I never see what you see in them. They are the others and it's only that on my eyes.
Merci à : mes nouvelles sortes d'insomnies (être réveillée à minuit alors qu'on s'est levé à 4h du mat' pour aller au boulot ça relève de l'insomnie, non ?) qui m'ont fait écrire mais désolée pour les éventuelles (très très probables) fautes. Et à vous toujours, même si je crois avoir oublié quelques ràr ce qui est un comble vu le peu que j'ai.
Bitch always says that it's your guilt : Je suis lasse et triste, humeur terriblement familière, comme un vieil ami à qui l'on n'ose dire qu'on a grandi et que nos aspirations ne sont plus les même. On le laisse nous tourner autour et sans le vouloir infiltrer chaque partie de notre vie. On voudrait qu'il s'en aille pourtant mais quelque part sa présence familière nous rassure. Alors je reste lasse et triste parce que je n'ai pas encore acquis le courage nécessaire de tourner le dos au passé. Un jour peut être ...
MAYBE ONE DAY WE'LL BE HAPPY.
Bonne lecture.
Le Silence
Treizième chapitre
My mistakes were made for you
Je ne suis pas surpris quand les Aurors entrent dans la pièce. Je les attendais. Cela fait -me semble-t-il- une éternité que je les attends, bien qu'en réalité ça ne fasse que quelque jours que je suis à l'hôpital. Je ne suis pas surpris mais je dois admettre que mon cœur rate un battement et que pendant un instant je vois clairement mon futur.
Un futur sombre et froid dans la prison la plus noire et glaciale qui existe. Azkaban. Ça me traverse l'esprit en moins d'une seconde mais le mal est fait, l'image est là. Le cauchemar est là. Je supprime toute émotion de mon visage, ne surtout pas avoir l'air faible, rester digne comme toujours.
Ils s'approchent de moi, se présentent calmement, courtoisement et pendant un instant j'ai presque l'impression que c'est uniquement en rapport avec le soir de l'attaque. Tout est dans le presque. Instinctivement je fais un geste machinal pour toucher ma marque mais l'un des Aurors me devance et remonte délicatement ma manche.
Nulle surprise dans leur yeux, nul hoquet étranglé, ni de leur part, ni de la mienne. Pas de faux semblant, j'aime mieux ça. Ils savaient qu'elle était là. Bien sûr qu'ils le savent, on m'a soigné ici, on m'a déshabillé, lavé, rhabillé, encore et encore, impossible de louper un truc pareil. Impossible de ne pas le signaler.
"Monsieur Malfoy, pouvez-vous expliquer ce tatouage sur votre bras ?"
Demande l'un des Aurors, toujours aussi calme et courtois. Un sarcasme mordant me vient aux lèvres mais je le retiens docilement. Ce n'est pas le moment, ça ne le sera peut être même plus jamais.
"Je suis un Mangemort. J'étais un Mangemort."
A quoi bon mentir ? La marque sur mon bras est un aveu trop criant. Je prononce la deuxième affirmation avec une voix étrange pourtant. Comme si je tentais d'expliquer quelque chose de très important à un enfant. Ou peut être comme si je voulais encore m'en convaincre. Pourtant c'est la plus vraie des deux.
Ils demandent des explications et je sais que je vais leur donner docilement, longuement. Il est l'heure de se confesser et je le ferais entièrement aujourd'hui. Moi qui ai vécu dans le silence, il est peut être temps que je m'approprie la parole, que je me réapproprie ma propre vie plutôt que d'entendre les autres l'inventer.
Alors je commence par le début, parce qu'il faut bien commencer quelque part. Ils allument leur enregistreurs et j'entame ma longue confession.
"Je m'appelle Draco Malfoy, fils de Lucius et Narcissa Malfoy. Leur liens avec les Mangemorts n'ont pas besoin d'être prouvé bien que Mère n'ai jamais rien fait de répréhensible par elle-même, juste fermer bien trop souvent les yeux sur les activités de Père. Vous devez le savoir sinon elle serait avec lui aujourd'hui à Azkaban.
Mon père était un Mangemort convaincu et attaché à sa cause. Même quand Voldemort est mort une première fois, il n'a pas perdu espoir et m'a toujours élevé dans l'idée que les sorciers étaient supérieurs aux moldus, que les sang mêlés étaient une abomination et les sang-de-bourbe -comme il disait- des parvenus qui volaient nos pouvoirs.
Il faut bien comprendre que mon père avait un pouvoir absolu sur moi dans ma jeunesse, chacune de ses paroles étaient d'évangile, chacune de ses demandes un ordre, chaque coup que je recevais la juste punition si jamais j'oubliais l'un ou l'autre de ces préceptes. Mon père était mon Dieu et je lui devais obéissance et servitude comme il se doit.
Je n'ai jamais remis en cause une seule de ses idées sur les sorciers au sang "non pur" quand j'étais enfant, si Père le disait ce devait être vrai."
L'un des Aurors m'interrompt soudain :
"Mr Malfoy, pourriez vous allez à l'essentiel s'il vous plaît ?"
Je fais un vague geste de la main pour le faire taire, comme si je chassais une mouche qui m'importunais et reprends d'un ton cassant.
"Ce sont mes confessions, si vous les voulez laisser moi les faire comme je le désire, sinon autant me taire tout de suite. Sans le contexte ce que je dirais n'aurait aucune signification."
J'attends un instant leur approbation et reprends après un imperceptible signe de tête de leur part.
"Je disais donc que je n'ai jamais remis ses idées en causes pendant mon enfance et quand j'ai grandi, que j'ai commencé à voir les failles dans son raisonnement je n'avais plus l'inconscience ou le courage de le faire. Les coups de canne avaient fait leur effet et même si je croyais de moins en moins en ses paroles la peur me retenait de le dire.
Dans les vieilles famille de sang pur le fils doit une obéissance aveugle à son père et j'avais parfaitement saisi le concept. Si bien qu'alors même qu'au fond de moi toutes les convictions profondes de mon enfance s'effondraient les unes après les autres je n'en dis jamais mot à personne. En surface je restais toujours le même.
Intolérant, l'esprit étroit, odieux même à mes propres yeux, arrogant, un Malfoy comme mon père le désirait. Ainsi quand au cours de ma sixième année mon père décida de m'apposer la marque des ténèbres je n'émis aucune protestation. J'obéis comme tout fils se le doit, sans conviction mais sans volonté d'arrêter le processus.
Il m'avait créé et je devais faire ce qu'il jugeait bon que je fasse. La première mission qu'on me confia fût de tuer le professeur Dumbledore mais je n'y parvins pas, mon parrain le fit à ma place. Suite à cet échec le lord m'en tint rigueur et me donna une double mission peu avant le début de ma septième année.
La première facile et purement pratique, dessiner des plans de Poudlard et de ses passages secrets les plus précis possible en prévision d'une future attaque. La seconde, quasiment impossible, un piège pour pouvoir ordonner ma mort que Père m'avait évité après ma première bévue je suppose.
Vous devez vous en douter désormais, la seconde était de mettre hors d'état de nuire le sauveur sans pour autant le tuer. Au début j'étais désespéré et puis après des semaines de recherche, de nuits blanches, d'insomnies et de terreur j'ai fini par dénicher un parchemin qui m'a semble prometteur.
J'ai commencé à le traduire et plus j'avançais, plus mon espoir grandissait. Ce parchemin était la recette d'une antique potion permettant de supprimer les pouvoirs d'un sorcier. Elle était compliquée, les ingrédients pratiquement impossible à trouver mais contre tout attente j'ai réussi.
Ma chance n'a pourtant pas duré, mon plan pour lui administrer la potion était simple mais pleins de failles que je n'ai su voir sur l'instant. La potion agissant par contact il suffisait de faire croire à une bousculade pour discrètement faire tomber quelque gouttes sur la peau de Potter. Ce fut un succès sur ce point.
Potter perdit ses pouvoirs mais je suis tombé, la fiole m'a explosé dans la main et je me suis retrouvé dans la même situation que lui. Père m'a renié presque instantanément, il m'a même envoyé une tueuse pour supprimer la tare que j'étais devenu pour lui et mes activités de Mangemort ont cessé instantanément. J'étais un paria.
Je l'admet, j'ai souffert de cette situation au début et puis petit à petit je me suis rendu compte de quelque chose. J'étais libre pour la première fois de ma vie, libre de faire ce que je voulais, de me lier à qui je voulais, d'être qui je voulais, d'aimer qui je voulais et c'est ce que j'ai fait.
Je ne sais pas quand j'ai commencé à aimer Potter, parfois j'ai l'impression que ça a toujours été le cas, que ma haine n'était qu'un voile dissimulant mon désir impossible pour lui mais le fait est là. Peu à peu je me suis mis à moins le détester, puis à l'apprécier par moment et enfin à l'aimer irrémédiablement.
Et j'attendais le moment où tout serait dévoilé, ce moment précis : aujourd'hui. Le jour où le monde apprendra ce que je lui ai fais. Je le redoutais surtout parce qu'aussi incroyable que ça puisse paraître il m'aime aussi -m'aimait devrais-je peut être dire- et je savais que cet amour fanerait dès qu'il saurait.
J'en suis venu à voir la perte de mes pouvoirs comme le prix à payer pour l'avoir trahi en même temps que la bénédiction d'être enfin libéré du joug de mon père. Je l'aidais à chercher une solution pour récupérer nos pouvoirs mais le cœur y était de moins en moins, je le faisais pour lui uniquement, plus pour moi.
La magie, mon nom, tout cela m'avait gouverné toute ma vie et j'y renonçais avec plaisir si ça voulait dire pouvoir l'aimer et être avec lui. Et puis il y a eu l'attaque et j'ai su que c'était terminé, que mon bonheur était fini et qu'il était temps que je paye pour ce que je lui avais fait, pour ce que vous ai fait à tous.
Je ne veux pas vous apitoyer sur mon sort, j'étais un enfant crédule et je suis devenu un lâche. Je savais que mon père avait tord mais j'ai quand même suivi les ordres. Je mérite ce qu'il m'arrive. Ça n'empêche que je le regrette, que je le regretterais chaque jours qu'il me reste à vivre mais ça ne vaut rien, n'est ce pas ?
Il ne pourrait m'aimer en sachant ce que je lui ai fait. Personne ne le pourrait alors à quoi bon nier ? J'étais un Mangemort et je suis celui qui a pris ses pouvoirs à Harry Potter. Celui qui a déposséder le monde sorcier de ce qui était son meilleur espoir contre Voldemort il y a encore quelque mois.
Alors arrêtez moi qu'on en finisse. Ce n'est pas comme si j'avais encore quelque chose à perdre."
Comme dans un mauvais rêve ils lancent un sort qui lient mes poignets aux accoudoirs du lit, j'ai un peu de liberté de mouvement mais à peine suffisant pour manger et m'allonger à peu près confortablement. Ils m'expliquent qu'il s'agit de la procédure après un bref regard gêné vers mes jambes. En effet peu de chance que je m'enfuie de toute façons.
Ils continuent sur ce qu'il va se passer après, le futur procès, les charges qui pèseront contre moi, le droit à un avocat, jargon juridique détestable, nécessaire, dont je me moque pourtant éperdument. Après quoi ils s'en vont me laissant seul avec mes idées noires.
Je devrais avoir de nouveau peur d'Azkaban et c'est le cas mais comme en sourdine dans un coin retiré de mon esprit. En première place il n'y a que Harry, sa future réaction, ma future perte. La vraie terreur ce n'est pas Azkaban, c'est lui. Ce sera toujours ceux qu'on aime et qu'on trahi qui nous effrayeront le plus.
C'est sur son image que je m'endors et mes cauchemars de la nuit me semblent une répétition de la future confrontation qui devra inévitablement arriver.
A suivre ...
Posté le 7 Novembre 2015 à une heure indécente (approximativement minuit cinquante-cinq).
Initialement je voulais passer rapidement sur l'arrestation de Draco (des morceaux de la scène me trottaient dans la tête depuis juillet) et ensuite développer la confrontation entre Harry et Draco au sein du même chapitre. Finalement quand j'ai commencé ce chapitre hier (le 6) à 22h les mots sont venus sans discontinuer jusqu'à très tôt ce matin c'est à dire 00h15 et je me suis rendue compte que je venais de pondre près de 2000 mots et que je n'avais absolument pas la force de continuer à écrire. Donc la confrontation sera dans le prochain chapitre qui arrivera quand les mots me reviendront. Autrement dit : j'en sais rien, nul ne le sait, on verra bien, peut être jamais mais j'espère que non. Voilà, sinon je suis épuisée, cassée, éreintée. Le travail ne me sied guère ou je devrais peut être arrêté les 40h en 4 jours. Bref, bonne nuit les enfants.
"Parce que les mots sont vains et les grands gestes surfaits, je ne cherche plus les signes dans le ciel mais sur cette terre." Qu'importe ...
