Et un chapitre 4 traduit, un !
Je suis folle de cette fanfiction :D
Bisous et bonne lecture !
Roza-Maria.
Jack remarqua le poignard manquant. Quand il posa la question, Charles haussa simplement les épaules, une décision qu'il regretta lorsque la curiosité de son ami se changea en suspicion.
« Allons, Charles, je sais que tu es pointilleux quand il s'agit de tes lames. Il n'a pas simplement disparu. »
« Laisse tomber, » marmonna Vane sans prendre la peine de lever les yeux du feu. Il était parfaitement content d'être assis seul sur le sable avec son rhum jusqu'à ce que Jack décide de le rejoindre et de gloser sur ce putain de couteau.
« Non, je ne crois pas que ce soit une option. Tu vois, nous savons tout les deux qu'il n'a pas, comme je l'ai dit, disparu. Si il avait été volé, tu l'aurais recherché, et ce même si il y avait quelqu'un d'assez fou pour te voler dans ce campement, ce qui n'est pas le cas. Que tu sois indifférent au sujet de ses allées et venues indique que tu sais où il à disparu, ce qui signifie que tu à fait don de celui-ci. Donc, il est maintenant en possession d'une certaine Eleanor Guthrie. »
« Va te faire foutre, Jack. »
Le bruit que fit son ami fut quelque chose entre un rire et un grognement. « Tu ne peux pas être sérieux. »
Charles grogna une réponse, et tourna son attention vers la bouteille de rhum tenue lâchement entre ses doigts. Il était tard et le campement était calme, la plupart des hommes endormi où à l'auberge où à la taverne. Qu'est-ce qu'il faisait encore sur la plage, Charles n'en était pas tout à fait sûr, habituellement maintenant il aurait également fait sa route jusqu'à la taverne, cajolé Eleanor dans une alcôve où dans une arrière chambre, et l'aurait attendue pendant une dizaine d'agréable minutes avant de s'asseoir à une table dans la taverne pour écouter les nouvelles du jour jusqu'à ce qu'elle soit libre pour la nuit.
Mais quelque chose au sujet de la nuit où il avait trouvé Eleanor dans sa tente avait laissé Charles instable, et les questions incessantes de Jack n'aidaient pas.
Ce n'était pas le fait qu'il lui avait offert le poignard, dont elle aurait besoin pour être en mesure de se défendre. Et ce n'était même pas le fait qu'il lui avait appris comment l'utiliser, quelqu'un avait bien besoin de le faire. Mais sur ce tronçon sombre de plage, chaque désir de protection qu'il avait travaillé pour enterrer revenait à la vie en hurlant, et il l'avait laissé faire, il s'était laissez allez lui-même dans ce moment avec elle, prenant soin d'elle, pas seulement comme la source de leur revenue mais comme quelque chose de plus. Il avait laissé la colère contre son père de merde s'allumer dans son ventre et le diriger, jusqu'à ce qu'il y ait une lame dans sa main et qu'elle soit armée d'un semblant de connaissance de comment l'utiliser.
C'était un fait qu'il ne pouvait pas laisser disparaître, que plutôt que la rejoindre dans son lit, il n'avait pas pu laisser passer un autre putain de moment sans savoir qu'elle avait les moyens de se protéger. C'était une ruée de soulagement et d'affection qui s'était emparé de lui quand il l'avait trouvée attendant dans sa tente, un baume immédiat sur son humeur aigre après une journée apparemment sans fin sur le pont.
Il était de savoir que, malgré le nombre de fois où il s'était dit que cette chose avec Eleanor était temporaire, ses sentiments pour elle ne l'étaient pas. Teach avait raison – un morceau d'elle était monté à bord du navire avec lui, un morceau d'Eleanor qui était ancrée jusqu'à présent dans ses côtes qu'il ne pourrait jamais arracher.
Jack était toujours à radoter à ses côtés, mais Charles l'ignora alors qu'il se leva et qu'il marcha loin du campement. Jack était assez intelligent pour ne pas le suivre sur la plage, que ce soit son silence, où l'ensemble de ses épaules, où une connaissance innée qui venait du fait d'avoir passé tant de temps dans la compagnie de l'autre.
Charles marcha jusqu'à ce que la ruée des vagues soit plus forte que le bruit des feux, jusqu'à l'odeur de l'océan domine celle de tant d'hommes vivant dans un petit endroit, puis il se trouva une place dans le sable, encore chaud de la lumière du soleil de la journée. Il n'était pas assez fou pour être désarmé, et il était impossible de se détendre complètement, mais ses épaules se desserrèrent et ses respirations s'approfondirent alors qu'il regardait l'océan.
La vérité était que il ne savait plus ce qu'il était en train de foutre avec Eleanor. Certaines nuits, il pensait que cela pourrait être la même chose pour elle, cette chose entre eux qui avait commencé comme un jeu de puissance, mais qui s'était en quelque sorte transformé en tout autre chose. Elle avait du pouvoir sur lui, ce qui devrait être raison instantanée de rompre tout lien, mais même si il n'y avait pas les enchevêtrements d'affaires, il n'aurait pas pu le faire.
Il était amoureux d'elle.
Il lui avait fallu beaucoup de temps pour se l'admettre, mais ce n'était pas une chose qu'il pouvait ignorer plus longtemps. Le nier était plus dangereux que de le reconnaître, il devait planifier pour cela, s'endurcir face à ça de sorte que toute faiblesse sera compensée. Il ne sera pas pris par surprise par ça, ne permettra à personne de le lui jeter au visage comme une insulte sans y être préparé.
Charles aimait Eleanor – mais ce n'était pas une épopée romantique pour les âges. C'était quelque chose qui le griffait dans sa gorge et qui tordait son estomac – c'était une peur pour sa sécurité quand il était trop longtemps en mer, ce qui était tout à fait déraisonnable, mais il était impuissant à arrêter cela.
Il entendit ses pas longtemps avant qu'elle ne prenne place à côté de lui dans le sable, d'abord silencieusement, puis se blottissant contre lui en soupirant alors qu'il passa son bras autour de ses épaules et l'attira plus près. « Jack m'a dit que tu étais parti, » dit-elle calmement, ses doigts jouant avec l'un des pendentifs suspendus au-dessus de sa chemise.
« Jack doit à apprendre à la fermer, » Charles ne quitta pas l'eau des yeux, son pouce frottant distraitement l'épaule d'Eleanor et sa voix était calme. En vérité, il était heureux qu'elle l'ait trouvée, heureux que alors qu'il travaillait toujours pour traiter ce bordel qu'il allait faire au sujet d'être amoureux de cette femme, qu'ils soient loin des regards indiscrets.
« Je me suis arrêté pour parler avec Teach sur le chemin pour te trouver. Il prévoit de mettre les voiles demain midi. » Son humeur devait être contagieuse. Les paroles d'Eleanor était douces, comme si parler trop fort pourrait perturber la paix du soir.
« Tu lui a donné une avance ? »
« Je l'ai fait. Canne à sucre. Un peu de ceci. » Eleanor était toujours calme, mais elle exhala tout à coup, envoyant son souffle chatouiller sa peau. « Nous ferions une sacrée équipe, si tu étais capitaine. »
Il ne peut pas s'empêcher d'avoir un petit rire, sa main tombant de son épaule pour faire glisser ses doigts sur le haut de ses seins. « Ce qu'on ferait ensemble serait bien », lui accorda-t-il, mais sa voix était remplie de suggestion, et Charles ne voulait vraiment plus parler d'affaires si il devait être de retour en mer avant midi. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour amadouer Eleanor et l'amener sur ses genoux, ses genoux à elle s'enfonçant dans le sable de chaque côté de ses hanches, la chaleur de ses cuisses le saignant à travers son pantalon, puis il l'embrassa.
Et peut-être qu'elle comprit ce qu'il essayait de lui dire avec ce baiser – peut-être arrivait-elle à lire dans la pression de son pouce le long de sa mâchoire et dans le resserrement de ses bras autour de sa taille aussi facilement que dans ses livres de comptes. Où peut-être pas. A la fin, cela ne comptait pas vraiment – Eleanor n'était pas le genre de femmes qui accordait beaucoup de valeur dans les jolis mots. Trop d'hommes le lui en avait offert dans sa vie pour qu'elle y croie, de toute façon.
Alors Charles ne dit pas un putain de mot.
« Non. »
Eleanor le fusilla du regard derrière son bureau, la chaise dur contre son dos alors qu'elle le regardait se pencher en arrière, sa posture décontractée en contradiction directe avec la fureur qui brûlait dans ses yeux. « Pourquoi non ? » Grogna-t-elle, irritée. Elle avait passée des mois à penser à cela, et son plan était logique et efficace. Il n'avait absolument aucune raison de refuser.
« Tu es en train de me demander de trahir Teach. » Il ne délibéra pas plus, tirant une pièce de huit familière de sa poche et en détachant ses bras croisés afin de la faire sauter entre ses phalanges. Il avait oublié à quel point elle le connaissait bien maintenant, oublier que ce qui apparaissait comme de l'insolence et de l'ennui à quelqu'un d'autre lui révélait à elle combien ses émotions était en suspens – parce qu'elle savait que ce n'était pas juste une pièce de huit qu'il gardait dans sa poche.
Et elle les avait vus ensemble – vu la relation d'un père et d'un fils. Elle savait que Charles était l'héritier présomptif, que Teach avait l'intention de lui laisser l'héritage qu'ils allaient construire ensemble, mais Eleanor n'était pas une femme patiente.
Pas plus qu'elle ne souffrirait de l'influence que Teach avait sur Charles plus longtemps. Il était assez intelligent pour ne pas la défier directement, assez pour savoir que cette chose entre Charles et elle avait des dents et que si cela était acculé, son quartier-maître la choisirait, elle. Au lieu de cela, Teach rabaissait son autorité à chaque occasion qui se présentait à lui, et Dieu sait ce que les mots de sagesse de l'homme donnaient sur Charles quand ils étaient en mer, à des miles et des miles de l'influence d'Eleanor.
Mais cela ne pouvait pas continuer comme ça pour toujours, et si Teach ne pousserait pas Charles à choisir son camp, alors elle le ferait.
« Tu veux être un putain de quartier-maître pour toujours ? »
Ses yeux clignèrent alors qu'il tourna son regard sur elle, la pièce disparaissant dans sa paume. « Il n'y a pas une goutte de loyauté en toi, n'est-ce pas ? » Ria-t-il, un son dur et amer alors que ses yeux se rétrécissait. « Comment cela se pourrait-il quand tu à grandit dans ce putain d'endroit, entouré de gens qui ne sont fidèles qu'à eux-mêmes. »
« Comme si tu savais la moindre putain de chose sur la loyauté, » Ricana-t-elle et elle sut que c'était la mauvaise chose à dire avant même que sa mâchoire ne se crispe, ses lèvres se serrant en une ligne mince et dure.
« J'en sais beaucoup plus que toi, » répondit-il après un silence difficile. « Un capitaine qui gouverne par la peur seule ne sera pas capitaine très longtemps. La loyauté, au navire, à l'équipage, aux uns les autres… Tu devrais maintenant savoir que ce putain de mot signifie quelque chose pour moi. Que ma loyauté signifie quelque chose pour moi. » Il y avait une touche amère derrière ces dernières paroles, un dégoût avec elle et lui-même dans la torsion de ses lèvres. « Tu ne le reconnaîtrai pas même si tu l'avais, n'est-ce pas ? »
Elle resta silencieuse, son tempérament enflammé s'entourant autour de sa langue tel un serpent. Malgré le ton qu'il avait pris avec elle, comme si elle était une enfant dans le besoin d'être grondé, Eleanor n'était pas stupide. Cela pouvait être enterré sous sa colère bouillonnante et son dégoût, mais elle entendait ce qu'il ne dira pas – qu'il lui avait offert sa loyauté, et que malgré cela, malgré tout ce qu'il y avait entre eux, assis en face d'elle maintenant, il savait qu'elle se détournerait de lui si cela convenait à ses objectifs.
Mais tel qu'était les choses, il était dans son intérêt de le garder à ses côtés, et peut-être que cette conversation était un bon rappel des raisons pour lesquelles elle s'était impliquée avec Charles Vane en tout premier lieu.
Peut-être qu'elle avait besoin de ce rappel, maintenant plus que jamais. Maintenant, quand ses baisers et son toucher était plus imbibés de désir que jamais, mais que quelque chose de tendre et de doux s'allumait dans ses yeux quand il l'a regardait – maintenant, quand elle buvait trop et qu'elle se retrouvait à regarder le jeu des chandelles sur le contours de ses joues, les flammes brûlant dans ses yeux bleus, et qu'elle se demandait si elle n'était pas tombée amoureuse de lui.
« Ma loyauté n'est pas le sujet de la conversation, » dit-elle finalement, quand il devint clair qu'il continuerait à bouillonner en silence jusqu'à ce qu'elle réponde. « Ce n'est pas à propos de loyauté. C'est à propos de se faire un putain d'avenir pour toi-même. »
Charles n'avait jamais été un homme enclin à rester calme, mais le silence qui le dépassait alors qu'il l'a regardait fixement dans une indignation flagrante qui provoqua un frisson le long de son dos. Et il resta ainsi un long moment, ne bougeant pas, mais l'évaluant, dépouillant chaque masque qu'elle n'ait jamais porté. « Un avenir ? » demanda-t-il finalement non sans un peu de mépris, sa voix basse mais les mots coupant comme des rasoirs alors qu'il l'a regardait, un soupçon d'une offre qu'elle avait refusé de reconnaître pendant des semaines s'attardant sur sa langue malgré la colère tourbillonnant autour de lui.
« C'est ce que j'ai dit, » rétorqua-t-elle, refusant de céder au murmure d'un autre avenir, celui qui n'existait pas pour les femmes comme elle où pour les hommes comme Charles.
« Va te faire foutre, Eleanor. » Il sauta brusquement sur ses pieds, bousculant le fauteuil quand il se mit debout et ne prenant pas la peine de le remettre droit avant de sortir tel une tornade de son bureau, la porte ouverte claquant derrière lui.
Et elle le laissa partir, parce que Eleanor et Charles était vraiment trop semblables, et elle savait que, malgré sa première réaction du à un réflexe, il se rangerait à ses côtés. Il ferait passer ses ambitions d'abord, parce peu importe sa loyauté envers Teach, peu importe ce que cet homme avait fait pour lui au fil des années, jusqu'à ce que Charles soit capitaine de son propre navire, il sera tenu de suivre les ordres d'un autre et la chose qu'il voulait le plus au monde était d'être libre de toute personne qui pourrait le sauver. Si cela signifiait qu'il devrait faire un pacte avec le diable – avec elle – alors il le fera.
Et elle suppose que c'était ainsi que les choses devaient être – Eleanor n'avait jamais été une belle journée d'été. Elle était une tempête dans la mort de la nuit, un navire tueur dont les hommes se souviendront avec crainte dans leur cœur, et Charles Vane naviguait depuis si longtemps en elle qu'il était beaucoup trop tard pour changer de cap maintenant.
Pourtant, quand elle regarda Teach quitta son île sur la plage un mois plus tard, Charles n'était pas à ses côtés. Il resta avec ses hommes, ses yeux plissés contre l'éblouissement du soleil alors qu'il regardait son mentor ramer dans la baie, son visage n'étant qu'un masque dur. Et quand la barque fut trop loin dans l'eau pour qu'on puisse la voir, il ne regarda pas vraiment vers elle avant de se retourner vers ses hommes et de disparaître dans les campements.
Il ne vint pas à la taverne. Quand il célébra son nouveau capitanat, ce n'était pas avec elle. Elle se disait que cela n'avait pas d'importance si il baisait une des putes ce soir, si il avait choisi de se délecter avec ses hommes au lieu de partager la victoire avec son orchestrateur – elle n'avait aucun droit sur lui. Ils ne s'étaient fait aucune promesse, et il connaissait la vérité de ça depuis le départ.
Je sais que tu m'utilises pour tes propres fins.
C'était vrai dans leur première nuit ensemble, et c'était vrai maintenant. Peu importe à quel point les lignes s'était estompés entre eux, peu importe comment elle n'était même plus certaine de pouvoir appeler ce qu'ils faisait dans un lit « baiser », peu importe comment la victoire était creuse sans lui ou comment elle avait un goût amer de cendres sur sa langue.
Elle avait gagné. Elle se tenait sur la plage, fière et forte, et tout Nassau savait que son pouvoir ne ferait qu'accroître. Elle bannissait les capitaines et elle en faisait des nouveaux comme il lui plaisait. L'île était sienne, à elle seule.
Et ainsi était son lit.
Tout le monde se réjouit du changement de garde.
Eleanor avait pris depuis longtemps l'habitude de l'antagonisme et du respect donné à contrecoeur des équipages de pirates pour elle, mais dans le sillage de la capitainerie de Vane, le changement était sans équivoque.
Elle n'était pas l'une d'entre eux. Peu importe la quantité de pièces qu'elle leur faisait gagner, où avec qui elle baisait. Elle n'était pas un homme, et par conséquent, ils lui avaient envoyé son roi qu'elle avait fait.
Mais quel genre de roi faisait Charles Vane.
Les questions entre eux restaient tendues à la suite du bannissement immédiat de Teach. Vane restait sur la plage avec ses hommes, et quand elle lui rendait visite à sa tente, leur seule interaction était un échange d'informations laconiques sur les allées et venues d'un prix. Charles était tout indolent, ivre de rhum et vautré sur un fauteuil et il refusait de se lever pour lui adresser la parole, la fumée de son cigare tournant autour de lui.
« Merci, Miss Guthrie, » dit-il d'une voix traînante quand elle finissait de parler, sa voix provoquant un frisson dans sa poitrine. Ses yeux bleus glacés croisèrent les siens, un défi familier regardant tranquillement vers elle. Sa politesse et sa moquerie étaient à son meilleur, mais il n'y avait aucune trace de son amusement habituel. Il ne la taquinait plus de cette façon qu'elle avait fini par réaliser que c'était un signe d'affection, il se contentait de l'appâter devant Jack et Anne.
« Essaie de ne pas te faire tuer, » lança-t-elle en redressant son dos et en le fusillant du regard en retour. « Ce serait un putain de gaspillage de mon investissement. » Elle ne prit pas la peine d'attendre une réponse, ses derniers mots jetés par-dessus son épaule alors qu'elle sortait de la tente.
Elle enterra l'inquiétude qui la titillait, l'inquiétude pour un homme dont elle était venue à se soucier malgré elle.
Et quand une tempête frappa trois jours plus tard, une pluie battante tombant sur la plage et le vent transformant le port en cauchemar moussant, Eleanor essaya de se dire qu'elle était inquiète pour sa bourse.
Qu'elle n'en avait rien à foutre de Charles Vane.
Qu'elle n'en avait rien à foutre que son lit soit vide. Elle avait choisi de se concentrer sur d'autres choses.
Qu'il ne lui manquait pas.
Elle n'y parvint pas.
Il fallut trois semaines avant que le Ranger s'ancre dans le port, et Eleanor descendit sur la plage pour rencontrer l'équipage – pas pour voir comment allait Vane, parce qu'elle ne s'en souciait pas – et pour vérifier leur cargaison, si il y en avait une.
Mais il fut impossible de manquer les dents serrées et la boiterie subtile avec lequel Charles se déplaçait sur la plage. Pour presque tout le monde, ce ne serait pas perceptible, mais Eleanor avait passé un temps considérablement long à proximité du corps de cet homme, et dans la manière dont il se déplaçait, c'est qu'il avait mal.
« Un mot, Capitaine. » Ce n'était pas vraiment une demande, son dos droit et ses yeux plissés contre l'éblouissement du soleil. Il leva vers elle un regard attentif, mais il hocha la tête, balayant sa main à travers le sable avec son irrévérence habituelle.
« Après toi. »
Elle ne reconnaissait pas la façon dont son cœur se mit à tambouriner contre ses côtes alors qu'elle lui tourna le dos, l'emplacement entre ses omoplates la picotant sous l'intensité de son regard. C'était la première fois depuis longtemps qu'il l'a regardait de la même manière qu'il le faisait avant, l'ombre d'un sourire en coin tirant sur ses lèvres dans une courbe qu'elle avait tracé avec sa langue tellement de fois qu'elle ne pouvait les compter.
Il y eu une brève conversation derrière elle, un bourdonnement de voix, mais elle entendit distinctement le « va te faire foutre, Jack » de Charles et la conversation se termina là.
Au moment où il la suivit dans sa tente, tout sens de la retenue où de la raison avait fuit son esprit. Elle se retourna, son intention étant de lui donner une belle remontrance, de lui demander afin de savoir si il avait ramenée la prise où si il l'avait perdue, mais tout ce qu'elle parvint à voir fut le soupçon faible d'amusement assombri par la douleur dans ses yeux, et quand elle se lança vers lui, ce n'était pas pour se déchaîner.
Il grogna quand son poids le frappa, sifflant entre ses dents alors qu'elle le heurta, quelque soit la blessure qu'il essayait de cacher, mais sa bouche était sur la sienne, et c'était comme avant. Ses bras l'entoura, écrasant son corps contre le sien, le baiser n'étant rien si ce n'est un besoin rude alors que les pinces qui tenaient ses cheveux étaient jetées à terre l'une après l'autre. Ils entrèrent dans un conflit et commencèrent à se battre pour avoir ce qu'ils voulaient, ses mains à elle tâtonnant sa ceinture d'épée dans un effort pour la laisser tomber au sol, lui luttant pour chasser dans le volume des ses jupes.
Elle parvint à accomplir sa tâche au même moment où sa main trouva son chemin entre ses jambes, et le bruit qu'il tira d'elle était à moitié un halètement et à moitié un gémissement. Cela faisait des semaines qu'il ne l'avait pas touché, des semaines sans que quelqu'un ne l'ait touchée, et il n'était pas tendre, mais Eleanor s'en moquait. Elle voulait juste oublier pendant quelques minutes, oublier comment les choses étaient devenues si compliquées entre eux, oublier son ressentiment à lui et son amertume à elle.
Mais elle ne voulait jamais oublier cette sensation quand il était en elle, qu'il était si désespéré d'elle qu'ils ne le faisaient même pas dans un lit. Il l'a pencha sur son bureau de fortune, ses doigts s'enroulant étroitement aux siens alors qu'ils saisissaient le bord de la table ensemble pendant qu'il l'a baisait, sa peau frappant dans la sienne, aucun d'entre eux n'étant en mesure de formuler des mots.
Cela se termina en quelques minutes, les laissant tout les deux tremblants. Il ne se retira pas immédiatement, son emprise sur ses mains se relâchant, son pouce caressant l'intérieur de son poignet avec une telle tendresse qu'elle faillit retirer sa main. Il embrassa la courbe de son cou une dernière fois avant qu'elle ne puisse retrouver ses esprits, mais quand elle put finalement se redresser, ses jupes tombant sur place, il l'a regardait comme si elle était un serpent lâché dans sa tente.
« Tu voulais un mot ? » Sa voix restait rude avec l'effet persistant de leur ébat alors qu'il se tenait là, se repliant dans son pantalon dont il commença à faire les boutons. Eleanor voyait à travers sa désinvolture forcée si facilement qu'elle se demandait pourquoi il se dérangeait encore à faire semblant.
« Qu'est-ce qui s'est passé là-bas, putain ? »
Il haussa les épaules, et bien qu'il parvint à ne pas à grimacer, un éclair de douleur passa dans ses yeux. « Mauvais temps. »
« Tu es blessé. »
« Ce n'est rien. »
« Ce n'est pas rien. Laisse-moi voir. »
« Ce n'est pas ton putain de problème, Eleanor. » Il se moqua devant son expression sans aucun doute choquée, sa voix se refroidissant en quelque chose qu'elle n'avait jamais entendu. « Tu n'a pas été dans mon lit depuis des semaines. Une baise rapide ne te donne pas la domination sur moi. »
C'était un mensonge, et ils le savaient tout les deux. Le fait même que cette baise rapide soit arrivée, les circonstances dans lesquelles ils étaient à l'heure actuelle, était un témoignage de sa domination, mais Eleanor ne le dit pas. Au lieu de cela, elle choisit la communication tactique, souriant, et défaisant le bouton de sa chemise. « C'est tout ce que tu veux, Charles ? Une baise rapide ? » Ses yeux la suivirent automatiquement alors qu'elle ouvrait un autre bouton, puis un autre.
« Quel que soit le putain de jeu auquel tu es en train de jouer, je ne suis pas intéressé. »
Mais il était intéressé, parce qu'elle ne manquait pas la façon dont ses yeux suivait ses mouvements, la façon dont son pouls sautait dans sa gorge, et le changement subtil de son poids alors qu'elle continuait à se déshabiller. « Tu es celui qui à choisi de m'éviter ces dernières semaines », lui rappela-t-elle en s'approchant d'un pas.
« Peut-être que voir la salope manipulatrice que tu es m'a appris quelque chose. »
Se penchant plus près, Eleanor dénoua le bouton final de sa chemise, ses lèvres juste à quelques pouces de son oreille alors qu'elle chuchota « Menteur. Tu aimes ça. Tu as toujours aimé ça. »
« Va te faire foutre, Eleanor, » Cracha-t-il, mais ses mains étaient sur elle, dégageant la chemise de ses épaules. Son poids était lourd, familier alors qu'il l'a poussait sur le lit, son baiser aussi brutal que la poigne de ses doigts. Il n'y avait rien de doux dans la façon dont il pétrissait sa poitrine, pinçant la peau tendre et raclant ses dents le long de son cou.
Elle s'en moquait. Il y avait toujours eu quelque chose de viscéral dans leur besoin l'un de l'autre, leur désir étant aussi tranchant qu'une lame et tout aussi dangereux.
Charles commença à pousser ses jupes, mais elle voulait sa peau sur la sienne, elle le voulait sans tout ce tissu. Il grogna quand ses ongles se creusèrent dans ses biceps, le poussant en arrière jusqu'à ce qu'elle parvienne à le faire sur le côté. Il vit ce qu'elle voulait faire au moment où elle commença à tâtonner avec les liens de sa jupe, les saisissant et libérant les lacets. Il y eu un moment où ils furent distrait en rejetant à la hâte ce qui leur restait de vêtements, mais à peine avait-elle jetée sa jupe que Eleanor prit ce qu'elle voulait. Lançant une jambe sur ses hanches, elle le chevaucha trop vite pour lui laisser reprendre le contrôle, roulant ses hanches vers l'avant alors que ses ongles griffaient son torse.
Il jura vicieusement, ses yeux se fermant alors qu'elle le prit en elle plus profondément, ses hanches se serrant contre les siennes. Quand ses yeux se verrouillèrent aux siens un instant plus tard, elle entrevit la nostalgie persistante dans son regard noir, mais quoi qu'il puisse ressentir, il ne voulait pas qu'elle le voie. Charles s'assit alors sans avertissement et saisit sa bouche avec la sienne, ses doigts s'entremêlant dans ses cheveux pour la maintenir en place. Son autre main se glissa sur sa hanche, ses doigts se creusant dans sa peau douce assez fort pour laisser un hématome, la guidant, la gardant là où il le voulait, affirmant son contrôle en dépit de sa position au-dessus de lui.
Et elle le laissa faire, parce qu'à la fin de la journée, Charles serait sien, et ils le savait tout les deux.
C'est pourquoi elle le laissa la retourner sur le dos, et malgré les baisers durs et les morsures de ses dents, ses va-et-vient devirent plus lents, taquin. Il ne fallut pas longtemps à Eleanor pour qu'elle réalise ce qu'il était en train de la prier, qu'elle se donne à lui comme elle le faisait auparavant, sans réserve. Mais Eleanor n'était plus la fille qu'elle avait été, et l'équilibre du pouvoir entre eux n'était plus ce qu'il était autrefois, alors elle enfonça ses ongles dans sa peau et lui donna un peu plus que quelques malédictions mordues qu'elle ne pouvait pas contenir.
Aucun d'entre ne le reconnaissait, la bataille qui faisait rage entre eux, mais elle le voyait quand elle le regardait dans les yeux, le voile de la tempête à l'horizon qui arrivait droit sur elle elle le sentait presque dans chacun de ses mouvements, elle le voyait dans les bords durs de son sourire en coin quand il pouvait dire qu'elle se rapprochait de la jouissance, et au lieu de la pousser plus loin, il reparti en arrière. C'était la force de ses coups, ses hanches laissant sûrement une ecchymose dans l'intérieur de ses cuisses, et c'était cette tension rayonnant de lui, la colère se glissant entre eux juste à côté de leur plaisir.
Eleanor donnait aussi bien qu'elle recevait, en faisant glisser ongles dans son dos, ne savant pas si c'était de la sueur où du sang qu'elle sentait sous ses doigts. Cela n'avait pas d'importance. Elle était avide de lui, elle l'avait toujours été, et si l'obscurité en lui était proche de la surface où enfoui sous son masque calme, il était toujours là. Il s'enlaçait avec elle, deux ombres se fondent dans un enchevêtrement de contorsions de chairs, pas prêt de reculer.
Ils étaient tout les deux des personnes têtus. Cela était le cas depuis très longtemps.
Mais au final, elle avait toujours été sa faiblesse, et il l'avait toujours su, alors quand il ne parvint plus à en prendre davantage, il poussa en elle durement et rapidement. Il se pencha pour l'embrasser, un baiser peu soigné, désordonné, qui était plus fait de dents et de langues que de lèvres, et l'angle qu'elle lui donnait fit qu'elle avait besoin de sombrer avec lui.
Ils restèrent couchés ensemble après, ses doigts s'enroulant autour des siens, le seul signe qu'il l'a voulait là et qu'il n'était pas sur le point de la jeter au milieu du campement où tout le monde savait qu'il venait juste de la baiser.
Deux fois.
Le soleil était bas dans le ciel, et il faisait chaud dans la tente, leurs corps étaient recouverts d'un fin éclat de sueur. Elle se dit qu'elle ne s'en souciait pas, qu'elle n'était pas profondément soulagée de l'avoir à ses côtés, de le sentir sur sa peau, même si il venait juste de passer plusieurs semaines en mer. Et quand elle roula sur le côté pour vraiment prendre un coup d'œil maintenant qu'il était nu, elle se dit qu'elle n'était pas préoccupée par l'entaille le long de ses côtes.
« Qu'est-ce qui est arrivé ? » Demanda-t-elle tranquillement, faisant courir son ongle le long du bord de la plaie. Quelqu'un l'avait recousue comme on le pouvait en mer – avec soin, même si elle supposait qu'il s'agissait de Jack – mais leur activité récente l'avait laissée rougie et livide, l'un des points de sutures ayant sauté et un petit filet de sang coulait sur le côté. Un rapide coup d'œil sur sa propre peau montra un frottis rouge laid, et il y avait un commentaire quelque part ici, son sang sur elle, mais elle l'ignora.
« Ton investissement vivra un autre jour, » dit-il sans ouvrir les yeux, sa respiration se ralentissant, mais la morsure restant dans ses paroles.
« Charles. »
Il l'a regarda alors, sa tête enfouit dans son propre bras tel un coussin, les lignes dures qu'il portait si bien se lissant par l'épuisement assouvi que lui donnait toujours une ruée. Le brun riche de sa peau faisait que ses yeux semblaient plus pâles, fantomatiques alors qu'il l'a regardait avec tellement de questions et aucune réponse.
Mais quoi qu'il chercha, il posa sa main sur sa joue, sa peau rugueuse contre sa peau douce alors que son pouce caressait sa mâchoire, un toucher doux qui la maintient captive. « Tu m'as manquée, » dit-il enfin, et ce fut si calme et si faible qu'elle n'était pas certaine qu'il ait dit cela. Mais ses yeux se durcirent et bien qu'il ne retira pas sa main, sa voix était froide quand il ajouta : « Mais demande moi de trahir mes hommes encore une fois et je te coupe la gorge moi-même. »
Elle voulait lui dire qu'il était un menteur – il ne pouvait pas plus lui faire du mal qu'il ne pouvait abandonner sa vie de capitaine pour une vie de loisirs – mais il croyait en cela en cet instant, et même si il ne pouvait pas vraiment la tuer, elle avait toujours su que Charles Vane était un homme dangereux. Alors, elle hocha la tête, et elle embrassa ses doigts alors qu'ils se déplaçaient sur ses lèvres. Elle n'avait pas envie de s'aveugler sur ce côté de lui, bon où mauvais, ce côté faisait de lui l'homme qu'il était.
Haussant sur ses épaules une chemise propre alors qu'elle se releva, Eleanor remit sa jupe, se faisant assez décente pour récupérer une cruche d'eau a à peine dix pas de la tente. « Reste là, » dit-elle à Charles, qui ricana seulement en retour.
Une fois qu'elle fut de retour, Eleanor posa la bassine, y trempa un chiffon et elle revint à ses côtés après avoir jeté avec impatience sa jupe. Il l'a regarda, une inattendue expression douce sur son visage alors qu'elle commença à nettoyer autour de ses points de sutures, essuyant soigneusement la crasse, le sel et le sang, et il lui dit ce qui était arrivé en mer alors qu'elle travaillait, sa main dans ses cheveux. Et pendant un instant, ce fut comme si rien n'avait changé, et cela devrait lui faire peur, mais il n'en était rien.
Et c'était tout aussi terrifiant.
