I thought I was in love. But the truth was that I was healing.
Merci à : la série Haven dont la bande son m'a fait découvrir la chanson qui m'a enfin inspiré la suite de cette histoire. Bon il était quatre heure du mat' et je voulais aller dormir mais bon l'inspiration n'attends pas.
Excuse me for being so cold : Je vais bien. C'est la première fois que je peux dire ces mots sans mentir depuis des mois. Je ne pleure plus la nuit, je n'ai plus mal au ventre à longueur de journée. Je vais bien et j'écris, c'est une première ça. Peut être que je n'ai pas besoin de souffrir constamment pour savoir l'écrire, peut être que j'ai le droit d'être heureuse au final. Mais je ne le dis pas, en surface je reste la même, distante, silencieuse, solitaire. Mais plus seule, plus jamais seule. Si seulement je savais comment dire ce genre de chose. Si seulement tu pouvais comprendre toutes ces choses que je ne dis jamais, tu saurais sans hésiter que tu n'as pas à me remercier d'être là pour toi. Tu saurais que tu es le seul à avoir su me guérir, à avoir réussi à me supporter pendant si longtemps. Si seulement tu savais tu ne douterais pas que je ferais tout pour toi parce qu'il y a un an et demi, avant que tu ne sois là, je n'avais pas d'avenir. Je traversais la vie comme un promeneur déambulant sans but. Tu lui as donné un sens, tu m'as tout donné. Tu m'as donné une raison de me battre contre la dépression chronique et même si ça arrivera encore je sais que je m'en sortirais et que tu resteras quand même. Alors merci pour ça, merci pour toutes ces choses que je n'avouerais jamais.
FEELINGS ARE UNUSUAL.
Bonne lecture.
Le Silence
Quartozième chapitre
Your song
Parfois j'aimerais être quelqu'un d'autre, me couler dans un autre corps, d'autres pensées, d'autres problèmes, une autre vie. Une où je prendrais les bonnes décisions, où je suivrais la bonne voie d'instinct, facilement, sans me poser de question. Mais le bien n'est jamais la voie facile, n'est ce pas ?
Elle n'est que sacrifice et douleur mais au moins j'aurais pu me regarder dans une glace sans être hanté par toute la souffrance que j'ai causé. J'aurais pu dormir la nuit sans prendre potion de sommeil sur potion de sommeil. J'aurais pu ne pas le perdre mais peut être que je ne l'aurais jamais eu pour commencer.
Oui, ça aurait pu être plus simple mais comment savoir si j'aurais gagné au change. Alors qu'importe, les regrets ne servent à rien. Je ne peux que continuer et affronter mes erreurs du mieux que je peux. Je ne peux être que moi, peu importe à quel point je peux me haïr.
Je ne suis pas un héro et je ne le serais jamais mais je peux arrêter d'être un lâche. Et si j'ai pu affronter son amour, je peux affronter sa haine. C'est ce que je me répète chaque jours mais la porte ne s'ouvre jamais sur lui. Je pensais affronter sa colère mais c'est son silence qu'il m'offre. Il n'a jamais su que me déconcerter.
Je pensais le connaître quand on s'est rencontré, le héros fier et fort qui n'aurais jamais rejeté un ami au père aussi puissant mais il ne voulait pas de moi. Puis je l'ai haïs, lui et sa vie que je pensais si parfaite, parce qu'il se pensait trop bien pour moi. Je me suis battu contre lui sans comprendre qu'on était pareil.
J'étais la marionnette de mon père, il était celle de Dumbledore et on aurait tout deux tué pour eux. On essayait de se surpasser, de faire s'effacer cet air supérieur sur le visage de l'autre. Je pensais le connaître mais je ne savais rien. Rien de sa torture si similaire à la mienne, rien de ses failles si semblable aux miennes.
On était les même mais on ne s'était jamais donné la peine de se reconnaître. On se cherchait et je crois que quelque part c'était parce qu'on savait qu'on était fait l'un pour l'autre. Le jour où on s'est embrassé pour la première fois a tout changé pour moi. C'était comme sortir dehors pour la première fois après une vie d'enfermement.
Je me sentais ivre, terrifié, bouleversé, ému. Je n'étais plus seul pour la première fois de ma vie parce qu'il y avait ta main dans la mienne et que tu ne partirais pas. Nous étions peut être prisonniers dans cette chambre, dans ce château, dans cette vie dictée par d'autres mais tu étais là et ça me rendait fort. J'étais prêt à ne plus être lâche.
Nos marionnettistes ne tiraient plus les ficelles. Nous pouvions faire nos propres choix et on s'est choisi, mutuellement et ce fut le meilleur choix que j'ai jamais fait. Tu faisais de moi cet autre homme, celui que j'imaginais parfois. Mais je ne pouvais pas réellement l'être.
J'aurais voulu en avoir la force mais ça signifiait te perdre, ça signifiait être séparé à jamais et je ne pouvais pas. J'aurais voulu être un autre homme mais je n'étais toujours que moi. Le lâche, le menteur, l'horrible Draco Malfoy. Celui qui ne te méritait pas. Alors viens et brise moi le cœur Potter. Il est plus que temps que la sentence tombe.
Parfois j'aimerais être quelqu'un d'autre, me couler dans un autre corps, d'autres pensées, d'autres problèmes, une autre vie. Une où je prendrais mes propres décisions, où je pourrais suivre mon instinct sans qu'on me force à prendre une autre voie. Mais ce n'est jamais facile de s'affirmer, n'est ce pas ?
Il faut faire des sacrifices pour ça et ça veut aussi dire qu'il faudra blesser les autres parfois mais au moins ça aurait été mes propres choix. Je n'aurais peut être pas dormi certaines nuit, ruminant mes choix. J'aurais peut être pris sa main dès le départ mais peut être que ça n'aurait rien changé.
Oui, ça aurait probablement pu être plus compliqué, j'y aurais peut être plus perdu qu'autre chose. Mais je ne peux m'empêcher de le regretter parfois. Qu'importe, ce qui est fait et fait, je ne peux qu'avancer encore. Je ne peux être que moi, peu importe que je ne sache pas qui je suis.
J'ai beau être considéré comme un héro, je ne peux m'empêcher d'être lâche quand il s'agit de lui. J'ai affronté un dragon mais je ne peux affronter la vérité, je ne peux imaginer qu'il m'ai trahi à ce point, qu'il ne m'aime pas. Parce que j'y ai cru, plus qu'à n'importe quoi d'autre. Il n'a jamais su que me mentir pourtant.
On m'avait prévenu dès le départ, il était arrogant, méprisant, cruel, infréquentable. Je l'ai haïs dès ses premiers mots, lui si gâté, si aigri, qui se pensait tellement au dessus des autres. Tellement au dessus de moi. Je voyais en lui tout ceux contre qui je n'avais jamais pu me battre alors je lui ai fait payé à lui.
On m'a montré la personne à abattre et j'ai suivi les ordres, c'est ce que j'ai toujours fait. J'aimerais être persuadé qu'il n'a fait que me mentir, que la personne que j'ai connu ces derniers mois est un mensonge. Mais ses blessures étaient si similaires aux miennes, ça ne peut s'inventer, seulement se subir.
On était les mêmes et on s'était enfin reconnu, je n'avais jamais rien ressenti de tel. Je me sentais important, compris, enfin complet auprès de toi. A croire que c'est pour ça que je n'avais jamais pu te laisser tranquille toutes ces années. Que je savais que tu étais celui qui me sauverais de cette vie.
Grâce à lui, j'étais libre, libre de ne plus sauver le monde, libre d'être ordinaire, sans problème. Je ne le savais pas et je devrais te haïr pour m'avoir pris mes pouvoirs mais je ne peux pas. Tu m'as libéré. Tu m'as appris qu'on pouvait m'aimer sans que j'ai besoin de me sacrifier. Enfin je le croyais et c'est pour cette trahison que je te hais.
Plus personne ne me disait quoi faire, ni qui être et je t'ai choisi, peut être que je n'aurais pas du mais ça semblait si juste sur le moment. Tu me faisais me sentir important pour moi, pas pour un héritage dont je n'avais jamais voulu. Mais ça ne pouvait être vrai.
Je l'aurais voulu pourtant, mais il faut croire que j'avais tord. J'aurais voulu être un autre homme mais je n'étais toujours que moi. Le naïf, le désespéré, le pathétique Harry Potter. Celui qui avait besoin qu'on le guide. Alors je n'ose t'affronter parce que je sais que tu me briseras le cœur, Malfoy. Mais il est plus que temps que l'illusion se brise.
Il entre dans la pièce et le monde se fige un instant. J'ai un étourdissement, envie de vomir, je voudrais fuir mais mes jambes ne marchent toujours pas. Impossible d'échapper à la réalité aujourd'hui, il est temps de cesser d'être lâche. Tes yeux ne me regardent pas et je note que tu n'as pratiquement plus de bandages. Tu commences à parler.
"Les Aurors sont venus me voir, ils m'ont tout raconté. On m'a dit la vérité, que tu étais un Mangemort, que tu m'avais pris mes pouvoirs. Que j'avais raison dès le début. Au moins je n'ai plus à regretter de t'avoir cassé des côtes, tu l'avais mérité au final."
Ta voix tremble d'une fureur mal contenue, il s'avance jusqu'à la fenêtre et son regard se porte vers l'extérieur, loin de moi, comme s'il ne pouvait supporter ma simple vue. J'ai si honte de ce que j'ai fait soudainement, tellement honte de l'avoir trahi. Je ne savais pas pourtant à l'époque, je ne savais pas qu'il était tout pour moi.
"Je suis désolé, j'ai juste suivi les ordres ..."
Tu t'es retourné d'un coup et tu me fixes. Tes yeux sont d'un vert intense et sombre, brillants. Je me rends brusquement compte que tu es au bord des larmes et c'est comme une gifle. Je peux affronter ta haine mais je suis faible face à ta douleur. Ça m'en coupe la voix et j'ai l'impression que tout ce que je pourrais dire ne sera jamais suffisant.
"Tu as suivi les ordre Malfoy ? C'était tes ordres de me faire croire que je comptais pour toi, que ce que je te confiais t'importais ? C'était tes foutus ordres de me faire croire que tu m'aimais ? Ou ça tu l'as fait de ton propre chef juste parce que ça t'amusais de te moquer du pathétique petit Potter ? Ça ne te suffisais pas d'avoir pris mes pouvoirs, il fallait que tu me détruises, c'est ça ?"
Les larmes coulent librement sur ses joues et je me rends compte que si sa voix tremblait ce n'était pas de fureur. Il hurle mais tout ce que j'entends c'est qu'il croit que je ne l'aime pas. Je reste stupéfait, comme si j'avais pu feindre de l'aimer, feindre la seule chose qui ai jamais compté pour moi. Je pensais qu'il me haïrait mais pas pour ça.
Je n'aurais jamais jamais cru qu'il penserait que j'avais menti sur ça aussi. Je pensais qu'il savait que je n'aurais jamais pu lui faire une chose pareille, qu'il était mon univers et que si j'ai arrêté d'être un mangemort c'était pour lui, pas à cause de la perte de mes pouvoirs.
"Tu ne dis plus rien ? Tu attends que je sois parti pour jubiler, hein ? Parce que je t'ai cru, pire je t'ai aimé moi. Et Je t'aime encore en prime. J'aurais même pu te pardonner pour mes pouvoirs mais ça ne sert à rien, tu ne veux pas être pardonné, tu t'en fous. Tu ne m'as jamais aimé."
Je sens une larme glisser sur ma joue, c'est donc ça que tu penses vraiment de moi. Ma vue se brouille et j'aimerais à nouveau partir mais plus pour les mêmes raisons. J'étais prêt à ce que tu me haïsses, pas à ce que tu trahisses notre amour, pas à ce que tu salisses ce qu'on a vécu. Ma voix n'a jamais été aussi mal assurée que quand j'ose enfin parler.
"Tu le crois vraiment, n'est ce pas ? Tu penses que tout ça n'était qu'un mensonge, qu'à chaque fois que je t'ai consolé je mentais. Que chaque baisers, chaque larmes, chaque tergiversations n'était qu'un jeu pour moi. Que je me moquais de toi quand je te tenais la main et séchais tes larmes. Désolée Potter, je ne suis pas le monstre que tu crois.
J'ai menti certes, je t'ai pris tes pouvoirs mais le reste c'était vrai. Et j'étais prêt à te perdre pour ce que j'ai fais mais si tu penses que je t'ai menti sur mes sentiments alors peut être que finalement je ne t'ai jamais eu. Je pensais que tu me connaissais mieux que ça ..."
Tu te rapproches de moi, pointant un index menaçant dans ma direction. Tes yeux hurlent de rage, de souffrance, de mépris. Je ne me suis jamais senti aussi mal, aussi impuissant de toute ma vie.
"Te connaître ? Tu n'as jamais fait que me mentir, tu m'as laissé croire que tu ne savais pas ce qui nous arrivait, qu'on étais tout les deux victimes.
- Mais c'était le cas ! Je n'ai jamais voulu perdre mes pouvoirs mais je ne l'ai jamais regretté parce que je t'ai eu à la place et c'était la meilleure chose qui me soit arrivé. Je suis désolé Harry, désolé pour tout mais pas pour avoir eu la chance de t'aimer. Jamais je ne le serais. Je regrette simplement d'avoir cru que tu le saurais.
- Comment le saurais-je ? Tu n'es qu'un putain de Mangemort !"
Tu trembles et moi aussi. J'avais prévu de rester stoïque, d'encaisser tes reproches sans broncher parce que je le méritais. Je t'avais trahi avant de savoir que je le regretterais à jamais. Sans t'avoir jamais donné une chance. Je méritais de le payer mais je ne peux pas payer pour un crime que je n'ai pas commis.
J'aimerais te dire que je t'aime, que je n'ai jamais cessé de le faire, j'aimerais trouver les mots pour te le faire comprendre mais je ne les ai pas. Je ne les ai jamais eu. Alors je fais la seule chose que je peux faire, je te dis tout ça de la seule manière que je peux. Je t'embrasse et tu me mords, tu te débats mais je continue.
Tes larmes trempent mes joues et tes ongles s'enfoncent dans mes poignets, que tu repousses autant que tu t'y accroches. Je ferme les yeux le plus fort possible, je ne peux pas les ouvrir pour découvrir que tu me regardes avec haine, je ne peux pas.
Je t'embrasse doucement, délicatement malgré ta violence, mes doigts caressent tes poignets pendant que tu blesses les miens. Il faut que tu comprennes et qu'importe si tu me blesses, je le mérite, mais il faut que tu saches que c'était vrai. Il n'y a que ça qui importe. Il faut que tu saches que je ne te blesserais plus jamais.
Peu à peu, tes morsures se font moins abruptes et tes doigts desserrent leur prises sur mes poignets. Tes pleurs redoublent et tu finis par me prendre dans tes bras. Tu me serres tellement fort et c'est un tel soulagement que mes larmes se joignent aux tiennes. Enfin, tu as compris.
On se sépare lentement, tes mains cherchent les miennes et je m'y accroche avant d'oser ouvrir les yeux. Les tiens sont rouges et emplis de questions auxquelles je n'ai pas de réponse mais je réponds quand même.
"Je t'aime Harry, ne t'avise plus jamais de dire le contraire. Tu peux me haïr mais ne dit plus jamais que je ne t'aime pas."
Tu me regardes toujours aussi troublé. Comme si tu essayais de lire dans mes yeux si je suis sincère. Tu finis par secouer la tête comme pour chasser un mauvais rêve. Tu lâches mes mains et tu t'éloignes sans un mot. J'esquisse un geste pour te retenir mais la porte claque sur tes dernières paroles.
Elles me hantent longtemps, elles résonnent dans ma tête que ce soit pendant les examens ou pendant qu'on me lave, elles ne me quittent pas. Je ne mange pas, je ne dors pas, je ressasse sans pouvoir m'arrêter tes derniers mots comme si je pouvais trouver une autre issue à cette histoire. Il n'y en a pas pourtant.
Je passe des heures dans le noir à essayer de leur donner un autre sens mais c'est vain et je le sais. Tu as raison même si je ne veux pas l'accepter, alors tes mots me hantent toujours. Cette simple phrase qui résume toute l'horreur de ma situation :
"Parfois aimer ne suffit pas, Draco."
A suivre ...
Posté le 31 Décembre 2015 à environ 5h50 du matin.
J'ai mis du temps à m'y mettre, je n'arrivais pas à trouver la bonne chanson pour ce chapitre mais finalement après presque deux mois, je l'ai écrit en une heure d'une traite. J'espère qu'il vous a plu, je ne voyais pas comment ça aurait pu se passer autrement. C'était mon cadeau de Noël en retard.
Merci à tous ceux qui me suivent encore, merci d'entendre mes cris silencieux.
Bonne fin d'année.
"Oh ironie, j'ai signé tes forfaits si souvent que je me sens complice. Ce n'est pourtant pas ma faute si tu te glisses dans chacun de mes vices." Qu'importe ...
Mary J. Anna
