Parce que se battre tout le temps ce n'est pas une vie.
Merci à :dans un ordre anarchique : le temps qui m'a permis d'écrire, la nuit qui m'inspire toujours, Jeff Buckley parce que sa version d'Hallelujah sera toujours la plus belle et à vous, toujours à vous.
Ecrire c'est vivre : je dois cette expression a qui l'avait utilisé pour parler de moi. Les années ont passé, je ne suis plus amie avec elle mais l'expression m'est restée. Parce qu'elle était vraie et qu'elle l'est toujours. J'ai commencé à écrire une nouvelle fiction originale et c'est comme si je me sentais revivre. J'ai continué cette fanfic', j'ai balancé des centaines de pensées dans une compilations de plus de 55.000 mots mais je n'avais pas commencé une histoire originale depuis cinq ans et je me sens revivre. Mon esprit est en ébullition, mes mains tremblent d'anticipation, je me sens excitée comme jamais et terrifiée mais surtout, surtout, je me sens vivante pour la première fois en cinq ans. Les mots blessent, les mots tuent, les mots déchirent et détruisent mais les mots soignent, les mots sauvent, réconfortent, galvanisent, purifient, réparent, reconstruisent. Les mots sont tout. Ils sont ma seule véritable religion et si je les ai dégradé bien trop souvent, je m'en repends quotidiennement.
WORDS ARE EVERYTHINGS.
Bonne lecture.
Le Silence
Quinzième chapitre
Hello
Plus fort, plus vite, plus, plus, toujours plus. Pousser jusqu'à atteindre mes derniers retranchement. Mes bras tremblent sur les barres en fer et je m'écroule pour la énième fois. J'essaye de rectifier ma position mais mes bras ne me soutiennent plus et mes jambes sont toujours aussi inutile. Le rééducateur m'attrape et me rassois sur mon fauteuil.
"Ça ira pour aujourd'hui. Tu as fait beaucoup de progrès Draco."
Un rire amer m'échappe, je ne suis toujours pas capable de faire un pas, je ne sens pas mes propres jambes. Mes bras ont pris du muscle certes mais ce n'est pas le but. Ce connard peut dire ce qu'il veut, je ne progresse pas d'un pouce. Je fixe les barres d'un regard haineux.
"Non, on continue.
- Mais tu es épuisé et ...
- Non."
Le reste de sa phrase meurt dans sa gorge. Je serre son bras, le regard verrouillé aux barres. Il faut que j'y arrive, ne serait ce qu'un seul pas. Un seul et je saurais que tout ceci n'est pas vain et inutile. Je suis déjà privé de ma magie, il me faut mes jambes, c'est tout ce qu'il me reste.
"On continue.
- Ce n'est pas raisonnable, on a déjà travaillé pendant une heure. Tu es trop fatigué, ça ne sert à rien."
Je rapproche mon fauteuil et m'accroche aux barres. Je lui lance un regard déterminé et m'extrais en retenant un gémissement du fauteuil. Ce n'est qu'un pas, j'en ai fait des milliers d'autres dans ma vie. Il faut juste que je sois fort une nouvelle fois.
"Encore une dernière fois, il faut que j'y arrive.
- Bien, comme tu veux. Essaye mais tu n'y arriveras pas, Draco. C'est trop tôt et tu le sais."
Je ne prends même pas la peine de répondre, j'y arriverais qu'importe ce qu'il dit. Il n'est pas trop tôt, je n'ai pas le temps pour ce genre de conneries. Je veux une lueur d'espoir c'est tout ce que je demande. Je pose délicatement mes pieds par terre et tente de m'appuyer sur ceux ci.
La sensation est étrange, je vois mes pieds sur le sol mais je ne le ressens pas. L'étrangeté de la situation me donne un vertige. Je vacille mais raffermis ma prise sur les barres. Je peux le faire, ce n'est qu'une question de volonté. L'ancien Draco n'en avait pas mais je suis le nouveau et si j'ai pu affronter Harry je peux faire ça.
J'avance mes bras sur les barres et tentent de donner une impulsion à mes jambes. Ce n'est pas très concluant, mais je recommence. Encore, et encore. Jusqu'à ce que mes bras tremblent à nouveau, jusqu'à ce que mes muscles me brûlent et que la tête me tourne.
"Draco arrête, tu vas trop loin !"
Son ton est paniqué mais je ne l'écoute. Dans un ultime effort, je retente à nouveau de pousser sur mes jambes. Je sens une légère pression sur mon pied. C'est comme si on touchait une partie de moi qui n'était pas vraiment à moi. C'est étrange mais ma jambe se soulève de quelques millimètres avant de retomber quelques centimètres plus loin.
Mes bras me lâchent à nouveau et je reste allongé, haletant, épuisé, tremblant mais triomphant. Je l'ai fait ! Un sourire s'étire sur mes lèvres. Ce n'était presque rien, à peine un dixième de pas mais j'ai marché. J'ai ressenti quelque chose et c'est tellement plus que ce que j'espérais. Je vais remarcher un jour, je le sais.
Le rééducateur s'agenouille près de moi :
"Ne refais jamais, tu aurais pu te blesser. Non mais regarde toi, tu pourras à peine tenir ta fourchette ce soir.
- Oui mais j'ai réussi."
Son regard sévère s'adouci devant mon sourire éclatant. Il me soulève une nouvelle fois et me repose doucement dans le fauteuil. Il pose une main sur mon genou et me fixe droit dans les yeux. Mon sourire se flétrit devant son air soudain sérieux.
"Oui tu as réussi mais ce n'est que le début. Sois prêt Draco, ça va être de pire en pire."
Une angoisse sourde m'étreint l'estomac à ces mots. Je sais ce qui m'attends, les médecins ont été clairs, si la paralysie disparaît ce ne sera pas sans douleur. Mes jambes seront tellement courbaturées et ankylosées que j'en viendrais à regretter de les récupérer.
Et ça durera plusieurs mois le temps que les muscles récupèrent et que la paralysie disparaissent complètement. Oui, ça ne fait que commencer mais je suis prêt. J'ai survécu à la dernière bataille, à la perte de mes pouvoirs, à la visite des Aurors, je survivrais à ça aussi. Je vais y arriver.
"Alors, tu m'aimes ?"
Tu te tiens debout contre le mur, les mains enfoncées dans les poches de ta chemise d'hôpital. Une expression butée sur le visage, tu me toises, attendant une réponse que tu connais déjà. Je soupire, résigné, au moins cette fois tu as l'air prêt à m'écouter. Malgré la nonchalance que tu as affiché jusqu'à présent, je sais que ça compte. Que je compte.
"Oui.
- Depuis quand ? Avant ou après être devenu Mangemort ? Tu as fait quoi pour eux exactement à part me retirer mes pouvoirs ?"
Ah ça y est, tu abandonnes le masque du type décontracté et admets ce que tu es venu faire : m'interroger. Me faire répondre à autant de questions que tu le jugeras nécessaire afin de déterminer si je suis une super ordure ou juste une raclure ordinaire. Eh bien allons y Potter, c'est pas comme si je pouvais fuir, je suis paraplégique ET menotté.
"De façon certaine après être devenu Mangemort, c'est venu quand on a commencé à vraiment se connaître, petit à petit. Un jour je me suis réveillé et j'ai su, c'est tout. De façon terriblement banale je dois le dire, je me suis rendu compte que j'étais heureux quand tu étais là, que je voulais être proche de toi, trop proche pour que ce soit de l'amitié tout bêtement.
- Et le reste ?
- J'ai dessiné des plans de Poudlard en prévision de la bataille qui m'a valu de ne pas pouvoir me lever de ce lit. Nott a aidé pour ça, enfin il en a fait plus que moi vu que j'ai arrêté après la "réussite" de l'autre mission.
- C'est tout ?
- Oui, c'est tout. Si tu t'attendais à ce que je confesse le meurtre de moldus innocents désolé de te décevoir. J'ai pas été foutu de tuer Dumbledore et je l'aimais pas vraiment, j'imagine que ça en dit long sur mes aptitudes au meurtre de sang froid."
Je tends les mains en signe d'impuissance. Qu'y puis-je ? Je suis un lâche mais pas un meurtrier. Tout ce que j'ai fait c'était pour que Père me fiche la paix, rien de plus. Une lueur de surprise passe dans son regard et c'est comme un coup de poignard en plein cœur. Il m'en pensait capable. Il me prends pour un monstre. C'est pire que je ne l'imaginais.
"Donc tu veux me faire croire que tout ce que tu as fait de mal c'est dessiner quelques plans et me prendre mes pouvoirs ? Tu penses que je vais témoigner en ta faveur à la cour ou quoi Malfoy ? Parce que je ne le ferais pas, bien que je pense que ça n'aurait pas changé grand chose.
- Je n'essaye pas de faire croire que ce soit, c'est tout ce que j'ai fait. Demande aux Aurors, ils m'ont réinterroger sous Véritaserum et "Avez-vous tué quelqu'un ?" a été leur première question. Je ne suis pas un saint mais je ne suis pas un meurtrier. Et je n'attends rien de toi, je payerais pour ce que j'ai fait. Je l'ai mérité.
- D'accord, d'accord. Tu n'es pas un tueur et tu ne veux rien de moi. Bien. On fait quoi maintenant ?"
La question reste suspendue entre nous. Bon sang, comment veux-tu que je le sache ? Je te fixe cherchant une réponse dans tes yeux mais tu sembles aussi perdu et perplexe que moi. Agacé aussi mais apprendre que ton petit ami t'as retiré tes pouvoirs doit agacer n'importe qui. Tu croises les bras et me fusille du regard pour me pousser à répondre.
"Je suis un connard d'ex-Mangemort et tu n'aimes pas les Mangemort, alors que veux-tu qu'on fasse, Potter ?"
J'insiste sur ton nom, en espérant que mon regard est aussi mauvais que je l'imagine. Je ne suis peut être pas la victime ici mais j'en ai assez d'être accusé à tord et je pense que ce n'est pas à moi de décider de la marche à suivre. C'est toi qui a été trahis, à toi de décider de ce que tu fais de moi.
"Dans un monde idéal, on continuerait ce qu'on avait commencé avant la bataille. Mais ce n'est pas un monde idéal, tu m'as trahi, tu m'as menti, tu m'as volé mais je t'aime quand même, alors je ne sais pas Malfoy, je ne sais foutrement pas quoi faire.
- Moi non plus. C'est génial au moins on est déjà d'accord sur un truc."
On a hurlé ces dernières phrases et le silence me paraît assourdissant après cet accès de violence. Tes bras pendent le long de ton corps et tu parais soudain épuisé. Tu passes une main mal assurée dans tes cheveux et soupire.
"On est aussi d'accord sur le fait qu'on s'aime."
Ta voix s'est considérablement adoucie et je sens comme des papillons dans mon estomac. Ce n'est pas encore le bout du tunnel mais je vois une lueur d'espoir. Je sens un sourire affleurer mais je le réprime aussitôt. On est loin d'en avoir fini.
"Je ne sais pas si je pourrais te pardonner, Draco. Tu m'as pris la seule chose de bien qui m'était arrivée dans ma vie.
- Ils planifiaient de se servir de toi comme une arme, Harry. Je sais que ça n'a pas été rose pour toi avant Poudlard et je ne dis pas que j'ai bien fait mais ils voulaient que tu le tues, lui et d'autres aussi. Est-ce que tu aurais pu ? Est-ce que ça aurait valu la peine d'avoir du sang sur les mains ?
- Je ne sais pas, probablement pas, mais au moins j'aurais eu un avenir."
Ta voix n'est plus qu'un murmure. Tu t'assoies au bord du lit et te passe une main sur le visage, bouleversé. Il y a des larmes dans tes yeux et de la lassitude dans tes gestes. Tu retires délicatement tes lunettes et me fixe d'un air trouble.
"Je peux pas faire comme si rien ne s'était passé. Je ne peux pas t'oublier, je ne peux qu'essayer d'avancer. Mais je ne peux pas t'avoir dans ma vie, pas en ce moment. C'est trop pour moi."
Tu recouvres ma main avec la tienne et me la presse gentiment. Je sais ce que tu vas dire et je n'esquisse pas un geste pour te stopper. Mes yeux s'embuent et mon corps se tends mais je ne dis rien. Je te laisse finir, en finir. Je ne t'ai donné que des mensonges, je mérite ce qu'il se passe.
"Je suis désolé, Draco. Je sais que tu étais sincère à propos de notre relation et j'en ferais part au juge mais pour le reste tu mérites ce qu'il t'arrive. N'essaye pas de me contacter ou de me voir. C'est terminé. C'était fini bien avant que ça commence et tu le sais."
Ta voix est douce et résignée. C'est cette résignation qui me brise le coeur. Si tu avais été en colère j'aurais pu avoir un espoir. Mais ce n'est pas une impulsion ou une croyance aveugle, c'est un fait. Alors je ne peux que m'incliner et cesser toute forme de combat. Abandonner mes espoirs qui n'ont jamais été qu'une illusion.
Je n'ai jamais été de ceux qui se battent. Que ce soit pour leurs convictions ou ce qu'ils désirent. Je ne suis pas assez fort pour ça, je ne le serais jamais. Je suis un lâche, un de ceux qui pensent que mentir peut tout résoudre, que faire face n'apporte que des souffrances inutiles. J'ai créé cette situation.
Je suis entré dans ta vie, dans ta tête, dans ton cœur en ne faisant que mentir et omettre. La vérité c'est que je ne t'ai jamais eu. Celui que tu aimais n'existe pas, c'était l'homme que j'aurais aimé être, pas moi. Et tu mérites de le rencontrer, même si ce doit être un autre. Je suis un amant éperdu et perdu.
Je joue ma dernière partition, la plus belle. Ma voix est claire et posée, mon regard franc et ouvert. Je te chante mon indifférence sur toutes les gammes et la pureté de ce chant te faire presque oublier que ma voix se brise sur le dernier accord. Mais ce n'est pas assez pour autant.
Pas assez pour que tu relèves les yeux et vois cette larme unique que j'essuie aussitôt. Pas assez pour que tu cherches la sincérité dans mon regard. Tu gobes ce dernier mensonge parce que c'est plus simple à croire que la vérité. La vérité et compliqué et tu es las des complications. Las de cette relation aux trop multiples facettes.
Je te mens pour te laisser partir, pour ne pas tout remettre en question à nouveau. Parce que tu mérites d'être heureux et qu'importe si ce n'est pas avec moi, tant que tu l'es. Je joue le jeu jusqu'à la dernière note. Jusqu'à ce que la porte se referme derrière toi et j'attends quelques instants avant de fondre en larme.
Tu as raison pourtant, c'était condamné avant d'avoir commencé. Mais ne le sommes-nous pas tous ?
"Le verdict du procès de Draco Malfoy, 17 ans, a été annoncé publiquement cet après-midi. Le mangemort -la marque a été identifié formellement sur son bras- était accusé de haute trahison et de violence volontaire causant une infirmité permanente, pour lesquels il a plaidé coupable.
Le procès a été hautement médiatisé à cause de l'identité de sa principale victime : Harry Potter. En effet, Harry Potter a assisté et témoigné au procès bien qu'aucun de ses propos n'ai pu être rapporté, le procès se déroulant à huis-clos.
Au terme de trois jours de délibérations le Conseil des Sorciers a finalement rendu sa décision :
L'accusé a été reconnu coupable pour tous les chefs d'accusations et condamné à une peine de quatre ans de prison ferme, qu'il effectuera dans une prison moldu compte tenu de sa perte de pouvoir.
Ce verdict divise déjà l'opinion, beaucoup trouvant que la peine est bien trop légère pour des crimes de cette ampleur. Le Conseil a refusé tout commentaire à ce propos."
Quatre ans plus tard :
Je reste un instant dans la pénombre. Je respire l'air pur et glacé de ce mois de Novembre et jette un dernier regard à la prison banale dans laquelle je viens de passer quatre années coupées du monde extérieur. Un frisson remonte le long de mon échine et je bannis les images sombres qui m'assaillent.
C'est fini, j'ai fait mon temps, il est temps de reprendre le cours de mon existence. Je suis libre et rien d'autres ne devrait importer que la chaleur du soleil sur ma peau et l'air pur qui envahi ma gorge. La voix du gardien me coupe dans mes réflexions.
"Allez Malfoy, il est temps de partir. Tu devrais y aller avant que le juge ne change d'avis."
Je souris face à sa pâle tentative d'humour et m'avance dans la lumière. Je reste un temps aveuglé par le soleil et me repaît de sa caresse sur ma peau. Mon regard fouille le parking pratiquement désert. Quelques voitures sont garées mais leur occupants ne sont nulle part en vue.
Je me morigène immédiatement pour cette réflexion, si celui qui vient me chercher et un sorcier il n'a pas besoin d'une voiture, quand un break s'avance dans le parking. Il s'arrête à quelques mètres de moi et je mets ma main en visière pour mieux apercevoir celui qui en sort. Le gardien tente une autre tentative d'humour.
"Eh bien, princesse, ton carrosse est arrivé."
Je l'ignore. Mon cœur s'est arrêté et mon estomac remonte dans ma gorge quand je le reconnais. Il s'avance d'un pas saccadé, un air maussade sur le visage. Mon estomac redescend mais se contracte aussitôt. Ma gorge est nouée et je n'ose pas faire un geste. J'entends le gardien s'éloigner mais je n'ose détourner les yeux.
Il n'est plus qu'à quelques mètres et mon instinct me crie de fuir. Il n'y a nulle part où le faire pourtant. Il s'arrête face à moi et retire ses lunettes de soleil, m'ôtant mes derniers doutes quand à son identité.
"Joli fauteuil Malfoy. Je t'aide à rouler jusqu'à la voiture ou tu peux le faire tout seul ?"
A suivre ...
Posté le 5 février 2015 à environ 1h15 du matin (je travaille de nuit, basiquement c'est l'après-midi pour moi, ok ?)
Je sais pas trop ce que j'ai foutu avec ce chapitre, je pense que l'histoire avait besoin d'avancer, que les personnages avaient besoins d'évoluer chacun de leur côtés avant de pouvoir continuer, d'où l'ellipse de quatre ans. Il y aura des flash-back de cette période et ce qui s'est passé en quatre ans aura des conséquences pour les deux personnages mais je ne trouvais pas pertinent de passer plusieurs chapitres dessus puisque leur relations est devenue le centre de l'intrigue. Je sais pas si je suis claire mais j'aimerais bien votre avis pour le coup. J'ai fait une grosse boulette ou j'ouvre des perspectives réjouissantes ?
Merci.
"Je me reconnais dans les lignes accidentés ,[...] les détails semblent faire réagir des parties insoupçonnées de mon esprit et j'ai l'impression étrange qu'il a toujours été là. Qu'il attendait [...] pour ressortir au grand jour." Ceseis
Mary J. Anna
