Don't ever dare tell me that I can't do it. I'm not your puppet anymore.

Merci à : Tous ceux qui me suivent encore. Et à cette force, cette rage, qui ne m'a jamais quitté et m'a toujours permis d'aller de l'avant.

Shoot, shoot and never go back : Se retrouver chez un inconnu à quatre heures du matin. Boire un cocktail inconnu dont la chaleur réchauffe tout tes membres. Te laisser le temps de quelques heures, ne pas réfléchir aux conséquences, aux jugements. Simplement être et laisser être. Dire des choses folles, faire des choses folles. Des lèvres sur les tiennes, affamées, impatientes. Vivantes. Des mains sur ta peau, qui caressent, couvrent, découvrent. Répondre tout en se laissant faire. Simplement profiter de l'instant sans penser à demain. Demain viendra toujours trop tôt. Alors vivre, simplement vivre. Prendre une douche dans le noir complet. Ne voir l'autre qu'à travers les sensations qu'il nous procure. Donner et prendre, encore et encore. Vouloir le toucher, le ressentir contre soi avec tant de violence. L'embrasser, le mordre, le griffer même. Aimer ça, aimer ça à en crever. Parce que c'est ça être vivant au final. Faire les choses parce qu'elles nous plaisent sans se poser de questions. Sans que ça doive forcément avoir des conséquences.

Je me suis réveillée avec la gueule de bois et un bleu énorme mais ça en valait la peine. C'était fou, inconscient et stupide. C'était le meilleur moment que j'ai passé depuis des années. C'était parier que le meilleur allait arriver et gagner. Je veux cette folie et je continuerais à l'avoir tant que j'aurais le courage d'oser prendre des risques. Tant que je ne laisserais pas la peur m'empêcher de faire ce que je veux. Et je ne le ferais plus parce que vivre dans la peur ce n'est pas vivre, c'est survivre. Et je veux vivre.

Bonne lecture.


Le Silence

Vingt-troisième chapitre

Push and let it go


Je l'entraîne dans les couloirs déserts. La plupart des tableaux aux murs ont disparu. Nous traversons des salles presque vides, les rares meubles sont recouverts par des draps. J'avance, une drôle de sensation dans le creux de l'estomac. Il y a quelque chose d'étrange dans le fait de revenir ici après tout ce temps.

Je ne suis plus le même et les lieux non plus. Que dirais Mère en voyant sa maison dans cet état ? Que dirais Père en me voyant revenir avec à mon bras une née-moldue ? Je crois que ça n'importe plus. Je n'étais qu'un enfant influençable quand je suis parti mais c'est en homme que je reviens. Je n'ai plus besoin de leur approbation.

Les souvenirs m'assaillent alors que je parcours les lieux qui m'ont vu grandir. Hermione, à mes côtés, reste silencieuse, comme si elle avait conscience de mon trouble. Une partie de moi s'attends presque à ce qu'un elfe de maison apparaisse et commence à tout remettre en place. Mais bien sûr, ça n'arrive pas.

Dans la salle de bal une fenêtre a été brisé, des feuilles mortes se sont entassées sur le sol, des meubles sont renversés et le grand tableau trônant au dessus de la cheminée a été vandalisé. Je m'arrête pour le regarder, en proie à trop d'émotions contradictoires pour savoir quoi dire. Les vandales s'en sont surtout pris à Père.

Mère et moi sommes pratiquement intact à quelques détails près. Je m'approche encore, caressant du bout des doigts mon visage enfantin. Quel âge ? Sept ou huit ans à peine, probablement. Mon expression est arrogante, pourtant je sais qu'au fond de moi j'étais terrifié. J'avais refusé de poser au départ, un caprice d'enfant assez classique.

Père m'en a fait passer le goût, comme à chaque fois. Je sens mes yeux se remplir de larmes alors que je me remémore le douleur cuisante des coups de cannes dans mon dos. C'est comme si mes cicatrices se rouvrait à nouveau. J'ai envie de le déchirer ce tableau, cette preuve de mon impuissance, cette peur dans mes yeux d'enfant.

Je voudrais l'effacer, la brûler, tout plutôt que faire face à mon passé. Pourtant je ne fais rien. Hermione glisse sa main dans la mienne et la serre fort. Je sais qu'elle repense à mes lettres, à ce que je lui ai raconté sur mon enfance. Ça l'avait scandalisé à l'époque, elle avait usé de terme auxquels je n'aurais jamais pensé par moi-même.

Elle m'a dit que ce que me faisait Père n'était pas normal, qu'il me battait et n'en avait pas le droit. C'était la première fois que quelqu'un me le disait. J'avais toujours cru que c'était normal, que Père avait droit de vie et de mort sur moi puisqu'il m'avait donné la vie. Maintenant, je sais que ce n'était pas le cas et ça me fait d'autant plus mal.

Je n'avais pas à vivre dans la peur comme ça, à prendre toujours plus sur moi pour être le fils parfait qu'il aurait voulu que je sois. Ce n'était pas à moi de me modeler selon ses désirs mais à lui de m'accepter tel que j'étais. Mes doigts se crispent de rage contre la toile épaisse, une part de moi aimerais la déchirer, effacer le passé.

Une autre ne peut s'empêcher de se rendre compte de l'ironie de la situation. Pour sauver Hermione de son bourreau, je l'ai entraîné au milieu des souvenirs du mien. Il le fallait pourtant, nous n'avions nul part ailleurs où aller et nous ne pouvions pas rester. Alors me revoilà ici, à devoir affronter un passé que je pensais avoir déjà oublié.

Mais ce n'était qu'une fuite en avant. C'est ce que j'ai toujours fait quand les choses devenaient trop difficiles. Fuir, toujours plus en avant, toujours plus loin. M'enfoncer dans d'autres problèmes pour ne pas affronter ceux que j'avais déjà. Mais je ne suis plus le petit garçon effrayé du tableau et cette maison ne contient plus que des spectres.

Alors je me détourne du tableau, je tourne le dos à mon passé. Mais ce n'est pas une fuite, pas cette fois, je suis resté, j'ai affronté la peur dans mon regard et je l'ai accepté. Elle a fait partie de moi et elle en fera toujours partie quelque part. Elle a dirigé une bonne partie de ma vie et fait de moi celui que je suis mais ce n'est plus une fatalité.

Je n'ai plus à vivre selon ses termes, dans la terreur de déplaire à Père. Je suis libre de faire mes propres choix, mes propres erreurs, sans avoir à rendre de compte à qui que ce soit. C'est à Père que je tourne le dos en réalité, à ses préceptes et ses exigences. Il l'a écrit lui-même le jour où j'ai perdu mes pouvoirs : je ne suis plus son fils.

Il l'a confirmé en payant cette femme pour me tuer. Je n'avais encore pris conscience de ce que ça impliquait réellement. Si je ne suis plus son fils, il n'est plus mon père. Ses choix n'ont plus à conditionner les miens. Je suis le seul maître de mon destin et je sais enfin ce que je veux réellement être.

Je cherche avec Hermione une chambre d'amis en suffisamment bon état pour l'accueillir avant de la laisser seule. Je descends la rampe qu'elle a créé pour que je puisse passer facilement d'un étage à l'autre et vais dans la grande salle à manger. La pièce est obscure et glaciale. J'allume un chandelier et retire le drap recouvrant la table et les chaises.

Après quelques manipulations, j'arrive à me glisser dans le grand fauteuil en bout de table. La place de Père. Je récupère une cigarette dans ma poche et l'allume d'un geste ferme. Je savoure la première bouffée, laissant la fumée imprégnée mes poumons. Je fume lentement, présidant une assemblée de fantômes.

Je revois celles que j'ai perdu au cours des dernières années, Mère à ma gauche me souriant d'un air bienveillant, Pansy à ma droite l'air finalement apaisée. Je n'ai pas su les protéger mais ce n'était pas ma faute. Je n'en étais pas capable, pas à l'époque. Je m'en suis voulu pendant tant d'années mais je n'aurais pas dû.

Elles ont fait leur propres choix, vécues comme elles le désiraient. Mère a préféré le confort d'une vie d'illusions et en a payé le prix. Pansy s'est engagé dans une voie qu'elle n'avait pas choisi et a préféré mourir que de continuer à faire semblant. Elles ont fait leur choix et ce n'est plus à moi d'en porter le blâme.

Je les laisse partir. Je les libère et je me libère du poids de la culpabilité. Je n'ai pas à porter le deuil de mes erreurs éternellement, je dois simplement ne plus les commettre à nouveau. Je leur pardonne. Je me pardonne. J'éteins ma cigarette sur la table en bois. Laissant une marque indélébile sur celle-ci.

Il est temps d'arrêté de se préoccuper des apparences.


Elle est partie. Je suis rentré et la maison était vide. Pas de mot sur le frigo, ses affaires disparus du placard. Et les siennes à lui aussi. J'ai laissé ce connard entrer dans ma vie, je lui ai ouvert ma porte et lui s'est tiré avec ma femme. J'aurais dû savoir. Je le savais au fond, je n'ai jamais voulu de lui. Un serpent ne change pas, il ment c'est tout.

Je me ressers un verre de whisky, la bouteille est à moitié vide. Toujours plus remplie que ma vie. Je le hais, je le hais tellement. Et elle aussi. Qu'ils aillent se faire foutre ! Depuis combien de temps me mentent-ils ? Combien de choses n'ai-je pas vu quand je travaillais et qu'ils se retrouvaient seuls ici ?

Ça me rends fou de les imaginer ensemble. D'imaginer ses mains pâles parcourir son corps tendre, ce corps qui m'appartient, qu'elle m'a donné. Ça me rends dingue de l'imaginer gémir dans ses bras, l'embrasser. Ça me donne envie de boire, de vomir, de hurler, tout casser, tout détruire et surtout lui, et elle avec.

Ils n'avaient pas le droit. Elle a prononcé les vœux avec moi, elle a promis "jusqu'à ce que la mort nous sépare", pas "jusqu'à ce qu'un ex-mangemort me baise". Salope ! Putain de salope qui m'a convaincu d'accepter son amant jusque sous mon propre toit. Elle avait l'air tellement sincèrement inquiète, tellement concernée.

Je pensais qu'il lui faisait pitié, pas envie. Qu'il n'était qu'une autre de ses foutues causes perdues qu'elle aime tant. Ils se sont bien foutu de moi tout les deux. Lui a joué les éclopés repentant et elle l'innocente sauveuse. Et j'y ai cru, j'ai tout gobé comme un con tout ça parce que je lui faisais confiance.

Je pensais qu'elle m'aimait. Mais ce n'était qu'un tas de mensonge. C'est tout ce qu'on m'a toujours donné, comme quand maman disait qu'elle n'avait pas de préféré. Bien sûr qu'elle en avait un, mais c'est ce que font les femmes, elles te mentent et te trompent tout en te souriant innocemment. Je lui en ferais passer le goût.

Elle n'avait pas le droit de me faire ça, pas le droit de me laisser seul. Je me fous de ses raisons, je m'en fous. Elle a promis et on ne brise pas ses promesses. Elle a dit qu'elle serait toujours mienne et elle n'avait pas le droit de mentir là dessus. Des images d'eux n'arrêtent pas de défiler devant mes yeux.

Je les imagine dans mon propre lit, lui sur elle et elle gémissant son nom. Elle était pour moi, ma récompense après avoir traverser l'enfer pour les sauver tous et il me l'a volé. Lui entre tous. J'aurai pu la pardonner si ça n'avait été qu'une erreur passagère. Mais elle s'est tiré avec un cracmol paraplégique, une tare, un traître.

Je balance mon verre vide dans un éclat de rage. Il explose sur le sol et j'aimerais en récupérer les morceaux pour le frapper avec, lui refaire sa foutue gueule d'ange. Je ne suis pas aveugle, je sais que les femmes le trouvaient beaux et le trouvent certainement encore beau. Mais si je lui refaisais le portrait elles le verraient enfin tel qu'il est.

Mes mains tremblent de colère et je bois directement à la bouteille. J'en renverse un peu sur moi et ça m'énerve encore plus. Pas étonnant qu'elle soit partie vu le looser que je suis devenu. Même pas capable de boire correctement. Mais c'est pas ma faute, c'est pas ma faute si je fais des cauchemars toutes les nuits.

Si je revois encore et encore le moment où la lumière s'est éteinte dans leurs yeux. La guerre, cette putain de guerre qu'il fallait à tout prix gagner. Quand ils se sont intéressés à moi et m'ont dit qu'ils voyaient en moi le futur Sauveur, j'étais tellement fier. Tellement naïf, ils m'ont dit que je serais un héros mais ils ont fait de moi un monstre.

Ils m'ont fait prendre des potions interdites, de celles qui accroissent la magie et te font perdre un peu plus de ton humanité à chaque gorgée. Ils m'ont appris des sorts Impardonnables et m'ont fait m'entraîner jusqu'à la nausée, jusqu'à ce que la limite entre le bien et le mal se confondent.

Oui j'ai sauvé le monde sorcier mais qui me sauvera moi après ça ? Je pensais qu'elle le ferait mais elle a préféré se tirer avec un traître. Je les ai tous sauvé, j'ai donné mon âme pour ça mais en retour on ne m'a donné que la destruction. Que des souvenirs qui me hantent et des remords qui me rongent encore chaque nuit.

Le pire ce n'était pas de tuer, c'était l'instant d'après, celui où je réalisais que j'avais aimé ça. Non pire, j'adorais ça, j'adorais les entendre me supplier, moi le petit gros dont la plupart des gens se moquaient. J'adorais voir la peur dans leur yeux et leur faire mal. J'aimais lui faire mal à elle aussi parce que je savais qu'elle se croyait meilleure que moi.

Quand elle avait appris en quoi avait réellement consisté mon entraînement, elle avait été horrifié. Il y avait tellement de dégoût dans son regard, de pitié. Il fallait que je l'efface, tout plutôt que ça. Alors je l'ai frappé, durement, violemment. Tout plutôt que ça. Elle n'avait pas le droit de me juger, personne n'en a le droit.

Et puis ça lui allait bien de jouer les saintes pendant qu'elle se farcissait Malefoy sous notre propre toit. Je lui ai tout donné et voilà comment elle me remercie. Rien qu'une ingrate de plus. Mais je la retrouverais, elle ne s'en sortira pas comme ça. Je la retrouverais et je la ferais payer pour ça. Et pour tout le reste.


Je suis partie, je le réalise encore seulement. J'ai claqué la porte, sans un regard en arrière, m'enfuyant vers l'inconnu. Tout plutôt que de devoir vivre encore avec cette souffrance, n'est ce pas ? Tout plutôt que cette terreur qui ne cessait jamais. Sursauter au moindre bruit ce n'est pas une vie. Ce n'était pas ce qu'il avait promis.

Il devait me protéger, c'est ce qu'il avait juré. Mais ses promesses se sont envolées avant même la fin de notre lune de miel. Ses mains si tendres se sont changés en armes et mes rêves en cauchemars. J'y croyais tellement, ce doit être pour ça que je suis restée. J'avais déjà tout imaginé dans les moindres détails.

Ça aurait dû être notre revanche sur la guerre, la vie dont j'avais toujours rêvé, avec un mari aimant et des rires d'enfants résonnant dans la maison. Mais mes rêves se sont effondrés lors de ma première fausse couche. J'étais restée à terre, clouée au sol par la douleur, regardant le sang se répandre autour de moi.

Il avait même arrêté de me cogner en voyant ça, son visage avait blanchi et pendant un instant j'ai cru qu'il se rendait compte de ce qu'il me faisait vivre, qu'il s'en voulait et allait s'excuser. Puis son visage avait pris une teinte sévère et il m'avait relevé, me secouant avec hargne.

"Regarde ce que tu m'as fait faire ! Regarde ce que tu as fait ! Tu l'as tué !"

Il avait hurlé avant de me gifler. J'avais gémis et supplié mais ça ne l'avait pas arrêté. Les coups ont repris, encore plus fort, encore plus violent. J'ai fait une croix sur l'idée d'avoir des enfants ce jours là, je ne pouvais pas les entraîner dans cette vie. Ça a été ma dernière pensée avant que je m'évanouisse.

Le lendemain je me suis réveillée à Sainte Mangouste, il avait raconté au médecin que j'avais été agressé en rentrant du travail. J'ai soutenu son histoire et ils m'ont cru. Après tout il était le Sauveur, qui aurait pu remettre en doute sa parole ? Le soir quand nous sommes rentrés, il a été tendre et prévenant, l'homme que j'avais espéré épousé.

Mais au fond de moi, quelque chose s'était brisée, je n'arrivais plus à lui faire confiance. Plus tard, bien après qu'il se soit endormi, je suis sortie du lit et je me suis enfermée dans la salle de bain pour pleurer. Je voulais partir, j'en avais tellement envie mais je me sentais tellement coupable.

Je me disais que c'était de ma faute, que je n'avais pas été une assez bonne femme pour lui. Que si je l'avais été, j'aurais réussi à lui faire oublier, à le sauver. Je n'avais pas encore compris qu'il ne voulait pas être sauvé, qu'il se complaisait dans cette violence, qu'il aimait la terreur qu'il m'inspirait. Quelque part j'ai encore du mal à le croire.

Je revois encore les enfants que nous étions, toutes ces années à rire et à se sauver mutuellement, a affronter le mal aux côtés de Harry. Nous étions les gentils mais c'était trop pour lui, quand il s'est retrouvé à la place de Harry il a sombré. Il est passé de l'autre côté et je ne m'en suis pas rendue compte.

Je les ai longtemps blâmé, eux, ceux qui ont de lui une arme mais c'est parce que je ne voulais pas voir la vérité. Il pouvait dire non et il ne l'a pas fait parce qu'il aimait le pouvoir que ça lui procurait. Il avait pris goût à la violence et au meurtre. Le gentil garçon dont j'étais tombée amoureuse s'était transformé en monstre et je n'avais rien vu.

Je n'avais pas voulu voir surtout. J'avais fermé les yeux quand il avait souri en voyant le cadavre de Voldemort au sol, je m'étais persuadée que ce rire qu'il avait eu était le signe de ses nerfs lâchant plutôt que de la joie, quand il s'était emparé du cadavre pour l'exhiber aux yeux de tous. Et puis il m'avait raconté son entraînement.

J'aurais voulu voir de l'horreur dans ses yeux mais il n'y avait que de la fierté. Oui, ils ont fait de lui un monstre mais il l'a accepté et pire a aimé ça et je ne peux plus le nier. J'aimerais pourtant mais je ne peux plus retourner en arrière. Je ne peux plus continuer à me mentir. Et de toute manière il doit me haïr désormais.

Vu la façon qu'il avait de m'aimer, je préfère ignorer ce qu'il me ferait désormais que je suis partie. Pourtant une part de moi continue à croire que ça aurait pu être différent, que j'aurais pu le changer et le faire redevenir celui qu'il a été. Mais ce ne sont que des illusions, il est allé trop loin dans les ténèbres pour pouvoir revenir.

Il ne ferait que m'entraîner avec lui et je ne le veux pas. Je ne peux pas. Je lui ai donné les quatre dernières années de ma vie, je lui ai donné ma joie de vivre, mon amour et mes rêves. En retour il n'a fait que prendre, prendre encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne me reste plus rien. Jusqu'à ce que je n'ai plus la force d'imaginer une autre vie.

Je serais restée si Draco ne m'avait pas poussé à partir. Je serais restée et c'est ce qui me terrifie le plus. J'ai combattu un troll à 11 ans mais je n'ai pas su me protéger de lui. Il m'a pris jusqu'à mon courage. Et je m'en veux tellement de l'avoir laissé faire. Ce n'est pas celle que je suis, cette femme qui se laisse faire et pleure dans le noir.

Cette femme qui l'a laissé tué l'enfant qu'elle portait dans son ventre. Ce n'était pas celle que j'étais et ce n'est pas non plus celle que je veux être désormais. Ça prendra du temps mais je me reconstruirais. Loin de son influence je pourrais reprendre des forces et réapprendre à vivre autrement que dans la peur.

Ce ne sera pas facile, je le sais. Il voudra probablement essayer de me récupérer mais je ne me laisserais plus faire. Et je ne suis plus seule face à lui désormais. Je sais que Draco sera là pour moi. Je sais ce qu'il lui en a coûté d'oser me parler de ça, de me dire tout ce qu'il m'a dit sans accepter mes dénégations. Et de revenir ici, surtout.

Mais il l'a fait pour moi. Il l'a fait parce qu'il a appris de ses erreurs et a changé. Il a eu le courage qui me faisait défaut au moment où j'en avais le plus besoin. Et je sais grâce à ses lettres et nos discutions que ça n'avait rien d'évident pour lui. Mais il l'a fait. Et si lui peu changer alors moi aussi. Je sais que je peux le faire.

Je suis partie et je ne reviendrais pas.

A suivre ...


Publié le 09/09 à approximativement 8h30 (j'ai failli attendre 9h mais ça n'aurait plus été une vraie coïncidence.)

Je suis dans la dernière ligne droite, je pense que cette histoire en est à ses deux tiers et que je la finirais bientôt. Ça me fait un peu étrange de me dire que bientôt je n'écrirais plus de chapitre de celle-ci après cinq ans à l'écrire par intermittence. Les personnages ont évolué en même temps que moi, selon mes humeurs et mes épreuves. C'est intéressant de suivre cette évolution, de voir à quel point les choses peuvent changer en à peine quelques années. J'espère que le chemin vous aura plus, parce que la route a été longue mais nous arrivons bientôt à destination.

N'hésitez pas à donner votre avis à la pilote, elle vous en sera grandement reconnaissante.

Merci de me lire encore.

"Alors allons-y, prenons un dernier verre. Passons une dernière nuit à danser sur le fil. On tombera de toutes façons tôt ou tard, peu importe où notre corps se brisera, où notre esprit cassera sous la pression des injonctions contradictoires." Qu'importe ...