...Bonjour ?

Vous avez parfaitement le droit de me frapper, de me haïr, tout ce que vous vouleeeez. Et au fait, ne me faites plus jamais confiance quand je dis que j'écrirais vite la suite de quoi que ce soit. VU ? *PAN*

Oui, ça fait...presque un an ? C: Mieux vaut tard que jamais, non ? *PAN*

Donc, chapitre 5. La fic sera finie en 7/8 chapitres environ je pense. J'ai changé mon scénario par rapport à ce que j'avais prévu quand je l'ai commencé (oui parce qu'en un an, mon style d'écriture a considérablement changé, et ma perception des choses aussi, alors vouala.)

Alors je m'excuse pour vous avoir fait patienter tout ce temps, si toutefois vous lisez toujours ma fic, et merci, merci pour vos reviews et encouragements.

Coucou a ma femme que j'aime, Bymeha. Parce que sans elle pour me houspiller/encourager/cracher dessus/faire des bébés, j'aurais jamais posté ceci. Ensuite coucou a Failtu/Rogounette d'amour, j'ai nommé, Rouge Cendre.

Disclaimer : Fairy Tail appartient a Hiro Mashima.

Bonne lecture !


Adossée contre l'une des barres de la nacelle, et assise en équilibre précaire sur le bord de celle ci, Mary Hughes regardait le soleil franchir la ligne d'horizon d'Edolas.

Le ciel avait la même couleur que sur Earthland. Elle avait presque l'illusion de se trouver chez elle. Il lui aurait suffi de fermer les yeux, et de se dire que cet anima n'avait été qu'un rêve. Mais Mary avait bel et bien l'intention de garder les yeux ouverts.

Les nuages indigo traversaient le ciel à une vitesse régulière, laissant des traînées cotonneuses dans le ciel incarnat de ce début de soirée.

Les bras enroulés contre la barre pour ne pas perdre l'équilibre, la bleue ramena l'un de ses genoux contre sa poitrine et posa sa tête dessus, sa deuxième jambe se balançant tranquillement au dessus du vide.

Hughes était assis en tailleur sur la banquette et l'observait silencieusement. Sa silhouette élancée se découpait sur le ciel sombre derrière elle, et ses cheveux aubergine flottaient dans un mouvement presque hypnotique.

Et tandis que le soleil se couchait sur Edolas, Mary Hughes se demandait quel heure il était sur Earthland. Peu être que le soleil se levait. Ou qu'il se couchait. Peut être même que l'heure était exactement la même.

Et peut être que ça n'avait aucune importance. En fait, peut être qu'elle s'en fichait éperdument. Ou peut être pas.

Elle n'était même pas sûre de savoir si elle voulait rentrer.

Du temps de Zentopia, elle n'aurait pas hésité. La bleue aurait regagné la Légion sans ciller. Elle aurait laissé son double derrière elle sans un seul regret. Et alors qu'elle sentait que son monde réclamait sa présence, elle doutait.

Elle doutait de ce qui était juste ou non, elle doutait de ce qu'elle ressentait, ou pas.

Flottant entre deux mondes, entre envie et raison.

Mais hésiter n'était-il pas déjà faire un choix ?

Mary Hughes passa une main dans sa chevelure aubergine, écartant sa frange de ses yeux. Ce simple mouvement fit imperceptiblement frémir son double.

Hughes se demanda brièvement si elle se rendait compte de l'effet qu'elle lui faisait.

Il constata que son habituel sourire auto-satisfait avait déserté ses traits fins. Non, elle semblait pensive. Et c'était troublant, parce qu'elle ne disait rien, ne lâchait aucun commentaire à propos de Sugarboy qui faisait osciller sa nacelle, quelques mètres plus bas, occupé à se battre avec son double à l'intérieur.

La bleue ferma les yeux. Elle était parfaitement consciente que Hughes la regardait.

Mary Hughes pouvait presque sentir son regard l'effleurer doucement, simplement, et étrangement, ça ne la dérangeait pas. Ses épaules tressautèrent.

Incroyablement narcissique, n'est-ce pas ?

Elle détestait qu'ils ne soient qu'une seule et même personne. Deux individus liés par la même identité et pourtant séparés par deux mondes différents.

La marionnettiste imaginait son sourire. Aussi joueur mais moins sadique que le sien. Elle devinait son regard, aussi espiègle mais moins sournois que le sien. Plus elle le l'observait, et plus la partie mauvaise d'elle même lui apparaissait, et ça l'énervait.

-J'peux savoir pourquoi tu tires cette tête ? Osa t-il lui demander.

Parce que ça allait cinq minutes, il n'allait pas la regarder faire sa tête blasée jusqu'à l'arrêt complet de la roue. Plutôt se jeter par dessus bord. Il avait eu son compte d'ennui pour les trois mois à venir, avec la demi-heure passée dans la salle de réunion.

Mary Hughes hésita un court instant, avant de planter son regard d'ambre dans le sien. Après tout, elle détestait se mentir à soi-même. Et c'était quoi cette phrase qui la forçait carrément à être honnête avec Hughes ? N'importe quoi.

-Ca te fait pas bizarre, toi, qu'on soit du même côté du miroir ?

Hughes fronça les sourcils. Il s'en foutait carrément, lui. Il n'était pas assez pessimiste pour croire que son pays était menacé par un simple anima mal refermé. Donc il ne voyait pas le problème.

-Ca veut dire que derrière la paroi, l'autre miroir est vide. continua t-elle avant même d'avoir écouté sa réponse, le regard toujours perdu au delà de l'horizon.

Et alors ? Peut être qu'il était mieux comme ça, ce putain de miroir.

-Ca servirait à rien d'essayer de laisser les choses comme elles ont toujours été. Parce que tout change, et que rien ne restera jamais comme avant. s'entend-il débiter. Tu m'as pas répondu. Pourquoi est-ce que tu tires cette tête ?

-Ca me fait chier d'être toi. C'est tout. lâcha t-elle.

Voilà, elle l'avait dit- elle était même en train de rougir, et putain, elle aurait jamais dû le dire, d'ailleurs elle espérait qu'il le prendrait comme une insulte parce qu'il était vraiment qu'un enfoiré de double insupportable et-

Et rien. Juste un autre baiser qu'elle a pas vu venir, des phrases qui se bousculent dans sa tête et qu'elle ne finit pas.

Putain, il l'avait encore embrassée – et cette fois elle lui avait même pas foutu de baffe, elle avait même pas eu envie de l'étriper – juste, juste qu'il continue. Il l'avait pas fait – et c'était peut être ça le pire, elle savait pas ce qu'elle voulait, ce que lui, voulait d'elle – trop de questions, trop de ses actes qu'elle comprenait pas.

Il s'était juste approché d'elle, et sans la toucher, s'était penché pour effleurer ses lèvres. Et elle était trop choquée – peut être un peu fatiguée aussi- pour lui faire la peau maintenant.
-Refais ça et je te tue. grince t-elle en passant sa langue sur ses lèvres.

Hughes ricana. C'était presque mignon.

-T'es vraiment nulle en sentiments en fait. déclara Hughes. J'arrive pas à croire que tu sois moi, tu te prends vraiment trop la tête.

Ce n'était même pas une critique, juste une constatation résignée, et une manière de la taquiner -parce que sinon, c'était pas drôle.

-Je suppose, soupira t-elle, sans répliquer.

Le commandant secoua la tête négativement. C'était pas parce qu'il refusait lui même de réfléchir qu'elle était obligée de le faire pour deux.

Il voulait pas qu'elle parte – il se foutait éperdument qu'ils aient fait un trou dans le ciel.

Encore étonné d'être encore en un seul morceau, il se retourna et fit mine de contempler la vue, lui aussi.

Il n'avait pas osé regarder ailleurs que du côté de Mary depuis, le début de l'ascension de la roue. Parce que Mary n'est pas quelqu'un qu'on peut attrapper, capturer. Et qu'il suffira d'un coup de vent pour qu'elle soit partie, pour qu'il ne reste plus que lui, dans le miroir. Alors a défaut de pouvoir la retenir, il la surveillait. Et maintenant que la roue redescendait un peu trop rapidement, il se demandait vaguement si elle avait pris une décision.

Tu parles d'un incroyable casse tête.

Au même moment, la roue s'immobilisa dans un grincement métallique. Les deux Hughes descendirent de la nacelle, chacun évitant de croiser le regard de l'autre. Plus tard. Ils en reparleraient plus tard.

Pour l'instant, le tout était d'échapper à la mort, qui leur souriait gentiment depuis la sortie.

Erza Knightwalker se tenait, nonchalamment appuyée contre l'un des piliers verts. Ce sourire qui n'augurait rien de bon. Pour eux, en tout cas. Et puis depuis quand Knightwalker souriait ? C'était définitivement mauvais.

-Tsk. Gromella la bleue. Elle était pas censée faire sa fête au roi, ta pote la commandante ?

-Je me suis longuement demandée si tu tenais à la vie, et il m'apparaît clairement que non. Alors pardonne moi de sauver ma peau.

Sur ces mots, le commandant tenta une fuite par la deuxième sortie, avant d'être immédiatement rattrappé par la peau du cou.

Mary Hughes pointa un doigt accusateur vers le fuyard.

-C'était son idée.

-Menteuse !

-Silence. tonna Erza.


Quelques minutes plus tard~

-Sinon quoi, on sera privés de desserts ? railla Mary Hughes, qui trouvait encore le moyen d'avoir le dernier mot, même en étant tout sauf en position de force.

-Je pensais plutôt à une semaine dans le cachot. Tous les deux. Comme vous sembliez avoir beaucoup de choses à vous dire.

Quoique, il était hors de question qu'elle tolère la présence de deux Hughes dans le palais pendant une semaine.

-Ah naaaaaan Erza, je suis sûre qu'elle mangera tous les rats sans m'en filer un seul morceau. C'est pire que le coup du dessert ! J'préfère encore recopier le rapport de Byro en trois exemplaires. geignit Hughes.

-Je suis certaine qu'il sera ravi de l'apprendre. répondit la capitaine, en traînant sans ménagement ses deux prisonniers.

-Tu viens pas de te dénoncer tout seul là ? constata Mary, qui avait renoncé à essayer de se débattre pour dénouer les cordes.

-La ferme. Je faisais des expériences. grogna le bleu.

-Les plus grands scientifiques sont toujours incompris. philosopha la marionnettiste, qui entreprenait d'agiter ses orteils dans ses bottes. Elle avait des fourmis dans les pieds.

-Sugarboy, ordonna la commandante. Tu les emmènes jusqu'au palais.

Le blond déglutit en regardant la brouette dans laquelle les deux Hughes avaient étés jetés après avoir été ligotés. Il n'allait plus sentir ses bras en arrivant.

La troupe se mit donc en route, les deux Coco et Earth-Sugarboy marchant d'un bon pas en tête de groupe – c'était pas tout ça mais ils avaient faim- Sugarboy poussant Mary et Hughes dans la brouette, et Erza fermant la marche.

-Au moins on a pas besoin de marcher, se réjouit Hughes.

-Tu parles d'un flemmard. Et où est-ce que Madame la commandante nous emmène ? Encore une réunion ? demanda Mary en baillant.

-Le cachot. supposa Sugarboy, qui transpirait déjà.

-Même pas, rétorqua Knightwalker. Le roi est malheureusement trop bon pour vous envoyer en prison. Nous allons au réfectoire.

-Génial, jubilait Hughes. En plus c'est le jour du rôti.

-Essaie seulement d'avaler autre chose que de la soupe et tu es un homme mort. Et pour ce qui est du rapport de Byro, s'il n'est pas sur son bureau demain à la première heure, ça sera le même tarif tous les soirs pendant un mois.

Hughes gémit.


Mary Hughes reposa sa fourchette sur la table et posa son menton dans sa paume, étouffant un soupir. Les soldats examinaient ses compagnons avec une curiosité mal dissimulée, mais ils évitaient soigneusement de la regarder elle. Le sonneur avait sans doute été raconter ses malheurs aux quatre coins du château.

En se retenant de sourire, elle leva les yeux vers Hughes qui mangeait lentement sa soupe, comme si chaque bouchée était une véritable torture. Elle hésitait entre se moquer de lui et aller se resservir du rôti pour l'embêter, lorsqu'Earth Sugarboy se leva de son banc et se racla la gorge.

-Mesdames et Messieurs les soldats.

Plusieurs tête pivotèrent vers le blond.

-Qu'est-ce qui lui prend encore, à celui là ? grogna Hughes en levant les yeux de sa soupe.

-T'occupes. Mange ta soupe. répondit la bleue.

Hughes haussa les sourcils et donna un coup de pied a son homologue sous la table.

-Cesse de me faire du pied. Tu pourrais au moins attendre que j'ai fini de manger.

Le bleu ne releva pas et reporta son attention sur Earth Sugarboy qui avait grimpé sur l'estrade placée au fond de la salle.

-Pour vous remercier de votre hospitalité, j'ai décidé de vous interpréter une chanson de notre pays. déclara t-il, les poings sur les hanches.

-Personne n'a pensé a le prévenir qu'on devait se faire discrets ?

Mary ouvrait des yeux ronds devant les pitreries du blond, mais elle ne leva pas le petit doigt, encore occupée a dévorer son rôti.

-Vous étiez trop occupés a faire les imbéciles au parc. lui rappela Sugarboy.

-Va le chercher, ordonna Hughes a son collègue. Je dois finir ma soupe.

-La belle excuse. pouffa Mary.

Hughes lui donna un autre coup de pied.

-Quand t'auras fini de me faire du pied, quelqu'un ira empêcher cet imbécile de nous casser les oreilles. Vous l'avez jamais entendu chanter ?

-Mary, tu exagères, il ne chante pas si mal que ça...intervint Earth-Coco.

-Quelqu'un a du persil ? cria la bleue. J'aimerais bien éviter de faire des cauchemars cette nuit.

-C'est si terrible que-

Sugarboy fut interrompu par un long râle qui provenait de l'estrade. Son homologue avait arraché un tambour à l'un des pages posté près de la grande porte. Tandis qu'il tapait comme un sourd sur la caisse, des vois s'élevèrent parmi les soldats attablés.

-Qu'est-ce qu'il fait ?

-Je crois qu'il chante.

-C'est un intrus ?

-Que quelqu'un l'arrête !

Les deux commandants n'avaient toujours pas bougé.

-Mec, tu peux te reconvertir dans la musique. s'esclaffa Hughes en tapant sur l'épaule de Sugarboy.

-Ce type n'est pas moi. répéta le blond en cachant son visage dans ses mains. Il se laissa glisser jusqu'au sol en priant pour qu'on l'oublie.

Earth-Sugarboy était au milieu d'un fabuleux concert lorsque les portes s'ouvrirent sur la silhouette familière du Chef D'Etat Major.

-Ah non, pas maintenant ! grogna Hughes, qui avait a peine dévoré la moitié de l'assiette de Sugarboy pendant que celui ci se cachait sous la table.

-Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? tonna Byro. Cessez immédiatement ce son du diable ! Hughes ! Sugarboy ! Les autres ! Le Roi vous attends dans la salle des cartes.

Sur ces bonnes et aimables paroles, le petit homme claqua la porte si fort qu 'Earth Sugarboy en oublia la suite de sa chanson.

Hughes poussa un long soupir et mit deux tranches de rôti dans ses poches avant de se lever. Mary emporta carrément son assiette qu'elle venait de remplir de gâteau, et la troupe se dirigea vers la sortie sous l'oeil méfiant des soldats. La bleue empoigna son compagnon par l'oreille et l'entraîna hors de la salle.

-SPICYYY. Tu me fais mal Mary Hughes ! geignit t-il alors qu'ils arpentaient les couloirs.

-Fallait y réfléchir a deux fois avant de nous casser les oreilles.

-Je l'aimais bien moi, sa chanson.

-Je préfère encore la trompette qui vous sert de réveil. rétorqua Mary.

-En parlant de ça, tu n'as pas intérêt a nous refaire le coup demain matin ! l'avertit Sugarboy.

-Ce serait préférable, effectivement. renchérit Hughes en finissant sa première tranche.

-Dis, Hughes, tu as vu Erza ? interrogea Coco.

-Avant ou après qu'elle l'ai collé devant son bol de soupe ? ajouta Mary.

Coco et son homologue discutaient toujours entre elles en les suivant, si bien que Mary avait quasiment oublié leur présence.

-C'est ça, moque toi, pesta le bleu. Elle n'as pas mangé avec nous, donc je suppose qu'elle était quelque part dans la salle des armures. Ou en train de manger dans ses appartements.

-Ou en train de discuter du voyage avec le Roi ? souleva Sugarboy.

-Ou en train de manger le roi ? tenta Mary.

Ils n'eurent pas le temps de poursuivre ces fabuleuses hypothèses, parvenus au bout du couloir menant a la salle des cartes. Sugarboy poussa la poignée et la porte coulissa sur une grande pièce circulaire tapissée de cartes détaillées des différentes régions d'Edolas. Une vieille odeur de craie flottait dans l'air, et le capitaine Knightwalker était assise sur la grande table en bois qui occupait une grande partie de l'espace. Le Roi, quand à lui, était assis sur un fauteuil bordeaux en bout de table.

-Ah, vous voilà. Nous vous attendions.

Mary remarqua que la commandante n'avait pas l'air aussi froide que d'ordinaire. Elle était d'ailleurs assise à moins de deux mètres du roi, ce qui était d'autant plus stupéfiant. Elle ne l'avait pas mangé, finalement ?

-Le commandant Knightwalker m'a informé que vous aviez retrouvé vos camarades au complet.

La bleue acquiesça en se tournant vers Earth-Coco et Earth-Sugarboy, qui s'inclinèrent en signe de respect.

-Bienvenue sur Edolas. sourit le Roi. C'est vraiment une drôle de coïncidence que vous soyez tous les trois les doubles de mes commandants. J'espère que vous n'avez pas eu trop de problèmes en ville.

Sugarboy leva les yeux au ciel.

-C'est eux qui créent les problèmes, Sire.

-Allons, allons, ne reparlons pas du parc d'attractions. le coupa Hughes avec un rire nerveux.

Le Roi ne releva pas sa remarque, et se leva. Il écarta son fauteuil pour qu'ils puissent tous observer la carte qui était épinglée sur le mur. Le bleu en profita pour essuyer ses mains pleines de jus de viande sur la cape de Sugarboy.

-L'anima a été localisée au dessus de cette montagne. C'est à trois heures de vol en Legyon. Vous partirez demain matin, pour éviter qu'il ne se déplace a nouveau. annonça Gérard.

Mary Hughes déglutit. Elle s'y était attendue. Il fallait bien qu'ils rentrent chez eux. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'être déçue. C'était comme ça que ça devait se passer – mais là, tout de suite, elle avait juste envie de s'enfuir, de courir se planquer sous sa couette, loin d'eux, loin d'Hughes.

-Bien. s'entendit-elle répondre.

-Bon, eh bien si vous n'avez pas de questions, je lève la réunion. J'ai encore du travail.

-Couchez vous tôt, leur lança Knightwalker. Nous partons demain a la première heure.

Lançant un regard appuyé au Roi qui signifiait clairement « Et vous aussi, Votre Altesse. », la rousse quitta la pièce.

Mary se courba pour saluer le Roi et sortit sans un regard pour personne – ni même pour Hughes.

Ses pas raisonnèrent faiblement sur les couloirs tapissés du palais. Elle savait pas vraiment où elle allait, si elle prenait le bon chemin – pour le moment, elle avait juste besoin de marcher et de mettre le plus de distance possible entre son double et elle.

Elle aurait dû lui coller une baffe dès le début – le détester, le détester, le détester. Pourquoi diable avait-il fallu qu'elle le rencontre ? Sa vie sur Earthland était déjà suffisamment dénuée de sens pour qu'un autre millier de questions lui tombe sur la tête.

Non, elle allait regagner sa chambre, se coucher, dormir – et le lendemain elle rentrerait chez elle. Ces trois jours n'auraient jamais existé. Parfait. Sa vie redeviendrait aussi insignifiante qu'elle avait toujours été.

Plus de miroir, plus de double, plus d'Hughes.

-Eh.

Mary releva la tête. Et elle le regretta immédiatement parce qu'elle la connaissait bien, cette voix là – un peu trop bien d'ailleurs. Hughes était appuyé contre la porte de sa chambre. Et il souriait.

-Y'a d'autres manières de me faire comprendre que je vais te manquer, tu sais. soupira t-il en secouant la tête.

Elle fronça les sourcils. Avait-elle autant traîné, assez pour qu'il parvienne ici avant elle ?

-Ne sois pas stupide. cracha t-elle.

Il n'était pas tout a fait elle, Hughes. Déjà, y'avait quelque chose qui clochait. C'était un homme et elle une femme – ce qui n'était pas censé arriver entre deux doubles, deux clones, deux reflets dans un miroir.

-Je t'ai déjà dit que tu réfléchissais trop.

-Laisse moi passer. lui ordonna t-elle.

Non, il n'était pas vraiment comme elle. Il avait un sourire aussi insouciant mais moins sadique que le sien, un regard aussi espiègle mais moins sournois que le sien. Il ne prenait pas la peine de réfléchir dix fois avant d'agir – il n'aimait pas perdre son temps. Il était tout ce qu'elle n'était pas – et à la fois tout ce qu'elle était.

Hughes n'avait pas bougé d'un pouce.

-T'inquiètes, j'ai pas l'intention de t'embrasser. la rassura t-il.

En entendant ces mots, Mary regarda ses pieds, serra les dents, les poings – et quelque chose s'était serré dans sa poitrine, aussi. Il était juste en train de la provoquer – et elle le connaissait assez bien pour savoir que ça voulait dire qu'ils voulaient pas qu'ils se quittent fâchés.

-Ferme la. bredouilla t-elle.

Putain, elle le lui aurait arraché, sa saleté de sourire.

Plus elle le voyait, et plus la partie mauvaise d'elle même lui apparaissait – et il n'y avait rien de plus agaçant. Bon sang, il l'énervait, il l'énervait, il l'énervait tellement.

Il était pire qu'insupportable. Incapable de faire preuve de sérieux plus de cinq secondes – elle allait le tuer, le tuer, le tuer.

Alors elle l'attrapa par le col de son manteau, le colla contre le mur, les traits déformés par la colère.

-Un mot de plus et je te jure que je te tue.

Hughes se retint de rire devant la menace. Comment ça s'appelait, se tuer soi même ? Un suicide ?

-Allez, fait pas chier et embrasse moi.

Et le bleu cessa immédiatement de sourire – parce qu'il voyait bien qu'il avait dit une connerie, dépassé les bornes – et il ferma les yeux en grimaçant d'appréhension.

Mais contrairement a ce qu'il s'était imaginé, Mary ne le frappa pas et lorsqu'il rouvrit les yeux, il vit qu'elle les avait fermés. Et ferma les yeux, ignora ce regard trop semblable au sien, et joignit ses lèvres à celles trop identiques aux siennes.

C'était étrange, doux, hésitant – incroyable. Elle avait pas tant d'assurance que ça, finalement.

Hughes resta interloqué quelques secondes. C'était elle qui l'avait embrassé. Elle, pas lui – et pendant quelques secondes, c'était comme si elle avait fait basculer l'univers de l'autre côté de son miroir.

-Tu t'aimes aussi, hein ? souffla t-il en la serrant contre lui.

Elle grogna contre son épaule, et lui se retint difficilement d'éclater de rire – parce que si c'était si simple, pourquoi est-ce qu'ils devraient s'inquiéter de ce miroir à la con ?

Alors Mary releva la tête, l'embrassa encore une fois – avec moins de retenue et plus de franchise- et ils disparurent tous les deux dans la chambre qu'elle aurait voulu occuper un peu plus longtemps. Parce qu'il était à elle, qu'elle était à lui. Parce qu'il était elle et qu'elle était lui. Et aussi parce qu'aussi incroyable que ça puisse être, elle avait fini par tomber amoureuse d'elle même.


Et voualaaa. J'espère que ça vous a plu, et pour les pierres, haches, tronçonneuses, tomates, menaces de mort, c'est en dessous C:

Aeliheart974, qui aime Hughes et Mary de tout son coeur d'infidèle a son fandom.