/! \\ ATTENTION, CETTE HISTOIRE CONTIENS DES SCÈNES POUVANT HEURTER LA SENSIBLE DES PLUS JEUNES. /! \\
/! \\ INTERDIT -17 ANS /! \\
TITRE: Fantasmagorie
GENRE: Drame / Romance x UA x Dramione
DISCLAIMER : Tout appartient à la merveilleuse JK Rowling. Sauf mon cerveau.
RATED: M.
RÉSUMÉ : Que se passe-il si un matin Hermione Granger se réveillait amoureuse de Draco Malfoy? Vous non plus vous n'en croyez pas? Tant mieux, parce que la vérité est beaucoup moins simple que ça. Le désirs est une entité à prendre avec beaucoup de précaution. Et quand on rejette ce désire il n'en devient que plus dangereux.
NOTE: Et voici le sublime chapitre 2 de ce petit bébé ! J'espère de tout mon coeur qu'il vous plaira ! N'hésitez pas à me laisser votre avis (qu'il soit bon ou mauvais !)
XoXo
Mer'
N°2
FANTASMAGORIE : n.f. (grec : phantasma, fantôme, et allégorie) Procédé consistant à produire dans l'obscurité, sur une toile transparente, au moyen d'appareils de projection dissimulés, des figures lumineuses diaboliques. Spectacle extraordinaire qui paraît irréel : Ce feu d'artifice est une véritable fantasmagorie. Illusions troublantes, visions fantastiques : Les fantasmagories des rêves.
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« La croyance en une origine surnaturelle du mal n'est pas nécessaire. Les hommes sont à eux seuls capables des pires atrocités. » - Joseph Conrad
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Hermione était allongée dans son lit, dormant à poings fermés. L'homme à ses cotés se retourna et posa son bras au dessus d'elle. La brune ouvrit un œil, essayant de se souvenir de quelque chose qui lui semblait être important. Mais elle oublia cette idée en entendant la douce voix de son amant.
« Bien dormi Granger ? »
Elle aurait reconnu cette voix entre mille. Un petit sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle se retournait pour l'embrasser tendrement. Cette façon qu'il avait de prononcer son nom lui était unique. Et elle adorait ça. Elle ouvrit les yeux et tomba sur deux perles anthracite qui la regardaient amoureusement.
« Comme un bébé Malfoy. »
Elle l'embrassa à nouveau, d'abord amoureusement puis sensuellement. Il décrocha ses lèvres des siennes pour venir embrasser son cou. Elle sentit sa peau s'enflammer sous ses baisers. Elle aimait ça. Tellement qu'elle ne put empêcher son corps se cambrer lorsqu'il vint caresser son intimité à travers sa petite culotte. Elle eut un léger sursaut lorsque sa main libre plaqua ses poignets au-dessus de sa tête.
Soudainement, tout devint plus sombre, les fenêtres s'ouvrirent violemment, ne pouvant résister aux rafales de vent puissantes, et les corbeaux criaient à tout-va. Elle le sentit devenir plus insistant, commençant à lui faire mal. Sa main serrait son poignet si fort que le simple fait de bouger ses doigts lui était douloureux. Elle regarda autour d'elle, paniquée. Tout semblait sale et abandonné. Les meubles de sa chambre semblait avoir été délaissés depuis des années. Tout était gris, terne, sans vie. La poussière avait recouvert chaque surface de la pièce et la lumière semblait plus sombre que jamais. Digne d'une maison hantée. Elle releva le regard vers l'homme qui la maîtrisait.
Draco la regardait avec tellement de fureur et de haine qu'elle commença instinctivement à se débattre. Il se pencha près de son oreille et lui murmura sombrement :
« T'aimes ça, hein Granger ? »
Il avait prononcé son nom d'une manière tellement sale qu'elle eut envie de vomir. Tout son corps se révulsa. Elle se tordit dans tous les sens en espérant lui échaper. L'une de ses mains caressa sauvagement sa poitrine et ses yeux s'emplirent de larmes.
« Tu rêvais que je te touche, pas vrai ? »
Elle le supplia encore et encore qu'il la lâche. Mais il ne desserra sa poigne à aucun moment. Tout son corps lui faisait mal. Elle tenta de le frapper de ses petits poings inefficaces, mais rien à faire. Il était plus fort qu'elle. Il lui mordit l'oreille avant de lui murmurer à nouveau :
« Tu voulais que je te touche. »
Il marqua une courte pause avant d'ajouter diaboliquement :
« Souvient toi. »
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« L'homme est le plus cruel de tous les animaux, il est le seul capable d'infliger une douleur à ses congénères sans autres motif que le plaisir » - Mark Twain
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Hermione ouvrit les yeux, paniquée. Son cœur battait si fort qu'il résonnait dans son crâne. Elle agrippa son t-shirt pour le décoller de son corps. Elle essayait par tous les moyens de respirer. Elle avait l'impression d'être sale. Son corps entier était recouvert de sueur. Elle avait envie de hurler. Plus fort qu'elle ne l'avait jamais fait. Elle voulait pleurer, mais aucune larme ne sortait. Elle tenta de s'accrocher à ses draps et ses oreillers.
Et puis, doucement, elle commença à retrouver son calme. Sa respiration se fit plus douce et son cœur se mit à ralentir.
Quelle peur, mais surtout, quel cauchemar.
Elle n'avait pas l'habitude d'en faire. Elle n'en avait que très peu fait d'ailleurs. Peut-être quelques-uns dans son enfance, mais jamais d'une telle intensité. Elle regarda l'heure. « 5 : 04 ». Il ne restait qu'une heure avant que son réveil ne sonne. Et il était clair qu'elle n'arriverait pas à se rendormir. Elle ouvrit le petit tiroir de sa table de chevet et en sortit un petit carnet noir avec un stylot.
Puis écrit.
« Je peux encore sentir ses mains sur ma peau. Comme si tout cela avait été plus qu'un rêve. Je me sens sale et violée. Mes rêves ont souvent été tournés vers lui, mais ils n'avaient encore jamais pris une telle tournure. J'ai du mal à comprendre. Sa voix, la façon dont il a dit ces mots me fait froid dans le dos. J'ai peur de fermer les yeux. Et de revoir son visage pencher sur moi, de me souvenir de la sensation de ses mains sur mon corps. Tout semblait si réel. »
Une fine larme vint s'abattre théâtralement sur la page du carnet. Elle s'était mise à pleurer sans même s'en rendre compte. Elle le referma violemment et le rangea de la même manière. Hermione se leva et commença à faire les cents pas, secouant les mains et regardant le plafond. Mais enfin, quel âge avait-elle pour pleurer après un cauchemar ? Elle n'était plus une enfant depuis longtemps, il fallait qu'elle se ressaisisse et vite. Très vite.
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« Le choix ultime pour un homme, pour autant qu'il lui soit donné de se transcender, est … créer, ou détruire… aimer, ou haïr. » - Erich Fromm
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« On peut savoir pourquoi tu es si silencieuse ? »
Ginny et Hermione avaient pour habitude de faire du covoiturage. La brune étant très éprise de l'écologie, la rousse n'avait tout simplement pas eu le choix. Alors tous les jours, elles alternaient pour conduire l'autre au travail. Par chance, le fait qu'elles habitent dans le même immeuble et qu'elles travaillent dans des buildings voisins aidait grandement les choses.
« J'ai fais un cauchemar cette nuit. »
La brune regarda distraitement par la fenêtre. Repenser à ce fameux cauchemar lui fit l'effet d'une douche froide. Elle n'était définitivement pas de bonne humeur. Elle avait passé un week-end assez mauvais à cause de ce qui s'était passé le vendredi soir après le dîner, et le cauchemar de cette nuit n'avait fait qu'empirer la situation. Elle soupira en voyant le sourire amusé de son amie.
« Ne rigole pas Ginny, c'était vraiment affreux. » dit-elle d'une voix perturbée.
« Raconte-moi, au lieu de rester muette comme une tombe. »
La rousse tourna la tête pour la regarder droit dans les yeux.
« Ok, mais s'il te plaît regarde devant toi ! »
Ginny rigola légèrement avant de fixer la route. L'air paniqué qu'avait prit la brune avait été un spectable des plus grandiose. Mais elle effaça bien vite ce sourire, prête à écouter son amie.
Hermione lui raconta son rêve dans les détails. La sensation de bien-être qu'elle avait ressentie en sentant son bras se poser sur elle. A quel point elle s'était sentie amoureuse. Puis comment elle s'était sentie impuissante face à son agresseur. Mais elle ne put se résigner à avouer qu'elle connaissait l'identité de l'homme. Elle le décrit brun avec un regard vert intense. Au moins comme ça, personne ne ferait le rapprochement entre le faux homme et le Draco de son rêve.
Elle était mal à l'aise à l'idée de devoir mentir à sa meilleure amie, mais lui dire la vérité lui serait encore plus insupportable. Tant qu'elle ne révélait à personne son identité, son rêve ne serait jamais réel. Elle aurait toujours la possibilité de renier l'évidence.
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« Je choisis mes amis pour leur bonne présentation, mes connaissances pour leur bon caractère, mes ennemis pour leur bonne intelligence. » - Oscar Wilde
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C'était étrange l'impact que pouvait avoir un simple rêve. Hermione fixait statiquement l'écran de son ordinateur. Son cerveau tournait à plein régime. Elle avait toujours adoré se perdre dans ses réflexions. Mais aujourd'hui, sur cette chaise de bureau, face à des graphiques, elle n'aimait pas ça. Cette façon dont se rêve l'obsédait. La sensation qu'elle avait ressentie. Elle avait du mal à se concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Elle détestait tellement ça. Être incapable de bouger, comme pétrifiée. Sentir le danger et ne rien pouvoir faire pour l'empêcher.
Un long frisson lui parcourut la colonne vertébrale. Ça lui glaçait le sang. Elle secoua la tête. Bon sang, il fallait vraiment qu'elle arrête de faire ça. Elle n'était plus une enfant et elle avait des responsabilités. Elle se mit alors à regarder tous les documents qu'on lui avait confiés. Peut-être qu'en se concentrant sur son travail, elle arriverait à oublier son rêve.
Pendant presque trois heures, elle éplucha un à un tous les documents qu'elle avait en sa possession. Et autant dire qu'il y en avait beaucoup. Vraiment beaucoup. Elle avait scotché des feuilles sur ses murs, et tout ça ressemblait au genre de maquette que des policiers pouvaient mettre en place lors d'une affaire.
Un crayon dans les cheveux, les retenant en un chignon fait à la va-vite, elle regardait fixement une page d'un contrat juridique complexe. Elle coinça le stylo qu'elle avait dans les mains entre ses lèvres et commença à se relever doucement. Et soudainement, c'était là, juste devant ses yeux. La réponse à tous ses problèmes. Elle se mit à sautiller sur place et à danser comme une folle.
C'est à ce moment précis que choisit son collègue pour entrer dans son bureau. Il put ainsi observer une Hermione Granger pieds nus, habillée d'un collant noir transparent effilé, d'une jupe droite et d'une chemise blanche ouverte en un joli décolleté, dansant comme une tarée. Elle s'approcha du grand afro-britannique et lui prit la main pour le faire danser avec elle.
Elle était rayonnante et semblait si festive qu'il ne put que la suivre. Il était si rare de la voir dans cet état qu'il accepta avec un sourire ces cinq minutes de fiesta. Pour elle. Puis il éclatèrent simplement de rire en reprenant leur souffle.
« On peut savoir ce qui te met de si bonne humeur ? » demanda-t-il, amusé par son moment de folie.
« Oh Blaise, si tu savais ! » Elle lui tendit le papier qui lui avait donné la réponse. « Je viens de trouver comment on peut évincer Hartwood Industrie de la fusion ! »
Son visage était illuminé. En prenant en compte de l'état de la pièce, Blaise devina qu'elle avait dû éplucher chaque feuille concernant l'affaire. Et il en était certain, personne d'autre qu'elle aurait pu résoudre sa complexité. Seulement Hermione en était capable, l'intelligence qu'elle possédait était inégalable.
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« Vous gagnez en force, courage et confiance à chaque fois que vous prenez le temps de regarder la peur dans les yeux. Faites ce que vous pensez ne pas pouvoir faire. » - Eleanor Roosevelt
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« Félicitation Granger. » dit-il d'une voix moqueuse.
Hermione venait tout juste de sortir de son travail et regagnait le parking où Ginny devait l'attendre. Mais lorsqu'elle entendit cette voix, tout son corps se figea. Chaque seconde de son rêve lui revint en mémoire. Son cœur se mit à battre plus vite que jamais. Elle se retourna et emplit d'une rage peu commune, lui dit d'un calme troublant :
« Ne t'approche pas de moi Malefoy. »
Elle avait levé un doigt menaçant dans sa direction. C'était la première fois qu'elle le regardait de cette manière. La première fois que sa réaction face à lui était aussi disproportionnée. Tant bien même qu'il en resta figé, une expression de surprise peinte sur le visage. Elle se retourna et marcha si vite vers le parking qu'il pensa un instant qu'elle allait se mettre à courir. Cela faisait bien longtemps qu'il avait arrêté de chercher à comprendre ce qu'il se passait dans sa tête.
Si seulement il savait, elle avait l'impression de devenir folle. Comme si quelque chose s'embrouillait dans sa tête. Elle avait peur de ses propres réactions. Elle regarda ses mains trembler.
Lorsqu'elle arriva à l'entrée du parking, Hermione s'arrêta un instant pour reprendre ses esprits. Elle ferma les yeux et pensa à sa famille ; à sa mère, son père et sa sœur. À leur chienne et leur chat. Elle avait réussi à reprendre son calme. Elle fit un sourire pour essayer de se convaincre que tout allait bien et repartit vers la voiture de son amie. La rousse était adossée à celle-ci et fumait distraitement une cigarette.
« Tu as recommencé à fumer ? » s'étonna Hermione en la toisant. « Je croyais que tu avais arrêté. »
« Eh bien, j'ai repris. » répondit la rousse sèchement.
Toutes deux semblaient avoir passé une mauvaise journée. Hermione se posa à ses cotés en s'appuyant sur le pare-choc avant. Elle prit la cigarette de son amie et la porta entre ses lèvres. Elle tira longuement dessus avant de l'enlever, aspirant la fumant dans ses poumons. Puis la recracha naturellement. Ginny leva un sourcil surpris. La brune lui fit un sourire et souleva une épaule comme pour dire « et oui, c'est possible ».
« Je ne savais pas que tu fumais ! » s'exclama la rousse, étonnée.
Pour seule réponse, Hermione lui fit un sourire, l'air de dire « comme quoi ». Ginny passa son bras autour des épaules de la brune. Elle posèrent leur tête l'une sur l'autre et restèrent ainsi un moment.
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« Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être, donc on se laisse tromper par les apparences. Rares sont ceux qui ont l'intelligence de voir ce qui se cache derrière le masque. » - Le poète romain Phaedre
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La nuit qui suivit fut plus calme. Aucun rêve ne pointa le bout de son nez et aucun fantasme inavoué se fit sentir. Ce fut reposant. Tellement reposant que lorsque le réveil retentit, Hermione l'éteignit sans pour autant se lever. Mais très vite, le bruit de petites pattes de velour se fit entendre. Sans pitié pour sa maîtresse, son chat monta brusquement sur son lit avec un miaulement, ordonnant qu'elle se lève pour lui donner à manger.
Pourquoi avait-elle pris ce chat, déjà ? Ah oui ! Parce qu'il était mignon... quand il était bébé. Elle se décida enfin à sortir la tête du lit, enfila le premier pull qui lui venait sous la main et fila directement jusqu'à la cuisine. Une fois le chat servi, elle s'affala telle une larve sur son canapé et fixa le plafond.
Elle n'eut le temps de se reposer que dix secondes que des bruits venant du couloir l'interpella. Puis quelqu'un toqua à sa porte. Elle grimaça. N'avaient-ils vraiment aucun respect pour venir déranger les gens de cette façon, à cette heure-ci ?
Dans son magnifique pyjama rose, elle alla ouvrir la porte pour tomber sur une Ginny aussi peu réveillée qu'elle. Elle baillait, et ce fut seulement quand elle eut finit de fermer sa bouche qu'elle remarqua la présence de la brune. Les mardis matin n'étaient faciles pour personne.
« Je peux squatter un peu chez toi ? » Elle bailla à nouveau. « Pansy a débarqué et s'engeule en ce moment avec Harry. Ca hurle dans tout l'appartement à cause d'une histoire d'article volé ou je ne sais quoi … j'ai pas beaucoup dormi cette nuit. »
Pour seule réponse, la brune repartit se nicher confortablement dans son lit, reconnaissant à peine la présence de Ginny qui la rejoignit quelques secondes plus tard. Toutes deux semblaient épuisées.
« Pourquoi tu n'as pas beaucoup dormi cette nuit ? » demanda la brune en gardant les yeux fermés.
« Avec Harry, on s'est disputé. » Elle marqua une courte pause puis reprit. « … A cause du fait que je ne veuille pas d'enfant ... » Sa voix s'était brisée en prononçant ces derniers mots.
Hermione ouvrit les yeux et regarda tendrement sa meilleure amie. Ginny avait toujours eu un instinct maternel très prononcé. Lorsqu'on commençait à lui parler d'enfant, ses yeux devenaient tristes et humides. Le cœur de la brune se brisait un peu plus à chaque fois qu'elle voyait son regard empli de douleur.
Elle avait toujours vu ses deux jeunes amis ensemble. Ils se connaissaient depuis toujours et autant qu'elle s'en souvienne, Harry et Ginny avaient toujours été amoureux l'un de l'autre. Elle ne les avait jamais vus sortir avec quelqu'un d'autre. Harry avait prit beaucoup de rêves de la jeune femme, mais leur amour avait tenu malgré tout. Mais ce sujet semblait être plus terrible que tous les autres. Et personne n'en connaissait la raison, pas même Hermione. Tout ce qu'elle savait, c'était que Ginny souffrait quand le thème des enfants étaient abordés.
Elle prit simplement sa main, comme une sœur le ferait. Le calme retomba dans la chambre, laissant le monde leur murmurer ses secrets.
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« Dès qu'on tombe amoureux, on devient des menteurs… » - Harlan Ellison
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La semaine qui venait de passer avait été éprouvante pour Hermione. Elle avait passé tellement de temps à travailler pour ne pas penser à son rêve qu'elle n'avait rien fait d'autre à côté. Assise sur sa chaise de bureau, elle regardait distraitement la pile de dossier que se trouvait face à elle.
Mais quelle idée aussi de prendre en charge ce dossier ! Même cinq juniors n'avaient pas réussi à le boucler. Elle soupira lentement, prête à avouer sa défaite cuisante. Mais une tête rousse remplie d'énergie la fit sortir de sa torpeur.
« Hermione, il faut absolument que tu m'accompagnes ce soir ! »
La brune la regarda, interloquée. Elle ne savait pas que Ginny avait quelque chose de prévu. Elle avait déjeuné avec Harry la veille et il ne lui avait parlé de rien qui prédisait une sortie ce soir.
« Et où est-ce que tu veux que je me rende à tes cotés ? »
La brune la regardait avec un petit sourire intrigué.
« J'ai un gala de charité avec tous les associés de mon cabinet, et tout le monde doit venir accompagné. Il faut que tu viennes avec moi. »
« Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas à Harry ? »
Ginny baissa les yeux tout en gardant un silence d'or, la fatigue se révélant brièvement sur son visage. Finalement, quelques secondes plus tard, elle finit par regarder à nouveau sa meilleure amie et soupira, vaincue.
« Il ne me parle plus depuis lundi. »
« Mais ... » Elle s'apprêtait à insulter le brun puis se rendit compte que cela n'aiderait pas. « Tu peux être sûre que je lui en toucherai deux mots ! Mais sinon oui, je vais venir avec toi. » Elle regarda les dossiers sur son bureau. « Dès que j'aurais confié tout ça à Ron. »
…
Le soir venu, les deux meilleures amies se préparèrent en musique dans l'appartement de la brune. Ginny dansait en petite culotte au milieu du salon, sa brosse à cheveux en guise de micro alors qu'Hermione tentait par tous les moyens de faire quelque chose de ses cheveux. Il semblait qu'ils aient leur propre volonté. Qu'ils ne voulaient pas être beaux. Mais finalement, au bout d'une heure de guerre acharnée, elle réussit enfin à dompter sa tignasse. Ils étaient relevé en une queue de cheval sophistiquée. une fine mèche ondulant fièrement le long de son visage comme la semaine dernière.
« La rouge ou la noire ? »
Ginny tenait dans ses bras deux robes magnifiques. La brune lui conseilla la noire sans aucune hésitation. Ses cheveux roux n'en ressortiraient que mieux -du moins, à son goût. Elle regarda à son tour son armoire. À l'intérieur se trouvait l'absolue totalité de ses vêtements. Et malheureusement, mis à part la robe rouge qu'elle avait achetée la semaine passée, elle n'avait aucune robe. Elle s'apprêtait à prendre un jean quand elle une robe lui atterit sur la tête.
« Tu ne penses pas que je vais te laisser y aller en jean, j'espère ? »
La brune ouvrit la bouche pour rétorquer, mais se souvint à temps d'une chose très importante : cela ne servait à rien de discuter avec la rousse. Celle-ci avait toujours le dernier mot. C'est ainsi qu'elle enfila sagement la robe et qu'elle laissa sa meilleure amie la maquiller.
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« Les monstres sont réels, les fantômes le sont aussi, ils vivent à l'intérieur de nous. Et parfois… ils gagnent. » - Stephen King
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« Rappelle-moi pourquoi j'ai accepté de venir avec toi ? »
« Parce qu'Harry y va avec Luna, qu'on ne peut pas venir seul, et que tu es ma meilleure amie ? » Ginny la regardait avec un sourire d'enfant.
Exactement le même sourire qu'elle donnait à son père pour lui demander quelque chose. Elle savait le pouvoir extraordinaire que ce sourire avait chez lui, à chaque fois qu'elle le faisait, peu importe l'âge qu'elle avait, elle obtenait toujours ce qu'elle voulait.
Et elle savait aussi parfaitement que ce sourire marchait tout aussi bien sur sa très chère meilleure amie.
« Quand vas-tu recommencer à lui parler ? » La brune regardait Ginny avec sérieux, légèrement inquiète.
« Quand il arrêtera de jouer au plus imbécile. » dit-elle en soupirant.
Hermione posa sa main sur l'épaule de son amie en lui souriant. Elles étaient toutes les deux assises dans sa voiture depuis plus d'une dizaine de minutes. Devant elles se dressaient un magnifique immeuble fait entièrement de verre. Le gala de charité avait lieu dans le studio d'un artiste -ledit studio prenant tout un étage de l'immeuble.
Hermione n'avait aucun mal à imaginé le monde qu'il y aura ce soir. Mais la raison pour laquelle elle avait accepté de venir était le fait qu'elle n'avait aucune chance de croiser Draco.
Toutes deux finirent par sortir de la voiture environ cinq minutes plus tard. Elles étaient légèrement en retard mais cela n'avait aucune importance. Elles étaient belles. Et elles le savaient. Ginny fut la première à atteindre les portes de l'immeuble. Le videur était un homme grand. Très grand, dépassant facilement les deux filles d'une tête et demie. Elles donnèrent leur nom et enfin, purent partir vers ce qui devrait être le plus beau gala de tous les temps.
L'appartement dans lequel avait lieu le gala se trouvait au trente-cinquième étages, et Hermione ne fut jamais aussi heureuse que l'homme ait inventé l'ascenseur qu'aujourd'hui. Les portes de celui-ci s'ouvrirent directement dans le studio décoré pour l'occasion. Il y avait de nombreuses œuvres d'art sur les murs, les lumières était légèrement tamisées et rougeoyantes. Tout était dans le thème de l'art -le journalisme étant, pour ses pratiquants, un art à part entière.
Hermione portait une robe vert d'eau qui suivait chacune de ses formes. Elle n'avait pas un très grand décolleté mais son dos était entièrement dénudé. Elle était belle, sexy, et prête à dévorer quiconque oserait la défiait. Elle attrapa deux coupes de champagne à la volée et en donna une à la rousse.
« A nous ! » trinquèrent-elles en même temps.
Puis Ginny dû partir discuter avec des personnes qui puaient le fric.
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« L'homme évite habituellement d'accorder de l'intelligence à autrui, sauf quand par hasard il s'agit d'un ennemi. » - Albert Einstein
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Hermione avait commencé à faire le tour des œuvres d'art pendant que Ginny discutait journalisme avec de possibles futurs investisseurs, quand la rousse entendit la petite voix enfantine de Luna. Elle se retourna et observa le doux visage de la jeune femme. Ginny l'avait toujours adorée. Elle était simple et un peu farfelue, mais elle avait un petit quelque chose d'intrigant. Ses cheveux blonds ondulaient finement autour de son visage.
« Pardonnez-moi, pourrais-je vous l'emprunter un petit instant ? »
Les deux hommes l'excusèrent sans aucun soucis, et elles partirent toutes deux vers les balcons. Il n'y avait pas grand monde, seulement un couple au fond buvant une coupe de champagne à l'air frais de la nuit. La rousse adorait ça, voir la ville de toute cette hauteur, les étoiles brillantes dans le ciel comme la promesse d'un endroit à découvrir. D'un endroit meilleur.
« Je suis désolée de te déranger de la sorte Ginny, mais je voulais m'assurer que cela ne te dérangeait pas qu'Harry m'ait invitée à venir avec lui ici ce soir. »
La blonde avait une innocence pure dans sa voix. Il suffisait de l'entendre pour comprendre toute la sincérité de ses paroles. Il était vrai qu'elle n'avait pas très bien réagi quand elle avait appris que son fiancé y allait avec une autre, mais elle n'en voulait pas particulièrement à la jeune femme. Après tout, ce n'était pas de sa faute si Harry était un pauvre imbécile qui ne comprenait décidément rien aux femmes.
La rousse se contenta de la prendre dans ses bras en souriant. De toutes les femmes qu'il aurait pu choisir, Ginny était heureuse que ce soit Luna. Au moins avec elle, elle savait qu'elle ne risquait pas de se le faire voler.
« Ne t'en fais pas Luna. Ce n'est pas à toi que j'en veux, mais à lui. »
« Tu ne devrais pas être aussi sévère envers lui. » Elle la regarda de ses grands yeux de chouette.
« Il ne fait aucun effort, tu sais. »
La rousse soupira en posant ses coudes sur le rebord du balcon. Elle regardait la ville s'étendre devant ses yeux.
« Je le sais. C'est Harry. » Elle marqua une courte pause. « Mais il t'aime. »
Bien sûr qu'il l'aimait. Mais à quel point devait-elle sacrifier la personne qu'elle était pour qu'il puisse l'aimer en retour ?
Elle resta simplement silencieuse en essayant de répondre à cette question. Elle avait déjà tant sacrifié. Elle l'avait suivi à l'université et était même devenue journaliste pour pouvoir être à ses cotés. Elle les avait imaginés voyager aux quatre coins de la planète, explorer les recoins inconnus. Ecrire des articles sur la faune sauve, les paysages inexplorés ou les peuples étrangers. Qui sait ? Exploquer le monde avec lui, tout simplement.
Mais au lieu de ça, elle était enfermée ici, dans cette ville. Jamais elle n'aurait pu penser partir. Il était son première amour. Il l'aimait. Ne la battait pas. La traitait avec respect et faisait tout pour la rendre heureuse. Alors pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, l'aimer lui était devenue si douloureux.
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« Si je suis ce que je possède, et que je perds tout ce que j'ai, qui suis-je? » - Erich Fromm
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Hermione s'ennuyait grandement. Elle était heureuse de ne pas avoir croisé Draco ce soir, mais il fallait avouer qu'au moins, lorsqu'il était là, l'ennuie n'était pas aussi lourdement présent. Après avoir regardé toutes les œuvres exposées pour le gala, Hermione partit se réfugier sur le balcon.
Elle fouilla quelques instants dans son sac et en sortit une cigarette. Elle la regarda un instant en souriant. Elle se souvenait encore de la première fois qu'elle avait fumé. C'était à la fac, lorqu'elle s'était retrouvée enfermée dans la bibliothèque. Elle l'alluma et regarda la ville. Du coin de l'œil, elle vit sa meilleure amie sortir un peu plus loin mais n'y prêta pas attention.
« Je croyais que tu ne fumerais plus jamais ? »
La brune sursauta et se retourna, la main sur le cœur. Blaise la regarda avec une lueur amusé dans ses yeux sombres. Il était très élégant dans son costume gris. Il avait les mains dans ses poches, position qu'il affectionait particulièrement depuis toutes ses années. Le jour où elle s'était retrouvée enfermés dans la bibliothèque, Hermione avait retrouvé Blaise dans cette exacte position, attendant que quelqu'un remarque sa présence pour sortir.
« Tu es obligé de surgir de cette manière derrière les gens ? »
« Oui je pense, c'est plus amusant. » Il avait ce sourire en coin moqueur.
« Arrête de rire. » souffla-t-elle en roulant des yeux.
Elle lui tourna le dos et tira une nouvelle fois sur sa cigarette. Le jeune homme se plaça à coté d'elle sans dire quoi que ce soit. Et tous deux restèrent ainsi, observant une ville endormie. C'était ce qu'elle appréciait le plus chez lui : il savait quand parler et quand se taire.
« Pourquoi tu as passé la semaine à éviter Draco ? »
Le seul problème avec lui, c'était qu'elle ne pouvait presque rien lui cacher. Il était observateur et posait toujours les bonnes questions. Ou les mauvaises. Tout dépendait du point de vue. Elle soupira, n'osant affronter son regard.
« A cause d'un stupide cauchemar. » Elle le coupa avant qu'il ne puisse lui répondre. « Je sais c'est stupide. »
« Je ne trouve pas ça stupide. » rétorqua-t-il avec un léger rire. « Juste enfantin. »
Elle tourna violemment la tête vers lui et lui donna une légère tape sur l'épaule. Qu'est-ce qu'il pouvait jouer les idiots. C'était affligeant. Secouant la tête avec un sourire, Hermione apprécia sa compagnie tranquille.
Ils restèrent simplement là, laissant le silence apaiser leurs tourments.
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« Nous portons tous des masques, mais vient un temps où on ne peut plus les retirer sans s'arracher la peau. » - André Berthiaume.
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Après plusieurs coupes de champagne et d'interminables conversations, Hermione ne put empêcher l'inévitable arriver : une envie pressente, qui rendait la discution encore plus insurmontable. Lorsqu'elle ne pouvait plus se retenir, Hermione s'excusa poliment et s'enfuit lâchement vers les toilettes. Bien que l'on soit dans un appartement, les wc ressemblaient étrangement aux designs des toilettes dans les magasins ou les bars.
Une fois sa petite affaire finie, Hermione se lava rigoureusement les mains, impressionée par la grandeur du lavabo en marbre blanc. La porte s'ouvrit mais elle n'y porta pas plus attention, jusqu'au moment où elle entendit le verrou de la porte se fermer. Elle tourna la tête et tomba sur un visage qu'elle ne connaissait que trop bien, malheureusement.
Ses cheveux blonds étaient arrangés de manière à ce qu'ils paraissent décoiffés, lui donnant un air sauvage. Ses yeux anthracite la fixaient avec tant d'insistance qu'elle s'en retrouva paralysée. Il était tellement beau. Là, devant elle, la chemise de son costume entrouverte, laissant la naissance de son torse se dévoiler.
« Peut-on savoir pourquoi tu m'as évité toute la semaine ? » interrogea-t-il calmement.
« Ça, c'est une chose que je ne peux te dire Malfoy ... »
Il se décolla de la porte et s'approcha d'elle. La fixant de toute son intensité.
« Dis-moi la vérité. »
Il semblait si calme. Puis, elle aperçut soudainement un sourire malicieux s'afficher sur son visage. Elle ouvrit la bouche, choquée. Blaise, ce traître ! Il devait lui avoir dit la raison, car Malfoy n'aurait pas prit la peine de savoir pourquoi elle l'avait ignoré, excepté s'il y avait prétexte d'amusement.
« Tu le sais déjà, alors arrête de faire l'enfant. »
Elle passa à coté de lui et s'apprêta à sortir, lorsqu'il la retourna brusquement et la plaqua contre la porte. Il y avait un sourire moqueur sur son visage. Mais soudain, la différence la frappa de plein fouet. Il n'y avait ni haine, ni fureur dans son regard. Juste de l'amusement. Elle se mit à sourire aussi.
« Je veux te l'entendre dire. » Il rapprocha un peu plus son visage du sien.
« Tu fantasmes. »
Il y avait tellement d'arrogance dans sa voix qu'elle en fut elle-même surprise. Mais cela l'amusait. C'était la première fois qu'elle le voyait sourire de la sorte, comme un chat qui s'amusait avec une pauvre souris. Mais elle n'était pas une souris. Elle approcha alors son visage du sien, pour lui prouver qu'elle n'avait pas peur. Leur visage était si proche que leur souffle ne devint plus qu'un.
« Tu aimerais que ce soit le cas ? » Il jouait avec elle. Il s'approcha de son oreille et lui murmura : « Tu aimerais ça ? » demanda-t-il.
Le sous-entendu qu'il venait de faire à travers ce petit mot provoqua un long frisson le long de son corps. Un petit sourire joueur naquit sur son visage. Qu'est-ce qu'elle pourrait aimer ça. Tellement. Elle ne voulut pas répondre à sa question, mentir lui serait si difficile. Mais son corps en décida autrement.
Sans qu'elle ne s'en rende compte, elle avait pris sa lèvre inférieure entre ses dents.
D'une manière très hésitante, il posa l'une de ses mains sur sa hanche. Il ne pouvait se fier à rien, puisqu'il ne savait rien. Personne ne pouvait savoir, prévoir, les réactions d'Hermione Granger. Jamais ne fut-il aussi attentif aux mouvements d'une personne. Frissonnements, frémissements, tremblements. C'était comme jouer avec une jument sauvage, qui serait capable de le tuer en moins d'une seconde. Mais contre toute attente, elle n'eut aucune réaction si bien de soutenir son regard.
Elle ne comprenait pas pourquoi elle l'avait laissé faire après tout ce qu'ils avaient vécus ensemble. Toutes ces guerres depuis l'enfance … Elle ne comprenait pas pourquoi cet homme-ci, en particulier, pouvait autant l'obséder. Parce que oui, en cet instant précis, il n'y avait que Lui. Lui, ses beaux cheveux blond, ses yeux qui la désiraient, ses lèvres qui lui semblaient si douces et sa peau qui la brûlait dès qu'elle effleurait la sienne.
Elle ne sut vraiment combien de temps ils passèrent à se regarder, à se défier du regard en espérant secrètement que l'autre n'abandonnerait pas. Lentement, leur visage s'était rapproché dangereusement. Elle pouvait sentir le souffle du blond sur ses lèvres, son corps entier tremblant de plaisir.
Elle voulait s'abandonner à lui, lui donner son corps, lui appartenir toute entière. Ses lèvres paraissaient si douces et si savoureuses qu'elle aurait pu passer l'éternité à les regarder. Elle avait placé ses bras autour de sa nuque, rapprochant ses lèvres dangereusement. Les poussant à la luxure tentatrice. Elle pouvait sentir sa main puissante glisser le long de ses côtes par-dessus son vêtement, longer sa hanche pour finir par toucher sa peau. Tout son corps la brûlait et lui implorait de se laisser aller.
Pourtant, ce simple contact la raisonna.
Les souvenirs étaient là. Il était Draco Malfoy, le terrible. Il avait fait de sa vie un enfer. Il était l'homme qu'elle avait voulu voir mourir tellement de fois … elle avait pensé en devenir folle. Alors, elle le repoussa sans même le regarder et ouvrit la porte. Mais avant de partir, elle prononça :
« Je suis désolé. » murmura-t-elle sans se retourner. « Je ne peux pas. »
Et sur ces mots, elle laissa seul Drago.
Drago qui sentait son cœur battre douloureusement pour cette jeune femme.
Si seulement il l'avait embrassée.
