I'm the only one who brings you down. But I never did that on my own.

Merci à : L'inspiration qui est enfin revenue pour cette histoire alors que je n'y croyais plus. Et à vous, toujours à vous.

Get up, it's morning bitch : Les idées se précipitent dans mon crâne à une vitesse hallucinante, c'est un rush permanent dans mon esprit. J'ai l'impression de me réveiller d'un long sommeil. Les choses bougent dans ma tête et dans ma vie. Je me sens vivante, vraiment vivante. Je croyais qu'il m'avait tout pris, qu'il avait réussi à me prendre toute ma force et mon énergie mais j'ai eu tord. Je ne me suis jamais sentie aussi bien, aussi puissante, aussi créative, aussi sûre de moi. Je ne suis pas la petite grosse fragile qu'il avait réussi à me convaincre que j'étais. Je suis forte, je suis grande, je suis belle. Je l'ai dit il y a quelques chapitres, je voulais redevenir une légende, retrouver la femme que j'ai été fière d'être pendant des années. Et je l'ai fait, putain, je l'ai vraiment fait. Je n'ai même pas bu pour écrire ce chapitre, je n'avais besoin d'aucune aide pour donner le meilleur de moi-même, pas cette fois. Ça a mis du temps, il en faut forcément pour guérir de blessure aussi profonde mais la cicatrisation est terminée, je suis prête à retourner sur le champs de bataille qu'est la vie. Je vais continuer à me battre, parce que c'est ce que je fais. Je n'attends pas de la vie qu'elle m'offre quoi que ce soit, je prends ce dont j'ai besoin et je fais ce qu'il me plaît. Parce que c'est ma vie et que je ne la gaspillerais pas pour faire plaisir aux autres. Parce que personne ne devrait faire ça.

LIFE BEAT YOU DOWN ? GET READY TO FIGHT BACK.

Bonne lecture.


Le Silence

Vingt-deuxième chapitre

Don't put dirt on my grave


Tu es reparti, me laissant seul avec mes souvenirs, avec les informations que j'aurais préféré oublier. Avec cette colère qui me consume tout entier quand personne n'est là pour m'en distraire. Colère contre ce monde qui m'a pris mon pouvoir et mes jambes, contre moi-même d'en avoir été responsable.

De la colère, encore, toujours. L'impuissance de ne pouvoir me lever de ce fauteuil pour simplement avoir l'illusion d'être normal. Mais je ne le suis pas, cela fait un moment que je ne le suis plus. Longtemps que là où je voyais de l'envie, il n'y a plus que de la pitié. Je n'aime pas ce que je suis devenu, je n'aime pas la faiblesse qui est mienne.

Si j'avais mes jambes peut être que j'aurais pété la gueule à Weasley plutôt que de faire semblant d'être sourd quand je l'entends cogner sa femme. Peut être que je ne serais pas lâche. Vaines paroles, j'aurais probablement fait la même chose, sauf que je n'aurais eu aucune excuse à ma lâcheté. J'aurai juste été le connard que j'ai toujours été.

Quand il est là je me fous de tout ça, il n'y a que lui. Il prends tout l'espace, effaçant tout le reste. Quand il est là, j'oublie tout, la violence, les cris, mon corps débile et ce qu'on lui a rendu et ce dont on m'a privé. Je n'ai pourtant pas de raison de lui en vouloir, je lui avais pris en premier lieu, ce n'était que justice qu'on lui rende et pas à moi.

Pourtant au fond de moi je ne peux m'empêcher de lui en vouloir. Avec ma magie mon handicap n'en aurais pas été un mais il est trop tard pour rectifier le tir, je ne peux qu'essayer de vivre avec. Et quand il est là ça n'importe pas, il est tout à mes yeux, la seule raison pour laquelle j'ai envie de vivre, envie de me battre.

Pourtant souvent je me dis que je devrais faire quelque chose. Que je devrais me lever et aller l'aider. Qu'elle a été là pour moi quand tout le monde m'avait abandonné, qu'elle mérite mon aide. Et puis je me souviens que je ne peux pas me lever et je reste. L'illusion de ne peut être pas être un connard, vaut toujours mieux que la certitude.

Je la voie se noyer pourtant, lutter pour remonter à la surface, l'atteindre pour au final couler à nouveau la seconde suivante. Je la vois se battre chaque jour, se faire battre, ça me brise le cœur mais je ne fais rien. Je détourne le regard en me disant que c'est mieux ainsi. Que je ne pourrais rien pour elle. Et il vient, et j'oublie.

Je ne lui ai jamais dit ce qu'il se passait ici. Je me rassure en me disant qu'il ne me l'a jamais demandé. J'ai tord pourtant, je le sais bien. Mais au fond me croira-t-il ? Ils se sont réconciliés après la guerre, il est son meilleur ami, alors pourquoi me croirait-il plutôt que lui ? Moi qui lui ai menti, qui l'ai trahi. Je secoue la tête.

A quoi bon essayer quand on sait que le combat est perdu d'avance ? J'ai fait ce que j'ai pu, j'ai essayé d'en parler à Hermione mais elle n'a pas voulu me répondre. Que faire de plus ? Je le sais pourtant, bien sûr que je le sais. Mais je ne le fais pas parce que ça changerait tout et que je ne sais pas si j'ai la force de foutre en l'air l'équilibre fragile qu'on a tous trouvé.

Bien sûr que je ne l'ai pas. Je suis un lâche, un connard de Mangemort, qui me croirait si j'accusais le "Vrai Sauveur" te tabasser sa femme ? Personne et je n'y peux rien. Même si je me battais pour elle, ça ne changerait rien, personne ne me suivrait. Alors je me complais dans la facilité, dans le silence.

Je fais ce que j'ai toujours fait : je ferme les yeux et je me tais. On ne m'a jamais appris à aller contre le courant. A faire ce qui devait être fait. Je ne suis pas un héro et je ne le serais jamais, ça ne sert à rien d'espérer le contraire. Je ne suis pas de ceux qui se révèle courageux quand tout semble perdu, je suis un lâche un vrai.

Je ne me bats pas, je ne lutte pas, je me résigne et je me terre. J'aimerais dire le contraire mais j'en ai assez de mentir. Ce n'est tout simplement pas moi. Je ne changerais pas, plus maintenant. Je ne peux pas être l'homme qu'on voudrait que je sois, je n'en suis pas capable. Je n'ai que ma colère et ce n'est pas suffisant.

Je ne sais même plus pourquoi je me justifie quand tant d'autres ont dû détourné les yeux devant ces faits avant moi. Quand chaque jour, des gens restent assis sans réagir en voyant quelqu'un se faire attaquer. Enfin si je le sais. Bien sûr que je le sais. Je me justifie parce qu'au fond je sais que j'ai tord. Parce qu'au fond je voudrais vraiment l'aider.

J'en ai assez d'être cette personne. J'en ai assez de rester sagement assis à la regarder souffrir en silence. J'aimerais lui hurler qu'elle n'a pas à subir ça, qu'il n'a pas à lui faire payer ce que d'autres lui ont fait, qu'elle n'a pas à payer pour ses remords à lui. Parce que je me hais de ne rien faire.

Je ne peux peut être pas me lever pour elle mais je peux parler pour elle. Je peux le faire et quelque part je le veux. En fait je ne peux plus me taire, je ne peux plus fermer les yeux et jouer les sourds. Je ne peux plus me permettre d'être lâche. Je dois être plus fort, pour moi, pour elle. Et même pour lui.

Je dois devenir un homme que je peux regarder dans une glace sans baisser les yeux. Un homme que je serais fier d'être. J'en ai assez de n'être que le fils de mon père, de ne faire que les choix qu'on attends de moi. Je dois apprendre à mener mes propres batailles plutôt que de simplement suivre ce qu'on veut que je fasse.

On voit comment ça m'a réussi la dernière fois. J'ai perdu ma magie, mes jambes et finalement l'amour à cause des choix que d'autres ont fait pour moi et je n'ai plus envie que ça recommence. Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas de quoi je suis réellement capable mais il est temps de le découvrir.

Oublions Malfoy pour une fois, ce n'est plus moi. Je suis seulement Draco désormais et le monde devra s'y faire.

Je sors de ma chambre et roule jusqu'à la cuisine bien décidé à mettre en application ce fait. Si je ne le fais pas maintenant je ne le ferais jamais. Hermione est en train de préparer le repas, elle me tourne le dos. Je n'abandonnerais pas aujourd'hui, j'irais au bout de cette discussion, quoi qu'il m'en coûte.

"Hermione, je dois te parler."

Elle se retourne, un sourire de façade plaqué aux lèvres. J'entraperçois l'ombre d'un hématome sur sa pommette, les cernes sous ses yeux. Même sa magie n'est plus capable de cacher les dégâts ou peut être qu'elle n'essaye même plus, qu'elle n'en a plus la force. Elle réponds d'un ton faussement enjoué :

"Bien sûr, qu'y a-t-il ?

- Tu le sais très bien, je ne suis pas sourd. Je vous entends tout les jours. Quelque chose ne va pas et ça m'inquiète."

Elle a un léger rire, mal à l'aise, avant de se retourner pour me cacher son regard. Je lui prends la main et la force à me regarder en face. Je vois la peur dans son regard, la honte aussi. Elle repousse ma main.

"C'est ridicule, tout va très bien."

A ce moment là j'aurais probablement abandonné. Mais ça c'était avant, je ne fuirais pas cette fois. Je le ferais pour elle, parce qu'elle a été la première personne à croire en moi quand tout le monde m'avait tourné le dos. Elle m'a aidé à traversé l'enfer et je lui dois de faire le maximum pour la sortir de sa prison personnelle.

"Non, ça ne va pas. Ne mens pas, je le vois, bon sang, je le vois depuis que je suis arrivé ici. Tu as encore un bleu sur le visage et je sais très bien qu'il te l'a fait.

- Non, c'était un accident. Ron ne me ferait jamais mal volontairement, tu le sais bien. Il ne l'a pas fait exprès."

Elle secoue la tête. Elle essaye de se convaincre elle-même et ce constat me brise le cœur. Depuis combien de temps se ment-elle à elle-même ? Depuis combien de temps est-ce devenu son quotidien ?

"J'aimerais te croire, j'aimerais vraiment le faire mais je ne peux pas. Je vis ici, je vous entends. J'entends ce qu'il te hurle, j'entends quand il te cogne, parce qu'il le fait, ne mens pas. J'ai été en prison, Hermione, je sais quel bruit ça fait quand quelqu'un se fait frapper. Il te frappe et ce n'est pas normal, tu ne le mérites pas.

- Il est juste dans une mauvaise passe, ça lui passera."

Elle s'éloigne encore, je la retiens par le bras. Il est plus que temps que quelqu'un lui ouvre les yeux et ose lui dire qu'elle a le droit de partir, qu'elle n'a pas à accepter ça. Qu'elle est sa femme et non pas son punching ball, qu'il devrait la chérir plutôt que la détruire.

"Ça fait des mois, peut être même des années de ce que j'en sais. Ce n'est pas qu'une mauvaise passe et quand bien même, tu n'as pas à supporter ça. Personne n'a le droit de te faire ce qu'il te fait. Personne, Hermione, c'est peut être ton mari mais tu n'as pas à subir ça."

Elle reste interdite, je vois les larmes dans ses yeux. Elle résiste du mieux qu'elle peut mais finalement elles coulent sur ses joues. C'est comme si ses dernières défenses avaient cédé en même temps. Elle éclate en sanglot, des sanglots brutaux, déchirants. Elle se laisse tomber au sol se recroquevillant contre un meuble dans une position défensive.

"Ce n'est pas sa faute, je te le jure. Il souffre et il ne sait pas le gérer, c'est tout."

Elle continue à lui chercher des excuses, comme si sa douleur à elle ne comptait pas. Je me glisse hors de mon fauteuil pour la rejoindre sur le sol. Je la prends dans mes bras maladroitement alors qu'elle continue à pleurer. Je la sens trembler dans mes bras et je me sens minable de ne pas l'avoir aidé plus tôt.

"Je sais mais ce n'est pas une raison pour te faire souffrir en retour. Tu n'as pas à rester là pendant qu'il te détruit pour se reconstruire. Tu n'as pas signé pour ça, Hermione, il avait promis de prendre soin de toi et il ne le fait clairement pas. Il a rompu ses vœux, tu ne lui dois rien.

- Tu ne comprends pas, c'est un héro, il nous a tous sauvé, je ne peux pas l'abandonner."

Elle en semble réellement convaincue. Convaincue que c'est son rôle de supporter tout ça parce qu'il a gagné la guerre. Cela fait pourtant longtemps que lui l'a abandonné.

"Si tu peux et tu vas le faire, Hermione. J'ai toujours le Manoir et on va y aller, ensemble. Je ne reste pas un jour de plus dans cette maison et toi non plus."

Elle tente de se relever, je la retiens et la force à me regarder dans les yeux. Elle lutte un moment mais je ne la lâche pas du regard, je la laisse sortir sa rage, son désespoir tout en la maintenant fermement. Finalement, elle se calme, je la sens se détendre entre mes bras et relâche mon étreinte.

Son regard semble éteint, ses yeux rougis sont secs mais je la sens encore trembler. La crise n'est pas encore passée. Elle fini par hocher la tête d'un air las, capitulant finalement. Je la prends dans mes bras et cette fois c'est elle qui s'accroche à moi. Je l'entends à peine murmurer à mon oreille :

"Merci."

Ça me fait une drôle de sensation dans la poitrine, c'est la première fois que je mérite ce mot et j'en suis étrangement ému. Elle se relève et m'aide à me remettre dans mon fauteuil. Elle se passe un peu d'eau sur son visage et se tourne vers moi, une détermination nouvelle dans son regard.

"Je m'occupe de réunir nos affaires, toi va dans le salon, surveille qu'il ne revienne pas plus tôt aujourd'hui. Si jamais c'est le cas on transplanera directement là bas, sinon on prendra la voiture, d'accord ?"

J'acquiesce, heureux de la voir prendre les choses en main à nouveau. J'en ressens un certain soulagement, je ne l'avais jamais vu si vulnérable, je ne pensais même pas qu'elle pouvait l'être. Elle a toujours été si forte. Je me poste devant la fenêtre tandis qu'elle s'affaire à préparer notre départ.

Comme elle se sert de la magie, ça ne prends pas longtemps. Dix minutes plus tard elle me rejoint dans le salon.

"J'ai utilisé des poches sans fond pour prendre nos affaires, je ne veux pas que les voisins comprennent ce qu'il se passe. A leur yeux, nous serons juste sorti faire une course. Tu es prêt ?

- Je ne l'ai jamais autant été."

Le trajet en voiture se fait dans un silence confortable. Je sais qu'elle a beaucoup de choses à régler et je lui laisse le temps de le faire, la pousser à se confier tout de suite ne ferait que la perturber encore plus. A vrai dire, je suis moi-même encore sous le choc d'avoir fait quelque chose.

Parfois nos regards se croisent et je ne vois que de la certitude dans les siens. Ça ne durera probablement pas, elle aura certainement des doutes plus tard mais je suis content qu'elle s'éloigne de cette maison. Loin de son influence elle ne pourra que se rendre compte d'à quel point ça n'allait plus entre eux.

J'ai confiance en elle, elle a toujours fait ce qu'elle devait faire, peut importe ce que ça lui coûtait. Elle n'avait besoin que d'une confirmation, de savoir qu'elle avait le droit de se faire passer en premier pour une fois. Après quelques heures de trajet elle s'engage dans l'allée du Manoir Malfoy.

Le jardin est en friche et la fontaine monumentale à sec mais le bâtiment est toujours aussi impressionnant. Elle s'arrête devant le perron, m'aide à sortir de la voiture et m'installe dans mon fauteuil. Elle se poste à mes côtés et je lui prends la main.

Nous restons un moment comme ça, regardant le Manoir sans oser entrer. Elle prenant probablement conscience des bouleversements que sa décision va entraîner. Moi essayant de gérer le flot d'émotions contradictoires qui m'envahissent alors que je regarde la maison de mon enfance. Ainsi que le fait que pour la première fois de ma vie j'ai agis.

Finalement, elle soupire profondément et prononce un sort pour faire apparaître une rampe sur les marches du perron. Elle nous l'a fait emprunter avant d'ouvrir la porte d'un geste déterminé. Bienvenue à la maison, je suppose. La porte claque derrière nous. Il n'y a plus de retour en arrière possible désormais.

A suivre ...


Publié le 16 août 2016 à environ 05h40.

J'ai cru que ce chapitre ne sortirait jamais, j'avais un flot constant d'inspiration depuis quelques temps, pour tout sauf pour cette histoire. Je ne pensais pas que j'y arriverais ce soir, je passais des heures à fixer la page, ajoutant une ou deux phrases avant que l'inspiration m'échappe. Et finalement je viens d'écrire 2000 mots en moins d'une heure. Dès que j'ai commencé à écrire les mots ont couru sur la page sans que je puisse les retenir. J'espère que vous sentirez cette énergie, cette force à travers mes mots, ça a quelque chose de grisant quand l'inspiration s'empare de soi avec une telle intensité.

A côté de ça, j'ai commencé un projet d'écriture avec une amie auteure, je mettrais probablement le lien sur mon profil quand le site sera prêt alors n'hésitez pas à vérifier celui-ci de temps en temps si vous avez envie de me lire dans un univers différent et de découvrir ma co-auteure qui est incroyablement douée.

Merci d'être encore là.

"Donne moi un verre, donne moi une vie à défendre. Donne moi tes cris et tes larmes, donne moi ton désespoir et ta colère." UNE NOTE.

Mary J. Anna