Chapitre 12


Après deux semaines à Sessrumn, Honor s'apprêtait à partir rejoindre Gladsheim, et bien que ses débuts aient été difficiles, elle avait aimé la compagnie et l'entrainement prodigué par les valkyries. L'ambiance un peu austère du palais de Freya était largement compensée par la camaraderie des guerrières. Elle regrettait déjà les sœurs de la fatalité, bien que ces dernières ne l'avaient pas épargnée, car auprès d'elles, elle retrouvait une certaine ambiance familiale. Quand elle les regardait discuter le soir, elle ne pouvait s'empêcher d'être un peu jalouse, elle l'enfant unique. Elle souriait souvent en y pensant, se remémorant toutes les fois où enfant elle enviait tellement Thor et Loki. Puis ça avait été tellement amusant de voir ces filles se chamailler pour savoir comment l'entrainer, Mista et Hilda avaient d'ailleurs failli en venir aux mains, pour savoir des quels de l'archer ou de l'épée conviendraient le mieux à Honor. Finalement, Sangrida avait tranchée choisissant des dagues courtes, ça n'avait pas été une mince affaire d'arriver à les maniés avec aisance, mais avec l'assistance des trois sœurs et des entrainements de Brunhilde, elle était plutôt confiante. Surtout avec les entrainements d'Hilda, ces derniers consistaient le plus souvent à des combats rapprochés, parfois à mains nues, où il fallait pouvoir s'échapper ou maîtriser un ou plusieurs adversaires (principalement Mista et Sangrida). Les conseils avisés de l'ainée les faisaient progresser toutes les trois. Honor apprenait les points sensibles du corps où attaquer, et les deux sœurs apprenaient à faire face à des attaques pas toujours efficaces et pour le moins académiques.

Elle devait voir Brunhilde puis faire son adieu aux valkyries avant de quitter Sessrumn avec Brunhilde et retrouver Heimdall. C'est donc vêtue comme au premier jour et un peu anxieuse qu'elle se rendit devant les appartements de Brunhilde. Elle hésita puis frappa franchement à la porte.

- Je t'attendais, entre. Lui répondit la valkyrie. Contrairement à ses habitudes, cette dernière portait une longue robe ivoire et avait les cheveux lâchés. Honor la trouvait incroyablement plus charismatique qu'à l'ordinaire, comme si elle rayonnait, et c'est souriante qu'elle invita Honor à s'asseoir. Brunhilde prit la parole.

- Quand j'ai été te chercher à Gladsheim, j'avais des doutes et pas uniquement parce qu'Odin avait appuyé ta candidature comme recrue. Lors de ton premier combat avec Hilda, il est vite apparu que tu n'avais ni les capacités ni le tempérament d'une valkyrie ou d'une guerrière. Elle marqua une pause avant de continuer. Et même si j'ignore toujours dans quel but le Père de toutes choses t'a envoyée ici, je dois dire que tu as faire preuve de beaucoup de caractère et de volonté. Rester ici deux semaines, est en soit un exploit pour une fille d'Asgard, cet exploit tu l'as fait sans broncher ni rechigner à la peine ou au travail. Tu as toujours fait preuve de bonne volonté et de courage. Je regrette presque que tu ne puisses être valkyrie. Ce soir est ton dernier ici, cependant sache que tu seras toujours la bienvenue en ces murs. Nous allons rejoindre la salle de repos, les valkyries veulent te faire leurs adieux avant ton départ.

En entrant dans la salle, Honor fut accueillit par l'ensemble des valkyries. Brunhilde leur signifia qu'elles n'avaient que cinq minutes. Les sœurs de la fatalité se précipitèrent sur elle, Hilda lui demandant de leur donner de temps à autre des nouvelles et lui offrant les dagues courtes qu'elle avait utilisées pour s'entrainer -de la part de nous toutes- avait-elle dit. Mista lui remit une espèce de diadème-casque. Les valkyries recevaient lors de leur acceptation chez les valkyries un casque ailé qui leur couvrait le visage jusque l'arrête du nez. Celui-ci n'était composé que de la partie ailée et une attache en acier reliant les ailes sur le coté. Sangrida proposa de lui mettre. Ainsi parée, on voyait uniquement deux ailes rabattues près de ses oreilles de chaque coté de son crane, Sangrida avait arrangé l'arrière de ses cheveux pour qu'on ne puisse voir la barre métallique faisant tenir les ailes. Les valkyries l'acclamèrent quand un immense corbeau entra dans la pièce. Il alla se poser sur l'épaule de Brunhilde et croassa.

- C'est l'heure, dites-vous au revoir. Déclara fermement Brunhilde.

La plupart des valkyries serrèrent la main d'Honor, quelques unes dont les trois sœurs la serraient dans leurs bras. Puis Honor partit avec un dernier geste de la main pour celles qui l'avaient accueillie. Brunhilde l'amena à la frontière de Sessrumn

- Je te souhaite le meilleur, déclara solennellement Brunhilde elle marqua une pause et sa bouche s'étira en un sourire taquin, Chiffon. Heimdall ouvre le pont ! Appela Brunhilde.

Honor fut happée par la lumière du bifrost.

- Bon retour parmi nous Sigyn. La salua Heimdall, Un soldat des Faucons Rouges va vous amener à vos appartements, il vous est interdit de les quitter, vous serez inviter à en sortir quand Odin sera prêt à vous recevoir. Restez y confinée et n'ouvrez à personne. Heimdall avait beau être courtois, c'étaient bien des ordres qu'il lui donnait.

Sigyn, puisque c'était sa nouvelle identité, bien qu'elle en ignore tout, suivie donc calmement le garde. Leurs pas résonnaient dans les couloirs, la dernière fois qu'elle avait suivit un garde, c'était en compagnie de Pavel et l'on ne pouvait pas dire que cela c'était bien terminé. C'est donc peu rassurée qu'elle parcouru les couloirs dorés du palais. Elle put constater qu'elle ne serait pas traitée en simple invitée, puisqu'elle passa devant le couloir menant aux chambres réservées à cet effet. Elle ne serait pas non plus une simple courtisane ni un membre imminent de la cour puisqu'ils ne s'y arrêtèrent pas non plus. Elle se sentit rassurée, elle n'appréciait que très peu de gens qui en faisaient partie. Bien sûr rien ne l'obligerait à les côtoyer assidûment mais leur voisinage lui aurait été inconfortable.

Elle se souvenait encore des murmures et autres commentaires sur le fait que Frigga s'occupe elle-même de l'arrangement des jardins, ou que sa mère se soit mariée avec un étranger plutôt qu'un Asgardien, et pires ceux sur Loki. Ses poings se serrèrent un peu et son visage se crispa légèrement en y pensant.

Odin lui attribuerait sûrement un appartement près des serviteurs ainsi que des artisans et savants. Tant mieux, Loki et elle trainaient souvent par là, d'une part pour éviter Thor et ses compagnons, de l'autre parce que les gens les plus intéressants du palais y séjournaient. Combien de fois ne s'étaient-ils pas cachés dans ces couloirs pour y entendre les servants y raconter milles et unes anecdotes sur les membres de cour, les écouter se moquer de leurs manies et exigences les plus farfelues les unes que les autres. Voir les artisans travailler sur leurs œuvres et voir sous leurs yeux de magnifiques textiles, poteries, bijoux, armes et peintures prendre forme. Attendre impatiemment qu'un des mages leur montre un tour, qu'un herboriste ou un guérisseur leur montre une plante ou une herbe aux capacités exceptionnelles ou amusantes, qu'un de ces savants personnages leur pose une énigme ou partage un peu de son savoir avec eux. Oui, elle serait sûrement plus à sa place là-bas.

Mais quand ils prirent la direction des appartements royaux Sigyn paniqua un peu, où donc allaient-ils ?

- Êtes-vous sur que nous allons vers mes appartements ?

- Oui, madame, j'en suis sûr. Vous serez logée entre les appartements des deux princes. Vous devez être reconnaissante envers Odin.

- Peut-être, répondit-elle. Le soldat fut surpris de son apparente indifférence, mais ne posa plus de questions à cette étrange hôte.

Arrivé devant la porte de ses appartements, le garde sans nul doute irrité de devoir lui réciter des recommandations commença d'un ton monocorde.

- Voici vos appartements, ils pourront être décorés selon vos goûts dès que vos autres affaires seront arrivées et que l'on vous aura attribué du personnel. Dès que vous passerez ces portes, vous ne serez plus autoriser à sortir, il vous est aussi interdit de recevoir de la visite, jusqu'à nouvel ordre. Les seules visites autorisées sont celles d'Heimdall et d'Odin. Tout manquement à ces règles entraineront des sanctions, Odin m'a demandé de bien vous signifier que l'enferment dans les prisons d'Asgard en font partie.

Bien que les paroles du garde fussent pleines de menaces, Sigyn ne put s'empêcher de sourire face à ce dernier. Il ressemblait plus à une matrone qu'à un garde avec ces recommandations.

Elle remercia ce dernier et passa la porte. Ces appartements étaient dénués de toutes décorations et ne contenaient que très peu de meubles, juste le strict nécessaire. Ils étaient tellement différents et beaucoup plus strictes que le luxe afficher partout dans le palais. Ils semblaient d'ailleurs immenses mais c'était sûrement parce qu'ils étaient presque vides. Elle déposa ses dagues sur la seule et unique table et s'avança jusqu'à la balustrade et regarda la vue incroyable qu'elle avait sur Gladsheim.

- Hu-hum. Sigyn sursauta avant de se retourner et de découvrir qu'elle n'était pas seule. Un homme de taille moyenne se tenait debout devant elle. Apparu de nulle part, il était grisonnant et bedonnant. Il n'était pas vraiment ce qu'on pouvait qualifier de menaçant, pourtant elle se sentit mal à l'aise. Le garde ne lui avait-il pas précisé que seuls Heimdall et Odin pouvaient la voir ? Instinctivement elle fit un pas en arrière, il sembla l'avoir remarqué.

- Veuillez m'excuser pour cette intrusion, je tenais vous souhaitez la bienvenue à Gladsheim, capitale d'Asgard. Devant le manque de réaction de Sigyn, il continua. Il est de mon rôle de veiller à la bonne installation des invités les plus prestigieux et honorables d'Asgard. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à vous adressez à moi, Lady …

Elle sentit flairer le piège, il ignorait son nom et qui elle était, elle-même ignorait quelle couverture on lui avait donnée. Certes, il devait occuper une fonction haut placée pour pouvoir s'aventurer dans l'une des ailes les plus privées du palais … Mais il était entré dans ses appartements sans sa permission, tout homme important qu'il était, il ne pouvait ignorer qu'entrer dans les appartements privatifs d'une femme sans autorisation ou précaution était tout sauf bienséant, d'autant plus qu'elle était surveillée.

- Je sais très bien qui je suis, merci. Fit-elle sèchement, en l'attaquant verbalement alors qu'il essayait d'être aimable. Elle espérait qu'il en soit assez surpris pour lui permettre d'être en position de force dans la discussion ambigüe qui s'annonçait. Et elle se devait d'avoir le dessus, sa couverture et sa vie en dépendrait peut-être.

- Bien, bien je n'en doute pas. Il n'avait même pas sourcillé, bien qu'il ait feint une attitude soumise. Cela ne devait pas être la première fois que des gens haut placés le rabrouaient. Il en avait vu d'autres, elle devait choisir un autre angle d'attaque pour ne pas s'enliser dans une conversation sans fin et risquer de se dévoiler. Elle devait le faire partir au plus vite, et pour cela il fallait qu'elle-même en sache un peu plus sur lui. Il allait ouvrir la bouche quand elle le coupa.

- Cela étant j'ignore à qui j'ai affaire.

- Mes excuses, je suis l'ambassadeur Silverfort. Et j'aimerais connaitre les raisons de votre venue, ainsi je pourrais organiser au mieux votre séjour et gérer l'agenda des personnes que vous souhaiteriez rencontrer.

Sigyn était tendue. Certes, il ne semblait pas lui vouloir du mal, du moins pour l'instant, mais elle était seule et ses dagues étaient maintenant plus près de cet homme, si elle tentait de les atteindre il le remarquerait. De plus, il semblait vouloir en savoir plus sur elle, ses questions devenaient de plus en plus précises. Il vaudrait mieux trouver un moyen d'appeler le garde sans attirer la méfiance de cet ambassadeur. Il restait assez suspect, entre autre part, cette visite de nature totalement inappropriée (il était dans ses appartements, au contraire de toutes les convenances) et ses questions insistantes sur son identité et les raisons de sa présence à Gladsheim. Cependant, si ce n'était qu'un simple ambassadeur, elle ne devait pas attirer sa méfiance, ou lui donner l'impression d'avoir quelque chose à cacher alors qu'il exerçait tout simplement son travail. Elle devait se comporter le plus normalement possible alors que son cœur battait à tout rompre de peur.

- Est-ce habituel à Gladsheim d'attendre les gens dans les appartements privés ? Je ne voudrais pas vous offenser, mais si c'est le cas j'aimerais que vous me le disiez franchement. Pas que je n'apprécie pas les visites, mais je n'aimerais pas être surprise dans une situation compromettante, vous me comprenez sûrement ? Elle lui souriait en lui parlant plus calmement, essayant de gagner du temps.

- Oh non, rassurez vous, ma visite est assez inhabituelle mais comme je n'ai pas vraiment été prévenu officiellement de votre arrivée, j'ai pris la décision de …

- Vraiment ? Le coupa-t-elle encore une fois. Qui vous en informe habituellement ? Il fronça les sourcils avant de répondre.

- Eh bien, le Père de toutes choses évidement.

- Naturellement, continua-t-elle. Croyez-vous qu'il m'aurait oubliée ? Son ton était faussement inquiet, s'il venait réellement l'accueillir, il n'entendrait pas la menace sous-jacente.

- Quoiqu'il en soit, et il semblait un peu nerveux en parlant, l'était-il parce qu'il avait peur qu'elle en révère à Odin ou parce qu'il sentait la menace, vous ne m'avez pas toujours dit quelles étaient les raisons de votre venue.

- Eh bien je suis ici pour voir Loki et Odin, cela va sans dire.

-Le prince Loki, vraiment ? Cela me semble assez compliqué. Le diplomate avait l'air ennuyé, Sigyn insista.

- Pourquoi cela le serait-ce ?

- Les prisonniers d'Asgard reçoivent peu de visites. Il semblait sur la défensive devant le regard aussi hautain qu'abasourdi sur lui que jetait Honor.

- Je vous demande pardon ?

- Loki est emprisonné dans les prisons d'Asgard. Je suis étonné que vous ne soyez pas au courant, à quel sujet voulez-vous vous entretenir avec lui ?

Il fallait qu'elle se débarrasse au plus vite de l'importun, son ignorance au sujet du dieu le mettait sur la voie. De plus, elle devait s'expliquer avec Odin à son sujet. Sigyn se mit à regarder vers le balcon et poussa un cri suraigu. Alerté par le cri, le garde ouvrit la porte en grand. Sa ruse avait fonctionné.

- Lady Sigyn !

- Vous avez vu ? C'était un lepidoptera moucheté ! C'est assez rare d'en voir d'aussi près dans la journée. Quelque chose a dû le déranger, c'est un papillon de nuit, vous savez. Le garde était plus que surpris, devant cette étrange fille qui s'inquiétait devant un papillon. Il remarqua l'ambassadeur et allait demander des explications concernant sa présence, quand elle se plaça devant la porte de ses appartements, prête à sortir. Odin devait lui fournir des explications, pour l'ambassadeur mais surtout pour Loki. Elle ne se sentait pas du tout en sécurité avec cet ambassadeur insistant. Un deuxième garde, plus jeune se tenait là dans le couloir lui aussi faisant partie des faucons rouges, sûrement pour la relève. Dos et à l'abri du regard indiscret de l'ambassadeur, elle lui serra l'avant bras.

- S'il vous plait j'ai besoin de voir Odin, escortez moi c'est urgent. Le ton était intransigeant.

Le deuxième garde plutôt étonné, ne répondit pas. Voyant son hésitation, Sigyn resserra sa prise avant d'articuler silencieusement « Je vous en prie, aidez-moi. ».

- Bien, mais j'ignore s'il acceptera de vous recevoir.

- Et pour ce qui est de la relève ? Cria l'autre maintenant avec l'ambassadeur.

Elle se retourna vers les deux autres hommes rester à l'intérieur.

- Je vous remercie de vous inquiéter de l'organisation de la faction qui a la charge de veiller sur mes appartements, je ne peux vous exprimer ma gratitude de pouvoir compter sur vous pour les garder durant mon absence. Silverfort, ce fut une visite très plaisante, j'ai hâte de vous revoir pour converser.

En suivant le garde à travers les couloirs du palais, elle était pensive, libérée de la présence anxiogène du diplomate, elle oublia sa peur et sa surprise de l'avoir découvert. Ses pensées étaient tournées vers Loki, il était emprisonné certes, mais dans quelles conditions ? Frigga n'était plus là, elle sentit un pincement au cœur, il était désormais seul face à Odin qui ne lui avait jamais montré beaucoup d'empathie ni de compréhension. Loki était-il bien traité ? Elle ne s'était jamais rendue dans les prisons d'Asgard, comment étaient-elles ? Comment Loki y passait-il ses journées ? Elle était aussi en colère contre Odin, il savait ce qu'il avait fait, il avait exilé Thor pour lui faire apprendre ses erreurs, pourquoi ne pas avoir de même avec Loki. La réponse venait presque d'elle-même, Loki lui n'était pas son fils, il n'était qu'une menace… La colère faisait trembler ses mains, quand le garde lui présenta la salle du Conseil là où Odin discutait et mettait au point aussi bien des stratégies militaires que politiques.

- Il va falloir attendre ici, vous n'êtes pas annoncée et il y a du monde donc …

Sigyn ne l'écoutait pas, elle entra avec fracas dans la pièce faisant face à plusieurs guerriers dont Sif.

- Qu'est-ce que cela signifie ? Je ne t'ai pas autorisée à sortir et encore moins à interrompre une réunion. La voix d'Odin résonnait grandement dans cette salle, il avait monté le ton plus vite qu'à l'accoutumée, cette réunion ne devait pas se passer aussi bien qu'il l'aurait souhaité.

- Pour tout dire, j'ai entendu une rumeur assez folle dont les protagonistes seraient vous, le Père de Toutes Choses et Loki, vous l'auriez fait emprisonné. C'est surprenant ce que les gens peuvent dire. J'ai cru bien faire de vous en alerter car je crois que si vous étiez au courant de tels faits, vous auriez eu l'amabilité de m'en tenir informée. Le ton était faussement aimable, et on saisissait l'ironie et la colère contenue dans ses mots.

- Et pour quelles raisons ? Sif avait beau admirer le courage dont cette fille avait fait preuve à Sessrumn, pourtant elle n'aimait pas cette fille. Elle avait provoqué le départ de Thor, et aujourd'hui elle se permettait de les interrompre ? Et pourquoi ? Savoir si oui ou non Loki croupissait en prison.

- Je crois que nous ne nous sommes pas été présentées, je suis Sigyn, et je sais qui vous êtes. La valeureuse Sif. Sif eut l'impression que cette Sigyn partageait son sentiment à son égard, bien que de façon beaucoup moins virulente. Tiens mais où est Thor ? Sif serra la mâchoire à l'évocation de ce dernier, désormais furieuse contre l'intruse. Sigyn souriait d'un air convenu à Odin. Ce dernier comprit le message, sa nièce était décidée à ruiner sa réunion, quitte à se faire de Sif une ennemie.

- Tout le monde dehors. A la vue du visage d'Odin, on pouvait voir qu'il ne tolérerait aucune désobéissance. Une fois la salle vidée de ses occupants à part eux deux. Odin soupira.

- A quoi joues-tu ?

- Pourquoi Loki est en prison ? Ferme et inflexible, Sigyn s'assit dans un siège signe qu'elle ne partirait pas sans réponse satisfaisante.

- Je suis vieux et lassé de toutes ces manières, viens-en au fait. Il n'avait pas de temps à perdre.

- Ma question est simple. Pourquoi est-il en prison ? Est-ce parce qu'il est un Jötunn ou parce qu'il a été possédé par le Tesseract et Thanos, parce que vous lui avez menti, parce qu'il serait meilleur roi que Thor et que les sept autres royaumes vont s'en rendre compte ? A moins que ce ne soit le tout à la fois ? C'était clairement de la provocation, elle était plus qu'en colère.

- Ne sois pas impertinente ! Heimdall m'a confié que Loki et toi aviez partagé des souvenirs durant votre « séparation », tu sais parfaitement ce qu'il a fait et pourquoi nous en sommes là. Il reprit plus calmement.

- Écoute, tu es sûrement déstabilisée et sûrement troublée par tous ces événements et tes souvenirs qui sont réapparus. Tu ne sais plus différencier un mensonge de la vérité. Ces derniers mots ne la clamèrent pas du tout, pire elle enrageait littéralement. Non seulement il refusait de répondre mais en plus il était condescendant.

- Je le sais peut-être mieux que vous, connaissez vous si peu Loki pour lui attribuer la paternité de tels actes ? Ces morts inutiles, cet étalage de violence et de force ne lui ressemble pas et vous le savez très bien. Elle était sèche et ferme, elle n'avait jamais aimé être prise de haut et ce pour quelques raisons que se soit. Odin, lui s'impatientait, elle avait fait arrêter le conseil pour ça ? Un caprice !

- Suffit, tu ne sais pas de quoi tu parles !

- Vous cherchez juste une raison de vous protéger, vous le voyez comme une menace et ce depuis que vous lui avez avoué la vérité. Elle ricana cherchant à le provoquer davantage, Loki dieu du mensonge, qu'il porte mal son nom en votre présence.

- Il a tenté de soumettre tout un royaume ! Il a tué nombre de ses habitants ! La voix du Père de toutes choses montrait bien qu'il perdait patience mais il continuait de refuser les réponses qu'elle attendait.

- Parce qu'il était sous influence, parce que vous l'avez abandonné. S'il avait voulu soumettre Midgard, jamais il ne l'aurait attaqué aussi directement. Il n'est pas du genre à guerroyer avec la vie des autres, lui. Désormais, elle ne criait pas plus, elle semblait douter, pas de Loki mais de l'homme en face d'elle. N'avait-il aucune compassion pour l'enfant qu'avait été Loki, comment était-ce possible ? Il avait accepté sa présence, le laissant jouer et grandir avec son propre fils, lui faisant faussement miroiter un trône… Cet homme qui était son oncle, qui l'avait vu grandir, qui n'avait pas hésité un instant par amour à mettre Frigga, une Vane à ses cotés, malgré la réprobation de la plupart des asgardiens. Lui qui aimait tendrement sa sœur Sunniva… Cela contrastait tellement avec l'image qu'elle avait gardé de lui, non le Odin qu'elle connaissait n'aurait jamais agit de la sorte. Puis les paroles de Loki lui revinrent en mémoire « Je ne vaux pas davantage qu'une de ces reliques volées, j'étais enfermé ici en attendant de pouvoir vous servir ». Elle n'écoutait plus Odin, qui malgré qu'elle se soit calmée continuait de tempêter dans le vide.

- Peu importe, les faits sont là, il a commit plusieurs crimes ici et sur Midgard !

- Vous en avez fait autant par le passé, vous aviez transgressé les lois, Bor vous en a fait payez le prix en vous obligeant à être un protecteur de Midgard. Pourquoi Loki devrait être enfermé éternellement pour une erreur alors que vous et Thor en commettez de plus graves ? Pourquoi serait-il le seul à payer si durement ses erreurs ? Elle était calme et posée, attendant une réponse, que Odin ne soit l'horrible personne qu'elle voyait en regardant Loki. Odin tonna, elle l'avait mis mal l'aise. Il avait fait le bon choix, c'était la bonne décision, il avait agit pour le mieux, il le savait. Fort de cette conviction, il hurla comme jamais.

- Je ne supporterai pas ton insolence une seconde de plus ! Pavel a peut-être autorisé ce genre d'écart mais moi je ne te le permettrai pas ! Sors d'ici toute de suite ! Théoric ! Ramène-la dans sa chambre et qu'elle n'en ressorte sous aucun prétexte ! J'aviserai de sa sanction plus tard.

Ce n'est qu'une fois seule dans sa chambre qu'elle comprit réellement ce qu'Odin refusait obstinément de dire. Loki était une menace mais ce n'était qu'à ses yeux un objet. Aux yeux d'Odin il n'était que cela, un moyen d'atteindre un but, c'est pour cela qu'il n'avait jamais éprouvé la moindre once de compassion ou d'affection pour lui. Qui se soucie du bien-être des meubles ? Un objet qui ne sert pas n'a qu'à être « entreposé » là où il ne gênera pas, que se soient les prisons ou ailleurs qui s'en préoccupe. Elle avait soudain comprit que désormais, Odin ne serait plus une personne de confiance ou proche. Il ne serait plus que l'homme qui était le frère de sa mère, et cela s'arrêterait là. Elle avait voulu l'amitié de Loki parce qu'il était vrai, elle avait eu quelques fois ressenti la peine de ne pas être apprécier pour elle-même, juste pour son statut, un peu comme un objet, un joli bijou que l'on porte avec envie devant les autres et pour faire jalouser. Il n'avait même pas offert à Loki le luxe d'être envié…

Elle pleura de longues heures, ne sachant pas très bien qui elle pleurait, l'oncle disparu ou Loki ? Ni le pourquoi, étaient-ce des larmes de rage ou de tristesse ? Elle réfléchissait. Qu'éprouvait-elle, d'ailleurs, vis-à-vis du dieu du mensonge ? De la pitié ? Non, elle ne le supporterait pas, elle ressentait de l'empathie et de la compassion, de l'admiration aussi. Certes, il avait pris une mauvaise voie, avait commit des erreurs mais il avait prit le risque de faire face au SHIELD et de la ramener à Asgard et ce, malgré le fait qu'Odin aurait pu demander sa mort et l'enfermer à vie. Il avait prit ce risque pour elle, et elle sécha ses larmes. Désormais, elle serait du coté de Loki jusqu'au bout, qu'importe le prix à payer. Presqu'une heure était passée, et c'est à ce moment qu'elle entendit que l'on frappait à sa porte, enfin frapper n'était peut-être pas le mot exact.

- Ouvre-moi ! Ouvre ou je défonce cette porte !


Hey ! Désolée pour ce long délai pour me faire pardonner je posterais un autre chapitre la semaine prochaine. Et promis Thor et Loki seront dedans ! Je vous remercie de continuer à me lire. D' ailleurs un grand merci à ma Beta CIRCLEOFJUSTICE ! Sans elle cette fic ne serait pas aussi bien. Je remercie aussi Noooo Aime, Fuyuki et insideyourdream. Vos marques d'attention me fait très plaisir, cela m'encourage toujours de savoir que je suis lue. Un grand merci à vous tous qui me lisez aussi !

N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires et avis que ce soit par MP ou via reviews !

Passez une bonne semaine,

Kitt-NA