Salut les gens! Comment va? :)

Bon je voulais attendre vos idées au sujet des personnages de la confession précédente, mais puisque rien n'est venu, je poste ce chapitre quand même! :)
Au programme aujourd'hui : moments de réflexion de la part de notre Serpentarde favorite! ;)

ATTENTION AMES SENSIBLES : je sous-entends pas mal de choses dans cet OS (tentative de viol, crises d'angoisse, violence...), si vous ne vous sentez pas capable de lire cela arrêtez-vous à "On s'inquiète pour toi".

J'espère que vous apprécierez! :)


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- Pansy? Je peux entrer?

La voix de son ami la fit sursauter. Elle était de nouveau plongée dans ses pensées, constata Drago Malfoy. Il se félicita intérieurement de l'avoir ramenée au Manoir Malfoy : elle n'allait vraiment pas bien, depuis la Guerre.

Elle avait toujours été une enfant pourrie gâtée - lui aussi, après tout. Et la plupart des gens ne voyaient que ça : les sales gosses de Sang-Pur. Mais il y avait tellement plus derrière ces masques froids et arrogants qu'ils s'étaient construits au fil des années. Il y avait la peur de décevoir leurs familles. La peur du regard des autres. La confiance en leurs parents, qui leur avaient tout appris - y compris l'idéologie funeste du Mage Noir. Cette confiance brisée au retour du Seigneur des Ténèbres, quand ils avaient réalisé à quel point ce monstre était fou. Après la Chute, il y avait eu la haine, le mépris, les difficultés juridiques et financières, pour toutes les familles de Mangemorts. Les Parkinson et les Malfoy étaient du nombre, évidemment. Pansy avait très mal vécu toutes ces horreurs et Drago le sentait bien, elle était sur le point de craquer. Et il ne savait pas comment l'aider.

Il la regarda. Elle était assise à son bureau, habillée d'un tailleur strict. Ses cheveux, coupés en un carré plongeant, encadraient son visage dur. Elle était impeccablement maquillée, jusqu'au bout de ses ongles vernis de noir. Elle tenait son ustensile moldu pour écrire - Drago oubliait sans cesse le nom de cette chose - et son petit carnet était posé face à elle. Il remarqua cependant qu'elle n'avait pas écrit un mot.

- Tu es déjà à l'intérieur, tête de Doxy. Puis, c'est ton Manoir.

Il eut un petit sourire à l'entente de ce surnom. Mais bien vite son visage redevint sérieux. Il sentait que le coeur de la jeune fille n'y était pas. Il tourna les yeux vers le petit carnet.

- Je ne comprends pas pourquoi tu fais ça.

Pansy eut l'air de comprendre et son visage se renfrogna un peu.

- Je ne m'attends pas à ce que tu comprennes, juste à ce que tu aies assez de cervelle que pour me laisser faire ça tranquille, Malfoy.

Cette fois l'humour était beaucoup moins présent.

- Ce que je veux dire, tenta le blond, c'est que ça te replonge à cette époque! Tu revis le passé au lieu de le laisser s'échapper, et nous on te voit sombrer de plus en plus, et... On s'inquiète, Pansy. On s'inquiète pour toi, termina-t-il en soupirant.

Pansy se sentait bouillir intérieurement. Il ne comprenait pas qu'elle avait besoin de ça? Qu'elle avait besoin de prendre la mesure de toute la destruction qu'elle avait indirectement causée, en adhérant à cette idéologie élitiste et stupide? Qu'elle se sentait responsable et que la culpabilité la rongeait jour après jour, et surtout nuit après nuit? Il fallait qu'elle fasse quelque chose, elle ne pouvait pas encaisser le choc sans broncher ou presque comme Drago ou Théo le faisaient. C'est du moins la conclusion à laquelle elle était arrivée après un énième nuit où elle s'était réveillée en hurlant de terreur, la sueur faisant coller les draps à sa peau.

Alors elle s'était plongée dans le travail. Psychomage et psychologue, elle avait mené son double cursus en parallèle, un pied dans le monde moldu et l'autre chez les sorciers. Mais cela n'avait pas suffi.

Elle s'était remise au sport - Merlin sait qu'elle n'en avait pas besoin, mince et svelte comme elle était - afin d'évacuer la pression, espérant se fatiguer suffisamment pour arriver à dormir une nuit complète. Mais ça n'avait pas suffi.

Elle avait tenté l'alcool et les cigarettes moldues, mais Drago et Théo l'avaient forcée à arrêter après qu'elle ait failli y passer plusieurs fois (quasi-comas éthyliques, ivresse sur la voie publique, et même cette fois où un sale porc avait tenté de la déshabiller derrière le bar - elle en frissonnait de dégoût en y repensant). Bien évidemment, en plus d'être dangereux, cela n'avait pas suffi.

Elle avait tout essayé, désespérément : magie blanche, magie grise, "magies" moldues : hypnose, vaudou, elle avait passé des heures à confectionner des attrape-rêves, à méditer, à prier, même, elle qui n'avait plus mis les pieds dans un lieu sacré depuis son enfance. Et rien. Pas la moindre amélioration.

Alors elle s'était enragée, elle avait hurlé, frappé, jeté des sorts et des maléfices à tout ce qui bougeait et même à ce qui ne bougeait pas. Elle finissait à chaque fois recroquevillée sous son bureau, tremblante et en pleurs.

Ecrire était la seule chose qui lui permettait de se vider l'esprit de ses démons. Pas de les exorciser, non, elle doutait que cela soit possible. Mais au moins de les apaiser pour quelques heures. Elle avait écrit sur elle, sur sa vie qui s'effondrait. Puis sur ses rêves brisés. Elle avait réfléchi sur tout ce statut du sang - certes, les Sang-Purs étaient de meilleurs sorciers, et il fallait les protéger. Mais ça ne valait pas une guerre. Puis qu'est-ce qu'elle en avait à faire, si les Weasley décidaient de copuler avec n'importe qui? Si une Black décidait d'épouser un né-moldu? Si il y avait des sang-mêlés à l'école? Rien. Elle n'en avait rien à faire, en soi. Pas la peine d'en faire tout un plat. Voldemort en avait fait une guerre. Tout ça pour qu'on découvre au final qu'il était lui-même né-moldu... Ca valait bien la peine, tiens. Si les conséquences n'en avait pas été aussi terribles, elle aurait ri tellement c'était minable et désopilant. Elle en avait conclu ce qu'il fallait à son propos : elle avait réalisé quelle enfant atroce, quelle adolescente détestable elle avait été. A quel point elle avait été lâche, et cruelle, et globalement minable. Ca lui avait fait mal, reconnaître ses torts - elle avait déchiré son orgueil en morceaux. Maintenant elle se sentait nue. Complètement vide, aussi. Et elle ne savait pas si elle pourrait un jour se reconstruire.

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Ca y était, elle était repartie. Drago soupira à nouveau en voyant le regard vague de son amie. Son état l'inquiétait sincèrement. Elle avait traversé des passes difficiles, et à présent elle alternait crises de colère, crises de panique (bien sûr qu'il était au courant de ses peurs nocturnes! Il ne l'avait pas installée dans la chambre à côté de la sienne pour rien. Mais il savait aussi que s'il essayait de la réconforter, elle paniquait encore plus, Merlin seul savait pourquoi) et absences prolongées, comme à l'instant. Le blond priait pour qu'une solution se présente, et vite : il n'était pas sûre que Pansy reste saine d'esprit encore longtemps...

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A ce moment, un hibou frappa à la fenêtre.


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Et voilàààà! Qu'en avez-vous pensé? Est-ce que le développement de caractère de Pansy vous semble réaliste? De qui vient le hibou, à votre avis?

A très bientôt mes p'tites citrouilles! :)

Trixy