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11- Time is running out
C'est la sonnerie du réveil qui me réveille au petit matin. Le cerveau encore embrumé par le sommeil, je cherche la présence chaude et rassurante de Sirius à côté de moi. C'est en sentant le froid des draps que je me réveille pour de bon. Passé le premier moment de panique, je me recroqueville sur moi-même, tentant d'occulter la douleur, mes bras serrant fort ma poitrine, comme pour l'empêcher de se briser. Il me faut un moment pour accepter d'ouvrir les yeux sur ma réalité et me décider à avancer.
Allongée dans mon lit, je regarde le plafond, tentant de me raccrocher à quelque chose pour ne pas penser à ce qui m'attend. Tiens, je n'avais pas fait attention à cette fissure dans le plâtre… et depuis quand le lustre est de cette couleur?
Mon cœur bat de plus en plus fort, ma respiration se fait plus difficile. Lentement, je regarde autour de moi… il me faut un moment avant de comprendre où je me trouve. Tremblante, ma main se tend vers la table de chevet pour attraper mon portable. La date indique le douze Décembre 2010… tout ça n'aurait été qu'un rêve? Je ne suis jamais partie de chez moi? Tout ce que j'ai vécu, tout ce temps, tout ça n'était que les élucubrations de mon subconscient? Mon cœur battant toujours plus fort, je remonte mes mains vers mon ventre… plat.
Cette fois-ci bien réveillée, j'allume la lumière et m'assois dans mon lit. A la lumière froide de l'ampoule, la situation me semble de plus en plus évidente. Je n'ai pas quitté mon lit, j'ai tout inventé, absolument tout. Une envie de pleurer m'envahit. Je serre les dents et ravale mes larmes. Retour à la réalité, je dois aller en cours, même si je n'ai qu'une envie, c'est de me rouler en boule sous la couette et pleurer. J'ai l'impression d'avoir un vide à la place du cœur, comme si j'avais réellement perdu des êtres chers. En fin de compte, ce n'était qu'un rêve.
Par automatisme, par habitude, et parce que la vie continu, je me douche, m'habille en vitesse et attrape mon sac et mes clefs. Dehors, il fait encore nuit. Les étoiles brillent dans l'aube glacée.
Soufflant sur mes mains déjà gelées, je marche sur les trottoirs. Arrivée devant la bouche de métro, j'hésite. C'est là-dessous que mon rêve avait commencé. Et puis, rejetant tout ça au fond de mon cœur, je m'enfonce dans l'obscurité.
J'avance, sans faire attention aux gens autour de moi. J'ai l'impression d'évoluer dans du coton. Tout est fade, tout est flou… mais peut être est-ce dû aux larmes qui coulent de mes yeux baissés. D'un geste rageur, j'essuie mes joues. C'est tellement stupide de pleurer pour quelque chose qui n'a jamais eu lieu.
Enfin, le métro arrive, et je m'engouffre à l'intérieur de la rame. Je repère le coin où je me trouvais dans mon rêve. Tout est pareil, jusqu'au graffiti gravé dans la paroi intérieure du wagon. Ou peut-être n'est ce qu'on phénomène de déjà-vu. Comme pour me rapprocher un peu plus de ce monde que je viens de quitter, je m'y installe. Je regarde autour de moi, mais cette fois-ci, je n'inventerai pas d'histoires sur les autres. Fini les histoires, fini les fantasmes. Tout ça ne m'a rapporté finalement que déception et souffrance.
Prise d'une envie subite, j'allume mon téléphone pour envoyer un message à ma mère.
"Papa, Maman, vous me manquer, je vous aime…"
Soudain, le métro s'arrête brusquement, faisant tomber plus de la moitié des personnes présentes, dont moi. Enfin, plus rien ne bouge. Puis, la lumière s'éteint, provocant quelques cris. Mon cœur s'emballe. Et si…? C'est alors que je sens le sol vibrer sous mes fesses. Et bientôt, c'est toute la rame qui s'agite de la sorte, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Je jette un œil à l'écran de mon portable, hésite une micro seconde… avant d'appuyer sur la touche envoyer. Puis je laisse mon portable tomber sur le sol et je ferme les yeux, un sourire heureux flottant sur mes lèvres. Derrière mes yeux clos, je vois un flash, puis plus rien. Le calme est revenu, la lumière aussi. Et moi je sais ce que je dois faire à présent. A moi de vivre cette vie comme je l'entends et de faire en sorte qu'elle se finisse bien. Cette fois-ci, je ferai comme bon me semble, je changerai l'histoire... Déjà, j'entends le bruit des conversations autour de moi… il est temps de sortir de dessous la table.
FIN
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