Bonjour! Voici le nouveau chapitre, ou Leah découvre mieux la colonie avec un point de vue particulier.

J'espère que ça vous plaira, même si ça change de d'habitude.

Chapitre 5: Piper MacLean

La fille aux cheveux bruns s'appelait Piper McLean, et était la fille d'Aphrodite. Par conséquent, nous n'avions aucune chance d'être sœurs. Au fond de moi, j'espérais encore que Zack et les Harpies s'étaient trompés, ou que l'œil des Grées avait tout faux, que les Eidons étaient arrivés là par hasard comme Bia et que ma vision avait été due à la fatigue. Quand j'ai fait part de mes pensées à Piper, elle a claqué la langue.

-Dans ce cas, l'ambroisie t'aurais tuée au lieu de te guérir.

Il faut dire que je lui avais déballé toute mon histoire quand elle me l'avait demandé. Allez savoir pourquoi, quand Piper vous demandait quelque chose, on ne pouvait pas lui dire non. Quand j'ai compris que j'étais à cent pour cent et sans doute possible une sang-mêlée, j'ai fondu en larmes sur l'épaule de Piper.

-Je veux pas être une sang-mêlée ! ai-je gémi, je veux rentrer chez moi, j'en peux plus, j'ai peur !

Piper m'a tapoté le dos et je me suis lentement calmée. Même si je ne voulais toujours pas de dieu comme père, je ne voulais plus le reprocher à tout le monde.

Piper m'a lentement décollée d'elle pour me regarder dans les yeux. Elle avait les iris qui changeaient de couleur à chaque instant comme un kaléidoscope. C'était étonnamment apaisant.

-Écoute, a-t-elle fait du ton qu'elle emploierait pour parler à un gamin apeuré. Je vais faire en sorte que tu puisses passer un message à ta mère, d'accord ?

J'ai hoché la tête en séchant mes larmes.

-Mais avant je vais te montrer la colonie ok ? a ajouté Piper avec un grand sourire.

"Non", a fait mon esprit.

-Oui, a fait ma bouche.

Piper m'a de nouveau souri et m'a entraînée vers la salle en contrebas.

Un grand Ω de bungalows se dessinait près d'un lac où voguaient des petits canoës. Des dizaines et des dizaines de jeunes en tee-shirt orange ( beurk) jouaient au basket ou discutaient en petits groupes. On aurait dit une colonie de vacances normales si...

S'il n'y avait pas une rangée d'archers qui s'entraînaient sous les instructions d'un type au bassin de cheval (on appelle ça un centaure je crois), sans les bâtiments à la mode grecque comme l'amphithéâtre où la forge et sans ses types à pattes de bouc qui se promenaient un peu partout.

J'ai été prise d'une forte envie de hurler et de remonter fissa dans mon arbre.

J'ai poussé un gémissement de souris écrasée.

De loin, je voyais la silhouette sombre de Nico, traîné par Will Solace vers une petite cabane blanche et rouge.

Piper m'a emmenée à travers la colonie, m'expliquant les tours de douche, les rangements de bungalows.

J'ai observé les bungalows en question. Le 1 et le 2 , aussi éclatants de grandeur que...de vide, le 3, aux murs incrustés de coquillages et au parfum méditerranéen. Le 4, couvert de plantes, le 6 à peu près normal mais avec un fond très kitch, le 7, rayonnant littéralement, juste en face de son opposé, le 8, vide, silencieux et argenté. Le 9, qui ressemblait à une usine à la Jules Verne, le 10, beaucoup plus calme que les autres, avec une jeune fille blonde qui lisait sur le seuil. Le 11 au contraire rempli de gamins survoltés qui riaient comme des malades. Le 12 avec ses plants de vignes qui courraient partout. Le plus flippant : le 13 avec des murs noirs ornés de têtes de morts sur lesquels flambaient des torches de feu vert.

-Ce feu...est vert ? ai-je hoqueté.

Piper et moi nous trouvions entre les bungalows 11 et 12, redoutant un peu de nous approcher du terrifiant bungalow 13.

-Hum...oui tiens, a fait Piper, j'avais jamais remarqué.

Visiblement, personne ne s'approchait trop du bungalow 13. Et à vrai dire je les comprenais un peu. Il sentait la peur à plein nez. Mais pas la peur qui vous fait réagir au quart de tour sans réfléchir : une peur qui vous pétrifie un moment sur terre avant de vous envoyer vous réfugier dans le plus gros bunker que vous trouveriez.

Je me suis détournée du bungalow, n'y tenant plus. Je l'avoue tout de suite : je suis une grosse froussarde. Le courage, c'est pas mon truc. Je suis plus du côté des gens qui subissent la peur que de ceux qui la provoquent.

J'aurais tellement voulu être comme Piper : pouvoir affronter tout ce qui m'arrivait la tête haute. Mais non, je voulais juste me recroqueviller sur moi-même et pleurer.

J'ai levé les yeux sur un bungalow qui m'était encore inconnu.

Dire qu'il n'avait rien d'étrange serait mentir. Primo : plus personne n'accroche une tête de sanglier au-dessus de sa porte. Secundo : je comprends que certaines personnes ne soient pas particulièrement douées en bricolage mais là, on n'avait pas peint les murs, on avait jeté les pots de peintures rouge sur le bungalow. Et tertio : la sécurité je veux bien, mais il ne faut pas pousser le vice jusqu'à entourer sa baraque de barbelés quand même !

Et puis...heu...C'était quoi cette pancarte où on avait marqué : « Attention, mines » ? Un peu plus bas, on avait noté au marqueur noir sur un bout de carton : « Le premier de ses sales voleurs de chars d'enfants d'Apollon qui s'approche, on le tue à coups de lance ( le premier et aussi le deuxième et tous ceux qui suivent) ». Hou-là. Les habitants du bungalow 5 n'avaient pas l'air de s'entendre avec les enfants d' Apollon. Et puis, cette histoire de mines... Pourquoi fallait-il que j'atterrisse dans un monde de barges ?

J'ai été prise d'une soudaine envie de pousser les portes de ce bungalow bizarre. L'impression qu'il dégageait me paraissait familière, rassurante... chaleureuse ? Pourtant ce bungalow n'avait rien de chaleureux. Il était plus agressif qu'autre chose si vous voulez mon avis.

Malgré cela je me suis approchée et j'ai tendu l'oreille vers la porte.

Les cris d'une dispute étouffée me parvenaient de l'intérieur. Les deux protagonistes avaient l'air remontés.

-Mais c'est pas possible d'être bêtasse à ce point ! rugissait une fille. Marc est bon pour trois semaines d'infirmerie à cause de toi pauvre naze !

-Hé, ho, ça va ! Me parle pas comme ça ok ? C'est pas parce que t'es ma sœur que je vais retenir mes coups !

-Vas-y, je t'attends !

J'ai entrebâillé la porte pour jeter un coup d'œil à l'intérieur.

Au milieu d'un bazar d'armes blanches et de fusils, une bande d'adolescents semblables à des ours encerclaient une fille blonde et un garçon balafré qui lui avait sauté dessus. Ils étaient sur le point de s'arracher les yeux quand deux gifles fulgurantes ont fusé. Un silence pesant s'est abattu sur le bungalow tandis qu'un fille aux cheveux brun fillasse épaisse comme une porte de prison les chopait par l'oreille.

Elle avait une lueur étrange au fond des iris, comme la déflagration d'une bombe nucléaire.

-Vous allez vous calmer oui ?! a-t-elle ordonné d'une voix de stentor. On a quatre membres de l'effectif à l'infirmerie c'est pas suffisant peut-être ?! Faut qu'on trouve un moyen d'écraser ces tocards du bungalow 7 j'vous rappelle !

La fille blonde a grimacé. Visiblement, l'autre était une pro du tirage d'oreille.

-Mais Clarisse ! a-t-elle gémi, ils ont di Angelo avec eux maintenant ! On peut rien contre lui à Capture l'étendard ! Se battre contre Nico, c'est comme se battre contre les chasseresses !

Clarisse a eu une seconde d'hésitation puis a repris, de sa voix de commandant d'armée :

-J'm'en fous, c'est pour ça qu'on cherche bande de moules ! L'honneur de p'pa passe avant tout ! À vos places et que ça saute !

Tandis que la bande d'ours/ados s'activait, j'ai refermé la porte, un peu effrayée.

C'était quoi cette bande de tarés ?

J'ai reculé et me suis rendue compte de la présence de Piper dans mon dos.

-T'as fait la connaissance des enfants d'Arès ? a-t-elle rigolé, tu les trouves comment ?

J'ai hésité. Mes sentiments étaient partagés vis-à-vis du bungalow d' Arès.

-Ils sont...spéciaux … ai-je fait.

J'ai hésité à lui parler de mon sentiment familier pour le bungalow d'Arès, mais je n'avais pas envie d'être la folle dans ce monde de fous.

Soudain, une phrase de Piper m'est revenu en mémoire.

-Tu...tu as dit que tu avais une idée de qui était mon père, ai-je fait, tu penses à qui ?

J'essayais de me repasser tous les noms de dieux que je connaissais dans ma tête.

Ça donnait : Zeus, Hadès, Borée, Arès, Apollon et Thor. Sauf que Thor était un dieu viking.

Piper m'a adressé un sourire d'excuse. J'ai cru un instant que j'avais hérité du plus horrible des dieux comme géniteur, mais c'était pire :

-Je peux pas te le dire avant qu'il ne te revendique. Mais ça viendra bientôt, ne t'inquiète pas...

Une boule de plomb s'est formée dans ma gorge. Comment les autres sang-mêlés peuvent-ils supporter cette horrible attente ?

J'ai soupiré.

-J'ai entendu ma mère parler de lui une fois. Fabien...Fabrice Fostant...un truc en « F ».

-Un truc en « Ph » a corrigé Piper à mi voix.

Je me suis tournée vers elle.

-Tu...tu as déjà rencontré mon père ? ai-je demandé.

Piper a penché la tête sur le côté en réfléchissant et le soleil a joué sur sa peau cuivrée. Elle était vraiment très belle...à sa façon.

-Plus ou moins oui, a-t-elle fait. Il m'a aidée lors d'un quête à Sparte...Il m'a aidée à invoquer les Eidons.

Je l'ai arrêtée.

-Quête ? C'est quoi ça ?

Piper a passé ses doigts dans ses cheveux, caressant l'étrange plume large accrochée à ses mèches. J'aurais bien aimé avoir son aisance au milieu de toute cette histoire de fous. Moi, j'étais trop terrifiée pour faire quoi que ce soit.

-Comment expliquer ça...a-t-elle fait en fronçant le nez. Une quête, ça commence à partir d'une prophétie : une poème qui donne des fragments de l'avenir.

J'ai froncé les sourcils et lancé à Piper un regard septique. À mes yeux, personne ne pouvait donner des fragments d'avenir.

-En fonction de ce qu'on comprend de la prophétie, on envoie le demi-dieu concerné et son équipe en mission, et le but, c'est de revenir vivant.

Elle avait fini sa phrase en riant mais je me suis figée.

J'avais l'impression d'avoir percuté un mur en briques.

-On...on a des risques de...mourir ? ai-je couiné.

Piper s'est tournée vers moi et son visage s'est décomposé. Elle venait de réaliser que ce qu'elle venait de dire n'était pas extrêmement rassurant.

-Non ! s'est-elle exclamée . Enfin si, ça arrive, mais... mais c'est très rare ! je...je suis allée en quête moi par exemple ! Et je suis vivante ! Certains sont morts mais... oh merde !

C'était trop, trop pour moi. Quand j'ai appris que j'avais un risque de mourir, je me suis pliée en deux, la gorge serrée comme si on m'étranglait et j'ai vomi au beau milieu de vingt bungalows. J'avais oublié à quel point c'était désagréable. Une larme a roulé sur mes joues tandis que le contenu de mon estomac se répandait au sol avec des bruits répugnants.

Des types du bungalow 11 ont sifflé en rigolant et l'un d'eux a lancé : « C'est le plus beau dégueulis que j'ai jamais vu ! ». J'ai entendu Piper l'injurier comme une marchande de poissons mais j'avais l'impression que j'avais plongé la tête dans l'eau. Quand je suis allée mieux, je me suis relevée, les yeux embués de larmes en essuyant ma bouche et ses contours de ma manche de sweat de sport.

Piper a posé une main rassurante sur mon épaule.

-Non, mais tu vas voir, sang-mêlée c'est pas si terrible... Il y a même des avantages... La gloire...

-Qu'on gagne en mourant, ai-je complété.

Piper a serré les dents, comme si elle se souvenait d'un connaissance qui, justement, était morte.

-On a une super colonie, continua Piper, pas découragée.

-Qui fait flipper ! ai-je rétorqué.

C'était vrai quoi, il y avait de la LAVE sur leur fichu mur d'escalade !

Piper a tiré sur son tee-shirt.

-On a un super tee-shirt ! a-t-elle ajouté d'un ton enjoué.

Je l'ai regardée, puis sa saleté de tee-shirt.

-J'aime pas le orange, ai-je maugréé en entortillant mes cheveux trop roux.

Piper s'est mordu la lèvre. J'ai espéré qu'elle ait fini par abandonner mais elle a souri.

-Tu préfères peut-être le camp Jupiter ? Ils ont des tee-shirts violets.

J'ai grimacé. Du violet ? Encore pire. Piper a ri.

-Tu vas voir, a-t-elle fait, tu vas te faire plein d'amis ici. On est tous comme toi...

Je me suis plantée devant elle, les yeux brillant de larmes. Pourquoi tout le monde niait l'évidence : cette colonie n'aurait jamais dû exister.

-Vous êtes tous des TARES ! ai-je balancé à Piper.

J'ai tourné les talons et me suis éloignée d'un pas rapide, clouant Piper sur place.

Elle pourrait me servir autant d'arguments qu'elle voulait, jamais je n'accepterai d'être la fille d'un dieu ! Piper m'avait dit qu'il y avait un moyen de contacter ma mère dans cette colonie. J'allais appeler chez moi et y retourner et je n'aurais plus jamais rien à voir avec cette histoire de fous. Jamais.

J'ai traversé le cercle des bungalows le plus vite possible sans courir ( rappelez-vous, j'ai horreur de ça). Je ne savais absolument pas où aller mais je ne m'arrêtais pas. M'arrêter aurait signifié que je baissais les bras, et ça, jamais. Je trouverais bien quelqu'un qui m'aiderait, Zack, Nico di Angelo, Will Solace... le copain blond de Piper...

Je dépassais le bungalow 5 quand l'envie irrésistible d'y entrer m'a reprise. Je savais pourtant bien ce que j'allais y trouver : une bande d'ados bourrus qui se battaient entre eux et la grande fille brune qui régnait par la terreur.

J'ai baissé les yeux et accéléré. Je ne devais plus retourner dans ce bungalow, il était trop malsain et... et j'avais trop envie d'y rester, de m'y installer. Il m'était trop familier. Or mon but était de partir d'ici. Pas de m'installer au bungalow d'Arès Surtout si je ne connaissais pas mon parent divin. « On s'en fiche de toute façon », ai-je pensé.

J'avançais tête baissée encore un instant quand je faillis rentrer dans un fauteuil roulant.

J'ai sursauté et reculé en m'excusant. Je venais de croiser le regard noir de Nico di Angelo. Pas que ce soit lui qui était dans le fauteuil, ne vous méprenez pas, mais c'était lui qui poussait le quinquagénaire barbu qui y était assis.

L'homme m'a souri. Il avait un regard rassurant qui aidait à se confier.

En tout cas j'étais contente d'avoir enfin rencontré quelqu'un de normal.

-Bonjour Leah, a-t-il fait.

-Heu... bon-jour...ai-je bégayé.

Super, j'avais enfin rencontré quelqu'un qui avait l'air normal mais le regard ( ou l'aura de mort) de Nico me clouait sur place. De toute cette colonie folle, il était le plus flippant de tous. Et pourtant, les mecs aux pattes de boucs...

L'homme dans le fauteuil roulant s'est gratté la barbe.

-C'est ton ami Zack Wilkman qui m'a prévenu de ton arrivée parmi nous, a-t-il continué, il nous a prévenus que tu étais un cas... particulier.

J'ai serré les poings, m'enfonçant les ongles sous la peau. Alors j'étais ça pour eux ? Un cas ? J'ai croisé les bras.

-Je ne veux pas être une sang-mêlée, ai-je marmonné.

Ce type pouvait comprendre, non ? Il avait l'air d'être l'adulte responsable de cette colonie, il allait me renvoyer chez moi, forcément.

L'homme a levé les yeux vers Nico.

-En effet, c'est une réaction particulière...a-t-il dit.

Nico n'a pas changé d'expression du tout. Visiblement, il avait l'air de se foutre totalement du problème que je semblais causer.

-Est-ce que je dois vraiment être mêlée à cette histoire Chiron ? a-t-il soupiré.

Chiron. Le prénom me rappelait quelque chose...

Chiron a croisé les bras et a essayé de lancer à Nico un regard sévère, mais je voyais bien qu'il était mort de trouille.

-Monsieur di Angelo, je sais que vous auriez préféré rester à l'infirmerie ( le vouvoiement ne m'a pas échappé), mais cette jeune fille a invoqué Bia, une fille du Styx. Et en tant qu'ambassadeur de Pluton, le Styx est votre responsabilité.

Nico a grogné et sa main est retombée sur le pommeau de son épée noire, en menace silencieuse.

-Bien, a fait le dénommé Chiron, je suppose que tu veux joindre ta mère, n'est-ce pas ?

J'ai hoché la tête, sentant monter en moi la première bouffée de joie de la journée.

Chiron a souri de son air rassurant et paternel.

-Zack est en train de contacter ta mère à la Grande Maison. Nico va t-y conduire.

Nico a lancé un juron dans une langue étrangère ( de l'italien je crois), et est parti en bougonnant, les mains fourrées dans ses poches de jean, sans même me regarder.

J'étais trop heureuse de pouvoir contacter ma mère pour me soucier de l'impolitesse flagrante de Nico. J'ai trottiné pour le rattraper.

Nous avons traversé la colonie dans un silence de mort ( on s'en doutait un peu avec un fils d'Hadès) et à une allure douloureusement pas assez rapide pour moi, qui était excitée comme une puce à l'idée de rentrer chez moi.

Bon, par contre, j'avoue, quand un satyre est passé devant nous en poursuivant un ballon de basket, j'ai glapi en faisant un pas en arrière.

Nico a eu un petit rire absolument terrifiant.

-C'est vrai que t'es un cas spécial, a-t-il fait avec un rictus.

Je n'ai pas répondu et ai continué d'avancer, tête baissée.

Nico a ronchonné.

-Tu sais c'est pas grave, moi non plus je suis pas vraiment dans l'état d'esprit qu'on attend.

L'état d'esprit. Alors mon problème ne venait pas de l'invocation de Bia ou des machins de la guerre ? J'ai regardé autour de moi . Tous les gens qui m'entouraient semblaient heureux d'être là et avaient l'air de s'amuser...sauf Nico. Son expression blasée semblait gravée dans le marbre.

Un silence de plus en plus pesant s'est installé entre nous.

Soudain Nico a parlé, me faisant sursauter.

-La Grande Maison, c'est le bâtiment bleu qui est là-bas. Ton pote Zack a déjà contacté ta mère.

Mots magiques. Oubliant totalement la peur qui m'enserrait le ventre depuis mon arrivée, je me suis précipitée vers le bâtiment que me désignait Nico.

-Attends, s'est écrié le fils d'Hadès, il l'appelle pas comme tu crois !

Je l'ai ignoré, gravissant quatre à quatre les marches du perron.

J'ai repoussé la porte d'entrée et me suis figée d'horreur sur la pas de l'entrée.

Un arc-en-ciel. Ils avaient appelé ma mère à partir d'un putain d'arc-en-ciel !

Les sept couleurs flottaient dans l'air, formant comme un écran dans lequel se dessinait le visage de ma mère.

Zack était en train de lui parler, me tournant le dos, les ailes repliés.

J'ai tendu l'oreille.

-Mais enfin madame, vous pouvez pas faire ça !

-Bien sûr que si je peux !

J'ai soupiré de soulagement. Ma mère venait me chercher. Je rentrerais au Blackhell et je reprendrais une vie normale.

-Mais, a continué Zack, Leah est complètement paniquée, vous pouvez pas l'abandonner !

J'ai ressenti comme un coup de poignard en plein cœur. Quoi ?

-Zack, quand vas-tu comprendre que ça fait quatorze ans que j'essaie de me débarrasser de Leah ? Elle est comme son père, comme toi, comme vous tous : un monstre ! Alors maintenant que vous l'avez prise dans votre foutue colonie, pas question qu'elle revienne !

L'arc-en-ciel a volé en éclats quand Zack a fichu un coup de poing dedans en lançant :

-Salope !

Je me suis figée. Ma-mère-ne-voulait-pas-de-moi. Plus jamais je ne rentrerais chez moi. Ma propre mère me haïssait. Et le seul ici à me défendre, c'était mon meilleur ami, à qui j'avais tant reproché d'être un demi-dieu. J'aurais pu trouver génial de sa part de me défendre auprès de ma mère, mais j'étais trop choquée. Je suis partie en courant.

J'aurais pu aller rejoindre Chiron. J'aurais pu aller me consoler auprès de Zack. J'aurais pu retourner écouter les doux mots de Piper.

Je me suis contentée de m'asseoir derrière la Grande Maison. Et là, j'ai hurlé, j'ai lâché les vannes, et je me suis mise à pleurer.

Voila. Sympa la mère n'est ce pas? Au prochain chapitre, ça s'arrange un peu.

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