Hey bande de gens !

Après plus de deux mois d'attente, et je m'en excuse... Voici enfin le chapitre 8 de DFVD ! Intitulé " Knochen gefunden ", ou " Découvertes macabres ", il peut être assez... Dur à lire, je préfère prévenir tout de suite. Même moi j'ai eu énormément de mal à l'écrire, avec en plus la documentation que j'ai dû ajouter à mon écriture...

Je vous jure, ce que je ferais pas pour vous hein...!

Bref. Je vous souhaite une très bonne lecture, mais vraiment quoi, si vous êtes un peu trop sensibles, ne lisez pas la partie 4, et demandez moi par PM un résumé rapide de la situation ! J'insiste vraiment !


xXx Le 5 janvier 1945, Panzernest ( Deutsches Reich ), 21h47 xXx

Veneziano bascula brusquement sa tête en arrière, se mordant la lèvre inférieure, ses yeux légèrement embués dérivant sur la surface immaculée du plafond de la chambre. Ses poings fermés agrippaient de toutes ses forces les draps impeccables du lit, tandis qu'il abaissait de nouveau son visage contre l'oreiller, y étouffant ses cris mêlant douleur et jouissance.

Derrière lui, il sentait les doigts de Ludwig s'enfoncer fermement dans ses hanches, tandis qu'il ravageait ses reins de puissants vas et viens, butant toujours plus profondément en lui. Le petit brun serrait les dents, les larmes aux yeux, mordant même parfois le tissu pour ne pas hurler. Il avait mal. Il avait tellement mal.

Mais c'était si bon...

Si jouissif de se sentir enfin au centre de l'attention de son aimé. Lui, la petite Italie du Nord, occupait à cet instant l'intégralité des pensées de la toute puissante Allemagne...! C'était sa victoire à lui. Il n'avait qu'à se montrer doux et gentil, et écarter les cuisses pour que Ludwig ne s'occupe plus que de lui.

Il adorait vraiment ses moments de tendresse partagés avec le grand blond. Et ce, malgré la douleur vive qui résultait toujours de leurs ébats... agités.

Allemagne n'était pas doux avec lui, loin de là. Il se servait de lui comme d'un vulgaire butoir, se fichant pas mal des gémissements de son aîné alors que parfois il le pénétrait à sec. Mais aussi bizarre que cela puisse paraître Veneziano ne s'en plaignait pas plus que cela. Au contraire, les claques qu'il recevait sur la peau rougie et à vif de ses fesses rebondies, les coups de dent qui marquaient ses épaules, la brûlure de la corde sur ses poignets, les griffures sur ses reins, les traces brûlantes du ceinturon qui mordait son corps en claquant d'un geste cinglant ses courbes sveltes ; tout cela, malgré la douleur déchirante, ne lui déplaisait pas.

Ludwig aimait le sexe lorsqu'il faisait mal, lorsqu'il entendait gémir de douleur son partenaire sous ses gestes. L'Italien l'avait bien compris : plus fort il gémissait et se soumettait, plus grande et dure était l'excitation du Germain entres ses fesses écartées.

Le visage enfoui dans l'oreiller, Veneziano ne pouvait pas voir le visage de son dominant. Mais contrairement à ce qu'il semblait croire, ce dernier n'était en rien accaparé par le corps s'arque-boutant sous lui. Les pensées de l'Aryen étaient toutes dirigées vers le frère de ce dernier. Lovino Vargas. Italie Romano.

Cette sale petite vermine.

Il avait été mis au courant, par l'un des hauts dignitaires des services secrets de l'Empire, de l'alliance que cette petite fouine avait conclue avec les Alliés. Et en particulier les États-Unis d'Amérique.

Encore, et toujours lui.

Ce sale gosse - certes plus âgé que lui - commençait sérieusement à l'énerver, surtout qu'il soutenait l'Angleterre - qui, soit dit en passant, lui filait entres les doigts depuis le début de la guerre. Et ça, il ne pouvait plus le supporter.

Alors quitte à affaiblir un Allié de ses enfoirés, autant le faire efficacement. Le grand blond se pencha sur le corps fin de Veneziano, et vint brusquement mordre jusqu'au sang ce dernier à la jonction de l'épaule et du cou, le faisant geindre douloureusement.

Quitte à blesser Lovino Vargas, autant le faire à travers son petit frère qu'il détenait entres ses mains.

Et, il devait l'avouer, c'était aussi sa manière de le punir pour sa désobéissance d'il y a peu. Car non, il ne lui avait pas pardonné de s'être interposé entre lui et ce bon à rien de Binoclard coincé.

Décidément, ils l'énervaient tous, en ce moment.

La petite Italie du Nord, si docile et facilement manipulable, avait osé contredire ses ordres. Elle avait OSÉ lui désobéir. A LUI, Ludwig Beilschmitt, Reichsführer-Schutzstaffel, bras droit du Führer et représentant du surpuissant Reich Nazi ! Ce gamin avait du culot. Mais il pourrait s'avérer utile dans le futur - si toutefois il pouvait se montrer utile en quoique ce soit, alors il le gardait sous sa main, au cas où.

Comme un Joker.

Un atout dans son jeu. Pour un coup de poker qui mènerait définitivement son peuple à la domination suprême du monde.

Il fut brusquement tiré de ses divagations mégalomanes par trois coups brusques à la porte de sa chambre. Vivement, il plaqua une main contre les lèvres entrouvertes du Latin pantelant sous lui, et lança d'une voix forte, à peine essoufflé malgré l'activité physique intense qu'ils pratiquaient.

_ Ja ?

_ Herr Beilschmitt, der Führer will mit Ihnen zu sprechen, répondit la voix d'un soldat derrière la cloison.

L'Aryen arqua une large grimace, mécontent d'être interrompu pour cela, mais il n'avait pourtant pas vraiment d'autre choix que de se plier à la volonté de son Guide.

_ Ich komme.

_ Er will mit der Italiener auch sprechen, ajouta l'homme.

Veneziano releva un peu la tête de l'oreiller, ayant vaguement compris que l'on parlait de lui. Ludwig quand à lui ferma un instant les yeux, puis les rouvrit avec un petit soupir.

_ Klar. Sag Ihr wir kommen.

_ Ja wohle, Herr Major !

Le brun écouta le pas militaire cinglant du soldat s'éloigner dans le couloir, alors que la main de son compagnon se retirait de sa bouche.

_ Ve, Lud', qu'est-ce que cet homme voulait...?

_ Le Führer nous attend dans son bureau, répondit simplement le blond. Il veut te parler.

L'Italien garda le silence, surpris, puis commença à esquisser un geste pour se redresser, s'appuyant sur ses bras tremblants pour décoller son torse du matelas. Geste interrompu par son homologue Allemand qui, contre toute attente, reprit ses vas et viens en lui, le refaisant glisser contre les draps.

_ L-Lud'...! gémit-il alors. Je croyais que le Führer-

_ Il peut bien attendre que je finisse ce que j'ai à faire, gronda le Germain dans un grognement gutural, coupant nette toute protestation de la part de la nation latine.

L'Italie du Nord se mordit la lèvre inférieure pour taire à nouveau ses gémissements, attendant patiemment que son amant atteigne la jouissance et, si possible, qu'il l'emporte avec lui. Même s'il le savait capable, d'expérience, de le laisser en plan avec sa hampe douloureuse dès qu'il se serait libéré.

Par chance pour lui, Ludwig semblait d'humeur clémente ; il sentit donc avec plaisir les doigts de ce dernier se refermer autour de son sexe, alors que les coups de butoir de l'Allemand se faisaient de plus en plus brusques.

Le Nirvana se profila rapidement, étreignant l'Italien d'une douce chaleur teintée de douleur alors qu'il se laissait aller à la jouissance, tandis que la voix grave et saccadée du Germain grondait contre son oreille, confirmant la coulée bouillante qu'il sentit glisser en lui. Il n'était même pas encore redescendu de son petit nuage que son partenaire se retirait rapidement de lui, se rhabillant prestement.

_ Allez Italie, dépêche toi. Habille toi, le Führer nous attend, lança-t-il d'un ton intraitable.

_ M-mais, Lud'...! balbutia le jeune Italien en sentant ses joues rougir. J-je dois prendre une douche...!

_ Pas le temps. Dépêche toi !

Rouge de honte, le brun se releva en tremblant du lit, épuisé par leurs ébats, et n'eût pas d'autre choix que de renfiler ses vêtements, une grimace dégoûtée sur le visage, alors qu'il sentait avec gêne la semence du grand blond couler entres ses fesses. Il ne pouvait pas se présenter devant le Führer dans ces conditions...! Mais Ludwig ne le laisserait pas contrecarrer ses desseins. S'il avait prévu qu'ils seraient dans cinq minutes devant le bureau du Führer, ils y seraient.

Et ils y étaient.

Après avoir troqué trois coups fermes à la porte, le grand blond se permit d'entrer, l'Italien à sa suite, refermant la porte derrière lui. Veneziano remarqua immédiatement le brun accoudé derrière son bureau, et qui semblait réellement les attendre.

_ Ah ! Ludwig, Ludwig ! Komm rein, bitte ! s'exclama le Reichs Führer avec un large sourire, faisant signe à sa nation de prendre place face à lui.

Le grand blond s'exécuta rapidement, suivi de prêt par Veneziano qui tentait désespérément, les joues rouges, de ne pas avoir une démarche étrange malgré la sensation désagréable du sperme coulant sur ses cuisses, sous son vêtement. Il s'assit prestement sur une chaise à côté du représentant du Troisième Reich, et écoutez patiemment - mais sans comprendre un traitée mot - l'échange qui se déroulait sous ses yeux entres les deux Germains.

_ Ich erhielt einen Brief an diesem Morgen von unserem lieben Engel, commença Hitler en s'accoudant à son bureau. Er braucht einige Bewohner.

_ Es muss in diesem Fall in Bordelle zu ziehen, répondit l'Aryen en croisant les bras sur son torse. Oder in den Dörfern des Nordens. Ich bin sicher, dass sie in vollem Umfang lag dort, poursuivit-il dédaigneusement.

_ Du verstehst nicht , Ludwig . Er will nicht mehr Menschen.

La nation germanique marqua une pause, sceptique, puis reprit, un peu plus incertain cependant.

_ Und so ? Was will er denn ?

_ Nationen, reprit le Guide, son sourire s'élargissant. Ich dachte, dass Italien der Lage wäre, ihre Erwartungen zu erfüllen , nicht wahr ? continua le brun en se penchant vers sa nation, sous le ton de la confidence.

Ludwig sembla hésiter un instant. Il savait très bien ce qu'insinuait Hitler. Et étrangement, il n'avait pas spécialement envie d'infliger cela à la petite Italie du Nord. Ce dernier, remarquant son désarroi, prit enfin la parole dans la langue universelle des nations, mettant cette fois-ci l'humain de la pièce dans la même situation que sa précédente.

_ Vee, Lud', qu'est-ce qu'il a dit ?

_ Notre Ange veut s'essayer à des Nations. Et il veut donc que toi et ton frère répondiez à ses attentes.

Veneziano écarquilla brusquement les yeux, ne comprenant que trop bien, à son grand damne, ce que lui demandait son homologue Allemand. Mais c'était impossible.

Tremblant tant de peur que de colère, le petit brun se releva de sa chaise, fixant tour à tour les deux Germains qui le dévisageaient, puis répliqua d'une voix rendue suraigue par l'adrénaline.

_ Jamais ! Jamais, Lud', tu m'entends ?! Jamais vous ne m'enverrez là-bas !

_ Er musste es bezweifeln, soupira le grand blond en se renfrognant, secouant la tête de droite à gauche pour indiquer à son supérieur le refus de l'Italien.

Ce dernier se rassit lentement, toujours un peu tremblant, tandis que le Führer face à eux émettait un petit claquement de langue sec frustré.

_ Aber wir haben nicht viel Auswahl. Es gibt nicht mehr als 36 000 Nationen in seinem Fall, was ich verstanden, protesta le brun, triturant sa moustache impeccablement lissée en semblant réfléchir à une alternative.

Et cette alternative, ce fût Ludwig qui la lui donna.

Un large sourire vainqueur sur les lèvres, le représentant de la toute puissante Allemagne glissa sa main dans une poche de son uniforme, et en ressortit deux photographies, qu'il fit glisser du bout des doigts sur le bureau, vers Hitler.

_ Ich denke, dass ich eine Anordnung gefunden habe, mein Führer.

xXx

xXx Le 14 janvier 1945, Königsberg ( Prusse Orientale ), 17h32 xXx

_ Adler, komm hier, schnell !

Gilbert siffla bruyamment, interpellant l'un de ses deux jeunes bergers allemands qui avait filé comme une balle, fourrure au vent et oreilles dressées, l'air complètement " foufou " dès qu'il avait eu ouvert la porte de sa demeure pour les promener. Le second quant à lui restait sagement au pas, collé à la jambe de son maître, y frottant sa tête vigoureusement et faisant rire l'Albinos qui ne manquait jamais de le gratouiller derrière les oreilles.

_ Jo, Fritz, Ich weiß es, dass du der Wunderbar Ich wirklich mag ! Ruhe- Adler !

Le jeune canidé fougueux, qui avait commencé à grignoter de l'herbe à grands coups de dents dans la neige après avoir sautillé un peu partout pour attraper des flocons, s'immobilisa à la voix de son maître, et revint joyeusement vers lui en trottinant, soulevant un peu de neige à chaque fois que ses pattes décollaient du sol recouvert de poudreuse. Arrivé à la hauteur de l'Albinos, il se dressa sur ses pattes arrières en posant ses antérieures sur la hanche du Prussien, jappant en battant de la queue d'un air tout joyeux.

_ Du wirklich liebst Schnee, jo Adler ? commenta Gilbert en riant, frictionnant affectueusement la gueule pelucheuse de son jeune mâle berger allemand, qui jappa de plus belle.

La nation l'obligea à se tenir tranquille plusieurs minutes, le tenant fermement par la peau du cou pour le forcer à marcher au pas près de lui, puis le laissa enfin courir librement lorsqu'ils eurent atteint un ancien lavoir. Laissé à l'abandon depuis quelques dizaines d'années, il n'en demeurait pas moins un endroit couvert où il pouvait s'asseoir par terre, tandis que ses fidèles compagnons se défoulaient au bord de l'eau.

Mais malheureusement pour le canidé fougueux, la rivière avait gelé ces jours-ci, et l'eau ne s'écoulait plus que sous une épaisse couche de glace enneigée à l'extérieur, et laissée transparente sous le toit du lavoir. Ce qui ne l'empêchait pas de sauter dessus comme un petit chiot, et d'y donner des coups de griffes fous.

Gilbert eut un petit rire amusé en l'observant s'obstiner à gratter la glace. Tout de même, parfois il doutait de l'intégrité mentale de ce chien... Il laissa le prénommé Fritz venir se coucher dans le creux de ses jambes, étant assis en tailleur, et commença à caresser mécaniquement la fourrure épaisse du canidé dont la chaleur corporelle commençait déjà à réchauffer la sienne. Un vrai feu de cheminée sur pattes, ce petit gars-là...!

L'Albinos sursauta brusquement au son d'un léger craquement de bois mort derrière lui, et se retourna aussitôt, sur le qui vive. Il poussa pourtant un petit soupir en se détendant sensiblement lorsqu'il reconnut la silhouette de Roderich, qui refermait de sa main fonctionnelle la porte du lavoir abandonné.

_ Was machst du hier, Roddy ? Erholst du nicht ? Lança Gilbert en recentrant son attention sur le canidé qui se tortillait frénétiquement sur ses genoux pour quémander des caresses.

L'Autrichien ne répondit pas immédiatement, venant simplement s'asseoir à ses côtés, sur le sol de pierres froid.

_ Ich habe dich nicht gefunden, wenn ich aufgewacht bin. Und wenn ich gesehen habe, dass die Hunde auch fehlen, habe ich gedacht, dass du weg war.

_ Oh, Sie machen sich Sorgen um mich ? Das ist zu viel Ehre, Majestät, railla le Prussien de son rire caractéristique, ressemblant plus à un crissement de chenilles métalliques qu'à un rire à proprement parler.

_ Das hätte einen neuen Verbündeten des Reiches einfach beseitigt, und ich denke nicht, daß es Ludwig wirklich im Moment braucht, rétorqua le brun d'un air signifiant clairement "Ne m'invente pas des paroles, Prussien mal dégrossi ! ".

Le dit Prussien mal dégrossi rit une nouvelle fois, sa main s'enfouissant dans l'épais collier de fourrure de Fritz, qui s'étira pour poser son museau sur la cuisse droite de l'Autrichien, expirant de ses narines de l'air chaud et semblant comme soupirant d'aise. A la grande surprise de Gilbert, le brun, lui qui d'ordinaire refusait tout contact avec ses chiens qu'il jugeait bruyants et inconfortables pour son nez délicat, laissa le canidé s'installer, et posa même sa main libre sur la tête du jeune mâle, lui caressant du bout des doigts le derrière des oreilles.

Un petit sourire amusé naquit sur le visage de l'Albinos, alors que ses yeux vermeils se posaient sur les quelques marques restantes des récentes tuméfactions et hématomes sanglants qui violaçaient le visage de l'aristocrate. Heureusement pour lui, il n'en restait à ce jour qu'une lèvre légèrement gonflée et une joue vaguement jaunie, ce qui n'était rien comparé à l'état déplorable dans lequel on le lui avait envoyé, un mois auparavant, où il était presque dans l'incapacité de se mouvoir seul.

Il avait certains doutes, quand à l'implication de Ludwig dans cette affaire ; il en avait eu vent d'un soldat Autrichien ayant accompagné sa nation à Koenigsberg. Il était aussi au courant de la " disparition " d'Elizaveta, et de la situation dans laquelle se trouvait à présent l'État Hongrois. Quelle misère.

C'était très sûrement la raison de cet air sombre et morose qui planait tel une ombre sur le visage de Roderich.

Et c'était très sûrement aussi cela même qui l'animait d'une telle rage. Il n'avait pas l'habitude de voir une expression du abattue et défaitiste sur le visage de cet espèce de Monsieur balais-dans-le-cul-coincé-au-possible.

Cela le mettait hors de lui autant que cela le gênait, car il ne savait plus comment agir en sa présence, D'ordinaire, il prenait un malin plaisir à le taquiner, lui envoyant des piques d'adolescent puériles et lui jouant des tours plus idiots les uns que les autres, accompagné de ses deux intemporels et fidèles compagnons, tels les trois mousquetaires

Mais à présent, lorsqu'il se retrouvait seul avec Roderich - ce qui arrivait très souvent puisqu'il vivait chez lui depuis un mois sous ordre de Ludwig et que le Prussien n'avait pas de domestiques - dans une situation tout sauf habituelle ; et face à cette absence de connu, ce néant, ce vide de compréhension... L'Albinos se retrouvait complètement désemparé et perdu, ne sachant absolument que faire.

Comme il devait avoir l'air stupide à cet instant, occupant ses mains maladroites dans la fourrure de son compagnon à poils pour cacher l'embarras dans lequel le mettait cette situation...!

Gilbert se racla la gorge d'un air gêné, attirant l'attention distraite de l'Autrichien sur lui, puis se décida à briser le silence ambiant en reprenant, un peu hésitant.

_ Und so... Wer hat dich in dem Maße verbeulen gut können? Du warst wirklich in einem üblen Zustand...

Roderich garda le silence un long moment, semblant comme ignorant la question - et, de ce fait, la pique - du Prussien, ses yeux mauves le fixant sévèrement, ce qui manqua de faire sourire l'Albinos de soulagement : cette expression-ci, sur son visage lui ressemblait déjà plus...!

Le brun soupira légèrement, amenant mécaniquement sa main gauche contre sa joue jaunie, grimaçant doucement au douloureux contact de ses doigts contre sa peau ankylosée de froid et de douleur, puis répondit enfin en rendant une caresse à Fritz qui quémandait son attention, la queue battant contre la cuisse de l'Albinos et sa langue tiède et humide léchouillant les doigts de l'Autrichien.

_ Dein so liebling kleine Bruder.

C'était dit. Ses doutes étaient confirmés. Le Prussien soupira longuement, fermant les yeux, tentant de digérer le ton ironique dont avait usé Roderich pour lui annoncer ce qu'il redoutait plus que tout au monde, ce qu'il craignait depuis plus de dix ans à présent.

Ludwig perdait définitivement le contrôle de la situation.

_ Lulu... hat dich geschlagen...

_ Ja.

_ Er ist mehr erreicht, als was, dass ich dachte... souffla Gilbert en resserrant douloureusement ses poings dans ses cheveux blancs comme la neige, sentant une boule nerveuse se nouer dans ses entrailles.

_ Er will Italien nicht verletzen. Das ist es, dass, meiner Meinung ist, noch vor dem Wahnsinn er schützt, dit Roderich d'un air sérieux.

Et le Prussien ne put qu'acquiescer. Le jour où son petit frère viendrait à frapper la petite Italie du Nord marquerait sa chute irréversible. C'était certain.

Dans un nouveau soupir las, Gilbert glissa doucement ses mains sous le ventre de Fritz, et le souleva de ses jambes pour se relever difficilement, les muscles engourdis par le froid. Le canidé émit un couinement surpris, se laissant cependant porter dans les bras de son maître, qui le déposa ensuite à la grande surprise de son homologue Autrichien sur les genoux de celui-ci. Il vit discrètement le brun frémir lorsque ses doigts rencontrèrent inévitablement ses cuisses en posant le berger allemand au creux des jambes de ce dernier, mais ne fit aucun commentaire à ce sujet. Il plaça deux doigts au coin de ses lèvres, sifflant bruyamment pour appeler le deuxième canidé qui se roulait dans la neige et qui rappliqua illico presto en s'ébrouant vigoureusement, puis se tourna vers Roderich lorsqu'Adler fût près de lui.

_ Ich werde Adler baden sollen, dann gehe ich zurück. Rest, wenn du willst, Fritz wird dich zu Hause, im Schlimmsten zurückbringen. Du solltest nach Wien bald zurückkehren können.

Roderich se contenta de hocher la tête en un signe compréhensif, perturbé par Fritz qui quémandait une nouvelle fois son attention. Le Prussien passa la " porte " du lavoir, mais avant de partir se retourna une dernière fois, s'adressant à son allié avec un large sourire sournois.

_ In der Tatsache bist du ohne deine Brille eher gut, Vierauge.

Gilbert tourna définitivement le dos à son camarade Germain, entraînant son fidèle compagnon à quatre pattes avec lui, et laissant seul derrière lui un Autrichien aux joues enflammées, et qui définitivement devrait attendre d'avoir perdu quelques teintes pour pouvoir oser se montrer à nouveau aux yeux de cet espèce de " Prussien mal dégrossi et aussi subtile qu'un Panzer ".

xXx

xXx Le 20 janvier 1945, Houffalize ( France ), 14h12 xXx

_ Twenty degrees to the northeast !

La voix couverte par le cliquetis incessant du cuirassé américain, Arthur criait ses ordres au seul humain présent aux commandes de l'appareil. Ce dernier étira une petite grimace de douleur en tirant sur un levier, et engagea la manoeuvre du char d'assaut, qu'ils tentaient de diriger à travers les rues étroites de la presque ville française.

_ It will not work, Artie...! The tank's gonna be stuck because of the snow ! cria en réponse Alfred, chargé pour cette mission des munitions du véhicule.

_ It's not my fault your tanks are that useless and good for unmanageable !

_ What ? Say that again, shitty eyebrows !

_ You bloody wanker !

Un long soupir excédé se fit entendre, alors que la tête de Matthew redevenait visible, descendant de son poste à la tourelle.

_ Can't you two just stop fighting for a while ? You're acting like an old married pair, seriously !

_ Shaddap bro, marmonna l'Américain en se renfrognant d'un air puéril. Ya can't talk 'bout it, look at ya and Samu !

Le regard noir avec lequel le Canadien le fixa foudroya son jumeau, qui préféra battre en retraite pour ne pas s'attirer plus les foudres de son frère. Jetant un rapide coup d'oeil à sa gauche, Matthew observa un instant le corps recroquevillé et somnolant de sa Belle Province à la joue gauche légèrement enflée et chargée de la mitrailleuse latérale, puis remonta prestement à son poste de guetteur-tireur, le coeur serré.

Samuel et lui s'étaient violemment disputés la veille au soir, et depuis le Québécois l'évitait tangiblement, ne daignant pas lui accorder un seul regard, ni un seul mot, lui tournant le dos en l'ignorant ou quittant les lieux dès qu'ils se croisaient.

Rancunière, cette bête-là.

Il savait très bien pourquoi le brun avait craqué et s'était énervé, mais il n'y pouvait rien. Cette guerre le mettait à cran, ses réactions se faisaient plus brusques, plus méchantes que d'ordinaire. Même envers son amant.

Et il avait visiblement dépassé les limites acceptables par le Québécois, hier.

Il se souvenait être entré comme une furie dans la tente qu'ils partageaient, fulminant une nouvelle fois à cause d'Angleterre et Alfred qui passaient leur temps à se disputer pour des décisions puériles plutôt qu'à écouter ce qu'il pouvait apporter aux tactiques. Mais non, bien sûr, le Canada était une colonie, et on n'écoute pas les subordonnés, c'est bien connu ! C'était sûr, il valait bien mieux suivre les directives complètement folles et inconscientes de son jumeau-araignée au plafond que les siennes plus réfléchies et cohérentes !

Comme cela pouvait le mettre en rogne...!

Il avait fait sursauter Samuel, qui était occupé, dos à l'entrée, à déboutonner la chemise de son uniforme - ayant visiblement l'intention d'en changer pour la nuit, mais à cet instant précis le Canadien s'en moquait pas mal. Il l'entendit soupirer longuement tandis qu'il lançait râgeusement son lourd manteau militaire sur une espèce de commode mobile installée dans un coin de la tente.

_ Maudit qu'tu m'a fa' peur ! Quessé qui t'prends, coudon ? dit le Québécois en fixant de ses yeux azurés sa nation colérique.

_ Laisse moi tranquille, rétorqua sèchement le blond, sans même prendre la peine de tourner son regard vers son compagnon, dont le torse à demi nu aurait pourtant dû l'intéresser grandement.

_ Eh bien, t'es en beau joualvaire, à c'que j'vois, commenta le brun en sifflant d'un air amusé.

_ Bravo Sherlock, tu veux la médaille du mérite ?

_ Non, marci !

Samuel se glissa derrière la nation Nord-américaine penchée pour ôter ses bottes, et vint langoureusement s'étendre de tout son long sur le dos courbé du Canadien en un mouvement félin, reprenant d'un air taquin alors que ses mains se posaient au niveau du bas ventre de son compagnon.

_ Les nerfs, Mattie. Quessé qui s'est encore passé 'vec les deux mongols ? Tu peux ben m'le dire à moé, non ?

_ Laisse moi tranquille, Samuel, dit une nouvelle fois Matthew d'un ton plus sombre que précédemment.

_ Tu veux-tu que j'te détendes comme t'aime ? ronronna le brun d'une voix sensuelle, venant déposer un baiser dans le cou de son homme.

Après tout, il savait mieux que quiconque quoi faire pour changer les idées du Canadien... Mais cette fois-ci, la réaction de ce dernier le figea sur place.

Le blond se redressa brusquement, le faisant lâcher prise et l'obligeant à reculer de quelques pas, surpris. Et soudainement, alors que Matthew se retournait vers lui, sa main vint violemment rencontrer la joue gauche de son compagnon, qui en détourna la tête un instant.

_ I said : leave me alone, Quebec ! râgea le blond en haussant sensiblement la voix, alors que ses orbes violassées rencontraient enfin les yeux bleus de son amant.

Ce dernier le fixait d'un air ébété, voir choqué, tant du fait d'avoir été frappé par son compagnon que de l'entendre l'appeler par son nom de province. Il posa sa main sur sa joue qui commençait déjà à gonfler, tandis que le Canadien se détournait de lui pour se glisser dans ses draps, l'ignorant à présent superbement. Il demeura encore un moment ainsi, debout au bord du lit de son amant, ne sachant trop quoi faire, alors que son visage se fermait progressivement ; puis il tourna les talons précipitamment et, renfilant à la hâte sa veste à l'écusson fleurdelisé, sortit de la tente en faisant bien claquer, d'un geste rageur, la toile d'entrée contre celle de l'habitacle, faisant comprendre bruyamment au blond qu'il n'avait pas DU TOUT apprécié ce qui s'était passé.

" Matthew. "

Ne restait plus dans la tente que le jeune État Nord-américain, recroquevillé sous sa couette, et dont les joues se mouillaient de larmes silencieuses à mesure qu'il prenait conscience de ce qu'il avait fait, et des conséquences que cela pourrait avoir sur lui, sur Samuel, sur leur nation et la relation qu'ils chérissaient. Il avait merdé. Copieusement. Et le représentant de la Belle Province allait le maudire pendant des jours, si ce n'étaient des mois pour ce qu'il avait fait...!

" Earth to Matthew. "

Il allait devoir s'excuser. Il était en tort. Mais, pour le coup, Arthur avait peut-être vraiment déteint sur lui, à ce niveau : sa fierté le bloquait. Il ne parvenait pas à la mettre de côté pour demander pardon au Québécois. Or il savait que ce dernier ne le ferait pas, et que si cela ne venait pas de lui, ils ne se reparleraient peut-être jamais. Et que ferait-il, si cela devenait vrai ? Si Samuel le quittait ? S'il... S'il prenait son indépendance, comme Alfred envers Arthur ? Matthew se sentit brusquement étouffé par la peur de ce qui pourrait se passer. Pour une fois, il comprenait ce qu'avait dû ressentir Angleterre à l'époque.

_ Heilles, tu vas-tu arrêter d'm'ignorer, calvince ?!

Le coeur du Canadien fit un bond dans sa poitrine en sentant des doigts venir lui pincer les fesses, alors que dans son sursaut il avait manqué de tomber de son poste surélevé. Baissant la tête en tentant de calmer les battements affolés de son palpitant, son regard rencontra les deux prunelles azurées de sa Belle Province qui, malgré son expression faciale volontairement dure et irritée, pétillaient malgré tout d'une lueur amusée.

_ Mon accent anglais, y'est tellement poche que j'suis 'bligé d'te parler en français pour qu'tu m'écoutes ? ironisa le brun en posant une main sur sa hanche.

_ N-non, non...! Bien sûr que non...! E-enfin- , balbutia Matthew, fuyant le regard de son compagnon avec crainte.

_ O.K, le coupa-t-il sans attendre. Y'a du nouveau, en haut ?

Le Canadien hocha la tête de gauche à droite, alors que le Québécois se détournait immédiatement de lui pour retourner à son poste, adressant un signe négatif de la tête à la jeune superpuissance américaine qui apparemment était celui lui ayant demandé l'information. Se mordillant la lèvre inférieure, Matthew descendit rapidement de son poste pour retenir sa province par la manche de l'uniforme.

_ A-attends, Samuel, je... Enfin, pour hier... Je...

Il se sentait idiot, tout à coup. Incapable de s'excuser proprement. Il osa relever timidement les yeux vers son compagnon, et eût - l'agréable - surprise de voir que ce dernier, après un soupir, l'observait les yeux brillants, un petit sourire mi tendre mi amusé aux lèvres.

_ On dirait une fille 'vec son premier chum, tu l'sais-tu ?

_ Ne te moque pas, je suis sincèrement désolé...! se plaignit le Canadien en serrant un peu plus la veste du brun entres ses doigts.

_ M'en doute ben. T'as d'la chance que j'sois pas rancunier 'vec toé, répondit Samuel avec un petit sourire taquin, avant de reprendre plus sérieusement. 'Faudrait juste que tu recommences pas.

_ Promis...! fit immédiatement le blond en hochant la tête, comme un enfant qui jurait de retenir la leçon, avant de continuer en murmurant. Je t'aime Mumu...

_ Y'a vraiment rien qu'toé pou' m'faire une déclaration d'amour dans un mausus de tank ! rétorqua le Québécois en riant, laissant sa nation l'embrasser pour le faire taire.

Ils furent cependant obliger de se séparer un peu brusquement à cause de leur char qui s'immobilisa net, manquant de faire basculer le brun en arrière en emmenant Matthew avec lui s'il ne s'était pas rattraper in extremis à la paroi du char. Se redressant de manière peu élégante, ils furent chariés par un ricanement taquin d'Alfred, qui les observait d'un regard malicieux.

_ That's not the place to act all lovey-dovey, guys~

_ Shut up bro, lança le blond à l'attention de son jumeau.

_ Oh, c'mon Matt' !

_ Shut up Alfred, ajouta le Québécois, un large sourire au coin des lèvres, juste pour taquiner la jeune superpuissance.

_ Maaaan, seriously, ya too Samu ?! s'indigna l'Américain, une moue outrée sur le visage.

_ Shut your bloody mouths, all of you boys !

La voix nasillarde du britannique leur intima sèchement le silence, qu'ils intimèrent à l'exception d'Alfred, qui, ne pouvant demeurer plus de deux minutes silencieux au même endroit, s'empressa de retourner près de l'Anglais pour quémander des informations.

_ Why did ya stop the tank, Artie ?

_ It's Arthur, commença le blond d'un ton cinglant. Just shut up Alfred, and listen carefully ; there's a weird noise outside.

Tous se turent dans l'engin, et se concentrèrent à la recherche d'un possible bruit suspect. Et effectivement, le Canadien perçut rapidement un espèce de cliquetis métallique sourd, qui semblait se rapprocher rapidement. Le représentant des États d'Amérique rejoignit rapidement son frère, et lui piqua sa place un instant pour observer l'extérieur. Mais quelques instants plus tard, il s'écartait de l'ouverture, son visage ayant perdu deux teintes de rose pour virer au pâle.

_ Alfred ? What's wrong ? s'enquit son jumeau d'un air inquiet, peu habitué à voir son frère aussi désemparé.

_ King Tiger decored by a key. It's the " Leibstandachte ". Russia told me about them in a letter I received recently, these guys compose Hitler's personnal squad. They are killing machines.

L'Américain n'eût pas le temps d'ajouter autre chose, que déjà Matthew pouvait voir, à l'extérieur, la tourelle du char Allemand venant de leur gauche se positionner dans leur axe. Il entendit son jumeau crier au pilote de sortir, ce dernier s'exécutant en gestes saccadés et tremblants, mais il était déjà trop tard. L'humain ouvrait à peine l'unique voie d'évacuation qu'un bruit sourd de détonation les assourdit. Le Canadien vit la carcasse du char ennemi s'ébrouer violemment de gauche à droite, alors que brusquement il était attiré contre le sol de leur engin, dans les bras de Samuel qui le serrait contre lui de toutes ses forces, tandis que le tir atteignait leur véhicule.

Ce dernier fût projeter violemment en l'air, entamant des tonneaux alors que le réservoir d'essence prenait dangereusement feu. Au premier impact, tout explosait. Et tout ce dont Matthew se souvint avant de perdre connaissance fût un cri de son jumeau et le vocabulaire fleuri de son amant à son oreille alors que, soufflés par l'explosion du char, il sentait les plaques de métal composant ce dernier se compresser douloureusement autour de leurs deux corps.

Les mains dans le dos, déambulant tranquillement parmi les restes fumants de cette vermine de tas de ferraille américain, un homme, grand blond aux yeux bleus limpides, évaluait du regard le résultat de la manoeuvre de son char, pas peu fier de lui. Du bout du pied, il dégagea un débris et découvrit en dessous une tignasse blonde bouclée et emmêlée, serrée contre une autre brune sanguinolente. D'un claquement de doigt, on déblaya les deux corps sous ses pieds, mais il ne s'attarda que sur le blond, repoussant sans ménagement le cadavre du brun d'un coup de pied, sortant de sa poche l'une des deux photographies qu'on lui avait envoyées alors que sa main gauche gantée de noir attrapait le menton du jeune homme pour examiner son visage.

_ Das ist er, déclara-t-il en se relevant, intimant à ses hommes d'emporter le corps du grand blond. Finden Sie der andere, cria-t-il ensuite à ceux qui fouillaient et retournaient encore les bouts de carcasses métalliques. Der Doktor wärt auf ihnen.

xXx

xXx Le 28 janvier 1945, à quelques kilomètres de la frontière Est ( Poland, Deutsches Reich ), 14h56 xXx

Chaoté d'avant en arrière dans le véhicule qui avançait sur le terrain terreux et enneigé où ils progressaient rapidement, Ivan se contractait comme il pouvait pour ne pas trop tanguer au risque de se retrouve tête la première entres les seins de sa grande soeur. Il gardait un oeil jaloux sur les trois Baltiques ainsi que sur leur nouvel ami Roumanie, au cas où l'un d'eux aurait l'idée de répliquer un peu trop à son goût la gentille Ukraine ; il se doutait bien que la jolie Hongrie n'en avait que faire, pour sa part.

A sa gauche, il sentait le corps de sa soeur cadette qui s'accrochait de toutes ses forces à lui, vissant presque sa joue à son épaule, un sourire détendu sur les lèvres alors que, les yeux clos, elle semblait se reposer. Le Russe était nettement soulagé de cette amélioration quant à la condition physique de la Biélorusse ; il s'était énormément inquiété pour elle, au point de passer ses journées à la veiller au lieu de s'occuper des affaires militaires de l'État.

Ce qui lui avait valu de sévères remontrances d'ailleurs, lorsque Staline s'était aperçu d'un léger recul face aux Allemands dans leurs positions.

Un cahot plus brusque le tira de ses pensées, alors que leur véhicule s'immobilisait soudainement. Surpris, le représentant de l'URSS se tourna vers l'un des Baltiques, l'interrogeant du regard.

_ Литва просит водителя , что происходит . ( Litva prosit voditelya, chto proiskhodit. )

Le brun s'exécuta prestement, détachant le carré de tissu prévu à cet effet dans la toile du convoyeur, toquant à la petite vitre qui isolant le conducteur de ses passagers. Avec un léger soupir, le grand Russe abaissa son regard sur sa petite soeur, et commença à lui tapoter la joue doucement, du bout du doigt.

_ Наталья , просыпаетесь. ( Natal'ya , prosypayetes' )

La jeune femme ouvrit presque instantanément les yeux, ne lâchant pas pour autant le bras de son frère. Toris repassa la tête à l'intérieur de leur véhicule, se tournant immédiatement vers Ivan en attrapant son arme.

_ La tête du convoi vient de s'arrêter à quelques mètres de bâtiments non-identifiés sur nos cartes, expliqua-t-il en se relevant, passant son fusil à son épaule. Monsieur Staline nous y attend de ce pas.

Un petit soupir traversa les lèvres du Soviétique, tandis qu'il intimait, d'un signe de la tête, à ses alliés de descendre rapidement. Puis, en tout bon frère qu'il était, il précéda ses soeurs en sautant à terre dans l'épaisse couche de poudreuse - où il s'enfonça jusqu'à mi mollet, et aida successivement Natalya et Katya à descendre. La première s'aggripa ensuite immédiatement à son bras gauche - pour changer, et il présenta gentiment son bras droit à la seconde, qui l'accepta avec un sourire affectueux, passant le sien entre son flanc et son coude pour s'en saisir.

_ Cпасибо, Ваня. ( Spasibo, Vanya )

Suivies par quelques soldats de la 100ème division de la 60ème, les nations soviétiques rejoignirent le plus vite possible le meneur de l'URSS, toutefois un peu ralentis par la petite Lettonie qui peinait à progresser dans l'épaisse couche de neige, mais aussi par leur propre fatigue. Ils avaient passé toute la première partie de journée en offensive, repoussant toujours plus loin les soldats de la Wehrmacht, jusqu'à ce qu'enfin ces derniers, il y avait de cela environ une heure, ne sonnent enfin la retraite définitive et abandonnent le terrain.

Une victoire de plus à leur actif, une !

Stoppant ses divagations, Ivan vint se poster aux côtés de son supérieur, ses deux soeurs aux bras, jetant un regard étonné au général présent avec eux, Krasavine.

_ Что происходит ? ( Chto proiskhodit ? ) demanda-t-il aux deux humains.

_ Это момент , который следует рельсы ( Eto moment , kotoryy sleduyet rel'sy ), répondit le général Russe. И мы только что получили к нему, continua-t-il en indiquant un bâtiment d'un signe de tête. ( I my tol'ko chto poluchili k nemu. )

Le Soviétique, imité par ses soeurs, leva les yeux vers le bâtiment qu'on lui indiquait, et aperçut, quelques mètres devant eux, une espèce de vaste porte de gare, arqueboutée, ressemblant au premier abord à un clocher, et allongé de part et d'autre par une barre de brique. Intrigué, Ivan garda le silence un instant, avant de lancer d'un ton sceptique.

_ Может быть, это ловушка. ( Mozhet byt', eto lovushka )

_ У нас действительно нет другого выбора. Пойдем, ( U nas deystvitel'no net drugogo vybora. Poydem. ) intima Staline en secouant légèrement la tête de droite à gauche, se fichant visiblement de ce que pouvait penser sa nation.

Avec une légère grimace vexée, le grand Russe suivit son supérieur, ses soeurs à ses côtés, alors qu'ils progressaient toujours plus près de leur " cible ". Une entrée.

C'était l'entrée d'un complexe beaucoup plus large. Et visiblement, ils étaient attendus. Au fur et à mesure de leur avancée, ils avaient vu apparaître, sous l'arche, un petit groupe de personnes qui s'élargit rapidement, jusqu'à devenir une masse sombre. Mais à leur grand soulagement, ces gens n'étaient pas armés.

Ils n'étaient même quasiment pas habillés, pour ainsi dire. Simplement vêtus d'une espèce de pyjama rayé bleu. Un genre de bagnard américain, dans un sens. Avec des insignes sur le pectoraux gauche : étoile à six branches jaunes, triangle rouge, carré bleu, triangle rose, etc.

Se demandant sérieusement où ils allaient arriver, Ivan resserra d'un geste protecteur sa prise sur la Biélorusse et l'Ukrainienne, leur intimant silencieusement de ne pas s'éloigner de lui. Il ne voulait pas qu'il leur arrive malheur.

Le bruit assourdissant des moteurs à explosion vrombissant dans les carcasses des blindés couvrait les voix de ces inconnus, qui se pressaient à leur arrivée avec un air soulagé étiré sur le visage. Beaucoup d'hommes, quelques femmes, quelques enfants, presque aucunes personnes âgées. Environ une centaine d'individus, à la louche, mêlant diverses cultures et origines. Polonais, Roumains, Francophones, Anglophones, Germanophones, et d'autres encore.

Et Russes.

Un camarade s'approcha des nations et des hauts dignitaires soviétiques, s'inclinant respectueusement devant Staline.

_ Господа, вы не можете знать, как мы рады видеть Вас, наконец... ( Gospoda, vy ne mozhete znat', kak my rady videt' Vas, nakonets... )

_ Что это за место ? ( Chto eto za mesto ? )

Le grand brun marqua une longue pause, son visage s'assombrissant sensiblement à la question de sa nation. D'un geste lent et mesuré, il s'écarta de leur passage, et répondit d'une voix plus sinistré.

_ Смотрите сами . Мои слова не могут точно описать эти места. ( Smotrite sami. Moi slova ne mogut tochno opisat' eti mesta. )

Intrigué, le dirigeant de l'URSS fit signe à sa nation de passer devant. Avec une nouvelle grimace, Ivan sentit ses soeurs agripper un peu plus fort encore ses bras, tandis qu'il avançait pour ouvrir la marche. Ils arrivèrent bientôt à la hauteur de l'attroupement, et presque instantanément la nation du Nord entendit Katya étouffer un petit cri d'horreur dans sa main libre. Lui-même n'en revenait pas.

La maigreur de ces gens le frappa aussi fort que le vent sec et glacial qui soufflait en Sibérie. Leurs allures squelettiques et chétives étaient effrayantes ; leurs yeux creusés par la fatigue, la maladie, se dessinait sèchement dans leurs globes oculaires assombris. Leurs ossatures saillaient sous leur peau, et peu étaient ceux dont la peau brillante du crâne était encore couverte par des cheveux.

Un groupe d'enfants cadavériques gambada en glapissant presque jusqu'aux trois nations Soviétiques, s'agrippant à leurs vêtements en souriant et en babillant avec enthousiasme. Vu leur bas âge, ils ne devaient pas se rendre compte de l'horreur qui les entourait.

Et temps mieux, dans un sens.

Ukraine s'attendrit instantanément devant ces bouilles d'anges décharnées, s'accroupissant à leur hauteur pour les prendre dans ses bras et les examiner en douceur, s'indignant à voix basse de leur corps en évidente mal nutrition. Natalya quand à elle gardait jalousement son grand frère, qui tentait maladroitement d'écarter la progéniture humaine de son long manteau auquel ils s'accrochaient, n'aimant pas spécialement les enfants - car en en étant un lui-même.

Mais à son grand malheur, voyant que ces soldats n'avaient visiblement aucune mauvaise intention à leur égard, les habitants des lieux semblèrent se détendre sensiblement, alors que déjà bon nombre d'eux s'avançaient vers eux, laissant pour certains éclater leurs émotions. Des femmes pleuraient, riaient ; des hommes criaient leur joie, d'autres se laissaient aussi aller aux larmes, comme leurs camarades du sexe opposé. Ivan ne compta pas le nombre d'humains qui vinrent attraper ses mains et les baiser en des gestes tremblants, le remerciant - dans diverses langues - avec toujours autant d'émotions.

Ces lieux étaient-ils si atroces que cela...?

Le grand Russe entendit les dirigeants de son armée ordonner qu'on sorte ces personnes de cet endroit, et qu'on leur donne une partie des rations de nourriture et de boisson. Ce qui était tout à fait normal. Ivan se tourna une nouvelle fois vers leur camarade qui les avait interpelé, observant un instant son triangle rouge avant de répéter, de moins en moins serein.

_ Что это за место ? ( Chto eto za mesto ? )

L'humain le regarda droit dans les yeux, une expression aussi terne que dégoûtée sur le visage, avant de lui répondre d'une voix morne.

_ Добро пожаловать в концентрационный лагерь Аушвиц II Биркенау, товарищ. ( Dobro pozhalovat' v kontsentratsionnyy lager' Aushvits II Birkenau, tovarishch. )

L'Armée Rouge pénétra enfin au coeur du domaine.

Au coeur de l'Enfer.

C'était une sorte de ville grandeur nature aménagée à l'intérieur d'un champ de barbelés. Des bâtiments blocs en briques s'entendaient à l'américaine, symétriquement, à perte de vue. De vastes allées mi boueuse mi enneigée les séparaient à distance égale, permettant l'accès aux lieux tant par des piétons que par des véhicules. Par l'entrée qu'ils avaient utilisée, un rail de chemin de fer s'étendait jusqu'à peu près la moitié de la largeur des lieux, s'arrêtant net au bout de son chemin. On pouvait, à vue d'oeil, observer une distinction entres les bâtiments : un "quartier chic", un "quartier moyen", un "quartier pauvre". Un hôpital, une prison, un bordel aussi. Au loin, on pouvait voir quelques bâtiments effondrés. Sabotés intentionnellement. Mais tout cela était bien moindre comparé à ce qui frappa Ivan à son arrivée au sein d'un théâtre de l'horreur humaine.

Ils furent accueillis par des montagnes de cadavres.

Des montagnes.

Et il n'extrapolait qu'à peine.

Empilés et entremêlés savamment, dans des positions de contorsion invraisemblables, des milliers d'humains rachitiques et désarticulés s'entassaient sur les chemins, entamés par les charognards ou les yeux exorbités fixant le ciel et les soldats Soviétiques qui arrivaient trop tard pour eux, leurs bouches béantes semblants appeler à l'aide.

L'expression " crever la gueule ouverte " prenait tout son sens.

Levant son bras droit pour le placer devant son nez et sa bouche, pour parer les relents nauséabonds de ces amas de chair en putréfaction, Ivan entendit derrière lui la petite Lettonie régurgiter le contenu de son estomac dans la neige glacée, suivie presque aussitôt par Katya qui n'avait pas pu supporter ce spectacle macabre. Même la froide et imperturbable Biélorusse s'était retournée, une moue écoeurée déformant ses traits fins.

La personnification de l'Union soviétique s'obligea à détourner les yeux, mal à l'aise. Il était à la fois horrifié par ce qu'il voyait, et fasciné. Comment avait-on pu arriver à un tel degrés d'inhumanité ? C'était terrible et en même temps d'une extraordinarité morbide déstabilisante. Les hommes seuls étaient et seront à jamais capables de faire tant de mal à leurs congénères de manière tout à fait intentionnelle, consciente, et réfléchie minutieusement pour une efficacité maximale.

Ça y est, il avait réussi à se dégoûter.

Alors qu'il travaillait intérieurement sur son aversion grandissante pour l'espèce humaine, les troupes de l'Armée Rouge, poussées par leur dirigeant, étaient forcées de déblayer à mains nues le chemin, remplissant un peu plus les fosses communes béantes laissées en état par les fuyards Nazis - qui n'avaient pas été retrouvés, tout du moins. Seuls de simples SS, hommes et femmes, étaient toujours présents, et avaient été arrêtés derechef. Les officiers avaient fui avec courage.

Laissant ses soeurs aux Baltiques, Ivan indiqua d'un geste sec à Vlad et Elizaveta de le suivre, malgré l'expression déconfite par l'horreur qui s'étirait sur leurs visages. Ils longèrent la file impeccablement alignée des SS qui, mains sur la tête et gardés en joue par quelques soldats, attendaient patiemment la suite du programme. Leur calme était effrayant.

Avec un haut-le-coeur de dégoût, le grand Russe s'obligea tout de même, plus pour ses accompagnateurs que pour lui-même, à regarder les soldats Soviétiques qui jetaient les corps inertes dans les gorges de terre déjà bien remplies. Les cadavres s'entrechoquaient mollement, glissant les uns sur les autres, leurs membres remuant avec lenteur tels les articulations de marionnettes inanimées. Ils étaient si nombreux et l'Armee si pressée qu'on ne pouvait pas prendre le temps de leur donner une certaine contenance dans la mort ; ainsi, au milieu de ce charnier humain d'une puanteur horrible, les visages terrifiés et désespérés figés par la rigor mortis observaient à travers les voiles de la Mort qui les étreignait les vivants qui demeuraient sans eux, les accusant silencieusement de leurs morts.

Prenant tout son temps pour laisser ses deux homologues s'imprégner des lieux et graver cette image dans leur mémoire, Ivan se retourna ensuite, ses yeux mauves les foudroyant du regard, tandis que, le visage sombre, il lâcha avec dégoût.

_ Alors, vous pensez toujours que les membres de l'Axe sont sains d'esprit ? Vous pensez toujours avoir fait partie du bon camp ? Des " Gentils " ?

Roumanie, les yeux figés avec répulsion sur le charnier qui engloutissait toujours plus de corps derrière le Russe, se contenta de cocher vaguement de la tête, ébêté. Quand à la belle Hongroise, elle garda un moment le silence, avant d'articuler en bafouillant légèrement, d'une voix tremblante.

_ Je... ne savais pas...

_ Et bien maintenant tu sais, répondit sèchement le Russe, se retournant une nouvelle fois vers les cadavres entassés dans la fosse.

Elizaveta, quand à elle, se mit à trembler légèrement. Ludwig avait un grain. Définitivement. Ce n'était pas humain de faire cela, et encore moins de laisser faire. Et Roderich... Son Roderich, qui avait ouvert ses frontières, ouvert sa porte à l'Allemagne en 1938. Qui s'était laissé envahir avec joie pendant l'Anschluss. Et si, finalement, lui aussi soutenait les idéaux malsains de Ludwig...? Était-il aussi atteint mentalement que l'était la jeune nation ?

Ses réflexions inquiétantes furent coupées nettes par un cri d'effroi qui retentit dans tout le camp, qui fit se retourner instantanément les trois nations.

_ Литва...? ( Litva...? ) souffla Ivan, bouche bée.

Presque aussitôt, ils se hatèrent de revenir dans le camp, cherchant au hasard la localisation du brun. Jusqu'à ce qu'il ne le trouve, dans les bras de Katya, entouré d'Eduard et Raivis, alors que Natalya cherchait autour d'eux un support sur lequel grimper. Le grand Russe entendit Elizaveta hoqueter, et Vlad s'étrangler avec sa salive tandis qu'il relevait lentement son regard vers le ciel.

Au bout d'une potence se balançait de droite à gauche, fouetté nonchalamment par le vent, le corps nu et mutilé d'un homme. Le crâne rasé, de petite taille, on lui avait crevé un oeil et lacéré le corps à la lame, laissant les filets de sang s'écouler par gravité sur sa chair exposée à la vue de tous, jusqu'à former une large flaque écarlate dans la neige immaculée sur laquelle gouttait lentement les perles précieuses du fluide vital.

_Lenkija... Lenkija...! hoquetait Toris, la voix étranglée, se serrant comme un enfant apeuré contre l'Ukrainienne qui frottait son dos pour le réconforter comme elle le faisait avec son propre petit frère, le laissant presser son visage larmoyant contre son épaule pour étouffer ses sanglots horrifiés.

Ils avaient pendus Pologne.

Ivan serra les dents, indigné de ce que ces barbares avaient osé infliger à une nation, alors que ses yeux se figèrent sur le torse lacéré du Polonais. On y avait gravé un mot, au poignard.

" Jude ".

" Juif ", en Allemand. Écrit en lettres de sang.

Usant d'un de ses couteaux, après avoir trouvé une caisse sur laquelle se surélever, la Biélorusse sectionna la corde qui suspendait le supplicié au dessus du sol, faisant chuter lourdement, dans un bruit mat, le corps inerte de Feliks. Ivan s'en approcha rapidement puis, ôtant son manteau et sa chemise en frissonant, passa cette dernière autour du cadavre du Polonais qui, avec des soins, ne tarderait pas - il espérait du moins - à se remettre d'aplomb. Il renfila rapidement son manteau, et, attrapant la masse molle du pendu, se retourna vers ses homologues.

_ Grande soeur, Lettonie, Estonie. Emmenez Toris hors du camp, dans un véhicule au chaud. Roumanie et Hongrie, vous venez avec moi, nous devons amener Pologne en lieu sûr où il pourra être soigné.

Puis, la mine assombrit, il ajouta pour finir, les traits durs.

_ Il est grand temps que cette guerre se finisse.


Lexique :

→ Литва ( Litva ) : Lituanie ( Russe )

_ Lenkija : Pologne ( Lituanien )

xXx

Traductions :

¤ Part 1 :

_ Oui ?

_ Monsieur Beilschmitt, le Führer veut vous parler.

_ J'arrive.

_ Il veut aussi s'entretenir avec l'Italien.

_ Noté. Dis lui que nous arrivons.

_ À vos ordres !

_ Ah ! Ludwig, Ludwig ! Entre, s'il te plait !

_ J'ai reçu un courrier ce matin de notre très cher Ange. Il lui manque quelques pensionnaires.

_ Il faut dans ce cas piocher dans les maisons closes. Ou dans les villages du Nord. Je suis persuadé qu'ils en pondent pleins, là-bas.

_ Tu ne comprends pas, Ludwig. Il ne veut plus d'humains.

_ Et donc ? Que veut-il alors ?

_ Des nations. J'ai cru comprendre que l'Italie serait en mesure de répondre à ses attentes, non ?

_ Il fallait s'en douter.

_ Nous n'avons pas énormément de choix, pourtant. Il n'y a pas 36 000 nations dans son cas, de ce que j'ai compris.

_ Je pense avoir trouvé un arrangement, mon Führer.

¤ Part 2 :

[ Prusse parle avec un léger accent de dialecte Allemand. J'ai copié celui de ma corres' :,) Et Autriche roule les [r], si vous voulez vous imaginer un peu mieux comment ils parlent. ]

_ Adler, viens là, dépêche toi !

_ Oui, Fritz, je sais que tu m'aimes beaucoup ! Calme t- Adler !

_ Tu aimes vraiment la neige, hein Adler ?

_ Qu'est-ce que tu fais là, Roddy ? T'es pas sensé être en convalescence ?

_ Je ne t'ai pas trouvé quand je me suis réveillé. Et lorsque j'ai vu que les chiens manquaient aussi, j'ai deviné que tu étais sorti.

_ Oh, vous vous êtes inquiétée pour moi ? C'est trop d'honneur, votre Majesté !

_ Cela aurait simplement fait un allié en moins au Reich, et je ne pense pas que Ludwig en ait réellement besoin en ce moment.

_ Et donc... Qui a bien pu te cabosser à ce point ? Tu étais salement amoché...!

_ Ton petit frère si chéri.

_ Lulu... t'a frappé...

_ Oui.

_ Il est plus atteint que ce que je pensais...

_ Il ne veut pas faire de mal à Italie. C'est cela qui, à mon avis, le préserve encore de la démence.

_ Je vais devoir baigner Adler, alors je rentre. Reste, Fritz te ramènera à la maison, au pire. Et, tu devrais pouvoir rentrer à Vienne bientôt.

_ Au fait, t'es plutôt pas mal sans tes lunettes, Binoclard.

¤ Part 3 :

_ 20 degrés, Nord-Est !

_ Ça ne marchera pas Artie...! Le tank va rester coincé à cause de la neige !

_ Ce n'est pas de ma faute si tes tanks sont inutiles et pas maniables !

_ Quoi ? Répète un peu Gros Sourcils !

_ Espèce de branleur !

_ Vous voulez pas arrêter de vous battre un peu ? On dirait un vieux couple marié, sérieusement.

_ Ferme la, bro. T'as pas ton mot à dire, tu t'es vu avec Samu ?

_ J'ai dit : laisse moi tranquille, Québec !

_ La Terre appelle Matthew.

_ C'est pas l'endroit pour jouer les amoureux, les mecs.

_ Ta gueule bro.

_ Oh alleeeer, Matt !

_ Ta gueule Alfred.

_ Meeeeec t'es sérieux, toi aussi Samu ?!

_ Taisez-vous tous !

_ Pourquoi tu as stoppé le tank Artie ?

_ C'est Arthur. Tais toi et écoute, il y a un bruit bizarre dehors.

_ Qu'est-ce qu'il y a, Alfred ?

_ King Tiger décoré d'une clé. C'est la Leibstandachte. Russie m'en a parlé dans un récent communiqué, ils composent la garde personnelle d'Hitler. Ce sont des machines à tuer.

_ C'est lui. Trouvez l'autre. Le Docteur les attend.

¤ Part 4 :

_ Lituanie, demande au chauffeur ce qu'il se passe.

_ Natalya, réveille toi.

_ Merci, Vanya.

_ Que se passe-t-il ?

_ Ça fait un moment qu'on suit les rails. Et on vient d'arriver devant ça.

_ C'est peut-être un piège.

_ Nous n'avons pas vraiment d'autres choix. Allons-y.

_ Messieurs, vous ne pouvez pas savoir à quel point nous sommes heureux de vous voir enfin...

_ Quel est cet endroit ?

_ Voyez par vous-même. Mes mots ne pourront décrire avec exactitude ces lieux.

_ Quel est cet endroit ?

_ Bienvenu au camp d'extermination d'Auschwitz II Birkenau, camarade.

xXx

→ Pour les noms des chiens de Prusse : Adler signifie " Aigle " en Allemand, c'est une référence au surnom de la Prusse qui était appelée " L'Aigle noir du Nord ". Quant à Fritz, c'est le diminutif de Friedrich, qui est une référence à l'empereur Frédéric II de Prusse, alias celui qui a régné le plus longtemps et a été adoré de son peuple ; c'est " Old Man Fritz ". ( Dans le même genre, on a Marie Stuart " The Lovely Queen of Scots " en Écosse, la Queen Mum, Richard II " Coeur de Lion " et les deux Elizabeth en Angleterre, ou encore Louis IX " Saint Louis " et François Ier en France, si vous voyez ce que je veux dire. )

→ Pour la partie 3 : ANACHRONISME. Ce combat " Char Sherman VS Char Panzer Tiger II " a eu lieu en Bretagne peu de temps avant le débarquement en Normandie de 1944. Et normalement, c'est un Panzer Tiger II qui arrive à une intersection, et aux trois autres voies il y a des Shermann. Et en gros le char Allemand les défonce tous un par un, voilà. Mais vu que j'en ai eu connaissance qu'il y a peu, et que je trouvais ça PUTAIN de BADASS, fallait que je le mette dans cette fic. Voilà. Mais sinon oui, les chars Sherman, étant produits à la chaîne, étaient de très mauvaise qualité ( preuve étant que les Allemands les explosaient au bazooka. Même pas besoin de canons anti-chars, y'avait juste à viser en dessous et ça pétait. En plus, y'avait quasi pas d'issues, donc sur les 5-6 soldats à l'intérieur y'en avait que maximum 2 qui ressortaient "intactes" du Sherman - pour dire, ils avaient précisément 1 seconde 5 pour sortir, autant dire que c'était quasi impossible. Après, y'avait plus qu'à les mitrailler et À PLUS RICAINS. ) comparés aux Panzer Tiger allemands qui étaient juste des FORTERESSES BLINDÉES. Les trucs c'étaient des monstres, avec un bruit bien reconnaissable, les mecs autant les KV de l'Armée Rouge que les Sherman Alliés, tu entendais un Tiger arriver, tu savais que t'étais mort. Ils étaient RE-DOU-TABLES, surtout quand tu tombais sur la division de Michael Wittman. Ce mec était un GÉNIE.

→ Petite info supplémentaire : dans un char d'assaut, en général, on y rentre une compagnie, donc environ 5-6 hommes, répartis comme ceci : 1 chef de char ( ici, Angleterre ), 1 pilote ( l'humain ), un tireur ( Canada ), un chargeur ( USA ), un mitrailleur ( Québec ) et un autre mitrailleur-opérateur radio ( pas présent ici ) dans les plus gros chars.

→ Les membres de la Leibstandachte étaient, en gros, les jokers de la Wehrmacht. C'était la garde personnelle d'Hitler, et les soldats les plus compétents du Reich. Ils concurrencaient très bien la Tötenkorpf, qui eux étaient plutôt des machines à tuer recrutées parmis d'anciens SS chargés des camps d'extermination.

→ Pour les insignes dans la partie 4 : l'étoile jaune est pour les Juifs ( je ne vous apprends rien je pense ), le triangle rouge renversé est pour les déportés politiques ( communistes et opposants au régime ), le carré bleu est, il me semble, pour les handicapés mentaux, et le triangle rose renversé est pour les homosexuels.

xXx

→ Joseph Vissarionovich Djougtchvili dit Joseph STALINE ( 1879 - 1953 ) : Fils d'un paysan géorgien, ancien séminariste, il participe à la révolution d'Octobre 1917. Il devient commissaire du Peuple aux nationalités, puis secrétaire général du Parti Communiste d'Union Soviétique en 1922. Après l'élimination de ses rivaux en 1928, il s'impose comme seul maître de l'URSS jusqu'à sa mort. La victoire de l'URSS aux côtés des Alliés contre l'Allemagne nazie renforce le prestige de Staline. Après 1945, il impose le régime communiste dans les pays d'Europe centrale et orientale. Staline est à l'origine du concept d' « ennemi du peuple » qui a rendu possible les répressions les plus violentes pour ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui. Vers la fin de sa vie, Staline est l'objet d'un véritable « culte de la personnalité » de la part des communistes du monde entier. Après sa mort, le 5 mars 1953, son successeur, Nikita Khrouchtchev, dénonce ses crimes, c'est la « déstalinisation ».

→ Général KRASAVINE : Alors là... C'est pas faute d'avoir cherché, mais j'ai rien trouvé sur ce gars...! Désolée.


... Quoi, me regardez pas comme ça pour la scène CanBec, je peux juste vous dire que c'est pas pour rien s'ils ont des origines Françaises, tous les deux...! *meurs* Et puis merde à la fin, j'adore Samu, ce petit gars me fait marrer à un point...!

Bon en fait, il est pas aussi violent que ce que je pensais, ce chapitre. MAIS, avec ce que je vous prépare... *ahem* mon alerte tient toujours.

J'ai dû rouvrir les traumatismes de mon adolescence pour vous... J'ai été obligée de regarder une nouvelle fois " Nuit et Brouillard " d'Alain Resnais, et je peux vous dire que ça m'a une nouvelle fois retournée... Putain... Honnêtement, je vous le conseille si vous ne l'avez pas vu, car il est à voir. Mais si vous êtes trop sensibles, évitez. Parce que c'est un film documentaire, qui s'appuie donc sur des images d'archives extrêmement crues, sordides, macabres, morbides, enfin bref vous avez saisi l'idée. J'insiste vraiment, les images et le contenu de ce film peuvent réellement être choquants ( même moi j'en ai des haut-le-cœur à chaque fois ), alors si vous voulez le regarder, vous êtes prévenus...!

Oh putain. OH PUTAIN vous allez tellement me haïr dans les prochains chapitres. TELLEMENT. Plaignez-vous à mon meilleur ami qui a eu la mauvaise idée de me filer 4 livres sur les Médecins de la Mort ! ( Meilleur ami que je remercie d'ailleurs, car il m'aide beaucoup dans l'écriture de cette fic. Mon Dolfie Doudou Coin, j't'adore~ )

N'hésitez pas à laisser une review pour me donner votre avis sur ce chapitre, j'aime beaucoup lire vos réactions ! ( J'aime aussi lire à quel point vous souffrez... Mouahaha. )

Gros poutoux baveux sur vos deux joues !