Blabla initial: coucou tout le monde! Je poste mon chapitre avec quelques jours de retard, mais le principal, c'est que vous l'ayez, non? En fait, mon père n'a pas eu le temps de le relire entièrement, donc j'ai dû le faire relire (un énooooorme merci à Marie Shunkun qui a tout relu et corrigé!)
Ah, et puis bonne année, je vous souhaite de regarder pleeeeeins d'animes et pleeeeeins de fictionsn ne mangez pas trop de bonbons, c'est mauvais pour les dents (en fait, non, on s'en fiche x)
J'arrête de vous embêter, en espérant que ce chapitre vous plaise!
Disclaimer: ce manga et ses merveilleux personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki. Je suis sûre que pleins de fans aimeraient qu'il revende les droits d'auteur à une mangaka yaoïste.
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Chapitre 5 (quatrième jour)
Dimanche 7 Février
Aomine fut doucement réveillé par un coussin qui s'écrasa sur son visage avec une violence inouïe.
« Aomine ! Je t'avais dit de pas dormir dans mon lit !
Le jeune homme entrouvrit ses paupières et eut juste le temps d'esquiver un autre coussin. Maintenant complètement réveillé, il sentit une humeur joueuse s'emparer de lui.
« Allez, c'est pas comme si t'aimais vraiment pas ça… susurra-t-il.
-Si, justement ! répondit Kagami du tac au tac, les joues bizarrement rosies.
-Alors pourquoi t'as les joues rouges ? taquina l'as de Touhou.
-C'est rien ! T'es juste trop gênant ! riposta Kagami, avec de moins en moins d'assurance et les joues de plus en plus rouges.
-Pff, t'es juste en train de tomber sous mon charme, avoue-le… continua Aomine, toujours enjôleur.
-Quoi ?! N -n'importe quoi ! Comment je pourrais…
Il fut coupé par le bras charmeur d'Aomine qui se fraya perfidement (du moins à son sens) un passage autour de ses épaules.
-Arrête de mentir, tu-
-Arrête ça ! » Explosa le roux en sautant à l'autre bout de la pièce. Il ressemblait vraiment à une bouilloire, aussi rouge que ses cheveux et bouillant de colère, la vapeur s'échappant presque de ses joues, menaçant d'imploser d'une minute à l'autre. Le pauvre.
Et, au milieu de la tension chaotique qui régnait dans la chambre, générée par une panthère joueuse et une bouilloire à vapeur, l'instant de délivrance, le miracle tant attendu (plutôt par l'un que par l'autre) arriva : le téléphone de Kagami sonna.
Vénérant son sauveur, celui-ci se précipita hors de sa chambre pour répondre.
« Allô ? »
Aomine pressa son oreille à la porte de la chambre. Quelle était la maudite personne qui avait osé l'interrompre dans son plan Taquinage De Kagami ?
La porte coupait assez efficacement les bruits de l'extérieur par conséquent, il n'entendait pas très bien Kagami répondre au téléphone. Malgré tout, il parvint à décrypter quelques bribes de la conversation… qui était en anglais. La matière qu'il détestait le plus. Merde.
"Yeah, I was sick but… No, I'm okay. Hum? … With you? … Why not, 'could be fine! … Well, I can be here in… about one hour. Is it okay? … Nice, see you!"
Kagami éteint son téléphone, un interminable sourire sur les lèvres. Parfait ! Un alibi en or pour fuir Aomine venait de tomber du ciel.
Il avisa la porte de sa chambre. Hm… Si Aomine venait à apprendre ses plans, il pouvait dire adieu à son échappée. Dans ce cas-là, il n'y avait qu'une solution possible. En pensant joyeusement un « désolé Aomine… » qui n'avait vraiment rien de désolé, il tourna la clé de sa chambre dans la serrure.
Aomine entendit le déclic d'une clé dans une serrure. Intrigué, il ouvrit la porte de la chambre de Kagami… Ou plutôt, essaya, parce que celle-ci était… fermée ?!
« Kagami ! Qu'est-ce que tu fous ?
-Désolé, je vais partir à la fête foraine avec Tatsuya, et je me suis dit que tu m'aurais jamais laissé partir, alors voilà… Désolé !
-Te fous pas de moi ! Ouvre la porte !
-Si je le fais, tu vas jamais me laisser partir, andouille.
-Bien sûr que si, alors ouvre !
-Oui, oui j'te crois. Ose me jurer que tu me laisseras partir.
Aomine ne répondit pas immédiatement. En un éclair, il imagina Kagami partir avec… Tatsuya, c'est ça ? à la fête foraine. Le visage de Kagami, rayonnant, apparut dans son esprit, avec à ses côtés, ce mec qui n'était pas lui. Non ! Non, évidemment qu'il ne pouvait pas accepter ça, quelle question ! (Possessivité ? Quelle possessivité ?)
-Tu vois, tu dis rien ! Désolé, je vais devoir… reprit la voix, exaspérée, du roux.
-Non, non, attends… Je te promets que je t'empêcherais pas de partir ! Laisse-moi juste sortir, j'ai faim… S'il te plait, Kagami.
La voix d'Aomine était sincère. Après un instant d'hésitation, l'américain se décida à ouvrir la porte.
Une masse remplie d'une énergie phénoménale, déboula de sa chambre et s'écrasa contre lui. Il sentit les deux mains d'Aomine se saisir de ses avant-bras et reçut son regard hautement furieux comme un poing en pleine figure.
-Bien sûr que non, imbécile, que je te laisserai pas partir ! Tu vas rester ici, même si je dois t'attacher et te menotter au lit !
-Ha ? T'avais promis !
-On s'en fout de ma promesse ! Tu vas rester et-
-Arrête ça, t'as aucun droit sur moi ! » coupa Kagami.
C'était vrai, ça, l'autre imbécile de squatteur-forceur n'avait strictement aucun droit sur lui. Jusqu'à preuve du contraire, et pour l'instant, il n'y en avait pas, de preuve.
Aomine, mécontent, lança un regard réprobateur à ce mec intenable qui ne se laissait, pour son plus grand agacement, pas faire. Il décida de l'embrasser pour couper court à ses protestations qu'il jugeait définitivement trop pénibles.
Quand Kagami vit les lèvres d'Aomine se diriger vers les siennes, il sentit ses réflexes prendre le dessus : il se décala légèrement, laissant la masse à énergie nucléaire poursuivre sa lancée, puis, d'un habile mouvement de poignet, se dégagea d'Aomine et l'accompagna dans son mouvement pour l'amener directement au sol. Et voilà, un Aomine prêt à mettre au four ! Euh, pardon, prêt à enfermer de nouveau.
« Kagami, lâche-moi, grogna Aomine, qui n'était pas vraiment dans une position des plus confortables.
-Après ce que tu viens de faire, t'attends pas à ce que je te lâche de nouveau, répondit Kagami, sarcastique.
-Oï, lâche-mou-aaaaah ! »
L'as de Touhou se sentit partir en arrière, effectuer une superbe glissade, digne des pingouins à leurs jeux olympiques. Avec une seconde de retard, il comprit qu'il avait de nouveau atterrit dans la chambre de Kagami et que ce dernier commençait à refermer la porte.
Il se précipita sur la porte pour l'ouvrir, et le déclic de la clé dans la serrure retentit.
« Kagami ! Ouvres !
Pour seule réponse, le bruit d'un fou-rire difficilement réprimé parvint à ses oreilles.
-Il y a rien de drôle, Kagami ! Ouvre !
Entre deux fous-rires, Kagami articula :
-Après la scène que tu m'as fait tout à l'heure, ne crois pas que je vais te croire cette fois-ci !
Puis il reprit son rire.
-On peut savoir pourquoi tu ris ?
-C'est rien, c'est juste…
La voix de Kagami se tut et un instant, Aomine s'inquiéta.
-Oh, il est déjà l'heure ! Bon, Aomine, j'y vais, je viendrai t'ouvrir ce soir quand je rentrerai !
-Oï, Kagami ! C'est pas drôle ! Arrête ton délire !
-Désolé, vraiment, pouffa la voix de Kagami. Bon, j'y vais. Et, si tu veux savoir pourquoi je ris, c'est que… tu ressembles vraiment… La façon dont t'es tombé… Excuses-moi, mais tu ressemblais tellement à un pancake qui tombes à côté de la poêle…
-Ha ? Qu'est-ce que tu racontes ?
-…
Le bruit de la porte d'entrée retentit.
Non… Il n'avait pas osé, quand même ?
-Kagami ?
-…
-Kagami ? Hé, Kagami ! KAGAMIIII ! »
En bas de l'immeuble, tentant vainement de retenir un gigantesque fou-rire, Kagami Taïga se disait que vraiment, sa journée commençait bien.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la fête foraine était grande.
Les stands de tir à la carabine, les auto-tamponneuses les vendeurs de crêpes, de churros, de gaufres Nutella-chantilly les manèges tous plus acrobatiques les uns que les autres sans compter la gigantesque et magnifique grande roue tout cela formait un labyrinthe aux proportions incalculables.
C'est pour cela que retrouver son frère de cœur fut particulièrement difficile pour Kagami. Il fallait aussi dire qu'il avait du mal à se concentrer. Les fêtes foraines d'Amériques étaient à peu près les mêmes qu'au Japon, de toute façon, si ça avait été radicalement différent, on n'aurait plus appelé ça une fête foraine. Celle où il se trouvait lui rappelait des souvenirs... En Amérique, il y allait souvent avec des amis basketteurs. Il avait découvert les manèges à sensations (malgré sa première fois désastreuse, il y avait pris goût), les barbes-à-papa…
En parlant de barbe à papa, il avait faim. En acheter une était tentant… L'image d'une barbe-à-papa se format dans sa tête, et…
Une barbe-à-papa apparut devant ses yeux !
« Yo, bro.
Un jeune homme aux cheveux bruns et lisses apparut à côté de la barbe-à-papa. Un grain de beauté se trouvait sous son œil droit, l'autre étant recouvert par ses cheveux.
-Tatsuya ! Tu m'as fait peur !
-Tu étais complètement dans tes pensées, Taïga.
-La fête foraine me rappelle là-bas… »
Tatsuya lui tendit la barbe à papa, lui-même en ayant également acheté une pour lui. Kagami s'en saisit et le remercia, et les deux se mirent à marcher.
« Au fait, Taïga, ça va ? Tu étais malade, et…
-T'inquiète pas pour ça, c'est à cause cette andouille d'Aomine… pesta le roux.
-Aomine ? releva Tatsuya, surpris.
Kagami se rendit compte de ce qu'il avait laissé s'échapper, et se maudit lui-même.
-Rien, rien, oublie ça ! s'empressa-t-il de répondre, dans l'espoir que son frère ne soit pas trop curieux.
Malheureusement pour lui, son espoir fut balayé aussi facilement qu'une feuille de papier dans un ouragan.
-Il s'est passé quelque chose ?
-Non ! Rien du tout !
-Allez, dis !
-Non !
-Taïga…
-Non.
-Taïga, sinon, j'en parle à Alex, et elle ne va pas te lâcher avec ça. Peut-être même qu'elle va revenir sur sa promesse d'enfiler des vêtements quand elle dort dans ton lit.
Devant la menace effrayante de Tatsuya, Kagami dut déclarer forfait, vaincu. Comme quoi, il n'y avait pas qu'Aomine qui pouvait ressembler à un félin joueur !
C'est ainsi que Kagami se retrouva à expliquer sa piteuse situation à son frère de cœur. Avec tous les détails. A inscrire dans sa liste des moments gênants, juste en dessous de ceux ornés du nom « Aomine ».
« Et voilà, c'est comme ça qu'Aomine a fini par s'occuper de moi pendant toute la journée… Kagami frémit d'horreur en prononçant les derniers mots de son incroyable aventure. Son incroyable cauchemar, ça dépendait du point de vue.
Tatsuya pouffa discrètement. Ou plutôt, d'une manière qui se voulait discrète, puisqu'au final, Kagami entendit très bien son rire contenu.
-Te moque pas ! s'exclama le roux en maudissant son frère de cœur.
-Désolé… s'excusa Tatsuya, qui n'avait pas l'air d'en penser un traître mot.
-Pff.
-Et donc, il n'est pas avec toi ?
A ces mots, Kagami grimaça.
-Et bien, comment dire… J'ai dû l'enfermer, il ne voulait pas me laisser partir, grogna-t-il.
Le brun ouvrit les yeux aussi grand que ce que sa poker face lui permettait, avant de pouffer à nouveau, un peu plus fort, ce qui pour lui équivalait à un éclat de rire.
-Je t'ai déjà dit de pas te moquer ! réagit Kagami, gêné et presque vexé.
-Mon pauvre, il est si jaloux que ça ? articula Tatsuya en se remettant de son pseudo-rire.
-T'imagines même pas à quel point, grogna Kagami, en détournant les yeux.
-Bon, on oublie ça pour le moment ? »
Kagami releva vivement la tête, ayant du mal à croire que Tatsuya acceptait réellement de le laisser tranquille avec ça. Son frère lui souriait, et lui désignait une attraction.
Se résolvant au fait que Dieu existait, et que Tatsuya était un ange envoyé sur Terre Kagami le suivit avec joie vers le manège qui finissait de faire rendre leurs tripes à d'innocents visiteurs.
Aomine rageait. Il était coincé -injustement- dans la chambre de l'autre idiot de roux.
Cela faisait deux heures qu'il faisait les cents pas (ou plutôt serait-il judicieux de dire les mille pas), en réfléchissant vainement à un moyen de sortir de la pièce.
Mais quel enf… abruti de tigre ! Il l'avait condamné à rester TOUTE la journée enfermé ! Quand Aomine aurait réussi à se sortir de ce guêpier, il allait montrer à Kagami ce à quoi pouvait ressembler une panthère, restée enfermée sans manger dans une cage… Oh oui, et Kagami et sa belle gueule n'allaient pas oublier ça d'aussi tôt…
Aomine se donna une gifle mentale. Comme si c'était le moment de penser à sa future vengeance ! Pour le moment, il devait se concentrer pour trouver un moyen de s'échapper… Se concentrer… Sortir d'ici… Rah ! Quel casse-tête ! Il n'avait pas son téléphone avec lui, il ne se voyait pas descendre plusieurs étages à la seule force de ses bras, ni défoncer la porte de la chambre, qui était de beaucoup trop bonne qualité pour qu'il puisse rembourser les dégâts.
Mais alors, comment s'en sortir ? Comment ? Hein ? Comment ?!
Soudain, un bruit résonna dans l'appartement.
« Toc, toc, toc ».
Aomine écarquilla les yeux. Serait-il possible que quelqu'un…
« Taïga, you are here ? interrogea une voix, en une langue qu'Aomine identifia comme étant de l'anglais.
-Je pige rien à ce que vous dites, mais grouillez-vous de me sortir d'ici ! cria le jeune homme. »
Un bruit de serrure dans la porte, semblable à celui qu'avait engendré Kagami ce matin, atteint les oreilles du basketteur. Puis, un déclic, et le léger grincement d'une porte qui s'ouvre.
« Qui est là ? reprit la voix, en japonais cette fois Aomine nota que celle-ci était féminine, et assez grave.
-On s'en fout ! Sortez-moi de là ! aboya-t-il presque, toute notion de respect s'étant fait la malle et étant partie loin, très loin.
Un trousseau de clés tinta, et enfin, un dernier déclic salvateur délivra notre chère panthère en cage.
Plus loin, à un autre endroit de la ville, au milieu de la fête foraine, dans un manège qui tournait dans tous les sens possibles et imaginables, deux jeunes hommes, un roux et un brun, riaient aux éclats, la gorge déployée. Kagami avait complètement oublié, mais alors complètement, que chez lui, se trouvait une panthère affamée. S'il avait su, à ce moment même, que cette panthère venait d'être libérée, il se serait sûrement inquiété pour sa peau. Vraiment.
Alex vit un éclair bleu jaillir hors de la chambre de Taïga. Elle se retrouva face à deux yeux bleus sombres. Surprise, elle recula instinctivement. Le regard de fauve du jeune homme lui aurait presque donné des frissons.
"Qui êtes vous? interrogea-t-elle, interloquée.
-Et vous, vous êtes qui?
-La maître de –
-Excusez-moi, j'ai pas vraiment de temps à perdre ! »
Et le jeune homme fila. Eberluée, elle resta un instant immobile, les yeux grands ouverts, avant d'hausser les épaules. Après tout, ça ne la regardait pas. Libre à son cher élève d'enfermer les gens à sa guise chez lui. Elle bailla, s'étira, enleva ses vêtements (tous ses vêtements) avant de se laisser rebondir sur le lit du roux.
La perspective d'une bonne après-midi de sommeil, sans la contrainte de vêtements qui serraient beaucoup trop, suffit à lui faire oublier la tête que ferait Taiga lorsqu'il serait de retour chez lui.
Non pas qu'elle n'en ait réellement eu un jour quelque chose à faire, d'ailleurs.
Après les manèges acrobatiques, le palais des horreurs. Tatsuya et Kagami s'y engagèrent… joyeusement n'était pas le bon terme. Kagami appréhendait –oh oui, il appréhendait ! Il avait horreur des films d'horreurs, alors les attractions d'épouvantes… -mais s'infiltra néanmoins à la suite de son frère de cœur, que la situation amusait beaucoup, sans qu'il n'en manifeste la moindre trace. Après tout, Kagami ne l'appelait pas poker face pour rien.
Ils commencèrent l'attraction, atterrirent dans une petite pièce, très sombre, presque humide oppressante. Kagami se tendit, électrisé. Il le savait, quelque chose allait se produire, quelqu'un allait apparaître, près de lui…
« HAAA ! »
Une horrible momie grinçait devant eux, ses deux bras tendus devant elle à la manière d'un zombie. Ses yeux rouges étaient injectés de sang. Kagami agrippa le bras de Tatsuya, qui lui, se retenait de ne pas rire.
Heureusement pour le pauvre Kagami, la momie se retira, laissant les deux Américains accéder à la suite des réjouissances.
Le couloir était étroit, semblable à un macabre tombeau. D'ailleurs, Kagami aurait juré que les murs se rapprochaient inexorablement l'un de l'autre, comme s'ils avaient l'intention de les faire succomber par compression.
Comme des pancakes aplatis. Kagami réussit à sourire, l'allusion au plat lui rappelant la mine qu'Aomine avait arborée quand il l'avait mis au sol. Un pancake aplati, oui, comparaison définitivement très réaliste.
Un volume brumeux, inconsistant apparu devant ses yeux. Tient, qu'est-ce que c'était ? Kagami releva lentement les yeux, et sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine. Un abominable fantôme, le visage tordu d'un rictus malfaisant les surplombait, prêt à les ensevelir sous son maléfice diabolique.
Kagami hurla. Déjà, le reste de l'attraction arrivait le couloir dans lequel ils étaient était recouvert de toiles d'araignées visqueuses. Avant que Kagami puisse formuler la moindre demande d'encouragement à Tatsuya, une mygale se mit à courir devant ses yeux effrayé, le roux tourna la tête dans l'autre sens. Et là, ô, horreur ! Une gigantesque araignée velue, muni d'au moins une bonne dizaine de paires d'yeux les pattes dotées d'harpons injustement démesurés, remarqua leur présence. Ses yeux de monstres se raidirent sous la colère Kagami se figea, murmura un « oh non » étranglé, et l'arachnide les prit immédiatement en chasse.
Les hurlements de Kagami résonnèrent vaguement, avant d'être étranglés par un cadavre qui marchait dans leur direction, une scie dans ses mains dégoulinantes de sens.
Le délicat frôlement des dents d'un vampire, les dizaines de millions de serpents les encadrant Kagami n'en pouvait plus et ferma les yeux, espérant désespérément que la torture se finisse. Bruits tout droits sortis des enfers, sueurs gelée dans le dos Kagami se boucha également les oreilles.
Enfin, un petit moment passé, lorsqu'il estima qu'ils devaient être arrivés à la sortie, le roux ouvrit les yeux et se déboucha les oreilles.
Ce qu'il vit à ce moment-là resterait à jamais gravé dans sa rétine vision tout droit sorti du plus obscur des mondes. Kagami n'eut pas conscience du léger rire de Tatsuya à côté de lui, trop effaré pour être réceptif à une quelconque pensée rationnelle.
Devant eux, maléfique, débordant de puissance, terrible, se dressait le gardien des enfers, Cerbère, le chien à trois têtes.
Aomine arpentait les nombreuses allées de la fête foraine. Trouver Kagami là-dedans revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Peut-être ferait-il mieux d'attendre Kagami directement à son appartement. La vision d'un Kagami riant aux éclats avec l'autre brun suffit à le faire renoncer à cette hypothèse. Il trouverait Kagami, le ferait succomber à son charme. Non mais on n'enferme pas un fauve sans espérer s'en sortir indemne.
Et, au détour d'un stand de tir à la carabine, il l'aperçut. Il faisait la moue, et son frère de cœur semblait se moquer de lui gentiment.
Bizarrement, le premier sentiment qui vint à l'esprit d'Aomine ne fut pas la rage, mais un malaise intense, l'impression que son cœur se tordait d'une façon étrange. Le comble fut de sentir une boule se former au fond de sa gorge. Il fronça les sourcils : ce n'était pas normal, pas normal du tout ! Là, il aurait dû se précipiter vers Kagami, et l'obliger à rentrer, sous le nez d'Himuro or, là, il ne pouvait tout simplement pas bouger.
Kagami avait mis du temps à se remettre de la maison de horreurs il avait également boudé Tatsuya qui se moquait gentiment de lui. Mais, même s'il était toujours un peu un enfant au fond, il avait quand même un peu mûri : il avait fini par mettre son égo de côté et arrêté sa bouderie.
Maintenant, il parlait en anglais avec Tatsuya. Légèrement nostalgiques, ils se rappelaient des amis qu'ils avaient pu avoir là-bas.
Lorsque soudain… il vit Aomine au coin de l'allée, qui les dévisageait, Tatsuya et lui .
Oups.
Himuro sentit son frère de cœur se crisper, puis s'immobiliser complètement. Intrigué il suivit le regard du roux, et, avec un sourire, il compris pourquoi. Aomine écarquillait les yeux : il ne s'attendait peut-être pas à être découvert. Ce qui amusa le plus le brun fut le fait qu'Aomine se comporte comme une jeune fille prise en flagrant délit, alors que le connaissant, il aurait dû kidnapper Taïga sans se poser plus de question. D'ailleurs, la réaction de ce dernier était elle aussi comique. A croire qu'il avait vu un autre cerbère.
Comprenant qu'aucun des deux n'aurait l'idée le courage ou quoi que ce soit de bouger le petit doigt, Tatsuya s'avança vers Aomine qui le regardait comme s'il était le diable venu lui annoncer sa mort (et derrière lui il sentait le regard de Kagami le brûler de la même manière) avant de proposer :
« Tu es Aomine c'est ça ? Tu veux venir avec nous ? »
La tête abasourdie du jeune homme en face de lui valait la peine qu'il se donne tout ce mal. Ceci dit, ce dernier ne lui répondait pas se contentant de le dévisager ses yeux ronds comme des soucoupes le faisant soudainement ressembler à une carpe.
Semblant reprendre ses esprits, le numéro 5 de Touhou acquiesça, le regard fuyant.
Himuro, se retournant en annonçant « allons-y alors », découvrit avec un amusement grandissant la figure tétanisée de son frère de cœur.
Riant intérieurement, Tatsuya Himuro se découvrait une nature de philanthrope manipulateur, qui, au vu du regard des deux basketteurs à côté de lui, il était le seul à apprécier.
La confusion régnait en maître dans la tête d'Aomine. Si on avait voulu représenter l'état de ses pensées en ce moment, on aurait peint de magnifiques volutes de fumées opaques. Il ne comprenait plus rien, mais alors absolument plus rien. Comme si on l'avait drogué avec de jolies petites pilules colorées, puis aveuglé avec un bandeau noir sur les yeux, et enfin jeté en plein milieu d'un monde imaginaire peuplé de licornes roses et mauves chantant l'hymne nationale à pleins poumons.
Donc vous l'aurez compris, Aomine était excessivement paumé. Il ne comprenait décidément pas ce qui se passait, il avait l'impression que quelqu'un d'autre agissait à sa place. Sa conscience était anesthésiée, et ne semblait pas vouloir faire le moindre effort pour revenir.
Brumeux, il assista à son enrôlement par Himuro dans le groupe. Sans rien contrôler, il se sentit marcher aux côtés des deux américains.
Ce fut lorsqu'il vit Himuro finir de payer les places pour la grande roue qu'il eut un déclic. D'où l'autre brun se permettait-il de sourire comme ça -d'un air amusé, gentiment moqueur-alors que lui-même était complètement perdu? Il en était sûr, c'était de sa faute! Oui, évidemment! Himuro lui avait piqué Kagami et maintenant, il essayait d'endormir sa vigilance en le laissant venir avec Kagami et lui! Mais ça ne se passerait pas comme ça, oh que non.
La panthère qui sommeillait en Aomine se réveilla pour de bon, poussant un grondement menaçant.
Kagami regardait son frère de cœur finir de payer, encore un peu hébété par les récents évènements. Comment Aomine avait-il réussi à se libérer ? Aurait-il trafiqué la serrure, ou avait-il appelé du renfort ? Il n'en savait absolument rien.
Il sentit un bras passer autour de ses épaules. Avec une lenteur qui le surprit lui-même, il tourna la tête pour voir qui… Aomine. Qui d'autre ? Mais ce qui ne plut pas à Kagami à ce moment-là, ce fut cette lueur prédatrice dans les yeux bleus. Un frisson parcourut l'échine de Kagami. Il n'y avait pas qu'au basket qu'Aomine ressemblait à une panthère.
« Himuro ! Je monte dans grande roue avec Kagami, tu monteras dans la suivante, fit Aomine en se tournant soudain vers le brun et en lui prenant deux tickets des mains. »
Kagami eut tout juste le temps de voir les yeux de Tatsuya s'ouvrir grand, très grand (et il savait que les siens avaient fait de même), et il se sentit entraîné par la force du basketteur de Touhou.
« Hé, Aomine, qu'est-ce que tu fais ?! Lâche-moi ! Hé, lâche-moi ! »
Mais Aomine ne le lâchait pas. Kagami se débattit, mais de toute évidence, il était trop tard pour réagir, puisqu'Aomine l'avait poussé à l'intérieur d'une nacelle et venait de fermer la porte. Le roux aperçut l'air étonné et étrangement amusé de Tatsuya, et il sentit la roue se mettre en marche.
Furieux de s'être laissé prendre comme ça, il se retourna vivement vers Aomine.
« Idiot ! Pourquoi t'as f-»
Kagami et son superbe élan de fureur se turent.
Mon dieu. Kagami sentit une vague d'appréhension, de peur, de stress, de mal-à-l'aise (oui, tout ça à la fois) l'envahir. Là, ce n'était plus une panthère qu'il avait devant lui, c'était… c'était… un démon ? Un dragon ? Oh non. Pire. Un cerbère.
Sauf que normalement, les cerbères n'étaient pas censés faire ressentir un grande bouffée de chaleur, si ?
Kagami secoua la tête, avant de braver son appréhension pour attaquer :
« De quel droit tu-
-Tais-toi.
-Mais-
-Tais-toi, c'est moi qui parle.
Aomine, qui jusque-là s'était assis en face de Kagami, s'était levé et penché en avant, un coude appuyé juste au-dessus de la tête de Kagami qui se ratatina sur le banc de la nacelle. L'éclat de rage dans ses yeux pouvait, en quelque sorte, faire penser à celui qu'il avait lorsqu'il était dans la zone.
-D'abord, reprit Aomine d'un ton suintant la hargne, on n'enferme pas les gens dans une chambre sous prétexte que-
-Mais tu menaçais de- tenta Kagami qui avait comme l'impression que tout cela était un petit peu beaucoup) injuste et qu'il allait passer un (très) sal quart d'heure.
-Tais-toi, siffla Aomine, je t'ai dit que c'est moi qui parle. Kagami n'osa plus rien répondre. Pour l'enfermement, c'est non. Et puis c'est quoi, cette manière de rien dire du tout alors que je suis là et que ton soi-disant frère aussi ? Tu n'as pas le droit de me planter comme ça avec ce que je ressens pour toi ! Ne refais plus jamais ça, tu m'entends ?
-Tu trouves pas que t'es un peu injuste, là ? se reprit Kagami, la colère commençant à prendre possession de lui. C'est toi qui voulait pas me laisser sortir, alors que-
-Et c'est pour ça que tu m'enferme pendant toute une journée sans rien à manger et-
-Mais j'ai le droit à ma liberté, quand même !
-Et la mienne ? Tu m'enfermes et tu parles de liberté ?
-Tu m'aurais jamais laissé partir !
-C'est pas une raison pour-
-Tu me soules ! J'en ai marre de toi, laisse-moi respirer, merde ! hurla Kagami.
-Tu viens de dire quoi, là, Taïga ?
-Je viens de te demander de me laisser tranquille ! J'en ai rien à foutre, moi, qu'un filtre d'amour te soit tombé dessus, mais je vois pas pourquoi ce serait moi qui en paye les conséquences ! Je veux être tranquille, moi, pas être emmerdé par un…
-Par un quoi ? gronda Aomine, frémissant de rage.
Kagami se tut, se reprenant avant de ressortir une idiotie comme l'autre jour.
-Et ne m'appelles pas Taïga… » répondit Kagami qui se trouva soudain pathétique.
Bizarrement, Aomine ne répondit rien. Le reste du tour de grande roue se fit dans un silence étrange. Celui-ci était à la fois tendu, rageur, gêné, et quelque chose de plus… mystérieux. Et inconnu, pour les deux jeunes hommes en tout cas.
Ce qu'ils ressentaient, à ce moment-là, était peut-être cette rare émotion qu'on ressentait à la fin d'une dispute, lorsqu'on avait compris que chacun avait eu tort et qu'il était désormais inutile de se battre. Et dans leur cas, il y avait quelque chose en plus. Une sorte de sentiment d'inassouvi, comme si certains mots auraient eux aussi voulu être criés, mais qui restaient enfermés.
Leur nacelle s'immobilisa, au sol. Aomine et Kagami restèrent une fraction de seconde surpris, puis sortirent.
Gênés l'un et l'autre, ils s'éloignèrent un peu de l'attraction. Toujours dans cette espèce de silence gênant. Puis, d'un même mouvement, ils se tournèrent l'un vers l'autre.
« Bon, ben… entamèrent-ils d'une même voix. Ils se sourirent vaguement.
-Je vais rentrer, reprit Aomine.
-Mmh. Ok, marmonna Kagami. A plus alors…
-Ouais, à plus… »
Et Aomine partit, marchant lentement d'un pas lourd.
Kagami était resté attendre Tatsuya, et ils étaient rentrés ensembles à l'appartement de Kagami. Le roux avait raconté ce qu'il s'était passé à son frère de cœur, mais il n'avait lui-même pas pu mettre d'explication à leur comportements respectifs, que ce soit pour la gêne de quand ils s'étaient retrouvés, ou celle d'après la dispute.
A leur arrivée à l'appartement, ils découvrirent Alex. Celle-ci eut un débordement d'enthousiasme à la vue de ses deux élèves. Sa bonne humeur étant contagieuse, Kagami retrouva le sourire.
Finalement, le roux, grâce aux deux autres américains, réussit à oublier son malaise le temps d'une soirée (où ils jouèrent au poker, dans une partie que Kagami perdit lamentablement).
Mais Kagami, au fond de lui, avait senti une barrière se fissurer, là, quelque part dans son esprit, sans qu'il arrive à déterminer ce que c'était, ni si c'était une bonne chose ou pas.
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oOoOoOoOo
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Blabla final (+ demande de review):
Et voilou! Si voous trouvez qu'il y a une différence dans la manière d'écrire et dans le contenu, c'est normal, j'avais un peu laissé tomber cette fic au beau milieu du chapitre. Du coup, quand je me suis remise à l'écrire, ben j'ai fait un peu plus attention aux sentiments des deux loulous principaux itou itou. Désolée pour ça. Sinon, cette fois-ci, il va vraiment falloir que je me remette à écrire. Alors, s'il vous plaît, laissez-moi une review, ça me motivera! _ (steplait... oui, toi, derrière ton écran... Laisse moi un review... Sinon Aomine et Kagami t'enverront un ballon de basket dans la figure mouahahahahahahaha! Non, je plaisante. Review quand même?)
A la prochaine!
Huggies
