Malgré le soutien d'Isobel, Ginny et Démétria qui étaient devenues ses camarades de chambrée, la première journée d'Eli à Hogwarts fut difficile. Si elles comprit avec facilité le cours sur les sortilèges d'euphorie du Professeur Flitwick pour l'avoir déjà suivi à Beauxbatons; le cours de botanique du Professeur Lesgal fut une véritable torture. Voyant, sa confusion, ce dernier vint lui procurer ses encouragements et la rassurer avec douceur.

La journée s'acheva avec une heure de défense contre les forces du mal.

Eli prit place dans la salle de classe aux coté de Démetria. Les étudiants étaient en effervescence car le nouveau professeur était un ancien auror réputé qui avait combattu aux cotés de Dumbledore dans la première guerre sorcière.

« -Il paraît qu'il a perdu son œil en combat singulier contre Bellatrix Lestrange » fit Padma Patil, assise derrière Eli.

« -N'importe quoi, c'est les Longbottom qui ont capturé les Lestrange. Hein,Démetria ? »

L'intéressée sembla hésiter. « Oui, mes parents ont participé à l'arrestation des lestrange mais il y avait du monde. Je crois que Fenneleck en était. Demande à Wes, son père le connaît bien. »

« En fait, il a perdu son œil lors d'un match de quidditch. » répondit Wes, qui avait suivi la conversation.

« Tes parents sont aurors ? »demanda Eli à Démetria.

« Mon père. Ma mère l'était mais s'est reconvertie dans la recherche en sortilèges. Elle travaille avec la mère d'Isobel. Les pères d'Isobel et de Camilla sont aussi aurors »

« -Tout le monde a un père auror içi. »observa Eli avec humour.

Les conversations s'interrompirent et la porte de la salle de classe s'ouvrit sur un homme chauve et âgé. Si il portait une prothèse, il avait choisi de ne pas le montrer recouvrant son œil droit par un épais bandeau pourpre. Son aura effrayante était accentuée par son air sévère et l'absence de son pouce et son auriculaire à la main droite.

Eleanor se considéra soudainement chanceuse de n'avoir qu'un œil en moins. Mais j'appartiens maintenant à la catégorie des créatures magiques pensa t-elle sombrement. J'espère qu'il ne va pas m'en tenir rigueur.

Il était de notoriété publique que certains aurors considéraient de façon hostile les loup-garous, pour ne pas dire la majorité.

Le professeur Fenneleck se présenta brièvement et fit l'appel. La première leçon fut consacrée aux sortilèges de défense basiques et les élèves furent priés de s'exercer entre eux . Pendant l'exercice, il sembla à Eli que les yeux du professeur Fenneleck se figeaient sur elle par moment avec perplexité. Elle ne s'était pas trompé. A la fin de l'heure, Fenneleck lui bloqua le passage vers la sortie et l'intima de rester. Démetria quitta la pièce en dernier lui lançant un regard interrogateur.

« -Vous êtes bien la nouvelle élève française. »

« -Oui »répondit t-elle tout simplement car il n'y avait rien d'autre à ajouter. Il cherchait probablement à s'assurer qu'elle était bien l'élève loup, dernière excentricité de Dumbledore. Mais à sa grande surprise, il continua de l'interroger.

« -Mais vous n'êtes pas du tout originaire d'ici ?Votre nom me dit quelque chose. »

« Cela m'étonnerait, Monsieur. Mes parents sont moldus et n'ont jamais mis les pieds en Angleterre. »

« -Et vous vous appelez Eleanor ?»Il semblait interloqué par ce fait.

« suppose que mes parents aimaient bien le nom. »

« C'est peu commun en France. »

« Pas tant que ça. »

« Même sans E ? ». Il avait marqué un point. Eleanor ignorait pourquoi ses parents l'avaient prénommée ainsi. Interrogé, son père était parti dans des explications abracadabrantesques, l'une chassant l'autre. La question n'était pourtant pas difficile.

« -Je suppose qu'ils admiraient Eleanor Roosevelt » répondit-elle coupant court à la discussion.


Septembre passa très vite et octobre suivait la même voie. L'obstacle initial que constituait la barrière de la langue disparaissait progressivement. Les devoirs écrits restaient difficiles pour Eli mais les mots lui venait de plus en plus rapidement sur ses copies. A sa grande surprise, elle obtient la moyenne dans ses premiers devoirs et se distingua même en runes. Belissaire l'avait félicité par courrier ce matin et le moral gonflé à bloc, elle avait programmé une journée entière de révisions à laquelle Camilla et Isobel avait manifesté l'intention de s'associer.

Elle avait étalé ses schémas runiques sur la table en attendant la fin du petit déjeuner, lorsque Wessen Black vint la trouver.

« -Tu dois venir avec moi à l' est attendu. »

Elle hocha la tête, rangeant avec précipitation ses notes et le suivit dans le dédale des couloirs.

En entrant dans l'infirmerie, elle fut étonnée de voir le Professeur Macgonnagal qui les attendait.

« Professeur Macgonnagal, on est un peu en retard. » s'excusa Wessen.

Le professeur Macgonnagal les salua et les fit s'asseoir sur l'un des lits. Puis, elle leva sa baguette et une lumière rouge enveloppa Wessen pendant quelques instants. Elle dirigea ensuite sa baguette sur Eli qui se mit aussitôt à ressentir des picotements et une chaleur diffuse dans tout le corps. Lorsque le professeur Macgonnagal mit fin à son sortilège, elle paraissait exténuée. Elle se retira en leur souriant, tandis que madame Pomfrey leur pressait une fiole de Wolfane dans les mains.

« -C'était un sortilège de localisation. » Fit Wes répondant au regard perplexe de Eleanor.

« Courtoisie du bureau des parents d'élèves. C'était une des conditions pour que je puisse suivre les cours à Poudlard. Et tu en bénéficies directement »

« Je ne savais que de tels sortilèges n'en avais jamais vu faire auparavant Pourtant cela doit être très utile »

« C'est parce qu'ils sont interdits. Ils ne sont plus autorisés depuis des années. »Voyant son étonnement il poursuivit.

« Je veux dire, on ne peut pratiquer un sortilège de localisation que sur euh... une créature magique ou un objet. » Il n'y avait aucune amertume dans la voix de Wes à ce constat. Seulement de la tristesse. « Et puis de toute façon, personne n'arrive à pratiquer ses sortilèges. Il n'y a que deux personnes dans tout le château capable de les lancer : le Professeur Macgonnagal et Dumbledore. »

« Pourquoi ont ils été interdits ? »

« -Droit à l'intimité je suppose et puis surtout ils sont assez dangereux. Même pour le lanceur »

« -En tout cas ils sont assez désagréables. Mes doigts me brûlent encore. »se plaignit Eli.

« Hum,il va falloir t'y vas y avoir droit tous les mois. Prie, pour que ce ne soit pas Dumbledore qui les fasse. Il me l'a fait une fois en première année, j'ai ressenti des picotement dans les doigts pendant trois mois. »


La première lune d'Eli à Hogwarts se passa bien. Un bureau avait été aménagé spécialement à son effet dans l'aile droite d'Hogwarts. Elle avait analysé avec intérêt les barrières de protection magiques mises en place, en attendant que la pleine lune se manifeste. A son réveil, elle avait été prise en charge par madame Pomfrey et isolée à l'infirmerie ou elle fut priée de se reposer derrière un écran de toile blanche monté sur roulettes. Ses os lui faisaient mal et elle se sentait fiévreuse, toutefois elle ne s'endormit pas. Elle sentit une présence se déplacer autour du lit et vit l'écran à roulettes qui la dissimulait se déplacer légèrement. Un autre aurait été tétanisé par la peur, mais pas Eli. Elle étendit le bras avec une rapidité surprenante, vestige de ses réflexes de joueuse de Quidditch et sentit sa main se heurter à une surface solide.

« Ouch. » Un cri de douleur étouffé se fit entendre.

La mystérieuse chose invisible recula pour s'empêtrer dans l'écran et des pieds sans propriétaire apparurent. Eleanor se retint de crier. Les pieds disparurent à nouveau et l'écran de toile blanche s'écroula avec fatras. Le son avait alerté Madame Pomfrey.

« -Que c'est il passe ? Demanda t-elle en redressant la toile.

« -Je ne sais pas. »répondit Eli. C'était la vérité.

L'infirmière la regardait à présent avec suspicion. Eli se dit qu'elle aurait pu se justifier en invoquant une crise de somnambulisme mais elle ne savait pas prononcer ses mots en anglais. De toute façon, c'était un mensonge. Aussi hocha elle la tête d'un air contrit lorsque Madame Pomfrey la réprimanda et lui interdit de sortir du lit. L'infirmière marmonnait encore lorsqu'elle repartit. Eleanor se redressa et vit la silhouette de Wes se déplacer discrètement dans sa direction. Wessen s'assit sur le bord de son lit et fit discrètement rouler le paravent de tissus vers l'avant . Il avait les yeux cernés et un teint pale. Eleanor remarque qu'il avait une cicatrice sur la tempe gauche.

« -Mauvais lit, mon vieux » fit il.

Aussitôt, Eleanor vit distinctement l'air se déplacer et le matelas du lit voisin s'affaissa légèrement avec des petits bruits de grincements . Une tête sans corps apparut. Cheveux rebelles couleur jais et yeux marrons écarquillés derrière deux carrés de verre, c'était, Charlie Potter, le jumeau d'Isobel.

« -Désolé »dit il à l'adresse d'Eleanor.

« -Comment tu fais ça ? » demanda Eli, éberluée.

« -Cape d'invisibilité. Ne le dis à personne sinon mon frère me tuera. »

« -Il s'en sert pour venir me tenir compagnie. » Fit Wessen. « Madame Pomfrey est un vrai dragon. Elle ne laisse entrer personne et va nous obliger à passer la matinée içi. Alors, Charlie, mon aimable bouffon vient me divertir en douce. »

L'aimable bouffon lui tira la langue. Il regarda Eleanor un instant et lui dit :

« -Tu es Eleanor Bordier. ». Eleanor ne prit pas la peine de répondre. Ce n'était pas une question,il n'y avait que 22 étudiants gryffondor en 3 éme année. Une toute petite promotion. Ils se connaissaient tous, même s'ils ne se parlaient pas.

« J'ai entendu parler de toi sur le chemin. »

« -Qui? »

« -Le professeur Fenneleck avec Macgonnagal devant la salle des professeurs. J'avais la cape, on ne pouvait pas me voir. Il demandait des détails sur toi »

« -Quelle genre de détails ? »

« Il voulait savoir qui étaient tes parents. »

Le visage de Eleanor se rembrunit. Ses yeux se firent maussades.

« Alors ? »

« -Alors quoi ? »

« -Qu'est ce qu'il te voulait ? Il croit peut être que tes parents sont des sorciers noirs. Il est comme Maugrey. Ils voient le mal partout tous les deux. On les avait mis ensemble dans un dîner chez mes parents. Tu te souviens Wes ? Au dessert, il avait déjà accusé la moitié de la communauté magique d'Angleterre de magie noire»

Eleanor ignorait qui était Maugrey. Elle plissa les yeux et prit un ton aigre.

« Ça m'étonnerait que mes parents soient des sorciers noirs. Ils sont moldus. »

Wes parut étonné.

« Je croyais que tu étais la nièce de Régina Smyth. Je veux dire c'est une des plus vieilles famille sorcière britannique qu'il soit. Je ne pensais pas qu'ils avaient des moldus dans leurs branches.»

« Ils n'en ont pas. »admit ellle. « Enfin pas à ma connaissance. Le cousin de Régina est mon tuteur légal. »Voyant qu'elle leur en avait déjà trop dit elle continua.

« J'étais placé en famille d'accueil par les services sociaux moldus quand j'ai appris que j'étais sorcière. »

« Je suis désolé » fit Wessen. Charlie lui lança un regard compatissant qui l'horripila.

« Il n'y a pas de raison. J'ai vécu les meilleures années de ma vie pendant mon placement. Je vivais avec deux vieux dans une ferme. C'était génial. On avait des vaches et j'avais mon propre chien. »

« Puis tu as été mordu et ils t'ont retiré »compléta Wessen comme si c'était une évidence.

« Non »répondit elle « Ils m'ont retiré bien avant. Ils sont venus avec leurs gros sabots. Des officiels des départements de la jeunesse magique et ils m'ont placé dans un centre pour mineurs sorciers. C'était blindé de barrières magiques tout autour. On ne pouvait pas s'échapper. Puis, ils ont modifié la mémoire de ma famille d'accueil. Ensuite, ils ont réuni une commission pour savoir s'il fallait effacer la mémoire de mon père. On m'a demandé mon avis comme si ça les intéressait et je leur ai dit que je m'en foutais. Alors ils sont passé à l'action .C'est officiel plus personne ne se souvient de mon existence avant mes 11 ans »

Ils restèrent silencieux un instant tous les trois, puis Charlie brisa le silence, la curiosité prenant le dessus.

« Mais ta mère ? »

« -Ma mère est morte quand j'avais 6 ans. Mes parents n'étaient pas des gens fiables. C'est pour ça qu'on a refusé de les inclure dans le secret du monde sorcier. Des marginaux. C'est à cause d'eux que j'ai perdu un œil. Pas à cause du loup-garou qui m'a mordu, contrairement à ce que tout le monde pense.»

Wessen et Charlie prirent un air coupable. Ils avaient probablement imaginé qu'il en avait été ainsi.

Eleanor se recroquevilla sur elle-même, ramenant ses genoux contre elle. Elle s'était confiée, plus que de raison, à deux personnes qu'elle connaissait à peine.

Wessen perçut son embarras.

« -Et moi ma mère m'a abandonné quand j'étais tout petit. On m'a placé dans une institution pour lycans et elle ne venait jamais me voir. Enfin, je crois je ne me souviens pas trop. J'avais sept ans quand on m'a adopté. Et Charlie est fou amoureux de Camilla Fenwick depuis la 1ere année. »

« Hé ! »s'écria Charlie, devenant tout rouge.

« Quoi, c'était pour rééquilibrer la balance. »répondit Wes avec un air de malice.

« Je n'ai pas dit que tu matais tout le temps Angelina Johnson moi. »

Eleanor éclata d'un rire sonore, tandis que la porte de l'infirmerie s'ouvrait.

Charlie eut tout juste le temps de rabattre sa capuche sur son visage pour redevenir invisible. Mais Eli et Wes étaient piégés. Ils durent subir le courroux de Madame Pomfrey sans sourciller.

Après cela, Wes et Charlie se joignaient souvent à elle, au grand désarroi d'Isobel qui considérait son frère comme la potentielle incarnation de la huitième plaie d'Égypte.

Il y a des confidences qui aident à tisser des amitiés.