9- Emergency
Juillet est là. La douceur du temps, que j'attendais avec impatience, n'est, hélas, pas au rendez-vous. Les détraqueurs font leur effet, et les rayons du soleil, tout comme les rires des enfants, se font rares ces temps-ci.
Je passe beaucoup de temps chez les Potter en ce moment. Lily est à la limite de l'explosion, et James ne peut pas être tout le temps à ses côtés, la résistance oblige. Alors j'essaye de les soulager un peu tous les deux, en faisant les courses, en tenant compagnie à Lily, et en calmant James lors de ses accès de panique paternelle. Evidemment, le trente et un au matin, James est envoyé en mission. Nan mais des fois, je leur collerai des claques! Moi au moins, j'ai prévu le coup. J'ai posé un jour de congé pour être avec Lily. Les contractions commencent en fin de matinée.
" Maaaaaac! Mac y'a un problème!
- Comment ça?
- J'ai des contractions. Je ne peux pas avoir des contractions, tu entends? Je ne dois accoucher que dans deux jours, alors je ne peux pas avoir des contractions!
- Lily, calme-toi. C'est bon, c'est pour aujourd'hui. Tu vas être maman.
- Hein? Non, je ne suis pas prête! Et James n'est pas là! Et… Et puis je me souviens plus comment on fait! Non non non, il ne peut pas arriver maintenant.
- Lily, respire.
- Si je sers très fort les jambes, il ne pourra pas sortir hein?
- Lily! Ça suffit! Que tu le veuilles ou non, ton bébé arrive et il sera là avant ce soir. Alors tu vas chercher ton sac, moi je préviens James, et on file à Ste Mangouste."
Ouah j'y crois pas, j'ai bouclé son clapet à Evans! Bref, trêves de glandouillage, on a un bébé sur le feu…enfin façon de parler.
Quand on arrive à Ste Mangouste (la magie des cheminées! Enfin, vu comment ça gigote ces machins, j'ai eu peur que Lily accouche dans un conduit de cheminée et qu'on y perde bébé Harry), Lily est aussitôt emmenée par une bande de médicomage.
"Maaac! Ne me laisse pas! Et vous sortez vos sales de pattes de là! Mac, viens avec moi, ne me laisse pas toute seule.
- Ne t'inquiète pas, Lily, tout va bien se passer.
- Non, ça ne va pas aller. Mon mari n'est pas là, mon bébé arrive et mon mari n'est pas là. Docteur, j'vous en prie, je veux qu'elle reste avec moi.
- Ne vous inquiétez pas madame Potter, tout va bien se passer.
- Mais bordel! Vous allez arrêter de me dire que tout va bien se passer! Alors vous la bouclez, et vous filez une de vos robes toute bleues à cette femme. Si mon mari ne peut pas être là, alors la marraine de mon enfant le sera!
Hein? La marraine? Quoi?"
Ok, un point partout, balle au centre. Lily vient de me boucler le clapet. Moi, Mackenzie Tallis, je vais être la marraine d'Harry Potter. Ben merde alors…
Encore sous le choc, j'enfile une blouse bleue et attrape la main de Lily.
"C'est bon Lily, je ne vais nulle part. Je reste avec toi, jusqu'à ce que James arrive, je reste avec toi."
Les médicomages nous emmènent dans une petite salle, au milieu de laquelle trône l'engin de torture. Lily s'y installe tant bien que mal, et je m'écarte pour laisser la sage femme l'ausculter.
"Bien madame, le col est bien ouvert, vos contractions sont rapprochées, on va pouvoir se mettre au travail.
- Déjà? Mais on m'avait dit que ça prenait des heures!
- Pas chez tout le monde madame. En l'occurrence, le vôtre est pressé d'arriver. "
Bon, on est bien là, non? Harry se pointe à toute blinde, Lily est au bord de l'explosion, et moi, je ne gère absolument plus rien. En fait, pour être même très claire, mon cerveau s'est fait la malle.
C'est le moment que choisit la copine (ouai, en l'espace de quelques secondes, Lily est devenue ma copine) pour me choper la mimine et serrer très très fort. Je crois même avoir entendu un ou deux métatarse… métacarpes, bref, un ou deux os de ma main craquer. Les yeux larmoyants, le visage tout rouge et transpirant, les cheveux collés à la nuque, elle me supplie alors de ne pas l'abandonner. Comment voulez-vous que je résiste à ça? Alors même si je trouve ça hautement dégueu, même si je n'ai rien à faire là, même si je préfère être à dix milles kilomètres de là, et bien je reste. Alors je ressers mes doigts (ou ce qu'il en reste) autour de sa main, et colle sur ma figure un sourire confiant.
" Allez ma belle, au boulot! Ton bébé veut sortir, alors il va falloir l'aider."
Sur ce, je m'installe à ses côtés, mon hachis de mimine toujours dans sa tenaille à elle. Et s'en suit un interminable moment de couinement, pleurement, gémissement, et encouragement. Au bout d'un moment, la sage femme annonce que ça y est, on y est presque. Tirant alors au maximum sur le bras de ma copine (ben ouai, ma main est toujours prise en otage), je me penche vers l'endroit stratégique de l'action.
" Lilyyyy, je vois des cheveux! Ton bébé a des cheveux!"
Sans blagues.
Et puis…
" Lilyyy, je vois la tête, ça y est! Il a une tête Lily!"
Ouai, moi aussi je m'impressionne d'autant de crétinisme.
Et puis enfin, le bébé sort, tout rouge, tout blanc, tout énervé d'être sorti de sa piscine chauffée perso. Mon dieu, Harry Potter est né.
A partir de ce moment là, je n'existe plus. Lily n'a d'yeux que pour son petit bout d'homme braillard.
Alors, je m'éclipse discrètement, pour aller retirer cette fichue blouse qui me fait ressembler à un schtroumpf en goguette. En chemin, je me retrouve en face de toute la clique venue soutenir James, lequel se trouve être encore plus ébouriffé que d'habitude et au bord de la crise de panique.
"Mac! Où est Lily? Dis-moi qu'elle va bien? Où est-elle? Et le bébé?
- Relax Jay jay. Ta Lily, je m'en suis occupée. Tout s'est bien passé, elle est encore en salle de travail avec la sage femme, et ton fils est en pleine forme. J'ai tout compté, il ne lui manque rien et il n'a pas de trucs en trop.
- Elle a déjà accouché?
- Ben il faut dire que t'es un poil en retard, mon chou, et que ton fiston était pressé. Profites en qu'elle est encore dans sa bulle de bonheur, ça sera plus facile pour te faire pardonner.
- Merci du conseil.
- Allez courage mon grand."
Lily est sortie de Ste Mangouste deux jours plus tard, et Harry a été baptisé peu de temps après. Comme Lily l'avait dit, j'étais donc la marraine, et bien sûr, Sirius était le parrain. J'avoue, quand j'ai tenu cette petite chose dans mes bras, et qu'il m'a regardé de ses grands yeux verts crapaud du matin, j'ai eu les larmes aux yeux. De penser à tout ce qui va lui arriver avant ses vingt ans, ça me brise le cœur. Mais ses sourires, ses gazouillis et ses regards confiants ont réussi le challenge de me faire oublier tout ça, et de le regarder comme n'importe quel petit garçon.
Depuis ce jour là, je passe une bonne partie de mon temps à gagatiser. Si je ne suis pas chez les Potter à poupounier Harry, c'est que je suis au boulot, et même quand, parfois, je suis chez moi, je passe mon temps à inonder les copines (Jude et Alice) de photo du bébé, et à leur raconter son évolution. Alice, avec sa finesse habituelle, dit que j'en fais des caisses, et peut être que c'est vrai, mais ce petit bout de chou, que pourtant je connais depuis des années, et dont je connais le futur, m'a transformée en guimauve. C'est plus fort que moi. Je m'y étais préparé, mais pourtant, je me suis fait avoir par ses grands yeux myopes et son sourire édenté (sexy dis comme ça, hein?). Cet enfant n'est plus seulement Harry Potter, il est devenu le fils de mes meilleurs amis, mon filleul, un bébé d'amour. Bref, c'est clair, je suis conquise. Même Sirius en est jaloux. Et pourtant, il est complètement dingue de ce petit bout.
L'autre jour, alors que j'étais (encore) chez les Potter, à faire des câlins à mon filleul, Sirius a débarqué avec James. Leur journée de boulot était terminée, et Sirius sait qu'il est inutile de me chercher à l'appart, il me trouvera forcément avec Lily et le petit.
"Et regarde qui c'est qui est là? C'est papa, avec Sirius. Ouuuh, Sirius est tout ronchon dis donc, tu as vu? Il fait les gros yeux et il boude.
- Au lieu de dire des bêtises, donne moi mon filleul que j'en profite un peu aussi."
Ce soir là, alors que Sirius continuait à bouder, je suis venue me blottir contre lui.
"Tu boudes encore? C'est parce que je monopolise trop Harry, c'est ça?
- Non.
- Alors quoi?
- (soupir) et moi alors? Quand est ce que je peux profiter un peu de toi? T'es plus jamais là, tu passes tout ton temps là-bas avec le bébé. Moi aussi je l'aime ce petit, mais c'est pas le nôtre, et je préfère passer du temps avec toi qu'avec lui.
- Je suis désolée Sirius. Mais tu sais quoi? J'ai une super idée pour me faire pardonner"
Ai-je dit en faisant remonter tout doucement ma main sous son pull. L'homme a continué de bouder, même si j'ai bien senti quelques tressaillements. Je crois qu'il m'en veut pour de vrai. Alors ma seconde main vint rejoindre la seconde, et mes lèvres se sont posées sur la peau fine de son cou. La chair est faible, et c'est dans un faible soupir que Sirius m'a prise dans ses bras avant de me jeter sur le canapé.
Le lendemain, Sirius ne boudait plus, et moi j'ai promis de passer plus de temps avec lui et moins de temps chez les Potter. Et les choses ont repris leur cours.
Et puis, il y a eu ce moment. Ce moment précis où je me suis dit, voilà, là, maintenant, ça fait un an. Un an pile poil que je me suis retrouvée un quinze août, sous le buffet de mariage de James et Lily. Un an que ma vie a basculé. Parfois, je me demande encore si tout ça n'est qu'un rêve.
Septembre.
Du côté de l'Ordre, les choses empirent. Les attaques se multiplient. Pas vraiment des attaques importantes ou évidentes, plutôt des escarmouches, des commandos. Des sorciers et des sorcières disparaissent tous les jours, et la marque verte apparaît de plus en plus souvent au dessus des maisons. Le ministère a enfin réagit, la Grande Bretagne magique est en guerre. Mais c'est un peu tard, les fidèles de Voldemort ont déjà fait beaucoup de dégâts. L'Ordre continue de se rebeller, et de nouveaux membres arrivent. Mais trop peu. Et bien souvent, on ne leur accorde qu'une confiance limitée. Le soupçon s'installe, la méfiance est de mise. L'Ordre est enfin sûr de la présence d'un espion dans ses rangs, tout le monde craint pour sa vie. Quand à moi, bien que je sois relativement tenue à l'écart de tout ça par Sirius, je ne me sens quand même pas tranquille. En partant tous les matins au boulot, je ne peux m'empêcher de me retourner dans la rue, de sursauter à chaque bruissement. A chaque fois que la clochette de la porte sonne, je me tends, sur le qui-vive, scrutant le client pour tenter de savoir de quel côté il est.
Avec les informations que Pettigrow transmet à son maître, plusieurs personnes ont déjà été repérées et assassinées chez elles. C'est ainsi qu'un jour, j'ai appris dans les journaux le meurtre affreux des frères Prewett. Bien que ne les connaissant pas, j'ai eu une pensée pour Molly, qui venait de perdre ses deux grand-frères. C'est pourquoi, le jour où Sirius est venu me dire qu'il allait déménager, je lui ai proposé de venir vivre avec moi. Pettigrow n'est jamais venu ici, il ne connaît pas l'adresse. Il est clair que je prends des risques. Si jamais Sirius est suivi ou trahi, je serai également du nombre des victimes. Mais qu'importe. Comme je l'ai alors dit à Sirius, j'appartiens désormais à son monde, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
Octobre.
Halloween est là. Il y a un an, on faisait le fête, j'embrassais Sirius, je dansais avec James, on respirait le bonheur. Mais je sais. Je sais qu'il ne nous reste désormais plus qu'une année avant l'enfer, mon enfer. Sirius voit bien de temps en temps que je ne ris pas aussi fort qu'avant, et que mes sourires sont forcés. Il voit bien que mon esprit est ailleurs, et que parfois, mes joues sont striées du rouge laissé par mes larmes. Il voit bien, et il sait qu'il ne peut rien faire. Je crois qu'il a compris que des choses horribles vont arriver, que bien sûr je les connais, et que je ne peux pas lui en parler. Alors il ne dit rien, et il me sert fort contre lui.
Aujourd'hui, donc, c'est Halloween. En me levant ce matin, je constate que je suis seule dans l'appart. Sirius m'a laissé un parchemin sur le plateau du petit-déjeuner (qu'il a pris soin de préparer avant de partir). Il me dit qu'il doit y aller, le bureau des Aurors l'envoie sur une affaire de protection de maison, qu'il ne rentrera pas tard, qu'il me retrouvera directement chez les Potter, qu'il m'embrasse et qu'il m'aime. Ces mots sur le papier me tirent un sourire, mais très vite les coins de mes lèvres retombent. Parce qu'aujourd'hui, c'est Halloween. Alors je pleure, un peu. Je peux bien, avec un jour comme aujourd'hui. Et je noie mon café de mes larmes. Beurk, il va plus être bon après ça.
Heureusement, Jude et Alice débarquent sans prévenir à ce moment là.
"Merde, les filles, je vous ai déjà dit de ne pas débarquer comme ça chez moi!
- Mais tu nous as donné une clef, c'est bien pour qu'on puisse rentrer.
- Oui, s'il m'arrive quelque chose. Pas quand tout va bien! Je ne sais pas, j'aurai pu être en train de m'envoyer en l'air avec Sirius!
- Oh, t'inquiète pas, c'est déjà arrivé une fois, et vous ne vous êtes rendus compte de rien.
- Quoi?
- Hum, bref. On est là parce qu'on trouvait que tu n'avais pas la pêche en ce moment, et je vois qu'on est bien tombée. Qu'est ce qui te met dans cet état ma bichette?
- Non, ça va, ne t'inquiète pas Aly.
- Tu te fous de not' gueule? S'il te plait Mac, ne nous prend pas pour des patates. On n'est pas des étrangères, on est tes amies.
- Je vous prends pas pour des patates, c'est juste que… j'ai pas le droit de vous en parler.
- T'inquiète va, on a deviné un paquet de choses. Laisse-moi résumer. J'imagine que quelque chose se prépare. Quelque chose d'énorme, de terrifiant. Quelque chose de grave. Et que ça arrive à grand pas, et tu ne peux rien y faire, rien y changer, et ça te rend malade. J'me trompe?
- Pas vraiment. Mais, Jude, ce qui est le plus terrible, c'est que je ne peux pas leur dire, que je ne peux en parler à personne. Je sais ce qui va arriver, et je n'ai pas envie de le vivre, je n'ai pas envie que ça arrive. Et je ne peux rien y faire. Et ça, je n'arrive pas à l'oublier, à faire semblant tout le temps.
- Personne ne te demandera d'oublier et de faire semblant, Mac. Tu sais des choses, et ça fait partie de toi. Je sais que tu ne peux pas nous en parler, mais au moins, tu peux nous parler de ce que tu ressens. J'imagine que cette histoire ne nous concerne pas, alors justement, lâche toi, même si c'est à demi-mot.
- Merci les filles, vous êtes vraiment des amies précieuses.
- Bon, donc maintenant, place aux joyeusetés qui vont te remonter le moral. Tu te déguises en quoi?"
C'est seulement à ce moment que je m'aperçois que mes copines sont affublées d'ailes d'ange pour l'une et de cornes de diablesse pour l'autre.
Avec leur bonne humeur, leur insouciance et leur gaieté, elles réussissent rapidement à me changer les idées. Résultat, je me retrouve affublée d'un costume de prêtresse vaudou. Si si, avec la tête réduite à la ceinture et tout le toutim. Obligation d'aller travailler comme ça. Je vais avoir l'air malin, tiens. Remarque, avec un peu de chance, vu les gens chelous qui se baladent sur le chemin de traverse, je passerai inaperçue.
Mr Fleury est ravi de me voir arriver en costume. Il pense que ça fera un peu d'ambiance dans la boutique. Et puis à lui aussi ça lui change les idées. Bref, la journée se déroule sans encombre, et même si parfois j'ai quelques petits coups de mou, je repense à toutes les choses pour lesquelles je dois me réjouir, et ça me remet du baume au cœur. En sortant du boulot, je file donc directement chez les copains en utilisant le service de cheminée du ministère. En atterrissant dans le salon des Potter, je tombe sur Lily. En fait, pour éviter que n'importe qui débarque chez eux, les Potter ont installé une sécurité à leur cheminée. Seules les personnes reconnues par la dite cheminée peuvent passer, les autres sont renvoyée dans le réseau. Et de plus, ils sont automatiquement prévenus dès que leur adresse est donnée à une cheminée. Pratique, n'est ce pas? Bref, donc Lily m'attendait.
" Bonjour Lily!
- Mac! James m'avait dit que tu arriverais directement, mais je ne pensais pas que tu arriverais si tôt.
- Désolée. Ça t'embête? Il faut dire qu'avec les temps qui courent et le froid qui arrive, l'époque n'est pas tellement propice aux promenades de sortie de boulot.
- Non, tu ne m'embêtes pas, ne t'inquiète pas. C'est juste que je n'ai pas terminé de tout préparer, et Harry fait des siennes pour manger.
- Tu veux que je prenne le relai?
- Vas-y, ton filleul est tout à toi."
Youpi! Quand j'arrive dans la cuisine, Harry est installé dans son transat, les joues toutes rouges d'avoir pleuré, en train de mâchouiller ses doigts. Délicatement, je le sors et le cale bien confortablement dans mes bras, pendant que Lily retourne à la préparation du repas d'Halloween.
"Bah alors, môssieu Harry fait des siennes? Tu sais que si tu ne prends pas ton bib', tu ne deviendras jamais un grand garçon très fort, et adios les finales de quidditch. Tu seras tout maigrichon, encore plus que ce que tu dois être, comme Colin Crivey.
- C'est qui ce Colin Crivey dont tu parles?
- Oh, personne, pour l'instant. Un gosse qui sera à Poudlard avec Harry. Enfin pour l'instant, il ne doit même pas être né alors. "
Doucement, j'attrape le biberon posé sur la table, et transforme le repas en jeu. Harry sourit, laissant voir une petite dent qui point le bout de son nez. Harry sourit et ses yeux s'illuminent. Ses mains potelées se tendent, et attrapent le biberon qu'il enfourne dans sa bouche. Voilà, cible atteinte.
C'est ainsi que quelques minutes plus tard, James et Sirius nous retrouvent. Harry dans mes bras, en train de téter avidement son biberon, et Lily et moi en train de le regarder tendrement. Face à ce charmant tableau, mes deux grands nigauds n'ont même plus le courage de faire du bruit et des blagues. Ils se taisent, et nous rejoignent dans notre bulle de béatitude.
Quelques heures plus tard, la fête est finie, Sirius et moi sommes rentrés chez nous, bien au chaud sous la couverture.
" Mac?
- Hum?
- T'en veux pas un à nous?
- Quoi?
- Non, rien, laisse tomber. Oublie ce que j'ai dit."
En temps normal, j'aurai peut être relevé, mais là, la question est d'ampleur. Un bébé. Je n'y avais jamais songé. Et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.
Décembre.
C'est Noël. Cette année, on le fête chez nous, donc Sirius et moi sommes en train de finaliser les derniers préparatifs. La déco est presque terminée, le repas de chez le traiteur a été livré, le sapin décoré et les cadeaux presque tous emballés.
Sirius se trimballe depuis ce matin avec un bonnet de père Noël vissé sur le crâne, en chantant des chants de noël. Au début, c'était marrant, après c'était mignon, maintenant c'est juste agaçant. Heureusement que les copains ne vont pas tarder à arriver.
Une heure plus tard, la soirée est lancée. James me suit partout en m'asticotant et en mettant à rude épreuve la jalousie de mon chéri. Ce mec est une plaie, mais qu'est ce qu'on rigole avec lui. Lily nous observait en riant, tout en gardant un œil sur bébé Harry qui est hypnotisé par les boules du sapin. Peut être qu'il croit que ce sont des vifs d'or… Avec les tensions qui circulent au sein de l'ordre, nous n'avons pas invité Remus ni Peter. Rapport à Peter, ça me soulage, j'aurai été embêtée qu'il sache où j'habite. Pour Remus, ça me fait de la peine de l'imaginer tout seul chez lui pour les fêtes. Alors je me suis promis de passer le voir demain, et en attendant, je lui ai fait parvenir son petit cadeau par hibou postal.
Inutile de dire qu'on a terminé la soirée plus qu'éméchés, sauf Lily qui est une adulte responsable et raisonnable (gnagnagna) et qui en plus, a un bébé à surveiller… bon là, d'accord, elle a raison. Ça fait du bien autant de bonheur et de joie par les temps qui courent. A Harry, on a offert une peluche Patmol, il a adoré, James aussi, et Sirius avait les larmes aux yeux de voir le bambin serrer son nouveau doudou contre lui. A mon grand nigaud d'amour, j'avais acheté une série de t-shirt à message, du genre "I'm sexy and I know it". De son côté, il m'a offert une superbe paire de boucle d'oreille, avec diamant et tout. Ce mec est dingue. Mais ça n'en reste pas moins un cadeau sublime.
Maintenant, la famille Potter est partie, Sirius a fichu le camp dans la chambre (vu son état, il ne m'aurait pas été d'une grande aide), quand à moi, je tente de façon plus ou moins efficace de ranger un minimum le bazar qu'on a mis dans l'appart.
Enfin, j'abandonne la partie est file me coucher. Sirius ronfle déjà comme un niffleur en pâmoison. Juste pour le plaisir de l'embêter, et pour qu'il arrête de ronfler, je lui colle mes pieds froids sur les miches. Il gigote, il grogne, il me serre contre lui, fourre son nez dans mes cheveux et marmonne:
"Je t'aime Mac."
Ce grand imbécile est vraiment un mec en or. Je ferme les yeux, prête à basculer dans les bras de Morphée, et puis…
"Mac, j'veux un bébé avec toi."
Euh…
"Epouse moi d'abord, on verra ensuite pour le bébé."
Deux secondes après, il ronfle. Deux possibilités: soit il était tout à fait conscient de ce qu'il disait, auquel cas, mon réponse est idéal parce qu'il y a peu de chance que Sirius veuille se marier… pas vrai? Soit, il est dans le pâté, auquel cas ma réponse est tout autant idéal, mais complètement inutile puisqu'il ne se souviendra de rien demain.
Bref, Sirius veut un bébé.
Janvier.
Avec Sirius, on n'avait pas reparlé de cette histoire de bébé. Je n'étais pas bien sûre de ce qu'il avait retenu de la soirée, donc autant ne pas tenter le diable.
Un jour, donc, je rentrais d'une journée de boulot particulièrement rude. Les fêtes de Noël étaient passé, la partie terne et difficile de l'hiver s'annonçait, et le froid s'était fait encore plus vif. Donc, sachant Sirius encore au ministère, et puis à l'ordre, pour un moment encore, j'ai décidé de faire directement un arrêt chez les copines d'en face. Judith était en plein cours dans son atelier. C'est sa nouvelle lubie depuis quelques temps. Elle donne des cours à un gamin qu'elle trouve très doué. Et puis elle aime bien cette idée, elle dit qu'il faut transmettre son savoir, son talent.
Bref, Alice et moi nous sommes donc installé dans la cuisine, plus ou moins à portée de voix de l'atelier quand même.
"Oula, viens par là ma belle, je vois qu'il y a quelque chose qui te chiffonne. Raconte moi tout, je vais aller te faire un thé.
- Je ne sais pas trop par où commencer. Le soir de Noël, on était tous un peu… bref, on n'était pas frais. Et au moment de s'endormir, Sirius m'a dit qu'il voulait un enfant.
- Ohooooh.
- Pour moi, ça serait plutôt un ohoh.
- Que veux-tu dire?
- Et bien, je n'ai jamais envisagé la suite.
- Quelle suite?
- Alice, ne te fais pas plus sotte que tu ne l'es. Tu devines beaucoup de chose, il me semble évident que tu as compris que les terribles évènements qui se préparent concernent Sirius et les Potter.
- Hum, disons que je l'avais envisagé.
- Bon et bien je te le confirme. Et je n'ai jamais… jamais envisagé quelle serait ma vie après eux. En fait, je n'ai à aucun moment envisagé que je puisse avoir une vie après eux.
- Continue.
- Alors un bébé… avec Sirius… alors que je ne sais pas où je serai, je ne sais rien de la suite… surtout que Sirius n'est pas sensé avoir d'enfant dans l'histoire originale. Si par son existence cet enfant changeait tout?
- Tu sais très bien ce que je pense de cette histoire de changement. Pour moi, tu aurais dû dès le départ faire comme tu voulais et tenter de sauver ceux que tu aimes.
- Je ne peux pas. Et je ne sais même pas si je serai capable d'élever cet enfant sans Sirius!
- Ok, tu arrêtes maintenant. Tu aimes Sirius?
- Bien sûr.
- Tu rêves d'une vie avec lui? Tu veux avoir ses enfants?
- Dans un monde idéal, oui.
- Alors pourquoi reculer? Cet homme t'aime, tu l'aimes aussi. De toute évidence, son destin est tout tracé et il ne sera pas rose. Alors profites en tant qu'il est là! Et comme ça, le jour où il ne sera plus là, il te restera un petit bout de lui, un témoignage qu'il y a eu quelque chose, que tout ça ce n'était pas du vent, que votre histoire a vraiment existé.
Tu crois?
- Bien sûr. JUUUUDE?
- Ouiiii?
- Sirius veut un bébé mais Mac n'est pas sûre, t'en penses quoi?
- Ben pourquoi elle hésite? Fonce ma grande! Et on sera les marraines de ton bébé!
- Ben voilà. Bon, tu me promets d'y réfléchir?
- Promis. Merci Jude. "
Après ça, je rejoins tranquillement mon appart. Il commence à être tard, j'ai beaucoup traîné chez les filles.
Quand je franchis le seuil, je suis aussitôt attirée en avant et serrée à étouffer dans une paire de bras.
" Mais bordel, t'étais où? J'étais mort de trouille qu'il te soit arrivé quelque chose!
- Sirius? Mais tu ne devrais pas être encore en train de bosser?
- J'ai pris mon après midi. Bon, tu fichais quoi?
- Je suis allée prendre un thé chez Jude et Aly en rentrant. Je n'y serais pas allée si j'avais su que tu étais déjà rentré. Mais, c'est quoi tout ça?"
Autour de moi, je me rends compte qu'il y a des bougies partout, que la table est mise, le champagne et les chandeliers sortis, et que le sol est jonché de pétales de rose jusque vers la chambre.
" Ça te plait?
- Bien sûr, c'est très beau. Oh Sirius je suis vraiment désolée, si j'avais su, je n'aurai pas traîné autant, je…
- Mac…"
Et voilà le garçon qui se mets à genoux devant moi, enfin, un genou seulement, et sort de sa poche un écrin en velours cramoisi.
" Epouse-moi Mac.
- Ça dépend, la bague vaut le coup si je dois un jour la revendre?
- Hein?
- Je plaisante. Evidemment que je veux t'épouser. "
J'avoue que je ne sais pas bien ce qui m'a pris là, mais ce qui compte c'est que je sois heureuse, et que Sirius le soit aussi. Jamais je n'avais imaginé que Sirius puisse un jour vouloir se marier. Et jamais je n'avais imaginé vouloir me marier également. Mais peut être est-ce le discours de Jude, ou bien l'atmosphère dangereuse de l'époque, ou tout simplement parce que c'est Sirius, je ne sais pas, mais toujours est-il que me voilà fiancée. Pourtant, il me reste une chose à éclaircir.
" Sirius? Tu as entendu ce que je t'ai répondu le soir de Noël?
- … non."
Mais à son regard pétillant, je devine que ma réponse n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd.
"C'est pour ça que tu veux qu'on se marie? Juste pour cette histoire de bébé?
- Mac, non. J'avais très envie de ça, et j'ai très envie de fonder une famille avec toi, mais je n'étais pas sûr de comment tu prendrais la chose alors…
- Tu t'en sors bien. Bon, et concernant cette histoire de bébé… j'espère que tu as prévu un menu aphrodisiaque, parce qu'il va falloir s'entraîner… beaucoup."
Bref, je suis fiancée ET je vais peut être avoir un bébé. On me l'aurait dit l'année dernière, j'aurais ri à m'en casser les côtes.
Fin Mars.
Sirius et moi continuons à nos essais bébé. Mais il rentre souvent crevé, et la situation actuelle ne se prête pas trop aux joyeusetés. En lisant la Gazette du sorcier, j'ai vu que Dolohov et Karkaroff avaient été arrêtés par les aurors, et envoyé directement à Azkaban. Et Rosier et Wilkes ont été abattus. Les aurors et l'Ordre commencent à reprendre du poil de la bête, c'est bien. La guerre va bientôt arriver à son paroxysme et tout sera bientôt fini.
Nous sommes le vingt sept du mois, et c'est l'anniversaire de James. Lily nous a invités à la maison pour manger. Quand les Potter nous ouvrent la porte, on tombe sur un James surexcité, pire qu'une puce sous acide.
" Ça y est! Il a réussi!
- Bonjour super copain. De quoi ça s'agit? Ton nain de jardin a réussi à attraper ses crottes de nez avec ses pieds?
- Ce n'est pas un nain de jardin, c'est un gnome. Et non, ce n'est pas ça.
- Ton peigne a réussi à coiffer tes cheveux? Ah non, autant pour moi, c'est pas ça non plus a vue de nez. Ton miroir t'as dit que t'étais devenu le roi de la blagounette?
- Gnagna. Et ben pour la peine, je vous dirais rien du tout.
- Allez vas-y Jay jay promis, je me tais, et j'écoute ce que tu crèves d'envie de me dire.
- C'est Harry!
- Quoi Harry? T'as réussi à le coiffer?
- Hein? Quoi? Mais non. Mac, t'avais promis.
- Pardon, c'était plus fort que moi.
- Il a réussi à attraper son doudou Paddy qui était tombé par terre.
- … Ah.
- En le faisant léviter.
- Aaah! Trop fort, mon filleul est trop fort! "
Sur ce, on s'est trouvé tous les deux à pousser Jamie de l'entrée pour aller récupérer notre petite merveille et gagatiser un bon coup devant ses progrès.
S'en est suivi l'habituel gâteau d'anniversaire à la crème de citrouille, les bougies sur le bordel, le cadeau, tout ça, tout ça. Bref, c'était un joli anniversaire, même si nous étions les seuls invités. Je voyais bien que James et Sirius évitaient de parler de l'Ordre, de la situation, etc. Parfois, ça m'agace qu'ils veuillent me protéger de tout ça à ce point. Je les comprends, mais j'ai aussi envie de partager tout ça avec eux. Enfin bref, c'est ainsi.
Avril.
Aujourd'hui, je me suis mariée. Je sais, c'est dingue. Et le pire dans cette affaire, c'est que j'ai épousé Sirius Black… nan mais Sirius Black, quoi! Si je ne connaissais pas l'issue de cette histoire, je pourrai croire à un rêve. Malheureusement… Mais ce n'est pas important aujourd'hui, aujourd'hui, ce qui compte, c'est notre bonheur.
Pour le mariage, Sirius préférait quelque chose d'intime, sans compter que par les temps qui courent, il ne voulait pas que trop de monde soit au courant qu'il avait désormais un gros point faible: moi. Quand à moi, je ne connais pas grand monde, alors de toute manière… On a donc décidé de faire un passage rapide devant le mage avec nos témoins, et de filer au restau ensuite. Sirius a demandé à James et Lily d'être ses témoins, et moi j'ai demandé à Jude et Aly.
Totalement noyée d'émotions, j'avoue ne pas avoir gardé beaucoup de souvenirs. Je me souviens des mots fatidiques que nous avons prononcés, de nos alliances brillant à nos doigts, de James faisant le fou encore plus que d'habitude pour ne pas montrer qu'il était ému. Je me souviens de Lily essuyant discrètement ses larmes dans le petit costume de Harry, de Jude et Alice se tenant la main très fort. J'aurai voulu que Remus soit là, mais Sirius n'a pas voulu. Il est devenu très soupçonneux envers ses anciens camarades, et n'a pas voulu m'exposer plus que ça. Je me souviens aussi du flash de la photo, je me souviens d'avoir beaucoup souris, et beaucoup ris. C'était une belle journée, une belle soirée, et une belle nuit.
Bref, je suis devenue une Black.
Juin.
Harry a réussi à faire ses premiers pas, ça y est. Lily était fière comme une maman poux? Une pouxe? Une poute? Bref, Lily était très fière, telle la maman fière. Quand à James, chaque progrès de sa progéniture l'expédie directement sur la planète dingo. Bref, ce jour là, les Potter ont débarqué chez nous et n'ont pas lâché leur gamin jusqu'à ce qu'il fasse quelques pas devant nous.
Cette famille est complètement dingue, c'est clair. Et je me dis que si Harry pouvait grandir avec eux, il finirait gravement atteint. Mais ce sont mes foldingues, et je les adore. Mon chéri et mon poto foldingue ont ainsi décidé dans la foulée d'aller squatter les champs de Godric's Hollow et de me faire monter sur un balai. On en avait parlé il y a une éternité maintenant, et on ne l'avait jamais fait.
Par transplanage d'escorte, nous voilà tous arrivés en moins de deux en pleine campagne, au milieu de nulle part. L'endroit et calme et paisible. Sirius ayant pensé à embarqué deux balais avant de partir, les voilà en train de s'installer sur leur bout de bois. James, décidé, donne un bon coup de pied dans le sol et se retrouve très vite à quelques mètres au dessus de nous. Un petit moment, je le regarde, en tentant de contrôler le tremblement des mes mains. J'ai toujours crevé d'envie de monter un jour sur un balai volant, pourtant aujourd'hui je n'arrive pas à maîtriser les battements frénétiques de mon cœur. Excitation, peur, peut être un peu des deux, bref, je suis pire que tout. Gentiment, Sirius attrape ma main et me tire vers lui. Avec délicatesse, il m'installe devant lui, à califourchon sur le balai. Tout en me glissant à l'oreille des conseils et des mots réconfortants, il donne un léger dans le sol et voilà le balai qui s'élève doucement.
" Tu vas doucement, hein? Pas de looping et tout ça!
- Ne t'inquiète pas, tu reviendras sur la terre ferme en un sol morceau. Tu vas voir, tu vas adorer. Penche-toi un peu sur le manche du balai, voilà, comme ça. Tu te sentiras plus stable. Ne t'inquiète pas, je maîtrise. "
Et c'est parti. Impossible de mettre des mots sur cette expérience. C'était beau, c'était grand, c'était la liberté. C'était le vent dans les cheveux, c'était la maîtrise parfaite de Sirius, c'était sa chaleur dans mon dos, c'était aussi le monde à mes pieds, le froid dans mes yeux, faisant dégouliner les larmes sur mes joues, c'était mon cœur prêt à exploser tellement c'était bon.
Quand mes pieds retrouvent la fermeté du sol, mon cœur bat toujours aussi vite et mes mains tremblent toujours autant, mais plus de peur, il ne reste que le bonheur et l'excitation du moment.
Juillet.
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Harry. Mini Potter fête ses un an. Sirius et moi lui avons acheté un mini balai pour enfant, un truc qui ne s'élève pas bien haut et qui ne va pas très vite. Mais pour un enfant de un an, c'est amplement suffisant. Il fait chaud, il fait beau, et nous allons faire un pique nique dans la campagne anglaise. Jude et Aly sont invitées, et nous préparons donc tous nos petites affaires pour ce bel après midi. Pendant que Sirius termine d'emballer le balai, je tente de faire tenir mon chapeau sur ma tête. Ben oui, tant qu'à aller faire un pique nique dans la campagne anglaise, j'ai décidé de me la péter et de sortir mon chapeau à large bord et ruban, pour que ça soit raccord avec l'esprit de la journée.
C'est donc affublée de mon grand chapeau de paille que je débarque au milieu de la prairie où nous attendent le reste de la bande. Remus et Peter sont de la partie pour cette fois-ci.
En me voyant, bébé Harry se met à glousser et tend ses petites mains grassouillettes vers moi. Ravie de retrouver mon petit bonhomme, je m'accroupis et tends mes bras pour qu'il vienne se jeter dedans. Sa démarche est encore un peu bancale, et rapidement, il se laisse tomber contre moi. Je le couvre de bisous, mais lui ne veut qu'une chose, mon chapeau, que je lui abandonne (momentanément) de bon cœur. Le gosse est ravi avec ça sur la tête, c'est quinze fois trop grand, mais il est content. Evidemment, mon chapeau finit par être chipé par super copain, qui se met à gambader tel le chevreuil en goguette autour de nous. Quelque part, ça me rassure. Jay a beau avoir pris du plomb dans la cervelle et être devenu un peu plus raisonnable, il reste malgré tout cette grande nouille que j'adore.
La nouille finit donc par se calmer, mon chapeau se retrouve à nouveau sur ma tête, et le pique-nique peut commencer. Le ciel est bleu, le soleil brille, les oiseaux chantent, et nous avons du saucisson français et des scones à manger, que demander de plus? Un peu de Muse peut être?
Après le repas, Lily sort du panier à pique-nique un immense gâteau à la crème, recouvert de bougie. Harry est aux anges, mais à bout de force. Un soufflage de bougie plus tard, bébé Harry se retrouver endormi à l'ombre d'un arbre, et nous, on attaque le gâteau.
Le temps que le môme se réveille, nous partons vaquer à nos occupations. Peter, Alice et James s'en vont faire quelques passes de quidditch, pendant que Lily et Jude discutent art avec Remus. De mon côté, j'embarque mon amoureux derrière un arbre. Dans notre coin, un peu cachés et à l'écart de tout le monde, nous profitons de ces quelques instants de solitude pour se faire des bisous. J'aime bien quand Sirius me fait des bisous et me chatouille le coup avec son nez. J'ai l'impression d'être redevenue une adolescente. Je lui en fais la remarque, ce qui le fait rire doucement. Prenant alors sa baguette dans sa poche arrière (les leçons de Maugrey n'ont vraiment servies à rien on dirait), il grave dans le tronc de l'arbre nos deux initiales dans un cœur. C'est mignon, c'est tarte, c'est dégoulinant de guimauve, mais…Arf, c'est Sirius qui le fait, alors je m'en bats l'œil avec une patte de magyar à pointe. Me serrant contre lui, je respire à fond son odeur et approche ma bouche de son oreille. J'attendais le bon moment, et c'est le bon moment. Et tant pis si je change le futur, JKR n'aura qu'à écrire un autre bouquin.
"Sirius…
- Mmmh?
- Il va falloir qu'on trouve un appartement plus grand.
- Tu envisages de te faire faire un dressing ou quoi?
- Dit celui qui a quinze fois plus de fringues que moi. Non, c'est juste qu'il va nous falloir une chambre en plus… une petite chambre, avec un tout petit lit…
- C'est vrai? Tu en es sûre?
- Affirmatif, j'ai fait confirmer à Sainte Mangouste.
- Mac, je t'aime.
- Je sais."
C'est donc officiel, je vais devenir Maman. Si ma mère me voyait, elle me collerait une de ces baffes dans la tronche! Je l'entends d'ici " Ma fille, tu es folle! Un bébé, alors que tu n'as que 21 ans! Mais tu es encore un bébé toi-même! Et tes études, hein? Qu'est ce que tu vas faire avec un bébé, l'amener en cours? ". Mais je ne fais plus mes études. Et je me suis mariée. Et il ne reste que peu de temps à en profiter. Alors j'ai fait un bébé.
