Bonjour, bonsoir,

Je sais que j'avais dit « à lundi » mais j'ai eut quelques facheuses découvertes en rentrant de vacances. Je n'ai pas eut l'occasion de passer sur l'ordi pour vous poster ce chapitre. Occasion ratée. HAHA. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire cette fanfiction, et de plus en plus nombreux à laisser des reviews, et à la suivre : merci à vous ! Vous roxez woop woop. J'espère que ce chapitre vous plaira !

Merci à Julie parce qu'elle a été super rapide à le corriger - HAHA. Tu gères.

Les personnages d'HP ne sont toujours pas à moi mais à JK. Rowling, je ne fais que m'amuser avec un petit peu o.O

Bonne lecture !


Lorsque j'étais enfant, j'avais pour habitude de me déguiser en loup-garou, en vampire ou en monstre de Frankenstein pour aller taper à la porte des voisins de mes parents et quémander « des bonbons ou un sort ». Ma mère avait un amour évident pour les costumes traditionnaires, et chaque année elle s'amusait à me les confectionner, arguant que c'était le travail d'une bonne mère, et je n'avais pas vraiment le cœur à la contredire. J'acceptais l'exercice, le prenant avec tout le mal-être possible, parce que je détestais Halloween. Les monstres partout, le besoin qu'avaient les plus grands de faire peur aux plus jeunes, et des montagnes de sucreries qui ne manqueraient pas d'être mangées par mon père alors que c'était moi qui avait fait le plus gros du travail. Mais dans la réalité tout cela était inhérent à l'esprit de la fête, pour essayer d'oublier ce qui était vraiment effrayant et qui ne manquait jamais de me rattraper. Une fois que je me retrouvais allongé dans mon lit, laissant derrière moi ces festivités, il me semblait que la lumière de la lune faisait grandir les ombres des monstres dans ma chambre. Tout devenait bien trop inquiétant et angoissant. Les ombres des meubles étaient ceux de monstres avec des griffes immenses. Le souffle du sang au-dehors, devenait leur souffle au creux de mon oreille. Je pouvais presque entendre le grondement de leur estomac affamé. Je restais alors enfermé sous ma couette, incapable de faire le moindre geste, de peur d'être découvert et sans doute dévoré par les monstres qui se cachaient dans la nuit. J'ai essayé durant des années de convaincre mes parents de me laisser tranquille les soirs d'Halloween, et durant mes études alors que les autres sortaient pour faire peur à tous les passants – bien que leurs costumes grotesques étaient plus amusants qu'autre chose – je restais chez moi à regarder des dessins animés ou des films romantiques à deux livres. Essayant toujours de repousser le moment où je devrais m'enfermer dans le noir. Je crois que je ne l'ai jamais avoué à quiconque, et que j'ai moi-même du mal à l'admettre, mais la vérité c'est que j'ai toujours eut peur du noir.

Jusqu'à cette année-là. Je crois que je savais pertinemment ce qu'il allait se passer, mais je n'ai rien fait pour l'empêcher. Les semaines passaient lentement, et bientôt les premières vacances de l'année nous permettaient de profiter des grasses matinées et des soirées au Hogwarts ou n'importe où ailleurs. Les Marauders jouaient presque tous les soirs dans des petits pubs de la capitale, et Lily avait à cœur de m'amener partout avec elle. Je crois qu'elle me considérait déjà comme un ami, un confident, un meilleur ami peut être. Elle m'avoua plus tard que j'étais sans doute le premier garçon « pas trop stupide » qu'elle rencontrait et qui n'avait pas tout de suite « voulu la sauter sans rien savoir de plus à son sujet ». L'idée même de coucher avec Lily Evans ne m'avait jamais traversé l'esprit, et je crois qu'elle avait compris avant tout le monde les raisons à ce manque de ferveur hormonal à son encontre. Instinct féminin, ou quelque chose de ce genre. Ce même instinct qui lui fit comprendre l'intérêt de Sirius à mon encontre, et qui la poussait à me mettre parfois en garde d'un regard. Ou à venir frapper à ma porte le soir pour m'inviter à partager une bière et une pizza. « Ne laisse pas Sirius t'emporter dans sa philosophie hédoniste, Remus. Lui n'a rien à perdre, toi tu es là pour une bonne raison. Tes études, ton avenir – montre lui les limites. Rapidement. – Tu n'as pas de crainte à avoir Lil's. Je sais parfaitement ce que je fais ». C'était un mensonge, nous le savions tous les deux. En réalité, je savais pertinemment que je me contentai de suivre les envies et les désirs de Sirius. Et que lui ne semblait pas savoir réellement jusqu'où il voudrait me mener. Après ma première heure de cours séchée, il y en avait eut d'autres : parce que nous discutions tous les deux, et que nous oubliions l'heure. Parce qu'il désirait me montrer les lieux incontournables de la capitale. Parce que « franchement » est-ce qu'il n'y avait pas mieux à faire que de s'enfermer dans une salle de classe devant un prof qui se fichait de savoir s'il était écouté ou non ? Et j'étais fasciné, arguant souvent que « tout serait mieux que cela ». Dans la réalité j'aurais plutôt dû admettre que pour moi, rien ne semblait être mieux qu'être au centre de l'attention de Sirius.

« Je dois vraiment porter ça ? »

A mesure des mois, Remus en était venu à la conclusion de James et Sirius refusaient de se laissaient enfermer dans des normes, des catégories, et des genres. Que ce soit au niveau de leur comportement ou de leurs manières de s'habiller, ils trouvaient toujours le moyen d'être à la limite de l'irrespect et de l'insolence. S'ils avaient l'air d'être des garçons respectables et bien élevés, ayant reçut une éducation somme toute traditionnelle, ils parlaient comme des gamins des rues, usant de termes insultants qui en devenaient presque caressant et snobs et ils portaient des vêtements qui frôlaient l'indécence quand ils se sentaient devenir « classiques » pendant trop longtemps. Les vestes en cuir, et les t-shirts moulant étaient alors monnaie courante, tout comme les jeans serrés, ou les pantalons à carreaux rouges qui étaient plutôt assumés par les populations Punks de Candem Town. Alors sans doute Remus s'était-il attendu à ce que pour Halloween ils sortent le grand jeu. Il les avait imaginés portant des costumes de cuir, des fouets et des menottes pour inviter tous les passants à une soirée échangistes dans l'appartement de McGonagall – et quand il avait fait part de cette réflexion il avait reçut des regards sceptiques mais inspirés. Un peu trop inspirés, il avait rapidement tenté d'ôter cette image de la tête de ses deux amis en espérant qu'ils n'iraient pas tenter l'expérience.

« Évidemment qu'il le faut Remus ! Il ne peut pas en être autrement : c'est Halloween. »

James le regardait comme s'il lui avait soudainement poussé un troisième œil, et le jeune Lupin se sentit presque stupide à ce moment. Mais clairement, il ne pouvait pas croire que parmi tous les costumes qu'il existait, James Potter l'oblige à porter celui-ci. Il n'y avait rien d'extravagant. Il s'agissait d'une cape, se fermant sur le devant. D'un uniforme scolaire qui pourrait être tout à fait traditionnel. D'un chapeau noir, dont la pointe tombée gracieusement sur le devant. Et d'un balai.

James Potter voulait qu'il se déguise en sorcier.

Comme lui-même l'était. Comme Sirius l'était – Lily, Peter et Marlène se trouvant dans l'appartement de la première et devant sans doute arborer la même tenue. Classique, loin d'être monstrueux, et presque agréable à regarder. Clairement, Remus ne comprenait pas ce qui pouvait expliquer cela, restant avec le costume que James et Sirius lui avaient apporté, au milieu de son appartement, incapable du moindre mouvement. Incapable de croire que les choses seraient aussi simples. Il s'attendait presque à devoir porter un costume de loup-garou : rester à moitié nu avec une fausse fourrure sur le dos et le torse, et un short déchiré pour cacher le peu d'intimité qu'il pourrait encore espérer garder. Il était presque déçu du choix de James finalement. Il s'en rendait compte, et ce dernier semblait s'en offusquer.

« Come on, Remus ! Tu n'as jamais fêté Halloween dans ton bled perdu ?

- Bien sûr que si. Mais c'est… tellement… Étonnant. »

Soupir de la part de James, et ricanement du côté de Sirius qui s'était installé sur le lit-canapé-bureau-armoire de Remus, et semblait trouver un intérêt particulier à la scène qui se jouait devant lui. Il portait également une cape, bien que la sienne soit pourpre, et son chapeau de la même couleur. Son nom semblait l'avoir assez dégoûté pour qu'il refuse de s'habiller tout de noir et risquer des blagues ignobles le soir d'Halloween. Remus ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait l'air d'être un de ces sorciers d'un autre temps, dont le machiavélisme habitait chaque parcelle de peau, allant se loger dans un regard sombre et incroyablement attirant. Bien trop attirant – n'importe qui aurait l'air stupide et enfantin dans le même costume. Sirius le portait avec grâce et prestance. Foutue éducation aristocratique.

« Remus, que demande-t-on traditionnellement à Halloween ? »

Le ton de James était à présent calme, et il semblait avoir reprit le contrôle, refusant de laisser sa frustration prendre le dessus.

« Des bonbons ou un sort.

- Exactement ! Comment veux-tu que nos victimes nous prennent au sérieux si nous sommes déguisés en citrouille ou en vampire ? »

La logique de ce raisonnement échappait totalement à Remus qui tourna à nouveau un regard suppliant vers Sirius, espérant que ce dernier viendrait le sauver des griffes de son meilleur ami. Au lieu de quoi, il s'était saisi d'un stylo de Remus qui traînait entre les coussins, et faisait quelques gestes vers lui en mimant un « Abracadabra » muet de ses lèvres. Alors la lumière se fit, et Remus sourit.

« Pour jeter un sort il faut avoir des pouvoirs. Il faut donc que nous soyons déguisés en sorciers pour que nos menaces soient crédibles.

- EXACTEMENT ! Je savais que tu comprendrais. Tu devais comprendre. Lily dit que tu es incroyablement intelligent, elle ne pouvait pas s'être trompée. »

Apparemment l'exclamation sortit Sirius de ses pensés silencieuses. Se tournant vers son meilleur ami il lui lança un rire moqueur.

« Si c'est Lily qui le dit… Dis-moi Jamesie, elle t'a sucé le cerveau en même temps que le reste que tu te sentes obligé de commencer tes phrases pas « Lily dit que », « Lily pense que » …

- Lily pense que tu devrais tenir ta langue quand tu insulte la fiancée de ton meilleur ami.

- Future fiancée quand il aura retrouvé ses couilles pour lui demander sa main.

- La ferme, Sirius. »

Les échanges aussi cruels qu'amicaux étaient devenus monnaie courante, tant et si bien que Remus ne savait plus si Sirius soutenait la relation de James et Lily ou finissait par en être agacé. Il semblait apprécier Lily, la majorité du temps, mais ne pouvait supporter le comportement soumis de James quand il s'agissait de la jeune femme. Il était incapable de lui refuser quoi que ce soit, ou de remettre en question ce qu'elle pouvait bien dire ou faire – une chose que Sirius ne supportait pas, se gardant bien de laisser qui que ce soit lui dire ce qu'il devait penser. Et pour sa part, Remus se gardait bien de s'immiscer dans ce genre de conversation. Il préférait de loin tenter une retraite vers la salle de bain pour préserver un peu d'intimité, et passer son costume. Finalement il n'était pas si mal, et ne pas ressembler à un gros tas orange ou à une boule de poils désœuvrée était une chance pour une fois. Il avait même l'espoir de ne pas rentrer de la nuit, comptant sur les caractères festifs de ses amis pour passer une soirée entière dans la folie londonienne.

Quand il sortie de la salle de bain il était fin prêt. Sa cape était dorée, tout comme son chapeau, et Sirius darda sur lui un regard pour le moins intense qui le fit rougir.

« Fantastique. On dirait le sorcier de Fantasia.

- Le sorcier de Fantasia est habillée en rouge, et son chapeau est bleu.

- Qu'importe, tu es plus magique lui, Remus. »

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent dans les rues, affublés de leurs robes et leurs capes de sorciers, les chapeaux sur les têtes tanguant lorsqu'ils étaient trop larges pour eux, et leurs rires ricochant dans les rues de Londres.

« Ladies and Gentleman, cette soirée d'Halloween se doit d'être mémorable, car il s'agit de la première pour notre cher Remus. »

James s'improvisait chef de rang, un rôle qu'il portait plutôt bien, son enthousiasme et son sourire enjôleur causant la bonne humeur du groupe qui l'écoutait avec attention. Se frottant les mains, un air conspirateur sur le visage, il appréciait grandement son rôle et les visages intrigués de ses amis. Prenant Remus par les épaules il le rapprocha de lui sans aucune douceur, comme pour le prendre à parti, lui, en particulier.

« Vois-tu, cher Remus, Halloween est une soirée très particulière. Si jamais quelqu'un venait à nous refuser des sucreries, nous serions obligés de lui jeter un sort. Un mauvais sort, cela va de soit. Tous les coups sont permis. Absolument tous… »

Et rien, ni dans le regard malicieux, ni dans le sourire sadique ne pouvaient rassurer Remus sur la soirée qu'il allait passer. Il regrettait soudainement de ne pas avoir fait mine d'avoir attrapé une de ces maladies de l'hiver qui faisait rage depuis que les feuilles tombaient des arbres, et que le froid s'était abattu sur Londres. Ils marchaient dans le quartier de l'université, allant soudainement devant une des maisons mitoyennes et tapant à la porte en tenant devant eux des sacs en toile. Ils allaient vraiment faire le tour du pâté de maison pour demander des bonbons ? il prit soudainement conscience qu'il était retourné en enfance.

« Des bonbons ou un sort ?

- Vous êtes pas trop vieux pour jouer à cela ? Aller dégagez, je garde les bonbons pour les enfants. »

Mais l'enfance avec un peu plus de James Potter avait un goût de cruauté et de sadisme. Restant incroyablement stoïque devant la porte à présent close, le bellâtre soupira, lâchant un grognement qui ressemblait à un « ils n'apprendront jamais » défaitiste, il fit signe à Sirius d'approcher. Ce dernier s'exécuta, sortit du sac à dos qu'il portait sur son épaule droite, une citrouille, de laquelle sortait un fil que Sirius alluma grâce à son briquet – son éternel briquet. La posant devant la porte, et prenant le temps de frapper à nouveau le battant, ils firent un demi-tour magistral, partant en courant dans les bosquets du jardin qui semblaient ridiculement petits. Si Sirius n'avait pas pris la main de Remus pour le faire réagir ce dernier n'aurait sans doute pas eu le temps de faire un geste pour éviter l'explosion. Dés que le visage bouffi et ingrat de leur rétracteur sortie sur le pallier, la citrouille explosa dans un bruit sourd, éclaboussant sa robe de nuit, ainsi que sa véranda. Les morceaux du légumineux pendant du montant en bois de la porte, et des encadrements des fenêtres – le spectacle fut reçut par des rires amusés, et le petit groupe reprit son chemin en courant sous les injures de leur victime.

« Je vous avais promis un sort non ? » le cri de James se répercuta comme une promesse faite au monde entier, emportée par le vent à la manière d'une menace pour quiconque se mettrait sur leur chemin. Et ils furent nombreux ce soir-là.

Après l'Explose-Pumpink, il y a eut l'attaque des araignées. Sortant de leurs sacs des fausses toiles et de nombreuses araignées en plastiques, les Marauders – ainsi que Remus et Lily – eurent à cœur d'en recouvrir entièrement le porche d'entrée de leur professeur de littérature qui avait oublié – honte à lui – que c'était Halloween et qu'en cette occasion il devait prévoir des bonbons pour tous les faux-vrais-enfants qui viendraient frapper à sa porte. Parce qu'ils étaient six, ils ne mirent que quelques minutes pour recouvrir le tout de toiles et de bestioles en plastique, et une fois encore James sonna à la porte avant de partir en courant, pour le voir sortir furibond et se prendre dans les toiles sans pouvoir rien y faire.

Après cela ils continuèrent leur chemin, croisant un groupe d'enfant qui se targuaient d'avoir ramassé plus de friandises qu'eux – et qui se moquèrent de leurs tenues si peu « effrayantes ». James eut à cœur de leur montrer combien il pouvait être effrayant et meilleur qu'eux quand il s'agissait de tout faire pour avoir des bonbons. Un défi fut lancé : les gamins devaient oser aller voler la citrouille du vieux Rusard.

Rusard était un homme solitaire, vivant dans une maison au fond d'une impasse non loin de l'immeuble habité par Lily, Peter, Marlène et Remus. Il était concierge pour l'université, mais depuis quelques années plus personne ne l'avait vu sortir de chez lui – sauf les soirs de pleine lune disait-on, pour aller tuer quelques veuves et voler leur cœur empli de rancune. Légende urbaine totalement stupide. Mais il en était ressorti une terreur et une évidence pour tous : Rusard était fou. Cet homme vivait seul avec sa chatte qui restait toujours assise sur le perron et regarder les gens passer avec son unique œil valide. Elle ne bougeait que la queue au rythme des secondes, et on disait qu'elle ne miaulait que les personnes qui mourraient dans l'année – foutue légende une fois encore. Personne n'osait jamais approcher de sa maison qui ressemblait plus à un château hanté tombant en ruine. Parfois on entendait des murmures ou des cris venant du grenier, et une lumière s'allumait sans que personne ne sache qui cela pouvait bien être – Rusard avait une jambe en moins, et ne montait plus les étages de la vieille maison depuis longtemps déjà. Il tenait cependant à mettre une citrouille sur son perron tous les ans pour Halloween.

Les gamins devraient aller chercher la citrouille. S'ils le faisaient, les Marauders se retireraient de la course aux bonbons, et leur donnerait quelques farces pour s'amuser le restant de la soirée. Si jamais ils avaient trop peur, alors c'est qu'ils ne méritaient pas leurs bonbons, et qu'ils devraient en faire l'offrande aux aînés. Le défi fut forgé dans une poignée de main ferme, et ils prirent tous ensemble le chemin de la maison.

Elle était à la hauteur des légendes, surtout en prenant en compte qu'elle n'était éclairée que par un réverbère lointain aux couleurs orangées. Elle était terrifiante. Remus sentit un frisson glacer lui remonter l'échine, qui devint une vague de chaleur lorsque la main de Sirius se glissa sur le bas de son dos. Geste impulsif, inconscient, qui avait une porté érotique qui lui fit tourner la tête. « Tout va bien ? » la voix de Sirius était emplie d'inquiétude, et Remus se tourna pour croiser deux orbes grises brillant intensément sous la lune. Il opina, reportant son attention au spectacle devant eux.

« Bien. Gentlemen – vous devrez vous emparez de la citrouille et la ramener ici. » Rappela James avec un sourire victorieux sur le visage. Il ne doutait pas de lui, et pour cause, Remus savait que seul James (et peut être Sirius) serait capable d'une telle folie. Tout était fait pour être particulièrement effrayant. Même le sourire et le regard de la citrouille qui luisait à cause de la bougie qui l'éclairait de l'intérieur. Spectre infernal qui les regardait en se moquant d'eux. Un des gamins s'avança, inspira profondément, et entama sa marche sur le sentier vers le perron de la maison. Il avançait doucement, tentant de faire le moins de bruit possible, et de ne pas se faire repérer par le vieux fou qui devait sans doute se tenir dans la cuisine ou dans le salon – on percevait une faible lueur depuis la fenêtre de gauche qui pouvait s'apparenter à la lumière d'un téléviseur.

Un miaulement lui fit arrêter tout mouvement. La chatte était là. Son oreille brillait soudainement d'une lueur jaune et fixait le pauvre gamin qui se figea sur place. Pétrifié. Second miaulement. Il se mit à trembler, et tournait sa tête vers la citrouille avant de revenir vers le félin. Il recommença deux fois. Trois. Avant de finalement tenter le tout. Tout alla alors très vite : il fit un pas vers l'avant, troisième miaulement, la porte s'ouvrit, et le vieux Rusard en sortit avec ce qui semblait être un couteau qu'il levait vers le ciel. Hurlement du gamin qui prit les jambes à son cou, le vieux Rusard à sa suite qui invectivait ces « foutus garnements que je découperais bien en rondelles pour les donner à bouffer au chat ! »

Ils se mirent à courir alors. Tous. Rusard ne les suivit pas longtemps, il en était incapable, mais l'adrénaline et les terreurs insinuaient dans leurs esprits par la nuit d'Halloween suffirent à les faire courir jusqu'au centre du quartier, où ils s'arrêtèrent enfin pour reprendre leurs souffles. Remus se mit alors à rire – bientôt suivi par Sirius, James, et les autres. Stupide esprit d'enfants.

James avait gagné son pari et remporta les bonbons.

La main de Sirius avait prit celle de Remus pour s'enfuir et ne la lâchait plus à présent, restant obstinément contre sa paume brûlante malgré la sueur qui perlait sans doute de sa peau chauffée.

Il se sentait bien. La soirée continua encore jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne dans les rues à effrayer ou à singer. Bientôt ils ne trouvèrent plus de raison de continuer à se promener, errant sans but, et Lily proposa de rentrer à l'appartement.

« C'est une nuit pour réveiller les morts non ? »

Remus espérait qu'elle n'était pas sérieuse, marchant silencieusement en essayant de ne pas faire cas de cette main toujours possessivement accrochée à lui. Jusqu'à ce que Sirius ramène finalement son bras autour des épaules de Remus dans une posture plus intimiste qui lui donna chaud. Et il en fut heureux parce que le vent s'était levé et le faisait frissonner. Sirius sortit une cigarette qu'il alluma non sans difficulté parce qu'il ne voulait pas quitter sa posture, et il commença à la fumer, en la faisant glisser de temps en temps vers Remus. Ce dernier sentait le regard de Marlène dans son dos, mais préféra l'ignorer, en acceptant l'offrande. Ils fumèrent en silence, gardant cette proximité jusqu'à ce qu'ils atteignent les escaliers de l'immeuble – vive les pannes d'ascenseur – dont l'exiguïté ne leur permettaient pas d'être l'un à côté de l'autre. Ils arrivèrent finalement dans l'appartement de Lily qui ôta son chapeau pour le laisser choir à même le sol, sous le regard consterné de James.

« Lily ! Tu ne peux pas ôter son costume comme cela ! C'est Halloween, tu dois rester dans le personnage.

- Tu sais, James, si tu continues à utiliser ta baguette magique contre moi tu préféreras que j'ôte mon costume. »

Que répondre à cela ? Apparemment James décida qu'il préférait opiner et donner raison à sa petite amie – pour changer – ôtant à son tour le chapeau. Ils furent rapidement rejoints par les autres. Après leur avoir servi des bières et mit les bonbons dans un saladier, Lily prit finalement l'initiative de se glisser sous le canapé sous le regard complice de Marlène afin d'en sortir quelque chose. Ils étaient assis autour de la table basse du salon de la jeune rouquine – James, Marlène et Peter sur le canapé, Sirius par terre, et Remus sur une de ces poires difformes incroyablement confortable dans laquelle il s'enfonçait allègrement. Lily en face de lui dans le même appareil.

Au milieu une tablette de Ouija – un verre en cristal et des bougies. Finalement peut être qu'elle ne plaisantait pas en parlant de réveiller les morts, pensa Remus en sentant un frisson glacé lui parcourir l'échine une fois encore. Il déglutit difficilement et tenta de garder contenance. Ils semblaient tous assez excités par l'idée, surtout Marlène qui fixait Remus avec un air moqueur, comme pour le mettre au défi de quitter la pièce en hurlant comme une fille. Il soutient le regard – mais se sentait prêt à fuir à tout moment malgré tout. Peter éteignit la lumière du plafonnier, mais ils pouvaient encore profiter de l'éclairage des lampes entourant le canapé. Lily alluma quelques bougies, avant d'en éteindre une, et Remus sentit alors la peur primitive du noir revenir violemment.

Il en regardait plus Marlène, ignorant même le ricanement qu'il entendit de son côté. Il essayant de se concentrer sur sa respiration pour ne pas perdre pied. Il se sentait stupide d'avoir peur alors que le noir n'avait pas encore envahit la pièce. Mais déjà les ombres devenaient plus grande et menaçante, et la présence de cinq autres sorciers-sans-chapeau n'était pas des plus réconfortante.

« Qui allons-nous appeler ? »

La voix de Peter ne semblait pas plus rassurée qu'il ne l'était, mais emprisonner entre James et Marlène sur le canapé il était mieux protégé. Remus eut l'impression de sentir une main sur son épaule, un geste brusque de son corps pour la repousser firent lever les yeux vers lui. Il fit comme si de rien n'était, affichant un sourire nonchalant – ou qui tentait de l'être. Plus qu'une lumière, et les bougies. Lily prit le verre, et le positionner au centre de la plaque en bois où était inscrit les chiffres et les lettres. James mis son doigt près du sien, ainsi que les autres. Remus fut le dernier, observant la silhouette de Sirius sur sa gauche comme si cela pouvait lui donner du courage. La courbe de sa silhouette était incroyablement bien dessinée dans l'obscurité, et son regard à demi-clos donnait l'impression d'une présence mystique. Terrifiante et attrayante à la fois.

Marlène éteignit la dernière lampe, et Remus sursauta en se retrouvant soudainement dans l'obscurité. Trois bougies n'étaient pas suffisantes bien au contraire. Alors que Lily psalmodiait des mots qu'il ne comprenait pas, il regarda autour de lui. Sirius n'était plus qu'une ombre noire et immense. Les trois autres du canapé étaient à peine illuminés par les lueurs des bougies et on aurait cru que leurs yeux étaient uniquement des trous noirs et béants. Quant à Lily, ses cheveux rouges luisaient à la lueur des bougies, à la manière d'un feu ensorcelé et fantastique – mais le reste de son visage était cireux, et des ombres immenses dansaient sur elle. Le reste de l'appartement était noir, les ombres des meubles se mêlant à l'obscurité pour donner l'impression de danser contre eux. Remus sentit la panique monter dans ses veines.

Le verre bougea.

Il se leva d'un coup, ne prit pas la peine de saluer qui que ce soit et quitta la pièce en laissant la porte ouverte, et en frappant contre l'interrupteur pour allumer le couloir qui le séparait de son appartement. Son cœur battait terriblement fort, allant se répercuter dans ses tempes. Il tremblait, terrifié. Les ombres était bien trop présentes derrière ses paupières. Il arriva dans son appartement, ferma la porte et entreprit d'allumer toutes les lumières qu'il y avait dans la pièce. Il essayait de reprendre son souffle, regardant – non sans difficulté – dans la salle de bain et dans son placard s'il ne s'y trouvait personne. Et lorsque deux bras l'entourèrent il étouffa un cri.

« C'est moi, Remus, calme toi. »

Il se calma immédiatement alors que les bras de Sirius se resserrèrent contre sa poitrine, le tenant contre un torse dur et chaud. Ils restèrent un moment ainsi, jusqu'à ce que Remus fasse un mouvement pour se libérer. Alors Sirius le laissa faire.

« Je ne savais pas que tu avais peur des esprits.

- Je n'ai pas peur des esprits.

- Pourquoi tu es parti quand le verre s'est mis à bouger.

- C'est pas… je n'ai pas peur des esprits je… »

Peut être aurait-il dû avouer avoir peur des esprits, des fantômes, des goules ou des loups-garous, cela lui semblait moins stupide et puérile que d'avouer. Pourtant il se redressa, faisant face à Sirius, le défiant de le juger.

« J'ai peur du noir. »

L'autre homme resta un moment sceptique avant de se mettre à rire. Pas un rire heureux et joviale comme auparavant, mais un rire dont les répercutions étaient plus sardoniques et mélancolique. Un rire dramatique.

« Et tu dis cela à un mec qui s'appelle Sirius Black ? »

Toute l'ironie de son existence. Il opina. Sirius sembla réfléchir un moment, l'observant de haut en bas sans pudeur.

« Tu vas faire quoi maintenant ? Dormir ?

- Non.

- Mais tu… il est quatre heures du matin.

- Je ne dors jamais le soir d'Halloween. Trop de… d'obscurité, d'ombres. J'ai toujours l'impression qu'elles vont m'attaquer. Un truc du genre. C'est stupide. »

Mais apparemment pas aux yeux de Sirius. Il se contenta d'opiner, ôtant sa cape de sorcier, et éteignant la grande lumière, celle de la cuisine, et de la salle de bain. Remus le laissa faire, sceptique, avant de constater que le Black ôtait ses vêtements pour ne garder qu'un caleçon, et se glisser dans le lit.

« Qu'est-ce que tu fais ? » Demanda-t-il enfin, se rapprochant de son lit pour s'y asseoir, près – trop près – de Sirius qui le regardait faire en souriant.

« Moi j'ai peur des esprits. Une étoile pour te sauver de l'obscurité c'est pas mal non ? »

Qui était-il pour le refuser ? Il se déshabilla à son tour, prit le temps de brosser ses dents et de faire une toilette avant de se glisser à son tour dans les draps, à une distance qu'il jugea respectable du corps de Sirius. Il éteignait la dernière lumière et les ombres prirent rapidement possession des lieux. Son cœur se mit à battre plus vite et il eut du mal à contenir son souffle erratique. Il essayait d'être le plus silencieux possible, pour ne pas déranger Sirius qui dormait sûrement déjà. Ou peut être pas. Remus se sentit soudainement entouré d'une chaleur diffuse, alors que les bras de Sirius virent encercler son ventre et ses épaules pour le serrer contre lui dans une étreinte protectrice. Une étoile pour le protéger de l'obscurité. Il laissa le noir l'envahir, et sombra dans ses bras.


Je viens vous embêtez encore un peu (ouais !) - alors première mauvaise nouvelle : je n'ai pas encore écrit le prochain chapitre. Cela dit je compte le faire dans la journée, et essayer de prendre un peu d'avance sur l'histoire. Je n'abandonnerai pas !

Sinon euh... euh... QUESTION : Lemon ou pas de Lemon ? Je sais pas ce qu'il se fait ou pas, ce que vous aimez ou pas, sachant que je suis tout à fait capable d'en écrire un (ca m'amuse bien) ~

Autre nouvelle : sachez que je compte me lancer dans la traduction de fanfiction. J'en lis pas mal en anglais (celles que je préfère sont dans mes Favoris : ONLY WOLFSTAR) qui sont vraiment pas mal et j'aimerai les partager avec vous ! So. Ca devrait arriver dans peu de temps. Sachant que Saving Remus restera ma priorité !

Je vous souhaite une bonne fin de journée ! Et à la semaine prochaine :D