HEY! Oui, je sais "tiens, une revenante..." Je suis désolée! J'ai dit que je prenais une semaine de plus que d'habitude, mais au final, j'en ai pris une de plus...Laissez moi m'expliquez avant de me lyncher! J'avais un oral blanc de français, et un TPE à rendre, et... Quoi, comment ça, c'est pas une excuse? Moui, bon, ok, je suis d'accord, mais bon... Un peu d'indulgence? x)

Pas grand chose à dire sur ce chapitre, peut-être un peu court, et je l'ai corrigé moi-même. J'ai eu du mal à le pondre, par contre. Si ma petite Tagada-chan (elle se reconnaîtra ^^) n'avait pas été là, j'aurais peut-être encore cumulé des jours de retard. Et puis, pour trouver le courage de m'y remettre, devant cette page blanche angoissante, je relisais toutes les gentilles reviews des anciens chapitres, ça m'a motivé... Bref, trêve de sentimentalisme, je vous laisse lire!

Disclaimer: Kuroko no basket, Kagami, Aomine, personne ne m'appartient, bref, vous connaissez le blabla et le regret de ne rien posséder. Pour faire des trucs essentiellement centrés sur le basket, et rien d'autre que sur le basket, avec, bien entendu.

Réponse à la review anonyme (Grimmy): Merci beaucoup pour tes encouragements! Je ferai de mon mieux pour la suite, c'est promis ^^ . Tchuss!


Chapitre 7 (sixième jour)

Mardi 9 février

.

.

Aomine s'étira, délassant ses bras ankylosés. Le bus ne l'endormait pas aussi bien que d'habitude, et il ne pourrait pas rattraper son manque de sommeil en dormant sur le toit du lycée, pour la simple et bonne raison qu'il pleuvait.

Il n'avait pas bien dormi.

Il appuya sur l'écran de son téléphone, passant à la chanson suivante. Celle-ci l'agaçait. Et il ré-appuya sur l'écran. Celle-là aussi l'énervait. Et celle d'après. Et, oh tiens, celle qui suivait également. Au final, après avoir zappé l'intégralité de ses musiques, il se décida à enlever ses écouteurs pour les ranger dans son sac.

Il n'avait pas bien dormi. Il avait des courbatures partout et il avait, pour utiliser une expression commune, les nerfs à fleur de peau. Une seule petite remarque et il partirait au quart de tour.

Mais pourquoi en était-il arrivé là ?, me direz-vous. Revenons quelques heures en arrière… Au moment où une petite voix horripilante scandait une petite phrase en anglais qu'il ne comprit pas mais dont il était sûr qu'elle contenait une très forte dose de triomphe, d'ironie, et d'amusement.

« So, Taïga, you told me you weren't sadist and gay; should I think that moreover you're masochistic? »

Ah, ça l'énervait déjà, il ne voulait pas y penser.

Le bus freina brusquement, et Aomine fut projeté sur la vitre devant lui. S'il n'avait pas gardé suffisamment de lucidité, il aurait frappé la vitre en lui balançant un gigantesque flot d'insultes digne des plus gores de ses films pornos. Il y avait un gamin dans le bus, il se retint donc, de justesse. Mais il était encore plus énervé. Pire, le froid de la vitre lui rappelait le froid étrange du canapé, qui pourtant, ne l'était pas tant que ça.

Et voilà, ça recommençait, il y pensait à nouveau…

Il se prit la tête entre les mains.

Depuis l'épisode de la fête foraine, plus rien n'allait. Il avait essayé d'arranger les choses en venant la veille chez Kagami, mais il avait fallu que…

Merde, sors de ma tête, fichu souvenir ! Dégage !

«…that moreover you're masochistic? »

Il tourna la tête. Une blonde, en petite culotte et t-shirt moulant, apparut dans son champ de vision.

« C'est quoi ce bordel… » avait pensé très fort Aomine, hébété.

« Alex! That's not what you're thinking! Just let me…s'était écrié le roux sous lui, soudainement tendu, tentant de se redresser. (Alex, ce n'est pas ce que tu crois ! Laisse-moi juste…)

-Caught in the act ! (Pris sur le fait !)

-Alex !

La fille éclata de rire.

-I knew it » (Je le savais.)

Mais non mais… Fichu mémoire à deux balles qui ferait mieux d'aller se faire voir dans une mare à grenouilles! Pourquoi fallait-il qu'elle n'oublie pas ces souvenirs tout sauf agréables, hein ?

Aomine serra les dents. Il se concentra sur la route, de toute manière, il était bientôt arrivé à Tôhô.

La blonde partit en pouffant dans le couloir, une débordante bonne humeur émanant d'elle à des kilomètres. Bonne humeur qui avait fait réagir Kagami aussi vite que pouvait disparaître Kuroko.

Aomine descendit du bus, tremblant de rage, une aura de démon enragée sortant de lui telle que plusieurs passagers du bus le regardèrent, presque apeurés.

Une fois arrivé, il monta sur le toit, malgré la pluie qui était maintenant une désagréable bruine qui suscitait chez Aomine l'envie mauvaise de frapper tous ceux qui se trouvaient sur son passage, à commencer par son ignoble –à son sens- professeur d'anglais. Il ne le fit pas, bien sûr, mais lorsqu'il fut sur le toit, il donna un grand coup de poing au petit muret de béton présent à cet endroit.

Il aperçut du sang couler.

Kagami se dégagea sans qu'Aomine ne puisse comprendre comment il avait fait, et rattrapa la blonde dans le couloir.

« Alex, I didn't… (Alex, je n'ai pas…)

-Hn hn, liying is bad, my dear Taïga… (Hn, hn, c'est mal de mentir, mon cher Taïga…)

-But, Alex… (Mais, Alex…)

-Oy, Kagami, tu peux m'expliquer ? interrompit Aomine qui commençait à se sentir bizarrement énervé.

Kagami le regarda, et le basketteur aux cheveux bleus eut l'impression que Kagami venait de très mal encaisser son passage subit de l'amusement total à cette situation ingérable et tout à fait infernale.

Un grand silence régna dans l'appartement de Kagami pendant quelques secondes.

Ah, ça suffit ! Fichu cerveau pas capable de fonctionner correctement et d'oublier les moments chiants ! On devrait pouvoir programmer son cerveau comme un ordinateur, où il suffisait de faire un clic gauche et d'appuyer sur « supprimer » pour effacer un dossier compromettant.

En fait, il y avait bien une sorte de système d'ordinateur dans le cerveau d'Aomine avec, dans le rôle du virus, applaudissez s'il vous plait le filtre d'amour, et dans celui des pubs très hautement chiantes, la blonde –Alex, qu'elle s'appelait- et le monde en général.

Pff. Fichu monde, Fichue vie, Fichue blonde, Fichu tout.

La fine pluie, semblable à celle qui sort des brumisateurs d'été, se changea tout à coup en déluge, violent et opaque. Aomine pesta il allait falloir qu'il rentre à l'intérieur du bâtiment, et Satsuki allait sûrement lui mettre le grappin dessus, argumentant à coups de « tu es à l'intérieur, n'est-ce pas ? Alors, tu peux tout aussi bien faire quelques pas de plus pour aller jusqu'à la salle de cours ! ».

Mouais. Il n'avait pas vraiment envie de suivre ce genre de scénario. Il adorait Satsuki, c'était un peu comme sa petite sœur, mais parfois, elle était vraiment chi- hm, pénible.

Mais quelle autre solution avait-il ? Il soupira. C'était inévitable, hein… Il se prépara donc mentalement à une longue journée de classe.

La force de la pluie beaucoup trop mouillée à son goût le ramena à la réalité et il se précipita vers l'intérieur, avant de finir plus détrempé qu'une anémone de mer.

.

oOoOoOo

.

« Bakagami ! Tu n'es pas concentré ! Comment as-tu pu louper un simple tir à cette distance-là ? C'est le cinquième aujourd'hui !»

Les autres membres du club soupirèrent, secouant légèrement la tête de droite à gauche d'un air presque exaspéré. En effet, Kagami semblait revenu au niveau d'un gosse de huit ans. En plus d'avoir superbement loupé ses tirs basiques alors qu'il n'était pas loin du panier (pas loin était un bien grand mot pour désigner un mètre cinquante), il avait raté trois passes, et pour ce qui était de la réception de passe… Et bien il n'en avait réceptionné aucune.

Il semblait ailleurs.

-Oy, Kagami, tu peux m'expliquer ? interrompit Aomine.

Kagami tourna lentement sa tête vers lui pour le regarder dans les yeux. Là, il était vraiment… désespéré ? Dépassé ? Abasourdi ? Un peu de tout sans doute…Pas étonnant Cette situation était ingérable et tout à fait infernale.

Un grand silence s'abattit dans son appartement pendant quelques secondes.

Kagami secoua la tête. Il devait se reconcentrer, Riko avait raison, il ne pouvait pas rester déconnecté comme ça alors qu'il jouait au basket, il…

Il se prit un OVNI à vitesse lumière dans la tête.

« Aïe ! Qu'est-ce que-

Quel idiot. Il allait demander ce que c'était. Ça.

Comment pouvait-il ne plus penser au ballon de basket ?

-A… Aomine… Euh… Je… bégaya le roux.

Kagami s'arrêta, gêné. Puis, il reprit, courageusement, ayant comme l'impression que le basketteur en face de lui s'était de nouveau transformé en panthère.

-Je te présente Alex c'est elle qui m'a appris à jouer au basket, et…

Stop, stop, STOP ! Comment Aomine Daiki, cet idiot de Aho-mine prétentieux, pouvait-il passer avant le basket dans le sens des priorités de son cerveau ? Hein ? C'était anormal et hautement illogique.

Alex fit un grand V avec ses doigts, souriant de toutes ses dents.

-Et toi, tu es Aomine Daiki, je t'ai déjà vu jouer. Alors comme ça, tu pratiques le sado-ma…

-Alex ! Tais-toi ! Tu-

-C'est bon, Kagami, je rentre, j'en ai marre.

-Aomine ! Attends ! Tu-

La porte claqua. Le silence retomba, lourd comme un gigantesque bloc de glace, de la même sorte que celui qui avait fait sombrer le Titanic.

Et merde, merde, mer-

-mi ! Kagami ! Hé, tu m'écoutes ?

Hm ? Pensa le roux. Qui est-ce qui l'appelait ?

-Euh, Taïga? Qu'est-ce qui s'est passé ?

Celui-ci ne répondit pas. Il tremblait.

-Taïga ? Tu pleu-

-Shut up !

Kagami leva ses yeux emplis non pas de larmes, mais de de rage vers Alex et se dirigea à grands pas vers sa chambre.

La porte claqua aussi fort que la porte d'entrée quelques instants plus tôt.

-Kagami-kun !

Le tranchant d'une main s'enfonça dans ses côtes.

-Kuroko ! Ça fait mal !

Mais, Kagami-kun, tu étais perdu dans tes pensées, on a essayé de t'appeler de t'appeler mais…

-Tss…

Kagami se détourna, énervé. Vraiment, sa vie prenait un tournant détestable ! S'il avait pu signer pour un programme spécial « tranquillité quotidienne garantie, si vous n'êtes pas satisfait monsieur, c'est entièrement remboursé », il aurait signé sans se poser de questions.

Mais bon, en attendant, il allait devoir faire avec ce qu'il avait. C'est-à-dire, dans le cas ci-présent, avec une équipe de basket qui se doutait certainement de quelque chose à son sujet, et plus accessoirement, avec une panthère (et pas une en peluche) avec qui la situation était maintenant franchement ambig- Non ! Pas ce mot, non ! Disons que la situation était compliquée, voilà, rien de plus !

-Kagami-kun ! Tu viens encore de partir dans tes pensées ! » le ramena à la réalité la voix de Kuroko.

Nooooon ! Comment avait-il encore pu se laisser avoir par ces pensées idiotes ?! Et puis d'abord, quand est-ce que cette fichue séance de basket se finissait-elle ?

Et là, Kagami se rendit compte qu'il avait vraiment souhaité d'arrêter de jouer au sport qui était le centre de sa vie. Et que, par extension, Aomine passait réellement avant le Basket. Avec un grand B.

Freaking Jesus; how was it possible? (Mon dieu, comment était-ce possible?)

.

oOoOoOo

.

Aomine ne tenait plus en place. Tenir toute la journée assis sur une fichue chaise dure et fortement inconfortable lui avait laissé non seulement les membres endoloris, mais aussi une horrible sensation de fatigue qui s'était maintenant emparé de lui. Le fait d'avoir dormi à l'intérieur plutôt que dehors ne lui avait pas laissé le confort de prendre l'air. Et donc, il sentait un courant électrique désagréable circuler dans ses veines.

Il avait envie de jouer au basket. Là. Maintenant.

La pluie avait cessé, il était donc parfaitement possible de jouer même dehors.

Le seul (petit) problème était que la situation entre la seule personne qui valait vraiment la peine d'être affrontée au basket et lui était… un petit peu tendue. Aomine grinça des dents.

Devait-il quand même appeler Kagami au risque de rendre les choses encore plus compliquées, ou bien…

Oh et puis zut.

Depuis quand se prenait-il la tête avec ce genre de choses ? Il allait jouer au basket avec lui, dut-il le traîner de force !

Aomine se mit donc en route pour l'appartement du roux, avec en tête l'espoir d'un one-on-one digne de rester dans la légende.

.

oOoOoOo

.

Kagami rentrait chez lui, dépité. Il avait passé toute sa journée à penser à l'autre idiot et aux tourments qu'il lui apportait. L'autre Aho-mine l'avait même empêché de jouer au basket. Même quand il n'était pas là, il était un sacré emmerdeur. Même si, dans les faits, cette fois-ci, Aomine n'y était pour rien (du moins pas directement).

Mais Aomine n'était plus son premier soucis à présent (ouf !). Maintenant, eh bien Kagami avait une immense envie de jouer au basket.

Mais avec qui ?

Aomine. Evidemment. Kagami grimaça. Aomine, Aomine, c'était vite dit, mais dans l'état actuel des choses, est-ce que…

Il se figea. Au détour de la rue qui le menait à son appartement, là, cette silhouette… Est-ce que le seul fait d'y avoir pensé aurait suffi à matérialiser…

Aomine. Celui-ci leva son regard vers lui.

Et c'est là que quelque chose d'incroyable se produit.

Une sorte d'étincelle, un courant d'énergie d'un nombre de volts qui semblait incroyable, circula entre eux. Et ils se comprirent. Ils comprirent l'un et l'autre qu'ils voulaient jouer au basket.

Aomine sortit un petit sourire arrogant qui voulait dire « Alors ? T'auras assez de cran pour me défier ? » le visage Kagami, d'un sourire tout aussi provocateur, répondit « je vais te battre, tu vas voir, ne penses pas que tu puisse me distancer comme la dernière fois ! ».

Et les deux basketteurs se dirigèrent comme un seul homme vers le terrain de basket. Le silence fut brisé par leurs rires et leurs « Toi, me battre ? Bien s… -Evidemment, tu vas rien comprendre à ce qui vas t'arriver, et… ».

.

.

Le match fut intense. D'ailleurs, tout avait disparu autour d'eux. Rien n'existait que l'autre en face de soi, le ballon orange qui semblait se mouvoir au ralenti, et les deux paniers aux deux extrémités du terrain.

Aomine menait à huit-six pour l'instant, mais le match était serré.

Kagami feinta, puis passa à gauche. Passera, passera pas ? Il ne passa pas, Aomine ayant réagi assez vite pour reprendre une posture défensive et tenter de lui voler le ballon. Mais Kagami n'allait pas laisser tomber comme ça, alors il tourna sur lui-même avec la balle, sauta, et basculant en arrière, réussit à marquer d'un gracieux fade-away.

Le roux se retourna, victorieux vers Aomine.

« Egalité !

-Pff, le match est pas fini, Bakagami. Rêve pas, parce qu'au final, c'est moi qui vais gagner.

-Ne sois pas si sûr de toi, Aho-mine ! »

Ils continuèrent à jouer, pendant un moment qui semblait être à la fois infiniment long et extrêmement rapide. Ils étaient à présent à égalité 28 partout, je t'avais dit que tu me battrais pas, Kagami ! –Je te signale qu'on est à égalité !

La pluie avait repris, mais pourtant, aucun des deux ne s'en souciait. Ils évoluaient dans une autre dimension. Quiconque les aurait vus jouer se serait demandé si plus tard, ils n'allaient pas écraser une équipe de la NBA à eux seuls.

La nuit tomba, et ils ne s'arrêtaient toujours pas. Seuls leurs pauvres corps criaient grâce mais aucun des deux ne voulait céder face à l'autre alors ils continuaient. Idiot, n'est-ce pas ?

Seulement, si il n'avait ici qu'été question d'honneur, ils auraient fini par s'arrêter. Là, il y avait quelque chose de plus. Peut-être n'en étaient-ils eux-mêmes pas conscients, mais un enjeu différent se cachait dans ce match. Ils avaient l'un et l'autre eu besoin de ce match déjà parce qu'ils aimaient le basket; ensuite, pour évacuer les tensions nerveuses et enfin, un petit peu pour partager ce moment. Faire passer des choses à travers le Basket, ce Basket qui était le centre de leur vie.

Cela aurait pu paraître étrange ambigüe, mais le fait d'être là, à scruter les réactions de l'autre, regarder ses yeux de plus en plus loin vers le fond de leurs âmes, était maintenant presque vital. Un étrange courant électrique passait entre eux, plus fort que ceux qu'ils avaient connu pendant leurs matchs précédents.

C'était un moment magique, un moment hors du temps, et-

PLAF ! Kagami partit en arrière et tomba, poussé par le poids de son adversaire.

« Ah, Aho-mine !

-C'est pas ma faute, j'ai glissé-

-T'avais cas faire attention !

-Le terrain est trempé ! »

Un beau spectacle en perspective attendait les éventuels passants qui se seraient aventurés à cette heure-ci au bord du terrain de basket de rue. Il n'y avait plus deux démons se livrant un match à couper le souffle, mais deux adolescents trempés comme des soupes écroulés l'un sur l'autre.

Morts de fatigues, ils se seraient endormis si Kagami n'avait pas vaguement repris conscience.

« O-Oi, Ahomine, t'es lourd.

-La ferme, Bakagami.

Silence.

Devant ce silence et l'immobilité de son adversaire, Kagami tourna la tête.

-Aomine, il faut qu'on…

Deux yeux scintillants d'espièglerie rencontrèrent les siens et il sentit Aomine le faire basculer, et fondre sur lui, en particulier sur ses lèvres. Il esquiva à temps, et rechercha le regard de l'autre idiot.

-Aho-mine, tu-

-Déjà trop fatigué, beau gosse ?

-A-Aho ! se défendit Kagami, ayant atteint une jolie couleur carmin.

Mais déjà, Aomine tentait une deuxième attaque sur lui, et il dut esquiver. Se prenant au jeu, il refit basculer Aomine sous lui, avec un grand sourire joueur. Ils roulèrent sur le terrain de basket, les membres entremêlés riant aux éclats.

Ce n'étaient plus deux basketteurs exceptionnels, ni deux adolescents si trempés qu'on aurait pu croire qu'ils avaient entraînés avec leurs vêtements dans la machine à laver, mais deux très bons amis, redevenus enfants, à la relation incertaine, qui irradiaient de bonheur en se chamaillant sous la pluie, trempant de plus en plus leurs habits.

Ils finirent par s'arrêter, à bout de souffle. Aomine roula sur le côté et se leva, tendant sa main à son adversaire afin de l'aider à se relever.

« Mes fringues sont détrempés ! Ma mère va encore râler, maugréa Aomine, bien qu'il n'eut pas vraiment l'air contrarié.

-Tu rentres chez toi ? réagit immédiatement Kagami, un air d'extrême surprise affiché sur le visage –par deux yeux grands comme des ballons de basket.

-Oui, où tu veux que j'aille d'autre ?

Réalisant ce qu'il venait de supposer sans réfléchir, Kagami détourna le regard et articula un semblant de réponse :

-Nu-nulle part, je demandais juste ça comme ça, enfin-

-Aaahh… Tu voulais que je vienne avec toi… Mais ça, ça peut s'arranger, Taïga…fit Aomine d'un air séducteur, en passant un bras autour des épaules du roux. Roux qui était d'ailleurs devenu aussi rouge que ses cheveux.

-Enlève ton bras ! s'exclama-t-il en joignant le geste à la parole.

-T'inquiète pas, Taïga, je-

-Qui t'as permis de m'appeler Taïga ?!

Aomine le regarda avec un sourire en coin.

-Je voulais dire que j'allais rien tenter de plus, et que-

-Tais-toi ! coupa Kagami, plus rouge que jamais.

-En fait, tu-

-Ça suffit, on rentre ! »

Et sur ces bonnes paroles, Kagami jeta sa veste à Aomine en pleine figure, ramassa son propre sac, et fila en vitesse éclair dans la direction de son appartement. Il mettrait sa hâte sur le compte de la pluie, et certainement pas sur la nécessité de cacher son visage qui n'arrêtait plus de rougir.

.

oOoOoOo

.

Kagami sortit de sa salle de bain, douché et en pyjama. Dans une sorte d'engourdissement chaud et agréable, il n'aspirait plus qu'à une chose : dormir.

Il passa dans le salon, pour dire à cet imbécile qui squattait chez lui –il refusait d'admettre que cette fois-ci, c'était de sa faute- qu'il pouvait aller se doucher.

Il entra dans la pièce. Aomine dormait sur le canapé, toujours aussi trempé.

« Ahomine, va prendre une douche et changes toi, tu vas bousiller mon canapé !

Aucune réaction de la part d'Aomine. Kagami se rapprocha donc de lui pour lui secouer l'épaule.

-Oi, réveille-toi.

Mauvaise idée. Les yeux d'Aomine s'ouvrirent soudainement, révélant la même expression de jeune félin joueur. Il bondit littéralement sur le pauvre as de Seirin qui, éreinté, n'avait même plus la force de résister. Celui-ci se retrouva à nouveau, et pour son plus grand déplaisir, sous Aomine. Aomine que la situation amusait énormément. Il avait été tellement rapide que sa proie- hum, Kagami, ne pouvait plus bouger.

-A-Aomine ! Lâche-moi !

-Alors là, tu rêves, mon petit tigre !

-T'avais dit que tu tenterais plus rien ! protesta faiblement Kagami.

-Ah ? J'ai dit ça, moi ? railla la panthère.

Kagami bailla.

-Oui, t'avais dit que –nouveau bâillement- tu ferais plus… »

La voix de Kagami s'éteignit doucement, en même temps que sa tête retombait sur le côté.

Aomine regarda avec stupeur le visage endormi du roux.

Il s'est endormi en sursaut, le con…

Aomine sourit et se redressa. Il couvrit Kagami de la couverture qui avait initialement été prévue pour lui. C'était marrant, d'ailleurs, ça. Kagami préparait toujours une couverture pour lui sur le canapé, alors qu'il finissait toujours par rejoindre son rival dans son lit. Enfin, rival était une expression un peu dépassée. Maintenant, c'était la personne qu'il aimait. A cause d'un filtre d'amour, certes, mais… Est-ce que c'était seulement le filtre d'amour qui était responsable de tout ? Les autres jours, peut-être mais aujourd'hui, ça avait été différent. Le lien qu'ils avaient partagé avait été beaucoup plus… Comment dire ? Il avait du mal à décrire quelque chose comme ça.

Mouais. Ce n'était définitivement pas son genre de se prendre la tête, surtout avec ces choses-là. Il verrait bien comment la situation allait évoluer. Trop réfléchir à une situation, pour apporter des réponses à des questions –qui étaient encore floues- le barbait rien que d'y penser.

Le jeune homme se dirigea à pas de velours vers la salle de bain, se doucha, et revint se coucher avec Kagami, poussant un peu l'autre pour se faire de la place. Tiens, ils étaient vraiment serrés, là. Bah, ce n'était pas pour lui déplaire.

Il sourit. A lui en tout cas. Il n'imaginait pas la tête de Kagami à son réveil. Ça allait être épique.

.

oOoOoOo

.

Alex se réveilla tard dans la soirée. Elle se fit la réflexion qu'elle n'avait pas entendu Taïga rentrer. C'était bizarre. Enfin bon, il faisait bien ce qu'il voulait… Elle décida d'aller se faire un café. Elle sortit donc de la chambre (elle avait eu la décence, par miracle, de se couvrir ne serait-ce qu'un peu), et lorsqu'elle eut atteint le salon, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir son élève endormi au côté d'Aomine ! N'étaient-ils pas un peu trop proches l'un de l'autre ? Elle remonta ses lunettes sur son nez. Oh, que si, ils étaient proches, et pas qu'un peu !

Alex sortit son téléphone, retenant un ricanement de harpie, s'apprêta à prendre la scène en photo, lorsque le clic caractéristique d'un appareil photo –et qui par conséquent n'était pas le sien- retentit. Elle tourna vivement la tête en direction de l'origine du bruit, et découvrit le garçon aux cheveux bleus pâles, celui qui était dans l'équipe de Taïga, en train de mitrailler les deux basketteurs endormis. Elle ne l'avait pas remarqué… Flippant, la capacité de ce gosse à disparaître. Il méritait bien son surnom d'homme fantôme.

-Ne faîtes pas attention à moi, lui dit Kuroko.

Alex soupira. Ce que les gosses pouvaient être impossibles… Elle partit néanmoins faire son café, comme si de rien n'était, puis revint. Constatant que Kuroko était parti (elle ne l'avait même pas entendu ouvrir et fermer la porte…) elle prit son téléphone portable et rempli sa mémoire de pièce à convictions. Elle imprima une des photos (la plus réussie) et écrivit dessus au stylo permanent : « definetly gay » en posant ladite photo sur la table près du canapé.


Et voilà! J'aurais aimé vous dire que pour me rattraper de mon retard, je poste un chapitre la semaine prochaine, mais me connaissant, je vous dis juste à dans quinze jours, en promettant tout de même un chapitre plus long (juré!) ^^

Huggies