Six heures du matin, ne pas réussir à dormir, écouter les battements de son coeur, des battements réguliers et calmes, les battements d'un coeur sain, c'est justement là le problème.

Merci à :Loulya qui avait vraiment du boulot entre les mots que j'oublie, ceux que j'ajoute pour rien et tout le reste et aux kangourous parce que sans eux la fête est moins folle.

Mot de la bêta : J'avais donc dit que je devais détruire le mythe de l'auteur sérieux. Parce que votre auteur préféré (oui, oui, c'est bien de Mary qu'on parle) n'écrit jamais ses chapitres tout à fait sobre. L'alcool serait-il la clef du succès ? Question philosophique (et existentielle dans le cas de certains) intéressante, mais qui ne concerne pas ce mot ! Que dire d'autre si ce n'est qu'elle a fait des bêtises extraordinairement passionnantes ? Allez donc chercher Bonnie et Clyde sur Wikipedia, elle était Bonnie selon l'un de ses prof de Terminale. Mary est une légende mes amis ! Une légende bien vivante d'ailleurs ! Je propose une interview où elle exposera en long et en large ses bêtises pour mon prochain mot ! (si vous voulez que je le fasse, vous reviewez ! Sinon, vous vous mettrez ce charmant projet là où je pense, à vous de deviner quel est cet endroit).

À part ça j'ai moyennement réussi ma première épreuve des partiels et je me suis vengée sur ma carte bleue du coup. Oui vous en avez rien à faire de ma vie, je sais bien. Mais il fallait que je termine ce mot sur une phrase intelligente, donc la voici : je suis parfaite !

Oui, j'ai écrit de la merde. Mais comme dit Mary : « C'est en partant de la merde qu'on découvre les diamants. » Donc en gros, contentez-vous de mon mot, il est très bien comme ça !

Fuck the fucking moment : Un portable qui vibre. Un message et c'est tout mon univers qui bascule. Un prénom sur l'écran, celui que je tente de bannir depuis des mois de ma vie. Des mois de thérapie foutue en l'air en moins d'une seconde. J'ai pleuré, sans pouvoir m'arrêter. J'ai eu envie d'hurler, de tout détruire. Et cette envie impérieuse, celle de le détruire comme il m'a détruit. Je n'ai rien fait, je suis restée assise dans le noir, seule avec mes larmes, seule avec mes souvenirs. Je suis écorchée par la vie, comme tout ceux qui savent. Quoi ? Que rien ne s'oublie jamais.

LA DOULEUR NE PART JAMAIS, ELLE RESTE ET TE RONGE PETIT A PETIT.

Bonne lecture.


Le Silence

Cinquième chapitre

Falling


Je reste debout, regardant les flocons tomber pour finalement s'effacer. La beauté éphémère de l'hiver qui s'estompe. Je reste là, une cigarette calée entre les lèvres et l'âme en vrac.

J'entends des pas qui s'approchent, je ressers les pans de ma cape contre moi. Une tape sur mon épaule, je me tourne pour découvrir Nott, un grand sourire sur les lèvres.

"Je l'ai enfin."

Il relève sa manche pour me montrer la Marque noire qui tranche sur sa peau pâle. J'ai un rire sec, il ne sait pas à quoi il s'engage. Il ne sait pas que les seules échappatoires possibles sont la mort et la folie.

"Le Maître m'a demandé de t'aider dans la création du plan du château comme j'ai un bon coup de crayon. Il me faut savoir où tu en es."

Je cherche un instant les copies des croquis que j'avais gardées au cas où elles se perdent avant de les lui tendre. Il les examine un instant puis les met dans son sac.

"Alors comme ça, tu t'es battu avec Potter ? Je croyais que vous en aviez fini avec ces gamineries et puis il est pour le Maître."

Je me tends imperceptiblement. Potter est à moi, c'est mon ennemi et le Lord ne l'aura pas, c'est moi qui le tuerai, dussé-je en mourir des mains du Lord par la suite.

"Potter est un gamin, je n'y peux rien s'il continue à se comporter ainsi et je n'allais pas le laisser s'en sortir comme ça.

- Si tu le dis, Malfoy ... Tu n'aurais pas une clope ?"

Il avance la main tel un vautour, ce qu'il est au final. Les cadavres ont tout juste le temps de refroidir qu'il est déjà sur eux à leur prendre tout jusqu'à leur humanité. Comme il vient de le faire avec Pansy, il a profité de la brèche pour s'inventer Mangemort.

"Non, Nott. Je sais que l'argent manque chez toi mais je ne fais jamais la charité, question de standing."

Je l'entends marmonner un « connard » alors qu'il s'éloigne, son habituel sourire satisfait soudain disparu. Je laisse tomber ma cigarette dans la neige avant d'en rallumer une autre.

Je réfléchis à tout ce qui a changé dans ma vie, tout ce que j'ai dû laisser derrière moi en si peu de temps. La mort de Pansy, Blaise qui me quitte, mon innocence, ma liberté et tant de choses encore.

Je frissonne mais ce n'est plus de froid, c'est la peur qui monte en moi. Cette peur de mourir avant d'avoir eu le temps de connaître la vie, cette terreur qui nous anime tous au fond.

La fumée trace des arabesques dans l'air, s'éloigne, loin, loin de moi et de l'aura sinistre qui s'est abattue sur le parc. Il n'y a que moi, moi et le silence.

Je voudrais le briser, j'ai envie de hurler, tout sauf ce silence qui soudain me rappelle à quel point certains savaient si bien le combler. J'aimais Pansy, je l'aimais comme ma propre sœur et j'aimais Blaise plus que je n'ai jamais su lui dire.

L'une s'est tuée et l'autre me tue de son absence, de son silence, de cette accusation qui brûle dans ses yeux : c'est de ta faute. Et il a raison, c'est de ma faute, j'ai laissé les choses se faire, j'ai laissé notre relation mourir en silence.

C'était lui le plus fort, moi je suis le lâche, celui qui n'a jamais eu le courage de le retenir. Je n'ai pas le droit d'avoir de remord, il est trop tard pour ça. J'avais toutes les cartes en main, quand on refuse de les jouer il n'y a pas d'excuse possible.

C'était certainement mieux ainsi, il sera mieux sans moi.


Je fais délicatement couler la potion dans la fiole, prenant bien soin de n'en renverser aucune goutte. Je ne dois laisser aucune preuve de ce que j'ai fait. Je rebouche la fiole et la pose dans une boîte protégée des chocs par un sort.

Je ferme la boîte avant de détruire le chaudron, les ingrédients restant, ainsi que le parchemin et sa traduction. Satisfait je sors la fiole de sa boîte et la garde fermement dans ma main avant de sortir de la chambre.

Dans les couloirs je fais très attention. Je me remémore les recommandations du parchemin.

Il faut faire extrêmement attention lors de la manipulation de la potion, le contact avec une seule goutte suffit à ce que son effet soit définitif, à moins bien sûr d'avoir un antidote dans les six mois maximum qui suivent l'exposition au produit.

Rappelez-vous, l'antidote est dur à créer et long à fermenter, alors soyez-le plus prudent possible en transportant ou manipulant la potion.

Je regarde autour de moi, à la recherche d'une tignasse brune encadrée d'une crinière châtaine et d'une horreur rousse. Heureusement ce genre de choses ne se croise pas à chaque couloir et je les repérais assez vite.

Je desserre un peu le bouchon de la fiole avant de prendre mon élan et de foncer en direction de la masse de cheveux noire et informe. Je la percute de côté tout en glissant une goutte de potion sur sa main.

J'ai hélas mal calculé mon coup, le fait de ne l'avoir percuté seulement de côté ne stoppe pas mon élan et je continue ma course mais cette fois j'ai du plomb dans l'aile et je m'approche dangereusement du sol.

Je tombe sur le sol, écrasant par réflexe la fiole dans ma main qui explose m'égratignant la paume et me condamnant au même sort que Potter. Je me retiens de hurler de frustration.

Je lance un sort pour faire disparaître la fiole et les égratignures sur mes mains. Ce seraient des preuves par trop flagrantes, avant de me relever.

"Bon sang, Potter, tu es obligé d'occuper tout le couloir quand tu marches ?"

L'attaque est la meilleure défense. Inconsciemment tout le monde pense que c'est de la faute de Potter si je l'ai percuté, aucune préméditation de ma part dans cet incident. Potter me lance une pique et moi je commence à essayer de me remémorer si l'antidote était inscrit sur le parchemin.

"Mais oui, bien sûr, je n'ai que ça à faire, te foncer dessus, faut dire que j'aime tellement être prêt de toi Potter."

Je lève les yeux au ciel, ce qui attire les rires de plusieurs élèves. Je finis par venir à la conclusion que l'antidote n'était pas sur la fiche et pense à prévenir mon père pour qu'il commence à préparer des preuves afin qu'un autre aspirant Mangemort puisse être accusé à ma place.

Ma mission est un échec, j'en ai conscience. J'aurais droit à plusieurs Doloris pour ça, le Lord sera furieux de ma bourde. Enfin j'ai eu Potter, c'est déjà ça. Il ne le sait pas encore mais dès demain il fera les gros titres et pas pour ses exploits magiques.

Cela a le don de me faire sourire intérieurement quelques secondes avant que la panique reprenne ses droits. Demain il n'y aura pas que Potter dans les gros titres et je me sens nauséeux à l'idée des conséquences de cette potion.

Je la sens déjà agir en moi, Potter aussi je suppose, ses piques se font moins acerbes et il chancelle sur ses jambes. J'avoue ne pas pouvoir faire mieux. Je me retiens à grand peine de garder les yeux ouverts.

Finalement Potter s'effondre au moment où mes jambes me lâchent.

Oui, je suis tombé, bien plus bas que je ne l'aurais jamais cru.


Je me réveille à l'infirmerie pour la seconde fois de l'année au côté de Potter. Pomfresh est à son chevet blême alors qu'il lui demande ce qu'il se passe. Sans lui répondre elle se tourne vers moi et vérifie que je suis bien réveillé.

"Ce qui vient de se passer est une première dans toute l'histoire de Poudlard, nous ne savons pas encore ce qui s'est passé, si cela vient de vos magies, d'un sort ou d'une potion mais une enquête a été ouverte dès aujourd'hui."

Potter s'impatiente dans son lit et lui hurle de lui dire ce que tout ce bordel signifie. L'infirmière lui lance le regard le plus triste de sa carrière avant d'annoncer :

"Vous avez perdu vos pouvoirs, votre évanouissement est du à cette perte. Vous êtes exactement comme des moldus maintenant."

Un long silence accompagne sa réponse. Potter s'est figé dans une expression de stupéfaction totale que je prends soin d'imiter avant de cracher une insulte pour montrer à quel point cette idée me répugne.

"Mais alors, nous allons devoir repartir chez nous ?

- Si cela peut être évité, nous préférons que vous restiez ici."

Et le ton de sa voix indique clairement que Dumbledore fait partie de ce « nous », le directeur doit espérer qu'il trouvera une solution avant la guerre et ne veut surtout pas perdre son bouclier magique de vue. Pomfresh reprend :

"Pour l'instant, il serait préférable que vous soyez isolés des autres, les voir pratiquer la magie alors que vous ne l'avez plus risquerait d'aggraver votre état aussi bien mental que physique et nous pensions vous faire suivre uniquement les cours théoriques. Cela vous convient-il ?"

La mine grave, nos pensées plus tournées vers la perte de notre magie que notre future cohabitation nous acceptons, à ce point-là, notre vie est déjà misérable alors un peu plus un peu moins quelle différence. Je suis un putain de Cracmol.

"Un Psychomage viendra vous voir individuellement une fois pour semaine pour vous aider à gérer cette perte et je dois vous prévenir que les rares sorciers à qui cela est arrivé en sont soit mort, soit devenu fous.

J'espère que cela ne sera pas votre cas mais je suis tenue de vous dire tous les risques que votre situation comporte. Bonne chance messiers, je vous laisse seul le temps que vous digériez cela mais je reviendrai dans une heure avec le psychomage. Potter, c'est vous qui commencerez."

L'infirmière s'éloigne la mine sombre. La porte claque. Au bout de quelques secondes de silence, Potter attrape sa baguette et tente d'invoquer un Patronus. Il s'acharne, donnant l'ordre à chaque fois un peu plus fort.

Il finit par le hurler les larmes aux yeux mais rien ne se passe. La baguette reste désespérément immobile entre ces doigts, soudain devenue un bout de bois inutile. Je le regarde faire avec une pointe de pitié, il faut se faire à l'évidence. Nous n'avons plus aucun pouvoir.

Au bout de dix minutes d'essais infructueux, il rejette sa baguette au loin avant de se replier sur lui-même et de pleurer. Je détourne le regard de son corps agité de sanglots. Voir le déclin de Potter ne faisait pas partie de ma mission.

La pièce se replonge dans le silence et je fixe le plafond, me demandant une énième fois comme Père réagira en apprenant la nouvelle. Je sors un parchemin pour y noter le compte-rendu de la situation.

J'enchante le morceau de feuille avant de le remettre dans la poche intérieure de ma cape, prêt de mon cœur. Dumbledore a déjà dû le prévenir mais il voudra certainement le détail, le pourquoi cette mission a été un semi-échec.

Je fixe le plafond, écoutant les secondes passées, entrecoupées par les pleurs de Potter. Potter qui se lève soudainement, de la haine pure dans les yeux et une lueur inquiétante sur le visage.

"C'est de ta faute ..."

Sa voix n'est pas plus haute qu'un murmure, il avance d'un pas, puis réitère. À chaque pas sa voix prend de l'assurance, je secoue la tête alors qu'il se tient au bout de mon lit.

Ses yeux s'agrandissent par la rage et pendant un instant je me bénis de lui avoir enlevé sa magie. Il hurle :

"Menteur !"

Avant de se jeter sur moi. Il roue ma cage thoracique de coups, son corps m'écrasant et m'immobilisant. J'appuie sur le bouton d'appel de l'infirmière, autant profiter de la situation, Potter me tabassant sans que je réagisse : il y a de quoi remettre les pendules à l'heure.

Au bout de quelques minutes, la porte s'ouvre et j'entends Pomfresh crier d'horreur. Je sens qu'on détache Potter de moi. Pomfresh se penche sur moi et commence à lancer des sorts mineurs pour effacer les bleus et quelques plaies.

"Par Merlin, Messieurs, que s'est-il passé ?"

Potter de l'autre côté de la salle enrage toujours, tenu fermement par Rogue. Il crache avec véhémence :

"C'est de sa faute, c'est de sa faute si je n'ai plus de pouvoirs.

- En avez-vous des preuves Monsieur Potter, tempère l'infirmière.

- Pas encore mais ça ne saurait tarder."

Et cette fois c'est à moi qu'il s'adresse. Bonne chance Potter, j'ai fait une erreur mais pour le reste j'ai été plus prudent que la moyenne. Je décide d'intervenir :

"À mon avis, ce n'est pas moi qui étais visé, c'est donc à cause de toi et uniquement de toi que je n'ai plus de pouvoirs."

Dans un nouvel accès de rage, il tente de se dégager de la poigne de Rogue, sans succès bien qu'il parvienne à me cracher dessus. Pomfresh décide de nous isoler l'un de l'autre le temps qu'un conseil de discipline se réunisse pour décider quoi faire de nous.

Potter part encadré de Rogue et du psychomage fraîchement arrivé. Pomfresh reste à mes côtés pour évaluer les dégâts. Une côte cassée pour les dommages corporels, et des dégâts mentaux pour le moment impossible à évaluer.

Il me laisse enfin seul un moment et j'en profite pour me reposer un peu.


Je regarde Potter à l'autre du bout de banc. À côté de moi mon père reste imperturbable mais je sens qu'il m'en veut de m'être fait avoir comme un bleu. Lupin au côté de Potter siège avec bien moins de dignité, on dirait le poivrot qu'on viendrait de sortir du bar.

Dumbledore, McGonagal et Rogue nous font face, la mine sévère. Pomfresh commence le débat :

"Il y a environ un mois j'ai reçu les Messiers Potter et Malfoy dans mon infirmerie. Ils s'étaient évanouis après une chute dans les escaliers de la volière. Une chute dont ils se sont sortis indemnes, bien que cela aurait pu les tuer.

Les deux ont nié s'être battu et ont assuré que c'était un accident, bien que selon mon rapport il semble qu'ils étaient en train de se battre. Hier alors qu'ils étaient à nouveau à l'infirmerie, Monsieur Potter a cassé une côte à Monsieur Malfoy qui était trop faible pour se battre alors.

Voici les faits, je laisse le Conseil en débattre et interroger les Messieurs Potter et Malfoy plus avant."

Mon Père attrape ma main pour y glisser un parchemin. Je le déplie aussi discrètement que possible :

Le Lord n'a pas encore statufié sur ton cas, tu as réussi ta mission mais tu es devenu un Cracmol. J'ai engagé quelqu'un pour trouver un antidote mais en attendant considère que tu n'es plus mon fils, ni un Mangemort.

Je pousse un soupir imperceptible, cela aurait pu être pire, il me reste six mois pour rejoindre les rangs et au moins quelques jours avant que le Lord n'engage des quelconques représailles.

Le conseil passe lentement. Dumbledore me demande bien quatre fois ce qu'il s'est passé dans les escaliers de la volière et fait de même avec Potter qui, excédé, finit par dire que c'était de ma faute.

Rogue en profite pour glisser que c'est ce qu'il a dit quand il m'a frappé dans l'infirmerie alors qu'il s'avère que je suis autant victime que Potter dans la perte de nos pouvoirs. Je souris intérieurement, tout se passe exactement comme je le désire.

Au bout d'une heure, Dumbledore se lève et fait taire tout le monde d'un geste impérieux de la main :

"Le Conseil va désormais se retirer pour décider des mesures à prendre. Monsieur Potter en attendant vous retournerez à l'infirmerie pour d'autres examens tandis que Monsieur Malfoy vous irez discuter avec le Psychomage.

Nous viendrons vous chercher quand notre décision sera prise. Sur ce je déclare cette séance terminée."

Petit à petit chacun se retire, alors que le Conseil passe dans la pièce adjacente où se tiendra le plus clair des négociations. Le Psychomage me fait signe de le suivre et je m'exécute après un dernier regard à Père.

Il m'entraîne jusqu'à une pièce exiguë dans la tour la plus à l'Est qui est d'habitude inoccupée. Il me fait asseoir sur une chaise inconfortable avant de faire de même face à moi.

"Pardonnez la taille de la pièce mais c'est la seule qui soit plus ou moins en état et ce qui se dira ici doit rester ici. Comme Poudlard est une école, l'éloignement est la mesure la plus efficace pour que nos conversations restent privées."

Je hoche la tête en signe d'assentiment, mon regard se fixant instantanément sur l'horloge sorcière dont toutes les aiguilles pointent sur "Danger de mort possible". Comme toutes celles du pays ou presque si on y réfléchit bien.

"Alors Draco, avez-vous essayé d'utiliser votre magie depuis sa perte ?

- Votre question est stupide, pourquoi tenterais-je d'user de quelque chose que je n'ai plus ?"

Il me regarde interloqué avant de changer brusquement de sujet :

"Oui bien sûr. Alors entre vous et Potter, c'est la guerre depuis toujours, non ?"

C'est à mon tour de le regarder interloqué, j'ai presque envie de rire tant la question me paraît incongrue. Je hausse un sourcil sarcastique avant de répondre :

"Même un sixième année pourrait vous le confirmer. Vous allez continuer à m'interroger sur des banalités ou c'est juste une mise en bouche ?

- Les banalités n'en sont que si nous voulons qu'elles le soient. Une haine pareille, ce n'est pas normal, si ?

- Si un type rejette ton amitié sans te connaître, il est normal de lui en garder rancune. Si par la suite il s'évertue à tenter de t'humilier et à t'accuser des pires maux de la terre, il est sain d'haïr cette personne."

Il continue sur le même registre pendant un bon quart d'heure tandis que mes yeux se sont remis à fixer l'horloge murale. Je n'ai qu'une envie c'est de rentrer à mon dortoir quand soudain deux aiguilles se mettent à se déplacer. Sans quitter l'horloge des yeux, j'en informe mon interlocuteur, le coupant en plein monologue :

"Je crois que votre femme et votre fils sont en train de mourir, vous feriez mieux d'y aller."

J'entends à peine ses paroles angoissées et c'est dans l'indifférence la plus complète que je le vois sortir de la pièce me hurlant que la séance est levée et que je peux retourner à l'infirmerie.

Je me lève tranquillement de ma chaise, devant la porte je retrouve Pomfresh l'air complètement éberluée.

"Où est-il donc parti comme ça ?

- Je crois qu'il a eu une urgence familiale."

Elle fixe un instant le couloir où il vient de disparaître, avant de se tourner vers moi le visage redevenu impassible :

"Bien, de toutes façons je venais vous chercher. Le Conseil s'est mis d'accord. Veuillez me suivre Monsieur Malfoy."

Le trajet jusqu'à la salle du Conseil de discipline est silencieux comme je les aime. Pas d'aura oppressante, ni de raclement de gorge gêné, juste le bruit de nos pas sur le carrelage qui me berce plus qu'il ne me terrifie.

Je me rassois au côté de Père, lançant un regard de convenance à Potter qui me gratifie d'une mine renfrognée du plus bel effet. Dumbledore, McGonagal et Rogue font leur entrée dans la pièce et reprennent leurs sièges face à nous. Le Directeur se lève un parchemin à la main :

"Depuis leur première année à Poudlard, les messieurs Potter et Malfoy ici présents ont manifesté à l'égard l'un de l'autre une haine bien que farouche, plutôt inoffensive. Du moins jusqu'aux derniers mois.

En février, ils ont tous deux été admis à l'infirmerie après une chute dans l'escalier dont il a été démontré, malgré le démenti des deux parties, qu'elle était dû à un accès de violence de la part de Monsieur Potter envers Monsieur Malfoy.

Comme c'était la première fois, Madame Pomfresh a préféré fermer les yeux sur cet incident qu'elle a jugé anodin et isolé. Hélas, une scène de ce même type vient de se rejouer il y a deux jours.

Alors qu'ils se reposaient tous deux dans l'infirmerie après la perte mystérieuse de leurs pouvoirs, Monsieur Potter a agressé violemment Monsieur Malfoy en l'accusant d'être responsable de leur état.

Monsieur Malfoy, n'étant alors pas en état de se défendre, a eu une côte cassée sans compter la douleur d'une accusation injuste d'être responsable d'une perte qui lui pèse autant sinon plus qu'à Monsieur Potter.

En effet, contrairement à Monsieur Potter, Monsieur Malfoy a été élevé au milieu de la magie, pour lui ne plus pouvoir la pratiquer s'apparente plus à la perte d'un sens qu'à celle d'un simple outil comme l'a lui-même désigné Monsieur Potter au cours de son entretien avec Monsieur Donovan, Psychomage à Sainte Mangouste.

Au regard, de ces faits le Conseil est parvenu à deux conclusions."

Toute la scène retient soudainement son souffle, jusqu'à moi, même si je ressens bien que j'ai l'avantage vis-à-vis de Potter. Le Directeur laisse le suspense durer un peu avant de reprendre :

"La première est qu'en conséquence de la perte de leur pouvoir, les Messieurs Potter et Malfoy devront vivre dans une aile spéciale à l'écart des autres élèves où ils pourront se soutenir ensemble dans cette épreuve."

Je regarde Potter sincèrement surpris alors qu'il ne semble pas en mener plus large. Bon sang, il vient de dire par A+B que Potter est dangereux pour moi et il veut qu'on vive dans la même aile ?

"La seconde étant qu'au vu du comportement violent de Monsieur Potter envers Monsieur Malfoy, celui-ci portera un bracelet de cheville enchanté l'empêchant de s'approcher à moins de deux mètres ou de frapper Monsieur Malfoy.

Le Conseil a tranché, que sa décision soit notée et appliquée dès à présent."

Potter reste figé comme si on venait de lui donné la claque de sa vie. De mon côté, je jubile intérieurement un instant avant de prendre brutalement conscience de deux choses : je n'ai plus de pouvoir et je suis désormais en disgrâce.

C'est quand on pense qu'on est tombé le plus bas possible qu'une nouvelle trappe s'ouvre sous nos pieds.

A suivre ...


Chapitre posté le 9 Janvier 2012, 22h25.

Prochain chapitre le 23 Janvier 2012.

Pardonnez moi, il faut que je panse mes plaies sanguinolentes dans l'ombre, que je sacrifie ma peine sur l'autel de la convention sociale.

"C'est ce tremblement dans sa voix, ce rire brisé qui m'a convaincu que plus rien, non plus rien, n'irais jamais bien." FUCKING PEOPLE.