Hey bande de gens !
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre VII " Spannungen " ou Tensions de Der Fall von Deutschland ! Oui oui, celui que vous attendiez pour les vacances de Noël, oui... *pas taper!*
Je m'excuse pour le temps d'écriture à rallonge, j'ai une masse d'examens blancs à préparer, alors je suis obligée de mettre un peu l'écriture de côté de temps à autre... Bon, et puis, il faut dire que je suis aussi atteinte de flemmardise aiguë donc heeeeeeee des fois je pourrais écrire, mais la flemme.
ENFIN BREF.
/!\ Ce chapitre est un peu plus, disons... "violent" dans son contenu que les précédents. Donc bon voilà quoi, vous attendez pas à des poneys et des arc-en-ciels. /!\
... Comment vous allez tous me haïr...! :meurs:
Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture, et on se retrouve plus bas pour les notes et le mot de la fin ! *part en crabe*
xXx Le 8 décembre 1944, Panzernest ( Deutsches Reich ), 20h36 xXx
_ Italie, je t'interdis de faire ou dire quoique ce soit durant cette discussion. Compris ?
Veneziano secoua doucement la tête, résigné aux paroles de son homologue Allemand qui ne cessait de faire les cent pas dans son bureau, tel un lion en cage. Assis sur sa chaise, il se sentait toujours un peu nauséeux malgré une légère amélioration quand à sa condition physique ces derniers jours ; aussi se forçait-il donc à se tenir bien droit, cachant sa souffrance du mieux qu'il pouvait.
Allemagne était réellement agité depuis quelques jours, même lui l'avait remarqué. Il semblait de plus en plus nerveux, les nerfs à vifs ; ce n'était pas le moment de se le mettre à dos.
_ Lud', je t'en prie, assieds-toi tu me donnes la nausée...
_ Et bien ne me regarde pas, ça ira mieux. Et tais-toi.
Le ton sec du Germain fit frémir le petit brun, dont les muscles se tendirent sensiblement. Parfois, il se demandait vraiment s'il n'était pas un peu masochiste, d'aimer au point qu'il le faisait cet homme... Lovino n'aurait nullement manqué cette occasion de le charier, s'il était là.
Lovi...
Il n'osait même plus parler de son grand frère à Ludwig. La dernière fois qu'il avait esquisser le sujet dans l'une de leurs conversations, l'Aryen était entré dans une colère noire et s'était défoulé toute une soirée sur un prisonnier résistant Italien pour ne pas le frapper lui. Mais indirectement, il lui avait tout de même fait du mal, en battant à mort l'un de ses chers citoyens...
A ce souvenir, l'Italie du Nord frissonna d'horreur. Pourquoi Lud était-il devenu si... Barbare ? La guerre ne pouvait tout expliquer et pardonner, c'était impossible...
Il y avait alors autre chose.
Avait-il fait quelque chose de mal ? Le Germain commençait même à se montrer brusque envers lui, pourtant son plus proche allié... Était-ce de sa faute si son Luddy si gentil était devenu un monstre ? Ou alors, peut-être... Peut-être que Ludwig était tombé amoureux d'une humaine, mais que cette dernière était Juive ou Communiste, et qu'elle s'était mariée à un autre homme. Ou alors elle était morte. De ce fait, Allemagne dans sa douleur avait tourné sadique.
A ces pensées, Veneziano sentit des larmes pointer au coin de ses yeux. Il secoua la tête vigoureusement, essuyant ces derniers d'un revers de bras déterminé. Il se faisait des scènes, c'était sûr. Jamais Ludwig ne le trahirait de la sorte.
Tout comme lui ne le trahirait jamais.
Quatre coups distincts frappèrent alors à la porte, le faisant sursauter de surprise. L'Allemand n'y prêta aucune attention et se jeta presque sur la poignée, l'ouvrant d'un seul coup.
De l'autre côté se tenait Roderich, droit comme un i dans une tenue impeccable, malgré son bras gauche en chemise et les nombreux pansements visibles sur sa peau pâle. Un soldat Autrichien le tenait par le bras, et l'aida à entrer dans la pièce pour s'y placer debout au centre, en face de la nouvelle position de Ludwig. En effet, remarqua la jeune nation Italienne, Roderich ne portait pas ses lunettes. Elles avaient due être détruites lors de son accident sur le terrain, en Hongrie...
Ungheria...
Veneziano avait l'impression que tous ses amis les quittaient au fur et à mesure que la guerre progressait. D'abord Ivan, puis Nicholae, Natalya, Katya, Tino, Vlad, et à présent Lizzie... Et il en passait...! Il sentit des larmes lui monter aux yeux, qu'ils s'empressa de refouler pour ne pas s'attirer plus les foudres de son précieux allié Allemand.
Ce dernier justement n'avait plus quitté des yeux l'Autrichien depuis l'instant-même où le simple soldat s'en était allé. Son regard dur était comme figé dans celui mauve de son vis-à-vis, qui ne détournait pas non plus le sien. C'était une véritable guerre des nerfs qui était lancée.
Et la petite Italie n'aimait pas du tout cette atmosphère. Pas du tout.
Un silence assourdissant plombait l'air ambiant rendu presque irrespirable pour le petit brun qui assistait impuissant à cette joute visuelle. La tension hargneuse palpable entres les deux hommes se faisait ressentir jusque dans son abdomen, si bien que Veneziano crut un moment qu'il allait de nouveau rendre le contenu de son estomac.
Puis soudain, l'impensable se produisit.
Ludwig s'avança lentement vers le brun qui lui faisait face et, d'un mouvement vif du bras, le frappa violemment - voir de toutes ses forces - au visage. Veneziano hoqueta, horrifié, les mains devant la bouche, ne pouvant qu'observer le corps déjà fragile de l'Autrichien tomber lourdement au sol dans un bruit mat étouffé par le tapis qui y était entendu.
Et les festivités ne faisaient que commencer.
L'Allemand se mit à le frapper sans relâche, débitant dans sa langue nombre de paroles que l'Italien ne comprit pas mais dont il devina que le vocabulaire devait être fleuri. Ce dernier sentit des larmes couler sur ses joues alors qu'il ne pouvait faire autrement que regarder, en état de choc émotionnel, son vieux tuteur se faire ainsi violenter par un Ludwig en furie. Le Germain lui faisait terriblement peur à cet instant précis. Jamais auparavant il ne l'avait vu s'acharner ainsi sur quelqu'un, sur un humain, et encore moins une nation.
Et si c'était ce qu'avait subi le Résistant de sa patrie, alors sa mort ne l'étonnait pas du tout...
Cette pensée débloqua l'Italie du Nord qui, brisant courageusement la promesse qu'il avait faite à son homologue Allemand, se leva précipitamment de son siège et vint s'interposer entre Ludwig et le corps recroquevillé et ensanglanté de Roderich.
_ Lud', arrête...! Per l'amore di Dio, tu vas le tuer...!
_ Ruhe Italien !
Le regard glacial que lui adressa l'Allemand fit frémir de terreur Veneziano, mais pourtant il ne se démonta pas, ancrant ses yeux d'ambre dans ceux de son vis-à-vis et plaquant ses deux mains à plat sur les pectoraux musclés de son allié Germain.
_ N-non...! Je ne vais pas me taire ! Je ne peux pas décemment te laisser frapper ainsi l'un de nos alliés, qui plus est Autria...!
_ Pousse-toi Italie.
_ Calme-toi d'abord...!
_ POUSSE TOI, reprit le Germain en haussant significativement le ton.
_ Non !
Veneziano le repoussa de toutes ses forces alors que l'Aryen s'approcha pour le contourner. S'en suivit alors une série de bousculades plus ou moins brusques, où l'Italien tentait désespérément de rester en place tandis que Ludwig le poussait de côté pour ensuite être de nouveau tirer en arrière par le petit brun qui aggripait alors son bras de toutes ses forces et se repositionnait ensuite entre le blond et l'Autrichien qui s'était lentement relevé.
Mais après une bousculade plus brusque que les autres, le Vénitien n'y tint plus. La colère le submergea l'espace d'un instant, alors qu'il se plantait fermement face à l'Allemand.
_ Cazzo Germania, reprends toi !
La main de l'Italien se mua toute seule, et vint violemment gifler celle du blond, y laissant une marque rouge saillante.
Un silence de mort s'installa dans la pièce. Sa colère retomba aussi vite qu'elle s'était échauffée, alors qu'une expression désemparée, désolée, mais surtout apeurée se dessinait sur le visage fin du Méditerranéen.
_ Ah... Je... Allemagne...
_ Österreich. Geh weg, schnell. Soldat !
L'Italien se retourna vivement vers son ancien tuteur, qui le fixait de ses yeux mauves fatigués. Et un instant, il crut y lire quelque chose semblable à de la pitié.
Madre di Dio, il allait avoir des ennuis.
Le soldat qui s'était retiré quelques temps auparavant réapparut dans la pièce, prenant à nouveau le bras de la nation blessée pour la mener hors du bureau, laissant les deux autres hommes seul à seul.
Veneziano n'osait plus bouger. L'Aryen ne le regardait pas, mais il sentait sa fureur comme s'il pouvait la voir. Son coeur battait la chamade alors que sa gorge s'était nouée. Il était terrifié.
Et le regard noir de colère que lui adressa enfin Ludwig ne fit qu'empirer son état de tension psychique.
L'Allemand commença à s'avancer vers lui, menaçant, ne le quittant pas des yeux, le faisant reculer craintivement alors que l'Italien tentait de se justifier comme il le pouvait.
_ Lud'... E-écoute, je suis désolé, je... Je ne voulais pas...
Un petit cri de surprise lui échappa alors que ses fesses rencontraient le bureau de chêne qui trônait dans la pièce. Il voulut se dégager pour bouger, mais Ludwig ne lui en laissa pas le temps. Il sentit les doigts de l'Allemand se serrer autour de son cou, venant marquer la peau pâle de sa gorge, le faisant hoqueter douloureusement.
_ Que t'avais-je dis, Italie ? demanda le blond d'un ton froid.
_ D-de... me taire... et de ne r-rien faire...
_ Et...?
_ E-et j'ai d-désobéï...
La main de l'Aryen resserra sa poigne sur la gorge de l'Italie, le faisant gémir et chercher un peu d'air.
_ Tu sais que je pourrais te tuer facilement pour cette raison, si tu étais un humain. Mais même en temps que nation, la torture n'est rien d'agréable. Cela te plairait d'y goûter ?
De grosses larmes de frayeur glissaient abondamment sur les joues du représentant de l'Italie du Nord, alors que ses yeux brillaient d'une lueur qui hurlaient silencieusement qu'il ne voulait en rien tester la torture SS spéciale pour les traîtres.
_ L-Lu... ud'... J'é..touffe...
_ Dis moi pourquoi tu as désobéï.
Veneziano demeura silencieux, sentant son esprit devenir blanc à mesure que ses membres perdaient de leur vigueur, en manque d'oxygène. Serrant les dents, le blond le secoua brusquement comme un prunier, exigeant une réponse.
_ POURQUOI Italie, réponds c'est un ordre !
_ P-Parce... que... Tu m'as fait peur...! T-tu... allais le t-tuer...!
Le petit brun fût immédiatement relâché, se laissant tomber à terre en toussant bruyamment alors qu'il reprenait difficilement son souffle. Les yeux brouillés de larmes, la tête embrumée à cause de la sous oxygénation, il n'entendit que vaguement la voix de Ludwig alors que ce dernier le laissait seul, ainsi recroquevillé au sol.
_ Tiens toi tranquille à présent.
La porte claqua.
xXx
xXx Le 15 décembre 1944, Rome ( Italie du Nord ), 17h24 xXx
Un silence de mort régnait dans la salle de réunion où s'étaient regroupés un petit comité de Résistants. Pourtant, la tension était palpable. Un jeune homme brun-roux tapotait nerveusement du bout des doigts la table en chêne, ses yeux d'ambre troublés, tandis qu'une jolie femme aux yeux presque verts et aux cheveux d'ébène semblait bouillir de l'intérieur, assise à côté d'un autre brun qui ne remuait pas d'un iota.
Ce fût elle qui bougea en première, se levant brusquement de sa chaise en la faisant racler le carrelage, puis frappant du poing sur la table elle dit d'une voix forte.
_ Questo non può andare avanti ! Dobbiamo rispondere !
_ Aria non grida, per favore ... ti siedi...! La pria le brun réactif en lui faisant signe calmement de s'asseoir.
_ L'azienda pazzo ! Sei troppo placido Lorenzo ! Si tratta di un'occasione d'oro per ottenere finalmente liberarsi di questi mangiatori di patate invasori !
La jeune femme sulfureuse frappa une nouvelle fois du poing sur la table, furieuse, faisant sursauter son camarade Nordiste. Ses longs cheveux bouclés et sombres retombaient en cascade sur son épaule gauche, recouvrant en partie le brassard du CLN que les trois Résistants portaient au biceps.
La dite Aria replaça sa jupe à ses genoux correctement, mais alors qu'elle allait reprendre son discours son interlocuteur l'interrompit, la fixant en secouant la tête d'un air pensif et désapprobateur.
_ Ma perché lui ...? Voglio dire, mia bella, anche Grande Fratello Spagna o Francia non avrebbe potuto aiutarci, perché sono nostri vicini più prossimi. Allora, perché lui ? Egli non ha alcun interesse a fare quello ...!
_ Ma chi se ne frega che puttana ! reprit immédiatement la Sicilienne en haussant le ton. Tutto quello che serve sono le sue armi e soldati per farci uscire da questa merda !
_ Non credo che sia una buona idea, io... continua tout de même le brun en passant une main dans ses cheveux auburn. Penso che possiamo fare a meno di loro. Inoltre, abbiamo sempre Feli, che è come "infiltrato" il diritto nemico ?
_ Il mio culo, sì ! Feli è un traditore, è andato via da solo pista come un cucciolo obbedienza quel coglione di Germania. Egli paga oggi a caro prezzo ! cracha la jeune femme d'un ton amer, un rictus mauvais au coin des lèvres.
_ Sicilia...!
_ Dissi stai zitto, Seborga !
Les deux belligérants se fixèrent alors silencieusement du regard, l'un ennuyé et l'autre furieuse. Lorenzo capitula finalement après plusieurs longue minutes de bataille visuelle, soupirant bruyamment avant de se tourner vers la troisième personne attablée.
_ Forse si trattava di un problema più grande di quella per ora ... Lovino non ha reagito.
Et pour une fois, la Sicilienne ne le contredit pas. Elle se tourna elle aussi vers le brun à sa gauche, alors que ce dernier laissait retomber sa tête contre la table, sous ses bras repliés. Elle s'approcha doucement, posant une main sur son épaule.
_ Lovino ? Va bene ?
Voyant l'absence de réaction de son interlocuteur, Aria se pencha un peu sur lui, tendant l'oreille alors qu'un léger murmure lui parvenait.
_ No sé qué hacer... Nonno, España, incluso Feli... No sé...
Bien.. Ils n'étaient pas sortis de l'auberge ; Lovino s'était mis à parler en espagnol. Et lorsque c'était le cas... C'était que ça n'allait pas. La Sicilienne pinça les lèvres et fronça les sourcils, et brusquement vint frapper l'arrière du crâne de son "ami".
_ Italia Romano !
Tout compte fait, l'interpeller de son nom de Nation n'avait pas été l'idée la plus brillante que la sulfureuse Sudiste avait eu. En effet, le regard noir et pourtant très calme que lui adressa le brun la figea sur place.
Le regard du Parrain en colère.
Lovino se leva alors de sa chaise, s'appuyant à deux mains sur la table, visiblement encore instable sur ses jambes ; pourtant, sa voix était restée forte, voir assurée pour son état affaibli.
_ Non abbiamo scelta. Dobbiamo accettare, non possiamo da soli, déclara la nation sud-italienne d'un ton ferme.
_ Ah ! Avevo ragione, sei orologi ragionevoli ! lança Aria, un petit sourire se dessinant sur son visage.
_ Pensi davvero che possiamo fidarci di questo tipo? Non posso credere che mi troppo, répliqua simplement le jeune homme aux mèches auburn, sceptique.
_ Qualunque cosa accada.
La Sicilienne demeura un instant interdite aux paroles du brun. Lovino qui s'en remet à la chance ? Sérieusement ? Et bien, la guerre vous change bien des gens...
Elle jeta un regard vers son comparse du Nord, qui visiblement pensait la même chose qu'elle du comportement de leur nation. " Différent ". C'était le terme. Il redeviendrait sûrement lui-même après la guerre ; pour cela, la brune ne s'inquiétait pas trop.
L'Italien referma la porte de la salle derrière lui, laissant les deux régions seules à l'Intérieur. Un long soupir s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'il reprenait sa route jusqu'à une pièce adjacente. Devant la porte fermée, il posa la main sur la poignée, et avant de l'actionner inspira longuement.
_ " Alea jacta est. "
Il se força à se redresser pour ne pas paraître abattu, croulant sous les blessures de guerre, et entra avec détermination dans la salle.
A l'intérieur l'attendait une jeune nation - comparée à lui, à moitié avachie sur la table, qui s'amusait visiblement à observer les fresques du plafond et tendre les bras pour les atteindre. Lovino se racla bruyamment la gorge pour signifier sa présence, un temps soit peu irrité, et aussitôt son homologue se redressa en position assise, dans un froissement de tissu issu de son épaisse veste d'aviateur.
_ Yo Italy Romano ! Alors, comment se sont passées les négociations avec tes alliés ?
" Connard. Tu sais très bien ce qui en a décousu ". L'Italien serra les dents, intérriorisant son amertume, se refusant à adopter une attitude peu diplomatique envers son nouvel allié. Après tout - cela le tuait de le reconnaître, mais il avait besoin de ce con.
_ Nous acceptons ta proposition, Alfred. Des armes et des hommes contre le soutien de la Résistance envers les armées Alliées.
_ Tu pourrais quand même me donner du titre de Nation pour une telle déclaration, dit l'Américain, une moue boudeuse enfantine sur le visage.
_ Ton nom officiel est trop long, t'avais qu'à en choisir un plus court, répliqua Lovino en croisant les bras sur sa poitrine.
_ Excuse bidon ~ Anyways.
Le grand blond sauta sur ses pieds, s'étirant longuement, puis s'avança vers l'Italien qui lui arrivait aux épaules pour venir tapoter amicalement son épaule, un large sourire sur le visage.
_ Tu ne regretteras pas cette alliance, Italy Romano !
_ " Romano " suffira, bouffeur de burgers, siffla le brun.
_ Je préfère quand même Alfred, au change ! répliqua la nation alliée en riant bruyamment. Dans tous les cas, reprit-il ensuite plus calmement, j'espère de tout coeur qu'on arrivera à sauver ton frère en même temps que les autres.
" Oh, que de belles paroles hypocrites. C'est touchant. " railla furieusement l'Italien, serrant un peu plus les dents en crispant ses poings à l'intérieur de ses coudes. Un petit rire amer le secoua tout de même alors qu'il répondait, ancrant ses yeux ambrés dans les deux océans limpides du jeune Américain.
_ " Mon frère " ? Mais je n'ai plus de frère, Alfred. Ce cretino est mort i ans pour moi. C'est un traître à présent.
Les deux jeunes hommes demeurèrent un instant immobiles, se jaugeant simplement du regard, jusqu'à ce que celui de la jeune nation Outre-Atlantique ne dérive sur la montre fixée à son poignet.
_ Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai d'autres choses à faire ! s'exclama-t-il alors en tapant dans ses mains. Ma part du contract ne devrait pas tarder à arriver, je te laisse signer le document sur la table, je l'ai déjà rempli ! Bye !
Alfred sortit alors de la pièce après avoir une dernière fois tapoter l'épaule de son allié, puis poussa un long soupir. Bon Dieu, qu'il détestait le climat tendu d'Europe en ce moment...! Pas étonnant qu'Arthur soit constamment d'humeur massacrante...
Le blond se mua ensuite tranquillement, parcourant quelques couloirs pour atteindre un téléphone mural qu'il avait repéré en arrivant le matin-même. Il décrocha le combiné, et composa rapidement un numéro, attendant patiemment que son interlocuteur ne réponde.
Ce qui ne tarda pas.
" ¡ Holà ! "
_ Hey Spain, Whasap dude ?
" ... Alors ? "
Le ton angoissé dans la voix de l'Hispanique ne fit que soupirer plus encore la jeune nation.
_ Tu pourrais répondre à ma question quand même. Déjà que Romano ne s'est pas montré très amical.
" Alors ? "
Peine perdue. L'Américain garda le silence un moment, boudant volontairement l'Espagnol, histoire de bien le faire cogiter nerveusement.
" Alfred ? "
_ Tout va bien, il a accepté. Armes et hommes contre soutien stratégique de la Résistance. C'est bien ce que tu voulais non ?
Un long soupir de soulagement lui répondit dans le combiné, preuve qu'Antonio se détendait enfin.
" Si... Graciàs Alfred... "
L'Américain arqua un large sourire sur son visage, s'adossant au mur, prenant bien son temps pour répondre à l'Espagnol d'un ton mielleux avant de raccrocher calmement.
_ Mais de rien, Spain... De rien.
xXx
xXx Le 23 décembre 1944, Saarguemines, Lorraine ( France ), 11h37 xXx
Matthew avait les yeux clos, l'index et le pouce de sa main droite venant pincer l'arrête de son nez d'un air excédé. Debout face à une grande table où s'étalaient nonchalamment de multiples cartes géographiques des reliefs alentours ainsi que des plans d'attaque, que le Canadien jugeait tous plus foireux les uns que les autres. Les suggestions qu'Alfred leur avait laissé avant de s'en aller vers l'Italie ne leur serviraient à rien.
Et celles d'Angleterre ne semblaient pas plus pertinentes que celles de son jumeau-araignée au plafond.
_ It's out of the question to strike by the Front. The Wehrmacht will wait for us and kick our arses across the Rhine, souffla le Canadien en soupirant.
_ Listen Matthew, I know what I'm doing. So let me do as I wish, répliqua le petit blond déplaçant évasivement une carte sur la table pour en examiner une autre.
_ Why do you want to take all the bridges ? It's risky, what if we destroy all of them ? Our tanks wouldn't be able to get through it...!
_ This area was once MINE, I know the place better than you boy ! Plus, you'll not teach me how to fight and defeat someone on my worst and oldest enemy's territory ! rétorqua le britannique en tapant du poing sur la table, sa voix ayant haussé le ton. So please shut your bloody mouth and do as I say, Canada !
La jeune nation Nord-américaine se tut alors, serrant les dents pour ne rien répondre qu'il pourrait ensuite regretter vis-à-vis de ses citoyens. Après tout, il n'était qu'une simple colonie. Il n'avait pas vraiment son mot à dire, seul Alfred pouvait faire pression sur les décisions d'Angleterre, en temps que nation indépendante. Et puis, on parlait d'Alfie. Même s'il le voulait, Arthur ne pouvait rien lui refuser.
C'était dans des moments comme celui-ci qu'il enviait la liberté de son frère, et maudissait sa propre faiblesse à ne pas se soulever contre la Mother Land.
Le Canadien retint un long soupir résigné, observant en silence l'Anglais griffonner quelques coordonnées et annotations sur certains plans, remontant parfois les lunettes qu'il portait pour cacher les marques pourtant parfaitement visibles de ses insomnies à répétitions. Matthew savait parfaitement que le blond s'inquiétait plus qu'il ne voulait l'avouer au sujet de son " worst and oldest enemy." La preuve étant qu'il avait fait quadriller le territoire français par certains espions de confiance ayant accepter de faire des heures supplémentaires pour le compte de leur nation, et que ces derniers n'avaient définitivement trouvé aucune trace d'un dénommé Francis Bonnefoy.
Le plus jeune des jumeaux se mordit la lèvre inférieure, sentant son coeur se serrer au souvenir de son père, qui semblait tout bonnement avoir disparu de la surface de la Terre. Mais si cela avait été le cas, il l'aurait senti.
...
N' est-ce pas...?
La jeune nation Nord-américaine fut brusquement tirée de ses pensées par l'intrusion d'un soldat anglais dans la tente des deux personnifications Alliées ; il s'était très certainement annoncé, mais Matthew était si obnubilé par sa réflexion que la voix de l'humain avait réussi à le faire sursauter violemment, manquant de lui faire renverser plusieurs plans sous un regard irrité d'Arthur.
_ Major Kirkland, someone wants to see you.
_ I'm busy right now, rétorqua le petit blond en ne relevant même pas la tête de la carte qu'il examinait avec concentration. Later.
_ It's really important, Sir, insista le soldat d'un air gêné.
Ne prenant même pas la peine de répondre plus, Arthur n'adressa qu'un vague signe de la main excédé au pauvre humain, lui indiquant qu'il pouvait malgré tout laisser entrer la dite personne. Intrigué, le jeune homme le suivit du regard pour voir qui désirait voir la Mother Land.
Et lorsque la silhouette fine à la tignasse brune se dessina à l'entrée de la tente, et qu'un regard bleu océan croisa ses deux orbes violassées, un premier sourire véritable - disparu depuis un moment déjà - s'étira sur les lèvres du Canadien, dont le regard pétilla de joie.
_ Mumu...!
La Belle Province grimaça légèrement au surnom qu'on lui attribua, et adressa aussitôt un long regard appuyé à sa nation qui signifiait très clairement " Mattie, appelles-moé pas d'même, pis su'tout pas d'vant la tête carrée...! ". La personnification du Canada retint un petit rire amusé en voyant cette expression insistante sur le visage de sa Province, jusqu'à ce qu'il ne soit ramené à la " réalité " par leur aîné qui se râcla bruyamment la gorge d'un air irrité.
_ Britain, le salua poliment mais d'un air crispé le dit " Mumu " en inclinant légèrement la tete.
_ Province of Quebec, répondit le britannique en plissant les yeux, insistant presque insolemment sur le simple titre de " Province " du nouvel arrivant. What do you want ?
_ Nothing. They just sent me to announce our arrive.
_ Sweet. Nothing else ? lança le blond d'un air désintéressé, le menton posé sur le dos de ses mains, fixant droit dans les yeux le Québécois.
_ No, Sir, répondit en serrant les dents ce dernier, soutenant d'un air de défi le regard du britannique.
L'air était devenu instantanément électrique entres les deux hommes, c'en était étouffant. Sentant arriver l'incident diplomatique sous peu pas tard, Matthew s'avança pour se placer entres les deux personnifications, mettant ainsi fin à leur échange de regard houleux en reprenant alors pour calmer un peu les tensions.
_ Well, England, I've got some things to discuss about with Quebec so if you excuse us, we'll take our leaves now...!
_ Sure.
Le britannique piqua de nouveau du nez sur son ouvrage, attirant une nouvelle carte dans son champ de vision tandis qu'une légère grimace - de douleur, semblait-il - venait étirer un instant le coin de ses lèvres. Le Canadien ne se fit pas prier, et attrapant son compatriote par le bras l'attira hors de la tente tandis que ce dernier se laissait faire. Il se hâta de se faufiler en dehors du camp, tout en restant dans un périmètre assez proche malgré le degrés de sûreté élevé de la zone, en vue de la ligne de Front qui s'était retirée jusqu'aux rives du fleuve du Rhin, et les deux hommes finirent par simplement marcher côte à côte, seuls et au calme.
_ Je suis content que tu sois là, Samuel, dit gentiment le blond à l'attention de son vis-à-vis. Même si je sais ce qu'il s'est passé, chez nous...
_ Bah, qu'est-ce qu'tu veux ! J'suis p't'êtes fait pou' être malchanceux, répondit le brun en haussant les épaules d'un air faussement désinvolte.
_ T'es pas si malchanceux que ça. Tu m'as moi, non ? répliqua Matthew en souriant, ancrant ses deux orbes violettes dans le regard bleuté de sa Province.
_ P't'êtes que c'est justement ÇA qui fa' que j'suis l'gars l'moins chanceux au monde...! rétorqua Samuel avec un large sourire sournois.
_ Eh ! C'est méchant ! se plaignit le Canadien en venant donner un léger coup de poing dans l'épaule du brun, qui lui avait éclaté de rire.
_ Oh, pauv' 'tite chose, ricanna la Belle Province en apposant un doux baiser sur les lèvres de sa nation, pour en quelque sorte se faire pardonner de sa petite plaisanterie.
Ce qui sembla marcher, puisque son compagnon se détendit instantanément en y répondant, et qu'un large sourire radieux s'étendit sur ses lèvres. Le Québécois vint en déposer un autre sur le front du blond alors que ce dernier marmonnait, faussement boudeur, en glissant sa main dans celle de sa Province.
_ N'empêche, tu as de la chance que je sois incapable d'être rancunier avec toi.
_J'le sais. C'ben pou' ça qu'j'en profite ! répliqua d'un air sournois son interlocuteur en lui donnant une pichenette taquine sur le bout du nez.
_ Sérieusement, à être aussi fouine, je me demande si tu n'as pas du sang anglais quand même, parfois...! souffla malicieusement Matthew, jetant un regard taquin en coin à son vis-à-vis pour observer sa réaction face à cette " insulte suprême ".
Le représentant de la Belle Province stoppa nette leur marche, se tournant complètement vers son compagnon, un sourcil légèrement haussé et le visage animé d'une expression presque outrée qui fit rire aux éclats la jeune nation Nord-américaine.
_ Heille, c'pas fin ça Mattie !
_ Ah, excuse moi, tu m'as tendu la perche love, répondit le blond en riant doucement, tendant le cou pour embrasser une nouvel fois son aimé.
Aimé qui détourna volontairement la tête, d'un geste boudeur.
_ Samu, je plaisantais ! reprit Matthew pour se justifier.
Il réitéra son geste plusieurs fois, toujours esquivé par le brun qui semblait, malgré son expression boudeuse, adorer faire tourner en bourrique son adorable nation.
_ Mumu...! fit une nouvelle fois le blond, qui commençait réellement à croire que son amant lui en voulait vraiment.
Samuel se décida " enfin " à pardonner le Canadien, l'attirant dans un tendre baiser en le serrant dans ses bras. Il devait quand même l'avouer, ce newfie lui avait énormément manqué... Le nez dans le cou à l'odeur sucrée et si reconnaissable de sirop d'érable de son compagnon, il reprit en le câlinant toujours légèrement.
_ Y'es pas là, ton excité d'frère ? J'y ai pas vu la fiousse d'puis qu'j'suis arrivé.
_ Non, il est parti négocier une alliance avec la Résistance Italienne. Avec l'Italie du Sud. C'est pas gagné, mais je lui fais confiance, il va s'en sortir.
La Belle Province acquiesça en silence, n'ayant rien à ajouter. Ils demeurèrent encore ainsi enlacés un moment, se réchauffant du froid de l'hiver français, et profitant simplement de la présence de l'autre. Puis il leur fallut tout de même retourner au camp, à contre-coeur pour le brun cependant qui n'appréciait pas du tout devoir se retrouver dans une proximité si réduite d'Angleterre.
Ils parcoururent la distance qui les séparait du camp Allié main dans la main, comme auparavant, mais au moment de franchir l'entrée, Samuel lâcha celle du Canadien doucement, attristant un temps soit peu ce dernier.
Mais après tout, il n'avait peut-être pas tord : deux hommes, main dans la main, ce n'était pas bien vu tant dans l'Eglise chrétienne que l'Eglise anglicane. Et les deux jeunes gens avaient bien d'autres choses plus importantes que de créer une émeute parmi les soldats.
C'était stupide, mais c'était ainsi.
Soupirant doucement tout en progressant à la suite de son compagnon, Matthew l'avait laissé prendre la tête, puis enfin referma lui-même les pans de tissu de la tente dans laquelle ils s'étaient engouffrés, et qu'ils partageraient à partir de maintenant, cette dernière devenant leur petite sphère intime.
Particulièrement quand leurs origines Françaises se " réveillaient "...~
xXx
xXx Le 29 décembre 1944, Stalingrad ( Union des Républiques Socialistes Soviétiques ), 15h56 xXx
Une lumière aveuglante brouilla la vue d'Elizaveta lorsqu'elle ouvrit lentement les yeux. Elle redressa la tête difficilement, et sentit ses vertèbres craquer douloureusement, lui arrachant une grimace dégoûtée.
Elle se laissa retomber sur ce qui, après réflexion, lui semblait être un oreiller, et tenta d'optimiser sa vision afin de mieux découvrir son environnement. Elle n'en eût pour ainsi dire pas besoin, puisque ce dit environnement se mua jusqu'à elle ; un visage encadré d'une tignasse brune se présenta près de la Hongroise.
_ Ah...! Mademoiselle Hongrie, vous êtes enfin réveillée...! Raivis, va chercher Monsieur Russie, vite !
_ Q-quoi...?! M-mais non, fais le toi-même Toris ! répondit une voix tremblotante et plus enfantine à l'opposé, visiblement horrifiée à cette idée.
_ Monsieur Russie voulait lui parler immédiatement après son réveil. Dépêche-toi !
Aucune réponse ne se fit entendre, si ce n'était la porte qui claqua, signifiant qu'on venait de quitter la pièce. La personne qu'Elizaveta reconnut comme étant Lituanie se tourna à nouveau vers elle, s'asseyant délicatement sur un siège avant de reprendre à son attention.
_ Vous vous sentez mieux...? Avez-vous mal quelque part ?
_ O-où suis-je...? souffla la brune faiblement, encore assommée par ce qui visiblement avait été un sommeil prolongé.
_ À Stalingrad. En URSS plus largement, précisa le Lituanien avec gêne.
Perdue dans ses pensées, Elizaveta se tut ensuite. Elle ne voyait pas pourquoi elle se trouvait en URSS... Cela n'avait aucun sens.
_ Oubliez cela. Votre tête ne vous fait pas mal...? Vous avez toujours une petite cicatrice sur le front, c'est étrange après près d'un mois... Vlad n'y est pas allé de main morte... commenta doucement le brun en passant un tissu humide sur le front de la jeune femme allitée. Vous êtes restée inconsciente jusqu'à présent, nous nous sommes vraiment inquiétés pour vous...!
Vlad. Brusquement, son esprit sortit de sa langueur comateuse, et son humeur se fit tout de suite massacrante.
Vlad. Ce traître.
Elle se souvenait. Budapest. La fuite. Les combats. Le coup de feu. Vlad et les Soviétiques. L' immeuble. Tout revenait dans le désordre, mais cela se précisait dans sa mémoire.
Roderich. Son cher Roderich.
Son coeur manqua un battement alors que tous ses muscles se crispaient. Roderich. Roderich...! Elle se redressa brusquement mais avec difficulté, faisant sursauter son vis-à-vis qui tenta de la recoucher gentiment.
_ Mademoiselle Hongrie, vous êtes encore faible, reposez vous je vous en prie...!
_ Roderich, où est-il et comment va-t-il ?
_ J-je n'en ai aucune idée, bredouilla le Lituanien avec gêne. Il n'est pas ici, je vous le promets.
_ Tu mens ! cracha la Hongroise en haussant sensiblement le ton, attrapant le brun par le col de son uniforme. Où est-il !
_ J-je... bafouilla Toris, ne sachant plus quoi répondre.
_ Il ne te ment pas, Венгрия. Autriche n'est pas ici.
Elizaveta se tourna sur-le-champ vers la porte de la pièce, où se tenait dans l'encadrement le représentant de la puissante URSS ainsi que la petite Lettonie.
_ Toi... gronda la Hongroise en dévisageant méchamment le Russe qui s'avançait dans la pièce.
Ivan s'approcha jusqu'à poser sa main sur l'épaule du Lituanien, faisant sursauter brusquement ce dernier dont le teint devint livide.
_ Vous pouvez nous laisser, Lettonie et toi, dit simplement la grande contrée du Nord à ses subordonnés terrifiés. De plus, il me semble avoir entendu Estonie réclamer ta présence, Lituanie, ajouta-t-il alors que les deux nations Baltes se retiraient furtivement.
_ B-bien, Monsieur Russie...! acquiesca le brun en s'inclinant prestement, refermant derrière eux la porte de la chambre pour laisser les deux nations discuter en paix.
Le Russe vint tranquillement s'asseoir à la place de Toris, près du lit d'Elizaveta, qui n'avait cessé de le fixer de son regard verdoyant bouillonnant de rage. Il se délesta calmement de son long manteau militaire, le posant sur le dossier de son fauteuil, puis croisant les bras sur son torse, son éternel sourire forcé d'enfant bien heureux sur le visage.
_ Comment vas-tu, Венгрия ? Tu nous as fait une bonne frayeur, à ne pas te réveiller des jours durant, fit le jeune homme en observant son vis-à-vis alité.Ta puissance en temps que nation a dû diminuer elle aussi en même temps que ta condition physique, ta plaie a mis un temps fou à expulser la balle et à se refermer...!
_ Où est Roderich, siffla la Hongroise, ignorant superbement les paroles de son hôte.
_ Lituanie te l'a dit non ? répliqua le Russe avec un long soupir las. Il n'est pas ici.
_ Alors pourquoi m'avoir enlevée seule ? C'est stupide !
Ivan la fixa silencieusement, laissant son large sourire s'étendre un peu plus sur ses lèvres. Une lueur étrange pétillait dans ses yeux violassés.
_ Quel serait l'intérêt de tous vous enlever en même temps ? Cela n'aurait aucun impact significatif sur Allemagne. Alors que de voir ses alliés disparaître les uns après les autres, lentement, et changer de camp jusqu'au dernier, ça, ça le marquera.
_ Parce que tu penses sérieusement que je vais te suivre bien gentiment ? répliqua sèchement la Hongroise, un rictus mauvais au coin des lèvres. Tu te mets le doigt dans l'oeil, mon pauvre ami !
Les yeux vert d'eau d'Elizaveta ne cessait de fixer froidement les pupilles violettes du grand Russe, tentant sûrement d'y faire passer tout le dégoût, tout le mépris, toute la haine même qu'elle pouvait ressentir à son égard. Mais justement, ce qui l'inquiétait tout de même chez son tortionnaire, c'était justement cela.
Son regard.
Elle ne parvenait pas à percer à jour ce que ce dernier pouvait penser derrière cette chaleureuse expression enfantine patente. A première vue il n'avait rien d'inquiétant, bien évidement, mais à bien y regarder... Quelque chose n'allait pas dans ces iris mauves. Une lueur y dansait que la Hongroise n'appréciait guère.
Une once de démence.
Ses pensées furent interrompues par le bruit cinglant du fauteuil venu rencontrer violemment le sol. La brune sursauta, surprise, alors qu'Ivan se dressait de toute sa hauteur près du lit.
_ R-Russie...?
Ses yeux s'écarquillèrent brusquement lorsqu'elle vit la nation du Nord se hisser sur le lit, venant s'asseoir de tout son poids sur le ventre de la jeune femme. Cette dernière lui asséna par réflexe un coup de genou dans le ventre, dans un mouvement de panique.
_ Qu'est-ce que tu fais ?! Dégage, ne m'approche pas ! No- !
La Hongroise fut coupée net dans ses protestations lorsque les deux mains puissantes du représentant de l'URSS vinrent enserrer sans vergogne son cou, la laissant suffocer lentement. Elle leva immédiatement ses mains sur celles du Russe, les griffant désespérément pour le faire lâcher prise, en vain.
_ Tu auras beau te débattre et protester tout ton saoul, Hongrie, cela ne changera rien à la situation dans laquelle tu es à présent. Les élections populaires dans ton pays ont élu le parti communiste au pouvoir, depuis le 22 de ce mois déjà.
Le sourire aux accents déments d'Ivan s'étira de nouveau sur ses lèvres alors qu'il se penchait à l'oreille d'Elizaveta, cette dernière commençant à prendre une teinte sérieusement rouge, les yeux exorbités et la bouche ouverte en quête désespérée d'oxygène.
_ Tu es mon alliée à présent, tu comprends ? Tu ne fais plus qu'un avec moi, avec mon régime, avec mon État. Tu es à moi !
Le corps de la jeune femme commençait à s'affaisser alors qu'elle cessait de se débattre, son regard devenant plus vague à mesure que l'oxygène désertait entièrement son cerveau. Jusqu'à ce que le Russe ne se décide à la relâcher, la faisant hoqueter peu gracieusement en reprenant lourdement et goulûment son souffle.
_ Alors comporte toi comme tel. L'URSS n'accepte aucun faible dans ses rangs, ajouta froidement Ivan en dévisageant la jolie brune qui respirait bruyamment, l'oeil glacial.
Sans rien ajouter d'autre, le jeune homme descendit tranquillement du lit, puis après avoir récupéré son manteau sur le fauteuil renversé s'extirpa de la pièce en refermant la porte derrière, sans un mot pour sa nouvelle alliée.
Cette dernière avait reprit son souffle difficilement, et tentait à présent de calmer les battements affolés de son coeur alors que de légères larmes se déversaient sur ses joues. Elle était coincée ici, avec ce taré, sans aucunes nouvelles de Roderich ni de ses amis. C'était la pire chose qui pouvait lui arriver.
La jeune femme se recroquevilla en boule, sous les draps, passant douloureusement son cou où étaient imprimées deux imposantes marques de doigts rouges, les yeux embués de larmes et le coeur serré par la solitude et le ressentiment qu'elle vouait à la trop puissante URSS.
Lexique :
→ Ungheria : Hongrie ( italien )
→ Per l'amore di Dio : Pour l'Amour de Dieu ( italien )
→ Ruhe Italien : Silence Italie ( allemand )
→ Austria : Autriche ( italien )
→ Cazzo Germania : Putain Allemagne ( italien ) ( l'avantage d'avoir cours de Littérature française dans une salle d'Italien, c'est qu'il y a pleins de cartes au mur, donc des noms de pays faciles à mémoriser quand on s'ennuie ! :meurs: )
→ Österreich. Geh weg, schnell : Autriche. Va t'en, vite ( allemand )
→ Madre di Dio : ... En français ce serait un truc du genre " Sainte Marie mère de Dieu ". Qui ne veut rien dire, en soit. Bref. ( italien )
→ Венгрия : Hongrie ( russe )
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Traductions :
¤ Part 2 :
_ Cela ne peut plus continuer ainsi ! Nous devons réagir !
_ Ne crie pas Aria, je t'en prie assieds toi...!
_ La ferme imbécile ! Tu es trop placide Lorenzo ! C'est une occasion en or de nous débarrasser enfin de ces envahisseurs de bouffeurs de patates !
_ Mais pourquoi lui...? Je veux dire, ma Belle, même Grand Frère Espagne ou Grand Frère France n'ont pu nous aider, alors qu'ils sont nos plus proches voisins. Alors pourquoi lui ? Il n'a aucun intérêt à faire cela...!
_ Mais on s'en fout de ça putain ! Tout ce dont on a besoin, ce sont de ses armes et de ses soldats pour nous sortir de cette merde !
_ Je ne pense pas que ce soit une très bonne idée, moi... Je pense que nous pouvons nous débrouiller sans eux. De plus, nous avons toujours Feli qui est comme " infiltré " chez l'ennemi non ?
_ Mon cul ouais ! Feli est un traître, il s'en est allé de son propre chef suivre comme un petit chien obéissant ce connard d'Allemagne. Qu'il le paye au prix fort maintenant !
_ Sicile...!
_ La ferme j'ai dit, Seborga !
_ On a peut-être un plus gros problème que ça pour l'instant... Lovino n'a toujours pas réagi.
_ Lovino ? Ça va ?
_ Je ne sais plus quoi faire... Nonno, Espagne, même Feli... Je sais plus...
_ Nous n'avons pas le choix. Il faut accepter, nous ne pouvons plus nous débrouiller seuls.
_ Ah ! J'avais raison, tu te montres raisonnable !
_ Vous pensez vraiment qu'on peut faire confiance à ce type ? J'y crois pas trop moi.
_ Advienne que pourra.
_ " Le sort en est jeté. "
¤ Part 3 :
( Par pur sadisme, je ne " traduirai " pas les phrases de Québec. Juste pour vous laisser galérer~ )
_ Il est hors de question d'attaquer par le Front. La Wehrmacht nous attendra et nous bottera le cul pour nous renvoyer de l'autre côté du Rhin.
_ Écoute Matthew, je sais ce que je fais. Alors laisse moi agir comme je l'entends.
_ Pourquoi veux tu prendre tous les ponts ? C'est risqué, et si on les explosait tous ? Nos tanks seraient alors incapables de traverser le fleuve !
_ Ces terres ont été MIENNES un jour, je connais les lieux mieux que toi jeune homme ! Et tu ne vas pas m'apprendre comme me battre et vaincre quelqu'un sur le territoire de mon plus vieil et pire ennemi ! Alors ferme ta bouche et fais ce que je te dis, Canada !
_ Major Kirkland, quelqu'un veut vous voir.
_ Je suis occupé. Plus tard.
_ C'est vraiment important, Monsieur.
_ Angleterre.
_ Province du Québec. Que veux-tu ?
_ Rien, on m'a juste envoyé annoncer notre arrivée.
_ Bien. Rien d'autre ?
_ Non, Monsieur.
_ Bien, Angleterre, je dois discuter de plusieurs choses avec Québec alors si tu veux bien nous excuser, nous allons prendre congé à présent...!
_ Faites.
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→ Il y avait plusieurs noms dans le fandom qui courrait sur Sicile, mais j'ai choisi Aria puisque la Sicile possède le 3ème plus grand Opéra d'Europe. Et comme l'Aria est la partie chantée de l'opéra Italien à la Renaissance, après le Récitatif, je trouvais que ça allait bien ensemble.
→ SAMUEL TREMBLAY ALIAS PROVINCE DU QUÉBEC NE M'APPARTIENT PAS ( Malheureusement... ). C'est le bébé de Cyrielle13, qui me l'a gentiment prêté pour cette fic, je vous conseille d'aller lire ses écrits qui m'ont fait adorer le Québec x Canada, et le USA x États Confédérés. OH SA MERE.
→ Je sais, j'ai triché dans la partie 3. Vu que j'arrivais pas à contacter Cyrielle, j'ai fait parler son bébé en anglais puisqu'il est bilingue. *grugeuse professionnelle*
Voilà voilà... Vous devez me haïr maintenant *fuis*
Plus sérieusement. Ceci était le dernier chapitre, disons, "lent" et "inactif" (normalement) de cette fic, puisqu'il marque aussi la fin de l'année 1944 ! Et ouais, au prochain, on attaque le gros du doss' ~ *mouaha*
... Et je me rends compte qu'on est peut-être déjà à la moitié de la fic...
Sinon, niveau avancée de la fic... Les plans des chapitres 8 et 9 sont prêts, bref j'ai essayé de m'avancer un peu quand même pendant les vacances de Noël...!
... " Tête Carrée ", j'adore ce mot ! :meurs: ( J'vous aime les Québécois~ ) Cyrielle, j'ai essayé de me débrouiller comme je pouvais avec ton Samu, faut que tu me dises si ça allait ou s'il y a des choses qui ne vont pas à son sujet...!
Pour les chapitres suivants, je vous conseille de bien lire les notes de fin, j'ai prévu d'intégrer 2 ou 3 légers anachronismes dans cette fic que j'expliquerai alors. Anachronismes dans le sens événements antérieurs à 1945, j'entends. Vous ne verrez pas Alfie sortir un IPhone 6 pour se prendre en selfie devant un King Tiger, ne vous en faites pas.
/!\ WARNING : Je vous préviens tout de suite, le prochain chapitre comportera des scènes qui peuvent s'avérer choquantes pour les plus jeunes et les plus sensibles d'entres vous. Mais VRAIMENT quoi, on attaque le rating M - voir presque R vu ce que j'imagine écrire, et je ne parle pas que d'une petite scène de cul bien hard et explicite, non ! Alors si vous êtes facilement impressionnable prévenez moi par PM ou dans une review, et je mettrais un Spoiler Alert au début des "festivités" glauques. MAIS J'INSISTE VRAIMENT HEIN. PRÉVENEZ MOI SI VOUS ÊTES MAL À L'AISE AVEC LA BARBARIE DÉCRITE EXPLICITEMENT. /!\
... Cyrielle, je me doute que cette alerte ne te concerne pas *pan*
... Niniel non plus *re-pan*
AUSSI ! Si vous n'avez pas vu le lien sur mon profil, j'ai créé un Twitter spécialement pour vous, pour pouvoir discuter plus régulièrement et avoir des nouvelles sur l'avancée des textes etc. Vu que je suis connectée de manière très irrégulière sur fanfiction... *ahem* Si vous avez un compte, cherchez Bey0nd2 et dites moi que c'est pour fanfiction, je vous suivrai en retour avec plaisir ! ( en plus, vous aurez droit à un "joli" dessin d'Aimery, alors allez voir ! )
Bien sinon... J'espère que ce chapitre vous aura plus, comme tous les précédents et ceux à venir, n'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous en pensez, à favoriser et à suivre cette fic pour être prévenu dès que je poste~
VOILÀ. Sur ceux, je vous souhaite une bonne journée/nuit, et à la prochaine mes petits lecteurs d'amuuuur, j'vous fais de gros poutoux sur les deux joues~
