It was what you want, what you pray for. It's the only thing inside your core.

Merci à :la bouteille de Negrita que j'ai fini pendant l'écriture de ce chapitre (faut vraiment que je retrouve une bêta, si je commence à remercier l'alcool ça ne va plus).

I'm rising up like a fucking phœnix : J'ai rompu avec la personne qui a partagé ma vie pendant presque deux ans. Je devrais aller mal mais ce n'est pas le cas. Je me sens libre, je me sens bien, je me sens moi même. J'écris sur l'amour mais la vérité c'est qu'il n'y a que dans mes histoires que j'y crois. Dans la réalité, je ne compte que sur moi et jusqu'à présent je n'ai jamais eu la preuve que j'avais tord d'agir ainsi. Alors me revoilà seule et ça fait un bien fou. Je me sens encore plus moi-même, je ne croyais pas ça possible et c'est pourtant le cas. J'ai été une légende, j'ai été insipide et désormais je veux récupérer mon titre. Je veux être moi qu'importe que ça implique beaucoup de folie, j'en vaux la peine. Celle que je suis en vaudra toujours la peine.

I AM A LEGEND !

Bonne lecture.


Le Silence

Vingtième chapitre

Lean on


Il y a un jeu auquel on joue enfant. On sépare les joueurs en deux équipes et l'une des deux doit attraper l'autre. Notre relation m'y fait penser, c'est comme si on changeait d'équipe en permanence et qu'au final aucun de nous n'arrivait à attraper l'autre. Quand tu es prêt, je ne le suis pas. Quand je le suis, tu ne l'es pas.

La partie se répète à l'infini et parfois je me dis qu'on devrait simplement arrêter. Nous ne sommes plus des enfants et j'en ai assez des jeux tordus. Je te veux, pas plus tard, pas quand nous aurons enfin grandi, je te veux maintenant, qu'importe qu'on ne soit pas prêt. On ne le sera jamais.

Alors autant foncer et tenter quand même. Je n'attendrais plus que tu sois prêt, c'est à moi d'être courageux cette fois. En même temps je suis le Griffondor, je suis celui censé être courageux mais dans cette histoire je ne l'ai jamais été. Je n'étais que le con qui attendait que tu fasses le premier pas pour mieux prendre peur.

C'est juste que tu ne ressembles à aucune des personnes que j'ai connu. Les autres étaient simples, ils n'avaient qu'une seule facette, on les comprenait vite, les oubliait tout aussi rapidement. Toi tu n'as jamais été comme ça. Tu es le monde, contradictoire et bousillé mais plus réel que la plupart des gens qui m'entourent.

Tu es et c'est peut être ce qui me terrifie le plus. Tu ne cherches plus d'excuses, tu m'exposes tes forfaits et attends ma colère. Je me sens désarmé face à tes réactions, face à mon envie de t'absoudre de tes fautes. Ce n'est pourtant pas mon rôle, je devrais être l'accusation et non la défense dans cette affaire.

Qu'importe, tu es ce que tu es, j'étais prévenu dès le départ, ce n'est pas d'un rêve que je suis tombé amoureux mais de toi. Pas malgré mais avec tes défauts et tes fautes. Personne n'est parfait, personne ne peut regarder en arrière sans voir une erreur qu'il aurait commise. Ce n'est plus à moi de te juger depuis ma tour de sainteté.

Je veux t'aimer après avoir passé beaucoup trop de temps à te haïr. Alors me revoilà devant cette porte. Me revoilà à sonner à nouveau la peur au ventre et les mains tremblantes d'anxiété. A t'attendre encore, j'ai l'impression d'avoir passé ma vie à le faire. Et quand la porte s'ouvre je n'attends pas que tu parles.

Je n'ai plus le temps d'attendre que nos jeux se terminent. Il est temps de renverser les pions, d'envoyer les convenances se faire foutre. Ce n'est plus un jeu, c'est sérieux et je ne veux plus hésiter.

"Tais toi, ne dis rien."

Mes lèvres sur les tiennes, comme si deux mondes entraient en collision. Comme si le temps s'étirait à l'infini. Vaines paroles, vaines vies, j'ai cherché le bonheur parfait partout mais il n'y a que dans le goût de tes lèvres que le paradis m'apparaît. C'est dans l'imperfection que la beauté se révèle vraiment.

C'est dans les failles que l'autre nous laisse voir que l'on apprends à l'aimer. Tes failles je les connais par cœur, je n'ai pas besoin de plus pour savoir que tu es tout pour moi, que cet instant est le condensé d'une éternité à se croiser sans oser se reconnaître. Je suis tien parce que tu es le seul à m'avoir vraiment vu derrière les apparences.

Je murmure contre tes lèvres, presque malgré moi, comme une supplique que je ne pourrais retenir.

"Ne pars plus, ne fuis plus, c'est insupportable sans toi. Ça n'en vaut pas la peine, tu sais, sans toi rien n'en vaut la peine."

Tes lèvres reprennent les miennes, comme pour me faire taire mais je sais que ce n'est pas le cas. Tu me réponds de la seule façon que tu connaisses. Parce que les mots ne sont rien et les gestes tout, tu me réponds par un baiser et ta réponse est la seule que j'espérais. Le seul silence pour lequel j'ai prié si souvent.

Celui qui hurle la vérité, la réalité, ce que nous partageons ne peut mourir parce que nous vivons grâce à l'autre. C'est cette douleur qui nous tient vivant, cette explosion dans mon corps, mon cœur qui fait de moi un être humain. Tu es mon épiphanie et les révélations ne naissent que de la douleur.

Mais c'est bon aussi, si bon que ça en paraît irréel, cette passion qui nous anime ne devrait exister. Cela est pourtant et je ne connais rien de plus puissant, de plus jouissif que la sensation de nos corps qui entrent en collision, que nos désirs qui s'entrechoquent dans une explosion de souffrance et de joie mêlée.

Je suis chez moi dans tes bras, je suis moi quand tu me touches, je suis réel dans tes baisers et c'est tout ce qui importe. Je n'ai pas besoin de te pardonner, il n'y a pas de faute. Il n'y a de trahison que quand il y a quelque chose à trahir et tu ne l'as pas fait. Tu n'as jamais trahis ce qui comptais réellement.

Tu n'as jamais cessé de suivre cette passion qui nous traîne et c'est la seule chose que tu aurais pu réellement trahir. Mais c'est là encore, toujours, c'est là et les larmes coulent sur mes joues. Parce que c'est trop, toujours trop, mais que ça en vaut la peine. Tu en vaudras toujours la peine. Ce qu'on vit en vaudras toujours la peine.

La douleur n'est là que pour nous rappeler sa valeur, ce qui compte ne peut être parfait. C'est dans l'imperfection que la perfection se niche, dans les failles qui se comblent l'une l'autre, dans nos sourires estropiés et nos rires écorchés. Tu es mon évidence, le seul repère dans une vie qui s'effondre sur elle-même.

Et tes mains s'accrochent à moi, et mon corps tremble contre le tien. Le vertige me prends, je me retrouve à genoux face à toi, face à la force que nous dégageons ensemble. Nous étions fait pour nous compléter, pour que nos blessures se guérissent l'une l'autre. Seuls nous ne valions rien, ce n'est qu'ensemble que nous ne révélons.

Devant toi ce n'est pas grave si je ne suis pas un héros, tu n'as jamais attendu ça de moi. Tu ne voulais que moi et si je l'avais compris plus tôt je nous aurais épargné bien des souffrances. Mais elles sont ce qui nous lient, ce qui fait qu'aujourd'hui je n'ai plus peur. Je pose la tête au creux de ton épaule.

Je pleure sans pouvoir m'arrêter, je pleure de colère, de douleur, d'un soulagement que je ne saurais décrire. Ta main dérive dans mes cheveux, apaise les craintes dont je n'avais conscience. Dans le silence, ta voix s'élève comme la réponse à des suppliques trop répétées.


"Ça n'en vaut pas la peine sans toi non plus. Je ne peux pas, ces années sans toi, je ne pouvais juste pas."

Tu restes à genoux face à moi. J'aimerais te dire de te relever mais je ne le fais pas. Parce que ça me plaît aussi quelque part, que tu es assez confiance en moi pour te montrer en position de faiblesse sans crainte. Pour te mettre à ma hauteur quand je ne pourrais jamais atteindre la tienne. J'attrape une de tes mains et la presse dans la mienne.

"J'étais prêt à abandonner parce que c'est ce que j'ai toujours fait. On ne m'a jamais appris à me battre pour ce qui comptais vraiment, Harry, alors j'étais prêt à t'abandonner. Je n'aurais même pas été capable de te le dire, je me serais juste terré dans le silence parce que c'est ce que j'ai fais quand j'ai peur.

Et tu me terrifies, tu me terrifies depuis le moment où je me suis rendu compte que tu m'importais. Ça me semble une éternité, toute ma vie en réalité, mais je ne peux plus faire comme si ça n'existais pas. Alors merci d'avoir trouvé le courage qui me manquais, d'avoir fait ce pas que je n'avais plus la capacité de faire.

Merci d'avoir su nous aimer assez pour ne pas nous tourner le dos. Je t'aime, Harry et je ne peux plus garder ça pour moi. Je t'aime depuis l'instant où j'ai enfin eu la chance de te connaître. Je t'aime et ça ne part pas, ça ne partira jamais."

Nos yeux se sont accrochés pendant que je parlais et refusent de se détacher. Je me sens bien sous ton regard, je ne vois plus mes blessures dans tes yeux. Il n'y a que moi, celui que j'ai été, celui que je serais toujours malgré les faiblesses de mon corps. Et je t'aime pour ça, parce que tu me vois malgré tout. J'existe dans tes yeux.

Tu ne m'imposes pas mes choix, tu me laisses la liberté de faire ce que je désire et je ne désire que toi. Nous restons un long moment enlacé comme ça, en silence, sur le pas de la porte. Finalement je te laisse entrer et nous nous installons dans le salon.

Tu m'aides à m'installer dans le canapé, mon corps allongé contre le tien, ta main s'accrochant à la mienne. Ta peau est brûlante contre la mienne, brûlante d'une vivacité qui me fait défaut. Ton autre main caresse mes cheveux d'un geste nonchalant. Tu finis par briser le silence.

"Que s'est-il passé avec tes jambes ? J'avais crû comprendre que tu allais mieux, tu n'avais que des béquilles à ton procès."

Je me fige à cette question. Je n'ai jamais raconté la vérité à qui que ce soit. Pourtant je m'entends te déballer toute l'histoire, le regard perdu dans un passé trop présent, je te raconte une vérité que j'aurais préféré taire.

Je ne suis en prison que depuis peu de temps. J'arrive à marcher de mieux en mieux, bientôt je n'aurais plus besoin de béquille pour se faire. Mon compagnon de cellule n'est pas génial mais meilleur que je ne l'aurais cru. Il ne parle pas, ce qui vaut mieux et quelqu'un qui t'assomme de questions auxquels je ne pourrais répondre.

Ce n'est pas comme si les moldus pouvaient comprendre ce qui m'avait envoyé ici, pas la vraie version. Ils pensent que j'ai mutilé physiquement quelqu'un, ça me fait rire intérieurement. Le seul qui s'est retrouvé meurtri physiquement c'est moi. Mais bientôt ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

Je ne récupérerais pas ma magie mais au moins je pourrais courir, me défouler. Évacuer cette colère qui me bouffe de l'intérieur. Les jours se ressemblent mais au moins ils passent sans éclat, je n'ai plus la force de vivre vraiment. Je veux juste que ça passe, simplement. Aujourd'hui est un jour différent pourtant.

Je suis assis sur le siège qu'on a consenti à me fournir pour me doucher. Les yeux fermés je laisse l'eau tiède couler sur mon corps. Je sais qu'elle deviendra bientôt froide mais ça ne me gêne pas. Et quand je sens une présence dans mon dos, je ne m'en formalise pas non plus. Ici l'intimité est une notion qui n'existe plus.

Quand je me retrouve à terre, je ne comprends pas. J'ouvre les yeux et découvre un autre détenu qui me toise. Encore habillé, ses yeux brillent d'une colère, d'une rage sauvage que je ne saurais décrire. Sous le jet d'eau qu'il n'a pas coupé il me fait pensé à une sorte d'apparition fantastique.

Il commence à me dire qu'il a fait des recherches sur moi, qu'il sait qui je suis, que ma famille est riche. Je tente de reculer mais il pose son pied sur mon torse et m'immobilise à terre. Il me réclame de l'argent mais je ne peux dire que la vérité, je n'ai plus rien, je ne peux pas. Il ne me croit pas.

Les coups commencent à pleuvoir, il me retourne sur mon ventre et m'écrase le dos. Je sens les os de ma colonne craquer. Les larmes coulent sur mes joues mais je me retiens de proférer le moindre son, il n'aura pas ma souffrance. Il ne s'en repaîtra jamais. Cela me semble durer une éternité.

J'ai conscience que je ne pourrais plus jamais marcher après ça, il oriente spécialement tout ses coups vers ma colonne. Mais je ne peux rien faire, je suis impuissant. Je n'ai même pas la force de le supplier d'arrêter. Finalement il semble se lasser, je le sens se baisser vers moi avant de s'éloigner.

Après son départ, je tâte le bas de mes reins, je ne ressens rien, même pas la pression de ma main sur ma peau. Je la rapproche de mon visage. Elle est rouge de mon sang, ma vue se brouille alors que la compréhension se fait. Son dernier geste, il m'a tranché la colonne, le reste j'aurais pu m'en remettre mais pas ça.

Je ne sais combien de temps je suis resté sur le carrelage, l'eau est devenue glacée puis a arrêté de ruisseler bien avant qu'on me découvre. Mes larmes avaient séché depuis bien longtemps quand on m'a ramassé ainsi que tout espoirs de marcher de nouveau un jour.

A suivre ...


Posté le 3 juin 2016 à environ 7h40 (petit ralentissement mais la tendance se confirme, j'écris de plus en plus régulièrement).

C'est officiellement ma plus longue fanfiction. Vingt chapitre que je vous emmerde avec ça. Je crois qu'elle fait le double de "Don du Ciel ?" qui était ma plus longue avant. Je suis claquée et bourrée donc je vais arrêter le massacre. Si l'envie vous prends de me donner votre avis n'hésitez pas. On approche de la fin. En plus en ce moment c'est le Annafest, faut en profiter. Je lui laisse le contrôle parce que je l'ai réduite au silence pendant beaucoup trop longtemps.

Merci de me suivre encore.

"Alors j'écris parce que c'est la seule arme qu'il me reste. La seule qu'ils ne pourront jamais me prendre. L'ineffaçable, l'inaltérable, l'implacable." Qu'importe ...

Anna