Ferme les yeux. Compte jusqu'à dix. Ouvre-les. Tu vois, rien n'a changé alors pourquoi as-tu si peur ?

Merci à : Loulya pour sa correction, son humour foireux et sa patience. Et à une personne en particulier qui ne se rends pas compte d'à quel point je ne pourrais rien faire sans elle.

Pourquoi je n'ai pas posté depuis des mois : Plusieurs facteurs entre en compte, le manque d'inspiration et une certaine insatisfaction par rapport à tout ce que j'écrivais du au fait que je m'étais replongé dans ce que je considère comme mes meilleurs écrits. Et puis ma vie personnelle a été très chargée pendant l'été, j'ai du composé entre ma vie sentimentale qui me prenait beaucoup de temps, un court séjour à l'hôpital, et d'autres choses sur lesquelles je ne m'étendrais pas, dans tout les cas, j'avais peu de temps pour écrire.

Mot de la bêta : Bon, bah… j'ai rien à dire ! Chauve-souris et bave de crapaud, voilà. Sur ces quelques mots pleins d'une sagesse indiscutable, je vous laisse lire la suite.

L'Enfer c'est ici, ailleurs ne sera jamais pire : Le temps passe si vite, déjà quatre ans que je publie ici par intermittence. Je viens d'avoir dix-neuf ans et je me sens si âgée et si lasse tout en me sachant tellement jeune. Etrange mélancolie qui m'anime alors que je m'approche peu à peu du cap de la vingtaine. Comme l'impression que je m'assagis, plus de conquêtes d'une nuit, plus de gamineries, plus de gueules de bois chaque samedi matin, plus de dépenses futiles. Désormais j'économise, je m'enivre sans aller jusqu'à l'ivresse, je me suis même fiancée moi qui ai toujours eu peur de l'engagement. Je crois que j'ai grandi sans m'en apercevoir, hier je parlais du dernier jeu que j'aimerais m'acheter, aujourd'hui je discute avec mon fiancé de notre futur appartement. Il ne me reste plus que mes rêves de vivre à l'étranger, Australie, Canada, on ne s'est pas encore décidé. Encore un foutu changement, « je » devient de plus en plus souvent « on » comme si je ne pouvais plus prendre une décision qui n'affecte que moi. Oui, je crois que j'ai grandi que je l'accepte ou non.

LES RÊVES S'EFFACENT, MON AMOUR.

Bonne lecture.


Le Silence

Septième chapitre

Skyfall


La Grande Salle est silencieuse ce matin, tant que ça en devient oppressant. On dirait cet ultime instant avant l'orage, quand même le vent se fige avant que tout n'explose et c'est peut être ce qui va arriver.

Encadré par Blaise et Théodore qui n'a décidément pas compris que les temps avaient changé, je tourne ma cuillère dans mon café sans grande conviction. Tous les regards convergent vers Potter et moi. Je n'aime pas ça, cette impression d'être une bête de foire, une curiosité de cirque. Une abomination.

Si je le pouvais encore, je transplanerais le plus loin d'ici. À la place je relève la tête et toise l'assemblée de mon regard le plus froid. J'aimerais tous les tuer un par un seulement pour qu'ils cessent de me fixer ainsi.

Potter à la table des Gryffondors ne semble pas beaucoup plus à l'aise. Il a le regard baissé et mord sans conviction dans ses pancakes. J'aurais presque pitié de lui si je ne vivais pas la même situation.

Je finis par me lever, la nausée au bord des lèvres. La salle suit chacun de mes gestes, je m'exhorte au calme alors que je me dirige vers la porte. A peine ai-je refermé celle-ci derrière moi que je me mets à courir sans réfléchir. Juste ce besoin d'évacuer la tension, de m'éloigner au plus vite de tous ces regards inquisiteurs.

Une voix m'appelle derrière moi, je me stoppe et me retourne. Potter court vers moi pour arriver plus vite. Il se stoppe à la limite que lui impose son bracelet de cheville. Il reprend difficilement son souffle avant de finalement prendre la parole :

"C'est insupportable, n'est ce pas ? Ces regards qui nous disent que nous sommes des monstres, qui nous font sentir qu'on a rien à foutre ici ..."

Sa voix se brise et ses yeux se voilent replongés dans d'anciens souvenirs. Il finit par secouer la tête comme s'il espérait les chasser.

"Ils ont raison Potter, nous n'avons rien à faire ici et même si nous ne sommes pas des monstres, nous ne sommes pas pour autant normaux. À leur place j'aurais agi de même.

- Mais tu ne l'es pas."

Je secoue la tête en signe de confirmation. Il me fixe un instant comme pour essayer de savoir ce que je ressens. Contrairement à mes habitudes, je le laisse faire, j'ai conscience que nos pensées sont certainement les mêmes.

"Allez viens, ils auront bientôt fini de manger et je préférerais être dans notre salle commune à ce moment-là."

J'acquiesce, surpris de voir les efforts, certainement considérables, que fait Potter pour être aimable. Je le suis dans les couloirs alors qu'au loin les clameurs des élèves rassasiés commencent à envahir les couloirs.

"Je suis désolé pour t'avoir agressé à l'infirmerie Malfoy, sincèrement je n'aurais pas du t'agresser de la sorte alors que tu es tout autant victime que moi.

- Ne t'excuse pas, nous sommes ennemis."

Il ne répond pas et le silence reprend ses droits. Finalement nous arrivons devant le tableau qui protège notre dortoir. Potter murmure le mot de passe avant de passer le seuil. J'entre à mon tour et vais directement dans ma chambre avec la ferme intention d'inspecter un colis que j'ai reçu ce matin peu avant le petit-déjeuner.

Je remarque alors que la fenêtre est ouverte, pourtant j'étais certain de l'avoir fermé ce matin. Je dois sûrement me tromper, personne n'a pu avoir accès à mes appartements et Potter n'a pas eu l'occasion une seule fois d'y rentrer, je l'ai toujours eu à portée de vue.

Je la referme malgré quelques interrogations, ce doit être le fait d'un elfe de maison, et finis par reporter mon attention sur le mystérieux colis. Je l'ouvre et découvre une lettre ainsi que plusieurs livres assez lourds. Je commence par lire la lettre :

"Cher fils,

Ton père m'a informé de ta situation et bien qu'il ne désire pas t'aider tant que le Maître n'aura pas statufié sur ton cas, j'ai pris le parti de t'envoyer ces livres qui, je l'espère, te seront utiles. J'ai par ailleurs tenté de défendre ta cause auprès de ton père mais celui-ci est resté hermétique à mes arguments, pour lui tu n'es plus son fils tant que le Maître n'aura pas décidé si tu lui es encore utile ou non.

Sache tout de même que j'essaierai de mon côté de t'aider autant que je le pourrai bien que cela me demande énormément de prudence, je ne sais pas comment ton père réagirait s'il l'apprenait.

Garde la tête haute mon fils et n'oublie pas que quoi qu'il arrive, tu restes au moins un Black si ce n'est un Malfoy.

Cordialement,

Narcissa Malfoy."

Je range les livres dans le fond de mon armoire, je les parcourrai plus tard. Je m'allonge sur le lit et laisse libre cours à mes pensées. Les plans de Voldemort, l'abandon de Père, la fenêtre ouverte, l'implication de Nott, la perte de mes pouvoirs, Potter.

Surtout Potter, sa réaction de tout à l'heure m'a perturbé plus que je ne le voudrais. Il a agi avec moi en ami alors que même mes amis ne m'ont pas retenu. Et il s'est excusé alors qu'il avait raison de m'agresser, c'est moi qui ai provoqué exprès la perte de ses pouvoirs après tout.

Finalement je me lève et vais en cours, ça m'évitera de ressasser tout ça.


"Pourquoi es-tu aussi froid, Malfoy ?"

Je me tourne vers Potter qui a cessé de fixer l'écran moldu pour poser sa question stupide. J'ai un reniflement de dédain avant de finalement répondre en pesant mes mots pour ne pas briser notre trêve.

"Je ne suis pas froid, je suis impartial, nuance Potter. Toi et tes amis Gryffondors vous ne jurez que par le bien et le mal, c'est louable mais erroné. Objectivement, ça ne m'apporte rien de m'impliquer plus que nécessaire dans une relation, même si c'est considéré comme bien.

C'est même dangereux comme attitude de baisser la garde ainsi. Le monde est dur Potter, il faut cesser de penser à ce genre de valeur et voir ton intérêt. Les sentiments, là-dedans, ne font que t'éloigner de ton véritable objectif.

- Je ne pense pas. On aime, on hait, on se perd, on se blesse, on se galvanise, on rêve et finalement comment peut-on rester objectif ? C'est impossible, l'être humain est conçu pour être partial et ressentir, pas pour analyser les choses qui le touchent froidement. Nous ne sommes pas des machines qui ne font que calculer.

Tu en as peut être honte mais j'avoue ne pas comprendre. Comment peut-on aspirer à la froideur du métal quand on peut brûler tel un feu impétueux ? Pour ma part le choix est facile, je préfère la force des flammes quitte à m'en brûler le corps à la froideur mortelle de l'acier entravant mon esprit."

Je réfléchis un instant à ses mots. Il n'a pas entièrement tort, ce serait facile de se laisser dompter par ses sentiments, mais je m'y refuse, je ne suis pas prêt à en accepter les conséquences. Finalement je prends le parti d'en rire ce qui me vaut un regard étonné de sa part.

"Tu n'es peut-être pas aussi stupide qu'on pourrait s'y attendre. J'avoue être surpris mais je crois que j'en viens à préférer me battre avec les mots qu'avec les poings avec toi.

- Je vais prendre ça pour un compliment, marmonne-t-il en reportant son attention sur l'écran."

J'ai un nouvel éclat de rire avant de reprendre ma lecture. Soudain je tombe sur un chapitre au titre plutôt évocateur : "Perte de pouvoir : comment y remédier ?". Je réfléchis un instant et décide d'attirer l'attention de Potter.

Il mérite de connaître le sujet de mes recherches puissent qu'elles nous seront, hélas, à tous deux profitables. Il s'assied à mes côtés et observe attentivement le livre entre mes mains.

"Où as-tu trouvé ce livre ? Il a l'air bien différent de ceux qu'on trouve dans la bibliothèque.

- C'est normal, il provient de celle des Malfoy, autant dire qu'il nous sera certainement bien plus utile que ceux censurés qu'on trouve ici."

Ses interrogations apaisées nous nous penchons sur les caractères ternis par le temps. Après près d'une heure d'une recherche minutieuse et silencieuse, nous finissons par le refermer, le cœur lourd de n'avoir encore rien trouvé pouvant nous aider.

Nous convenons d'étudier la suite le lendemain soir après le couvre-feu, chacun de nous profitant du temps libre après le dîner pour retourner voir nos anciens camarades de chambre. Lui par amitié, moi pour ne pas perdre la face.

Il rentre dans sa chambre après un "au revoir" poli tandis que je fais un léger détour par la salle de bain. J'entre dans ma chambre et allume machinalement la lumière. J'étouffe une exclamation de surprise : sur la chaise près de mon bureau est assise une parfaite inconnue.

Je remarque tout de suite qu'elle est bien trop âgée pour être une élève et que sa baguette est pointée sur moi. Je repousse l'envie de fuir et m'assois le plus calmement possible sur mon lit.

"Qui êtes-vous ?

- Shurah, mais ce nom ne veut certainement rien dire pour vous."

Je hoche la tête, lassé de tous ces évènements qui perturbent inexorablement mon quotidien. Je ne devrais même plus être étonné qu'il m'arrive ce genre de chose.

"Que me vaut l'honneur de votre visite ?"

Elle baisse sa baguette et me dévisage un instant. Finalement elle sort une bourse d'une de ses poches sans fond et me la lance. Je l'attrape, perplexe.

"Vous direz à votre père que je ne m'abaisse pas à tuer les Cracmols, c'est trop facile et insultant pour quelqu'un de ma qualité."

Elle commence à amorcer un mouvement vers la fenêtre mais je lui coupe le passage, bouleversé par ce qu'insinuent ses paroles.

"Il vous a engagé pour me tuer, c'est ça ?

- Les parents n'ont aucun scrupule, vous devriez le savoir à votre âge, Monsieur Malfoy."

Elle m'écarte du passage avant d'ouvrir la fenêtre et de sauter. Je la regarde se réceptionner avec souplesse avant de se fondre dans la nuit, telle un chat sauvage. Au moins je sais désormais à quoi m'en tenir de la part de Père.

La question désormais est de savoir si c'était un choix personnel ou un ordre du Lord.

A suivre ...


Posté le 21 Octobre 2012 à environ 22h45.

Mary J. Anna