Hey bande de gens !

Après deux TRÈS LONGS MOIS d'attente, voici enfin le moment que vous attendez tous : le chapitre 10 de Der Fall von Deutschland, fuckers ! Intitulé " Rückkehr zu Berlin ", ou Retour à Berlin dans notre belle langue de Molière~

Aaaaaah ! Vous pouvez PAS savoir à QUEL POINT vous m'avez manqué ! Surtout l'écriture, en fait... Ces deux derniers mois ont vraiment été épuisants, je suis bien contente que tout cela soit enfin terminé !

Et devinez quoi ? J'AI MON BAC PUTAIN ! 8D *danse de la victoire* Avec mention Très Bien et mention européenne allemand en plus ! Et je suis acceptée à la Sorbonne aaaaaaah *pan*

BREF. Ça, vous vous en foutez, c'est ma vie.

...

AAAAAAAAAAAH ! *PAN*

RE BREF. J'espère que ce chapitre vous plaira, on se retrouve dans les notes de fin !

Bonne lecture~


xXx Le 2 Mars 1945, Panzernest ( Deutsches Reich ), 21h57 xXx

Veneziano soupira longuement en refermant la lourde porte d'une des chambres du Panzernest derrière lui. Ces dernières vingt-quatre heures avaient été éprouvantes, mais il pouvait enfin se détendre :

Gilbert s'était réveillé.

Évidemment, les marques imprimées durement sur sa peau d'albâtre par les coups de son petit frère mettraient un certain temps à cicatriser, puisqu'étant affaibli. Mais il avait bon espoir.

Après tout, on ne fait pas tomber du ciel un aigle aussi facilement.

Dans la pénombre naissante, les couloirs de l'énorme manoir prenaient une allure plus qu'inquiétante. Observant les ombres des arbres qui dansaient en ondulant sur les murs tantôt couverts de tableaux d'artistes comme Nold, Kirchner, ou même Picasso ; tantôt d'autres signés " Adolf Hitler " - d'une qualité médiocre, si ce n'était même des croûtes plutôt - tous plus fantasmagoriques les uns que les autres, le Vénitien en eut des frissons. Une sueur froide dévala sa colonne vertébrale à grande vitesse, et il pressa son pas sur les tapis molletonnés couvrant le parquet craquant pour rejoindre ses quartiers au plus vite.

Il dût pour cela traverser l'intégralité de l'aile Ouest du bâtiment, Ludwig les ayant éloignés des dirigeants pour leur permettre une certaine " intimité." À cette pensée, l'Italien se figea sur place, hébété. Il avait oublié ce détail, après avoir veillé la nation prussienne. Il occupait les mêmes appartements que Ludwig.

Sauf qu'on lui avait appris, ce matin, que l'Aryen s'y était enfermé à double tour, et que même le Führer en personne n'avait rien pu y faire.

Une grimace angoissée déforma les lèvres de Veneziano, alors qu'il reprenait sa marche, d'un pas plus hésitant certes, vers la large porte gardant les pièces de vie des deux nations alliées. Il observa un long moment la dite porte, silencieux, la balayant du regard de haut en bas, sentant sa gorge se nouer à mesure que le temps s'écoulait. Puis, il trouva enfin le courage de lever le poing, et d'en frapper quelques petits coups légers.

_ Lud'...? demanda-t-il d'une vois douce. C'est moi, Feliciano. Ouvre-moi, s'il te plait...

Pas de réponse.

_ Ludwig, s'il te plait... supplia le brun, collant un instant son oreille à la porte.

Pas de réponse. Pas de bruit.

Il dort peut-être... Veneziano poussa un nouveau soupir, peiné cette fois-ci, et se recula en s'éloignant. Bien... Il n'avait plus qu'à trouver un canapé dans une salle de réception...

Un claquement sec de serrure le fit sursauter violemment avec un petit cri, alors qu'il se retournait sur-le-champ pour voir la porte des appartements légèrement entrouverte. Il demeura un instant interdit, fixant l'ouverture en papillonnant des yeux, puis se décida à entrer.

Il referma la porte à clé derrière lui, progressant ensuite à pas feutrés, tâtonnant légèrement à l'aveuglette les objets qui l'entouraient pour se diriger malgré l'obscurité ambiante. Sa cuisse rencontra une commode, son coude une poignée, et il embrassa même un coin de mur ; mais il parvint à avancer jusqu'au salon.

Là, légèrement éclairé par la faible lumière de la Lune qui filtrait depuis une percée dans les rideaux, il trouva Ludwig assis sur un divan, les coudes sur les cuisses et le visage plaqué contre les paumes de ses mains. Les cheveux en bataille, il était vêtu d'un simple caleçon et d'un débardeur, ce qui en soit était une vision plutôt rare du blond qui était, d'ordinaire, toujours tiré à quatre épingles - ou nu, tout dépendait de la situation ; d'autant plus que son bel uniforme SS avait été designé par le couturier Hugo Boss lui-même...!

Le Vénitien s'approcha d'un pas lent mais assez bruyant, pour ne pas prendre son compagnon par surprise, et vint doucement poser ses mains sur ses épaules, le faisant tout de même sursauter.

_ Lud'...? souffla-t-il avec douceur, entourant la large carrure de l'Aryen de ses bras frêles.

Ce dernier décolla lentement ses mains de son visage, puis bascula lourdement sa tête vers l'arrière, laissant le menton du brun toucher son front humide sur lequel collaient quelques mèches blondes. Ses yeux limpides rencontrèrent les deux ambres de l'Italien ; et cette vision, même à l'envers, retourna douloureusement l'estomac de Veneziano.

_ Feli... lui répondit une voix étranglée.

Allemagne pleurait.

De très légères perles salées avaient glissé sur ses joues. Rien à voir avec une crise de l'arme violente, certes, mais assez pour statufier le petit brun. Il ne l'avait jamais vu pleurer avant.

Jamais.

Sûrement poussé par son instinct protecteur - ou maternel, allez savoir - l'Italien embrassa avec tendresse le front de son amant, avant de contourner rapidement le divan pour s'asseoir aux côtés de son compagnon. Et presque aussitôt qu'il eut posé ses fesses sur les coussins souples, l'Allemand se laissa basculer mollement contre lui, déposant sa tête sur les genoux de la jeune Italie dans un froissement de tissu étouffé.

_ Feli... Hier, je... J'ai... Bruder... balbutia Ludwig, le corps et la voix tremblants contre les doigts fins de l'Italie Fasciste qui glissaient avec amour dans ses mèches sable désordonnées.

_ Je sais Lud', je sais... Mais c'est fini, maintenant, murmura doucement Veneziano. Gilbert s'est réveillé dans l'après-midi, il va mieux.

_ Je l'ai frappé jusqu'à l'inconscience...! objecta faiblement l'Aryen en relevant ses yeux bleus vers ceux de son compagnon.

_ Mais il va bien, insista l'Italien avec un tendre sourire. Et puis, on parle de Gilbert. De la Prusse. Il a connu bien pire. Tu le connais, il est trop " wunderbar " pour tomber à cause de ça...! tenta-t-il ensuite avec un petit rire en citant la devise de l'Albinos.

_ J'ai failli le tuer, Feli ! De mes propres mains...! rétorqua le blond en se redressant brusquement, la voix étranglée. Si tu n'étais pas intervenu, si... Si tu m'avais laissé faire, je... Bruder...

_ Lud'...

Le Vénitien observa silencieusement son compagnon. Il paraissait si faible, complètement perdu et apeuré. Bien différent de la glorieuse Allemagne Nazie, n'est-ce pas ? A cet instant, Ludwig avait tout du petit garçon terrifié, plus que du puissant Reich ayant soumis la totalité du continent européen d'une poigne de fer et à vitesse éclair. [ éclair, la Waffen-SS, la Blitzkrieg, LOWL on s'enjaille bien ou bien ? *part en crabe* ]

_ Je suis fou, hein, Feli... Je suis un monstre... Tu peux me le dire, tu sais, reprit Ludwig avec un rire amer, empli de peine et de douleur. Je brutalise mes Alliés, mon propre frère... Pas étonnant que Vlad, ou Elizaveta se soient retournés contre moi...

_ Lud', ce n'est pas vrai, tu le sais bien.

_ Si. Quelle est la prochaine atrocité que je vais commettre ? Te frapper toi, comme je l'ai fait à Österreich ? T'envoyer dans l'inconscience comme je l'ai fait à Bruder, ou pire, te tuer ? continua le blond, sa voix se brisant à ces derniers mots. Non... Il vaudrait peut-être mieux que tu t'éloignes de moi, toi aussi...

_ Non ! s'écria le brun, un peu plus fort que ce qu'il souhaitait. Tu sais pertinemment que je ne te laisserai jamais, quoiqu'il puisse bien nous arriver. Et ce, même si les Alliés et les Soviétiques étaient aux portes du manoir ! rétorqua avec détermination Veneziano.

_ Feli...

Le brun fixa encore un instant les yeux limpides de son amant happés dans ses pensées sordides, puis doucement il prit son visage entres ses mains pour venir l'embrasser tendrement, cherchant à la fois à le rassurer et à le réconforter.

Non, il n'était pas fou. Il n'était pas un monstre. C'était ses dirigeants qui l'étaient. C'étaient eux dont il fallait se débarrasser.

C'étaient eux, la tumeur cancéreuse de l'Allemagne.

Ce dernier répondit tout aussi tendrement au baiser que lui offrait son compagnon latin, portant ses mains à ses joues pour l'attirer dans un baiser plus profond, jouant de sa langue pour faire un peu plus fondre encore le brun dans des bras. Veneziano se retrouva bien vite allongé avec douceur sur le divan, Ludwig penché sur lui alors que leurs lèvres ne se quittaient plus.

_ Feli... Feli... murmurait le blond entre chaque baiser, reprenant rapidement son souffle. Tu es le seul en qui j'ai confiance... Le seul en qui je peux avoir confiance... Tu ne me trahiras pas, non, je le sais... Ne me laisse pas, Feli... Je t'en prie...

_ L-Lu-...ud'...!

L'Italien se mordit la lèvre inférieure, les joues rouges, alors que son amant descendait grignoter la peau de son cou, y laissant une large marque violassée comme il en avait l'habitude.

" Mien."

C'était ainsi qu'il fallait lire cette succion. L'Italie Fasciste était la propriété du Troisième Reich. L'Italie du Nord appartenait à l'Allemagne Nazie. Feliciano était à lui. Personne d'autre n'avait le droit d'y toucher.

Ludwig pouvait se montrer très possessif envers ses terres convoitées. Et particulièrement si cela concernait un certain petit Latin candide. Preuves en étaient les deux Guerres mondiales.

Le blond se crispa légèrement à ces pensées. A quoi Diable venait-il donc de songer...? Non, il n'était pas possessif envers Italie. C'était un simple allié politique. Un bouclier qui prendra les coups à sa place le moment venu. Il ne s'était certainement pas attaché à lui...!

...

L'Allemand releva lentement la tête du téton durci qu'il était en train de malmener sous les gémissements à peine étouffés du brun, écartant un peu plus les pans de la chemise de ce dernier sur ses flancs. Il l'observa de haut en bas et inversement, silencieux, faisant état de chaque tremblement du corps de son amant. Tremblements qui s'intensifièrent de par le désir de ce dernier, mais aussi par la peur.

_ L-Lud'...? souffa-t-il d'un ton angoissé, levant ses mains pour les poser sur les joues légèrement barbues de son compagnon.

L'Aryen grimaça, miné. La douloureuse tension qui frottait contre le coton de son caleçon n'arrangeait en rien son humeur. Il ne s'était pas attendu à trouver Veneziano si... Désirable. Oui, c'était le mot.

Jusqu'ici, il n'avait fait - pardonnez l'expression - que le baiser, soit pour s'amuser et passer le temps, soit pour le punir d'une désobéissance, soit pour passer sa frustration et sa colère sur quelque chose autre que le mobilier de ses appartements. Somme toute, il profitait largement des sentiments du brun à son égard pour l'utiliser sans vergogne, se fichant pas mal de ce que ce dernier pouvait bien ressentir par la suite. Il ne bandait qu'à l'idée de frapper quelque chose. De l'entendre crier de douleur sous lui. C'était tout.

Mais aujourd'hui... C'était Feliciano. Ce n'était pas parce qu'il était attaché ou suppliant, il ne criait pas de douleur. Lui n'avait ni ceinturon, ni fouet pour lui faire mal ; il n'avait même pas la force de lui faire mal. Il n'était ni frustré, ni en colère.

C'était Feliciano. Juste parce que c'était lui.

Il avait envie de lui, simplement. Par pour le baiser, mais pour lui faire l'amour.

L'Amour.

Il s'était peut-être, finalement, un peu attaché à l'Italien... Sentant une bouffée de hargne à cette pensée, Ludwig gronda sourdement. La petite Italie sentit son coeur s'emballer alors que le blond, après avoir ôté prestement ses vêtements, le débarrassait séance tenante de son pantalon et sous-vêtements, avant de s'enfoncer en lui jusqu'à la garde sans plus de jugement, ne prenant même pas la peine de le préparer un minimum. L'Italien se tordit à cette pénétration violente, se mordant les lèvres à sang pour ne pas hurler de douleur, enfonçant ses ongles dans la chair des épaules de son tortionnaire.

Ce dernier s'immobilisa alors, se contentant d'observer en silence les larmes de douleur qui roulaient sur les joues de son compagnon, puis il se pencha pour les sécher de ses lèvres, embrassant le visage du brun jusqu'à plus soif. Ses mains caressaient avec tendresse les courbes de son corps, remontant jusqu'à ses épaules pour glisser le long de ses bras, les collant aux coussins tout en entrelaçant leurs doigts en déposant un doux baiser sur ses phalanges, contrastant ainsi nettement avec la brutalité dont il avait fait preuve auparavant.

Veneziano était complètement perdu. Jamais encore Ludwig ne s'était montré aussi tendre avec lui - si on exceptait son intrusion violente d'il y a quelques instants. Cela ne lui déplaisait pas, bien au contraire...!

Ainsi, il avait presque l'illusion parfaite d'un amour idylliquement réciproque.

Lorsqu'il se fût un peu détendu à ces pensées, s'imaginant son Allemand tendrement amouraché de lui, Ludwig entama de langoureux mouvements de vas et viens en lui qui le confortèrent dans ses divagations. C'était si doux, comparé à ce qu'il lui faisait d'ordinaire... C'était si doux, et pourtant si douloureux...

Il avait bien compris qu'Allemagne ne l'aimait pas, et qu'il n'était qu'un plan cul régulier pour lui. La violence dont il faisait preuve durant leurs ébats avaient permis à l'Italien de s'en faire une raison, et de se contenter de cette situation. Mais à présent, sa douleur lui revenait en pleine face.

Ludwig ne faisait que jouer avec lui. Il acceptait sa présence et ses attentions, mais jamais il ne lui rendrait son amour. Un amour aveugle que Veneziano lui vouait pourtant sans retenue. Mais cette douceur présente tiraillait le coeur du brun comme jamais. Cela lui donnait tellement l'impression d'être aimé d'Allemagne... Alors qu'il se trompait pourtant sur toute la ligne.

Ses larmes redoublèrent d'intensité.

Et comme si cela ne suffisait pas, l'Aryen ralentit le rythme de ses mouvements en lui, comme si ses pleurs étaient dû à une quelconque douleur physique. Triste ironie tragique de sa situation.

Il se retrouva lové entres les larges épaules de Ludwig, au plus près de son torse, et par réflexe le brun vint enfouir son visage larmoyant au creux de son cou, y reniflant bruyamment, se laissant enivrer par l'odeur de la peau de son bien-aimé. Ce dernier releva légèrement la tête pour venir mordiller son lobe d'oreille et y murmurer, entre deux halètements.

_ Feli... Un jour, quand la guerre sera fini, quand nous l'aurons gagnée... Nous aurons l'Europe entière à nos pieds. Même Angleterre s'agenouillera devant nous. Puis nous annexerons l'Asie. L'Afrique. Et lorsque nous aurons amassé une force insurpassable, nous traverserons l'océan, et nous envahirons les Amériques. Tu verras, Feli. Ensemble, nous deviendrons le plus grand et le plus puissant Empire que ce monde n'ait jamais porté...! Personne ne pourra nous vaincre...! Nous règnerons ensemble, sur le monde entier, pour l'éternité...!

Les mots du blond figèrent Veneziano, qui se crispa brusquement.

" Nonno est le plus grand des Empires, mon petit Feli d'amour ! Personne ne peut le battre ! Alors, bien sûr qu'il ne mourra pas de sitôt ! Maintenant, dans mes bras, ma petite crevette vénitienne ! "

" Italie, veux-tu faire partie du Saint Empire Romain Germanique avec moi ? Ensemble, nous pourrons créer le plus puissant pays du monde ! "

Une sueur froide glacée traversa la colonne vertébrale de l'Italien, et il plaqua ses deux mains contre les épaules de son amant pour le repousser légèrement. Puis, le fixant droit dans les yeux, la gorge nouée, il prit son visage entres ses mains, caressant ses joues du pouce.

_ Ludwig... Tout grand Empire, aussi puissant qu'il soit, est voué à disparaître. Plus tu deviens fort, et plus ta chute en sera douloureuse. Et je suis bien placé pour le savoir, souffla le brun en replaçant quelques mèches blondes derrière l'oreille de son compagnon.

L'Allemand ralentit légèrement ses mouvements pour pouvoir l'observer, souriant légèrement en se penchant pour embrasser ses lèvres, et répondit avec un air suffisant.

_ Les Temps ont changé, depuis l'époque de ton grand-père, Feli. Je suis largement plus puissant que lui. Je ne tomberai pas face à des barbares non-aryens qui se pensent supérieurs, soit-disant parce qu'ils représentent " la démocratie et les droits de l'homme " !

_ Je n'aime pas que tu parles de Grand Frère France ainsi, Lud', minauda le brun en gonflant légèrement les joues.

Le regard du blond s'assombrit brusquement à ces paroles, et il aggripa aussitôt, par réflexe, la gorge du Vénitien en la serrant pour le faire taire.

_ Et moi, je déteste que tu parles de cette vermine répugnante qui me donne envie de vomir à la simple évocation de son nom, cracha l'Aryen en fronçant le nez d'un air dégoûté.

_ P-pardon... articula le plus âgé en grimaçant de douleur.

Un petit " tsk " lingual lui répondit, alors que Ludwig le libérait rapidement. Le coeur battant la chamade, Veneziano sentit bien vite le blond reprendre un rythme assez soutenu en lui, visiblement impatient d'en finir avec leurs ébats. Et cela ne tarda pas, comme il le souhaitait. La jeune Italie s'arqua une dernière fois en arrière, laissant son sexe turgescent se libérer contre son bas ventre, tandis qu'il sentait le membre imposant de son amant relâcher sa semence au plus profond de lui.

L'Allemand le couvrit ensuite de son corps, reprenant tout comme lui son souffle. Les mains de Veneziano se glissèrent dans son dos, pour le serrer contre lui, alors que son regard vague encore brouillé par le plaisir dérivait sur le plafond du salon. Il avait encore donner de son corps pour repêcher Allemagne de sa folie.

Mais il n'était plus sûr de pouvoir tenir le siège très longtemps.

xXx

xXx Le 9 Mars 1945, Zweibrücken, Rhénanie Palatina ( Deutsches Reich ), 14h32 xXx

Il était dans le noir total. Il avait froid. Et il était seul. Terriblement seul.

Ce sentiment d'être détaché de son corps... Il l'avait déjà expérimenté, il y a peu... Mais c'était toujours aussi déplaisant. Il avait l'impression d'être une autre personne. Ou une simple conscience endormie.

C'était peut-être ce qu'il était, à vrai dire.

Vite, il devait se réveiller. Mais cela lui paraissait tellement dur... Il n'y avait aucune lumière pour le guider, ici. Il ne savait par où aller. De plus, le froid qui mordait ses muscles le glaçait presque sur place, et une horrible douleur au niveau du ventre lui donnait terriblement envie de vomir.

Il pivota à 360 degrés, ne rencontrant définitivement que du noir, l'obscurité la plus totale. Mais alors qu'il ne s'y attendait pas, il sentit une petite brise caresser sa joue droite, faisant légèrement bouger ses cheveux. C'était un contact très doux, léger comme une plume. Comme un doigt effleurant la surface de sa peau.

Il en eu le souffle coupé.

Matthew émergea difficilement, papillonnant des yeux, s'adaptant pourtant très vite à la pénombre ambiante qui ne le dépaysa pas franchement de ses songes inconscients. Ses prunelles mauves luisaient dans l'ombre, alors qu'il tentait difficilement de se souvenir d'où il était.

Sa tête était posée sur quelque chose de mou et confortable, c'était agréable. Et il retrouvait cette sensation de son rêve, celle des doigts effleurant son visage avec douceur.

_ You awake, bro ?

Le Canadien laissa sa tête rouler doucement sur les cuisses de son jumeau, levant son regard pour rencontrer les deux iris bleutés de ce dernier. Alfred était incroyablement calme et attentif, c'était inhabituel venant de lui. Et il n'avait pas été drogué non plus !

_ Al... siffla le blond, la gorge sèche.

_ Dude, ya gave me the freaks ! It's been days since ya last answered me...! soupira avec soulagement le plus vieux des deux frères, un large sourire doux étirant ses lèvres alors que ses mains n'avaient de cesse de caresser et masser les joues et les tempes de son jumeau.

Matthew papillonna légèrement des yeux, balayant du regard le paysage qu'il pouvait apercevoir depuis sa localisation ; c'est-à-dire un panorama assez restreint. Mais il reconnut tout de même, à son grand malheur, qu'ils étaient toujours enfermés dans leurs cages, dans le "laboratoire des horreurs."

Il aurait aimé que tout cela ne soit qu'un cauchemar. Une extravagance de son inconscient excité par la guerre.

_ Ya seem to have healed a bit, that's great, continua le Yankee en passant délicatement sa main droite sur le ventre de son frère. Does it still hurt ?

_ Yeah... grimaça le blond avec un petit gémissement. At least the wound's no more open.

_ Mmhmm, acquiesca Alfred en retirant sa main. But still, it's not completely healed yet, and to be honest it looks absolutely terrible. It's, like, a deep fault line from top down your torso...! That's creepy !

_ No details, please, marmonna le Canadien avec une nouvelle grimace, imaginant parfaitement à quoi devait ressembler son corps mutilé à cet instant.

Mais il n'avait même pas la force de se redresser pour taquiner son frère. Il n'en avait qu'à peine la volonté, à vrai dire. Il était si épuisé, si las, si faible - c'était le mot, que demeurer ainsi affalé sur les cuisses de son jumeau lui apparaissait comme la meilleure des options. La plus simple à réaliser, et la plus confortable. Il n'avait ni la force ni la volonté de bouger, de toute façon.

Le jeune Américain ôta soudainement sa main droite de la tempe de son frère, faisant dodeliner ce dernier de la tête, déséquilibré, puis attira près d'eux, dans un tintement métallique, un objet que Matthew reconnut comme étant une sorte de gamelle. Voyant que son jumeau ne quittait pas l'écuelle du regard, Alfred eut un petit rire avant de reprendre, attrapant ce qui semblait être un bout de pain du bout des doigts.

_ It's a small pittance for two men, especially for three days, expliqua le blond en observant du coin de l'oeil les quelques petits morceaux de lard et de pommes de terre écrasées restant dans leur gamelle. But 's better than nothin'.

_ Y-you didn't eat for three days...?! s'exclama - dans la limite de ce que sa voix pouvait fournir - le Canadien, les yeux écarquillés.

Impossible, son frère était un ventre sur pattes ! Un gouffre à bouffe ! Ce dernier haussa légèrement les épaules, son sourire toujours étendu jusqu'aux oreilles.

_ Ya're more in need than me, here, bro.

Alfred qui fait passer les autres avant lui. On aura tout vu.

La guerre vous change vraiment des gens.

Bouche bée, Matthew ne put qu'observer, sans réagir tout d'abord, son jumeau s'efforcer à essayer de lui faire avaler un semblant de nourriture. Nourriture qu'il déclina ensuite en fermant hermétiquement sa bouche, la gorge nouée.

Il avait d'horribles nausées, il n'était donc pas question qu'il avale ne serait-ce qu'une minuscule bouchée de cette écuelle - si toutefois on pouvait considérer son contenu comme étant de la nourriture consommable.

Son refus fit froncer les sourcils à son frère, qui prit son visage à une main en le tournant vers lui, un air faussement agacé sur le visage.

_ You're not trying to imply I saved all this food and restrained myself to eat for NOTHING ?

Le cadet ne répondit rien, laissant simplement les doigts de son jumeau appuyer légèrement sur ses joues pour en faire ressortir les lèvres en bec de tortue. Une autre lubie d'Alfred ; c'était à se tordre de rire, paraît-il.

Alfred soupira légèrement, passant une main dans ses cheveux avant de reprendre en marmonnant.

_ C'me oooon, bro. Ya need to eat ! If you don't, ya'll never heal properly. And if not, what do you think will happen to Samu ?

_ Samu ?

La simple évocation du nom de la Belle Province parvint immédiatement à délier les lèvres du Canadien, si bien que son jumeau s'empressa de fourrer un morceau de lard tiède dans la percée guettée. Têtu comme une mule, le plus jeune secoua faiblement mais avec détermination la tête, refusant toujours la nourriture qu'on forçait à présent dans sa bouche.

_ Listen Matt' ! lança le Yankee en immobilisant d'un bras la tête de son frère sur ses genoux. If you don't eat, then you won't heal. And by that it will affect Quebec, and all your other provinces !

Songeur, le blond s'immobilisa, la tête orientée vers le visage de son jumeau, l'observant à l'envers. Il avait raison.

Si son état ne s'améliorait pas, en temps que nation - et donc par cela au dessus de ses provinces, ces dernières finiraient par en pâtir à un moment ou un autre. Comme une sorte de chaîne de dominos.

_ They'll... get hurt ?

_ Mmhmm, acquiesça une nouvelle fois Alfred avec un petit sourire. Aaaaand I can fairly suppose you can imagine that Samu got also hurt during the crash of our tank. What if, because you don't want to eat and heal properly, so he can not either ?

Le Canadien se figea à l'ouïe de la réflexion de son frère. Il n'avait jamais songé à cet aspect du lien qui les unissaient eux, les nations, à leurs provinces. Et si la théorie d'Alfred s'avérait juste, Samuel devait être dans un sale état à l'heure qu'il était. Avec une grimace angoissée et résignée, le blond ouvrit docilement la bouche, et accepta enfin la nourriture que lui tendait toujours la nation américaine.

_ Good boy, Ya see ya can do it if ya want it, sourit ce dernier en frottant affectueusement la tignasse bouclée de son jumeau.

_ 'hu' up, marmonna le blond en masticant, les joues légèrement rougissantes. It's just, you know, for Samuel's safe-

_ Yeah, yeah, never mind, le coupa son frère en roulant des yeux d'un faux air excédé. You really look like Artie sometimes, bro.

Le plus jeune répondit par un petit "tsk" lingual, laissant l'Américain fourrer un morceau de pomme de terre plus froid que tiède dans sa bouche. Le goût en était absolument immonde, mais il devait faire avec...

_ Speaking of him, reprit Alfred en crispant ses mâchoires, what is this old man doing ? I mean, I can presume it's been days since our kidnapping, and he's still not here to help us escaping ! Fuck, and he calls himself the Land of the best Secret Services ! -

Matthew l'écouta râler sans rien dire, occupé à caler le rythme de sa mastication avec le fait que son frère fourrait toujours plus de nourriture dans sa bouche à mesure que ce dernier s'énervait contre la nation britannique.

_ A-Al...! bafouilla-t-il alors rapidement, se retrouvant avec de la pomme de terre écrasée sous le nez.

_ Oh, sorry bro, s'excusa l'aîné en essuyant rapidement le visage de son petit frère d'un revers de manche.

_ Calm down, Alfred. I'm sure they'll come for us, dit calmement le blond avec un petit sourire affectueux, tentant de détendre son frère qui, visiblement, était à fleur de peau.

_ Hmm... répondit simplement ce dernier en le fixant, l'une de ses mains caressant doucement les cheveux de son cadet. Ya can sleep if ya want, y'know. I'm on the look-out.

_ Thanks...

Le Canadien ferma lentement les yeux, bercé par les caresses de son grand frère dans ses cheveux, ainsi que par la douceur du baiser que ce dernier déposa sur son front. Ces moments de complicité avec Alfred lui rappelait énormément leur enfance commune, après qu'il ne soit devenu une colonie britannique. La douce chaleur de l'innocence.

Dommage que cela ne se produise qu'en temps de guerre, là où l'innocence et l'enfance sont foulées aux pieds vulgairement.

xXx

xXx Le 12 Mars 1945, Eberswalde ( Deutsches Reich ), 14h34 xXx

Feliks s'emmitoufla un peu mieux dans l'épaisse couverture de fourrure qu'on lui avait apporté, s'y dissimulant entièrement des pieds jusqu'au nez. Son corps était encore barré de cicatrices roses - ce qui, on peut le dire, n'était genre pas du tout esthétique - mais elles commençaient malgré tout à disparaître progressivement, signe que l'aide soviétique envers son gouvernement provisoire lui était profitable.

Le blondinet releva les yeux lorsqu'il vit deux mains lui rendre une tasse de café fumante. Il croisa alors le sourire de Toris, qui lui mit la tasse entres les doigts.

_ Tiens, j'espère que ça te va.

_ Je préfère carrément le chocolat chaud, bouda le Polonais avec une moue d'enfant gâté.

_ Je sais bien- commença le brun en s'excusant, coupé par son vis-à-vis.

_ Mais après ce que j'ai mangé tout ce temps, je crois que même un simple verre d'eau potable vaut pour moi autant que la meilleure bouteille de Spirytus...! plaisanta le blond. Et puis, si j'ai bien compris, le café est, genre, réservé aux hauts dignitaires non ? continua-t-il en remerciant d'un signe de la tête son camarade avant de porter la tasse à ses lèvres.

_ Oui, Monsieur Russie te cède sa part d'aujourd'hui, expliqua le Lituanien avec un sourire.

Il s'assit alors à ses côtés, observant silencieusement Feliks qui se réchauffait tant grâce au café qu'au feu de cheminée près d'eux. Toris était réellement soulagé de voir que son camarade reprenait du poil de la bête, lentement mais sûrement. Et, une fois n'est pas coutume, c'était grâce à Russie, et aux accords d'entraide signés avec le gouvernement communiste polonais mis en place par les autorités soviétiques.

Son regard verdâtre se posa un instant sur les mains de son ami, sur les écorchures encore visibles sur sa peau pâle. Pour le coup, il était plutôt content d'être dans le "camp" de Russie ; il savait que Pologne serait vengé d'une manière ou d'une autre.

Dans un coin de la pièce, Ivan observait les deux nations silencieusement, assis dans son fauteuil, la joue mollement posée sur son bras accoudé. Ils profitaient de leur avancée plus que rapide - et surtout de leur entrée sur le territoire allemand - pour faire une étape dans un petit village frontalier, afin de se reposer un peu après les rudes mois d'hiver qui se calmaient enfin sur les terres de l'Est. La jeune superpuissance bâilla à s'en décrocher la mâchoire.

Il mourrait d'ennui.

A vrai dire, il était si sûr de sa victoire, si persuadé de l'imminente défaite de la Wehrmacht face à lui, qu'il était las des combats joués d'avance. Lorsque l'on est un ours, et que l'on joue avec une crevette, ce n'est drôle qu'un court instant, non ?

Et bien, l'amusement passé, il ne lui restait qu'un profond vide d'intérêt sans goût. Cette neurasthénie, ce malaise constant était pour le moins désagréable et lassant.

Du mouvement à sa droite attira son regard, alors qu'en relevant ses yeux il reconnut la manche d'uniforme de sa grande soeur. Cette dernière était venue s'asseoir à côté de lui, dans un second fauteuil, et observa avec un petit sourire tendre Toris et Feliks à l'opposé de la pièce avant de se tourner doucement vers son cadet.

_ Vanya.

_ Grande soeur, la salua également Ivan en arquant un sourire. Je vois que tu vas mieux.

_ Oui, répondit l'Ukrainienne en hochant légèrement la tête. Ce n'était que passager. L'émotion, le stress... La fatigue aussi, sans doute. Rien de grave.

_ Je comprends, dit le jeune homme en fermant les yeux. Je suis désolé que tu n'aies pas supporté autant de pression...

_ Ne t'en fais pas, Vanya. C'est finit, tout va très bien à présent, répliqua immédiatement Katya en posant ses deux mains sur celles de son petit frère. Toi, tu es fort. Ta puissance nous aide beaucoup, tu sais. Regarde à quelle vitesse Pologne se rétablit...! C'est un miracle qu'il tienne debout aujourd'hui, vu l'état dans lequel nous l'avons retrouvé...!

Le Russe ancra ses prunelles violassées dans les deux orbes brillantes de sa soeur, puis soudainement laissa retomber sa tête sur ses cuisses en soupirant. Avec un sourire, la belle Ukrainienne commença à passer ses doigts dans ses cheveux, les caressant avec douceur, une lueur affectueuse dans le regard tandis que le plus jeune se détendait.

_ J'en ai marre, soupira finalement Ivan, les yeux clos, entre deux caresses de sa soeur.

_ Marre de quoi ? demanda Katya.

_ De cette guerre. Allemagne est trop faible, il m'ennuie, expliqua l'URSS avec une moue d'enfant boudeur. Face à Amérique, ce serait déjà plus drôle.

_ Il est sensé être ton allié, non...?

_ Oui. Mais, je peux quand même dire que me battre contre lui serait tout de même plus divertissant que contre Allemagne et ses alliés qui ne cessent de reculer en fuyant le combat, rétorqua le Russe en s'agitant légèrement.

Il avait l'air vraiment frustré de cette situation. A être devenu trop fort, à présent il languissait de trouver un adversaire à sa hauteur. Ironique.

_ Peut-être bien... admit la jeune femme, hésitante. Mais c'est tout de même étrange de parler ainsi d'un allié. Vous êtes sensés vous apprécier, non ?

_ Oh, j'apprécie beaucoup Angleterre, France, et Chine. Surtout Chine. Mais lui, je ne l'aime pas.

Ivan avait répondu d'une voix calme et posée, les yeux rivés dans deux de sa soeur, un large sourire étiré sur son visage. Un long frisson glissa dans le dos de l'Ukrainienne.

_ Ce n'est qu'un enfant capricieux, égoïste, égocentrique, narcissique, impérialiste, odieux, insupportable, niais, intéressé, calculateur, manipulateur, et surtout, SURTOUT : un capitaliste, énuméra le jeune homme sans s'arrêter. Il cherche trop à me donner des ordres ; il se prend pour le chef de l'Alliance. Je l'éxècre...!

_ Je vois ça... souffla Katya faiblement.

_ Cependant, je pense que ce serait plus distrayant de jouer contre lui. Au moins, malgré tout ces défauts, il a du répondant. Et il viendrait au combat, lui, au lieu de fuir comme un minable la queue entres les jambes comme le fait Allemagne à présent. Je suis sûr qu'ils se terrent tous à Berlin comme des rats. Mais nous les trouverons, nous les traquerons sans relâche, et nous exterminerons cette vermine puante.

L'Ukrainienne n'avait plus dit un mot, écoutant simplement la voix enfantine douce et calme de son petit frère vociférer des flots d'insultes de toutes sortes. Le contraste était à la fois marquant, et effrayant. En déglutissant, la jeune femme soupira légèrement en se détendant alors qu'Ivan se taisait à présent, comme plongé dans ses pensées. En vue de la position dans laquelle elle se trouvait, elle ne pouvait pas bouger de son siège.

Avec un nouveau soupir, elle bascula légèrement la tête vers la gauche, observant du coin de l'oeil les deux nations qui leur tenaient compagnie dans la pièce. Elle n'aperçut que deux silhouettes endormies l'une contre l'autre, chaudement emmitoufflées dans une couverture de fourrure.

Au moins, ces jours de repos leur étaient plus que bénéfiques.

xXx

xXx Le 15 Mars 1945, Saarbrücken ( Deutsches Reich ), 20h56 xXx

Arthur était penché au dessus d'une table, les deux mains posées à plat sur le meuble, ses yeux examinant pour la énième fois la carte des reliefs environnants. Avec un soupir à la fois excédé et épuisé, il se laissa lourdement retomber dans son fauteuil, ôtant d'un mouvement de poignet les lunettes qui protégeaient un temps soit peu sa vue pour se frotter les yeux du pouce et de l'index.

Cette guerre le mettait réellement à rude épreuve. D'abord Francis, puis à présent ses chers fils... On lui avait tout pris. Sa tête bascula lentement vers l'arrière, ses yeux fixant le "plafond" de sa tente, alors qu'il serrait les dents.

Non, décidément, Dieu avait vraiment un problème avec lui...

Heureusement pour lui, il n'y avait plus que son coeur et sa tête qui le tiraillaient. Les blessures causées par les bombardements de la Luftwaffe avaient fini par guérir presque toutes entièrement, et il ne ressentait plus aucune douleur physique autre que l'angoisse que lui procuraient les disparitions successives de son meilleur ennemi et compagnon de bagarre attitré, ainsi que de ses enfants chéris.

Le britannique se fendit d'un petit sourire amusé à ses propres mots. Finalement, les historiens n'avaient peut-être pas totalement tort, lorsqu'il le surnommait la Mother Britain.

Arthur sursauta légèrement lorsque le bruit du tissu claquant contre la toile tendue retentit dans son dos. Il se retourna vivement, sur le qui vive, mais se détendit presque aussitôt en constatant que ce n'était que Samuel qui venait de pénétrer dans la tente.

_ It has been twenty minutes since I've made you called. What took you so long, Quebec ? siffla l'Anglais en fronçant les sourcils, reprenant son ton et son attitude glacials habituels.

_ Well, excuse me for being just a bit injured Britain, Sir, railla sèchement le brun en claudiquant presque jusqu'à la table, s'affalant à son tour sur une chaise en soupirant.

_ Didn't you heal by the time ?

_ As you can see, not much. My head is killing me, and I feel as if something was crunching in my belly, expliqua le Québécois en serrant les dents, se contractant légèrement sur lui-même alors qu'il conservait ses mains sur son ventre, comme s'il tentait d'enrayer une douleur intense.

Le britannique garda le silence un instant, observant la province canadienne gigoter légèrement sur sa chaise en signe d'inconfort. Puis, il se releva de sa chaise et vint se placer en face du brun.

_ Look at me, Quebec, ordonna-t-il à la Belle Province, qui releva la tête vers lui d'un air blasé.

_ Quessé qu'tu m'veux, coudon ? marmonna ce dernier. [ Et ouais, j'ai écrit cette phrase toute seule comme une grande ! Sans l'aide de Cyrielle ! *auteure trop fière d'elle* ]

L'Anglais ignora les paroles du brun - qu'il n'avait qu'à peine compris, de toute façon - et attrapa le visage du Québécois dans sa main, commençant à l'examiner sous tous les angles possibles et imaginables, faisant de même avec le reste de son corps.

_ Wha- 'rêtes donc d'me tripoter comme une guenon l'ferait 'vec son kid ! s'exclama Samuel en se débattant.

_ Stop being such a brat, siffla le britannique en donnant une tape sur le front de la Belle Province, qui par conséquent grimaça, avant de se rasseoir sur son fauteuil en soufflant. Damn, I thought it could be this...

_ Could be what ? demanda le brun.

_ Matthew's the one who's injured, déclara le blond calmement.

Puis, avant que Samuel ne puisse dire quoique ce soit.

_ You're his Province, not a Nation. That's why your health depend on his. So as you're not able to regain properly, it means that Canada is the one who's not healing at first, expliqua Arthur. Bloody Hell, that's way more a brain teaser than I thought... marmonna-t-il ensuite pour lui-même, son inquiétude pour ses fils ne faisant que s'accroître un peu plus.

Samuel quand à lui avait porté une main à son front, son crâne le lançant horriblement. Bien évidemment, ce que venait de lui apprendre Arthur ne le rassurait pas du tout. Tant pour son crétin de " beau-frère " que pour son amant. Alfred avait beau être l'une des plus grandes puissances du monde, si Mattie, blessé, devenait un poids pour lui, jamais tout seul il ne pourrait se sortir de la situation dans laquelle ils s'étaient visiblement enlisés.

Et même si Matthew s'était avéré être toujours dans un état convenable, cette guerre le rendait instable, tant émotionnellement que physiquement. Québec l'avait déjà expérimenté, et savait mieux que quiconque que le Canadien risquait à tout moment de " péter un câble " et se mettre à frapper tout ce qui bougeait.

S'il l'avait frappé lui, il était capable de frapper tout le monde.

Et il doutait qu'Alfred seul puisse le contenir dans l'une de ses "crises", si en plus lui-même était blessé... Mais étrangement, ce n'était pas non plus la seule chose qui dérangeait le brun dans ce constat.

" You're a Province, not a Nation. " Une Province. Inférieure à une Nation. Dépendante envers une Nation. Voilà ce qu'il était. Voilà ce qui le dérangeait plus que tout.

Ses terres, ses citoyens, sa santé, son existence même. Tout cela dépendait du bon vouloir de Matthew. Si le Canada ne voulait plus du Québec, alors il sera fait selon sa volonté. Et honnêtement, rares seront ceux qui chercheront à l'en empêcher.

Francis ? Plutôt crever que de lui être redevable. Un père absent et adepte du favoritisme, qui les a abandonné lâchement aux mains de cette stupide Tête Carrée ? Jamais il ne se donnerait la peine de protéger Samuel, même s'il était - et de loin - plus son fils que ne l'était Matthew.

Alfred ? Il avait d'autres chats à fouetter. Et puis, à cette heure, il était plus préoccupé par l'autre Commie que par les affaires du continent américain.

Les autres provinces ? À présent qu'il y pensait, rares étaient les " enfants " de Matthew qui l'appréciaient. Et, il ne faisait pas non plus spécialement d'effort pour se faire apprécier. En même temps, il était le seul à ne pas être "né" après, mais en même temps que Canada. Et il avait un statut spécial sur le territoire canadien : le seul francophone, le seul catholique, le seul aussi proche de Matthew. Le seul à créer des problèmes aussi...? Samuel secoua légèrement la tête de droite à gauche.

Arthur ? Québec plissa les yeux en se crispant, les poings serrés. S'il y avait bien quelqu'un qui ne bougerait pas le petit doigt pour lui, c'était Arthur. Pour France comme pour lui, il n'y avait jamais eu que Canada. Depuis toujours. Toujours relégué au second plan, toujours comparé à Matthew, si gentil, si intelligent, si parfait.

Preuve étant que lui était devenu une Nation, et pas lui.

Il n'était qu'une Province. Et là était tout le problème. Il avait beau - il ne pouvait le nier - plus qu'adorer Matthew ; il était jaloux. Il ne voulait pas être inférieur à lui, mais comme lui. Son égal. Il ne voulait pas dépendre de lui, ni de quiconque. Car à vivre au crochet d'un autre, il ne pouvait que garder au fond de lui la peur d'être abandonné à son triste sort, laissé sur le carreau. Et pour l'avoir expérimenté une fois, il s'était juré de ne plus jamais y être confronté.

Arthur interrompit ses réflexions en étalant plusieurs papiers sous ses yeux, une lueur de fierté dans le regard.

_ Hopefully, the RAF worked on it, and I've received some... Interesting details !

_ So ? répondit le brun en haussant les sourcils.

_ Admire.

Le britannique se lança dans une énumération de calculs tous plus divers et compliqués les uns que les autres, sous l'oeil et à l'oreille à moitié attentifs du Québécois qui, il fallait le dire, s'en fichait comme de la dernière pluie. Il avait un al de crâne insupportable, des pensées plus que sombres qui le hantaient de façon plus tenace encore qu'une malédiction amérindienne, et l'autre imbécile de Tête Carrée ne cessait d'énumérer des chiffres à tout va.

C'était presque si la Belle Province se tirerait une balle dans la tête pour faire terre toutes ces voix qu'il entendait en boucle ; tant celle d'Arthur que celles de ses souvenirs.

_ And it leads to... 40 ! QED.

Samuel sursauta à l'exclamation de l'Anglais, trop absorbé par son coma cérébral pour réellement prêter attention au britannique. Il se redressa alors brusquement, fixant sans comprendre la feuille griffonnée de chiffres et de calculs posés que lui agitait sous le nez Arthur.

_ What...? fût il seulement capable de répondre.

_ You did not even listen, do you ? soupira le blond en secouant légèrement la tête de droite à gauche. With all these information, and according to the fact that they have just simply "disappeared" from our sight, I can assure they are located within 40 kilometers.

_ R-really...? demanda le Québécois, à présent pleinement intéressé par les dires de l'Anglais.

_ Yes. It'd be impossible for them to just disappear like this without us tracking them if they'd gone further away from here. So no, they must be around here, somewhere hidden, expliqua Arthur, les yeux à présent fixés de nouveau sur sa carte de reliefs.

Un petit sourire s'étira sur le visage de Samuel, inconsciemment. Car malgré tout ce qu'il pouvait bien penser de sombre, il était tout de même énormément soulagé de savoir que tous les calculs tordus d'Arthur avait permis de restreindre nettement leur zone de recherche. A présent. Ils étaient réellement proches de retrouver les jumeaux, et la Belle Province ne pouvait qu'être soulagé de savoir qu'ils allaient bientôt pouvoir sortir Matthew de là où il était, où qu'il soit et quoiqu'on lui fasse.

Et si par malheur on lui avait fait du mal, foi de Québécois, plus jamais il ne montrerait remords aucun à plomber cette vermine Nazie.

xXx

xXx Le 16 Mars 1945, Panzernest ( Deutsches Reich ), 14h28 xXx

Ludwig se tenait aussi droit que sa condition physique lui permettait, jambes légèrement écartées et bras croisés derrière le dos, sa casquette vissée sur son crâne impeccablement coiffé réhaussant un peu plus sa haute et large carrure Aryenne épousée au millimètre près par son costume de cérémonie vert bouteille taillé sur mesure. Il avait dû troquer son uniforme de SS noir pour cette tenue plus distinguée alors que ce jour se tenait une réunion de la plus haute importance entre le Führer et ses plus proches conseillers.

A sa droite, Veneziano se tenait également le plus droit possible, son uniforme bleu sombre fermemant ceinturé à la taille et sa casquette tombant légèrement sur ses yeux. D'un geste discret, l'Allemand tendit un doigt sous la visière de son allié, et la redressa doucement pour permettre à l'Italien, qui le remercia d'un large sourire, de mieux voir la réunion qui se déroulait sous leurs yeux.

En continuant un peu plus encore à droite, on pouvait voir ce vieux croûton de Mussolini, presque constamment penché vers son interprète, Schmidt [ Non, je blague pas, son interprète s'appellait vraiment Monsieur Schmidt...! ], pour suivre légèrement en décalé les échanges en allemand qui défilait rapidement devant eux.

_ Mein Führer, wir können nicht mehr in den Panzernest bleiben. Die Allieren sind zu nahe, es ist zu gefährlich, commença le Boiteux, à la droite d'Hitler.

_ Ich weiB es, Goebbels, gronda le brun, ses doigts tremblants nerveusement caressant en un tic sa moustache. Göring, eine Zusammenfassung der Situation, bitte.

_ Von den beiden Seiten haben die zwei Armeen die Grenzen überquert, répondit avec hésitation Boule de graisse, triturant les documents sous ses doigts en évitant le regard du Führer. Die Rote Armee ist nicht mehr als in einigen Kilometern von Berlin, und die Amerikanern sind möglich nicht so far von hier.

H itler se redressa en s'enfonçant dans le dossier de son fauteuil, lentement, l'air toujours pensif en fixant d'un oeil perçant le Reichstadtshalter de Prusse, ses doigts triturant de plus en plus violemment sa moustache.

_ Sicherlich, reprit le Führer en plissant les yeux. Aber dennoch will ich nicht, diesen Ort zu verlassen. Es wird uns einige Feiglinge machen, die fliehen entweder die Feinde gegenüber.

_ Richtig. Wir können nicht sie denken lassen, dass wir Angst haben, und dass wir wie Kaninchen fliehen ! acquiesça Goebbels à l'attention d'Hitler.

"Tu plaisantes ? Ce n'est pas toi qui, il y a deux secondes encore, disais qu'il fallait absolument rentrer à Berlin ?!" pensa Ludwig en plissant les yeux, agacé. Il ne pouvait définitivement pas voir cet imbécile en peinture.

"Suce boule."

_ Sind Sie dumm ?! s'exclama Göring en frappant du poing sur la table. Wenn wir hier bleiben, laufen wir Gefahr, dass die Amerikaner in den Schlaf kommen ! Es ist undenkbar, wir müssen nach Berlin zurückzugehen !

_ Hören Sie nicht, mein Führer. Wenn Sie denken, dass es besser zu bleiben ist, dann ist es Ihnen richtig ! répliqua le Boiteux à l'attention du brun, ignorant superbement les exclamations de Boule de graisse.

S'en suivit alors un échange houleux entres les deux hommes, totalement ignorés par le Führer qui semblait plus ennuyé qu'autre chose par le déroulement des choses. D'un petit claquement de doigts, il appela sa petite chienne labrador, Blondie, qui se rua près de lui en remuant la queue gaiement, suivie maladroitement par son rejeton, nommé Loup par Hitler lui-même. Ce dernier commença à câliner les deux canidés presque amoureusement, délaissant complètement la réunion à laquelle il prenait part.

Il était aisé d'assurer que le Führer semblait aimer plus sincèrement ses animaux que l'Humanité.

Ludwig ne put retenir un long soupir devant ce spectacle affligeant. Cela ne lui rappelait que trop aisément les quelques réunions désastreuses qu'avait tenu par le passé la Société des Nations.

A cet instant, l'Empire était peut-être au bord du gouffre, et ses dirigeants semblaient préférer se foutre sur la gueule plutôt que d'agir en conséquence. Pathétiques humains.

Dégoûté pour l'heure, l'Aryen jeta un petit coup d'oeil en biais vers son camarade Italien. Ce dernier, légèrement tourné vers l'arrière, semblait reluquer fixement un commandant SS situé en retrait dans la salle. Grinçant des dents, l'Allemand donna un coup de coude au brun, le faisant légèrement couiner de douleur alors qu'il se retournait brusquement, dévisageant avec incompréhension son allié.

Plutôt que de montrer un quelconque signe d'attention à la jeune Italie Fasciste, le blond regarda un peu plus loin que les ambres brillantes de son amant, et observa plus précisément le vieux dictateur Italien. Ce dernier semblait avoir du mal à suivre la discussion, malgré la traduction qui lui était faite.

Maintenant qu'il y réfléchissait attentivement, il avait de plus en plus l'impression qu'ils servaient effectivement de plantes vertes dans cette pièce. Qu'ils n'étaient là que pour la décoration. Un nouveau soupir exaspéré lui échappa, alors que, le Führer demandant une nouvelle fois l'attention Blondie étalée sur ses genoux, Ludwig tapotait discrètement sa cuisse pour appeler le petit chiot, qui gambada joyeusement jusqu'à lui en jappant, attirant l'attention sur lui tandis que le blond le prenait dans ses bras, rougissant légèrement de voir la plupart des regards de la pièce braqués sur lui alors que Loup s'amusait à lui lécher et mordiller les doigts.

Ajoutés au sourire amusé et attendri de Feliciano ; l'Allemand regrettait presque d'adorer autant le petit chiot.

_ Und Sie Himmler, was denken Sie ? demanda soudainement le brun à l'attention de l'homme directement à sa droite.

Après réflexion, Ludwig remarqua qu'effectivement, la Limace binoclarde n'avait pas dit un mot depuis le début de la réunion, et s'était contentée d'observer silencieusement ses camarades limite se sauter à la gorge sous son nez. Himmler se redressa donc légèrement sur son siège, remontant ses petites binocles sur son arête nasale, et, se tournant vers le Führer, répondit calmement.

_ Ich, persönnlich, denke, dass dieser Ort nicht mehr in der Lage ist, das Reich zu schützen. Die Alliierten sind besonders gegenüber und wütend gegen unsere Konsolidierungsmaßnahmen der deutschen Rasse.

" Traduction : ils n'ont pas du tout apprécié les mesures de la Solution Finale et sont déterminés à nous écraser pur et simplement " pensa Ludwig avec un rictus aigri.

_ Wir haben in Berlin, eine sichere und manipulationssichere Schutz, sowie einen breiteren Anwendungsbereich und leichter zu verteidigen gegen Brände, die uns bedrohen, continua le chef de la SS, s'étendant en belles paroles.

" À Berlin, nous pourrons nous terrer dans le blockhaus du Reichtag et mieux concentrer nos troupes dans la ville pour la rendre inviolable " traduisit encore le blond pour lui-même, habitué à présent aux sous-entendus de la Limace.

_ Darüber hinaus haben wir damit ein breiteres Spektrum von Kämpfer haben , die es uns ermöglichen, eine effiziente Leibwächter zu halten, während junge und tapferen Truppen vor den Toren der Stadt senden, um uns von die Alliierten zu schützen.

" On garde les meilleurs combattants pour nous protéger dans le blockhaus, et on envoie les Jeunesses au combat. De toute façon, ils ne sont qu'à peine formés, ce n'est pas bien grave s'ils se font écraser par l'Armée Rouge ou les Américains. Après tout, nous n'avions pas de grandes espérances pour eux, si leur rôle est de se faire dégommer à coup d'obus, ils auront au moins servis à quelque chose en évitant aux meilleurs de se faire charcuter à leur place " continua l'Aryen, comme si tout cela était parfaitement normal.

Hitler garda le silence encore un instant, puis fit descendre Blondie de ses genoux avant de se relevant plaquant ses deux mains à plat sur la table de réunion.

_ Richtig. In diesem Fall gehen wir zurück nach Berlin, clama le brun. Göring, bereiten die Truppen nach die Kapitale zu kommen. Alles andere hinzufügen ?

Les trois hommes ne répondirent rien, confortant le Führer dans sa décision.

_ Die Aussprache ist geschlossen. Herren, Sie können gehen.

_ Heil Hitler ! salua l'intégralité de la pièce aux mots du brun, le bras droit levé bien haut et le corps au garde-à-vous jusqu'à ce qu'Hitler ne leur fasse signe de partir, ce que l'assistance fit sans tarder.

Le Führer, suivit de près par la jeune labrador, se dirigea alors vers Mussolini, un large sourire aux lèvres alors qu'il écartait les bras pour venir donner l'accolade au vieux dictateur.

_ Benito ! Mon bon ami, cela fait longtemps !

_ Oui, effectivement, acquiesca l'Italien en hochant de la tête après un court temps durant lequel Schmidt reprit son rôle d'interprète.

_ J'ose espérer que vous nous suivrez à Berlin ! Vous n'y êtes jamais allé, n'est-ce pas ? Vous verrez, c'est une ville magnifique ! Peut-être bien plus que Rome, même ! continua le brun en gardant un bras autour des épaules de Mussolini, qui était légèrement plus petit que lui.

_ Je n'en doute pas, Adolf. Pas une seconde, céda encore une fois le Duce, ayant bien compris que personne n'avait d'intérêt à froisser le Führer. Cependant, je ne pourrais y rester bien longtemps ; j'ai, disons, quelques affaires qui m'attendent encore à Milan.

_ Si par affaires, vous entendez une femme, je vous comprends ! dit Hitler en tapotant l'épaule de l'Italien. Comment s'appelait la dernière déjà ? Clara ?

_ Clara oui. Très belle. Bella come una fiore, assura Mussolini en mimant un baiser sur ses doigts. Et en effet, c'est de cette "affaire" dont je parle.

_ Je n'en doute point mon ami, je n'en doute point, répondit le brun en hochant de la tête. C'est tout de même dommage que vous ne puissiez rester longtemps. Tenez ! Venez, nous allons promener un peu Blondie dans le parc du manoir, cela nous changera les idées. Schmidt, vous nous accompagnez, ordonna Hitler à l'interprète, qui s'inclina respectueusement.

_ Heil mein Führer.

Tandis que les deux humains discutaient en s'éloignant vers la sortie, Ludwig, le petit Loup toujours dans les bras, surveillait du coin de l'oeil Feliciano qui, dès l'annonce de la fin de la réunion, s'était détourné de lui sans mot dire pour filer derechef vers le commandant SS qu'il fixait précédemment. Bouillant de jalousie, le blond ne pouvait que surveiller les deux hommes, alors qu'il était trop loin pour pouvoir entendre ce qu'ils se murmuraient.

Et autant dire que cela ne lui plaisait absolument pas.

_ Faites bien parvenir cette lettre à Monsieur Roderich Edelstein, à Vienne, chuchota l'Italien au SS, qui hocha la tête respectueusement.

Même si cet homme était un Latin et un original, il n'en demeurait pas moins une nation.

_ Vous n'aurez pas trop de mal à le trouver, je pense.

_ Ja wohl, Herr Vargas.

_ Et insistez bien sûr le fait qu'il doit venir de toute urgence à Berlin, continua Feliciano sans lâcher encore le papier qui était déjà à moitié dans la main de l'Allemand.

_ Ja wohl, Herr Vargas.

_ Danke schön.

Le Vénitien relâcha la prise qu'il avait sur la lettre, la laissant aux mains du Germain. Ce dernier le salua au garde-à-vous, puis sortit rapidement de la pièce, le précieux document en sa possession.

C'était la meilleure chose à faire, pensa le brun en soupirant légèrement. Ludwig se montrait de plus en plus instable émotionnellement parlant, il ne pouvait plus se permettre de le laisser seul. Mais il ne pouvait pas non plus laisser Prusse seul, en vue de son état plus que déplorable.

Et sur ce point, il faisait confiance à Autriche pour prendre convenablement soin de Gilbert à sa place.

De plus, il pourrait tout de même lui rendre visite de temps en temps, quand Lud' serait endormi par exemple. Quand il ne lui serait pas nécessaire d'être à ses côtés.

Un peu rassuré sur ce point, Veneziano, se tourna vers la sortie de la pièce, et croisa presque immédiatement le regard bleuté glacial de l'Aryen, qui l'avait visiblement épié tout au long de sa conversation avec ce SS. Il le fixa un instant encore droit dans les yeux, avant que le blond ne se détourne de lui et ne quitte la pièce prestement, le chiot toujours dans les bras, et ses bottes claquant anormalement bruyamment le sol.

L'Italien soupira une nouvelle fois, las. Il allait encore devoir répondre de ses "crimes" ce soir, et très certainement devoir en assumer la punition qui en découlerait... Il finit par hausser les épaules, désertant lui aussi la salle de réunion.

Après tout, cela ne changerait pas de l'ordinaire.


Lexique :

Bruder : frère ( allemand )

Österreich : Autriche ( allemand )

Bella come una fiore : Belle comme une fleur ( italien ) [ Et j'ai même pas utilisé Google Traduction pour ça :D ]

Danke schön : merci ( allemand )


Traductions :

¤ Part 2 :

_ T' es réveillé bro ?

_ Mec, tu m'as fait peur ! Ça fait des jours que tu m'as pas répondu !

_ T'as l'air d'avoir guéri un peu, c'est cool. Toujours mal ?

_ Ouais... Au moins la blessure n'est plus ouverte.

_ Mais même, ça n'a pas encore guéri entièrement, et pour être honnête c'est horrible. C'est, genre, comme si t'avais une large faille tout le long du ventre ! C'est glauque !

_ Pas de détails s'il te plait.

_ C'est une petite pitance, surtout pour deux hommes. Mais c'est mieux que rien.

_ T-tu n'as pas mangé pendant 3 jours...?!

_ Tu en as plus besoin que moi, bro.

_ T'es pas en train de sous-entendre que j'ai gardé toute cette nourriture et que je me suis restreint de manger pour rien ?!

_ Oh alleeeez bro, si tu ne manges pas, tu ne guériras pas. Et si tu ne guéris pas bien, que va-t-il arriver à Samu à ton avis ?

_ Écoute Matt ! Si tu ne manges pas, tu ne guériras pas. Et ça affectera Samuel, et toutes tes autres provinces !

_ Ils... seront blessés...?

_ Et je peux aisément dire que tu sais que Samuel a très certainement été blessé durant notre accident. Alors quoi, s'il ne peut pas guérir parce que tu refuses de guérir toi-même ?

_ Bon garçon. Tu vois quand tu veux !

_ Ta gueule. C'est juste, pour Samuel...

_ Ouais ouais, j'm'en fous. Tu ressembles vraiment à Arthur parfois, bro !

_ En parlant de lui, qu'est-ce qu'il fiche le vieux ? Je veux dire, on peut supposer que ça fait plusieurs jours qu'on a ete kidnappés, et il n'est toujours pas venu nous chercher ! Putain, et il se dit le pays des services secrets ?!

_ Oh, désolé bro.

_ Calme toi Al, je suis sûr qu'ils vont venir pour nous.

_ Tu peux dormir, je fais le guet.

_ Merci bro.

¤ Part 4 :

_ Ça fait 20 minutes que je t'ai fait appeler. Qu'est-ce que tu fichais ?

_ Excuse moi d'être juste un peu blessé !

_ Tu n'as pas encore guéri ?

_ Pas vraiment. Ma tête me fait un mal de chien, et j'ai cette impression, comme si on m'écrasait le ventre.

_ Regarde moi Québec.

_ Arrête de faire le gamin. Putain, je pensais bien que cela pouvait être cela...

_ Pouvait être quoi ?

_ C'est Matthew qui est blessé.

_ Tu es sa Province, pas une Nation. C'est pourquoi ta santé dépend de la sienne. Donc si tu ne peux pas récupérer proprement de tes blessures, ça veut dire que Canada est celui qui ne parvient pas à guérir en premier. C'est encore plus un casse-tête que ce que je ne pensais...!

_ Heureusement, j'ai mis la RAF sur le coup, et j'ai à présent des détails... Croustillants.

_ Et donc ?

_ Admire.

_ Et cela nous amène à... 40 ! CQFD.

_ Quoi ?

_ Tu ne m'écoutais pas, hein. Avec toutes ces informations, et selon le fait qu'ils ont tout bonnement " disparus ", ils ne peuvent que se situer dans un rayon de 40 kilomètres.

_ Vraiment ?

_ Oui. Il leur aurait été impossible de fuir plus loin sans que nous ne soyons capables de les pister. Donc ils doivent être quelque part pas loin, cachés.

¤ Part 5 :

_ Mon Führer, nous ne pouvons plus rester au Panzernest, les Alliés se sont trop rapprochés. C'est trop dangereux à présent !

_ Je le sais, Goebbels. Göring, un compte-rendu de la situation, s'il vous plait.

_ Des deux côtés, les Alliés ont traversé la frontière. L'Armée Rouge n'est plus qu'à une poignée de kilomètres de Berlin, et les Américains eux ne sont plus très loin d'ici.

_ Sûrement. Cependant, je ne quitterai pas ces lieux. Cela nous ferait passer pour des froussards, de fuir sans combattre.

_ Bien sûr, nous ne pouvons pas les laisser penser que nous avons peur, et que nous détalons comme des lapins.

_ Êtes-vous idiot ?! En restant ici nous nous exposons au risque de voir arriver les Américains dans notre sommeil ! C'est impensable, nous devons immédiatement rentrer à Berlin !

_ Ne l'écoutez pas, mon Führer. Si vous pensez que le meilleur est de rester ici, alors vous avez raison.

_ Et vous Himmler, qu'en pensez-vous ?

_ Je pense, personnellement, que cet endroit n'est plus apte à protéger l'Empire. Les Alliés sont plutôt contre, et remontés contre nos projets d'assainissement de la race Allemande.

_ Nous avons en Berlin un lieu plus sûr et plus maniable, tout comme un terrain plus étendu pour nous protéger des ennemis qui nous menacent.

_ De plus, nous y avons aussi d'excellents soldats aptes à nous protéger, et de jeunes et fringants soldats à placer aux portes de la ville pour nous défendre face aux Alliés.

_ Très bien. Dans ce cas, nous rentrons à Berlin. Göring, préparez les soldats pour le retour. Aucune objection ?

_ Alors la séance est levée. Vous pouvez disposer.


→ Le Spirytus est un alcool polonais très fort, selon Google.

→ La dernière partie est très librement inspirée du livre La Part de l'autre d'Éric-Emmanuel Schmitt. C'est un roman que j'adore et que je vous recommande vivement ! Bref cette partie en est inspirée, particulièrement pour les surnoms qu'Allemagne donne aux hauts dignitaires du Reich et les relations que ces derniers entretiennent avec le Führer ( tout en prenant en compte que sur la fin Hitler était devenu complètement parano et qu'il n'avait plus confiance qu'en Blondie, sa chienne )


→ Hermann GÖRING : Militaire et homme politique allemand. Après avoir été l'un des principaux dirigeants du Parti national-socialiste ( chef de la SA au NSDAP ) et du IIIe Reich ( Gouverneur impérial de la Prusse ), il est condamné à mort pour crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité lors du procès de Nuremberg, tenu en novembre 1946.

→ Heinrich HIMMLER : D'abord ingénieur agricole dès 1922, puis s'intéresse de plus en plus à la politique. Il prend part au putsch de 1923, à Munich, avant d'être engagé comme secrétaire de Gregor Strasser. Ses considérations nationalistes socialistes le poussent à intégrer les SS. Il en devient le chef en 1929 puis est nommé à la tête de la Gestapo en 1934. Particulièrement fidèle au gouvernement hitlérien, il noie le pays, puis l'Europe, sous la repression et la terreur. C'est lui qui met en place les camps de concentration et d'extermination juifs. Ministre de l'Intérieur dès 1943, il met un terme au complot du 20 juillet 1944 et multiplie ses pouvoirs militaires. Proche de la défaite, il tente de contacter les alliés mais Hitler le limoge. Sur le point d'être arrêté par les Anglais, il met fin à ses jours en 1945.

→ Joseph GOEBBELS : Un des principaux dirigeants nazis, responsable de l'éducation et de la propagande sous le Troisième Reich. Il souffre d'un handicap qui touche son pied droit et l'oblige à marcher avec un appareil orthopédique, le faisant boiter ( il a un pied-bot ). Le 20 mai 1928, lors des élections du Reichstag, Goebbels rejoins le Parti national-socialiste ouvrier allemand. Sa fidélité à Hitler sera récompensée en mars 1933, lorsque ce dernier le nomme ministre du Reich à l'Éducation et à la Propagande. Il se met alors à exercer un contrôle total sur toutes les formes d'art dans le Reich. Il est à l'origine du boycott des commerces d'origines juives décrété le 1er avril 1933 ainsi que l'autodafé de Berlin le 10 mai de la même année. Goebbels est aux avant-postes dans la radicalisation du régime contre les Juifs et devient le principal instigateur lors de la Nuit de cristal, le 09 novembre 1938. En tant que ministre, il n'hésite pas non plus à exposer sa femme et ses enfants dans des films de propagande pour illustrer la famille idéale, alors qu'il multiplie les conquêtes féminines. Dans les dernières années du régime, il tente de maintenir l'espoir d'une victoire finale au sein du peuple allemand, en désignant les principaux ennemis du Reich, les juifs et le bolchevisme. En 1945, après le suicide d'Hitler le 30 avril, il tente de négocier une paix séparée avec l'URSS en tant que chancelier du Reich, sans succès. Le 1er mai 1945, il se suicide avec son épouse Magda qui, avec l'aide d'un médecin, empoisonne ses six enfants au cyanure. Elle écrit : "Le monde qui va venir après le Führer et le national-socialisme ne vaut plus la peine qu'on y vive".

cf : source L'Internaute [ je l'avais jamais encore marqué, mais en général les biographies viennent du site L'Internaute. Elles sont courtes et bien résumées, c'est vraiment pratique. ]


Voilà voilà !

Je sais, ce chapitre a mis énormément de temps à sortir, et j'en suis vraiment désolée...! Mais entre le bac, et d'autres problèmes personnels, mais aussi la flemme tout simplement, j'ai été un peu malmenée ou occupée ces derniers temps...

BREF. J'espère que vous avez apprécié ce chapitre 10, n'hésitez pas à laisser une review pour le faire part de vos impressions, cela fait toujours plaisir ! Même toi, petit lecteur anonyme !

Je vous remercie encore de suivre cette fic, et je vous fait de gros poutoux sur les deux joues~