I wanna stay high. Cause this world isn't my thing, you know.
Merci à : Je ne sais pas, tout le monde, n'importe qui. Merci à vous. Merci à moi peut être. On ne pense jamais à se remercier sois-même.
It's a man's world, It's a man's, man's, man's world : Je suis une femme dans un monde d'homme et j'en ai assez de me sentir inférieure pour ça. Non je passerais pas 2h dans la salle de bain à cacher mes défauts. Non je ne m'épilerais pas, si j'ai des poils c'est parce que je suis adulte, pas que je suis sale. Non je ne pense pas que mes collègues masculins sont meilleurs que moi, je sais que je vaux autant qu'eux. Non je ne souffrirais pas pour être belle, je sais à quoi je ressemble quand je souffre et je ne suis certainement pas belle. Non je n'aurais pas honte parce que je n'ai aucun raison d'avoir honte. J'en ai assez de devoir me battre deux fois plus fort pour qu'on me respecte, pour qu'on m'écoute, pour qu'on ne se passe pas de mon consentement, pour qu'on me traite comme un foutu être humain. Je suis une femme dans un monde dirigé par et pour les hommes. J'ai été violé, j'ai été passé à tabac, j'ai souffert parce que j'étais une femme et que c'est ce qu'on nous fait. Personne n'a payé pour ce qu'on m'a fait parce que je suis une femme et que ma parole valait toujours moins que celle de mes agresseurs. On me dit que j'ai de la chance, que je suis en France, qu'on me respecte mais c'est faux. Que ce soit pire ailleurs ne sera jamais une excuse pour me traiter moins bien qu'un homme. Je suis une femme, je suis humaine et je refuse désormais de me laisser faire. Je me battrais probablement tout le reste de ma vie pour ça mais ça en vaut la peine. Je suis une femme, je suis un être humain, je mérite qu'on me traite correctement parce qu'on le mérite tous. Je ne suis l'esclave de personne, mon corps n'est pas sale, mes désirs ne sont pas déviants. Je suis une femme, j'aime le sexe, j'aime boire, j'aime faire n'importe quoi. Si on me fait du mal, je mérite justice, mon sexe ne devrait jamais être une excuse pour me blesser. Je ne suis pas un objet, je ne suis pas un défouloir, je ne suis pas un kleenex que tu peux prendre et jeter. Ce n'est pas à moi de faire attention, c'est aux hommes d'apprendre à se contrôler. A partir du moment où un homme a le droit de faire quelque chose, j'ai le droit de le faire aussi. Je ne suis pas une tentation ambulante, je ne suis pas un appel au viol, je ne demande pas ça. Je vis ma vie et ce n'est pas ma faute si je donne envie aux autres, s'ils me sexualisent à outrance, me réifient. Je n'ai pas à m'empêcher de faire ce que j'ai envie parce que je suis une femme. Je ne suis pas qu'un corps, je suis une personne à part entière et je réclame le droit d'être respectée en tant que telle. Je suis une femme dans un monde d'homme et j'en ai rien à foutre de ce qu'on pense de moi, je ne céderais pas pour leur faire plaisir.
NEVER GIVE UP WHEN YOU HAVE RIGHT.
Bonne lecture.
Le Silence
Vingt-et-unième chapitre
Je sais
Je cherche les mots, je cherche le temps, qui passe et s'efface avant même que je ne m'en rende compte. Je cherche un motif à la colère qui m'anime mais la vérité c'est qu'il n'y en a jamais eu. Je hais ce monde, ces cris dans le noir qui ne changeront jamais rien. Cette douleur qui me vrille le crâne mais qui n'a aucune cause.
J'ai eu beau chercher un sens à tout ça, il n'y en a jamais eu. Alors je cherche et je ne trouve que de nouvelles raisons de me plaindre. Je m'investie auprès d'un tas d'associations. J'essaye d'améliorer ce monde. Je croyais que ça changerait quelque chose. J'ai été naïve et je le suis probablement encore puisque je continue.
Ce n'est pas comme si je pouvais faire quelque chose d'autre. J'ai construit ma vie sur des croyances erronées, je pensais faire les choses biens mais ce n'était que des clichés éculés. J'ai épousé mon amour de jeunesse dans l'effervescence de la victoire et l'ai vu peu à peu sombrer et devenir un homme dont j'ignore tout.
J'ai laissé les cris et la rancœur envahir mon quotidien sans savoir comment réagir. J'ai toujours chercher les réponses dans les livres alors j'ai lu un tas de bouquins de psycho, socio, chroniques de vie mais rien n'a fonctionné. Il y a des choses que seule la vie t'apprends et que tu ne trouveras jamais dans les livres.
Si je l'avais su avant j'aurai peut être arrêté d'essayer de faire de ma vie un livre sur papier glacé. Mais je l'ai fait, je me le suis fait plutôt et qu'importe le sens que je cherche à tout ça, je sais bien qu'il n'y en a aucun. J'ai foiré et qu'importe à quel point je répugne à l'admettre ça n'empêche pas la réalité de ce fait. J'ai foiré et je n'y peux rien.
Et je ne trouve du réconfort qu'en aidant ceux qui ont fait des choix pires que les miens. Maigre réconfort que de savoir que j'aurais pu rater encore plus ma vie. Que d'autres déconnent plus fort n'enlève rien à la connerie de mes actes. Qu'importe tant que personne ne le sait, que j'arrive encore à cacher ma vraie nature.
Je joue les femmes comblées, la vérité c'est que je pense plus souvent qu'à mon tour à me casser d'ici. Partir sans jamais revenir, tout envoyer en l'air et moi avec. Je me prends pour la sauveuse mais je ne suis que la victime dans cette histoire. J'attends qu'on me sauve d'une situation que j'ai moi même créé.
J'aide les autres mais en réalité je les hais. Parce qu'eux au moins m'ont moi et que je n'ai personne. Triste constat de se rendre compte qu'on envie les malheureux qu'on sauve. Triste connaissance que de savoir à quel point le bien qu'on fait ne changera rien au fait qu'on est une putain de conne méritant son malheur.
Alors frappe moi, frappe moi encore Wesley, j'ai dit oui aussi pour ça quand j'ai pris les vœux et qu'importe que je te haïsse un peu plus à chaque seconde qui passe. C'était mon choix et tout le monde se fout que je le regrette encore et encore. Je suis mon seul bourreau, toi seulement une victime de mon masochisme latent.
Parce que je pourrais partir, bien sûr. Comme si c'était facile de quitter une légende vivante. De tourner le dos au foutu "Vrai" Sauveur. Allez vous faire foutre. Tapez vous le Monsieur le Sauveur, son alcoolisme, ses coups, ses délires mégalomanes, son foutu ego qui fait la taille de cette putain de planète. Tapez vous le et allez tous crevez.
J'avais pas signé pour ça. Je croyais me retrouver avec Ron, le maladroit mais timide et peu sûr de lui gentil garçon que je connaissais, pas son connard d'alter ego que vous avez créé. Pas ce type qui boit chaque soir pour oublier ce qu'il a fait. Qui boit jusqu'à l'évanouissement pour oublier le sang sur ses mains.
Vous avez fait de lui un héros et il est fier devant vous. Mais quand la porte se referme et que vous n'êtes plus là pour le voir, moi je vois la vérité. Vous n'avez pas fait de lui un héros mais un homme brisé. Il vous a tous sauvé et maintenant il coule parce qu'il n'a jamais été un tueur. Parce que ce n'était qu'un enfant et vous en avez fait une arme.
Alors je prends les cris, les coups, tout ce que vous ne verrez jamais et j'aimerais juste partir mais je ne le fais pas. Parce que ça me briserais tout autant le cœur. Ce serait facile de le haïr si je ne savais pas qu'il souffrait. Si je ne séchais pas ses larmes quand il s'évanouit après un ou dix verres de trop.
Si je n'avais pas effacé les mots qu'il avait gravé sur le mur de notre chambres, brûlé les tonnes de lettres qu'il a écrit dans l'espoir vain de se défaire de sa culpabilité. Si je ne l'entendait pas hurler chaque nuit dans son sommeil. Ce serait si simple d'ignorer qu'il me bousille uniquement parce que lui l'est.
Mais je ne suis pas vous, je ne peux pas fermer les yeux, je ne peux pas l'ignorer. Alors je reste parce que je ne sais pas quoi faire d'autres. Je ne sais pas comment réparer ça, je ne sais pas comment l'aider lui. Alors je prends sur moi et qu'importe si je le hais. Je l'aimerais toujours quelque part. Je l'aimerais à jamais.
Je suis heureux. Je me sens ridicule rien que de le penser. C'est pourtant vrai. Je me sens vivant, je me sens fort, invincible. Tout n'est pas parfait, il y a encore beaucoup de choses qui ne sont pas réglés, beaucoup de silences à dissiper mais je suis heureux. Il me tient la main et j'ai envie de sourire comme un enfant.
Il me rends visite et on parle pendant des heures. On apprends à se connaître enfin. On s'allonge sur mon lit, ses bras m'entourant, je ne me sens plus estropié, je n'ai plus l'impression d'être un poids, je me sens seulement bien. Il me parle de ces quatre années sans moi, de toutes les fois où il s'est retenu de venir.
De toutes ces lettres qu'il m'a écrite sans oser me les envoyer. De cette impression que ça ne s'arrêterais jamais, qu'il n'arriverait jamais à vivre à nouveau. Je lui ai demandé comment il a fait pour me pardonner et il a haussé les épaules. C'est la seule réponse qu'il m'ai jamais donné alors je m'en contente.
Je lui raconte la prison, l'impression que chaque jour se confondait en un seul interminable. A demi-voix, on constate les dégâts que le temps a fait sur nos esprits. Plus de mensonge, plus d'omission, je n'ai plus peur de ne pas dire ce qu'il faut, plus peur d'en dire trop. Il n'y a aucun jugement dans ces yeux là, juste l'envie de comprendre.
Et il le fait aussi simplement que ça. On découvre le corps de l'autre, aussi émerveillés que des enfants, j'ai l'impression que je ne me lasserais jamais de le contempler. Il a l'air si fragile et vulnérable quand il s'abandonne entre mes bras mais je ne veux plus le détruire, simplement l'aimer.
Je caresse sa peau, les cicatrices infimes qui lui marbre le corps, signe discret du passé qui nous lie. Je les trouve belles quelque part parce qu'elles font partie de lui et que c'est le tout que je veux. Pas un autre parfait et sans marque. Lui sait ce par quoi je suis passé, il y était, il l'a vécu et ça l'a changé autant que moi.
Il n'y a qu'avec lui que je me sens assez en sécurité pour être simplement moi-même. Il me fait rire même dans les pires moments, il transforme ma peine en acceptation, il m'aide à vivre. Non, il me fait vivre. Parfois j'ai l'impression que je n'arrêterais jamais de rire à ses côtés. Ça me paraît irréel.
Tout ce bonheur, cet amour, ça me paraît incroyable d'être aussi heureux. Chaque gestes, chaque mots semblent être le bon, c'est comme s'il savait exactement ce dont j'ai besoin et réciproquement. Je me sens connecté à quelqu'un pour la première fois de ma vie. Je crois que je pourrais passer des jours et des jours avec lui sans m'en lasser.
Il est tout et tellement plus encore. Il est l'autre partie de moi, un miroir renvoyant une image différente de moi-même et ensemble nous ne sommes qu'un. Nos paroles se répondent aussi bien que nos corps. Il n'y a plus de silence avec lui, il n'y a que des mots, des rires, des soupirs mais plus jamais de silence.
Je ne sais pas comment réagir à ça. Je ne sais pas être heureux, aussi stupidement que ça. J'ai l'impression que ce n'est pas moi, cet être qui ri et se sent heureux alors qu'il y a si peu de temps j'en aurais été incapable. Je sais que je me répète mais que m'as-tu fait, Harry ? Qu'as-tu de plus pour que ça ne marche qu'avec toi ?
Je ne sais pas et au fond qu'importe tant que ça fonctionne. Tant que ta main reste dans la mienne et que cette sensation ne part jamais. Tant que c'est toi et moi, à quoi bon chercher un sens à ce qui n'en a jamais eu. Tu es mon évidence, la seule chose dont je n'ai jamais douté dans ce monde malade.
Je t'aime parce que tu es le seul à me voir réellement. Tu as vu derrière mes illusions, mes mensonges, mes omissions. Tu as vu plus que je n'aurais crû être. Alors à quoi bon tenter de me justifier, tu n'as jamais aimer mes réponses. Tu ne veux que la vérité, qu'importe si ça fait mal tant que c'est vrai.
Et nos corps s'unissent, et nos douleurs se rejoignent, et nos cris se répondent. Et je voudrais partir mais je reste. Je reste et cette folie n'a pas de fin. Je ne veux pas que ça s'arrête de toutes façons, pas réellement. Je veux que ça continue, encore et encore. Je veux que tu me fasses sentir vivant, encore une fois, même si c'est la dernière.
Je n'ai plus peur des conséquences quand nos regards se croisent, quand ta main trouve la mienne, quand ton souffle devient mien. Je suis à ma place dans tes bras, je suis à me place parce que tu me vois vraiment. J'oublie le reste près de toi, c'est peut être une folie mais c'est la vérité.
C'est peut être ça le bonheur. Peut être que je le mérite au final. Peut être qu'on le mérite tous, de trouver la personne qui nous fera sentir réel. Tu me pardonnes mes erreurs, mes mensonges, et qu'importe que je ne sache pourquoi tant que tu le fais. Tu es là enfin, après une éternité à ne pas savoir comment s'approcher.
Ça finira bien par implosé, ça n'a pas besoin de mon aide pour ça. Alors je reste, je me berce d'illusion, je suis heureux pour une fois. Et si c'est la dernière autant ne pas la gâcher par des pensées négatives. Je n'ai plus la force de jouer un rôle, plus la faiblesse de me cacher. Je suis sien, avec mes failles et mes défauts.
A suivre ...
Posté le 4 Juillet 2016 à environ 23h40.
Juin était un mois de merde, espérons que juillet soit meilleur.
Merci d'avoir lu.
"Eh bien ce sont les autres qui sont fous. Si tu es folle, je le suis aussi. Mais c'est le monde qui est fou, pas nous. Qu'importe qu'on ne soit que deux, ça ne me dérange pas tant que tu es là." UNE NOTE.
Mary J. Anna
