Hey hey ! Je suis de retour, pour vous jouer un mauvais tour mouahahaha ! Non en fait c'est pas vrai, je vous donne juste le chapitre 4.
Je voulais dire un super grand merci à toutes celles (et ceux ? moi en tout cas ça m'étonnerait, mais si il y a des garçons ici, tant mieux !) qui me lisent et me laissent des reviews. Je n'ai pas eu le temps de répondre aux dernières reviews, et pas les moyens surtout (faute d'ordinateur…), donc bah voilà… Donc, merci à tous ceux qui m'ont reviewé, vous êtes les meilleur(e)s ! Je ne ferais rien sans vous, JE VOUS AIME ! Ehm, bref, passons.
Disclaimer : Kuroko no Nasket appartient toujours à Tadatoshi Fujimaki, et pas à moi, snif.
Chapitre 4 (troisième jour)
Samedi 6 février
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Kasamatsu Yukio ouvrit doucement les yeux. La lumière qui filtrait à travers les stores était douce…
Il se retourna dans son lit, et tomba nez-à-nez face à un Kise endormi. Un sourire tendre étira ses lèvres. Kise…
Le blond était venu le retrouver, hier soir, après la fin des cours. Apparemment, il avait couru, puisqu'il était légèrement essoufflé et avait les joues un peu plus roses que de coutume. Yukio lui avait porté un regard interrogateur, et Kise avait détourné le regard, légèrement… gêné. Le capitaine de Kaijo s'était demandé ce que la gêne venait faire sur le visage de Kise, jusqu'à ce que le mannequin lui demande, les joues de plus en plus rouges :
« Kasamatsu-sempai, je dois te parler ! … s'il te plait. »
Le brun s'était alors douté que la conversation serait une sorte d'explication par rapport à leur dispute de l'autre jour. Il s'était senti légèrement coupable, il s'était énervé un peu trop fort par rapport à ce qu'il reprochait à Kise. S'il y avait bien quelque chose à reprocher.
Kise l'avait trainé dans un coin désert, et, plantant son regard dans le sien , s'était écrié :
« Je… Je suis vraiment désolé pour l'autre jour ! Je ne savais pas que tu voulais jouer contre moi, et en fait, je suis allé jouer contre Aomine-chi, parce que je tenais à m'entrainer quand même… et donc… Vraiment désolé…
Kasamatsu était un peu étonné. Il était content d'avoir des explications, mais pourquoi Kise s'excusait-il à ce point ? Peut-être… Peut-être qu'il avait d'autres choses à se reprocher ? Non, ça ne collait pas au personnage… Alors quoi ?
-C'est pas grave… répondit Kasamatsu, détournant le regard à son tour. Tu es allé jouer contre Aomine alors ?
-En fait, j'ai même pas pu l'affronter, soupira Kise, en reprenant ses airs enfantins habituels. Il était parti avec Kagami-chi. A la place, j'ai affronté la maître de Kagami.
-Ah ? et alors ?
-J'ai perdu… annonça Kise. Complètement perdu.
-Toi, perdu ?
-Bah tu sais, c'est pas la première fois… Depuis que je suis au lycée, j'ai l'impression de passer mon temps à perdre…
Kise avait pris un air désolé et légèrement triste. Il avait baissé la tête.
Le blond avait senti une main douce se poser sur la sienne. Il avait senti son cœur rater un battement. Finalement, peut-être qu'Aomine-chi avait vu juste…
-On a donné tout ce qu'on avait, alors il n'y a aucun regret à avoir, souffla Kasamatsu.
Kise avait hoché la tête.
La main de son capitaine était toujours posée sur la sienne. Son propre cœur battait à tout rompre. Oui, Aomine-chi avait sûrement raison… Et lui, il savait ce qu'il voulait, maintenant.
Brusquement, il avait relevé les yeux et s'était jeté au cou de son aîné.
«-O-oï, Kise, qu'est-ce que…
Celui-ci avait enfoui la tête dans sa nuque.
Zut, maintenant, Kasamatsu réalisa que de loin, il devait ressembler à une tomate, tant la couleur de ses joues devait s'en approcher… Pourquoi se sentait-il comme ça ? Pourquoi son cœur lui faisait-il mal, pourquoi son ventre, sa poitrine étaient serrés à ce point ?
-Kasamatsu-sempai…
Celui-ci avait senti tout son corps se raidir jusqu'à concurrencer les plus solides statues de pierres.
-Je t'aime.
Son cœur avait explosé, sa gorge s'était bloquée, ses joues déjà rouges l'étaient devenues encore plus, il se sentait… tellement… étrange, bien, électrifié, mal, nauséeux, heureux…
Il avait repoussé lentement les épaules de son as.
-Kise… Tu es sérieux ?
Le blond avait hoché timidement la tête de haut en bas. Lui aussi avait l'air d'une belle tomate.
Kasamatsu, sans être sûr de bien comprendre ce qu'il faisait et en même temps plus vivant que jamais, avait relevé lentement le menton de Kise et avait posé ses lèvres sur les siennes.
-Moi aussi, je t'aime, Kise…
Le reste, Kasamatsu préférait ne pas y penser. En tout cas, ils s'étaient retrouvés chez Kise, et avaient dormi ensemble… Enfin, dormi. Si on voulait. Mais Kasamatsu ne préférait pas y penser, il avait eu son lot de rougissement pour le siècle à venir. Au moins.
Il se leva le plus discrètement, pour ne pas réveiller Kise. Le blond devait être fatigué… Surtout après ce qui s'était passé hier soir… Et merde, voilà que le souvenir qu'il ne tenait pas à revivre, bien que ça ait été excitant, le hantait… Il se sentit rougir. Encore. Et zut… On n'en finira donc jamais ? Soupira-t-il.
Mais il n'était pas le plus à plaindre. Non. Définitivement, non. Il espérait seulement que Kise arriverait à s'assoir…
Kuroko avait les yeux fixés sur l'écran de son téléphone.
De : Kagami A : 10h51
Désolé, Kuroko… Je suis vraiment malade, j'arrive même pas à bouger, je vais pas pouvoir jouer le match aujourd'hui. Tu peux prévenir la coach et l'équipe ?
Kuroko rangea son téléphone, quelque peu crispé. Ça ne ressemblait pas à Kagami d'avouer qu'il était trop faible pour jouer… Surtout quand on savait contre qui ils devaient jouer ! Bon sang, pourquoi Kagami devait s'absenter pendant un match, même s'il était amical, contre Touhou ? Ils n'avaient aucune chance !
Enfin bon… Kuroko soupira. En fait, le sentiment principal qui l'habitait n'était bizarrement pas la rancœur envers Kagami. Il s'inquiétait plutôt pour sa propre peau, quand il devrait annoncer la nouvelle à Riko Aida, leur terrifiante coach. Pour lui, et pour Kagami à son retour. Riko allait le tuer, et peut-être même pire…
Au même moment, au lycée Touhou, une grande agitation régnait. Principalement causée par un basketteur enragé.
« QUOI ? Cet abruti ne joue pas ? Et pour quelle raison encore ?! hurla Wakamatsu.
-Et bien… commença Satsuki Momoi, embarrassée. Il m'a dit qu'il avait quelque chose de plus important à faire…
-Cet enfoiré… Je vais le tuer ! »
Wakamatsu en avait vraiment marre de ce connard qui se permettait de sécher un match comme ça. Pour qui se prenait-il ? Et puis, ce n'était pas comme si leurs adversaires d'aujourd'hui étaient faibles ! Ce con ne pouvait pas avoir oublié qu'ils jouaient contre Seirin, si ? Raaahhhh…. Il en avait marre… Si ce bâtard d'Aomine avait été là, Wakamatsu n'aurait pas pu retenir ses pulsions meurtrières.
Un jour, il le tuerait.
Kagami ouvrit les yeux. Pour la quatrième fois de la journée. La lumière lui fit mal. Il aurait dû s'en douter, puisque c'était la quatrième fois. Pour la quatrième fois de la journée, il essuya son front trempé de sueur et essaya de se lever. Et pour la quatrième fois de la journée, il s'écrasa lamentablement au sol, la vision trouble et le corps endolori.
Comme les trois fois précédentes, Aomine déboula dans sa chambre et le redressa avant de le remettre sur son lit. Kagami sut ce qui allait suivre…
« Kagami, arrête de te lever comme ça, tu…
-Je suis malade, je sais, et je risquerais de me faire mal, c'est bon, je connais la musique… grogna-t-il. »
Depuis ce matin, Kagami était malade. Pas juste un peu malade, non. Malade pour de vrai. Mal de tête, courbatures, vertiges, gorge sèche, fièvre à 39,8 degrés…
En plus, Kagami ne pouvait même pas accuser Aomine de sa maladie, bien qu'indirectement, ça soit le cas.
En effet, la veille au soir, Kagami, à la suite de son cauchemar dû au film d'horreur qu'Aomine lui avait fait regarder de force (mauvaise foi ? Où ça ?), s'était réfugié sous la douche, qui avait eu le malheur d'être froide. Et il s'était endormi dedans.
Le roux ne s'était réveillé que quelques heures après, fiévreux, et le cerveau en compote. Tant bien que mal, il s'était traîné jusqu'à son lit et s'était rendormi. Et s'était réveillé, encore plus mal qu'il ne s'était endormi. Malade. Et on en revenait à notre situation.
Mais quelque chose énervait profondément Kagami…
« Aho-mine, pourquoi tu ne vas pas jouer ?
-Parce que t'es malade, crétin, c'est pas logique ?
-Mais vous jouez contre nous ! Si t'es pas là, Seirin va vous rétamer !
-Tu prends Touhou pour qui ? Ils tiendront largement tête aux autres…
-Mais-
-Et puis si je joue et que t'es pas là, c'est Touhou qui va vous écraser. Un match à sens unique, ce n'est amusant pour personne. »
Kagami ne trouva rien à redire, même s'il aurait vraiment aimé répondre à Aomine qu'il se trompait. Parce qu'il était conscient que cet abruti aux cheveux bleus avait raison.
« Putain ça me saoule ! s'écria le malade avant de s'étrangler avec une quinte de toux.
-Arrête de crier, tu vas finir par crever.
-C'est pas toi qui est malade alors qu'on aurait dû jouer cont-
Le roux s'arrêta à nouveau à cause de sa toux qui repartit de plus belle.
-Et voilà… Arrête ou je vais devoir te faire du bouche-à-bouche.
-Quoi ? T'as pas intérêt, Aomine, enf-
Et Kagami fut recoupé par sa gorge en feu. Il allait certainement se transformer en dragon si ça continuait…
Mais sa toux, principale tortionnaire du pauvre Kagami qui n'avait rien demandé, lui, trouva un adversaire encore plus fort qu'elle. Elle dut s'incliner, se stopper net, face à l'évènement qui suivit. En même temps que sa respiration, la circulation de ses neurones dans son cerveau.
La bouche d'Aomine effectuait une douce pression sur ses lèvres. Pas sauvage et inquisitrice comme hier. Non, vraiment douce. Toujours doucement, les lèvres du bleuté s'entrouvrirent, pour insuffler de l'air dans sa bouche. Pendant une seconde, Kagami en perdit ses moyens. C'était tellement doux… Mais la réalité de la situation finit par monter jusqu'au seuil de sa compréhension. Avec le peu de force qui lui restait, il repoussa Aomine avec son bras.
-A-Ahomine ! Je… Arrête ça !
Kagami s'essuya la bouche, le regard fuyant. Aomine le regarda d'un air désolé avant de remarquer une chose…
-Oï, Kagami, tes joues sont rouges.
-Que… Hein ?
-Tes joues sont rouges, s'amusa Aomine. Alors comme ça, je te fais quand même un peu d'effet ?
Tout en disant ces mots, il se rapprochait dangereusement de Kagami, qui eut soudain l'impression d'être un lapin devant une panthère…
-C'est la fièvre ! Articula-t-il avec le peu de force qui lui restait en repoussant de nouveau l'abruti forceur aux cheveux bleus.
-Hm ? La fièvre, t'es sûr ?
-O-oui ! idiot…
La voix de Kagami s'était faite de plus en plus faible. Aomine se dit que le temps du jeu était fini. Il n'était pas le genre de mec qui profitait de la faiblesse des autres pour abuser d'eux. Même dans des situations aussi tentantes que celle qu'il vivait. Il s'éloigna doucement de Kagami, pour se diriger vers la porte de la chambre.
-C'est bon, je te laisse. Repose-toi. Et au moindre souci, tu m'appelle, OK, Kagami ?
-pas moyen que je t'ap-
-Kagami.
Aomine semblait vraiment sérieux. Se disant qu'il n'était plus un gamin qui ne voulait pas admettre ses faiblesses, il décida de répondre :
-C'est bon… D'accord, je t'appellerai.
Aomine poussa un soupir de contentement.
-Dors bien, princesse.
-Comment tu m'as appelé ?
Mais Aomine avait déjà fermé la porte. Le bâtard… Mais Kagami était à bout de force, il se sentit à nouveau sombrer dans le sommeil.
Sa dernière sensation fut la chaleur sur ses joues qui lui rappelait qu'elles étaient rouges.
C'était la fièvre… N'est-ce pas ?
Kagami fut réveillé par un terrible bruit. Comme si le quartier était en train de s'effondrer. Bon sang, qu'est-ce qui se passait ? Un tremblement de terre ? Un attentat ? Les pensées encore embrumées, il essaya de démêler les informations sonores qui venaient à lui. Et l'odeur aussi. Des bruits d'entrechoquement métallique, une sensation de brûlé… Un incendie ?
Kagami se leva brusquement, et sans tenir compte de sa tête qui tournait, fonça (si on pouvait appeler foncer, déraper, tomber, se rattraper de justesse au mur, faire quelques pas douloureux foncer) vers la porte de sa chambre. Il se précipita (toujours avec un équilibre douteux) vers le bout de son couloir, en espérant découvrir une catastrophe moindre (si tant est qu'une catastrophe pouvait être moindre).
Ce qu'il découvrit lui coupa le souffle.
Aomine, la main sous l'eau froide coulant du robinet, avait le visage crispé en une expression de douleur, et marmonnait des jurons entre ses dents. Kagami remarqua que ses doigts étaient bandés, qu'il était enduit de substances non identifiées, qu'une brulure traversait son bras. Le roux remarqua également le riz cramé dans une casserole, la poêle où un malheureux steak était recouvert sous une montagne d'épices. Le sol était recouvert d'eau et de riz, plusieurs ustensiles de cuisine s'étalaient un peu partout par terre, et son plan de travail était noirci, carbonisé. Plusieurs traces de sang, sûrement celui d'Aomine, coulaient, le long des couteaux et planches à découper. Un vrai champ de bataille sanglant.
« A…o… Aomine, qu'est-ce que…
Le jeune homme sembla se rendre compte de sa présence. Il ouvrit de grands yeux étonnés, avant de détourner le regard, gêné.
-Il est bientôt midi, alors je voulais te préparer un truc à manger… Comment tu fais pour cuisiner aussi bien ? C'est trop galère, c'est pas ma faute si…
-Comment… Comment t'as fait pour faire ça juste pour préparer du riz et un steak ?
En effet, c'était un miracle, même s'il n'était vraiment bénéfique à personne.
-C'est le couteau ! Il faisait n'importe quoi ! Et le sel, il coulait tout seul ! Et le riz, ce traître m'a pris par surprise pendant que je…
-Et le désordre par terre ? soupira Kagami, exaspéré.
-Ben euh… Je me suis brûlé alors j'ai tout bousculé… Et j'avais mis le feu au riz alors j'ai voulu éteindre avec de l'eau… Mais c'est la faute de la casserole !
-Aomine, t'es vraiment… Kagami tilta soudain. Il se montrait exaspéré et presque amusé, mais… Mais c'est pas possible ! Tu te rends compte du bazar que t'as foutu ? Hein ? Comment je vais faire pour remettre tout ça en ordre ? Ahomine !
-C'est pas ma faute, Bakagami ! Et j'ai fait ça pour toi en plus, alors-
-Mais t'as tué ma casserole, c'est pas sa faute, elle va plus rien pouvoir cuire maintenant ! Et la cuisine carbonisée ? Tu t'imagines que je peux tout remettre en ordre avec un coup de baguette ma-
Kagami dut s'interrompre, coupé par une violente toux, qui lui donna les larmes aux yeux. Soudain, sa vue se troubla et il se sentit perdre l'équilibre.
Les deux bras d'Aomine le rattrapèrent de justesse. Kagami reprit sa respiration, et essuya les larmes qui perlaient à ses yeux.
-Kagami, t'aurais pas dû te lever…
-La ferme, répondit-il avec toute l'énergie qui lui restait, c'est-à-dire vraiment, mais alors vraiment pas beaucoup. Et, Ahomine…
-Hm ?
-Donnes ce que t'as préparé.
-Quoi ? Mais…
-J'ai trop faim, alors comme il y a que ça, j'ai pas le choix. Donnes. »
Aomine le regarda avec surprise. Il avait mis tout son âme à cuisiner, s'était coupé un nombre incalculable de fois, sentait encore les deux brûlures qui barraient son bras et sa main. Mais ses efforts n'avaient rien donné. Et pourtant… Il sourit. Kagami pouvait vraiment se montrer gentil.
Kagami entreprit donc de manger le riz et le steak qui avaient survécus.
Le goût était immonde. Peut-être même pire que celui des plats de Riko. Le riz carbonisé était imbibé de l'eau qui avait servi à éteindre le feu, et le steak était si épicé qu'il eut l'impression d'avaler de la lave en fusion.
Kagami avala tout jusqu'au bout. Avant de retomber sans force sur son sofa.
D'abord le film qui l'avait obligé à aller dans la salle de bain, le faisant tomber malade, puis le repas immangeable. Aomine allait avoir sa peau. Il allait vraiment avoir sa peau. A moins que les jours passent suffisamment vite. C'était le troisième, c'est ça ? Le troisième… Non, définitivement, à ce rythme-là, il n'avait aucune chance. Il allait succomber avant la fin de la semaine.
Et dire qu'il me restait encore tant de choses à faire… Ce fut sur cette pensée que Kagami, épuisé, s'endormit.
Aomine réalisa que Kagami s'était endormi. Il le regarda un instant. Son visage était légèrement crispé, et il était un peu rouge à cause de la fièvre.
Il soupira. Il avait causé encore plus de soucis à Kagami au lieu de l'aider… Pourtant, il avait donné tout ce qu'il avait. Il aimait Kagami, même si c'était sous l'effet d'un filtre d'amour.
C'était vraiment étrange, d'ailleurs. D'aimer quelqu'un à en avoir mal à la poitrine, et de savoir que ce n'était pas un sentiment réel. Avant, Kagami était un rival –et quel rival ! – mais jusque-là, il ne l'avait considéré que comme tel. Même s'il ne l'avouerait jamais, il reconnaissait son potentiel. Après tout, c'était la personne qui lui avait permis de rejouer au basket avec le sourire. Kagami était une grande gueule, par contre. (Un peu comme lui, mais ça, Aomine n'en avait pas conscience). Mais le jour où il avait pris le filtre, il s'était senti étrange, Kagami lui avait semblé indispensable. Au début, il s'était juste dit que c'était parce qu'il avait besoin d'un véritable adversaire pour jouer au basket. Oui, un adversaire, il en avait besoin pour le basket qu'il aimait plus que tout au monde. Mais vite, sa conscience lui avait fait prendre conscience qu'il avait besoin de bien plus. Besoin de son énergie, alors que lui-même était si feignant besoin de sa grande gueule pour lui tenir tête. Et besoin de son sourire… Un sourire si franc, si rayonnant… Le reste de ses pensées devenait un peu plus perverses. Fallait-il les censurer ? Hmm… Aomine se remémorait les muscles parfaits de Kagami, et s'était imaginé ce qu'il n'avait pas pu voir, ce qui se cachait sous les vêtements du roux. Il n'avait pas eu vraiment le temps de mémoriser le corps de Kagami quand il avait fait irruption dans sa salle de bain la veille. Ses pectoraux, qui se devinaient, ses abdominaux qui devaient sûrement être dessinés parfaitement, son fessier qu'il devinait ferme, mais rond, et ce qui se trouvait entre ses jambes, il aurait tellement voulu… Stop, stop, Aomine ! Ça va partir en vrille, là !
Pourtant, ses réels sentiments existaient encore. Aomine était toujours amusé par le répondant de Kagami, son trop grand répondant qui le faisait sauter à pieds joints dans ses provocations. Il était heureux grâce au Kagami qui jouait bien au basket (juste bien, hein, ce n'était pas demain la veille qu'il admettrait que Kagami était fort), parce qu'aussi longtemps que Kagami serait son adversaire, Aomine ne se lasserait pas du basket.
Ce qui était bizarre, c'était ces nouveaux sentiments, dont Aomine n'était pas sûr qu'ils soient dus au filtre d'amour, qu'il ressentait depuis quelque jours. Ce sentiment de sympathie envers Kagami qu'il découvrait peu à peu. Le roux savait cuisiner, pouvait se montrer un interlocuteur très intéressant, avait peur des films d'horreurs il se montrait gêné quand on lui faisait un petit compliment et était maladroit avec les sentiments. Et Aomine savait qu'il lui restait bien d'autres facettes de son rival à découvrir. Et il avait vraiment envie de les découvrir.
Il se prit la tête entre les mains. D'accord, il était amoureux, mais ce n'était pas naturel, bordel ! Pourquoi il se mettait à penser toutes ces choses ? Hein ?
Pff, pas moyen qu'il soit vraiment amoureux de Kagami… Non, c'était juste un sentiment artificiel, même s'il avait anormalement envie d'être aux côtés du roux et de l'embrasser, et plus.
Fichue Satsuki. Quand l'effet du filtre se sera dissipé, il allait bouder pendant un certain temps. Et… Oui, c'est ça. Il allait user de la punition suprême.
Il ne l'accompagnerait plus à ses journées shopping.
Kuroko sonna à l'appartement de Kagami. Aucune réponse. Il hésita avant d'entrer, puis se décida à tourner la poignée. Il frôla la syncope.
Kagami était effectivement malade, car il était endormi sur son canapé, les joues anormalement rouges et une compresse humide sur son front. Ce n'était pas ça le problème. Non, le problème, enfin, l'anormale anomalie étrange puissance mille, c'était ce qui se trouvait assis devant le canapé, la tête dans les bras sur le torse de Kagami. Aomine. Comment ses deux lumières, qui entretenaient d'habitude un rapport si conflictuel, pouvaient-elles être aussi proches ?
Vivaient-ils ensemble ? L'autre soir, Aomine avait soutiré le roux à leur entraînement de basket, mais Kuroko avait imaginé que c'était en l'honneur de leur rivalité. Il n'imaginait pas… qu'ils étaient aussi proches. Mais d'ailleurs, étaient-ils seulement amis ? Tout un tas de scénarios prit place dans l'esprit de Kuroko, digne de ceux d'un véritable fudanshi. Il dut se reprendre lui-même, histoire de ne pas aller trop loin dans le délire, quand même.
Il décida de les laisser tranquilles, et s'apprêta à repartir… quand une idée lui vint. Fébrilement, il sortit son téléphone portable, et clic ! Il jeta un coup d'œil à la photo et sourit de satisfaction. Elle était parfaite. Il ne savait pas encore ce qu'il allait en faire, mais ce qui était sûr, c'est qu'il allait s'en servir. Toujours son sourire satisfait sur le visage, il referma la porte et partit, aussi discret qu'un souffle d'air.
Aomine ouvrit doucement les yeux. Il mit un peu de temps à comprendre où il se trouvait. Il était par terre, la tête posée sur quelque chose de chaud. Il tourna légèrement la tête… Et ses yeux croisèrent deux orbes de lave en fusion. Il lui fallut un peu de temps pour comprendre qu'il s'agissait des yeux de Kagami.
Lentement, la compréhension de sa situation se fraya un passage vers son cerveau, ralentie par une soudaine bouffée de chaleur.
Il s'était endormi sur Kagami, et celui-ci s'en était rendu compte.
Brusquement, il eut un mouvement de recul et tomba à la renverse.
« Kaga… Tu…
Aomine maudit un instant ses stupides joues qui devaient sûrement avoir rougi malgré son teint de peau assez foncé.
Kagami sembla amusé de sa réaction.
« Bah quoi ? T'as peur de moi maintenant ?
Si c'est ça, c'est bien fait. Ça sera ma vengeance pour le film d'horreur.
-N-non, je…
-T'es gêné ?
Oui, évidemment. Ça t'apprendra.
-Non, comme si je pouvais être gêné, je…
Aomine avait le regard fuyant. Il se reprit soudain, et se releva, tournant le dos à Kagami (et cachant ses joues rouges par la même occasion).
-Je vais acheter à manger ! Bouge pas de là, Bakagami !»
Et Aomine s'enfuit, aussi vite que Jerry devant Tom.
Kagami sourit, content de sa petite vengeance, même si elle était dérisoire par rapport à ce que lui avait fait subir Aomine. Il avait réussi à le gêner, et ça, c'était très satisfaisant. Ça n'avait pas été facile pour lui de ne pas expulser Aomine de sa poitrine sur-le-champ lorsqu'il s'était réveillé, mais la gêne d'Aomine était si drôle que ça en avait valu la peine.
Jamais, un seul instant, Kagami n'aurait admis qu'il en avait profité pour observer Aomine pendant son sommeil et qu'il n'avait pas pu s'empêcher de penser qu'il était plutôt mignon comme ça.
En attendant qu'Ahomine revienne, Kagami observa quelques secondes son appartement. Bizarrement, la première chose qu'il vit fut l'horloge qui indiquait sept heures du soir.
La deuxième chose fut que quelques heures auparavant, cette même horloge était carbonisée, conséquence directe de la tentative de cuisine de l'autre idiot.
Il écarquilla les yeux. Sa cuisine était impeccable. Son plan de travail, son évier, sa gazinière brillaient le sol également. Plus aucune trace de vaisselle –Aomine l'avait-il lavée et rangée ?
Kagami se leva, prudent, mais il allait mieux que le matin et put donc se rendre sans s'étaler par terre vers le coin cuisine.
Effectivement, tout était impeccable. Il ouvrit le placard dans lequel il rangeait sa vaisselle, et effectivement, Aomine avait fait la vaisselle. Il regretta de ne pas avoir été réveillé pour voir ce moment épic où le fier, l'arrogant Ahomine s'était transformé en maîtresse de maison. Il sourit en imaginant le résultat, puis tiqua. Où étaient passées sa casserole et sa poêle ?
Il chercha, chercha, fouilla de fond en comble. Et ne trouva pas trace de sa poêle et de sa casserole. Mince alors… Mais où avaient-elles pu disparaître ? Aomine n'était quand même pas assez idiot pour les avoir jetées après leur quasi combustion, si ? Si ?
Mais quel idiot ! Il existait des produits pour les sauver, quand même ! A moins qu'elles n'aient été décidément trop malmenées ?
Il se prit la tête entre les mains. Aomine était vraiment une terrible machine à problèmes… Comme il se le disait quelques heures auparavant, ce mec allait avoir sa peau.
En attendant, quand l'autre reviendrait, il le tuerait. Enfin, à moitié, parce que le tuer juste une fois n'était pas une vengeance suffisante.
C'est en réfléchissant à quelle vengeance il ferait subir à Aomine, depuis la noyade dans une baignoire remplie de riz carbonisé jusqu'à la torture de chatouilles en passant par l'assommage à la poêle, qu'il se prit les pieds dans une chaise…
Lorsqu'Aomine rentra dans l'appartement de Kagami, il retrouva celui-ci par terre, un filet de sang partant de son front coulant le long de son visage, une montagne de chaises l'écrasant.
Mais quel pas doué, mais mon dieu quel pas doué…
La soirée fut paisible en comparaison du désordre de la journée. Aomine dut dégager Kagami de la montagne de chaises, l'allonger et renoncer à appeler les secours quand il se rendit compte qu'il dormait simplement, insouciant des problèmes qu'il lui causait (oui, dans l'esprit d'Aomine, seul Kagami lui apportait des problèmes, et non, pas du tout, l'inverse n'était absolument pas vrai.)
Aomine finit par manger seul quand il comprit que Kagami n'avait apparemment pas l'intention de se réveiller, et porta le roux jusqu'à son lit. Il se coucha à côté de lui après s'être douché et brossé les dents.
Kagami lui en avait fait voir de toutes les couleurs. Il s'était occupé de lui, l'avait regardé dormir, avait fait la cuisine, s'était brûlé, l'avait de nouveau regardé dormir et s'était endormi sur lui, lui avait payé une nouvelle poêle et une nouvelle casserole, avait rougi, l'avait sorti d'un tas de chaises, l'avait porté jusqu'à son lit… Et l'avait de nouveau regardé dormir.
Il songea avec amusement que Kagami lui donnait vraiment l'impression d'être une princesse. Et en ce moment, pas n'importe laquelle.
Un rire menaçant de franchir ses lèvres, Aomine se demanda comment l'as de Seirin réagirait s'il avait accès à sa pensée.
Il murmura, toujours amusé, en rabattant la couverture sur Kagami et lui-même :
« Bonne nuit, la belle au bois dormant… »
Yopla, c'est fini ! Pour ce jour-ci en tout cas. J'ai pas fini d'écrire le prochain chapitre, qui va être plus long que d'habitude, parce qu'il se passe plein de trucs dedans ! Enfin bon, avec les vacances, je vais avoir le temps de plus écrire (et de réviser le bac blanc de français… Triste vie de lycéens. Du coup, je souhaite bon courage à tous ceux qui sont dans mon cas…).
Allez, je vous laisse ! Huggies 3
(j'oubliais: une pitite review? :)
