Bonsoir ! J'ai envie de dire vivement ce week-end. Donc un petit encouragement avec ce nouveau chapitre ?
Remerciements à : isatis2013( Oui ... mais John sera un excellent infirmier compatissant comme toujours), Jade181184 ( Ah ! Merci pour la liste mdr ! J'espère que cela s'arrangera pour toi !), Coljayjay ( Une coupure pour préserver le suspens et pousser la curiosité ...) et Rochelle17 (Tu as les réponses mais ce ne sont sûrement pas les bonnes! Oui tu l'as déjà dit !)
On m'a demandé si j'étais fière de me retrouver sur la liste noire ... ma réponse : "Oui, mais j'ai une très bonne raison ". Quelle raison ? Il reste encore 5 chapitres pour comprendre.
Bonne lecture !
Chapitre 5 : Qui est Brian ?
Cela faisait deux jours que Finch avait été enlevé. Plus de 48 heures, très longues et pénibles pour l'équipe qui faisait son maximum pour retrouver leur patron. Jamais ils n'avaient été aussi soudés depuis le début de leur collaboration. Les uns encourageaient les autres lorsqu'ils trouvaient un petit détail qui pouvait vite devenir important. Ils avaient très peu dormi, à peine 3 heures chacun, même Fusco était prit dans cette alchimie de vouloir retrouver à tout prix l'homme à lunettes comme il le nommait si bien.
Ils n'avaient rien trouvé sur les vidéos de la soirée. Root avait lancé une recherche des Brian faisant partie des clients de Jones, elle en avait trouvé 128. Ils s'étaient réparti les différents dossiers pour les analyser en profondeur : leurs identités complètes, leurs travails, leurs familles, leurs antécédents, leurs casiers judicaires et leurs photos de profil. La hackeuse avait évidemment regardé toutes les photos une par une mais aucune ne ressemblait à celle de l'homme qu'elle avait croisé dans cette cuisine. Avec l'aide de Fusco, elle avait réalisé un portrait robot. Ce dessin était à présent scotché sur le tableau.
Plusieurs documents étaient sur le tableau : la photo de Jones, la liste des employés de la soirée et qui faisaient parti des clients de la société, quelques photos de la scène du crime, une copie du rapport d'autopsie, qui était revenu avec une conclusion que Cathy avait été droguée, mais qu'ils n'avaient pas encore trouvé de quelle manière.
Mais ce n'était pas tout, tout en haut, la photo de Finch était également scotchée. Une ancienne image de lui, que Reese n'avait jamais vue, avec ses lunettes rondes, une chemise beige avec une cravate verte. L'époque où Finch avait sûrement créée la machine. Il avait contemplé cette photo à plusieurs reprises, comme si elle allait lui donner des réponses.
Depuis qu'il n'était plus là, il n'arrivait plus à vivre convenablement. Il se nourrissait presque plus, laissait sa barbe pousser. Fusco et les filles avaient vu sa froideur revenir en force, ce masque glacial qu'il portait lorsqu'il était profondément contrarié.
L'heure n'était plus à la plaisanterie, même Fusco se tenait bien et émettait des hypothèses. Il avait d'ailleurs apporté la preuve que Finch était bien avec Cathy au moment de sa mort, puisqu'ils avaient relevé des empreintes sur le corps de la femme. Empreintes qui avaient été passées au labo mais qui n'avaient retournées aucun résultat, puisque Finch était invisible.
Bear lui aussi n'en menait pas large. Il sentait toute la tension et son deuxième maître lui manquait terriblement. Shaw avait beau essayé de le détourner de sa tristesse mais elle n'avait pas réussi. De temps en temps, il couinait, venait voir Reese avec sa petite tête toute triste et John ne pouvait pas s'empêcher de le comprendre : lui-même l'était. Il ne savait rien et cela l'inquiétait. Il se sentait seul, même perdu. Mais ce mauvais pressentiment comme quoi Finch était en danger ne le quittait guère.
-Mais c'est quoi le lien entre Finch et ce « Brian » ? S'exclama Fusco, agacé de ne pas trouver la réponse.
-Je n'en sais rien, mais il y a forcément quelque chose. Répondit Root.
-Nous devrions peut être retourner là où tout s'est produit. Emit Reese, qui regardait la pluie tomber par la fenêtre, dans une posture raide.
-Tu penses que nous avons raté quelque chose ? Fit Shaw.
-Peut être. N'importe quoi qui pourrait nous dire qui est ce Brian. Trouver la façon dont Finch a pu être enlevé.
-Il faudrait simuler…
-Justement, Shaw, tu vas venir avec Lionel et moi. Root tu restes ici avec Bear, tu continues à chercher n'importe quoi, demande à la machine aussi si elle n'a rien de plus.
-Je ne comptais pas me tourner les pouces. Marmonna-t-elle agacé.
Lieu inconnu :
Les yeux clos, il se sentit revenir à lui, retrouvant quelques sensations. Il se sentait assommé, comme s'il avait été drogué, mais il devina que ce n'était que le coup qu'il s'était prit lors de la chute. Inspirant brusquement, il frissonna et se mordit la lèvre. La douleur lui revenait, comme si elle était ancrée en lui, comme si elle pesait plus d'une tonne, elle le compressait péniblement. Il ne put retenir un gémissement et se força à ouvrir les yeux.
Il était allongé sur son côté valide sur le sol. Son bras droit était engourdi par tout le poids qu'il exerçait dessus et il ne sentait plus ses doigts. Etouffant un sanglot face à la douleur grandissante de son dos, il bougea doucement son bras à l'aide de son autre main et il sentit le sang couler de nouveau. Il soupira mais sembla regretter son geste quelques secondes plus tard en sentant son poignet droit lui lancer des pics de douleur. Il le regarda et remarqua qu'il était bleu. Son rythme cardiaque s'emballa.
Si Andrews lui avait fait du mal, était-ce le seul endroit où il l'avait touché ? Il toussa doucement et tenta de se mettre sur le dos mais sa faiblesse était si présente qu'il avait du mal à bouger ses jambes. Depuis combien de temps était-il sur ce sol ? Grognant il porta sa main à l'arrière de son cou pour le masser et le tenir. Il nota que des pressions dessus lui donnait plus de mal. Mais il sentit quelque chose de désagréable sur le côté de sa tête et passa la main dessus. Il hoqueta en constata que c'était du sang sec. Sec ? Alors cela faisait probablement un moment qu'il était dans cette position. Décidant de faire fit de tous les tremblements dont il était parcouru à cause de ses élancements, il glissa ses yeux sur la pièce.
Visiblement Andrews s'était mit dans une colère noire. La chaise était couchée au sol, le dossier était même tordu. Le matelas du lit était dans un état lamentable, quelques ressorts étaient visibles et des morceaux de mousse étaient répandus par ci et par là. Le bol de nourriture était brisé en miettes et la bouteille, vide, trainait pratiquement sous les yeux de l'informaticien. Finch n'avait jamais vu un tel capharnaüm. Mais cela indiquait beaucoup de choses sur l'état d'esprit de l'homme qui le détenait.
Il fronça les sourcils et écouta attentivement. Ce silence lourd se faisait à nouveau sentir. Il était seul, une fois de plus et il préférait cela, que de se faire ruer de coups par son ravisseur. Il ferma les yeux, tentant de rassembler toutes les pièces du puzzle complexe. Pourquoi Andrews semblait obsédé par le fait de savoir ce qu'il avait de plus ? Avait-il quelque chose dont l'homme n'avait pas ? Si c'était le cas, il se demandait bien de quoi il s'agissait.
Il n'avait pourtant rien à envier. Sa vie avait été chaotique dés le départ, la perte de sa mère, son père malade, toutes ces années où il devait se cacher pour ne pas se faire repérer par l'état, le FBI, la CIA ou encore les opérations secrètes… La machine, ses missions, ses partenaires… Non il ne voyait pas de quoi cela pouvait être. Soupirant il rouvrit les yeux et sentit un début de mal de tête le prendre. Evidemment la position ne l'aidait pas. Il réessaya une nouvelle fois de basculer mais ce fut vain.
Son organisme se réveilla à son tour. Il avait faim et était assoiffé. Son estomac gronda un court instant. Il serra des dents et déglutit. Tout ce dont il rêvait dans l'immédiat, c'etait d'un bain brûlant, suivi d'un massage prodigué par les mains de son compagnon. Ces mains calleuses, capable de torturer, de tuer, qui étaient dotées d'une douceur infinie. Reese ne l'avait massé qu'une fois depuis qu'ils étaient ensemble. La raison était simple, Finch bien que s'étant habitué à se retrouver nu devant Reese, n'était pas toujours à l'aise avec ses cicatrices. Parfois quand John laissait ses mains se balader trop proches d'elles ou trop longtemps, il s'agitait, mal à l'aise.
La seule fois où Reese l'avait massé, était après une mission particulièrement éprouvante où Finch s'était retrouvé sur le terrain afin s'assurer de pirater un réseau qui était particulièrement solide. Ce jour-là, aucun des deux compères ne s'étaient attendus à faire face à un déferlement de balles de plombs. Reese avait placé Finch à l'abri mais ils avaient été obligés de se retrouver à courir. Une course qui l'avait épuisé et qui avait ravivé ses douleurs. Reese l'avait isolé et s'était chargé de descendre le trio qui les avait poursuivi.
Il avait eu du mal à marcher par la suite et Reese l'avait aidé à se déplacer. Dans la soirée, la douleur ne s'était pas atténuée et Reese avait commencé par laisser glisser une main chaude dans le cou de son compagnon, le massant du bout des doigts, à la base des cheveux. Par la suite, cette main était progressivement descendue lentement et tendrement dans le dos, seul l'extrémité des doigts de Reese frôlaient la peau de Finch.
Il se souvenait d'avoir soupiré face à ce contact, face aux sensations qui lui faisait naître. Puis il avait regardé son compagnon avec un regard long et lourd de sens, lui montrant à quel point il souffrait, laissant tomber son masque si rigide. Reese avait faiblement sourit puis s'était levé pour aller chercher de la crème. Le massage avait été plus que bénéfique pour son dos, mais aussi exotique. Reese, bien qu'il avait cherché à détendre les muscles du dos de son compagnon, n'avait pas pu s'empêcher de déposer quelques baisers dans le cou de Finch et de jouer habillement avec l'élastique du pantalon de Finch.
Il chassa rapidement ces souvenirs qui ne faisaient que renforcer son mal être, même s'il avait senti une chaleur monter en lui, cela n'allait pas l'aider pour autant. Il se sentait gêné et ressenti le besoin d'intimité. Avisant la bouteille du regard il la rapprocha de lui. L'ouvrant d'une main, il grimaça de nouveau. Il était humain après tout, mais il espérait qu'Andrews ne s'en prendrait pas violement à lui à l'instant où il reviendrait. S'il revenait bien sûr, mais il préférait que ce ne soit pas le cas, quittant à rester dans cet endroit où il ne risquait pas de survivre longtemps.
Il mit la bouteille en place et soulagea sa vessie. Lâchant un sanglot, ce qu'il était en train de faire lui renvoya de mauvais souvenirs. Combien de fois avait-il été forcé, lors de sa rééducation, de faire dans un récipient parce qu'il ne pouvait tout simplement pas se lever de son fauteuil, malgré toute la volonté qu'il pouvait avoir ? Beaucoup de fois et à chaque fois, cela n'avait fait qu'aggraver son isolement et renforcé sa froideur, sa colère, son dégoût envers ces cicatrices, ces marques de ses blessures physiques.
Une fois fermée, il reposa la bouteille. Posant sa main sur le sol, il poussa dessus pour retenter de bouger mais il échoua de nouveau. Il grogna de frustration et laissa tomber. Cela ne servait à rien de forcer et il savait qu'il valait mieux ne pas insister davantage. Il avait des limites maintenant et se devait de les respecter.
Il resta dans cette position quelques minutes puis il entendit le déclic de la porte. S'attendant à se faire une nouvelle fois malmener, il s'y prépara mentalement. Il vit les pieds d'Andrews se rapprocher de lui et celui-ci plia ses genoux pour se pencher sur lui. Il sembla le détailler, regardant la plaie à la tête, scrutant les réactions de son prisonnier.
Finch se crispa lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule et l'autre glisser sous lui. Andrews le redressa et il ne put retenir un cri étouffé, tant le changement de position ne faisait que empirer sa dorsalgie. Son kidnappeur lui bougea ses jambes et il se trouva assit. Il était déjà suffisamment faible, et il fallait qu'il puisse dans ses dernières réserves pour maintenir son corps. Andrews passa derrière lui et il se troubla lorsque celui-ci le revêtu de la couverture polaire. Il ne cherchait même plus à comprendre, cet homme était un mystère.
Andrews s'éloigna de lui et alla s'asseoir en face, contre le mur, les genoux pliés. Finch s'efforçait de faire fit de la douleur pour soutenir son regard, une fois de plus. Peut être que ces yeux marron allaient lui donner un début de réponse. Eux qui exprimaient de la rage, de la haine, une colère profonde et qui semblait durer depuis un certain temps. Andrews cligna des yeux lentement et un sourire se dessina sur son visage.
Finch fronça les sourcils. Ce mouvement des lèvres qui formaient ce sourire lui rappela quelqu'un. Une personne qui était capable d'avoir un petit sourire juste pour montrer qu'il pouvait être d'accord. Reese. L'informaticien tiqua alors.
La carrure, les expressions, la violence et pour finir la démarche droite et dictée.
-Vous… êtes un militaire ? Hasarda Finch.
-Ah enfin. Je savais que vous pouviez être intelligent. Ricana Andrews.
Quelque chose ne collait pas avec toutes les éléments dont Finch avait connaissance.
-Mais … pourquoi …
Il ravala sa salive et jeta un regard discret vers le matelas.
-Pourquoi m'avez-vous enlevé ? Ai-je fais quelque chose qui… vous ai contrarié ?
-Hum... disons que oui.
-Ah ? Emit Finch.
Voyant qu'il penchait trop vers l'avant, Finch posa sa main sur le sol pour s'aider à tenir. Son poignet lui faisait mal à présent. S'il avait agacé cet homme, il donnerait cher pour découvrir la raison principale.
Salle de Gala :
-Je ne vois pas ce que nous avons pu rater. Siffla Shaw, alors qu'elle tentait bien que mal, de suivre Reese, qui prenait de grandes enjambées dans les allées du bâtiment. Fusco peinait derrière eux, essoufflé.
-John, ralentis bon sang ! Je n'arrive plus à te suivre et Lionel va faire une syncope si tu continues !
John se retourna vivement et toisa Shaw du regard, le temps que l'inspecteur les rejoigne.
-Nous ne devons pas perdre de temps. Fit Reese, détachant chaque mot.
-Explique-nous ce que tu comptes faire !
-La simulation n'est pas nécessaire. L'imagination suffit.
-Et comment Wonderboy ?!
-Nous devons réfléchir comme celui qui nous a retiré Finch. Quelqu'un de très minutieux, d'intelligent, qui connaît forcément Finch.
-Si nous pouvions avoir une photo de lui, ce serait déjà un bon début.
-C'est là que nous allons commencer. Toute personne à ses faiblesses.
-Je croyais qu'on n'avait aucune image !
-Certes, mais il est forcément venu en repérage bien avant.
-Pour préparer son coup. Souffla Shaw, suivant sa logique.
-Alors, au lieu d'attendre que les fluxs se chargent…
-On se sert à la source ? Emit Fusco.
-Voilà. Approuva Reese.
-Les gars ne gardent que les images pendant une semaine.
John lança un regard inquiet vers Lionel.
-Espérons que ce mec est passé seulement quelques heures avant la réception ! Tenta Fusco.
Ils se rendirent vers la loge de surveillance, et Fusco, en tant qu'inspecteur, présenta son badge au gardien. Celui-ci avait louché sur les deux partenaires qui accompagnaient l'inspecteur mais les avait laissé entrer. Reese avait prit le contrôle, fouillant les anciens enregistrements et les fit défiler en vitesse. Au bout d'une heure, ils avaient déjà visionnés les deux jours précédant la soirée. Alors qu'il allait lancer le début du 3eme jour, il fit pause et retourna aussitôt en arrière.
Shaw se pencha et regarda l'image figée. Les employés qui préparaient la soirée, chacun affairé sur une table, installant les nappes, d'autres repassant le linge de tables et quelques uns plaçaient des décors.
-Qu'est ce que tu as vu ? demanda-t-elle.
Fusco se pencha à son tour et désigna du doigt un homme parmi les autres.
-Lui. C'est la description donné par notre folle.
-Folle ? Elle a peut être un brin de folie mais elle n'est pas tarée ! S'agaça Shaw.
Reese sortit son portable et envoyant une photo de l'homme à Root. Quelques secondes après, Root l'appelait. Reese mit le haut parleur.
-Bien que la photo ne soit pas très nette, je suis sûre que c'est lui. Affirma-t-elle.
-Il se faisait appeler comment ? Brian ?
-Oui c'est ça ! Confirma Lionel.
Reese se raidissait soudainement et Shaw, sentant la colère grandissante, toutes les mauvaises ondes s'échapper de l'ex-agent, émit un geste de recul. Les poings serrés sur le bureau, Reese virait au rouge. Fusco s'éloigna de lui à son tour, sentant le début d'une éruption volcanique. Si c'était possible, de la fumée s'échapperait des oreilles de Reese. Brutalement, celui-ci se redressa, renversant la chaise et tapa du poing sur la table avant de sortir de la pièce en courant, sous les regards éberlués de ses amis.
-C'était quoi ça ? Questionna l'agent de police.
-Le début d'un meurtre. Répondit-t-elle froidement, les mains enfouies dans les poches.
Lieu inconnu :
-Vous avez contrarié mes plans, juste par votre présence. Reprit Andrews, les bras croisés.
-Qu'est ce que … J'ai … pu faire pour…
-Ce que vous avez fait ? C'est simple pourtant.
-Non, parce que je ne trouve pas Murmura Finch.
-C'est étonnant.
-Oh ?
-Je vous dire que vous cachez bien votre jeu.
-Quel jeu ?
-John.
-John ? Mon associé ?
-Oui, vous pensez que je n'ai rien vu ?
Finch réalisa alors de quoi parlait exactement Andrews. De sa relation avec John Reese. Abasourdi par la révélation dérangeante, il laissa l'homme continuer.
-Vous êtes avec lui hein ?
-Je ne pense pas que …cela puisse…
Il n'en pouvait plus, la douleur lui vrillait affreusement le dos et pas seulement cette partie du corps. Se mettant à trembler, il se redressa durement. Un vertige le prit de court et il se laissa doucement allonger sur le sol. Andrews le regardait faire. Finch râla et ferma les yeux. Il put distinctement ouïr les mouvements du kidnappeur. Il rouvrit les yeux dans un sursaut de peur lorsqu'il sentit qu'Andrews le soulever pour le bouger. Il fut d'autant plus déstabilisé lorsqu'il sentit le matelas sous lui lorsqu'il le relâchait. Andrews prit place sur le bord de l'édredon, jouant avec un ressort qui dépassait.
-Que cela ne me regarde pas ? Termina Andrews.
-Oui Souffla Finch, à bout de force.
-Très bien. Je vois que John ne vous jamais parlé de moi.
Finch malgré sa fatigue fracassante, lança un regard perdu vers Andrews.
-Profitez-en pour m'écouter alors.
Andrews se leva nonchalamment et parcouru la pièce, marchant à un rythme lent, qui caractérisait sa réflexion. Les yeux rivés sur ses pieds, les mains dans les poches, il réfléchissait à la manière de commencer ce qui allait être des explications. Finch profitait du confort sommaire de la couchette, attendant la suite.
-Je connais John depuis longtemps. Plus que n'importe qui.
Finch tendit l'oreille. Qui pouvait connaître John dans son ancienne vie, avant qu'il ne devienne le fameux John Reese ? Un membre de sa famille ? Impossible, ses parents étaient morts, y compris sa sœur.
-Nous étions de très bons amis. Nous partagions les mêmes centres d'intérêts.
Ami ? Quelle sorte d'ami pouvait-il bien être ? Vu la manière dont il l'avait traité et fait du mal, il doutait de ce terme là.
-Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble.
Andrews s'arrêta au milieu de la pièce, montrant son dos à l'informaticien.
-Même plus que ça.
Finch ne comprenait pas ce qu'il voulait dire. Il ferma les yeux et laissa l'homme continuer son récit.
- De la primaire au lycée, même à l'armée, nous étions inséparables. John me respectait et je le respectais. Il était toujours droit, sûr de ses convictions. Mais il y avait un problème.
Finch serra la mâchoire.
-Nous sommes tombés amoureux de l'un et l'autre.
L'homme à lunette manqua de s'étrangler. Tout devint plus clair d'un coup. Un ancien couple. Ainsi John connaissait Andrews, il avait été son ex-compagnon pendant un temps dont il ne voulait même pas savoir. Si Andrews l'avait kidnappé, il ne voyait que deux raisons possibles : De la jalousie ou une séparation qui s'était sûrement mal passée.
En y réfléchissant, Finch comprenait mieux pourquoi Reese avait semblé si détendu la première fois qu'ils l'avaient fait. Lui n'avait jamais eu d'expérience avec les hommes et avait été gêné face à l'ex-agent, mais celui-ci l'avait rassuré, chuchotant quelques mots réconfortants, tout en glissant ses mains sur ses épaules pour le détendre. Il lui avait soufflé de se laisser faire, de laisser ses sentiments et son cœur parler. Dans un premier temps, il avait eu du mal à se laisser aller mais peu à peu, il avait réussi à démontrer son amour avec Reese. Bien que cette première fois avait été un peu maladroite, elle avait permit d'être la naissance d'une relation forte et fusionnelle entre eux.
-Et à l'armée, ce genre de relation était vraiment mal vu. Continua Andrews sans se soucier du fait que Finch était perturbé.
-Un jour, nous l'avons fait dans les toilettes de la caserne. Mais John n'était pas très discret.
Finch se força à ne pas sourire, parce que John, effectivement avait du mal à se pas se faire remarquer. Lui –même n'était pas bien placé pour dire qu'il ne l'était pas non plus. Il manqua de rougir, en pensant qu'il avait bien fait d'avoir une bonne isolation phonique.
-Et nos camarades se sont moqués ouvertement de nous. Cela ne semblait pas toucher John plus que ça. Mais moi … Je ne supportais pas.
Finch se dit qu'il aurait sans doute eu la même réaction qu'Andrews.
-A partir de là, il a commencé à s'éloigner de moi, à m'ignorer, comme s'il en avait honte. Il avait changé, devenu plus froid, plus distant. Ce n'était plus le John que je connaissais.
L'informaticien savait pourquoi Reese avait agit comme ça. Parce qu'à cette époque, il avait découvert que John menait des interrogatoires très musclés pour faire avouer aux terroristes tous les crimes qu'ils avaient commis. C'était à partir de cet instant que John avait commencé à tuer aussi. Finch s'agita un peu, lâchant un long gémissement.
-J'ai commencé à devenir dingue. J'ai explosé et je me suis fait renvoyer de l'armée, puis je ne l'ai plus jamais revu. J'ai appris qu'il était mort sur le terrain. J'étais détruit quand je l'ai su, j'avais l'impression que mon monde s'était écroulé.
Andrews se retourna vers Finch, qui rouvrit les yeux en se sentant observé.
-Puis … voilà que je découvre un John tout frais i jours. En votre compagnie. Plus heureux que jamais. J'en ai vite déduit que vous étiez ensemble. Alors répondez-moi, est-ce que John vous rend heureux ?
Finch se sentait piégé. Soit il disait la vérité sur sa relation avec Reese et peut être se ferait-il épargner. Mais s'il se taisait, Andrews risquait de s'en prendre de nouveau à lui et il doutait que cette fois-ci il allait s'en sortir sans un os de cassé.
-Je n'ai … pas de comparaison mais …
-Mais ? Encouragea Andrews se rapprochant de lui.
-John sait… comment …
-Vous faire plaisir ? Finit l'autre.
-Oui.
Andrews lâcha un rire qui ne présagea rien de bon.
-D'où ma question : qu'avez-vous de plus que moi ?
Finch sentait qu'il allait essuyer une pluie de critiques, qui ne tarda pas.
-Vous êtes plus vieux que lui, vous boitez, vous cachez vos sentiments comme vous le pouvez en public, vous parlez ouvertement avec la secrétaire de Jones au bar, sous le nez de John… Et il vous aime ? J'ai du mal à y croire.
Andrews marchait de nouveau à travers la pièce. Finch était blessé par ces propos. C'était un jugement agressif et cruel, une opinion jugée sur les apparences premières et non pas sur la personne.
-Franchement, non je ne comprends pas. Vous avez une idée ?
-L'amour. Répondit aussitôt Finch.
S'il y avait bien une chose en laquelle il croyait, c'était l'amour. Cette force qui pouvait toucher le cœur de n'importe quel être sur terre et le transformer lentement, le rendant plus vulnérable, plus faible, plus fragile. Tous ces sentiments qui prenaient le contrôle, la peur, les angoisses mais aussi les besoins, la sérénité, le bien être, ce doux sentiment de confort et de sécurité de se sentir aimé par l'être qu'on chérit.
Oui il aimait John Reese plus que tout et seulement par amour, pas parce qu'il avait pitié, pas parce que John était un bel homme. Non. C'était son cœur qui avait parlé et il avait comprit qu'il aimait Reese, peu importe son passé et tout ce qui était lié à lui, tout simplement parce qu'il était capable de voir ce que contenait le cœur bienveillant de son agent.
-Je vois. J'aimais John vous savez.
-Je … n'en doute … pas.
Andrews s'arrêta au milieu de la pièce. Finch sentit un changement d'humeur conséquent. Il commençait à sentir la tension du corps de son kidnappeur. Ce qui le troubla, c'était le fait que lorsque Reese était agacé et se raidissait, il agissait exactement comme cet homme.
-Je ne peux pas vous le laisser. Je l'aime. Fit froidement Andrews, les poings serrés.
-Qu'est ce que vous allez me faire ? Paniqua Finch, sentant la situation lui échapper des mains une fois de plus, voyant l'horizon s'assombrir soudainement.
-Vous faire comprendre ce qu'est la jalousie. Répondit sèchement Andrews se tournant vers lui cette fois-ci.
Dans les rues de New-York :
John marchait d'un pas rapide au milieu de toute la foule. Agacé n'était pas le terme suffisant pour décrire ce qu'il ressentait. Il n'aurait pas su dire ce qu'il éprouvait en ce moment même. Il avait tout fait pour cacher et oublier son passé, mais le destin en avait décidé autrement et cet homme avait fait son apparition. De plus il s'en était sans doute prit à Finch. Non il en était sûr. Cela ne pouvait être personne d'autre, surtout pour que la machine ne puisse pas réussir à réunir suffisamment de données pour donner la localisation actuelle de son compagnon.
Faisant une pause un carrefour, il leva la tête vers une des cameras braquées sur lui.
- Trouve-moi Andrews Brock immédiatement.
A suivre...
