Bonjour, voici le deuxième chapitre. Il est un peu plus maladroit que le premier, pardon.

Merci pour les reviews, ça m'a fait plaisir. Bonne lecture!

Chapitre 2

Zack et moi avons survolé la moitié du Dakota du sud. J' étais tellement effrayée par ce qui se passait, les harpies, le pouvoir de Baldwin, le collier/épée de Zack, ma joue qui saignait toujours et surtout...ces ailes immenses qui s'étendaient sous mes yeux. On aurait dit que le destin se fichait de moi. Moi, la fille la plus terre à terre d'Amérique, une fille qui aimait tant son petit quotidien banal, une fille que l'idée de changer un peu sa vie n'avait jamais effleurée, j'étais embarquée dans une histoire de fou où mon meilleur ami avait des ailes. Certaines auraient peut-être exulté mais moi, j'étais juste terrifiée.

Puis,Zack a fini par se poser... sur les Blackells...SUR LE NEZ DE LINCOLN MERDE!

Aucune personne normale n'emmenait sa meilleure amie sur le nez géant d'un président mort!

Dès que j'ai senti la pierre sous mes pieds, j'ai explosé. Trop, c'était trop.

-On est sur le nez de Lincon! ai-je hurlé, extériorisant ma peur, LE NEZ DE LINCON!

J'étais effrayée, mais aussi en colère. En colère que ma vie ne soit pas ce que j'imaginais.

Et puis, j'en avais marre de ne rien comprendre.

-Calme-toi, a fait Zack.

Je me suis tournée vers lui :

-Que je me calme ? Que je me calme ? Mais enfin Zack, tu as des ailes !

Il a replié les ailes en question. D'accord, elles étaient magnifiques, mais enfin, personne n'a d'ailes !

-Je suis né comme ça, a-t-il dit, comme pour se défendre.

-Mais pourquoi ? ai-je hurlé, tu vas enfin m'expliquer ce qui m'arrive ?

J'ai fondu en larmes. Je voulais que ça s'arrête, que je me réveille. Ma joue me faisait mal, je saignais ,j'étais morte de peur. Il fallait que ça s'arrête.

Zack m'a prise par l'épaule en fouillant ses poches.

-Tiens, a-t-il dit en me tendant une barre marron, mange.

Au point où j'en étais...

J'ai pris la barre et l'ai mordue. Elle avait un goût de gâteau au miel.

Soudain, j'ai sentie que le sang sencée de coulé sur ma douleur diminua lentement avant de disparaitre complétement. J' ai passé une main sur ma joue,surprise. De mes plaie sanglantes infliger par la Harpies,il ne restait que trois petite cicatrices blanches.

J'ai jeté la barre loin de moi. Je ne voulais pas ingurgiter quoi que se soit d'anormal.

-C'est quoi ça?me suis-je écriée

Zack m'a fait asseoir.

-Tu...tu sais les histoires de dieux grecs qui font des enfants aux mortelles ? a-t-il demandé.

J'ai hoché la tête.

-Oui, la prof de latin en a parlé. Ça fait des demi-dieux.

Mais je ne voyais pas le rapport.

-Des sang-mélés en fait, a-t-il commencé.

J'ai failli m'étrangler. Alors c'était ça.

-Quoi !? ai-je hurlé. Tu veux dire que tout ça existe ? Que tu...qu'on est des sang-mélés ?

Il a ouvert des yeux ronds.

-Comment tu as su ?

Je me suis pris la tête à pleines mains.

-Le monstre...la...la harpie, elle m'a appelée "sang-mélée".

Zack a hoché la tête.

-Désolé que tu aies dû l'apprendre comme ça. Certains on la chance de l'apprendre sans les monstres.

Il a montré ses ailes du doigt :

-Je suis le fils du dieu Boré a-t-il fait, un dieu mineur du vent du Nord. Nous les Boreades et les Harpies,c'est une longue histoire de hainne.

Il m'a adressé un sourir d'exuse.

J'étais sur le point de me remettre à pleurer.

-Toi tu es ce que tu veux mais moi je...je veux pas être mêlée à tout ça !

Zack s'est rapproché de moi et a essayé de me prendre la main. Je l'ai repoussé. Il n'était pas le garçon que je croyais connaitre. Moi même je ne savais pas qui j'étais.

-Mais qui je suis...ai-je gémi.

Zack s'est gratté la tête.

-On ne peut le savoir que si ton parent divin te revendique. Mais je peux faire des suppositions.

Je me suis tournée vers lui.

-Des quoi ?

Il a haussé les épaules.

-Oui. Par exemple, les enfants d'Athéna ont les yeux gris et les cheveux blonds. Des trucs comme ça.

Les enfants d'Athéna. On s'enfonçait de plus en plus dans cette histoire... Et moi je ne voulais pas aller plus loin, je voulais rentrer chez moi et vivre une vie normale sans harpies et sans dieux. Sans Zack s'il le fallait.

-Il te manque bien un parent ? a-t-il demandé.

-Mon père, ai-je marmonné, recroquevillée sur moi-même. Il est mort en voiture quand j'étais bébé...

Zack a secoué la tête.

-Non, ça c'est ce que ta mère t'as raconté. Voyons, tu as invoqué Bia, un esprit de la violence fille du Styx.

Le Styx...C'était un fleuve des Enfers non ? Comment pouvait-il avoir une fille ?

Je voulais partir d'ici.

-Hum...tu pourrais être fille d' Hadès. Oui, tu es sûrement fille d'Hadès.

J'ai secoué la tête. Il se souciait plus de mon père que de moi j'avais l'impression. Je ne voulais pas de tout ça.

-Non ! ai-je crié, je ne suis pas fille d'Hadès ! La Harpie me l'a dit ! Je ne sais pas qui est Bia et encore moins comment j'ai pu l'invoquer. Et je m'en fiche, je veux rentrer chez moi !

Je hurlais. Des larmes roulaient sur mes joues. Je ne voulais pas avoir un dieu pour père, je voulais être quelqu'un de normal.

-Pourquoi les monstres poursuivent les sang-mélés ? ai-je demandé.

Zack a hésité.

-Je ne sais pas si la réponse va améliorer ton état actuel !

J'ai pris ma tête dans mes mains pour pleurer. Zack m'a aidé à me lever.

-Je...tu sais, ma colonie de vacances ? C'est là que vont les sang-mélés. Je vais t'y amener.

-Je ne veux plus voler, ai-je soufflé.

Zack a hoché la tête. Il a fouillé dans ses poches et en a sorti une pièce bizarre.

-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Ai-je fait.

-Une drachme. La monnaie en cours sur l'Olympe.

Misère...ma vie était foutue. Mais qu'est-ce que je pouvais faire ?

Rien.

Rien...

.

. .

Je m'attendais à tout, SAUF un taxi new-yorkais. Quand Zack a jeté cette pièce grecque du nez de Lincoln en prononçant une espèce de formule en grec ancien ("J'invoque le char de la damnation" je crois.), je ne m'attendais pas à ce qu'un taxi new-yorkais à moitié détruit se gare sur la cloison nasale de notre président. Et puis, même si je ne suis jamais sortie de ma cambrousse au Dakota du Sud, je SAIS que les taxis ne sont pas censés apparaitre comme ça dans le vide. Une vitre crasseuse s'est abaissée et le visage d'une vieille femme s'est penché vers nous. Elle avait des rides si profondes qu'on aurait pu y tomber sans mal et était aussi sale que sa voiture. Ses longs cheveux gris et poisseux lui tombaient sur les yeux.

-Quelle idée de nous appeler à un endroit pareil fils de Boré, a-t-elle grommelé.

"Nous" ? Il y avait combien de personnes dans cette voiture magique ?

J'ai plissé les yeux, redoutant de m'approcher du tacot délabré. A côté de la vieille étaient assises deux autres femmes ridées comme des pruneaux. Trois à l'avant ! Ça allait à l'encontre de la sécurité ! Pas question que je monte là-dedans !

Zack s'est penché vers la vieille du début en souriant, comme si c'était un habitué du taxi.

-Comment vous pouvez savoir qui je suis Tempête ? Vous n'avez même pas l'oeil.

La vieille a poussé un soupir exaspéré et ses cheveux ont dégagé ses orbites. Vides. Cette femme n'avait pas d'yeux, juste des crevasses grises. J'ai hurlé en reculant en trombe. Mais dans quoi je venais de me fourrer la ? La vieille du nom de Tempête a tendu le bras vers l'arrière de la voiture.

-Guêpe ! a-t-elle fait sans se détourner de Zack, file moi l'oeil.

-Ah non ! a maugrée l'autre. C'est mon tour cette semaine !

Une vieille légende m'est revenue en mémoire...trois soeurs fripées comme des bébés taupes. Oh non !

-File ! a répété Tempête.

J'ai voulu me forcer à détourner le regard mais trop tard : la dénommée Guêpe avait posé un gros oeil visqueux dans la main de Tempête. J'ai hurlé à la vue de l'oeil, et encore plus quand Tempête se l'est fourré dans l'orbite.

-Pourquoi elle piaille, ta copine ? a fait Tempête en posant son oeil sur moi.

-Quelle horreur !

D'habitude, je suis une fille polie, je ne critique pas les gens, mais là...c'était vraiment trop.

-C'est de moi que tu parles ? a fait Tempête. Quelle adorable gamine ! Je l'aime déjà.

Par les chaussettes de ma CPE ! Je devrais fréquenter des gens normaux. Sérieux.

Tempête m'a souri, dévoilant une seule et unique dent moussue. J'ai difficilement dégluti.

-Léah, je te présente Tempête, Guêpe et Colère. Elles me prennent souvent dans leur taxi.

Cette fois, c'était sûr, il était fou. Tempête m'a fait signe d'approcher et Zack m'a poussée vers elle . Avant que j'ai pu protester, Tempête m'a pris le menton dans ses mains crochues et m'a tirée vers elle. Elle dégageait une odeur horrible digne d'un putois crevé qui ne se nourrirait que de lapin à la moutarde. Et puis j'avais une vue imprenable sur son orbite vide. J'ai frissonné, tétanisée par le niveau de mocheté qui me faisait face. J'avais l'impression que mon sang gelait dans mes veines à mesure qu'elle m'observait.

-Voilà une jeune sang-mélée en pleine santé, c'est rare. Les yeux me rappellent...

Elle n'a fait que chuchoter ces derniers mots.

-Son père.

J'ai écarquillé les yeux.

-Vous co...connaissez mon père ? Ai-je bredouillé.

-Dingue ! a fait Zack.

-Tous les démons connaissent ton père, a fait Tempête.

Elle s'est tourné vers Zack :

-Cette fois gamin, tu voyage gratos jusqu'à Long Island mais c'est uniquement grâce à la gamine.

Les portes arrière s'ouvrirent dans un chuintement et Tempête a rentré la tête dans l'habitacle. Zack m'a embrassée sur le front, comme un grand frère.

-Merci pour le voyage gratuit ! a-t-il fait, et panique pas, là où on va c'est génial !

Génial ? Pour lui peut-être, mais moi, je ne voulais pas de cette vie de...de quoi déjà ? De sang-mélée ? Misère. C'est quand Guêpe nous a demandé ce qu'on attendait que j'ai compris qu'il fallait que je rentre dans le taxi.

J'ai paniqué. Ce truc n'était sûrement pas sécurisé, l'état des freins devait laisser à désirer. Et je n'avais pas envie de frôler la mort trois fois dans la même journée !

-Je ne monte pas là-dedans ! ai-je crié, jamais !

Zack m'a tirée par le bras tandis que je tentais de m' enfuir.

Il a fini par me tasser de force dans la voiture et a claqué la porte de derière.

-Allez, t'inquiète ! Je prends ce taxi quasiment toutes les semaines y rien à craindre.

Je tremblais de peur et de colère. Je n'avais pas demandé à me retrouver là ! Avant de démarrer j'ai pensé aux paroles de Tempête : "Tous les démons connaissent ton père" !

Hyper rassurant. Vraiment.