connaissant pas mon corps par cœur. Ce qui n'empêche pas les copains d'être admiratifs devant l'œuvre de la copine, ce qui est flatteur pour elle, mais aussi pour moi.
Treize mai. Ça y est, j'ai officiellement vingt ans. C'est étrange de fêter ça sans ma famille, ma famille de sang. Et j'avoue que depuis ce matin, je traîne avec moi une espèce de nostalgie. Même mon patron, qui est pourtant d'une patience d'ange, en a assez de m'entendre soupirer à tout bout de champ. Heureusement que la journée touche à sa fin. Ce soir, Sirius m'emmène au resto. En partant ce matin, il a dit "Mon amour, fais toi belle ce soir, je te sors." Je lui en foutrais des "je te sors"! Tsss. Le bougre sait bien que je déteste quand il fait son macho, d'ailleurs, généralement, il ne traîne pas dans les parages et s'éclipse rapidement.
Bref, en rentrant chez moi… enfin chez nous, je sors de mon placard ma plus belle robe. Une petite chose gris perle, fort seyante, que j'ai trouvée la semaine dernière. Celle là, Sirius ne l'a jamais vu. Tout comme le petit ensemble de lingerie que je compte mettre en dessous. Je regarde ma montre. Ok, il me reste en tout et pour tout une heure et quart pour faire de tout ça un petit chef d'œuvre. Si après ça Sirius est en retard, je le massacre.
