Tout va si vite. Pourtant rien ne change, les plus forts sont toujours les mêmes et mes mains tremblent toujours autant.
Merci à : personne pour une fois mais à mon imagination -que j'ai beau insulter et tenir en piètre estime- arrive toujours à me surprendre.
Et la correction, alors ?Pas de correction pour cette fois. Si vous repérez des fautes trop importantes n'hésitez pas à le dire. Je donnerais sûrement ce chapitre à Loulya pour qu'elle le corrige mais pas pour le moment. Plus tard.
Who are you : Je suis le silence qui suit le choc. Je suis le tremblement dans ta voix quand tu hésites. Je suis l'infinité d'autre possibilité. Je suis la banalité dans l'extraordinaire. L'étincelle du quotidien. Je suis cette fille anonyme accoudé à ce balcon dans le premier arrondissement qui observe la foule en fumant une cigarette. Je suis une foule de moment, d'instantané dispersé par le vent. Je suis banale et différente. Je suis comme toi mais tu n'es pas moi. Je ne suis personne au final, tu sais.
WE ARE WHO WE ARE, NOTHING ELSE.
Bonne lecture.
Le Silence
Sixième chapitre
Kiss me
Je hais les gens. Pour ce qu'ils font, pour ce qu'ils sont. Pour un tas de raison qui ne sont jamais les bonnes. Il faudrait qu'ils soient ci et puis ça et entre les deux il n'y a jamais de milieux. Juste un peu plus de haine ou moins c'est selon l'humeur de l'instant. Je les déteste, je les abîme, je les fascine, je les enchaîne et puis je les jette. Ils m'amusent et m'enchantent comme un combat de chaton qui se finirait sur un double KO. Je suis folie et sagesse, la juste dose de morphine dans ton corps pour que plus rien ne t'atteigne : celle de trop.
Et puis parfois entre deux rires, entre deux crimes, je les aime un instant et me hais pour une fois. Les bons sentiments sont un poison qui me donnent la nausée et l'envie de crever. Je n'aime pas aimer, aussi stupidement que ça. Pourtant un effleurement, une caresse, juste ta main dans la mienne. J'aimerais cracher, fulminer, arracher ton honteuse main et je n'en fais rien. Parce que c'est bon aussi, ça brûle et ça glace, ça remonte dans mon dos comme un frisson de terreur ou de jouissance, je ne sais jamais vraiment.
Que m'as tu fais, Potter ?
Parce qu'Harry est un mensonge. Forcément.
J'aimerais pouvoir m'abandonner parfois, juste ressentir sans me poser de question. Sans chercher d'explication dans cette quête éperdue de sensation. J'ai peur de toi parfois, de ce que tu fais mais surtout de ce que tu me fais faire. Ma main s'attarde sur la tienne, quand tu me frôles je me consume, tu me rends fiévreux, malade. Je ne le supporte pas, cette perte de contrôle : ça me terrifie. Tu me terrifies si tu savais. Je voudrais te repousser d'un revers de la main comme je le fais pour tout les autres. Mais tu souris et mes griefs me restent en travers de la gorge.
Ce n'est pas que je ne crois pas en ta sincérité, c'est qu'elle est trop évidente au contraire. Tu es un livre ouvert et chacune de tes émotions me met un peu plus à mal. Il n'y a aucune malignité dans tes gestes et ça me paralyse. La haine, le mépris je sais comment réagir face à ça mais ta franche sollicitude me désarçonne. Ce doit être un leurre, je ne vois pas d'autre raison. Tout ce que nous vivons, l'autarcie, la solitude, tout ça doit nous rapprocher malgré nous mais ce n'est pas réel. Ça ne peut tout simplement pas l'être.
Aujourd'hui cela fait exactement trois mois que nous avons perdu nos pouvoirs. J'ai pourtant du mal à y croire. Dans à peine neuf semaines le Maître et ses sbires s'introduiront ici et l'acte final de cette guerre absurde aura lieu. Certains s'élèveront tandis que beaucoup succomberont, le monde n'en sortira pas indemne et les survivants non plus. Plus que neuf semaine pour changer l'issue, plus que neuf semaine peut être à vivre. Tu s'assoies à mes côtés et me montre un article de la Gazette.
Une nouvelle attaque sur le chemin de Traverse, cette fois c'est la boutique Wesley qui a été visé. Je te prends maladroitement dans mes bras et je sens tes larmes contre mon cou. Tu murmures qu'ils sont à Sainte-Mangouste dans un état critique. Je caresse ton dos d'un geste apaisant, les larmes semblent redoubler. Tu relèves le visage et tes yeux troublés fixent les miens. Ma respiration se bloque, je tremble sous l'intensité de ton regard. Tu attrapes mon visage entre tes mains et me sonde comme si tu cherchais un sens à tout ça dans mes prunelles.
Puis tu te penches et effleures timidement mes lèvres des tiennes. Je ne réagis pas trop sonné, trop surpris. Tes baisers d'abord doux deviennent désespérés. Tu pleures toujours et nos baisers ont un goût salé et amer. Ce n'est pas désagréable, je crois que c'est tout simplement naturel. Cette situation, ce doit être la suite logique de tous nos silences, de ces non-dits derrière lesquels on s'est caché si longtemps. Tandis que cette pensée se forme dans mon esprit, c'est comme si un barrage cédait en moi et je réponds enfin à tes caresses.
Je m'abandonne pour la première fois, j'ai le cœur au bord des lèvres et chaque baiser me brise et m'éclaire à la fois. Mes mains se sont perdus au creux de tes reins et nos respirations hachées semblent remplir la pièce. Tes pleurs se calment et je te sens esquisser un sourire contre ma bouche. Peut être par mimétisme je sens la mienne se tordre de même. Nos yeux s'accrochent à nouveau et j'ai l'envie soudaine de rire ou peut être de hurler. Très vite pourtant ton sourire s'évanouit et tu murmure un simple "Merci" avant de quitter mes bras et de t'éloigner comme si l'instant ne voulait rien dire.
Comme si ça ne comptait pas. Comme si je ne comptais pas.
Comme si je n'allais pas te retenir.
Je me lève d'un bond et attrape ton bras. Je te tourne vers moi et t'embrasse. Aucune douceur de ma part cette fois, je te punis de m'avoir tourné le dos, d'avoir ouvert la boîte de Pandore pour ensuite éluder les conséquences. Je t'embrasse parce que je ne sais pas quoi te dire. Parce que les paroles sont vaines et que tes lèvres ont un goût de rédemption. Quand nos lèvres se séparent j'ai le vertige et l'impression que rien, non plus rien, ne sera jamais pareil. On se fixe à nouveau et je cherche les mots. J'essaye de m'expliquer, hésitant, perturbé.
" Je suis désolé, je croyais que ... Je ne sais pas, quand tu m'as tourné le dos ... Je ne pouvais pas te laisser partir comme ça."
Tu me caresses la joue et je ferme les yeux. Ta douceur est mon poison, quand tu me touches j'arrête de penser, j'arrête de calculer. Il n'y a plus de recul juste les sensations qui me submergent, me ravagent.
" Je ne voulais pas, tu essayais de me consoler et j'ai abusé de la situation en t'embrassant. Je sais que tu n'es pas comme ça, ne t'excuse pas, c'est moi qui n'ai pas su me contrôler."
Je t'embrasse à nouveau pour te faire taire. Comment peux-tu penser que je t'ai laissé faire par pitié ? Oui je ne suis pas comme ça, enfin je ne l'étais pas maintenant je n'en suis plus sûr.
" Tais-toi, s'il te plaît, si je t'embrasse là c'est que je le veux, tu m'as surpris tout à l'heure mais tu n'as pas abusé de la situation. Je ne sais pas où on en est mais j'ai envie de t'embrasser. J'ai envie de toi."
Mes paroles me surprennent moi-même, je n'y avais jamais pensé, jamais mis les mots sur ce que je ressentais pour toi. Mais c'est exactement ça, j'ai envie de toi viscéralement, je le sens au fond de mes tripes, j'ai envie de t'embrasser, de te toucher, de te faire des choses auxquelles j'ose à peine penser. Je suis un Sang-Pur, je ne devrais pas, je ne dois pas et pourtant c'est plus fort que moi je te veux, je t'ai toujours voulu. C'est pour ça que je te haïssais si fort parce que je te voulais en sachant que cela m'était interdit. Je t'ai haïs pour ne pas te rendre accessible, pour ne pas avoir à voir la vérité en face.
Il traverse les ruines anciennes en courant, il sait que le temps lui est compté. Il évite de justesse un précipice et se lance dans un couloir sombre. Il entends derrière lui les pas de ses poursuivants. Il n'ose pas se tourner, il ne doit pas perdre de temps. Il traverse un hall sombre et accidenté. Il saute par dessus des pierres écroulés et avise une porte fermé. Il s'acharne sur la poignée alors que les pas se rapprochent. Il jette un sort, paniqué. Le loquet cède et il s'engouffre dans un nouveau couloir. Il referme la porte précipitamment, faible protection contre les bêtes qui le chassent. Il reprends sa course sachant que cela ne les ralentira pas assez.
Il aperçoit de la lumière au bout du couloir, ça lui donne de l'espoir alors il accélère. Malgré le chemin accidenté, il s'accroche et réussi à progresser. Il fixe la lumière, sa porte de sortie. Il faut qu'il l'atteigne, il le doit. Quand il sera sorti d'ici, il pourra se reposer mais pas avant. Ce qu'il fait est trop important, l'avenir du monde sorcier en dépends et peut être même celui de la planète toute entière.
Dans un dernier effort il débouche dans la lumière du jour. Il se stoppe dans sa course. Devant lui il n'y a que le vide. Il se retourne vers les ténèbres serrant entre ses bras un livre ancien. Les respirations sifflantes de ses poursuivants sont désormais audibles. Il réfléchit un instant, évaluant ses chances alors que les bruits se font plus précis. Il jette un dernier regard à l'ombre devant lui avant de se précipiter dans le vide. Il a juste le temps de voir le chef de ses poursuivants se pencher vers le précipice avant de transplaner emportant avec lui la clé de la guerre qui prépare.
A suivre ...
Posté le 29 Juillet 2013 à environ 23h00.
Le solitude est devenu la seule issue. Les autres m'insupportent et m'irritent alors à quoi bon continuer d'essayer quand on sait que ça ne changera rien.
"Et c'est ce que j'ai fais, j'ai vomi tout ces foutus mots, toute la bile insupportable qui m'obstruais la gorge depuis bien trop longtemps. Toutes les saloperies que je n'avais jamais osé dire, toutes mes omissions, toutes les putains de fois où j'avais dit oui en pensant non."
Mary J. Anna.
