Coucou tout le monde ! Et voilà, mon dernier chapitre… Que c'est passé vite… (ou pas, ça fait presque un an !)

Je m'excuse platement devant Aruki-chan, deryouss50, Chinumi, Laura-067, Mimi98 et IlonaDark pour ne pas avoir répondu à vos reviews, je suis vraiment désolée, j'ai retrouvé l'internat, et la semaine de la rentrée, l'accès aux ordinateurs était… limité. Wala _; sorry… Je ferai mieux la prochaine fois, ils ouvrent l'internat ET le CDI la semaine qui arrive.

J'ai relu moi-même le chapitre, pour pouvoir le poster ce dimanche soir. Sinon, ça aurait repoussé… Du coup, j'espère que j'ai réussi à éradiquer toutes les fautes de frappe et d'orthographe, et surtout, j'espère que ce chapitre est bien, parce que d'habitude, j'ai déjà eu un premier avis, là, je n'en sais absolument rien… TwT #appel à l'indulgence

Disclaimer (éwé faut pas l'oublier çui-là) : Tadatoshi Fujimaki, encore et toujours…

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Chapitre 12 (arrêt des effets du philtre d'amour)

Dimanche 14 février

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Aomine se réveilla et plissa les yeux. La lumière qui l'avait réveillé était intense.

Il se redressa. Il avait mal au crâne. Comme s'il avait une sorte de gueule de bois. Oh, il n'avait pas vraiment l'habitude de boire (le basket requerrait un état de santé irréprochable) et donc d'avoir la gueule de bois, mais il savait vaguement ce que ça faisait. Et ce n'était pas franchement agréable.

Il était un peu perdu. Il ne savait pas quel jour il était… un rapide coup d'œil au réveil sur la table de chevet lui indiqua qu'il était neuf heures quarante-deux du dimanche quatorze février.

Puis soudain, quelque chose le frappa. Il n'était pas chez lui. Chambre trop bien rangée. Trop blanche. Trop spacieuse.

Il baissa les yeux sur le lit. Et reçut un véritable choc. Kagami dormait comme un bébé à côté de lui, la joue écrasé contre un oreiller qu'il partageait quelques secondes plus tôt.

Et tout lui revint. Le philtre. Les dix derniers jours.

Bordel. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Qu'est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi ?

Un réflexe le fit s'éloigner brutalement de Kagami.

Il l'avait embrassé. Ils avaient regardé un film d'horreur. Kagami était tombé malade et il s'était occupé de lui. Il l'avait trouvé désirable.

Aomine avait les yeux écarquillés et repoussait lentement les draps immaculés au fur et à mesure qu'il se rappelait.

Ils avaient joué au basket. Il avait re-embrassé Kagami. Ils étaient allés à la fête foraine. Ils avaient été pris en photo par Alex, et par Kuroko. Il avait été maladivement jaloux de cette dernière et s'était réconcilié avec Kagami en jouant au basket d'une manière qu'ils n'auraient jamais soupçonné imaginable. Magique. Ils avaient été en ville ensemble, s'étaient rapprochés. Et puis ils avaient été à la mer. Aomine s'était senti tomber encore un peu plus amoureux de Kagami. Le lendemain, ils avaient été invités chez Akashi. Et hier, ils s'étaient inquiétés pour ce qu'il se passerait aujourd'hui.

Mais MERDE ! MERDE ! QU'est-ce qu'il avait foutu ?

A côté de lui, Kagami, à cause des mouvements brusques du basané, émergeait lentement du soleil.

Ce n'était pas un stupide philtre à la con qui aurait dû le faire agir comme ça ! Il avait embrassé Kagami, et… D'accord, celui-ci ne l'avait pas encouragé, mais il ne l'avait pas assez repoussé ! Quand il repensait à ce qu'il avait fait… Il n'aurait pas dû. Tout ça n'aurait pas dû arriver. Il se dégoûtait presque.

La colère montait en lui.

Kagami ouvrit deux yeux écarlates encore un peu endormis.

Et le pire : il n'était pas gay putain !

Il sortit du lit violemment, enfila en vitesse le pantalon qu'il avait laissé au pied du lit.

« Aomine ?

Il se retourné. Kagami le regardait, peinant à comprendre ce qui se passait.

« Je me casse ! Oublie tout ce qui s'est passé cette semaine, ça me dégoûte !

Kagami sembla prendre conscience de la situation. La colère prit lentement possession de ses traits.

-Aho, tu disais que-

-Ta gueule ! Je ne veux plus te voir dans le mois qui suit, c'est compris ?! »

Kagami ouvrit la bouche pour répondre quelque chose, mais ne trouva pas. La porte de sa chambre claqua, puis, quelques secondes plus tard, la porte de son appartement subit le même sort.

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Kagami regardait son plafond. Allongé, bras et jambes écartés en étoile, il ne pensait plus à rien. Il était vidé.

Il avait une boule dans la gorge. Qui lui faisait mal.

Il attrapa précipitamment son téléphone et composa le numéro de Tatsuya.

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Momoi venait de se lever. Elle commençait à se préparer un petit-déjeuner un peu tardif, quand la sonnette de son appartement retentit et sans que le son de la sonnette ait eu le temps de prendre fin, la note du début revint, et encore, toutes les demi-secondes, le bouton de sa sonnette devait être martyrisé.

Elle se douta de qui pouvait être là, seul lui agissait de cette manière. Mais la jeune fille sentit l'angoisse affluer quand elle réalisa qu'il ne s'énervait ainsi contre sa sonnette que lorsqu'il était sur les nerfs, et que le jour actuel était… particulier.

Electrisée, elle ouvrit la porte avec appréhension.

Aomine fit irruption dans son appartement sans lui jeter un regard, propulsant un sac à bandoulière à l'autre bout de la pièce.

« Dai-chan ! Qu'est-ce qu'il s'est pa- »

La jeune fille s'arrêta net quand elle entrevit le regard furieux de son ami d'enfance. Et furieux était un euphémisme. Oui. Un gigantesque euphémisme. Et ceci, pour le coup, n'était pas une hyperbole.

Il faisait peur. Il avait ce regard de panthère blessée dans son honneur, qu'il ne fallait surtout pas déranger.

Momoi ne put que le regarder prendre une bouteille d'eau, une barre de céréales, le ballon de basket dans son sac, et retenir –en vain- la porte qui claquait alors que le fauve sortait.

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Tatsuya s'était déplacé. Son frère de cœur l'avait appelé ce matin, la voix nouée par une angoisse qu'il tentait de dissimuler, mais qu'il avait décelé sans difficulté. Le temps que Taiga annonce « Aomine est parti, et… » qu'il avait répondu « J'arrive », et raccroché sans écouter le début des protestations pas très convaincantes du roux, avant de prendre le bus. Il avait finalement dormi chez Akashi depuis la soirée, comptant profiter de Kyoto puisque l'ancien capitaine de la génération des miracles lui avait gentiment proposé de rester chez lui le week-end entier. Un peu intimidé, il avait accepté. Et il avait bien fait. Kyoto était bien plus proche de Tokyo qu'Akita.

Deux heures plus tard (déjà beaucoup trop longtemps à son goût), il était chez Kagami.

Il entra sans sonner. Le grand salon était vide et silencieux. Le brun savait que, quoi qu'il eut pu dire, Taiga s'était souvent senti seul dans cet appartement trop grand pour lui.

Appréhendant l'état de son frère, Tatsuya se dirigea vers la chambre où il se doutait que le roux se trouvait.

Taiga était allongé, les bras et jambes en étoile. Il regardait dans le vague, et semblait vide de toute émotion. A la différence près que ses yeux étaient brillants. De larmes. Mais le principal intéressé ne semblait même pas s'en être aperçu.

Tatsuya s'assit sur le bord du lit, et Kagami sembla enfin prendre conscience de sa présence. Il le regarda d'un air perdu, hagard, et balbutia :

« Tatsuya… Je…

Il le prit dans ses bras. Et le roux ne protesta pas. Il murmura juste, si bas que Tatsuya crut avoir rêvé, quelque chose qui lui fit énormément de peine, justement parce qu'il le savait, mais qu'il ne pensait pas que Taiga oserait dire :

-I'm so dumb… I fell for him…(Je suis tellement bête… Je suis tombé amoureux de lui…)

-I know… And… We can't say it really doesn't last, right?" (Je sais… Et on ne peut pas vraiment dire que ça ne dure pas, hein?)

Le roux ne répondit pas. Pour toute réponse, il s'affala complètement dans les bras de son frère de cœur.

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La situation n'était pas joyeuse.

Aomine était parti tel un animal sauvage, certainement vers un terrain de basket de rue, pour évacuer la rage.

Kagami déprimait chez lui avec Tatsuya.

Momoi avait informé Kuroko de la situation. Celui-ci avait envoyé un message à Kagami, mais c'était son « frère » qui avait répondu à sa place, donnant comme explication que Kagami était trop abattu pour répondre lui-même. Ce qui avait inquiété les deux jeunes gens.

Le reste de la génération des miracles avait donc été averti, au cas où l'un d'eux ait une idée pour arranger la situation.

Murasakibara avait préconisé de leur offrir chacun un paquet de maiubos, mais à sa plus grande surprise, son idée avait été refusée. Midorima avait jugé que de toute manière, les deux fauves étaient deux abrutis, et qu'il fallait laisser couler la situation avant de tenter de faire entendre raison à Aomine. Akashi avait approuvé. Et tout le monde s'était rangé à leur avis.

La solution, pourtant, ne plaisait guère à Kise. Ça le rendait triste, lui, de savoir que ces deux personnes qu'il appréciait tant soient dans de tels états.

Alors (et avec du recul, cela ne serait peut-être pas la meilleure idée de sa vie), laissant Kasamatsu avec qui il avait passé la nuit, il partit trouver Aomine.

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Panier après panier, Aomine dribblait avec des ennemis imaginaires sur le terrain de basket le plus proche de son ancien collège.

Ce n'était plus de la fureur, ce n'était plus de la rage qui l'envahissait. C'était une sorte de mal sombre, de colère sourde, qui se retournait contre lui-même, d'une certaine manière quelque chose d'indescriptible. Il se sentait juste mal.

« Aomine-chi !

Le basané ne se retourna même pas vers lui.

-Aomine-chi ! »

La voix de Kise s'était faite plus assurée.

Mais Aomine marqua un énième panier.

Kise se jeta sur lui, entourant sa taille de ses bras, les faisant chuter lourdement au sol.

« Kise ! T'es malade ?!

-Tu ne m'aurais pas écouté sinon !

-Et alors ? Tu vois pas que j'ai besoin d'être tranquille ?!

Aomine était en colère. Mais Kise ne se démonta pas face à son regard meurtrier.

-Kagami-chi n'a pas quitté son appartement depuis ce matin et il déprime !

-Et ? Qu'est-ce que tu veux que ça puisse me foutre ?

-Arrête de dire des choses comme ça !

-Et pourquoi ? Il s'est servi de moi, ce con ! »

La gifle partit toute seule et claqua fort sur la joue d'Aomine. Celui-ci, ouvrit de grands yeux surpris.

« Comment tu peux dire ça ? feula Kise en lui attrapant le col de son t-shirt. Tu sais très bien que c'est faux ! C'est à cause du philtre d'amour ! Et tu oublies comment tu t'es comporté avec lui pendant tout le temps que ça a duré ! Comment est-ce qu'il aurait- pu agir autrement ? Hein ?

Aomine ne répondit pas de suite, détournant le regard. Puis, il se reprit, non plus furieux comme au début, mais tentant de se justifier :

-Mais même ! Je sais très bien comment on était sur la fin ! Je n'étais plus le seul à… Enfin à… Tu vois ce que je veux dire !

-Et alors ? Est-ce que c'est un crime qu'il soit tombé amoureux de toi ?

-Je suis pas gay ! »

Kise resta interdit une seconde, avant de donner un magnifique coup de boule dans le crâne d'Aomine.

Coup de boule qui fit très mal au blond aussi, et tous les deux roulèrent au sol en se tenant le front, en retenant une suite de « Aïeaïeaïeaïe… » entre leurs dents.

-Kise… Qu'est-ce qui t'as pris, idiot… maugréa finalement Aomine.

-Aïe… C'est juste… c'est juste que…

Et Kise éclata de rire.

-Qu'est-ce qui te fait rire encore ?

-Ah… Rien, c'est juste que… Excuse-moi, mais t'es tellement bête !

-Quoi ? s'offusqua l'as de Touhou.

-C'est l'explication la plus ridicule que j'ai jamais entendue…

-Mais quoi ? Je suis pas gay ! J'aime Mai-chan et les boobs !

-Réfléchis deux secondes, Aomine-chi !

-Qu'est-ce que tu veux que-

-Penses à Kagami-chi et dis-moi que tu le déteste. Tu ne peux pas le faire, hein ?

-Mais…

Aomine se tut. Et baissa les yeux.

-Je suis passé par là, moi aussi, tu sais…

Kise se releva et passa la main dans ses cheveux d'or.

-Tu ne peux pas le laisser tomber. Tu sais, ça se voit. Le philtre de Momo-chi vous as juste permis de passer au-delà de tout ça. Vous avez toujours été proches. Mais maintenant, ça a changé.

-Comment tu peux dire ça ?

-L'attitude de Kagami-chi a changé, tu sais ?

-Et moi alors ?

-Toi aussi. Ton attitude a changé. Allez, sois un peu courageux et pense à lui !

Kise tendit la main à son ami. Après un instant de flottement, il cessa de fixer celle-ci et s'en saisit.

-Qu'est-ce que tu veux que je pense ? Je…

-Qu'est-ce que tu penses de Kagami-chi, Aomine-chi ?

-Arrête avec tes –chi, c'est perturbant…

-Mais tu sais bien que c'est naturel chez m-

-Hm, hm, je sais…

-Et donc… Penses un peu à lui. Ça te demandes pas grand-chose…

-T'es chiant…

-Hé, c'est pas très gentil ! »

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Kise et Aomine s'étaient gentiment chamaillés, avaient disputé un petit one-on-one parce qu'Aomine semblait encore avoir besoin de se défouler, et finalement, le blond était rentré chez Yu-hum, Kasamatsu, tandis qu'Aomine laissait ses pas le guider à travers Tokyo. Une chose le frappa.

Les rues étaient décorées. De manière immonde. Avec du rose et des petits cœurs partout. Satsu aurait parfaitement pu être la designer de ce crime envers la vue.

Ca dégoulinait d'amour mauviette et guimauve. Trop. C'était trop. Indigeste.

Et Aomine comprit pourquoi quand il se rappela du jour qu'il était.

Le 14 février. La saint-valentin. Evidemment.

Ironiquement, il se fit la réflexion qu'elle était réussie, sa fête des amoureux à lui. Bon, d'accord, au Japon, c'était seulement les filles qui offraient des chocolats aux garçons, aujourd'hui. Mais quand même.

Cela le mena à penser à Kagami. Cet idiot de Bakagami. Quelle était la véritable nature de leur relation, exactement ?

Ils avaient toujours été rivaux, depuis le début. Et Kagami avait réussi cet exploit, ce miracle qu'il avait tant attendu, de le refaire jouer au basket en pouvant se donner à fond. Il l'avait vaincu. Aomine s'était senti mal. Affreusement mal. Il avait eu la nausée. Mais il s'était rendu sur un terrain de basket pour s'entraîner le lendemain. Et les jours d'après. Peut-être à reculons les fois d'après. Mais dans l'ensemble, Aomine avait retrouvé le sourire.

Certes. Aomine ne pouvait pas enlever ça au roux. Mais pour ce qui était de… sa personnalité, tout ça ? Evidemment, le basket était intégré dans l'américain, sa facette « basket » n'était pas nécessairement à détacher du reste, mais…

Kagami était un idiot. Il ne se posait pas trop de question. Il fonçait tête baissée dans la vie, la traversant comme une comète. Peut-être qu'il aurait mieux fait de réfléchir plus au monde qui l'entourait, qu'il aurait mieux fait d'essayer de se montrer un peu plus mature. Peut-être qu'il aurait mieux fait d'être moins tête brûlée et arrogant.

Mais Kagami était gentil. Il s'inquiétait des autres et savait se montrer désolé de ses erreurs. Il savait également se montrer un peu moins maladroit et stupide que ce qu'il ne laissait entrapercevoir. C'était une personne bien.

Aomine l'aimait bien. Un sourire heureux se dessina sur ses lèvres quand il repensa à la touffe de cheveux roux manquer lamentablement un panier de basket avant de se retourner vers lui pour s'écrier que la prochaine fois, il l'aurait.

Il sursauta quand il réalisa à quoi il pensait. Et sentit la gêne l'envahir.

Il fut bien forcé d'admettre que parfois, il ressemblait au roux sur certains points. Kagami aurait sûrement eut le même genre de réaction à sa place.

Et, attendez, stop ! Plus important ! Il reconnaissait avoir une réelle affection pour l'autre idiot, et venait de se prouver à lui-même qu'il connaissait suffisamment bien l'autre pour pouvoir imaginer une de ses réactions !

Mais qu'est-ce qui n'allait pas avec lui ?

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-Kuroko sourit en regardant Aomine se tenir la tête, presque s'arracher les cheveux à force de réfléchir.

Kise lui avait envoyé un message pour lui faire part de ses projets de « rendre raison à Aomine-chi ». Il s'était inquiété, mais un autre message (« yata ! p ») l'avait rassuré.

N'étant pas loin du terrain de basket que devaient être en train de quitter ses deux ancien équipiers, Kuroko s'étaient rendu sur place, suffisamment tôt pour filer son ancienne lumière.

La filature n'avait jamais été bien difficile pour lui, s'il était besoin de le rappeler.

Il envoya un message à Momoi pour l'avertir de la situation qui s'arrangeait, ainsi que pour lui demander de venir le relayer.

La jeune fille ne se fit pas prier.

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Himuro finissait d'écouter les arguments de Kuroko. Le semi-fantôme était arrivé à peine cinq minutes plus tôt et avait demandé à lui parler.

Himuro avait laissé le roux aux mains d'Alex, qui, elle aussi, était venue consoler tant bien que mal Taiga, et se demandait si l'idée de Kuroko était valable.

Certes, Kise avait peut-être réussi à calmer Aomine. Certes, celui-ci était peut-être en train de se remettre en question. Certes, mais bon… Envoyer Taiga à sa rencontre sans qu'aucun des deux principaux intéressés ne soit au courant lui semblait un peu… prématuré. On ne savait pas comment ils réagiraient.

Et surtout, surtout, Tatsuya n'avait pas envie d'agir dans le dos du roux encore une fois. Il se sentirait vraiment mal de le faire, cela équivaudrait à une sorte de trahison. Et ça, il s'y refusait.

D'un autre côté, Kagami avait besoin de la panthère de Touhou. D'ailleurs, il entendit à l'instant son frère de cœur se retenir de crier « fuck off, Alex ! Leave me alone ! »

Le brun soupira et se tourna enfin vers Kuroko, qui attendait toujours sa réponse.

« Bon… Je pense que voir Aomine ferait du bien à Taiga, mais à deux conditions…

Le jeune homme aux cheveux bleus hocha vaguement la tête, l'incitant à continuer.

-La première, c'est qu'il faut être sûr qu'Aomine ne dira rien de violent, comme ce matin, ou ne s'énervera pas.

-Kise-kun avait l'air de dire que-

-Il ne suffit pas qu'il « ait l'air de reconsidérer sa position », il faut être sûr que soit il le repousse comme il se doit, soit… Mais rien de blessant. Je ne sais pas comment Taiga réagirait. Bon, il s'en remettrait, mais je préfère éviter ce genre de souffrance inutile…

-Je comprends, dit Kuroko. Je vais demander à Momoi-san de lui parler alors.

Et ce faisant, il pianota sur son téléphone, envoyant comme promis le fameux message.

-La deuxième condition, poursuivit le brun, c'est qu'on mette Taiga au courant. J'en ai marre de comploter dans son dos. Regarde où ça nous a mené…

Kuroko eut l'air de se sentir coupable. N'ayant rien à redire, il acquiesça.

-Bien, fit Tatsuya en soupirant de soulagement. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à sortir cet idiot de sa chambre… »

Les deux jeunes hommes sourirent, et Tatsuya se dirigea vers la chambre de Kagami.

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L'air froid de mi-février serpentait dans les rues de Tokyo en de longs courants d'air gelé. Le ciel était voilé et blanc.

Aomine marchait, anxieusement, sur la rue toujours dégoulinante de décorations roses à paillettes. L'abus d'accessoires démesurément mignons arrivait à l'oppresser. Ce n'était pas peu dire.

Momoi l'avait croisé dans la rue et lui avait demandé un peu plus tôt comment il réagirait s'il croisait Kagami « incessamment sous peu ». Il avait passé, gêné, un bras derrière sa nuque avant de souffler dans l'air glacé.

« Je sais pas trop… Je… Mais pourquoi tu me demandes ça ?

-Je sais pas… avait-elle sourit. Tu as peur de répondre, Dai-chan ?

-N'importe quoi ! Tss…

Un silence avait passé.

-Je pense que je m'excuserais, avait-il murmuré.

-Oh ? Le grand Dai-chan s'excuserait ?

-Arrête, je suis pas si horrible que ça ! »

Et maintenant, son amie d'enfance ayant disparu au coin d'une boutique de vêtements, il marchait seul, sans but précis. Intérieurement, il maugréait contre le manque de goût et de retenue des décorateurs de devantures de boutiques. Non, décidément, tout ce romantisme abusif ne lui revenait pas.

Il se mit à neiger.

Il se dit qu'il avait passé des bons moments, avec Kagami, quand même. Ça le tuait de l'admettre, mais il s'entendait bien avec le tigre. Quand ils ne jouaient pas au basket (dingue de voir un mec qui avait la même vision que lui de la chose d'ailleurs), ils se chamaillaient et aucun des deux ne manquait de répartie. Ils avaient chacun la même fierté, la même assurance.

Le mot de « rivaux » leur correspondait bien, autant pour le basket que pour le reste. Ils se ressemblaient beaucoup, même s'ils n'étaient pas tout à fait les mêmes non plus. Aomine était plus pervers, mais également un peu plus mature sur certains points, tandis que Kagami était un peu plus naïf et irréfléchi, mais était plus conciliant.

Mais c'était une rivalité… « positive », si on pouvait dire. Il y avait des rivalités dans lesquelles les deux adversaires cherchaient à se détruire mutuellement. C'était peut-être légèrement le cas lorsqu'ils s'étaient rencontrés d'ailleurs. Mais à l'heure actuelle, leur rivalité les poussait à aller de l'avant, et ils pouvaient rire ensemble, d'une joie franche et sincère.

Aomine pouvait dire qu'être avec Kagami le rendait heureux.

Le réaliser lui fit un choc.

Il sentit son cœur s'accélérer. Et sa poitrine se serrer bizarrement. Qu'est-ce que ça voulait dire, ça, hein ? Et c'était quoi cette réaction d'adolescente fan de shôjos dégoulinants ? Avec le cœur qui bat plus fort, tout ça c'était vraiment n'importe quoi !

Il était perturbé, et gêné au possible. Mais qu'est-ce que ça voulait dire ? Manquait plus que les rougissements et… Il toucha ses joues, pris d'un soudain doute.

Elles étaient anormalement chaudes.

Ça y était, maintenant on pouvait le dire : Aomine était maintenant en plein conflit intérieur. Ô joie.

Son cerveau empêtré dans une forêt de pensées contradictoires, il ne vit pas immédiatement les quatre personnes qui avançaient face à lui.

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Kagami marchait dans les rues de Tokyo, avec à ses côtés Himuro, Alex, et Kuroko. Il regardait vers le sol, toujours un peu abattu. Les trois autres (enfin, Kuroko, qui tenait lui-même ses sources de Momoi), lui avaient assuré qu'Aomine s'en voulait pour son départ en trombe et ses paroles blessantes du matin même.

Mais même si l'autre s'en voulait, lui avait quand même vécu la chose. Et les choses qui échappent à la parole sous pression reflétant parfois les véritables pensées d'une personne, Kagami doutait de la sincérité des remords d'Aomine.

Bon, d'accord, lui-même avait dit des choses qu'il ne pensait pas à Aomine quand il avait découvert son attirance pour lui. Mais n'empêche que le doute subsistait.

Et, même si Aomine s'en voulait, cela ne changerait rien au fait qu'il lui avait mis un râteau, pour reprendre l'expression populaire. Même s'il s'excusait, cela ne changeait rien au fait qu'Aomine aimait les filles (aux gros seins).

Kagami avait réalisé qu'il était tombé amoureux de la panthère de Touhou et ne cherchait même pas à le nier. Il le savait. D'ailleurs, cela ne datait peut-être pas de l'épisode « philtre d'amour ». Aomine et lui avaient une relation particulière une relation de rivalité/qui amène des tensions/assez fusionnelle/ qui faisaient qu'ils passaient beaucoup de temps l'un avec l'autre. Tout ça à la fois. En un sens, ils s'attiraient.

Mais Kagami, lui, à la différence d'Aomine, avait basculé derrière la frontière qui séparait la rivalité tendue à l'amour.

C'était étrange, maintenant qu'il avait passé la frontière, il lui semblait qu'il ne pourrait plus la repasser avant longtemps, et que par conséquent, il allait s'éloigner irrémédiablement d'Aomine. Il lui semblait que leur relation était maintenant détruite. Cela le rendait peut-être plus triste que le râteau en lui-même.

C'est pour cela qu'il était très réticent à suivre Tatsuya, Alex et Kuroko. A quoi bon voir Aomine ? A part pour que celui-ci puisse se racheter de ses actes ? Mais il les suivait quand même, parce qu'il n'avait pas la force de résister aux bêtises déblatérées par Alex, l'air d'approbation de Kuroko et le regard éloquent de Tatsuya. Quand tout serait fini, il serait débarrassé. Il finirait sa journée dans sa chambre à rien faire, arriverait en retard au lycée et ensuite serait remis et pourrait s'entraîner au basket pour évacuer la montagne de sentiments négatifs qui pesait sur lui depuis ce matin. Oh, il ne s'attendait pas à ce que la tristesse s'estompe si rapidement, mais bon…

Il pourrait peut-être repartir en Amérique pour un trimestre, qui sait ?

Perdu dans ses songes, il ne remarqua pas la personne devant lui qui se tenait la tête, apparemment en proie à un dilemme intérieur.

Pas plus qu'il ne remarqua pas ses trois acolytes s'écarter de lui et s'en aller discrètement.

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La neige tombait toujours sur les rues de Tokyo. Les horloges numériques indiquaient dix-huit heures piles. La nuit, en cette saison, avait déjà déployé son voile sur la ville et les décorations des boutiques pour la saint valentin brillaient dans les vitrines.

Des couples se tenant par la main se regardaient tendrement ou riaient ensemble en passant devant les chocolateries françaises*.

Les flocons étaient gros et duveteux, tombaient lourdement au sol, apaisés de leur folle descente du ciel, entamant la construction d'un doux tapis feutré sur les trottoirs.

Aomine sembla soudain prendre conscience de ce monde alors qu'une seconde plus tôt, il était perdu dans ses paradoxes infernaux. Il se sentit immédiatement calmé. La neige avait un effet relaxant qui frôlait la magie.

Et c'est là qu'il remarqua enfin la tache rousse devant ses yeux. A une cinquantaine de mètres devant lui, Kagami semblait prendre conscience de sa présence lui aussi.

Ils s'immobilisèrent. Leurs regards se croisèrent aussi loin que la précision à cette distance leur laissait le faire.

Aomine fut peiné de constater le manque de sourire, même tout petit, sur le visage du roux. Il le savait pourtant, c'était de sa faute.

La rue était pleine d'animation, mais le monde d'Aomine se rétrécit au silence de la neige qui tombait, et à la personne qui irradiait cette lumière particulière qui lui était propre. Kagami portait mal son nom. Il n'était pas un miroir**. Sa lumière venait de lui. Et Aomine l'aimait, cette lumière.

Cette pensée fut celle qui acheva ses doutes.

Il avança, pas après pas, grignotant la distance qui le séparait de Kagami. Sa démarche était naturelle, un peu trainante. Il ne savait pas ce qu'il allait faire, et ne pouvait s'empêcher d'appréhender quant à la réaction de l'autre idiot de Bakagami, mais dans sa tête, même si tout n'était pas tout à fait clair encore, il savait ce qu'il y avait.

Ils se retrouvèrent l'un en face de l'autre, Kagami n'ayant pas bougé d'un iota et détournant le regard.

Prenant une grande inspiration, Aomine tendit ses bras pour poser ses mains sur les épaules du roux.

« Oy, Bakagami, regarde-moi. »

Le roux, un peu hésitant, obéit et leva ses yeux.

Aomine respira profondément encore une fois. Il ne savait pas vraiment quoi dire. En fait, il voulait exprimer quelque chose comme : Je suis désolé pour ce matin. J'ai dit n'importe quoi. Je le pensais pas. En fait, j'étais un peu perturbé, tu sais, c'est perturbant, les potions magiques, mais là, ça va mieux. Je suis un peu perdu, bon ok, pas mal perdu et embrouillé, mais… Enfin, ce que je veux dire, c'est que… Enfin, tu comprends ? Je te… Tu me dégoûte pas en fait. Et j'aimerais bien… avec toi, enfin… essayer quoi, je suis… Je sais pas en fait. Mais j'aime bien être avec toi. Enfin, si, je sais. Quand je dis « essayer », c'est que finalement… tu me plais un peu je veux dire, Mai-chan et les filles aux gros seins, c'est super cool, mais toi, c'est autre chose.

Mais rien de tout ça ne sortit. C'était un peu dur. Pour sa fierté surtout. Et, n'en pouvant plus de l'air angoissé et peiné de Kagami, Aomine décida que parler, c'était bien beau, mais que pour lui, agir, c'était définitivement plus simple.

Alors, il réduit à néant la distance entre le roux et lui, et, remontant ses mains sur le visage de Kagami, l'embrassa.

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* La plupart des chocolateries de Tokyo viennent de France. Regardez les noms des chocolateries de Tokyo (il en manque peut-être, mais je crois que l'essentiel est là, et attention, c'est le nom original, pas la traduction) : Chocolat Bel Amer, Wako Chocolate Salon, Le Chocolat de H, Mont St Clair, Pierre Hermé Paris, Pierre Marcolini, La Maison du Chocolat, Godiva, Pascal Caffet, Jean-Paul Hevin, Lindt, Dandelion Chocolate, Cacao Sampaka.
Voilà. Les japonais son fans de la gastronomie française.

**pour le rappel, « kagami » veut dire miroir.

FINIIIIIIIIIIIIIIII ! Bon, à la relecture, je trouve certains passages un peu maladroits dans la rédaction, mais bon, tant pis, j'ai pas la force de tout réécrire.

Ça vous plait, comme fin ? *grand sourire niais* Si vous avez des remarques, requêtes, points que vous voulez que je clarifie, tomates à envoyer, le mot magique s'appelle review ! ^w^

Épilogue en vue pour la semaine prochaine ! ^^ (et oui, je vais pas m'arrêter là en mode "haha, ils se sont embrassés pour de vrai, sans avoir besoin du philtre, tous seuls, comme des grands! Cool! Trop bien!" et donc je développerai peut-être un peu leur relation après... Je sais pas trop. J'ai deux-trois idées pour l'épilogue, mais si vous voulez voir quelque chose en particulier, c'est le moment de me le dire, parce que toute requête sera considérée avec joie.

Huggies