Hey bande de gens ! On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 12 de Der Fall von Deutschland, intitulé " Stelle dir vor " ou " Imagine " en français ! ENFIN ! Oui, après... /check la date du dernier post/ 7 mois. HUM HUM. OUI. JE N'AI AUCUNE EXCUSE.
Très honnêtement, je pense pouvoir dédier ce chapitre à Niniel Kirkland. Tu m'as tellement soutenu et aidé pour ce chapitre qui, soyons clairs, m'a bien « pété les couilles » et qui pour moi est vraiment le pire de toute cette fic car je suis presque sûr de l'avoir bâclé, BREF. Mais t'as eu la patience de m'encourager, de m'empêcher de tout lâcher, et surtout tu as réussi à ne pas me gifler quand j'étais en pleine crise existentielle à cause de ce chapitre ! ( ce qui est un exploit ! )
Donc on peut l'applaudir ! /clap clap clap/
…
Comment ça vous avez pas applaudi ? Dépêchez-vous donc avant que je ne me fâche tout rouge èé
Bien bien bien... Sinon, ah oui ! Russie comes back :D Avec Staline, oui, oui, je sais, ils vous ont manqué x,) PAR CONTRE du coup, je préfère vous prévenir tout de suite : la partie 3 contient beaucoup de blabla en russe. Du coup, ouvrez bien votre deuxième onglet pour les traductions, sinon ce sera un charabia incompréhensible. Voilà voilà:)
Et le titre est une référence à la chanson d'Elton John : « Imagine ». VOILA.
BREF. Bonne lecture, et on se retrouve en bas~
xXx Le 7 avril 1945, Drenthe ( Pays-Bas ), 23h48 xXx
Une brusque bourrasque de vent fit frémir Liam, un long frisson glacial glissant le long de sa colonne vertébrale. Il faisait vraiment froid, en Europe... Après réflexion, ce n'était plus si étonnant que Mister England attrape toujours des coups de soleil, lorsqu'il leur rend visite. Il était presque sûr que même durant leur hiver, il ne faisait pas si froid.
« Imma dyiiiiin', it's too frickin' coooold her' ! S'exclama brusquement une voix près de lui, qu'il se hâta de bâillonner au plus vite.
_ You're too loud, Kyle ! Le réprimanda le Néo-zélandais. What if there are some German troops 'round here ?
_ Did ya see the amount of guys we've gathered ? Not a chance ! They prob'ly are hiddin' somewhere now, their tales between their legs ! Marmonna l'Australien en pouffant.
_ Come on, that's rude bro, soupira Liam. »
Kyle était intenable, et pour cause. Ils poireautaient à l'orée des bois depuis le coucher du soleil, et ceux qu'ils attendaient ne s'étaient toujours pas montrés. A croire qu'ils s'étaient perdus en chemin ! L'Australien, qui agissait toujours comme un enfant, devenait impossible à gérer lorsqu'il ne se distrayait pas assez et il avait visiblement atteint sa limite.
« When will they arriiiiiive... ! Geint-il en se laissant tomber assis par terre. [ ASSIS PAR TEEEERRE ! ET VOIR LE MONDE QUI EXIIIISTE ! ET N'AVOIR POUR DOMICIIIIIIIIIILE ! /pan/ pardon. ]
_ I'm sure they'll be there in no time. Be a good boy and wait quietly.
_ Don't call me that. 'Am not a child anymore, marmonna le brun en essuyant d'un revers de manche son nez qui coulait.
_ Yeah, but you act just like one spoiled brat.
_ Rude ! Liam, you meanie ! I'll tell England 'bout that ! Se plaint Kyle.
_ Yeah yeah, whatever, soupira le Néo-zélandais qui, pour s'occuper l'esprit, grattouillait évasivement sa peluche porte-bonheur un petit mouton qu'il coinçait toujours dans la ceinture de son uniforme. »
Le brun n'écouta même plus son voisin territorial qui continua de gémir comme un enfant, se contentant de scruter l'horizon sombre en quête d'une quelconque lueur alliée.
Et quelle ne fût pas sa joie lorsqu'il l'aperçut enfin, cette lueur.
Un point lumineux qui clignotait à intervalle irrégulier. Du morse.
« Facile », songea Liam avec un petit sourire satisfait. « Détachement allié canadien. Provenance Belgique et Pays-Bas. Libérés. En attente confirmation détachement britannique. »
« Kyle, gimme your flashlight please.
_ 'kay, répondit le brun en lui tendant sa lampe torche. Pat it on the bum, it's a bit off today.
_ Dang it. »
Avec un soupir, le Néo-zélandais commença à taper le cul de la lampe, faisant de son mieux pour communiquer un message compréhensible même s'il était presque sûr que dans les faits ce dernier était truffé de fautes dues au matériel défaillant de l'Australien.
« Détachement britannique confirmé. Zone sécurisée. En attente confirmation ralliement. »
La réponse ne se fit guère attendre :
« Ralliement confirmé. En attente confirmation. »
« Reçu. »
Liam rendit sa lampe au brun littéralement étalé par terre tel un pachyderme en fin de vie, puis lui donna un léger coup de pied dans l'épaule pour le faire réagir.
« We can go, they're here.
_ Jesus, I thought they'd never come ! S'exclama l'Australien en se relevant d'un bond, ramassant alors tout son matériel pour être de nouveau opérationnel. »
Après quelques mots échangés avec leurs chefs d'opération, les deux nations suivirent le mouvement de leurs troupes vers l'avant, et s'avancèrent prudemment en direction des nouveaux venus. Mais ils étaient toujours sur leurs gardes cela pouvait très bien être un guet-apens ennemi...
Ils se détendirent bien vite lorsqu'ils reconnurent, sur les uniformes du premier rang, les insignes du dominion canadien ainsi que quelques Union Jack. Ils étaient en présence d'alliés. Les troupes se mêlèrent rapidement dans un climat plus calme et léger, échangeant banalités et ragots de guerre.
Les deux nations océaniques quand à elles se mêlèrent également à la populace anglophone, se frayant un passage plus ou moins facilement entres les hommes regroupés. Enfin, ils aperçurent ceux qu'ils cherchaient dans la foule.
« Bel ! Ned ! »
L'Australien les interpella joyeusement, sautillant derrière le néo-zélandais en agitant une main pour les saluer de loin. Les deux appelés redressèrent de concert la tête, cherchant un instant l'origine de la voix avant de vite remarquer l'énergumène qui s'agitait à quelques pas d'eux. Kyle fut le premier à les rejoindre, bousculant sans le vouloir quelques humains qui protestèrent et auprès desquels Liam s'excusa maladroitement pour son comparse. L'excité sauta presque immédiatement au cou de la jolie blonde, sous le regard désapprobateur du grand frère de cette dernière.
« Bel ! Gazouilla le brun. Ravi de te revoir en un seul morceau ! Toi aussi Ned !
_ De même, Australie, sourit la Belge, le regard tout de même fatigué.
_ Allons allons, appelle-moi Kyle, c'est moins conventionnel ! Rit le brun en s'apprêtant à taper d'une vigoureuse claque amicale l'épaule de la jeune femme. »
Autant dire qu'il fut vite fait stoppé par la main du Néerlandais, qui lui agrippa si fort le poignet que ce dernier en gémit presque.
« Elle est pas en forme, dit simplement le blond en le relâchant pour expliquer son geste.
_ Désolé, j'avais oublié. Pas la peine d'être aussi agressif tu sais, bouda Kyle.
_ Je pense que vu son corps couvert de bandages c'est plutôt compliqué d'oublier qu'elle est mal en point à part si tu es un imbécile fini.
_ Ned, s'il-te-plaît, le reprit sa petite sœur en lui donnant une petite tape sur la main. »
Le blond gromella dans sa langue, se détournant du brun en se tenant légèrement l'épaule. Il avait dû se crisper si fort pour retenir le bras de l'Australien qu'il ressentait à présent un peu plus encore ses propres blessures.
« Belgique, Pays-Bas. Bonsoir. »
Liam les avait enfin rejoints, et s'inclinait poliment pour saluer les deux nations européennes. Ces derniers le lui rendirent par un petit signe de la tête.
« Bonsoir Liam.
_ Pourquoi lui tu l'appelles par son prénom et pas moi ? S'indigna le brun, une moue d'enfant outré sur le visage alors qu'il tenait toujours la blonde dans ses bras, les yeux menaçants de Ned braqués sur lui.
_ Parce que Nouvelle-Zélande c'est beaucoup plus long qu'Australie. Et parce que j'ai envie, pouffa Louise avec un petit sourire mutin.
_ So mean !
_ Arrête de geindre, siffla Liam en collant une claque derrière la tête de son voisin continental qui gémit. Et lâche-la, tu as autant de délicatesse qu'un kangourou s'entraînant au punching-ball, tu vas lui faire mal.
_ Don't be jealous bro, gazouilla l'Australien en lâchant enfin la blonde.
_ Shut up or I'll kick ya right between ya legs and it will be reaaaally painful. »
Le brun manqua s'étrangler avec sa salive, et ses mains vinrent discrètement se placer devant son entre-jambe pour la protéger d'une quelconque vengeance néo-zélandaise. Et autant dire que malgré son aspect gringalet, Liam n'était pas le pays des All-Blacks pour rien. Ses coups de pied étaient monstrueux.
« Parlons plus sérieusement, dit soudain Johann en passant une main dans ses cheveux – pour une fois – non dressé. Je ne m'attendais pas franchement à vous voir débarquer, tous les deux.
_ C'est vrai, affirma la blonde d'un air sérieux. Nous nous attendions plutôt à voir Angleterre et Canada.
_ A vrai dire... Nous aussi, avoua Liam en s'asseyant par terre, face à ses deux aînés.
_ On ne sait pas trop pourquoi, mais depuis que Mat' et Al' sont revenus ils ont convenus avec Angleterre de partir finalement vers le sud, expliqua Kyle en s'asseyant également.
_ Ils laissent tomber Berlin ? S'étonna le néerlandais en haussant un sourcil. C'est pourtant là-bas que leur gouvernement s'est réfugié. Et il me semble que Russie est aux portes de la ville en plus.
_ C'est vrai. Mais ils semblent avoir complètement abandonnés l'idée d'y arriver avant les soviétiques. Ils ont complètement explosé les effectifs et les détachements ainsi formés descendent progressivement au sud pour ratisser la zone de fond en comble.
_ Maintenant que tu le dis, songea Louise à haute voix, tournant son regard vers Liam qui venait de parler. On n'a toujours pas retrouvé Francis, non ? »
Un silence gêné lui répondit.
« Non, effectivement...
_ Faut dire que c'est le bordel chez lui, marmonna Johann en hochant légèrement de la tête. Il s'est foutu dans un beau pétrin, ce crétin.
_ Je ne pense pas qu'il ait disparu sans raison, rétorqua le néo-zélandais en grimaçant. Il a peut-être été forcé de se rendre.
_ Ou vendu.
_ Ce ne sont que des ragots sans valeur aucune, répondit avec désapprobation Louise. Comment pourrait-on vendre son pays à l'ennemi ? Les humains savent quand même à quel point cela peut être dangereux... !
_ Tu espères encore croiser des humains censés ? Ma pauvre petite, railla le blond.
_ Ned n'a pas totalement tord, acquiesça Kyle avec sérieux – ce qui ne lui ressemblait pas. Ce dont on a eu vent depuis quelques temps n'est pas vraiment ce que l'on peut qualifier de « censé »...
_ Je ne peux pas croire que cela soit vrai.
_ Tu ne veux pas croire que cela soit vrai, nuance.
_ Russie en avait l'air plutôt convaincu, dans la dépêche qu'il a faite parvenir à Amérique, dit évasivement Liam. Il paraît qu'il l'a vu de ses propres yeux, de ce qu'il a écrit mais aussi dit à Mister England. Et je pense qu'il n'aurait pas pu inventer des détails aussi... Morbides. »
Un frisson d'horreur secoua successivement les épaules de la Belge et de l'Australien, tandis que le néerlandais se contentait de secouer la tête de droite à gauche.
« Mouais. Vous ne m'ôterez pas de la tête que chez lui aussi il se passe des trucs pas nets, grinça le blond.
_ Tu es vraiment trop méfiant, soupira sa petite sœur.
_ Et toi tu ne l'es pas assez. Tu sembles oublier qu'il était de leur côté au début de la guerre.
_ Ce qui ne veut pas forcément dire qu'ils partageaient la même idéologie. »
La tête que tira l'aîné à la réponse de sa cadette montrait à quel point ce dernier ne croyait pas un mot de ce qu'elle avançait. Pourtant, il se garda bien d'en remettre une couche il se doutait que ce débat durerait des heures s'ils continuaient ainsi, et il n'en avait aucune envie.
« Bref. Ce que je voulais dire, c'est que ce changement brusque de direction est peut-être expliqué par le fait qu'ils aient retrouvé des traces de France, reprit la Belge.
_ Techniquement, ils n'ont rien d'autre que des suppositions... Le M16 a quadrillé le territoire français et ils n'ont rien trouvé. Ils en ont donc déduit que France se trouvait ailleurs. Sûrement sur le territoire allemand, expliqua Liam.
_ Mais pourquoi le sud ?
_ Parce que nous sommes au nord, que Russie est à l'est et que nous venons de l'ouest. La seule zone qui n'a pas encore été traversée est le sud.
_ Vu comme ça...
_ Je pense tout de même qu'ils ont fait une grave erreur en refusant de continuer vers Berlin, souffla Johann. Russie risque de s'en servir contre vous le moment venu. Libérer la capitale, c'est autrement plus prestigieux que de libérer une parcelle de territoire. Bien que cela soit tout aussi important, c'est moins prestigieux.
_ Ils ont sûrement d'autres motifs dont nous ne sommes pas informés, dit le néo-zélandais en haussant les épaules.
_ Et bien nous devrions le savoir. Nous sommes alliés, nous ne devrions pas être dans le flou.
_ Je suis d'accord avec Ned, pour le coup, dit Louise. Ils ne nous mettent franchement pas en confiance en faisant ça.
_ Je suis sûr qu'ils ne pensaient pas à mal, vraiment... tenta maladroitement le plus jeune.
_ Je sais bien, soupira la Belge. C'est juste que... Nous voulons la vérité. Nous sommes restés trop longtemps sous l'autorité d'Allemagne, lequel ment comme il respire. C'est juste... Un besoin d'assurance, tu vois ce que je veux dire ? »
Liam hocha légèrement la tête, compréhensif. De son côté, Johann soupira longuement en se laissant glisser allongé sur le dos, croisant difficilement ses bras derrière sa tête.
« De toute façon, ça ne sert à rien de se miner pour ça. Il y a plus important pour le moment.
_ Hm, acquiesça le néo-zélandais sans rien ajouter.
_ Bon, on a encore du chemin à faire avant de rejoindre les autres aux abords de Berlin, dit Kyle en se claquant les cuisses avant de se relever. Vaut mieux se reposer en vue du trajet de demain et des jours à venir.
_ Ce n'est pas de refus. Je suis épuisée, soupira Louise.
_ Je peux dormir avec toi ?
_ Kyle. »
A ces mots l'Australien se prit une claque de la part de son voisin océanique qui le fit couiner, tandis que le néerlandais attrapait sa petite sœur pour la tirer à lui, dans le but de la protéger de ce dangereux énergumène.
« Une autre fois peut-être, rit simplement la blonde avec amusement.
_ T'es pas drôle, Ned, bouda le brun.
_ Et je le serai encore moins quand je t'aurai castré, verdomde. »
Avec un long soupir, Liam agrippa le bras du brun pour l'attirer à sa suite sans attendre, alors que ce dernier s'indignait du fait que le monde entier semblait vouloir le priver de ses bijoux de famille.
xXx
xXx Le 9 Avril 1945, Berlin ( Deutsches Reich ), 21h57 xXx
Confortablement installé dans un fauteuil, jambes croisées et lunettes sur le nez, Roderich attrapa entres deux doigts le coin de la page qu'il venait de lire pour la tourner délicatement, poursuivant en silence sa lecture. Sur la commode près de lui reposait un plateau-repas lourdement chargé mais à peine grignoté, tant par lui que par Gilbert, ce dernier refusant de plus en plus systématiquement la nourriture qu'on lui proposait.
M'enfin, l'Autrichien ne s'en faisait pas trop. Après tout, tant que le convalescent était capable de descendre sa chope de Schnapss, c'était qu'il n'était pas aussi mourant qu'il paraissait.
Une nouvelle page se tourna. Roderich pouvait sentir les deux prunelles carmins de l'Albinos qui le fixaient, observant ses moindres faits et gestes sans mot dire. Le brun ne s'en formalisait pas ; après tout, c'était sa seule occupation dans cette pièce, outre les lectures que pouvait lui faire l'Autrichien - Gilbert étant souvent trop épuisé pour tenir un livre entres ses mains plus de dix minutes.
L'avancée de l'Armée soviétique en Prusse Occidentale, accompagnée de l'annexion complète de la Prusse Orientale, étaient en train d'affaiblir considérablement l'Albinos. Trop faible pour se déplacer seul, manger seul, se divertir seul ; il avait constamment besoin de Roderich à ses côtés, qui avait de plus en plus l'impression de se transformer en aide soignant. Le Prussien enchaînait fièvres terribles, douleurs et faiblesses musculaires, toux caverneuse et malaises délirants. Il n'était plus en état de pavaner hors de sa chambre, même si sa "génialissime personne" tenait absolument à faire bonne impression lorsqu'Italie parvenait à s'éclipser et à leur rendre visite.
Alors qu'il tournait une nouvelle page, en prenant le temps de replacer ses lunettes sur l'arête de son nez, il sentit quelques doigts exercer une légère pression sur sa cuisse gauche. Relevant les yeux de son roman, Roderich remonta le bras auquel appartenaient les doigts posés superficiellement sur sa cuisse jusqu'à croiser le regard rouge sang de Gilbert.
_ Kleine Master... Kannst du mich das Telefon passen, Bitte...?
Roderich hocha légèrement la tête avant de se lever de son siège, prenant les doigts du Prussien dans sa main pour les reposer doucement sur les draps pour ensuite s'éloigner un instant et revenir près du lit avec un téléphone. Il s'assit avec précaution au bord du lit, décrochant la ligne et plaçant son doigt dans l'encoche prévu à cet effet. Gilbert lui dicta alors un numéro, qu'il composa en faisant patiemment tourner la roue de l'appareil, puis lui donna le combiné lorsqu'il eût fini.
_ Hier.
_ Danke.
_ Bitte, répondit le brun en se rasseyant à sa place, reprenant son livre sur ses genoux.
Loin de continuer sa lecture, l'Autrichien tendit l'oreille discrètement, épiant la discussion que tenait l'Albinos. Ce dernier attendit un instant que son interlocuteur ne décroche et s'annonce avant de parler, prenant une voix plus assurée et plus proche de sa voix ordinaire.
_ Beilschmitt hier. „..." Stoppt die Mission 0714. „..." Argumentieren Sie nicht. Stoppen Sie die Mission, und falten Sie in Berlin zurück. "..." Ja, ja. Ich möchte Sie morgen den Boden geräumt haben. Kapiert? „..." ... Sie lassen es auch schlecht. "..." Gut. Heil Hitler. "..."
Gilbert raccrocha alors lentement, gardant un instant le téléphone serré contre lui avant de signifier d'un petit geste de la main que Roderich pouvait de nouveau en prendre possession. Mais au lieu de le débarrasser simplement de l'appareil, le brun le posa presque négligemment sur la table basse et s'assit au bord du lit, au niveau du flanc du convalescent. Il sentait bien que ce dernier n'était pas bien, et que quelque chose le travaillait, tant physiquement que mentalement.
En un geste qu'il voulait amical - amical ! Envers cet énergumène de Prussien mal dégrossi, oui ! - l'Autrichien passa doucement une main dans les cheveux neigeux de sa plus vieille connaissance - à présent qu'Elizaveta n'était plus là -.
_ Spricht, es macht dich die Mühe umsonst, dit-il calmement à l'Albinos.
_ Ich habe nichts zu sagen.
_ Belüge mich nicht, ich werde dich schlagen, und du weißt, daß ich es machte.
_ Oh, wichtig ? railla le Prussien avec un sourire narquois terni par la fatigue.
_ Willst du wetten?
Gilbert gonfla simplement les joues, boudeur, devant l'air suffisant que lui renvoyait Roderich. Il n'avait pas spécialement envie de parler de ses états d'âme avec lui, mais il n'avait personne d'autre à qui faire la conversation. Ludwig l'évitait comme la peste depuis leur altercation de la dernière fois, comme si à la fois il regrettait ce qu'il avait fait tout en étant révulsé par la faiblesse plus qu'apparente à présent de son grand frère.
Du moins, s'il le considérait toujours comme son grand frère.
Il était loin, le temps du petit Lulu qu'il devait protéger contre tous les dangers. Le temps de la petite nation Allemande qui se cachait derrière la cape pourpre de l'Aigle Noir du Nord prêt à brandir ses serres acérées pour défendre son nid, son aiglon. Il était aussi loin, le temps de sa Toute Puissance, le temps où il pouvait tenir tête aux trois Grands d'Europe et les faire trembler à lui tout seul.
Ah. Non, vraiment. La longue agonie réservée aux Nations telles que lui ne lui convenait pas du tout. Tout ces souvenirs, il les chérissait, c'était un fait. Mais cette nostalgie qui lui donnait les larmes aux yeux, il n'en voulait pas. Cela ne correspondait en rien à l'image de la Génialissime Prusse qu'il voulait laisser à la postérité. Parce qu'après tout, il le savait. Il s'en doutait.
Il allait rejoindre le Panthéon des Anciens. Cela ne saurait tarder.
Bientôt, il ne serait plus de ce monde. Allait-il manquer à quelqu'un, à présent que son propre frère ne voulait plus d'un faiblard comme ascendance ? Outre Russie qui vivait coincé dans son passé et qui ne se souviendrait de lui que comme celui qui a voulu l'envahir... Espagne était obnubilé par le frère d'Italie et par France, il ne pouvait pas lui en vouloir. Quand à France... Il aura autre chose à faire, après la guerre, que de pleurer celui qui a très largement contribué à déclencher toute cette merde dans laquelle ils se sont tous embourbés jusqu'au cou. Si même leur Trio n'était plus... Ce n'était sûrement pas sur le Petit Maître ou sur l'autre Camionneuse pas féminine pour un sou qu'il pouvait compter. Et Italie... Il aura bien assez à faire avec Ludwig pour se souvenir de lui. Sa gorge se serra. C'était ce qu'il craignait.
Personne ne se souviendrait de lui.
Il ne voulait pas qu'on l'oublie. Ses amis, sa famille... Même ses ennemis. Qu'il y ait au moins une personne, en ce bas monde, qui se souvienne de Gilbert Beilschmitt, la Prusse, l'Aigle du Nord. La Terreur des XVIIIeme et XIXeme siècles. Personne n'avait oublié Rome. Ou Germanie. Ou Bretagne. Ou Gaule, Hispanie, Grèce, Égypte, Byzance, Ottoman, Carthage, et tous les autres. Ne méritait-il donc pas de faire partie de ces Grands-là...? Allait-il définitivement tomber dans l'oubli, après sa mort, comme ces Rois n'ayant pas marqué l'Histoire ?
L'avait-il seulement marquée, l'Histoire...?
_ PreuBen... Du weinst...
Surpris dans ses pensées sombres par la voix de l'Autrichien, Gilbert sursauta en se tournant vers ce dernier vivement. Et effectivement, il pût remarquer que sa vision était troublée de larmes qu'il ne sentait pas couler sur ses joues blêmes. La dernière fois qu'il avait vu cette expression de béatitude et d'impuissance sur le visage de Roderich, c'était le jour où le petit Royaume de Prusse qu'il était avait écrasé le Grand Empire Autrichien que ce dernier était pour lui soutirer ses régions les plus fertiles et prospères. L'incompréhension de la défaite, la béatitude et l'impuissance devant ce nouvel ennemi qu'il n'avait jamais considéré ni soupçonné d'un jour pouvoir le surpasser. Autrefois, son orgueil s'était tant agaillardie de cette expression imprimée sur les traits fins du Petit Maître qui le prenait de haut et le sous-estimait constamment.
Mais là, cela n'avait rien de drôle.
Pour la seconde fois de sa vie - pour peu qu'il se souvienne, l'Autrichien était pris de court, et ne pouvait que fixer l'Albinos face à lui sans rien dire. Les larmes du Prussien l'avait complètement déstabilisé. Lui qui fanfaronnait à toute heure depuis des siècles. Lui qui, à première vue, semblait si fort et sûr de lui. Lui qui pouvait se montrer aussi féroce qu'un lion lorsqu'on s'en prenait à son petit frère.
La Grande Prusse pleurait comme un enfant devant lui.
Il avait beau chercher dans sa mémoire, jamais il ne l'avait vu pleurer de toute sa vie, d'aussi loin qu'il le connaisse. Jamais. Même si ce dernier tentait de le cacher, essuyant ses yeux et son visage humide avec les manches de sa chemise, étouffant maladroitement ses sanglots en mordant le tissu par la même occasion, cela ne changeait rien au fait qu'il pleurait et que ce n'était en rien normal. Surtout pour Prusse.
_ Hey, Gilbert... Geht das nicht? Bist du irgendwo schlecht? s'inquiéta le brun, tout aussi maladroit que son vis-à-vis dans son incompréhension de la situation. Warte, ich hole einige Antischmerzen im Erdgeschoß.
_ Nein !
L'Autrichien eut à peine le temps de se relever de la couche du Prussien que ce dernier agrippa de toutes ses forces la manche de ce dernier, le forçant à rester à ses côtés, assis sur le lit.
_ Nein! Reise nicht ab! Laß mir nicht ganz allein... Ich will nicht allein sein! bafouilla l'Albinos dans la précipitation, tirant toujours sur le bras du brun avec détermination.
Définitivement, il ne voulait pas le laisser partir. D'ordinaire, Roderich en aurait bien profité pour le railler gentiment, mais là, cette situation était bien trop cocasse pour qu'il pense ne serait-ce qu'une seconde à plaisanter avec son vieux comparse.
_ Gilbert... Was geht nicht? Das ist in deiner Gewohnheit nicht, so zu weinen... Du kannst mit mir, mir sprechen. Ne ?
Le Prussien ne répondit pas, se contentant de renifler bruyamment en étouffant ses hoquets, ne lâchant pas un instant la chemise du brun. Ce dernier soupira légèrement, ôtant ses lunettes pour les poser sur la commode près d'eux, puis se pencha légèrement sur l'Albinos en continuant.
_ Ich kann verstehen, daß du Italien oder Deutschland nicht beunruhigen willst. Aber ich denke, dass ich über allem, was du mir sagen kannst, ist. Ist das nicht?
_ Das ist... commença Gilbert après avoir doucement hoché la tête aux paroles de l'Autrichien. Das ist gerecht... Ich weiß, daß... Daß ich sterben werde. Das ist eine Tatsache, und ich fühle ihn. Ich habe überall schlecht, mein Körper ganz läßt mich ich, wer gemacht ist, leiden... Ich habe, daß eine Lust, es ist, daß man mich beendet, aber das ist nicht möglich... débita le Prussien, s'interrompant parfois quelques instants à cause de hoquets sanglotants.
Sa langue se déliait, ce n'était pas plus mal. Après des années, des siècles passés à garder sa constante image et réputation de Nation "génialissimement géniale", à jouer les gros bras devant les autres, à se montrer brave et digne d'admiration devant son petit frère, il avait fallu attendre que ce dernier soit au bord du gouffre pour qu'il relâche toute la pression accumulée au fil du temps et ne craque une bonne fois pour toute. La main libre de Roderich venait doucement caresser les mèches d'albâtre de l'Albinos, qui ressemblait de plus en plus à un enfant, à s'accrocher ainsi à la chemise de son "gardien".
Avec un petit sourire amusé, ce dernier songea qu'il était bien plus docile et conciliant ainsi. Voir même mignon. Un vrai petit garçon.
_ Ich weiß, daß, als ich gestorben wäre, niemand sich an mich erinnern wird... continua Gilbert, la gorge nouée de sanglots. Niemand... Aber eigentlich... Ich will nicht sterben! Ich will nicht sterben... Ich wünsche nicht, daß man mich vergißt!
Le cri de désespoir d'une Nation à l'agonie. C'était exactement ce que Roderich entendait à travers les sanglots de Gilbert. Et malgré tous les ressentiments qu'il pouvait bien avoir accumulé, au fil des siècles, contre le Prussien, il ne pouvait nier que ces appels à l'aide lui serraient le coeur et lui nouaient les entrailles. C'était déchirant d'assister à la fin d'une Nation.
Surtout lorsque cette fin est prématurée, insoupçonnée et injustifiée.
L'Autrichien allait lui répondre, tenter de le calmer et de le rassurer, lorsque trois petits coups fluets retentirent contre la porte de leurs appartements.
Italie.
_ Autriche...? Gilbert...? Vous êtes réveillés...? s'annonça la voix de Feliciano, de l'autre côté de la paroi close.
Le simple fait d'imaginer le si gentil petit Italie le voir dans cet état mit l'Albinos en apnée, pour tenter de calmer ses pleurs au plus vite.
Ce qui fût totalement infructueux.
Avec un petit "tsk" lingual à la fois fatigué et crispé, Roderich dénoua rapidement le foulard blanc qu'il portait autour de son cou, et le déposa avec précaution sur le visage du Prussien, le recouvrant entièrement sous le voile immaculé.
_ Du schläfst, souffla le brun avant de se relever pour aller ouvrir à l'Italien qui patientait calmement dehors.
Comprenant où voulait en venir l'Autrichien, Gilbert se tut instantanément, prenant sur lui pour calmer sa respiration et ses sanglots autant que possible, ne bougeant plus d'un centimètre pour simuler le sommeil. De son côté, Roderich ouvrit à Feliciano, qui s'empressa de l'embrasser sur les deux joues avant d'entrer le plus silencieusement possible.
Mais lorsqu'il aperçut le visage du Prussien couvert par le tissu blanc, il devint aussi livide que ledit tissu, et voulut se précipiter à son chevet. Bien sûr, Autriche l'arrêta en se plaçant entre lui et le lit.
_ A-Autriche... E-est-ce qu'il est... Est-ce que G-Gil est... hoqueta le petit brun, les larmes aux yeux et ne parvenant pas à terminer sa phrase.
_ Il dort, Italie, s'empressa d'expliquer l'Autrichien. Il ne parvenait pas à s'endormir à cause de la lumière de la lampe de chevet. Mais comme je voulais encore lire avant de me coucher, je lui ai simplement mis mon foulard sur la tête pour obstruer un peu sa vue et le faire enfin se taire.
_ Ah... Merci mon Dieu... souffla avec soulagement l'Italien. Je pensais... Enfin, tu sais... Chez moi, le drap blanc sur le visage...
Avec un petit sourire compréhensif, Roderich se rassit sur son fauteuil, laissant Feliciano se remettre à son rythme de sa frayeur. Après quelques minutes d'exercices de respiration, l'Italie Fasciste se calma enfin, se tournant d'un air gêné vers son ancien tuteur.
_ Je suis désolé de t'avoir dérangé, Autriche... Je voulais juste prendre des nouvelles de Gilbert, mais puisqu'il dort...
_ Il va bien, ne t'en fais pas, le rassura gentiment le brun, prenant son livre entres ses mains, faisant mine de reprendre sa lecture. Il est juste extrêmement fatigué, mais son état est stable.
_ Je vois... soupira doucement l'Italien. Oh ! Au fait, depuis quand lis-tu sans tes lunettes, Autriche...?
Ce dernier, pris sur le fait, eut un petit rire gêné en reposant son livre, comme si de rien était.
_ La fatigue, sans doute... Voilà ce qui arrive lorsque l'on veille tard, avec l'âge...
_ Oh, allons, tu n'es pas si vieux que cela, enfin ! Rit doucement Feliciano, avant de s'approcher de l'Autrichien qui s'était levé pour le serrer dans ses bras, en une étreinte affectueuse. Je suis content que Prusse aille bien... Mais tu devrais aller te reposer, si tu es fatigué, Autriche, le gronda gentiment le brun.
_ Oui, oui, répondit Roderich avec un petit sourire tendre, tapotant maladroitement le sommet du crâne de son ancien protégé. Toi aussi, tu devrais aller te reposer. Ludwig te donne du fil à retordre en ce moment, tu dois être vraiment épuisé.
_ C'est le moins qu'on puisse dire... murmura tristement l'Italien en frottant évasivement son visage contre le torse de l'Autrichien avant de s'écarter lentement. Bon... Je ne vais pas te déranger plus longtemps, alors.
Avec un petit hochement de tête, Roderich le raccompagna à la porte, recevant un dernier baiser sur la joue avant que Feliciano ne sorte de la pièce.
_ Bonne nuit, Autriche !
_ Bonne nuit, Italie. Et cesse donc de t'inquiéter pour Prusse : je m'occupe de lui.
Le brun referma la porte sur un large sourire de la petite Italie, puis poussa un long soupir de soulagement. Il fila de nouveau au chevet du Prussien, qui avait déjà ôté le foulard de son visage pour planter ses prunelles carmin dans les deux améthystes de l'Autrichien.
_ Warum hast du ihn belogen? articula-t-il enfin lorsque le brun l'eût rejoint, assis au bord du lit.
_ Du hättest vorgezogen, daß ich ihm sage, daß du stirbst? répliqua ce dernier en passant une main dans ses cheveux, les replaçant légèrement en arrière.
Mouché, et touché en plein coeur, Gilbert ne répondit rien, détournant simplement le regard, comme s'il avait honte de ce constat. Comme si tout cela était de sa faute... Avec un léger soupir, Roderich se pencha vers son vis-à-vis, passant délicatement une main sur ses joues pour en retirer les traces poisseuses de ses larmes.
_ Höre mir aufmerksam zu, weil ich mich nicht wiederholen werde. Du wirst nicht sterben. Nicht jetzt, dit le brun en obligeant l'Albinos à le regarder droit dans les yeux. Und wenn sehr sogar, am Tag, wo das deine Reihe sein wird, zu sterben, wäre ich, mit dir da, wie heute. Du wirst nicht allein sein. Verstanden?
_ Du wirst mich bis zu meinem Tod scheißen lassen, das ist das? rit légèrement le Prussien, arquant un petit sourire.
_ Ich bin sehr ernst, du dumkopf, répondit le brun d'un ton grinçant, avant d'afficher un sourire narquois au coin de ses lèvres. Aber ja, das ist die Idee.
Le rire de l'Albinos le gagna alors qu'ils se mirent à rire légèrement, Prusse toujours un peu essoufflé de sa récente crise de larmes. Lorsqu'ils furent calmés, ils se regardèrent encore un instant dans le blanc des yeux, avant que l'Autrichien ne se penche encore un peu pour venir déposer un baiser sur les lèvres de son plus vieil ami/ennemi.
Un baiser tout simple, qui ne dura que quelques instants, mais qui réconforta grandement le convalescent esseulé.
_ Jetzt, schlaf, dit simplement le brun en se relevant sans le regarder, s'éloignant du lit du Prussien pour rejoindre le sien.
_ Kann ich dein Seidentuch behalten, kleine Master? ~ ricana Gilbert, ayant bien vu les rougeurs qui avaient coloré les joues de l'Autrichien.
_ Wenn das dich verschweigen lassen kann.
Avec un nouveau rire amusé, l'Albinos se tourna lourdement sur le flanc, le nez enfoui dans le foulard blanc parfumé à l'eau de Cologne que lui avait offert le brun, et observa silencieusement ce dernier se coucher dans le lit installé parallèlement au sein, un sourire aux lèvres.
_ Gute Nacht, Roderich, dit-il en fermant les yeux, laissant le doux tissu caresser la peau de son visage alors qu'il y étouffait une quinte de toux.
_ ... Gute Nacht, Gilbert.
Et dans le ton que ce dernier employa pour lui répondre, le Prussien devina aisément que ses rougeurs n'étaient pas allées en s'arrangeant.
xXx
xXx Le 16 avril 1945, Province de Postdam ( Deutsches Reich ), 21h25 xXx
Un léger frisson picota ses épaules, obligeant Ivan à nouer un peu mieux son écharpe autour de son cou. Assis bien sagement sur sa chaise, il attendait docilement que son chef ne se décide à se montrer, puisque ce dernier l'avait fait appeler.
Mais s'il pouvait se dépêcher un peu, ce serait encore mieux.
Avec un soupir las, le grand Russe se cala un peu mieux contre le dossier de son siège, croisant les jambes lentement. Il détestait vraiment lorsqu'on l'appelait pour une « réunion » et qu'on le faisait poireauter une demi-heure. Comme si son boss pensait qu'il serait en retard. Il devait savoir,à présent, qu'il était au contraire toujours en avance !
Ivan secouait légèrement la tête de droite à gauche d'un air mécontent lorsque Staline se montra enfin dans la tente. La nation soviétique ne se leva pas à l'entrée de son « petit père » - il avait beau être un dirigeant qui le rendait puissant, Joseph avait trop tendance à vouloir le soumettre à sa volonté cela le flatterait sûrement d'avoir une Nation entièrement à ses ordres, mais Ivan était comme un enfant : trop égoïste pour accepter d'être dominé si facilement. Le brun prit place en face du Russe, dans une chaise à l'autre bout d'une table, et se mit par réflexe à caresser sa moustache : [ Faut croire que c'est le tic de tous les gens qui ont une moustache. Non mais sérieux, ils le font tous ! ]
« Джозеф.
_ Иван. Я вижу, что ты вовремя.
_ И я вижу, что ты опоздал, наоборот. »
Staline eut un petit rire amusé à la réponse de sa nation, ne répondant rien mais n'ayant très clairement pas apprécié la remarque. Sans mot dire, il sortit de sa veste une boîte à cigares, et en porta un à ses lèvres pour l'allumer, après en avoir proposé un à Ivan, que ce dernier refusa poliment.
« Я думаю, вы уже знаете наверняка, но капиталисты перешли Рейн на некоторое время, commença le brun en soufflant un épais nuage de tabac.
_ Я слышал, да. Это на самом деле не удивляет меня, откровенно вам. Хотя Англия явно ослаблена, и что он один не мог пересечь реку, не получая уничтожены немецкими войсками, колония, которые сопутствуют делают намного лучше, чем старые нации, которые мать их.
_ Я вижу, что вы хорошо информированы. Но, по нашим сведениям, они припаркованы момент в промежуточной зоне между двумя ветвями реки, до пересечения ее полностью. Более того, они, кажется, есть некоторые трудности на пути прогресса в этой области.
_Они находятся в Рур, самом богатом регионе Германии. Совершенно очевидно, что Германия будет пытаться всеми средствами, чтобы предотвратить «отвоевания». С нашей стороны, мы прошли через эту необъятную страну без большого экономического интереса, который заставил нас расти быстрее, потому что меньше защищены. Тем не менее, на Западе, они имеют Америку с ними, которая имеет значительную военную мощь и значительную.
_ Просто: в Англии ржавой со временем, так как страны, которые сопровождают его молодые и сильные. Это компенсирует несмотря на топографические трудности и военные, они могут столкнуться. »
Staline s'interrompit un instant pour tapoter les cendres de son cigare dans son cendrier, indiquant ensuite d'un hochement de tête à un aide de camp où poser la bouteille de liqueur et les deux verres qu'il avait fait quérir avant son entrevue avec Ivan. Il fit remplir les contenants transparents, puis congédia sans plus tarder le « gêneur » pour continuer sa discussion tout en faisant glisser un verre vers Ivan.
« Но мы сделали слишком далеко впереди. Я почти уверен, что мы получим в первом в Берлине.
_ Это очень хорошая вещь, sourit la nation soviétique en avalant une gorgée d'alcool.
_Ах, да. Как унизительно было бы для нас, чтобы прибыть после американцев!
_ Я не могу себе представить.
_ Не думайте, потому что это не произойдет. »
Ivan leva légèrement un sourcil, sans répliquer pour autant. Il avait de plus en plus de mal à supporter son dirigeant trop arrogant. Il était une nation merde, il avait vécu au moins cent fois plus longtemps que ce misérable Géorgien qui commençait sérieusement à la ramener un peu trop à son goût. Mais bon, ce n'était pas comme s'il avait son mot à dire à ce niveau-là.
Le grand Russe prit une nouvelle gorgée de vodka, laissant la liqueur le réchauffer lentement de la tête aux pieds. Tout de même, les mois d'avril en Allemagne étaient bien plus doux que chez lui, c'était agréable... Pas de neige à perte de vue, pas de risque d'engelures, pas de tempêtes aux vents glacials. Juste une petite bise fraîche mais tiède pour quelqu'un du Grand Nord comme lui.
Non, vraiment. C'était si agréable. Il avait hâte de s'installer ici.
« Вы думали, что мы будем, как только Берлин у наших ног? Demanda innocemment Ivan, comme s'il n'en avait pas déjà une idée globale.
_ Уже мы будем охотиться гитлеровцев в городе, commença le soviétique en soufflant un épais nuage de tabac. И для этого мы оставим свободную руку к солдатам. Все лица, подозреваемые в поддержке немецкой системы будет выполняться на месте.
_ Он, возможно, придется дать им один или два направления так или иначе... tempéra le Russe avec une légère moue.
_Почему? Наши товарищи знают, что делать для себя, répliqua sèchement Staline.
_ Если вы так сказать …
_ Тогда мы должны разделить завоеванную территорию с нашими «союзниками», continua l'homme en caressant sa moustache d'un air pensif, les sourcils froncés. Но я намерен играть на нашей позиции «первым пришел», чтобы захватить лучшие ставки.
_ Конечно.
_ Когда их представители …
_ Для всех я знаю, они не были разделены, как это было в прошлом; Это означает, что подавляющее большинство их населения подвергаются режиму, expliqua le Russe posément. Тем не менее, есть, очевидно, некоторые должностные лица должны быть в физическом состоянии или - если и - плохой психологический.
_ Ли вы сделать ссылку на «Пруссия»?
_ Да. Очевидно, что мало земли, он ушел, он не представляет опасности для тех, кто, affirma Ivan en hochant légèrement la tête. Хуже всего, однако, безусловно, Германия.
_ «Германия» ... Это правда, что это, безусловно, наиболее неустойчива на сегодняшний день. Мы должны быть осторожными, когда мы помещаем на него руки. Слева недействительными несколько дней.
_ Это имеет смысл, dit le grand Russe, un large sourire mutin aux lèvres. Я позабочусь об этом лично, если он отказывается подчиниться.
_ Хорошо. »
Ivan termina son verre d'alcool cul-sec, reposant le contenant sur la table alors qu'il se levait lourdement de sa chaise.
«Если у вас нет ума, я оставлю вас на сегодня, dit-il à son dirigeant. В ближайшие дни будут иметь короткие ночи, я предпочитаю отдыхать, как у нас еще есть шанс.
_ Вы правы, fit le soviétique en hochant la tête. Участок под застройку. »
Le Russe s'inclina légèrement avant de quitter le centre directionnel de leur base éphémère. L'air frais nocturne lui fouetta le visage tandis qu'il inspirait longuement l'odeur de la tourbe humide. Tout un tas de senteurs qu'il ne connaissait pas se bousculaient à ses sens depuis qu'il était ici.
Vraiment, il avait hâte que tout cela lui appartienne.
Il regagna d'un pas lent ses quartiers, humant avec délectation les fragrances nouvelles qui assaillaient son odorat. Et lorsqu'il fut arrivé, il se retourna une dernière fois.
Pour observer les faibles lumières berlinoises briller dans la nuit, et qui semblaient trembler devant l'Armée Rouge qui les menaçait à présent ouvertement.
xXx
xXx Le 17 avril 1945, Blockhaus du Reichstag, Berlin ( Deutsches Reich ), 19h28 xXx
« Feli... »
L'Italien se mordit légèrement la lèvre en soupirant, fermant les yeux en se sentant rougir alors que le souffle tiède de Ludwig balayait les mèches auburn de son cou. Très honnêtement, il était au comble de la gêne, et souhaitait à cet instant disparaître par n'importe quel moyen.
« Lud', je... Je ne pense pas que ce soit un lieu vraiment approprié pour ça...
_ Pourquoi ?
_ On est au milieu d'un couloir... ! »
Feliciano avait un peu haussé la voix pour répondre, bafouillant légèrement. Se retrouver acculé à un Ludwig lui-même coincé dans un coin de mur, dans un couloir aux yeux de tous, parce que Monsieur Beilschmitt avait une poussée d'affection... Il voulait bien faire des efforts parce que le blond n'était pas dans son état naturel, mais quand même... ! Si quelqu'un venait à passer par là... Dio, il était sûr qu'il mourrait de honte sur l'instant.
« Et alors ?
_ Et alors ?! Dio Lud', un peu de tenue...! Si quelqu'un venait à passer, nous serions dans de beaux draps... ! »
Le grand blond ne s'embêta même pas à répondre. Il se contenta de soupirer longuement contre l'épaule de l'Italien, tout en s'arrangeant pour le serrer un peu plus fort entres ses bras. Feliciano sentit ses joues rougir de gêne, alors qu'à quelques mètres d'eux un duo de soldats allemands passaient en discutant, s'interrompant pour les regarder un long moment d'un regard à la fois surpris, gêné et empli de dégoût avant de tourner les talons pour rebrousser chemin d'un air dédaigneux.
Le brun sentit son cœur se serrer dans sa poitrine tandis qu'il se débattait plus vigoureusement encore, tentant vainement de faire lâcher prise au jeune Aryen.
« Lud'... Je t'en prie, lâche-moi...
_ Non.
_ Lu-
_ Non. »
C'était peine perdue. L'Allemand s'accrochait à lui telle une moule un rocher, et ne semblait enclin à aucune négociation. De plus... L'Italien se sentit rougir encore plus alors qu'il comprenait ce que ses sens venaient de capter.
Était-il en train de rêver, ou était-ce bien une érection naissante qu'il sentait contre sa fesse droite... ?!
Cette fois, c'était trop. Une moue mécontente sur le visage, le Vénitien serpenta pour se retourner contre le blond, et vint vivement lui pincer la joue.
« Aïe.. !
_ Ludwig Beilschmitt ! Lâche-moi de suite, ou tu ne me toucheras plus pour un moment ! »
Il crût bien que l'Aryen allait défaillir alors que son visage devenait blême. Et le voilà à présent avec sa moue d'enfant triste à laquelle le brun ne pouvait rien refuser...
« Tu ne veux plus de moi... ?
_ Lud'... Tu sais bien que ce n'est pas ce que je veux dire par là-
_ Si ! C'est exactement ce que ça veut dire ! Toi aussi tu m'abandonnes, hein ? Je savais bien que je n'aurais jamais dû accorder ma confiance à quiconque. Vous êtes tous des traîtres, tous autant que vous êtes... Je ne peux compter que sur moi-même en ce bas monde... Tout le monde veut ma perte, tout le monde veut me planter un couteau dans le dos... Mais ils ne m'auront pas. Vous ne m'aurez pas ! Jamais !
_ Lud' ! Je ne veux juste pas faire ce genre de choses dans un couloir, aux yeux de tous ! Se plaint Veneziano d'un ton désespéré, sentant son compagnon d'infortune glisser vitesse grand V dans l'une de ses crises d'anxiété paranoïaque.
_ Pourquoi ? Demanda presque naïvement le blond. Je ne vois pas en quoi cela te dérange. Moi, ça ne me dérange pas.
_ Ça me gêne ! Je ne veux pas le faire ici, répliqua l'Italien, ahuri par les idioties que pouvaient dire Ludwig dans un moment pareil. Et, ce n'est pas convenable pour quelqu'un de ton rang, Lud'... Tu... Tu ne devrais pas, être aussi proche d'un Latin tel que moi... »
Même si ses propres mots le tuaient à petit feu, il savait qu'il avait raison. Il savait pertinemment comment on les regardait, et ce depuis le début de cette fichue guerre. Il savait ce que l'on disait de Ludwig à ce sujet. Il savait ce que l'on disait de lui-même.
Et autant lui en avait déjà entendu des vertes et des pas mûres auparavant, et ce bien avant la naissance-même de Ludwig autant il ne supportait plus que l'on médise sur ce dernier. Surtout si cela pouvait lui porter préjudice aux yeux de ses dirigeants.
Il était pourtant clair que l'Allemand avait changé en peu de temps. Il semblait de plus en plus désireux de s'afficher avec l'Italien, malgré les regards en biais qu'on leur lançait. Feliciano ne pouvait prétendre qu'il n'était pas aux anges, ce serait mentir. Il était évident qu'il mourrait d'envie de fondre dans les bras de l'Aryen sans risquer... Sans rien risquer du tout. Mais il ne pouvait pas. A cause de cette fichue guerre.
Il en avait par dessus la tête de cette guerre, d'ailleurs.
Il avait envie de les envoyer au Diable, tous ces humains idiots. C'était peut-être bien l'un des conflits les plus absurdes qu'il ait vu de toute sa vie – si tant est qu'une guerre puisse être censée, sans compter bien sûr les trois quarts des conflits ayant opposés Angleterre à France – et inversement – ( ces deux-là détenaient certainement le record des guerres les plus longues menées pour les motifs les plus stupides...). Il en avait ras-le-bol des guerres tout court. Il avait envie de revenir à cette époque, où Lovino et lui vivaient en paix, sous la tutelle de Nonno Roma.
Il en venait à espérer que son dirigeant meurt. Que celui de Lud' aussi. Que tout ceux qui entretenaient cette guerre meurent également. Il voulait que Lovino réussisse à reprendre le contrôle de leur territoire, que les alliés arrivent au plus vite à Berlin, qu'ils stoppent la folie décadente du régime Nazi. Ce n'était pas bien compliqué, en somme.
Il voulait juste qu'on lui rende sa vie d'avant la guerre.
Une vie calme, sereine. Avec Ludwig, Kiku, et leurs amis. Il ne voulait plus avoir à traiter d'anciens alliés en ennemis en l'espace de quelques années et pour des manipulations diplomatiques foireuses. Il ne voulait plus voir un pays qu'il considérait comme son grand-frère à penser et celui dont il était sous le charme croiser le fer à tout bout de champs pour des raisons plus imbéciles les unes que les autres et entraîner leurs amis dans leurs manœuvres. Il ne voulait plus voir les humains se saigner comme des bêtes sauvages. Tout cela le faisait vomir.
Il vomissait cette guerre. Et tout le malheur qu'elle avait engendré. Il n'avait qu'une hâte : qu'elle se finisse une bonne fois pour toute.
Il espérait seulement que les alliés seraient plus indulgents avec eux que le régime Nazi ne l'était avec les « dégénérés »... Avec un serrement au cœur, l'Italien observa son compagnon perde quelques couleurs avant de le repousser brusquement, comme s'il se rendait compte de « l'horreur » qu'il était en train de commettre.
« Tu... Tu as raison. Je ne devrais pas, dit enfin le blond, la mâchoire crispée.
_ Hm... acquiesça à contre cœur Feliciano.
_ J'ai des choses à faire. Ne m'attends pas ce soir, je dîne avec le Führer. »
L'Allemand n'attendit même pas une quelconque réponse de son homologue latin, et s'en alla sans se retourner. Ce dernier ne tenta pas de le retenir, puisqu'il était celui qui avait insisté pour qu'il le lâche. Mais cela ne l'empêcha pas de se laisser glisser au sol, recroquevillé sur lui-même dans ce coin de mur isolé, le visage enfoui dans ses genoux.
Les yeux ruisselants de larmes, il laissa libre court à sa tristesse, se mettant à frapper comme un forcené le mur à grands coups de poings, s'écorchant la peau dans sa manœuvre jusqu'à ce que ces phalanges ne soient plus qu'un amas d'écorchures sanglantes. La douleur alliée à son cœur en miettes doubla l'intensité de ses pleurs, alors que ses doigts meurtris se perdaient dans sa tignasse auburn.
Cette maudite folie commençait à l'atteindre aussi... Même lui... Même lui, à cet instant, avait une horrible envie de tuer quelqu'un. N'était-ce pas le meilleur moyen de décharger sa frustration et ses peines, après tout ? Et puis, ce n'était pas comme si cela ferait une grande différence un humain de plus ou de moins... Il n'avait qu'à s'éclipser en douce, sortir dans la capitale, et se défouler sur la première victime idéale qu'il trouverait.
Un haut-le-cœur le prit alors qu'il réalisait le sens de ses propres pensées, et Feliciano se mordit la main de toutes ses forces pour se reconcentrer. Non. Non, non, non. Qu'est-ce qu'il venait d'imaginer...?! Il ne pouvait pas faire ça, non. Il devait garder le contrôle. Ne pas se laisser emporter par ces pensées morbides.
Il ne savait que trop bien ce que cela donnait lorsque ces funestes intentions prenaient le pas sur la volonté propre d'une Nation, pour l'avoir vu de ses yeux...
Atterré, le jeune Italien ne put que se recroqueviller un peu plus sur lui-même en se retenant de hurler sa douleur, sanglotant simplement le plus silencieusement possible, esseulé dans ce couloir sombre et humide du blockhaus berlinois qui lui rappelait chaque matin à quel point ils étaient faits comme des rats.
A quel point aucune issue en leur faveur ne leur était possible au terme de cette guerre.
Lexique :
→ Verdomde : du même genre que gottverdammt donc... Putain de Dieu ? ( néerlandais )
→ Dio ! : Bon Dieu ! ( italien )
→ Nonno Roma : Papy Rome ( italien )
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Traductions :
¤ Part 1 :
_ Je vais crever, il fait trop froid ici !
_ T'es trop bruyant, Kyle ! On fait comment s'il y a des troupes allemandes dans le coin ?
_ T'as vu le nombre de soldats qu'on a ? Y'a pas moyen ! En ce moment, ils se cachent sûrement quelque part, la queue entre les jambes !
_ Mec, c'est méchant ça.
_ Ils arrivent quand !
_ Je suis sûr qu'ils seront là très vite. Sois un gentil garçon et attend bien sagement.
_ Me parle pas comme ça, j'suis plus un gosse.
_ Ouais, mais t'agis comme un môme pourri gâté.
_ Wow, espèce de méchant ! J'vais l'dire à Angleterre !
_ Ouais ouais, si tu veux.
_ Kyle, donne moi ta lampe torche.
_ Okay. Tape au cul, elle est fatiguée aujourd'hui.
_ 'Fais chier.
_ C'est bon, on peut y aller.
_ J'ai cru qu'ils n'arriveraient jamais !
_ Trop méchant !
_ Ta gueule ou je te frappe entre les jambes et ça fera hyper mal.
¤ Part 2 :
_ Jeune Maître... Tu peux me passer le téléphone s'il-te-plaît ?
_ Tiens.
_ Merci.
_ De rien.
_ Beilschmitt à l'appareil. Arrêtez la mission discutez pas. Arrêtez la mission, et repliez-vous en direction de Berlin. Oui, oui. Je veux que vous ayez déblayé le plancher d'ici demain. Pigé ? Vous le laissez, tant pis. Bien. Heil Hitler.
_ Parle, tu te fais du mal pour rien.
_ J'ai rien à dire.
_ Ne me mens pas, je vais te frapper, et tu sais que je le ferais.
_ Oh, vraiment ?
_ Veux-tu parier ?
_ Prusse... Tu pleures...
_ Hey, Gilbert... Ça ne va pas ? Tu as mal quelque part ? Attends, je vais chercher quelques anti-douleurs au rez-de-chaussée.
_ Non !
_ Non ! Ne pars pas ! Ne me laisse pas tout seul... Je veux pas être seul...!
_ Gilbert... Qu'est-ce qui ne va pas ? Ce n'est pas dans ton habitude de pleurer comme ça... Tu peux me parler, à moi. Non ?
_ Je peux comprendre que tu ne veuilles pas inquiéter Italie ou Allemagne. Mais je pense être au-dessus de tout ce que tu peux me dire. N'est-ce pas ?
_ C-c'est juste... C'est juste... Je sais que... Que je vais mourir. C'est un fait, et je l-le sens. J'ai mal partout, m-mon corps tout entier me fait... me fait souffrir... J'ai qu'une envie, c'est qu-qu'on m'achève, m-mais c'est pa-as possible...
_ Tu dors.
_ Pourquoi tu lui as menti...?
_ Tu aurais préféré que je lui dise que tu es mourant ?
_ Écoute-moi attentivement, parce que je ne me répéterai pas. Tu ne vas pas mourir. Pas maintenant. Et quand bien même, le jour où ça sera ton tour de mourir, je serais là, avec toi, comme aujourd'hui. Tu ne seras pas seul. Compris ?
_ Tu vas me faire chier jusqu'à ma mort, c'est ça ?
_ Je suis très sérieux, imbécile. Mais oui, c'est l'idée.
_ Maintenant, dors.
_ Je peux garder ton foulard, Petit Maître ?
_ Si ça peut te faire taire.
_ Bonne nuit Roderich.
_ Bonne nuit Gilbert.
¤ Part 3 :
_ Joseph.
_ Ivan. Je vois que tu es à l'heure.
_ Et je vois que tu es en retard, au contraire.
_ Je pense que tu le sais déjà sûrement, mais les capitalistes ont franchi le Rhin depuis un moment.
_ J'en ai eu vent oui. Cela ne m'étonne pas vraiment, pour tout te dire. Même si Angleterre est très clairement affaibli et que seul il n'aurait jamais pu franchir le fleuve sans se faire décimer par les forces allemandes, les colonies qui l'accompagnent se portent bien mieux que la vieille nation qui les materne.
_ Je vois que tu es bien renseigné. Mais d'après nos renseignements ils se sont stationné un moment dans une zone intermédiaire, entre deux bras du fleuve, avant de le franchir entièrement. De plus, ils semblent avoir quelques difficultés à à progresser dans cette zone.
_ Ils sont dans la Ruhr, la région la plus riche du territoire allemand. Il est évident qu'Allemagne va tenter par tous les moyens d'en empêcher la « reconquête ». De notre côté, nous n'avons traversé que de vastes campagnes sans grand intérêt économique, ce qui nous a fait progresser plus vite puisque bien moins défendues. Cependant, à l'Ouest, ils ont Amérique avec eux, qui est doté d'une puissance militaire considérable et non négligeable.
_ Tout juste : autant l'Angleterre a rouillé avec le temps, autant les nations qui l'accompagnent sont jeunes et vigoureuses. Cela compense malgré les difficultés topographiques et militaires qu'ils peuvent rencontrer.
_ Mais nous avons pris trop d'avance sur eux. Je suis presque certain que nous entrerons en premiers à Berlin.
_ C'est une très bonne chose.
_ Oh que oui. Quelle humiliation cela aurait été pour nous d'arriver après les Américains !
_ Je n'ose imaginer.
_ Ne l'imagine pas, car cela n'arrivera pas.
_ Tu as pensé à ce que nous ferons, une fois Berlin à nos pieds ?
_ Déjà, nous mettrons la ville à sac. Et pour cela, nous laisserons carte blanche aux soldats. Toutes personnes suspectées de soutenir le régime allemand sera exécutée sur-le-champ.
_ Il faudra peut-être leur donner une ou deux instructions tout de même...
_ Pourquoi faire ? Nos Camarades sauront quoi faire d'eux-même.
_ Si tu le dis...
_ Ensuite, nous nous devrons de partager le territoire conquis avec nos « alliés », continua l'homme en caressant sa moustache d'un air pensif, les sourcils froncés. Mais je compte bien jouer sur notre position de « premiers arrivés » pour rafler les plus belles mises.
_ Évidemment.
_ Quand à leurs représentants...
_ Pour ce que j'en sais, ils ne se sont pas divisés, comme cela a déjà été le cas par le passé ce qui signifie que la grande majorité de leurs populations se sont soumises au régime en place. Cependant, il est évidemment que certains des représentants en question doivent être dans un état physique ou – voire et – psychologique déplorable.
_ Fais-tu référence à « Prusse » ?
_ Oui. Il est évident qu'avec le peu de terres qu'il lui reste, il n'est plus un danger pour personne. Le pire d'entre tous est cependant sûrement Allemagne.
_ « Allemagne »... Il est vrai qu'il est certainement le plus instable à ce jour. Il faudra être prudents lorsque nous lui mettrons la main dessus. Quitte à l'invalider plusieurs jours durant.
_ Cela tombe sous le sens. Je m'en chargerai personnellement s'il refuse d'obtempérer.
_ Bien.
_ Si tu n'y vois pas d'inconvénient, je vais te laisser pour ce soir. Les jours à venir auront de courtes nuits, je préfère me reposer tant que nous en avons encore l'occasion.
_ Tu as bien raison. Permission accordée.
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→ Alors pour le coup je fais confiance à Niniel et aux cours d'histoire dispensés en Belgique, et qui stipulent que la grande majorité des troupes ayant libéré la Belgique et les Pays-Bas étaient composées de britanniques et de Canadiens. Voilà, personnellement je n'en sais rien – enfin, je me doute que c'est un peu logique mais vu que ce n'est pas du ressort de ce que l'on nous apprend en France... ET QU'EN PLUS ON FAIT PAS CA EN HISTOIRE CONTEMPORAINE A LA FAC /pan/ ok j'arrête de vous faire chier avec ça.
→ La province de Postdam est juste aux portes de Berlin. Autant dire qu'évidemment, Russie a gagné la course, et c'est pour cela qu'il se permet de se la couler douce avant de lancer l'assaut final sur la capitale allemande.
Booooooooooon. Que dire sur ce chapitre... Il a mis du temps à sortir, celui-là. Vindiou ! J'arrivais pas à l'écrire !
Avec la FAC et les partiels de janvier qui m'ont très clairement foutu une claque dans la figure, très honnêtement, j'ai pas le temps d'écrire. Ça m'énerve, mais je n'y peux rien. Et puis... Ouais, ce chapitre ne m'inspirait pas, mais alors pas DU TOUT. On peut même dire qu'il m'a saoûlé. Je me suis forcé à l'écrire parce qu'il est nécessaire à la suite, mais franchement si j'avais pu je m'en serais passé. MAIS MAINTENANT C'EST FINI. Et on attaque la dernière ligne droite ! :D
… Vous allez tellement souffrir pour les trois chapitres restants avant l'épilogue.
Allemagne est vraiment en train de sombrer... C'est marrant, parce que je suis assez partagé quand à son écriture. Je suis à la fois hyper excité d'écrire ses parties et de décrire sa lente décadence – honnêtement, je trouve que c'est l'aspect le plus réussi de cette fic, mais même moi j'arrive à me faire flipper avec ces parties. En mode « Merde, il devient vraiment monstrueux... ». Mais je kiffe en ême temps. BREF je suis une personne très compliquée.
Je vous préviens immédiatement : le chapitre 13 sera le pire de tous. Il sera vraiment dérangeant. Dans tous les sens du terme. Je pense pouvoir dire qu'à côté les épisodes d'Oradour et d'Auschwitz, dans DFVD j'entends bien, c'est rien. C'est LE chapitre. Vous allez aller de révélation en révélation là ! Et je vais recevoir de ces menaces de mort après XD
Le seul indice sur DFVD13 que je vous donnerai, c'est celui-ci : Théon Greyjoy. VOILA VOILA. Je vous laisse imaginer quelques théories avec les éléments que vous sélectionnerez par rapport à l'indice, fans de Game of Thrones x) ( là, je sais que vous vous sentez mal maintenant, si vous avez pigé la référence. Muaha~ )
BREF. J'espère que ce chapitre vous aura plu, n'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours plaisir !
Ciao~
