Hello ! En ce lundi 29 avril (selon mon agenda Fairy Tail, donc si je me trompe, allons joyeusement détruire l'usine d'agendas Kazé.), nous sommes la St Hugues, donc je poste mon chapitre, et bonne fête Hughes-sama ! *u*

Ca faisait un bail-je ne sais pas combien de temps d'ailleurs- que je n'avais pas avancé XD Allez, je me suis rattrapée, ce chapitre est plus long que les autres C: Hein ? Comment ça c'est pas une raison ? D'accord, d'accord. *se protège avec sa chaussette-bouclier*

Je remercie Bymeha parce qu'elle est toujours là pour lire mes chapitres, Rouge Cendre parce qu'elle est folle, et qu'elle me menace de noyade si je ne lui rends pas Hughes dans les plus brefs délais, Iris JR parce que j'adore son Edo-Gerza, Baella parce qu'elle trouve des moyens de pressions trop pratiques contre les psychopathes sadiques, Hudgi Ny parce qu'elle trouve des vidéos qui me font pleurer de rire, Adelheid Pride parce que ses interventions sont toujours épiques, Spherebleue parce que Welcome Back, Snake Tail !, et enfin, Magi-chan, parce qu'elle est adorable.

Donc voilà, je suis particulièrement inspirée pour cette fic en ce moment, et j'ose espérer que je posterais la suite rapidement.

J'espère que ça vous plaira, et merci à ceux qui reviewent (et même si vous commentez pas, je m'en fous, merci de me lire !)


Makin' My Heart Spin

Assis dans la salle de réunion -les pieds sur la table bien évidemment, parce que quand Erza n'est pas là, c'est la fête au village- Hughes lança sa vingt-neuvième boulette de papier sur la tête de Sugarboy. Le blond avait renoncé à les déloger de sa coiffure au bout de la onzième, d'après les notes de Hughes.

-Hughes, tu refais ça encore une fois, je t'en fais manger le double. dit-il en serrant les dents pour ne pas laisser exploser sa mauvaise humeur.

-Le spécimen numéro un réagit agressivement au bout de vingt-neuf morceaux de papier. nota Hughes à voix haute.

Le bleu et les deux Sugarboy étaient assis dans la vaste pièce depuis déjà une heure et demie, et ils attendaient toujours Mary et Coco. Les deux blonds étaient assis en face d'Hughes, qui notait leurs réactions sur un parchemin depuis pratiquement une heure.

-Tu sais ce qu'il te dis le spéci-

-Tais toi Sugarboy, tu n'as pas ma passion pour la science, tu ne peux pas comprendre.

-Celle là c'est la meilleure, s'esclaffa t-il, je peux savoir depuis quand tu t'intéresses à autre chose qu'à cacher des croûtes de fromage dans les chaussettes de Byro ?

Hughes fronça les sourcils, vexé.

-Tu dis ça parce que tu est jaloux de mon génie, il n'a jamais deviné que c'était moi.

-Pfeu, ça peut s'arranger...

Hughes fit comme s'il n'avait rien entendu, et lança une boulette de papier sur la tête du Sugarboy d'Earthland.

-Spicy ! s'écria t-il en jonglant avec le morceau de papier à l'aide de sa coiffure en forme de banane.

-Le spécimen numéro deux a visiblement plus le sens de l'humour que son homologue, nota le bleu.

Au bout de dix minutes de plus, Hughes se lassa de cette activité, et jeta un coup d'oeil désœuvré à la fenêtre qui se trouvait derrière lui. Un rayon de soleil accrocha son regard vermeil, l'éblouissant passagèrement. Au dessus de la cité royale d'Edolas, le ciel bleu de ce milieu d'après midi était traversé par quelques nuages cotonneux dont la progression paresseuse ne suffisait pas à produire beaucoup d'ombre. Il devait faire chaud en ville.

Il réfléchit quelques secondes à ses obligations de commandant, au cas où il en aurait oublié une, mais non. Cet après midi promettait d'être fort oisif.

-Sugarbooooooy, qu'est-ce qu'elle font ? geignit t-il, en se balançant sur sa chaise.

-Je n'en sais rien Hughes. soupira t-il.

-Vous ne pensez pas qu'elles ont peut être eu un problème ? souleva le bleu, pensif.

-Mm, c'est peu probable. La ville est calme ces temps ci. De plus Coco connait tous les raccourcis par coeur. répondit Sugarboy. -Et Mary Hughes ne se laisserait pas avoir si facilement ! renchérit son double.

-Tu m'étonnes...sourit le bleu.

Il renversa la tête en arrière, sa chaise appuyée en équilibre précaire contre l'armoire qui se trouvait derrière. Le drapeau d'Edolas était peint sur le plafond de la salle de réunion. Une banderole aux aspects moyenâgeux s'étendait en dessous, avec des inscriptions en latin que personne n'avait certainement jamais dû chercher à comprendre, mis à part Faust. Sûrement un truc du genre « Le roi est vieux, vilain et vaniteux, vive le roi » ou bien « Le lacrima c'est la vie »...Franchement, tout ça peint en bleu nuit. La prochaine fois il se chargerait lui même de la peinture.

Il pensait à une caricature du roi en train de leur crier de travailler, quand la porte s'ouvrit à la volée sur un Byro apparemment de bien méchante humeur -comme à son habitude-

-Qu'est-ce que vous fichez ici ? Vous n'êtes pas censés chercher le double de Sugarboy ? Et pour l'amour du ciel, enlève tes pieds de cette table Hughes !

-Laisse ce pauvre ciel tranquille et met des lunettes Byro, il est juste là. répondit évasivement Hughes avant de se replonger dans la passionnante contemplation du plafond.

-Quelle étrange créature, commenta le Sugarboy d'Earthland. Qui est-ce ?

Le mage d'Earthland s'était plutôt bien habitué à l'ambiance du château. Une fois les malentendus dissipés, il avait consenti à cesser de se battre en réclamant qu'on lui rende son Grey.

-Non mais-

-Cette charmante créature est le chef d'Etat major d'Edolas. coupa Sugarboy.

-C'est également un casse pieds ronchon, marmonna Hughes entre ses dents.

Byro grommela quelques insanités dans sa barbe, avant d'ouvrir l'une des armoire qui se trouvaient au fond de la pièce. Il retourna toutes les piles de parchemins, laissant parfois tomber des feuilles sur le sol dans sa frénésie de recherche.

-Bon, je vais faire un tour au parc d'attractions, moi. annonça Hughes en s'étirant.

Sugarboy haussa les épaules, habitué à l'incapacité de son camarade à rester en place

-Spicy ! Un parc d'attractions ! Je viens avec toi, double de Mary Hughes !

Le bleu haussa les sourcils.

-Si tu veux. Et mon nom, c'est Hughes.

Les deux hommes sortirent de la pièce, Hughes de son pas tranquille, et Sugarboy de son étrange démarche.

Sugarboy soupira, toujours assis dans la salle de réunion. Le menton calé entre ses paumes, le blond se demandait vaguement ce que pouvait bien chercher Byro. Il s'abstint néanmoins de le lui demander, n'ayant pas spécialement envie de l'aider.

Le petit homme finit par s'énerver, et referma l'armoire d'un revers rageur de la main. Il se tourna vers Sugarboy. Qu'est-ce que cet imbécile s'était encore mis dans les cheveux ? Comme si sa coiffure n'était pas assez extravagante, il avait trouver le moyen de l'agrémenter de...morceaux de papier ?

Attendez...

Byro contourna la table à pas rapides, et s'arrêta devant le blond. Sans crier gare, il se mit à secouer sa tête pour faire tomber les boulettes de papier fichés dans ses cheveux.

-Mais qu'est-ce qui te prend encore Byro ?! s'exclama t-il en se dégageant.

Celui ci n'écoutait pas, il était occupé à déplier les parchemins déchirés. Au fur et à mesure qu'il déchiffrait les mots écris soigneusement à l'encre bleu marine, ses yeux s'agrandissaient de fureur. Il froissa le papier déjà froissé, si fort que les jointures de ses doigts en blanchirent.

-MON RAPPORT ! Mon rapport que je cherche sans relâche, depuis trois jours ! Comment as-tu osé espèce de-

Les hurlement de Byro retentirent jusque dans le couloir. Hughes eut un léger rire.

-Spicy, pourquoi est-ce que la créature hurle sur mon double ?

-C'est Byro ? Incroyable, je pensais qu'on étranglait une vache. Intéressant.

Les deux hommes poursuivirent leur chemin jusqu'à l'extérieur du palais. Les patrouilles qu'ils croisèrent à l'entrée levèrent les yeux au ciel en voyant passer Sugarboy. Vu les deux hurluberlus qu'étaient Mary Hughes et celui là, ils avaient peur de voir arriver Coco...

A peine avaient-ils franchi le portail du palais qu'ils entendirent un bruit de bottes métalliques glissant sur le sol derrière eux. Bruit reconnaissable entre tous.

-Oups. lâcha Hughes.


Mary et Coco étaient pratiquement arrivées aux portes de la forteresse. La route avait été plutôt pénible, les deux Coco n'avaient cessé de jacasser, et elle ne sentait presque plus ses oreilles. Ça plus les sous terrains humides et sombres plongeant sous la ville, elle n'avait jamais été aussi contente de revoir le soleil.

Elle marchait quelques pas devant les deux fillettes, les bras croisés derrière sa tête, impatiente de rentrer pour faire une sieste. Mary n'était pas aussi flemmarde que son homologue, mais parcourir toute la ville en sens inverse à pied n'était pas une expérience qu'elle tenait beaucoup à renouveler.

Malheureusement, lorsqu'elle vit son double accourir vers elle à une vitesse approximativement inquiétante, elle sut que son repos devrait attendre un peu.

Lorsque le bleu ne fut plus qu'à quelques mètres d'elle, elle se figea. Leurs deux paires d'yeux couleur pistache se croisèrent l'espace d'un instant qui sembla durer une éternité. Elle tendit le bras, paume ouverte, comme pour essayer de l'arrêter (parce qu'elle était certaine qu'il était encore en train de préparer elle ne savait quelle connerie) Parvenu à sa hauteur, Hughes attrapa sa main et l'entraîna avec lui. Une bourrasque souleva les cheveux aubergine de Mary, qui failli tomber sous le coup de la surprise, mais le suivit néanmoins.

-Qu'est-ce que tu fous ! S'exclama t-elle, les semelles de ses bottes dérapant sur les dalles du chemin menant au parc d'attractions.

-Ça ne se voit pas ? J'essaie désespérément de rester en vie !

La bleue jeta un regard derrière elle. Devant la porte, les deux Coco échangeaient des regards perplexes, Sugarboy esquissait quelques pas de danse, indifférent à la situation et les gardes soupiraient.

-T'es incroyable. Soupira t-elle, en se mordant les joues pour ne pas rire.

Le sourire éblouissant que lui adressa son double était si insouciant qu'elle se sentit sourire malgré elle.

Bordel, ce gars pouvait la faire sourire.

-Poussez vous.

Deux mains gantées écartèrent les deux sentinelles qui lui bloquaient le passage. En constatant l'identité de la soldate, ils s'empressèrent de s'écraser.

-Commandant Knightwalker ?

Sugarboy arriva en courant derrière elle, essoufflé.

-Je vais faire passer l'envie à Hughes de s'amuser dans une situation pareille. Grinca la soldate à la crinière écarlate, en faisant craquer les jointures de ses doigts.

Le blond posa une main sur son épaule.

-Laisse les moi Erza. Lui demanda t-il.

Après une brève hésitation, la rousse acquiesça. Elle savait que contrairement à Hughes, le blond était capable d'avoir un minimum de sérieux.

-Ne sois pas trop gentil avec eux.

Le commandant eut un rire amer.

-Tu peux compter sur moi. Assura t-il.

-Fonce, et rattrape le avant qu'ils n'atteignent le parc.

-Compris, acquiesça t-il avant de joindre le geste à la parole et de démarrer au quart de tour, sa cape noire flottant derrière lui.

-Hey ! Cria la Earth-Coco. Je peux savoir ce qu'on fait, nous ?

-Suivons Sugarboy-kun ! proposa son homologue.

-Attendez moi! Hurla Earth-Sugarboy en accourant vers eux, brandissant sa drôle de canne.

Pitié. Soupira son homologue. Déjà qu'il allait devoir courser Hughes sur son propre terrain, il fallait qu'il se coltine la garderie.

-Dépêchez vous ! Cria t-il sans ralentir.

Les deux Coco ne se le firent pas dire deux fois, ayant toutes les deux des performances sportives largement égales à celles des soldats. En revanche, l'homologue de Sugarboy se mit à souffler comme un bœuf au bout de cinquante mètres, le visage écarlate, plié en deux par un point de côté.

Mary ouvrit des yeux ronds.

Attendez...c'était une blague ?

Cet endroit était immense.

Elle se demandait bien comment un truc pareil pouvait bien fonctionner sans magie.

Des panneaux lumineux multicolores s'étalaient à perte de vue, suspendus aussi haut que les lampadaires, encore éteints à cette heure.

Une enseigne aux couleurs tout aussi criardes que les grands huit indiquait « E-LAND » Celle ci s'élevait si haut qu'elle se demanda comment elle avait pu ne pas remarquer cet endroit avant.

Des drapeaux bleus nuit portant le blason d'Edolas flottaient eu vent, et elle apercevait une grande roue, plus loin derrière les grand huit.

Plusieurs tours trouaient les nuages, brisant la monotonie bleue du ciel d'Edolas.

-Ca m'a l'air fermé, constata t-elle.

Hughes éclata de rire. Comme si il avait besoin de se conformer aux horaires de son parc. Même après avoir perdu ses capacités offensives, ce parc restait sous son contrôle.

Il sortit un boitier métallique de sa poche, et pianota dessus. Les portes du parc s'ouvrirent avec un grincement.

-Baguette de commandement 2.0 ? demanda Mary.

-C'est moins fun, et ça offre beaucoup moins de possibilités, mais ça reste incroyable. déclara t-il.

La marionnettiste acquiesça.

-Et voilà mon terrain de jeux personnel. lança Hughes avec fierté lorsqu'ils eurent passé l'entrée.

La bleue ne savait plus où poser ses yeux tant les attractions étaient tape à l'œil.

-Allez, dépêche toi, sinon je te laisse là, et tu feras diversion devant l'autre éternel stressé.

Ils bifurquèrent vers une allée menant à l'un des grands huit. L'édifice jaune citron aurait donné envie de vomir à n'importe qui rien qu'en suivant des yeux les innombrables spirales et descentes vertigineuses qui le composaient.

N'importe qui n'étant pas incroyable, s'entend.

Hughes l'observait, adossé à l'un des wagons, attendant probablement une réaction.

-Qu'est-ce qu'on attend ? Lança t-elle, téméraire.

Le bleu lui ouvrit la portière, un sourire espiègle sur les lèvres. Mary se hissa a l'intérieur du wagon et referma la porte dans la figure de son homologue.

Celui ci fronça les sourcils, vexé.

-Je suis sûre que tu va me péter les tympans, monte derrière.

-Jamais de la vie ! Personne d'autre que moi en montera devant moi sur ce grand huit ! protesta il, en croisant les bras.

-Hm, techniquement, je ne suis pas vraiment quelqu'un d'autre que toi. discuta t-elle.

Un sourire élargit ses lèvres de Mary. Elle l'avait eu.

-Non, déclara Hughes, catégorique.

-C'est pas ton ami à la coiffure ringarde que j'entends là-bas ? questionna t-elle en s'étirant.

-Et merde ! Rien a faire, ouvre cette porte !

-Non.

Le bleu poussa un long soupir agacé. Elle allait le lui payer.

Une voix furibonde parvint aux oreilles du commandant. Oh-Oh, Sugarboy et la joyeuse troupe d'Earthland. Ca allait être marrant. Enfin, s'il parvenait à rester en vie assez longtemps, s'entend.

Il entreprit d'escalader la porte du wagon pour s'introduire à l'intérieur. Mary Hughes le regarda faire en levant les yeux au ciel.

Ce type était bien trop obstiné.

Tiens tiens, la télécommande de Hughes dépassait de sa poche.

La bleue tendit le bras et s'en saisit.

-Rends la moi ! hurla Hughes. Tu ne sais même pas t'en servir !

Mary Hughes examina l'objet. Semblable à une manette de jeu, il n'avait pas l'air bien compliqué à manier. Elle haussa les épaules.

-C'est parti ! Tu ferais mieux de descendre de là.

-Rends moi ma télécommande espèce de cinglée !

-Non.

Les deux homologues s'affrontèrent du regard. La marionnettiste haussa les épaules et appuya sur l'une des commandes.

L'engin s'ébranla et démarra sa course sur les rails couleur citron dans de joyeux bruits métalliques.

-Mary Hughes, arrête ce truc tout de suite ! hurla le commandant, toujours accroché à la portière.

-C'est pas très prudent tout ça, commandant. le nargua Mary Hughes.

Hughes se cramponnait de toutes ses forces à la rampe de sécurité. Cette cinglée allait finir par le tuer !

Le wagon montait lentement la longue pente qui démarrait le circuit. Hughes sentit son estomac se serrer. Il n'avait jamais fait ce circuit sans être parfaitement assis dans son siège. Et pour l'avoir fait un million de fois, il savait qu'il allait déguster.

Il jeta un oeil au sol qui s'éloignait de plus en plus de lui, ses pieds se balançant dans le vide. Bordel. Bordel, bordel, bordel.

-Tiens, c'est Coco et Coco, et Sugarboy et Sugarboy ! remarqua la bleue en leur faisant des signes de la main.

Sugarboy plissa les yeux. Qu'est-ce que Hughes fichait agrippé à la porte du wagon ?

-Un jour il va me rendre chèvre, soupira t-il en regardant l'engin arriver au sommet de sa courbe.

-Spicy ! C'est Mary Hughes ! cria son homologue en répondant aux signes de la bleue.

-Ne l'encourage pas ! s'exclama Sugarboy, excédé.

Mary Hughes poussa un formidable "Yihaa !" lorsqu'ils filèrent à toute allure sur les rails, tandis que son homologue tentait tant bien que mal de ne pas lâcher la rambarde.

Tandis que les innombrables spirales les faisaient basculer la tête en arrière, que la vitesse faisait tourbillonner la chevelure mauve de Mary Hughes devant ses yeux, que Hughes hurlait et que les autres les observaient depuis l'entrée de l'attraction, la bleue était euphorique.

Elle cassait les pieds à tout le monde, sans même avoir besoin d'être méprisante.

De plus, elle manipulait Hughes sur son propre terrain, sans même avoir recours à sa magie. Quoi de plus jubilatoire pour une marionnettiste ?

Elle était capable de lui faire faire n'importe quoi, et ça la rendait plus euphorique que jamais.

Tout ce que son homologue était capable de penser à cet instant était quelque chose qui sonnait comme "Jeneveuxpasmourirjeneveuxpasmourirjeneveuxpasmour irjeneveuxpasmourir"

Lorsque le calvaire de Hughes prit fin dans un crissement métallique, il resta agrippé à son wagon, refusant de desserrer ses doigts crispés sur la rambarde, les yeux écarquillés. La bleue sauta du wagon et se réceptionna souplement sur le sol pavé, l'adrénaline électrisant toujours ses veines.

Mary Hughes éclata de rire. Même le fait de voir qu'elle se foutait de sa gueule ne suffisait pas à faire reprendre ses esprits à son double.

-Allez viens, s'esclaffa t-elle en le tirant par le col de son manteau pour le forcer à lâcher la barre métallique.

Les autres n'allaient pas tarder à atteindre la sortie de l'attraction, et elle avait encore envie de s'amuser. Son double étant de toute façon trop sonné pour lui indiquer une direction, elle s'élança au hasard sur l'un des chemins pavés.

Cette fois, ce fut elle qui l'entraîna à l'intérieur du parc, hésitant à chaque croisement entre un manège et un autre. Émergeant peu à peu de son apathie Hughes sourit. Les couleurs cessaient peu à peu de tourner autour de lui, et le sol avait arrêté de danser la samba sous ses pieds.

Il était tout simplement heureux de savoir que cet endroit lui plaisait autant qu'à lui.

Il savait que, -peu importe le nombre de fois où il avait frôlé la mort durant les deux derniers jours- il avait réussi a briser la carapace de mépris de son double.

-Par là, lui indiqua t-il.

L'entrée de l'attraction laissa apercevoir une piste scintillante multicolore qui s'étendait à perte de vue.

-Un rallye ? Il y a un rallye dans ce parc ? bégaya t-elle, incrédule.

"Ce royaume de fous jette l'argent par les fenêtres." se contenta de penser Mary.

Les deux bleus s'élancèrent vers les kart sagement alignés devant la piste. La marionnettiste s'installa dans un kart turquoise tandis que son double s'élançait derrière les rangées de karts, cherchant sa voiture fétiche.

-Là au moins, tu risques pas de nous faire une crise pour être devant au moins ? ironisa la bleue.

-Tu parles, je vais te démonter. ricana le maître du parc en entrant dans son kart violet métallisé.

-J'ai toujours ta télécommande, chéri. railla t-elle en enfilant le casque qui se trouvait sur son siège.

-Chéri ? tiqua Hughes avec un sourire moqueur, tout en bouclant la lanière de son propre casque orange.

-Je voulais dire abruti, ma langue a fourché. répliqua t-elle en se donnant dix mille claques mentales pour avoir sorti un truc pareil.

-Ils sont là bas ! cria une voix que Hughes identifia comme étant celle de Coco.

-Pile à l'heure, commenta Mary, tout en faisant claquer ses gants sur ses mains.

Hughes démarra le moteur de son kart.

-C'est de la triche ça, remarqua Mary. On est pas censés tous partir en même temps ?

-C'est pas drôle sinon. affirma son double.

Joignant le geste à la parole, il écrasa la pédale d'accélération et fila sur la piste pailletée.

-Espèce de tricheur ! Je vais te faire la peau ! s'écria t-elle en démarrant au quart de tour.

Sugarboy se rua dans le kart le plus près de lui, d'un joli vert menthe.

-Spicy, allons y ! s'enthousiasma Earth-Sugarboy.

-Non, non, non, vous êtes de vrais dangers publics, vous les Earthlandiens, hors de question que je vous laisse conduire un de ces engins !

-Techniquement, on est en égalité numérique, le score est donc de deux contre deux.

Sugarboy poussa un profond soupir et démarra, laissant les trois autres plantés là. Il allait rattraper Hughes, lui flanquer une bonne raclée, et rentrer le livrer à Erza. Tiens, il le forcerait à rentrer au palais avec les deux pieds attachés. Ça lui apprendrait, à lui coller Byro sur le dos.

Earth-Sugarboy monta dans un kart bleu, mis son casque à l'envers, et démarra en marche arrière.

Les deux Coco montèrent dans le même kart violet, le même sourire aux lèvres.

-C'est parti !

Hughes était en tête de la course, suivi de près par Mary, qui appuyait sur tous les boutons de la télécommande pour le dépasser. Sugarboy n'était pas très loin derrière eux, la fumée lui sortant presque des oreilles. Les deux Coco le suivaient, en roulant au milieu de la piste. Et enfin, Earth-Sugarboy fermait la course, des cognant dans les plots fluorescents tous les dix mètres, et roulant en zig-zag.

Cette course promettait d'être incroyablement riche en tricheries et autres incidents fort insolites.


Accoudée au balcon de la salle de garde, Erza profitait de la brise fraîche qui soulevait doucement sa chevelure de feu. Le ciel d'Edolas s'assombrissait, et ils n'étaient toujours pas revenus. Depuis la balustrade, elle apercevait les lumières du parc. Comment faisaient ils pour s'amuser, rire et se poursuivre comme des enfants dans une situation pareille ?

Elle était soucieuse. Byro lui avait appris -entre deux plaintes- que l'anima s'était encore déplacé. Le vortex ne paraissait pas s'agrandir, mais changeait de position si vite que même les cartographes du palais avaient du mal à le localiser précisément.

Erza avait peur pour son royaume. Ce royaume qu'elle avait juré de protéger, eût il fallu qu'elle y perde sa vie.

La soldate soupira. Dire qu'elle en venait à penser que la meilleure solution serait que cette bande de fêlés restent sur Edolas afin de pouvoir fermer l'anima immédiatement...

Elle soupira d'agacement. Cette cinglée de Mary était encore pire que Hughes. Bien qu'elle n'en laissait rien paraître, elle avait beaucoup d'affection pour le bleu, aussi irresponsable, naïf et...incroyable puisse t-il être. songea t-elle, l'ombre d'un sourire sur ses lèvres pâles. Lui et Sugarboy étaient des crétins. Mais ils étaient ses crétins préférés.

-Erza ?

Son demi-sourire se fana à l'entente de son nom, prononcé par la voix qu'elle reconnaissait comme être celle du jeune roi. Pas moyen d'avoir la paix cinq minutes. Elle soupira, sans même prendre la peine de masquer son exaspération.

-Votre Majesté, lâcha t-elle d'une voix qui se voulait un minimum respectueuse.

Dans son dos, le bleu eut un sourire triste. Il avança jusqu'à être à sa hauteur, et s'absorba à son tour dans la contemplation du paysage.

Les poings crispés sur la rambarde, Erza caressa l'idée de s'en aller immédiatement. Après tout, elle n'était pas obligée de le supporter. Elle n'était pas obligée de lui faire la conversation.

-Ils ne sont toujours pas rentrés. constata t-il, sa voix délicate brisant le silence tendu.

La commandante replaça une mèche écarlate derrière son oreille, avant de répondre simplement :

-Je vais aller les chercher. déclara t-elle, simplement.

-Erza. dit-il.

Il savait qu'elle cherchait un prétexte pour s'en aller, et n'entendait pas la laisser partir sans lui avoir dit deux mots.

-Je sais que tu n'approuves pas le fait que je tienne à les ramener dans leur monde, commença t-il d'une voix calme.

Évidemment qu'elle était contre. N'importe quoi pouvait tomber de ce vortex et s'abattre sur Edolas. Il lui aurait suffi de boire une gorgée d'Exball, de grimper sur Legyon avec les cinq bâtons qui étaient solidement enfermés dans une pièce secrète du palais, pour fermer cette menace en un rien de temps.

-C'est dangereux pour notre royaume. se défendit-elle en croisant les bras.

La commandante sentit le regard vert d'eau de Gerard la fixer.

-Tu aimes vraiment Edolas, n'est-ce pas Erza ? lui demanda t-il, pensif.

Erza fit volte-face, prête à répliquer, choquée qu'il ose lui poser cette question. N'avait elle pas prouvé maintes et maintes fois que tout ce qu'elle faisait, elle le faisait pour le royaume ?

Le roi plongea son regard vert menthe dans les prunelles brune d'Erza.

-Alors imagine que cet anima t'ai envoyée sur Earthland. Tu ne penses pas que tu remuerais ciel et terre pour rentrer chez toi ?

Erza se tut, essayant de s'imaginer loin de sa terre, loin de la forêt où elle aimait s'entraîner avec ses troupes, loin du palais, loin de ce royaume qu'elle aimait tant.

Sans même avoir besoin d'y réfléchir, elle sut qu'elle aurait employé tous les moyens possibles et imaginables pour regagner Edolas. Elle se serait battue. Elle aurait blessé, tué. Elle aurait remué ciel et terre pour rentrer chez elle.

Erza secoua la tête.

-Je vais les ramener. déclara t-elle. Ils se sont suffisamment amusés pour aujourd'hui.

Gerard esquissa un sourire. Il avait réussi à la raisonner. Et pour une quelconque raison, cela le rendait heureux.

-Erza ?

La soldate se retourna et croisa le regard vert de son souverain, dont les lèvres s'étiraient en un sourire.

-Colle leur une incroyable raclée ?

Erza se sentit sourire, malgré elle.

-Avec grand plaisir, Votre Majesté.


Et voilàààààààà. *coche l'objectif : finir mon chapitre 4* w *regarde ce qui lui reste à écrire* ;_; Promis, j'écris vite la suite.

Merci d'avoir lu ! :)

Aeliheart974