Hey bande de gens !
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 11 de Der Fall von Deutschland, intitulé " Gegen die Zeit ", ou " Contre-la-montre ", dans le sens d'une course contre le temps. Parce qu'on se rapproche de plus en plus du 8 mai, et oui, déjà...!
Ça va me faire tellement bizarre quand cette fic sera terminée... Mon premier bébé publié sur fanfiction...
BREF.
J'ai pas franchement d'avertissement pour ce chapitre... A part quelques feelz par ci par là, sinon... Bof ._.
Je vous souhaite donc une bonne lecture, et on se retrouve pour les - TRÈS LONGUES - notes de fin~
/!\ La première partie est très librement inspirée de La Part de l'autre d'Éric-Emmanuel Schmitt. Certains passages sont même exactement identiques à ce qui est écrit dans ce roman, puisque je n'ai pas réussi à les reformuler convenablement. En bref, je ne revendique en rien ces extraits, je ne les clame en aucun cas comme miens, ces mots sont la propriété de cet auteur que j'admire et dont je respecte le travail. /!\
xXx Le 25 Mars 1945, Berlin ( Deutsches Reich ), 14h01 xXx
_ Dio mio, qu'est-ce qu'il s'est passé ici...?!
Veneziano, le souffle court, accourrait depuis l'aile gauche du Reichstag, soutenant sous le bras le vieux Mussolini qui se faisait chambouler par sa Nation et par son traducteur à travers les décombres de l'aile droite. Affolée, la petite Italie Fasciste cherchait du regard son compagnon Germain, qui assistait quelques minutes auparavant à une conférence en compagnie du Führer à l'endroit-même où à présent il ne restait que des débris fumants.
Enfin, il aperçut Ludwig, assis sur un décombre, aux côtés d'Hitler qui lui reposait sur une caisse n'ayant miraculeusement pas été soufflée par l'explosion. Près d'eux, un membre de l'État Major ainsi qu'un médecin s'appliquaient respectivement à dénombrer les victimes et à soigner les blessures du brun.
_ Schmidt, je vous le laisse...! s'exclama l'Italien à l'intention du traducteur, qui s'inclina en continuant sa route seul avec le Duce jusqu'à asseoir le vieillard en face d'Hitler, tandis que Feliciano se ruait sur Allemagne. Lud'...! Lud' ! Oh mon Dieu, tu vas bien...! s'extasiait le brun en prenant le visage du blond dans ses mains, l'embrassant un peu partout avec soulagement tandis qu'il l'examiner du regard sous toutes ses coutures. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? C'était quoi ce bruit ?!
L'Aryen semblait complètement perdu ; si bien que, lorsqu'il releva ses prunelles bleues confuses dans le regard mi inquiet mi soulagé de l'Italien, il ne pût qu'hausser maladroitement les épaules, incapable de lui répondre.
Des cendres voletaient encore, au gré du vent qui faisait danser la fumée grise et dense qui se dégageait encore des ruines, tandis que Paul Schmidt, soucieux, balayait la zone du regard, en quête d'un éventuel nouveau début de foyer. Parmi les restes évidents de ce qui avait été les murs et le toit de cette partie du Reichstag, l'on pouvait distinguer les miettes de ce qui semblait avoir été des chaises, des tables, des bureaux, au milieu de lambeaux de tissus tâchés de sang éparpillés ça et là sur les décombres.
Le bras gauche en écharpe, les cheveux roussis par les flammes, le Führer leva son bras valide pour interpeller d'un claquement de doigts l'attention de chacun, souriant malgré l'état dans lequel était présentement son ancienne salle de conférences.
_ Moi, je vais vous dire ce qu'il s'est passé ! cria le brun en agitant son index dressé furieusement. Voilà. J'étais là, tout à l'heure, penché au-dessus de la table en train d'étudier la carte aérienne lorsque j'ai aperçu, un quart de seconde, une flamme bleue et jaune. Il y eut ensuite une explosion terrible. Je me suis retrouvé dans une fumée noire, épaisse, qui tourbillonnait. J'ai reçu une pluie de verre et de bois. Ça crépitait dans tous les sens. Nous étions vingt-quatre dans la salle, plus Ludwig qui m'accompagnait. Quand la fumée s'est désépaissie, j'ai vu des silhouettes qui s'agitaient, les vêtements et les cheveux en flammes. Là, j'ai vérifié que j'étais bien intact, que je pouvais bouger. J'avais des éclats dans le bras et la jambe, mais rien de plus. En marchant vers le jour, j'ai buté sur des corps. Certains de mes collaborateurs étaient déjà morts, d'autres grièvement blessés. Quand j'ai mis les pieds hors d'ici, le bon général Keitel s'est précipité sur moi, m'a serré dans ses bras en criant : " Mon Führer, vous êtes vivant, vous êtes vivant ! " Il pleurait à chaudes larmes, ce brave Keitel.
Hitler, là, s'arrêta pour larmoyer un peu, plus ému par l'émotion du général que par sa chance. Mussolini, un peu en retard sur le récit à cause du traducteur, parvint, lui aussi, à prendre un air attendri.
_ C'est terrible, mon Führer, commenta Veneziano en caressant avec douceur le dos de son compagnon Allemand, pour le remettre de ses émotions.
_ Comment ? s'écria le brun.
_ Je disais : c'est terrible, mon Führer ! répéta l'Italien en haussant le ton.
_ Terrible, oui, oui ! confirma Hitler en hochant la tête de haut en bas. Schmidt, combien de blessés graves ? éructa-t-il ensuite.
_ Onze, mon Führer.
_ Comment ? hurla ce dernier.
_ Onze !
_ Ah ! Vous voyez, Mussolini ! Onze blessés graves, très graves, qui vont sûrement décéder dans les heures qui viennent.
Il clamait cela avec fierté, comme s'il annonçait une victoire personnelle. Le membre de l'État Major, qui jusqu'ici n'avait rien dit, s'avança respectueusement vers Hitler avant de continuer la discussion.
_ Votre sténographe, Berger, est déjà mort dans l'ambulance, mon Führer. Il avait eu les deux jambes arrachées...
_ Qui ?
_ Berger.
_ Ah, vous voyez, gueula Hitler en se tournant vers Mussolini avec satisfaction.
_ Et on ne donne guère plus que quelques heures au colonel Brandt, s'époumona le subordonné.
_ Ah !
Hitler était ravi. Plus on lui montrait l'étendue du carnage, plus il se sentait fier d'avoir survécu ; l'hécatombe soulignait son statut d'exception.
_ Pourquoi Herr Hitler vocifère-t-il ainsi ? demanda discrètement Feliciano à Schmidt.
_ Le Führer a eu les tympans crevés par l'explosion, expliqua le traducteur à voix basse.
_ Le sait-il ? répondit alors le Duce, intrigué.
_ Personne n'ose le lui dire, dit Schmidt en secouant légèrement la tête de droite à gauche.
Mussolini hocha la tête, imité de près par sa Nation. Ce ne serait pas eux non plus qui prendraient ce risque.
Hitler vit, aux mouvements des lèvres, que le vieux dictateur et Feliciano discutaient avec Schmidt.
_ Eh bien, Schmidt, qu'est-ce qui vous prend ? Vous avez des conversations privées avec le Duce !
_ Je lui donnais des nouvelles rassurantes de votre santé, mon Führer, trompetta Schmidt.
_ Je vais très bien, merveilleusement bien, juste des égratignures.
_ Was passiert hier...?!
La voix rocailleuse qui s'était exprimée provenant de derrière lui, Feliciano se retourna brusquement pour voir arriver Gilbert, soutenu plus que nécessairement par Roderich, qui avait passé le bras droit du Prussien sur ses épaules et enroulé son bras libre autour de sa taille pour l'aider à marcher comme il le pouvait. L'Autrichien vint déposer doucement son poids mort sur les décombres, l'asseyant près du groupe, aux côtés d'Italie, avant de lui-même s'asseoir à côté de l'Albinos qui aussitôt vint appuyé son bras sur son épaule pour se maintenir en position assise convenablement.
Et ainsi ne pas paraître trop faible.
_ Un attentat contre le Führer, répondit simplement Schmidt à la question de Gilbert.
_ Je vois... Ça devient de plus en plus craignos même ici, hein, soupira le Prussien.
_ Comment ? cria de nouveau Hitler, persuadé qu'on lui parlait.
_ Rien ! s'époumona Gilbert avant d'être pris d'une violente quinte de toux qui se calma progressivement.
_ Ah ! Bien !
_ Il est sourd comme un pot ou quoi, marmonna l'Albinos à l'attention de Feliciano.
_ Tympans crevés par l'explosion. Il n'est pas au courant et personne n'ose lui en parler.
Avec un petit "tsk" lingual, Gilbert secoua légèrement la tête de droite à gauche tandis que le Führer se levait et tournait fièrement sur lui-même pour prouver sa forme à Mussolini. Roderich remarqua, grâce à un furtif coup d'oeil qu'il jeta aux deux humains, que les yeux d'Hitler roulaient sur la droite. D'ailleurs, tout son corps penchait du même côté.
_ Sans doute l'oreille interne, songea-t-il à haute voix.
_ Comment ? gueula Hitler.
_ Vous êtes en grande forme !
Hitler sourit.
_ Mon cher ami, cet attentat m'a redonné un coup de jeunesse. Il prouve que la Providence veille sur moi et qu'elle me protègera tant que je n'aurai pas achevé ma mission. Nous devons garder un moral inébranlable malgré les difficultés provisoires que nous traversons. Les Alliés sont beaucoup plus divisés qu'on ne le dit et je ne crois pas que leur entente tiendra longtemps. Comment l'Angleterre et les États-Unis pourraient-ils rester solidaires de l'Union soviétique ? Les libéraux avec des bolcheviques ? Ils vont bientôt comprendre.
Roderich faillit lui rappeler que lui, Hitler, avait été pendant un temps l'allié de Staline. Il se tut cependant.
_ L'Allemagne vient d'essuyer quelques revers à l'Est, les Américains ont débarqués en France mais nous tiendrons. J'ai été très mal secondé par des généraux et des commandants qui ne méritaient pas leur poste, mais je suis en train de tout reprendre en main moi-même. La preuve ! Savez-vous qui je suspecte dans cet attentat ? Le colonel Claus Schenk, comte von Stauffenberg : il a quitté la table une demi-heure avant l'explosion et s'est enfui en voiture. L'Armée ! Toujours l'Armée ! Je n'ai subi des revers qu'à cause de l'incompétence des militaires ou de leur trahison. Mais j'ai une grande confiance en l'avenir. Au fait, avez-vous vu mon pantalon ?
_ P-Pardon ? s'exclama l'Autrichien, surpris par la question du Führer et bientôt imité par la plupart des personnes présentes.
_ Schmidt, montrez-leur mon pantalon.
Paul Schmidt, très gêné, sortit d'un sac le pantalon déchiqueté que portait Hitler au moment de l'attentat. Il le déplia, l'étendit et l'exposa surtout au Duce qui dut s'émerveiller devant chaque trou et chaque déchirure.
_ Admirable, n'est-ce pas ? brailla Hitler à l'oreille de Mussolini.
L'Italien approuva en connaisseur, comme s'il avait soupesé une nouvelle arme.
_ Et si vous voyez mes sous-vêtements ! vagit Hitler.
Il prit le Duce par le bras pour retourner au blockhaus. Le sol collait aux bottes, Mussolini soutenait Hitler qui pesait de tout son poids sur lui sans en avoir conscience, tandis que Schmidt les suivait à la trace.
_ Oui, mon cher Duce, nous venons de subir quelques épreuves pour notre volonté mais nous en triompherons. J'attends beaucoup des armes miracles qui vont prochainement sortir de mes usines. Le professeur Willy Messerschmitt a mis au point un avion à réaction qui pourra aller jusqu'à huit cent kilomètres par heure et enfoncera les appareils ennemis. Mais le plus enthousiasmant sera la fusée A4, une fusée à longue portée mise au point par le général von Braun, qui pourra nous permettre, avec le programme Kuschkern, d'anéantir totalement Londres. Vous dites ?
_ Mais rien.
_ Pardon ?
_ Formidable !
_ Oui, formidable. Époustouflant. Décisif. Churchill va bientôt rôtir comme un poulet.
Mussolini soupira, à bout de patience, éreinté par le poids de son compagnon, assommé par ses vociférations.
De son côté, Roderich sentait les doigts du Prussien serrer progressivement son épaule, signe que ce dernier se sentait de plus en plus mal. Avec un petit soupir, le brun se releva doucement pour que l'Albinos ait le temps de se stabiliser sans lui, puis, après avoir réajuster un instant ses lunettes sur son nez, il aida ce dernier à se relever, l'attrapant de nouveau par la taille et par le poignet pour le soutenir en position debout.
_ Je pense que nous allons rentrer, il n'y a plus rien à voir maintenant, non ?
Gilbert marmonna un semblant de "moui", trop concentré sur son paraître pour répondre clairement au " Petit Maître ". Veneziano abandonna un instant Ludwig, qui depuis l'arrivée du Prussien semblait éviter obstinément son regard - ce qui peinait l'Albinos plus qu'il ne l'avouerait jamais -, pour venir embrasser Prusse sur le front dans un geste de réconfort, puis serra affectueusement le bras de l'Autrichien.
_ Merci d'être venu, Autriche. Tu aurais tout aussi bien pu rester à Vienne, en sécurité, et pourtant tu as accepté de t'occuper de Gil... Merci du fond du coeur.
_ Ma-Mon petit Italie, se reprit le brun en arquant un fin sourire. Tu me remercies ainsi tous les jours. Tu as déjà bien assez à faire avec Allemagne. Tu n'aurais pas pu en plus gérer cet imbécile de Prussien.
_ Eh oh ! Je suis là, je te rappelle, j'entends tout ! protesta l'Albinos.
_ Fritz ne t'a donc jamais appris à te taire ? Je croyais pourtant qu'il appréciait le calme lors de ses lectures.
_ C'est pas parce que je t'appelle Petit Maître qu'il faut que tu te comportes comme un tyran !
_ Étouffe-toi avec ta salive au lieu de raconter des idioties plus grosses que toi.
Avec toute la maturité dont il pouvait faire preuve, le Prussien lui tira la langue en accompagnant son geste du célèbre " nianiania ! ", mais il ne rajouta rien. Un léger sourire narquois au coin des lèvres, l'Autrichien prit poliment congé de l'Italien, reprenant le chemin des appartements de Gilbert, dans l'aile droite du Reichstag.
Soupirant légèrement, Feliciano retourna aux côtés du blond, l'aidant à se relever alors qu'enfin Ludwig reprenait quelques couleurs et semblait de nouveau un temps soit peu réactif. Il s'accrocha délicatement à son bras, le guidant minutieusement jusqu'à rattraper Hitler et Mussolini, alors qu'il sentait le stress et la tension s'accumuler dans l'esprit et le corps de Ludwig. Cela ne présageait rien de bon, d'autant plus que l'Aryen accumulait de plus en plus de tics nerveux à mesure que leurs ennemis se rapprochaient d'eux.
Mauvais, tout cela.
_ Je vous aime, Mussolini, et je vous admire. Sans vous comme exemple, je ne serais peut-être pas monté à l'assaut de l'Allemagne. Sans Mussolini, pas d'Hitler, louait ce dernier en beuglant toujours comme un forcené.
_ Et puis sans Hitler, pas de Mussolini, hurla le Duce en retour, pensant avec tristesse à son minuscule pouvoir maintenu artificiellement par les Allemands à la tête de la petite république de Salo.
_ Ah, ah, très drôle. Très très drôle. Je ne la connaissais pas. Vraiment très drôle. Tiens ça me fait penser qu'en 31, à Munich...
Mussolini, tout comme les deux Nations qui les suivaient ainsi que Schmidt, ne sut jamais ce qu'Hitler avait pu comprendre. Il le laissa crier à se faire péter les veines du cou sans même plus essayer de formuler une réponse. Ils trébuchèrent encore une quinzaine de fois avant de rejoindre les voitures.
Affectueux, intarissable, Hitler insista pour l'accompagner jusqu'à la gare, jusqu'au quai, jusqu'à la porte du wagon, suivi par Ludwig et Schmidt. Feliciano ne l'accompagnerait pas cette fois-ci, et resterait donc à Berlin. Fataliste, Mussolini pensait à sa maîtresse qu'il avait hâte de revoir et à ce qu'il mangerait dans son wagon ce soir. Il ne prêta plus aucune attention à son collègue dictateur.
Après tout, Hitler n'avait jamais eu besoin d'être écouté pour parler et cela faisait plusieurs années qu'il était sourd.
xXx
xXx Le 30 Mars 1945, Zweibrücken, Rhénanie Palatina ( Deutsches Reich ), 23h38 xXx
_ Matt'...!
La voix légèrement inquiète de son frère tira sommairement Matthew de son sommeil, le faisant grogner avec mécontentement. Il le saoulait déjà à longueur de journée, il n'allait pas commencer à faire de même la nuit...!
_ Mattie...!
A présent qu'il ne faisait que somnoler, le Canadien pouvait sentir les mains de son jumeau le secouer alors qu'il l'appelait, avec toujours plus d'intensité. Avec mauvaise humeur, le blond balança nonchalamment un bras vers l'arrière, dont la main vint claquer celle de son frère, et grogna sourdement.
_ Shut up, Alfred...
_ Damn, Matthew ! Wake up !
Cette fois-ci, l'Américain l'avait secoué si fort qu'il avait manqué de le faire couiner de surprise. Matthew se redressa alors, réveillé, mais particulièrement de mauvais poil, puis se mit aussitôt à engueuler son frère.
_ You're unbearably impossible, Alfred ! Dammit, why the fuck are you waking me up in the middle of the night eh ?!
_ There are noises coming from upstairs...!
La jeune superpuissance semblait réellement inquiète. Il accumulait les tics nerveux, la tête constamment oscillante entre la porte d'entrée de leur bunker, et les yeux mauves de son jumeau. Il ressemblait vraiment à un enfant effrayé.
_ Oh, come on. Don't tell me you're scared of thunders at your age ! railla le Canadien en faisant mine de se recoucher. Just sleep already, it'll be finished by morning.
_ Matt', that's not thunder...! protesta l'Américain en aggripant le bras de son jumeau, le tirant à lui. Don't go back to sleep please. I... I don't want... Y-you know... Hum... Creepy mad doctor dude... Well...
Matthew soupira une nouvelle fois, se résignant à rester éveillé et serré dans les bras de son frère, qui semblait vraiment, cette fois, terrorisé. Bien plus que sur un champs de bataille. Quoique, c'était compréhensible.
Alfred avait beau être habitué à la violence ; violence physique et torture n'avaient rien de comparable.
Même si Matthew aurait dû être celui qui tremblait de peur en imaginant l'autre taré revenir les voir. Mais, maintenant qu'il y pensait...
_ Al'... You know, commença-t-il en tapotant évasivement, du bout des doigts, le dessus des mains de son jumeau. It has been days since he last come to see us. I don't quite think he'll come at this time.
_ Who knows ? Seriously, this guy's insane Mattie. We cannot predict how he'll act...! rétorqua le plus vieux. I mean, I... I don't want to see you like this again...
Le Canadien garda le silence un moment, observant silencieusement les pupilles bleutées de son jumeau briller dans la pénombre, puis il soupira longuement, résigné. Il était vain de tenter de calmer son frère, l'attention de ce dernier n'était portée que sur les bruits de pas au-dessus de leurs têtes, et qui semblaient se rapprocher d'eux dangereusement.
Sans qu'il ne s'en rende réellement compte, le blond se pressa un peu plus contre le torse de son aîné, crispé, l'oreille collée contre son coeur battant. Alfred quand à lui s'était mis à murmurer vaguement quelques prières adressées au Ciel, pour qu'il les protège d'un possible retour du "Docteur" Mengele. Ses paroles de firent de plus en plus rapides et inarticulées à mesure que les bruits de pas s'approchaient, et descendaient ce qu'ils avaient identifié comme étant des marchés d'escalier qui menaient jusqu'à leur "prison", alors que le visage de l'Américain se posait contre la chevelure bouclée de son jumeau.
Matthew inspira profondément pour se calmer. Des deux, il avait toujours été le plus tempéré, le plus raisonné et le plus apte à rationaliser une situation de crise, et ce même s'il était le plus jeune ; contrairement à Alfred qui avait la fâcheuse habitude de foncer dans le tas, et de reculer immédiatement dès que la situation devenait trop graveleuse. Alors que l'aîné l'attirait au fond de leur cage, le Canadien prit ses mains dans les siennes que le Yankee serra à son tour, pour se rassurer mutuellement ; comme ils en avaient l'habitude enfants.
Le coeur du cadet fit un bond dans sa poitrine tandis que la porte de leur repère s'ouvrait violemment, en venant s'écraser contre le mur adjacent. Dans un hoquet de surprise, le blond clama aussi fort que sa faible voix le pouvait à l'attention des ombres qui se pressaient à la porte.
_ Who's there...?!
_ Des amis.
Une voix au fort accent allemand lui répondit en français. Pas convaincu pour un sou, Matthew se recula un peu plus contre son frère, le plus loin possible de la grille de leur cage, alors qu'une silhouette s'avançait vers eux.
Une jeune femme parvint à leur hauteur. De longs cheveux bouclés d'un roux flamboyant encadraient son visage laiteux, et les quelques mèches qui auraient pu venir gâcher ce tableau étaient retenues à l'arrière de son crâne par une espèce de peigne perlé. Deux orbes brillantes aussi vertes que des émeraudes luisaient dans la pénombre, les fixant à la fois avec curiosité, douceur, et inquiétude.
A bien y regarder, elle ressemblait assez aux fées magiciennes que leurs contait Angleterre, lorsqu'ils étaient enfants.
_ Vous pouvez marcher ? demanda la rousse, occupée à crocheter le cadenas de leur cage.
Trop choqués de la situation, les deux frères ne répondirent pas immédiatement, se contentant de fixer avec incrédulité leur sauveuse qui déverrouilla enfin leur prison.
_ Eh oh ! De la Terre à la Lune, vous me recevez ? s'impatienta la jeune femme, claquant des doigts devant eux. Vous pouvez marcher, oui ou non ?
_ M-moi oui. Mais je doute que Matt' en soit capable, répondit enfin Alfred en prenant doucement en jumeau par les épaules, fixant toujours la rouquine droit dans les yeux.
_ On va bien voir. Sortez de là, vous n'êtes pas des animaux, leur intima-t-elle en s'écartant, leur laissant la place.
Aidé par son aîné, Matthew parvint à s'extirper de la cage, se laissant pousser par à coup par son frère, jusqu'à enfin toucher terre. Cela faisait des jours qu'ils ne s'étaient pas étirés ni mis debout ; et, évidemment, ils s'écroulèrent au sol en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Ils furent relevés par deux hommes qui accompagnaient leur sauveuse ; un brun fin et sec dont les yeux légèrement en amande étaient surmontés de petites binocles rondes, et un grand blond aux yeux bleus glacés forgé comme un roc. Voyant qu'Alfred, après quelques instants à tituber, parvenait à marcher seul convenablement, mais que son jumeau avait besoin au moins d'une épaule sur laquelle s'appuyer, la rousse fit un signe à son acolyte qui avait relevé le Canadien.
_ La Montagne, tu t'occupes du blessé. On s'arrache.
Le grand blond hocha de la tête, et prit délicatement la nation canadienne dans ses bras, la portant alors qu'ils se mettaient en marche. Amérique se tenait juste à côté d'eux, méfiant, surveillant les moindres faits et gestes de la dite Montagne, tandis que la rouquine ouvrait la marche et que le binoclard la refermait.
Le faits que ces personnes soient toutes armées jouait aussi sur le niveau de tension de l'Américain. Il se sentait vulnérable et il détestait cela.
Le petit groupe remonta les marchés du bunker, se retrouvant dans une salle désertée. Des tables, des chaises, des radios, des papiers déchirés et/ou abîmés, des restes de nourriture moisis, des tasses vides, quelques écrans brisés. Cette pièce avait tout d'un lieu délibérément abandonné dans la précipitation.
Les Boches avaient quitté les lieux en les y abandonnant...?! Les chiens...
_ Et... Sinon, on peut savoir comment vous vous appelez, au juste ?
La rousse se retourna vers Alfred, qui avait posé la question, puis arqua un petit sourire avant d'énumérer trois noms.
_ Lui, c'est la Montagne. Derrière toi, le Futé, et moi je suis la Renarde, dicta la dite Renarde en désignant successivement le grand blond, le brun, et elle-même du bout du doigt.
Ok donc on est au zoo ou...?
_ Et vous comptez nous emmener où...?
_ Tu te crois de l'Inquisition ? railla la rousse avec un large sourire.
_ L'In- quoi ?
_ Laisse tomber Al', le coupa le Canadien en se tournant vers la rouquine. Excusez-le, il est juste très méfiant. Vous comprenez, vous êtes Allemands...-
_ À ce jour, je suis aussi Allemande que toi, répliqua la Renarde en soutenant fermement le regard violassé de Matthew. En Allemagne aussi, on résiste contre le National socialisme.
Le silence se fit dans la pièce tandis que le Canadien pesait le pour et le contre des paroles de la jeune femme. Disait-elle réellement la vérité, ou allaient-ils les ramener dans une base Nazie...?
_ Les armées Alliées sont stationnées à quelques kilomètres d'ici. Il va falloir marcher, mais on peut y arriver avant le lever du soleil, reprit la jeune femme en se dirigeant vers la sortie du bunker. Ces lâches ont fui lorsque les Américains se sont rapprochés dangereusement de leur position, il n'y a plus rien d'intéressant dans ce fichu bloc de béton. On y va ?
Alfred hocha silencieusement de la tête, suivant docilement la rousse qui allait les guider à travers la campagne de la Ruhr pour les ramener chez eux, la Montagne et le Futé sur les talons.
Ils marchèrent de longues heures, toujours en silence pour ne pas risquer d'attirer une quelconque attention sur eux, se frayant un passage à travers champs, bois, et même une rivière, jusqu'à apercevoir au loin les lumières d'un camp militaire dansant dans la pénombre ambiante faiblement illuminée par les rayons violassés et orangés du soleil levant. Les doutes du Canadien quant aux motivations de leurs sauveurs se dissipèrent lorsqu'il vit flotter, à l'entrée du camp, le Stars and Stripes ainsi que l'Union Jack au gré de la bise nocturne.
Dire qu'Alfred était épuisé n'était pas le mot juste, mais affirmer que ses jambes lui faisaient l'effet de deux poteaux de béton armé s'en approchait. Encore humide jusqu'à mi cuisse de leur petite traversée nocturne d'un bras secondaire du Rhin, il n'avait qu'une envie : se coucher dans un lit douillé bien chaud et dormir pendant des heures. Il en venait presque à envier la condition de son frère, qui lui était resté au sec tout du long, perché sur le dos de la Montagne.
Alors qu'ils n'étaient plus qu'à une cinquantaine de mètres du campement, la Renarde fit stopper leur avancée, et ordonna au colosse de déposer son chargement précieux au sol.
_ On vous laisse ici, déclara alors la rouquine.
_ Vous ne nous accompagnez pas ? Pourquoi ? s'étonna l'Américain.
_ Si vos "amis" sont aussi méfiants que toi...! J'ai pas trop envie de me faire trouer ce soir !
_ Mais, Arthur vous en serait réellement reconnaissant... Il a dû énormément s'inquiéter pour nous, et remercier ceux qui nous ont aidé serait la moindre des politesse... Du moins pour lui, contra Matthew, appuyé par un hochement de tête de son jumeau.
_ Nous n'avons pas besoin de reconnaissance, rétorqua le Futé, faisant entendre sa voix pour la première fois. Nous ne vous avons pas aidé pour une quelconque reconnaissance. Savoir que vous êtes retournés vivants chez vous, cela nous suffit amplement.
_ Mais-
_ Al', le coupa le Canadien en hochant de la tête pour dissuader son frère de continuer. Ils ne veulent pas. C'est leur choix.
Le Yankee arqua une grimace frustrée, obtempérant pourtant à ce que lui disait son frère. Avec un soupir résigné, il se pencha pour ramasser ce dernier, le faisant grimper sur son dos avant de se relever lourdement. Il avait un peu perdu en vigueur ces derniers temps... Il allait devoir y remédier.
La Renarde s'approcha d'eux, aidant légèrement Matthew à se caler convenablement, puis se tourna vers Alfred.
_ Hitler n'était pas très loin d'ici il y a encore quelques jours. Mais j'ai eu vent qu'ils étaient rentrés en catastrophe à Berlin après la traversée du Rhin par vos armées et le dangereux rapprochement des Soviétiques de la Capitale. Si j'étais vous, j'accélérerai un peu le pas, parce qu'à ce rythme les Russes prendront le Reichstag avant vous.
_ Très honnêtement, je pense qu'avec ce que nous avons vécu, nos priorités ont changé, rétorqua Alfred du but au blanc, après une légère oeillade en direction de son jumeau.
_ C'est vous qui voyez, répondit la rousse en haussant les sourcils.
_ Merci de m'avoir porté si longtemps, dit le Canadien à l'attention de la Montagne. J'espère que je n'étais pas trop lourd...!
Le colosse hocha légèrement de la tête, l'air gêné d'être ainsi remercié par le blond. Alors que le trio commençait à se retirer de nouveau dans les bois, Alfred leur lança en haussant légèrement le ton.
_ On peut au moins connaître vos noms ?
_ Souvenez-vous juste du Rossignol Chantant, répliqua évasivement la Rouquine en s'éclipsant dans la pénombre mourante avec ses deux acolytes.
_ Ça répond pas à ma question, marmonna l'Américain d'un air boudeur.
Les deux frères observèrent encore un instant les silhouettes sombres disparaître dans les sous-bois, puis ils prirent finalement le chemin du camp. Fouler la terre battue et poussiéreuse qui les menaient "chez eux" fit légèrement sourire Alfred, bien soulagé de ne plus être enfermé dans leur horrible bunker. Il prirait tous les jours que Dieu fait pour ne plus jamais croiser cette espèce de docteur timbré. Définitivement.
Ou alors mort.
Ou prisonnier.
Ou sur le point de mourir.
Enfin bref. Jamais plus de face to face avec ce grand malade...!
Comme ils s'y attendaient, ils ne tardèrent plus à entendre l'alarme tonitruante dont la ronde de nuit moulinait vigoureusement la manivelle pour annoncer l'arrivée d'ombres dans la nuit. Presque aussitôt, l'aîné des jumeaux pût observer, un sourire amusé aux lèvres, le branle-bas de combat général qui anima rapidement le camp entier, alors que des silhouettes encore à moitié endormies et toujours en train d'essayer d'enfiler leur veste d'uniforme leur arme dans la main accouraient vers l'entrée principale.
Bientôt, la silhouette assez fine et sèche d'Angleterre se dessina au premier rang, jouant des épaules pour y accéder et ainsi voir qui s'amenait devant leur base à cette heure avancée du jour. Preuve que les deux Nord-américains les tiraient vraiment du lit ; Arthur était encore en train de boutonner sommairement sa veste.
Mais en reconnaissant la silhouette courbée de l'Américain, portant sur son dos le corps amorphe de son frère, le britannique abandonna sa veste à moitié ouverte, se ruant vers eux en oubliant toute retenue et contenance militaire. Le grand Empire se jeta littéralement au cou des deux jeunes Nations, les embrassant sur le front, les deux joues, les serrant dans ses bras et contre son coeur aussi fort qu'il le pouvait sans pour autant risquer de les étouffer.
_ O God... O my dear Lord... My precious sons, my babies, you're okay, you're safe...! ne pouvait s'empêcher de répéter encore et encore Arthur, câlinant et embrassant les deux frères comme une mère soulagée de voir rentrer à la maison ses deux adolescents fugueurs.
_ Arthur... You're crushing me...! se plaignit Alfred en secouant vigoureusement la tête pour se dégager de l'étreinte maternelle et surprotectrice de l'Anglais.
_ Daddy... dit Matthew de sa voix calme et fluette, affichant un large sourire sensé rassurer et calmer son père adoptif.
_ Matthew...! You're hurt ? Don't worry dear, we'll take you to the infirmary...! It will be okay sweetheart, hush...!
Au contraire, plutôt que de rassurer le blond, cela avait simplement concentré toute son attention sur son rejeton blessé. Avec un petit soupir fatigué, le Canadien se sentit soulevé sous les ordres d'Arthur, et transporté jusqu'à l'hôpital de campagne, laissant son jumeau et leur Dad seuls.
Ces derniers s'éloignèrent bientôt jusqu'à la tente du britannique, les humains ayant compris qu'aucune menace n'était en vue malgré l'alerte sonnée. Alors que le camp se rendormait pour quelques temps encore, les deux Nations s'engouffrèrent dans leur abris de toile kaki. Arthur se délesta une nouvelle fois de sa veste d'uniforme en soupirant, remontant les manches de sa chemise à ses coudes avant de se tourner vers l'Américain, un petit sourire aux lèvres.
_ You should take a shower and change your clothes. Then you'll tell me all what happened.
_ You didn't come to help us.
Le ton empli de reproches dont avait usé le Yankee fit légèrement grimacer le britannique, alors que son ancienne colonie s'approchait de lui.
_ Alfred... I swear we were searching for you. Tell me how you escaped though.
_ A group of German Resistants helped us.
_ I see, marmonna le blond, pensif. And where were you ? Do you know it ?
_ Not that far from here... Maybe thirty or forty feet North.
_ Hm.
Alors que l'Anglais cherchait de nouveau quelque chose à dire pour occuper l'esprit de son cadet, ce dernier vint entourer ses hanches de ses bras, le serrant fortement contre lui alors que son regard bleuté toujours aussi amer ne cessait de le foudroyer. Avec une nouvelle grimace, Arthur gigota légèrement pour se dégager de son étreinte, ses mains poussant sur les poignets de l'Américain, ne résultant qu'en étant un peu plus serré contre lui.
_ Fred...
_ You didn't come to help us, répéta Alfred calmement, le ton toujours aussi rempli de reproches silencieux.
_ I said we were searching for you ! se défendit le blond. Plus, how do you think we could have find you in no such time...?!
_ The Resistants found us though.
_ And I'm very thankful towards them. Why didn't they come with you ? I'd have been really glad to meet them.
_ Don't you dare change the topic, Arthur, gronda le Yankee, reculant de plus en plus en amenant son ancien tuteur avec lui. If you didn't want to help us, just say it already, you know I hate liars.
_ Alfred... Don't say such things when you purposely know the real answer. Of course I wouldn't let you and Matthew in those freaking bastards hands without trying to save you ! Which father would I be if I can't protect my sons ? répliqua le britannique, sentant ses hanches rencontrer la table sur laquelle étaient éparpillés les nombreux plans et cartes qu'il étudiait toujours en détail.
Dans un geste rageur, Alfred fit violemment basculer son aîné sur la table, bousculant au passage plusieurs documents qui roulèrent à terre, mais auxquels il prêta bien peu d'attention. De la paume de ses mains, il appliqua une pression sur les épaules de l'Anglais pour le maintenir fermement allongé sur la surface plane, malgré que ce dernier ne se soit mit à se débattre comme un beau diable.
_ Let me go, Alfred !
_ I'm not your brother anymore, Britain. Neither am I one of your " precious " and so called kids, siffla l'Américain, les mâchoires crispées.
Ses mots atteignirent Arthur comme un nouveau coup de poignard dans le coeur. Il savait bien que depuis près de deux siècles maintenant, Alfred refusait catégoriquement d'être considéré, tant par le britannique lui-même que par d'autres, comme étant le fils de l'Albion. Pourtant, malgré tout, l'Anglais ne pouvait se résoudre à le voir autrement que comme le tout petit bébé qu'on avait placé dans ses bras et qu'il avait protégé contre vents et marées des siècles durant. Son rejeton, son tout petit, son adorable Alfred. La chair de sa chair. L'une de ses toutes premières et plus chérie colonie. L'enfant qu'il a tant aimé et élevé avec patience. Le petit corps tout chaud et joufflu qu'il berçait contre son coeur au coin du feu, en chantant quelques berceuses pour l'endormir le soir. Bien sûr qu'il ne pourrait jamais le voir autrement que comme le petit garnement aux yeux pétillants de malice qu'il avait vu grandir. Jamais il ne pourrait dissocier son adorable bambin et la grande puissance qu'il était devenu. C'était bien là sa plus grande peine ; jamais plus Alfred ne serait comme il l'a été, jamais plus il ne sera son petit garçon, son fils chéri. Jamais plus l'amour presque maternel qu'il lui vouait ne lui serait rendu avec la candeur de l'enfance.
Jamais.
_ I know it ! Hell, it has been one and a bloody half hundred years since then ! répondit le britannique, la lèvre inférieure tremblante. But, whatever you can say, you'll always be my son, my baby boy, the little one I raised, protected and cared for for years !
_ The heck ! You never were there ! You stayed a few days, and then you were gone for months, for years and years !
_ How many decades do you think I spent by your side, far from my country's politic, because you were just a baby, a little boy who couldn't stay by himself ? How long do you think it took me to teach you how to speak, how to walk and run, how to write, draw, read, and how to dress properly, and many other things ?
_ All I have now is due to my hard work ! Mine, and my citizens'one ! Hard work, hard work, hard work ! None of this is thanks to you, England !
_ It's just because you don't remember ! I was ALWAYS there, even when I was afar.
_ You LIAR !
Les deux hommes se toisèrent alors après s'être crié dessus crescendo, le souffle court, se fusillant silencieusement du regard. Prenant une grande inspiration, l'Américain se détendit un temps soit peu, baissant de nouveau le ton.
_ You didn't come to help us, reprit une troisième fois le blond. If I'd been alone, I'd had understand, after all. I'm not one of your colonies anymore. But there was Matthew... siffla-t-il amèrement, la gorge nouée. There was Matthew... If you knew... If you knew what they did... What they did to us... To Mattie... Arthur...
La gorge nouée et le coeur serré devant les yeux de plus en plus brillants de son fils, l'Albion tendit ses mains vers son visage, venant caresser ses joues de ses paumes en un geste réconfortant et aussi empli d'amour et de tendresse que la caresse d'une mère à son petit blessé.
_ Alfred... Tell me. Tell me what they have done to you, to you and your brother.
Le Yankee ferma les yeux sous la chaleur qui se dégageait de la paume contre sa joue. Après leur captivité, la douceur des gestes du britannique le touchait en plein coeur, si bien que toutes les émotions qu'il avait retenu depuis des jours vis-à-vis de son frère, pour son moral, pour leur santé mentale, menaçaient d'exploser en un instant.
_ I swear I'll bloody kill them all, if they did something bad to you, gronda dangereusement Arthur, une lueur mauvaise brillant dans son regard boisé.
S'il en avait eu le coeur, Alfred en aurait ri. C'était bien la réaction d'une mère enragée désireuse de venger sa progéniture que l'Anglais affichait inconsciemment.
_ I can't. Matthew'll tell you all the story if he wants to. I can't speak without his agreement, répondit l'Américain en rouvrant les yeux, fixant de nouveau le blond dans les yeux.
Ce dernier hocha doucement la tête, visiblement soucieux et angoissé, mais au moins il respectait le choix d'Alfred de laisser son frère s'exprimer pour une fois. Après tout, il était celui qui avait été le plus malmené dans cette histoire ; Alfred ne pouvait pas prétendre légitimement à raconter tout ce qu'il avait vécu, premièrement car son récit ne serait jamais aussi fidèle que ce qu'avait réellement ressenti le Canadien, et deuxièmement car Matthew souhaitait peut-être passer sous silence certains éléments de leur emprisonnement. Il ne pouvait donc pas se permettre de parler à sa place.
_ Arthur... We can't go to Berlin anymore. Not yet. I don't care about racing against Commie Bastard anymore.
_ Why ?
_ We must find France. We absolutely must find Papa. If they have done to him what they did to Matt'... Since it's been years since he disappeared... God, I can't imagine it, I'd vomit.
La jeune superpuissance serra les dents en fermant une nouvelle fois les yeux, sentant malgré tout quelques perles salées glisser sur ses joues, bientôt couvertes et séchées par les doigts tendres d'Arthur.
_ We must go to the South... Maybe he's there... He must be there...!
_ Hush now... chuchota doucement le britannique en caressant avec tendresse le visage encore quelque peu juvénile ainsi que les jolies mèches blondes de son fils. We'll go to the South, promise. We'll keep on some troops to Berlin, but we're going to the South. And we'll find Francis. I'm sure we will.
Arthur enlaça avec douceur la tête de l'Américain, alors que ce dernier, craquant enfin sous la pression de ces derniers mois, se laissait aller à une crise de larmes dans les bras de son ancien tuteur. Le visage collé contre le coeur du britannique, la grande et toute puissante Amérique pleurait comme un bébé, secoué de sanglots incontrôlables et incontrôlés tandis que ses mains s'aggripaient aux hanches de l'Anglais.
Ce dernier, le nez enfoui dans la tignasse blonde de son fils, le laissa décharger instinctivement toute sa pression sur lui, en lui, entre ses reins, le gardant contre son coeur tandis que ses larmes souillaient sa chemise. Et malgré les brusques coups de butoir qu'il put lui infliger, il ne le lâcha pas un instant, caressant et embrassant sa tête avec toute la tendresse du monde.
Les yeux rivés sur le lointain, il fulminait intérieurement. Si même Alfred était revenu dans un tel état traumatique, ces raclures de Krauts avaient dû y aller très fort. Mais malheur à eux, car ils s'étaient attaqués aux mauvais bougres.
Car à présent, la Mother Britain ne pouvait décemment laisser passer cette attaque contre ses enfants sans venger au centuple sa progéniture chérie.
Allemagne n'avait qu'à bien se tenir. Car une mère en colère, même seule, pouvait être plus dévastatrice que n'importe quelle armée, aussi bien entraînée que cette dernière puisse être.
Cela promettait un bain de sang pour la suite des festivités.
xXx
xXx Le 3 Avril 1945, Roma ( République Sociale Italienne ), 20h46 xXx
Antonio était confortablement assis sur le canapé, une jambe repliée sur l'autre de manière à ce que sa cheville repose sur son genou, et les bras accoudés au dossier derrière lui. Les yeux rivés au plafond de la pièce, il errait dans ses pensées, un mélodieux fredonnement chantant à ses oreilles depuis une autre pièce de la maisonnée.
Il ne parvenait pas à relativiser la conversation qu'il avait eu, la veille, avec Gilbert. D'une part, parce que la voix de ce dernier semblait aussi éteinte et faible que celle d'un mourant, et d'autre part parce qu'elle n'avait rien de bon en elle-même.
Le Prussien avait appelé tard, s'excusant d'une journée chargée et constamment accompagnée, le rendant incapable de l'appeler en toute discrétion. Il avait longuement tergiversé, pour finalement lui avouer que leur accord ne tenait plus. Que Ludwig avait découvert le pot-aux-roses : les appels téléphoniques, les rapports qui ne provenaient pas de Buchenwald comme convenu. Gilbert était à présent surveillé de près, tant par son propre frère que par les hommes de main du Führer.
Il allait devoir rompre sa promesse.
Évidemment, l'Espagnol avait plaidé sa cause comme il avait pu. L'Albinos était un allié précieux, indispensable même. Antonio ne pouvait pas se passer de son aide !
Mais cela n'avait pas été suffisant. Du moins, cela n'avait rien changé à l'impasse dans laquelle se retrouvait Gilbert. L'Hispanique se faisait donc du mauvais sang depuis la veille, se demandant quand le Prussien allait exécuter ses paroles.
Et, finalement, quand son frère se retrouverait sans protection aucune.
Francis...
Absorbé dans ses pensées, le brun n'entendit pas son hôte s'approcher de lui, et les deux mains de ce dernier se glissant autour de ses épaules le firent brusquement sursauter.
_ Bouh ! s'écria la tignasse auburn qui l'avait surpris, la voix hilare.
_ Lovi... Ne me fais pas de frayeur pareille, Boss a failli faire une crise cardiaque...! souffla l'Espagnol, une main sur le coeur alors qu'il expirait longuement pour calmer les battements de son palpitant.
_ Oh, pardon. C'est vrai que tu n'es plus tout jeune, Nonno Spagna~ le nargua l'Italien effrontément, enroulant un peu mieux ses bras autour de la large carrure de l'Hispanique pour venir poser son menton dans son cou, les mains pendantes contre son torse.
_ Appelle-moi Papy encore une fois et je te le ferais regretter, Lovi-chou~ rétorqua Antonio, un sourire presque narquois au coin des lèvres.
Lovino haussa un sourcil, son large sourire insolent toujours étiré sur son visage, puis lentement approcha ses lèvres de l'oreille de l'Espagnol pour venir mordiller le lobe avec amusement.
_ Ça pourrait ne pas être si désagréable que ça... susurra l'Italie du Sud en déposant un baiser dans le cou du brun.
Ce dernier se sentit piquer un léger fard tandis que son ancien protégé se reculait, le libérant de son étreinte. Lovino contourna ainsi le canapé sur lequel était installé Antonio, et déposa sur la table basse une bouteille de vin rouge ainsi que deux verres à pied. Après avoir débouché la bouteille, il servit les deux coupes à moitié, et en tendit une à l'Espagnol avant de s'asseoir à ses côtés, tout sourire.
_ Je peux savoir à quoi on boit ? demanda le brun en haussant un sourcil, faisant légèrement tournoyer la liqueur carmin dans son verre.
_ À moi !
Antonio se figea un instant, jetant un regard interloqué à son vis-à-vis, puis éclata de rire.
_ Tu nous la joues à la César, Lovi ? Ave moi ! se moqua gentiment l'Hispanique en mimant le salut du célèbre consul, une main levée et l'autre agrippant sa chemise au niveau de son coeur comme si cette dernière était une toge, en prenant une voix exagérément grave.
_ Je reformule alors, dit l'Italien avec un petit rire devant l'imitation plus que foireuse du brun. A l'Italie Libre ! clama-t-il ensuite en venant trinquer avec son ancien tuteur.
_ "L'Italie Libre" ? répéta l'Espagnol en prenant une gorgée de vin.
_ Oui ! Les bouffeurs de patates reculent de plus en plus, ils ne leur restent que le territoire de Mussolini. Sinon, tout est de nouveau à la République ! débita avec enthousiasme Lovino après avoir posé son verre, appuyant ses dires de larges gestes, le regard illuminé. Oh, Tonio ! Tu peux pas savoir à quel point cette alliance avec Amérique est une bénédiction du Ciel ! O Dio mio, grazie mille ! ajouta-t-il en joignant ses mains en une prière.
Antonio l'observait silencieusement, un large sourire attendri aux lèvres tandis qu'il sirotait son verre. C'était la première fois depuis des années, voir des siècles qu'il voyait Lovino aussi enthousiaste, aussi heureux. Le voir si excité et agité le faisait légèrement rire, puisque plus habitué à la petite mule bornée et bourrue qu'il avait vue grandir.
Le brun l'écouta distraitement lui raconter en long, en large, et en travers comment les Alliés avaient débarqués au Sud, en Sicile. Comment ils étaient ensuite remontés, progressivement, jusqu'à récupérer entièrement Rome et repousser au plus loin les Allemands dans les terres de Mussolini. Et comment il comptait, avec leur aide, écraser définitivement Veneziano et son dictateur " à la con. "
_ J'ai eu vent, par la Résistance, qu'il devait se rendre à Milan sous peu, continua l'Italien sans s'arrêter. On l'y attendra, et on le piègera là-bas. Tout dépendra de s'il est en visite officielle ou non.
_ Pourquoi ? réagit enfin le brun, intrigué.
_ Et bien, s'il est en visite officielle, il aura une garde rapprochée. Du coup, il nous sera impossible de le toucher, à moins de lancer une opération suicide-
_ Et tu n'en as pas spécialement l'envie, je comprends, termina l'Espagnol avec un petit sourire, en vue de la moue ennuyée qu'affichait son cadet.
_ Exactement. Or s'il est en visite privée, il cherchera à se faire discret. Donc pas de garde, il sera facilement accessible.
_ Tout est réglé au millimètre près, à ce que je vois...!
_ Il le faut bien, rétorqua Lovino en buvant une gorgée de vin, tendu. Il n'y a pas franchement de place pour l'improvisation dans un assassinat.
_ Oui, Ô grand gourou de la Mafia, le taquina Antonio, venant gratouiller du bout des doigts la base du cuir chevelu de l'Italien, là où il savait que cela le détendait. Je disais cela comme ça.
_ Tu devrais arrêter de parler pour ne rien dire, marmonna Lovino.
_ Et toi, tu devrais arrêter de t'inquiéter pour si peu, répliqua le brun. Je t'ai déjà vu tirer ; tu as un viseur à la place de l'oeil. Alors à ta place, je ne me stresserai pas trop de savoir si je vais réussir ou non quelque chose de ce genre. Détends toi donc un peu, c'est en étant aussi tendu que tu feras tout foirer.
_ Dixit celui qui est aussi tendu qu'une arbalète depuis qu'il a passé le pas de ma porte, railla l'Italie du Sud d'un oeil narquois.
Antonio en demeura bouche bée, les yeux écarquillés par la surprise. Comment avait-il su...?!
_ Comment-
_ Si tu as cru ne serait-ce qu'un instant que cela ne se voyait pas, tu es plus con que ce que je pensais, soupira le jeune homme en reposant son verre sur la table basse, faisant de même avec le verre de l'Espagnol. Tu as la mâchoire crispée, et tu ne m'écoutes qu'à moitié, expliqua-t-il ensuite, tapotant du bout de l'index la mâchoire du brun. Je te regarde depuis que je suis tout petit, alors il est évident que je sois capable de lire en toi comme dans un livre ouvert. Je te connais mieux que tu ne le penses, tu sais.
L'Italien se cala un peu mieux au fond du canapé, bras et jambes croisés. Il demeura silencieux un moment, observant Antonio qui fuyait obstinément son regard, puis reprit d'un ton légèrement agacé.
_ Bon allez, crache le morceau, tu m'énerves. Et si ça a un quelconque rapport avec Tête de patate ou son imbécile de frère, je te jure que par n'importe quel moyen j'irais lui remettre la raie du cul dans l'axe ! râla Lovino, tapotant de ses doigts son bras avec agacement.
_ Non, vraiment... Ce n'est rien, ne t'en fais pas, bafouilla l'Hispanique en souriant, un petit rire nerveux le secouant. Je suis juste un peu sur les nerfs, tu sais, avec les problèmes que j'ai à la maison...
Il ne pouvait pas lui en parler. Même s'il n'appréciait pas spécialement France, Lovino restait tout de même son frère. Et, il le préférait sûrement à "Tête de patate", même si ce serait choisir entre la Peste et le Choléra pour lui.
Et puis, connaissant l'animal, il ferait un tapage monstrueux pour réparer l'honneur de sa famille, surtout alors que cela concerne directement Allemagne. Et si par malheur Angleterre, ou même Amérique ou Canada apprenaient ce que lui savait par l'intermédiaire de Gilbert...
Cette maudite guerre ne se finirait jamais.
Ou alors, une autre commencerait juste après, avec les mêmes belligérants. Au choix.
_ Sûr ? demanda Lovino, pas convaincu pour un sou par les dires de son ancien tuteur.
_ Pourquoi te mentirai-je ?
L'Italien grimaça légèrement, boudeur, ses yeux ne quittant pas le visage de l'Hispanique. Puis, avec un soupir résigné, ce dernier se redressa sur le canapé pour venir se pencher sur le brun, déposant ses lèvres sur les siennes en un tendre baiser. Antonio, bien que surpris, ne le repoussa pas - bien au contraire, vous pensez bien ! - et un frisson de délice parcourut son dos du bas jusqu'à l'échine à mesure que les mains de son cadet progressaient sous sa chemise, la déboutonnant lentement au passage.
_ Lovi... parvint-il à articuler entres leurs lèvres, alors que le plus jeune le repoussait contre le canapé. Je ne pense pas-
_ Ta gueule, et oublie, gronda faiblement l'Italien, d'une voix qu'il voulait pourtant autoritaire.
L'Espagnol rouvrit la bouche pour protester, peu enclin à ce genre d'activité en vue des nombreuses pensées sombres qui le hantaient, mais il fut couper dans son élan tandis qu'il basculait la tête en arrière, un léger sourire d'extase s'étirant sur ses lèvres alors qu'il sentait les doigts fins de Lovino se glisser, taquins, dans son pantalon. Un sourire mutin aux lèvres, ce dernier se pencha pour déposer un baiser dans le cou de son amant, lui susurrant alors à l'oreille.
_ Tu vois, je te connais bien mieux que tu ne le penses... Oublie maintenant~
Avec un petit sourire carnassier, l'Hispanique hocha la tête et observa les yeux d'ambres brillants et la tignasse auburn se couler sensuellement le long de son corps, avant de reposer sa tête contre le canapé, les yeux clos.
Finalement, lui aussi venait peut-être s'oublier dans les bras du jeune Italien fougueux, et non pas uniquement l'inverse comme il le pensait.
Lexique :
→ Dio Mio : Mon Dieu ( italien )
→ Was passiert hier ? : Qu'est-ce qu'il se passe ici ? ( allemand )
→ Nonno Spagna : Papy Espagne ( italien )
xXx
Traductions :
¤ Part 2 ~
_ Ta gueule, Alfred...
_ Putain Matthew, réveille toi !
_ T'es vraiment insupportable, Alfred ! Pourquoi est-ce que tu me réveilles en plein milieu de cette putain de nuit ?
_ Il y a des bruits au-dessus !
_ Oh pitié, Al. Me dis pas que tu as encore peur du tonnerre à ton âge. Dors maintenant, ça sera passé demain matin.
_ Mais c'est pas du tonnerre, Matt' ! S'il te plait, te rendors pas... Je veux dire, tu sais... Si l'autre espèce de docteur fou revient...
_ Al. Ça fait des jours qu'il n'est pas venu. Il ne viendra pas en pleine nuit.
_ On sait jamais avec ce type ! Il est imprévisible, c'est un malade ! Je veux dire, je veux pas... Te revoir comme ça...
_ Qui va là ?!
_ Oh mon Dieu... Mes précieux fils, mes bébés, vous allez bien...!
_ Arthur... Tu m'écrases...!
_ Papa...
_ Matthew ! Tu es blessé ! Ne t'en fais pas mon chéri, on va t'emmener à l'infirmerie. Ça va aller, mon coeur, chuuut.
_ Tu ferais mieux de prendre une douche et de te changer. Ensuite, tu me raconteras tout ce qu'il s'est passé.
_ Tu n'es pas venu nous aider.
_ Alfred... Je te jure que nous vous cherchions. Dis moi comment vous vous êtes échappés.
_ Un groupe de Résistants Allemand nous a aidé.
_ Je vois. Et où étiez-vous ? Tu le sais ?
_ Pas très loin... 30 ou 40 kilomètres tout au plus.
_ Tu n'es pas venu nous aider.
_ J'ai dit qu'on vous cherchait...! Et puis, comment voulais-tu qu'on vous trouve en si peu de temps ?
_ Les Résistants nous ont bien trouvé, pourtant.
_ Et je leur en suis réellement reconnaissant. Pourquoi ne sont-ils pas venus avec vous ? J'aurais été heureux de les rencontrer.
_ N'essaye même pas de changer de sujet, Angletere. Si tu ne voulais pas nous aider, dis le tout de suite, tu sais que je déteste les menteurs.
_ Alfred... Ne dis pas des choses dont tu connais pertinemment la réponse. Bien sûr que je vous cherchais. Quel père serais-je si je ne protégeais pas mes fils ?
_ Je ne suis plus ton frère, Angleterre. Et encore moins l'un de tes précieux et adorés fils.
_ Je le sais bien ! Putain, ça fait un putain de siècle et demi depuis le temps ! Mais quoique tu dises, tu seras toujours mon fils, mon bébé, le tout petit être que j'ai élevé et protégé si longtemps.
_ Tu plaisantes ?! Tu n'étais jamais là ! Tu restais quelques jours, puis tu repartais des mois durant, des années et des années !
_ Combien de décennies ai-je pris de mon temps, m'éloignant de la politique de mon pays, pour m'occuper de toi parce que tu n'étais encore qu'un tout petit garçon incapable de se gérer tout seul ? Combien de temps crois-tu que cela m'a pris pour t'apprendre à parler, à marcher puis courir, à lire et écrire puis dessiner, à manger correctement, à t'habiller convenablement, et bien d'autres choses encore ?
_ Tout ce que j'ai à présent n'est dû qu'à mon travail ! Le mien, et celui de mes citoyens ! Mon travail, mon travail, mon travail ! Rien n'est tel grâce à toi, Angleterre !
_ C'est parce que tu ne t'en souviens pas ! J'ai toujours été là, même lorsque j'étais ailleurs !
_ Menteur !
_ Tu n'es pas venu nous aider. Si j'avais été seul, j'aurai pu comprendre, après tout. Je ne suis plus l'une de tes colonies. Mais il y avait Matthew. Il y avait Matthew... Si tu savais... Si tu savais ce qu'ils nous ont fait... Ce qu'ils ont fait à Matt'... Arthur...
_ Alfred... Dis moi. Dis moi ce qu'ils vous ont fait, à toi et à ton frère.
_ Je jure de tous les tuer s'ils vous ont fait du mal à ce point.
_ Je ne peux pas. Matthew te racontera s'il le veux bien, mais je ne peux rien dire sans son accord.
_ Arthur, on ne peut plus aller à Berlin. Pas maintenant. Je me fiche bien de faire cette stupide course avec l'autre bâtard de Commie à présent...
_ Pourquoi ?
_ On doit trouver France. On doit absolument trouver Papa. S'ils lui ont fait subir ce qu'ils ont fait à Matthew... Vu que cela fait plusieurs années qu'il a disparu... Oh mon Dieu, j'ai envie de vomir...
_ On doit aller vers le sud... Peut-être qu'il y est... Il doit y être...!
_ Chuuut. Nous irons vers le sud, promis. Nous garderons quelques troupes en direction de Berlin, mais nous irons au sud. Et nous trouverons Francis. J'en suis sûr.
xXx
→Au total, Hitler a survécu à une trentaine d'attentats contre sa vie entre sa prise de pouvoir en 1933 et son suicide en 1945. Sans compter la fois où il a manqué crever pendant la Première Guerre mondiale. ( Parfois, on est vraiment en droit de se dire que la vie a un humour tordu. ) Il se considérait comme un miraculé, un être exceptionnel pour avoir déjoué la mort tant de fois ; chaque attentat loupé contre sa personne gonflait son égo, et il se réjouissait même des dégâts collatéraux : plus ils étaient grands et les morts nombreux, plus il se sentait fier d'avoir survécu. BREF. Tout ça pour dire que cet attentat est véridique dans la forme, mais pas dans la date. Cet attentat à la valise piégée a été organisé par un groupe Résistant composé de gradés de la Wehrmacht opposés au régime du Führer : la Kaiser Kreis. La valise a effectivement été déposée par le colonel Claus Schenk, comte de Stauffenberg, qui s'est enfui en voiture pour rejoindre les autres membres du groupe au centre de commandement de la Wehrmacht à Berlin ; mais on l'y attendait et il fut fusillé avec d'autres membres dans la cour de la Kommandantur le soir-même. Ah ! Et cette partie est très, TRÈS librement inspirée d'un extrait - encore - de La Part de l'autre d'Éric-Emmanuel Schmitt, et que je vous conseille une nouvelle fois car ce livre est VRAIMENT une perle, tant d'un point de vue historique que littéraire !
→ Je voulais mettre un peu en lumière la Résistance Allemande, bien moins connue que les Résistances Françaises ou Italiennes par exemple, dans la seconde partie. Le groupe du Rossignol Chantant est entièrement inventé, et vous pourrez habilement remarquer trois références dans les noms de ses membres ( La Renarde dans Hunger Games ; La Montagne dans Game of Thrones ; Futé dans L'Agence Tout Risque ). Mais je vous invite à regarder le film Les derniers jours de Sophie Scholl, qui raconte l'histoire d'un groupe de Résistants Allemands nommé Die WeiBe Rose ( La Rose Blanche ). Vous pouvez aussi vous intéresser à Die Rotte Kapelle ( La Chapelle Rouge ) ou aux EdelweiB Piraten ( Les Pirates à l'Edelweiss ). Ce sont des groupes plus ou moins résistants que j'ai étudié cette année en Histoire en Allemand, et c'est vraiment intéressant.
Oui. Bon. Personnellement, j'ai l'impression que ce chapitre est beaucoup moins intéressant que les précédents. Je veux dire, outre le fait que je n'ai pas pu résister au besoin d'ENFIN libérer mes bébés d'amour de leur bourreau, et quelques petites infos concernant les futurs projets de Lovino, c'est un peu vide.
Pis bon. Vous ne m'ôterez pas de la tête qu'avec tout ces lemons explicites ou non, cette fic tourne au porn and boobs. Non mais sérieux, on se croirait dans Game of Thrones...! XD
Mais je digresse.
Outre le fait que je devrais renommer cette fic " YouPorn Hetalien ", j'ai profité de la seconde partie pour développer un petit peu ma vision personnelle du UsUk. En fait, je me rends compte que c'est une vision assez triste de ce couple ._.
BREF.
Oui, il n'y avait pas de partie sur les Soviétiques cette fois-ci ! Parce que j'avais rien à dire sur eux, ahaha...Bon. Et aussi parce que la partie des NA! Bro était HYPER LONGUE. Donc bon. Vous inquiétez pas, Russie revient dans le prochain chapitre !
Finalement, la séquestration de Matthieu et Alfred m'aura servi à quelque chose : c'est l'excuse parfaite pour expliquer le virage à 90 degrés des armées américaines sur le sol germanique Ahaha...!
...
Je me déteste tellement pour ça.
N'empêche, Arthur qui agit comme une Maman avec ses fils chéris. Moi ça me rend toute chose, c'est juste trop choupinou à imaginer...! Et triste en même temps pour Samuel. Toujours à l'écart. Pauvre bébé... *câlin à Québec* ( 'reuseument qu'on est là avec Cyrielle, pour pallier à ce manque d'affection... Quoique, il a Mattie aussi. )
Et puis bon, avouez que Maman Arthur en colère et défendant sa progéniture, c'est absolument adorable et en même temps badass à imaginer, non ? :D
... Non...?
RE BREF.
En fait, Arthur en "Maman badass prête à défoncer une armée entière pour protéger ses enfants" me fait penser à Slice, dans la Saison 3 de la Lazy Company ( série que j'aduuuule Mamma Mia ! ). MY GASH il y a UN plan teeeeellement BADASS avec elle, seule avec un fusil mitrailleur, face à Klaus Barbie et d'autres SS qu'elle défonce toute seule pour trouver où ils ont planqué son fils. J'aime ce personnage ptn :D
RE RE BREF.
Effectivement, j'avais dit sur Twitter que je ne posterai ce chapitre que lorsque DFVD12 serait terminé. Ce qui n'est pas le cas. En fait, prenez ça pour un cadeau de rentrée. Comme je rentre à la fac, j'aurais certainement moins de temps pour écrire, donc bon...
Je parle beaucoup pour ne VRAIMENT RIEN dire, aujourd'hui. Pardon...! Je vous libère, promis ! Quoique, vous ne devez pas être beaucoup à avoir tout lu jusqu'ici. M'enfin. Je vous remercie encore d'avoir lu ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à laisser une review pour me donner vos impressions, c'est grâce à vous que l'histoire progresse ! Et en plus, ça me fait plaisir !
Je vous fais à tous de gros poutoux sur les deux joues~
P.S. : Niniel, j'me suis trompée de numéro. C'est pas DFVD13 qui va te plaire, mais le 12 :D Allez, bonne attente chérie~ *pars en crabe*
