Oh boy, you know she's not like us. She's cold and ruthless, she doesn't know how to love.

Merci à : Loulya de me corriger encore et toujours même quand ça fait un bail que je lui ai rien fait corriger. Et à ce type génial qui me paye toujours un verre quand je dé-saoule en fin de soirée pour entretenir ma gueule de bois.

Pardon de mon absence : Je suis perdue, complètement, je ne sais pas quoi dire d'autre. Les mots me fuient de plus en plus mais j'avais besoin d'écrire et j'ai profité d'un instant de pure inspiration pour écrire un peu pour cette fic qui me tient à cœur.

Mot de la bêta : Coucou tout le monde ! Ça faisait un bail que j'avais pas corrigé quelque chose de Mary et ça fait du bien de s'y remettre. Déjà un an que je suis sa bêta, le temps passe vite °-° l'an dernier j'étais en période de partiels quand j'ai corrigé l'un des premiers chapitres qu'elle m'envoyait. Et aujourd'hui, je suis à nouveau en période de partiels, comme un bon nombre d'entre vous je suppose, alors bonne chance à vous, vous qui connaissez la terreur des examens, les insomnies, le café, les cours relus au dernier moment...

I'm back, baby, I've never really changed :Je pensais que je pouvais changer, troquer mon mode de vie décalé pour une vie sage et rangée. Une vie de merde en somme. Je suis une fêtarde consommée qui embrasse tout le monde et se réveille chaque putain de dimanche avec la gueule de bois et j'assume. Je suis pas faite pour m'assagir, pour me retrouver mariée et faire tous ces trucs de couples. J'aime trop ma liberté pour me poser et pas assez les autres pour m'attacher trop à eux. C'est mieux ainsi, je resterai l'éternelle fêtarde, l'éternel fantasme. L'éternelle Mary qui tire dans le dos d'Anna.

SMILE YOUR ALIVE.

Bonne lecture.


Le Silence

Huitième chapitre

So cold


J'ai serré ta main et j'ai murmuré ton nom. Je n'ai rien fait de plus, c'était l'essentiel. C'était tout.

Je ne sais même pas comment ça a commencé. Peut-être quand on a perdu nos pouvoirs et qu'on s'est retrouvés seuls. Peut-être avant, peut-être même au premier regard. Ça me rend fou petit à petit. On se hait le jour mais la nuit tout est différent. Je me sens confus, je ne sais plus qui tu es pour moi.

Il y a Potter, celui que je hais, le Sauveur à qui j'ai ôté ses pouvoirs plus par lâcheté que par loyauté envers le Maître. Et puis il y a Harry, celui à qui je voudrais rendre ses pouvoirs, celui à qui je tiens la main le soir quand les recherches s'avèrent encore vaines.

Deux mois se sont écoulés, deux mois intenables où rien ne s'est passé mais où tout a changé. Il y a d'abord eu le silence puis il y a eu les mots. Il y a eu les sanglots au milieu de la nuit et puis les gestes maladroits pour tenter de se réconforter. Il y a eu ma main dans la tienne et le reste était comme de trop.

"Ne parle plus, s'il te plaît, ça fait trop mal quand tu parles. Ça brise l'illusion."

Père a été arrêté il y a peu. Je n'ai rien dit, rien fait, je n'ai même pas pleuré quand on me l'a appris. Ce n'était même pas de la haine, juste de l'indifférence pour un géniteur qui s'est arrêté à ce rôle au final. Mère m'envoie des lettres tous les jours, je ne sais jamais quoi répondre, je crois qu'elle devient folle.

Ce château entier est fou, les élèves se terrent et tous se regardent avec méfiance. Nous sommes tous dans l'attente, prêts à nous battre pour nos choix, pour nos vies, pour tout ce qui peut en valoir la peine. Mais rien ne se passe, rien ne se passe jamais et chaque jour la folie de chacun augmente un peu plus.

Et je suis seul avec Potter au milieu de toute cette folie. Les autres nous ont abandonnés au final, même ses amis soi-disant loyaux ont fini par le laisser pour mort. L'espoir qu'on retrouve un jour nos pouvoirs s'amenuise de plus en plus alors qu'en ont-ils à faire d'un Sauveur désarmé et inutile ?

Et je te tiens la main, rien de plus. Comme si ça changeait quelque chose, comme si qui que ce soit dans ce foutu château allait en sortir indemne. Tu pleures, j'entends ta respiration sifflante et tes légers sanglots. Secoue-toi, Potter, on est pas encore morts.

Je serre un peu plus ta main et tu réponds par un léger sourire. Je souris en retour pour t'encourager, ta main desserre lentement la mienne et caresse doucement ma joue. Je détourne le regard et stoppe tes caresses d'un geste.

"Je ne sais pas ce qui nous arrive mais ça doit cesser. Ça ne peut pas être, tu le sais aussi bien que moi."

Je vais dans ma chambre, la porte claque et c'est la seule chose qui troublera le silence ce soir. Le moment de grâce est passé, il passe toujours. C'est toujours comme ça entre nous, à chaque fois que ça devient trop intime, je fuis. Que puis-je faire d'autre ? J'ai juste tellement peur du changement.

Je me replonge dans les livres envoyés par Mère, sans espoir mais avec le besoin pressant d'oublier la sensation de ta main sur ma joue. Cette sensation trop agréable pour mon propre bien. L'enfermement ne nous va définitivement pas bien, je dois être en train de devenir fou.

Chaque jour le rapprochement paraît un peu plus inévitable, comme si on ne pouvait s'empêcher de chercher plus, toujours plus. Je pense à toi tellement souvent, je voudrais juste pouvoir te sortir de ma tête, de ma vie. Tu me fais me sentir si vulnérable.

Ce n'est pas qu'on parle beaucoup ou même qu'on ait quelque chose à se dire. C'est ce sentiment de proximité, ce besoin de savoir que tu es là près de moi, qui me perturbe. C'est juste ce silence trop paisible, trop calme, qui me fait tellement peur.

"Le Silence est une peur, tu sais, et la peur tient dans un silence. N'oublie jamais ça."

Père disait qu'être silencieux pouvait te maintenir en vie mais en ce moment c'est ce silence qui me tue. J'aimerais avoir la lâcheté de le briser mais je n'y arrive pas, je suis comme hypnotisé, incapable de dire un mot. Ça briserait l'instant et ça c'est au-dessus de mes forces.

Tout change je suppose, les anciens ennemis ne le sont plus, quoi que nous soyons désormais.

"Je suis ravie que vous ayez pu tous vous libérez pour cette petite réunion. Il est grand temps de faire le point dans nos recherches."

Dumbledore nous a réunis Potter, moi, Rogue et McGonagall en plein milieu de l'après-midi. Je rate le cours d'Histoire de la Magie, enfin c'est pas comme si ça m'intéressait plus que ça mais bon, cette réunion est sûrement une énième perte de temps.

"Pour ma part, je suis une piste assez intéressante, ce serait déjà arrivé il y a quatre siècles en Scandinavie, je n'ai pas encore pu mettre la main sur tous les documents mais c'est en bonne voie. Rogue ?

- Je pense que c'est une potion qui leur a fait ça, mais sans connaître les ingrédients exacts je pourrais mettre des années avant d'en trouver une pouvant annuler ses effets."

Et bien sûr j'ai détruit la liste, pas comme si j'avais envie d'avouer que c'était moi qui avait fait ça, mais bon j'aurais pu essayer secrètement, je ne suis pas trop mauvais en potion. Dumbledore se tourne vers McGonagall qui fait de l'ordre dans ses parchemins.

"Plusieurs pistes qui me paraissaient prometteuses se sont avérées être des culs-de-sac. Il y a peu de cas de perte totale de magie et encore moins de résolus, autant dire que retrouver un document donnant une solution claire à ce problème est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Je n'abandonne pas, pas encore, mais autant vous préparer Messieurs, il y a peu de chance que vous retrouviez vos pouvoirs un jour."

Je ne peux m'empêcher de me sentir déçu, j'aurais aimé qu'ils soient un peu plus optimistes, mais bon je m'y attendais. Le Maître avait eu du mal à se procurer le parchemin où se trouvait la recette de la potion et ça ne m'étonnerait pas qu'il ait envoyé des sbires détruire ceux mentionnant une solution. Il n'est pas connu pour son imprudence.

"Peu de nouvelles encourageantes je le crains. Ce n'est pas ce que j'espérais mais il faut se faire une raison, si c'était un acte délibéré c'était brillamment calculé. Enfin tout espoir n'est pas perdu et j'espère que ma piste s'avérera la bonne. Je vous remercie de votre temps."

Sans plus de cérémonie nous sortons du bureau. J'ai un goût amer dans la bouche et je sens Potter serrer brièvement ma main alors que je le dépasse. Nos regards se croisent et je vois dans ses yeux autant de peine et de déception que j'en ressens. J'esquisse un pauvre sourire auquel il répond.

Désespérés mais ensemble. C'est tout ce qu'il nous reste à présent.

A suivre ...


Posté le 15 Mai 2013 à approximativement 22hh30.

Je suis juste tellement fatiguée, tellement épuisée de me battre chaque jour. C'est si dur parfois que je me demande encore pourquoi je continue à le faire.

"Alors tiens moi la main et je te montrerais le monde, mon monde. Celui où chaque instant est une éternité et chaque échec une consécration."

Mary J. Anna.