Bonjour, bonsoir chers vous !

Désolée pour le petit retard dans la publication (bon j'avais dis toutes les semaines ou toutes les deux semaines alors en théorie je suis pas en retard mais OSEF) — c'est que pour la première fois j'ai réécris entièrement une partie du chapitre. Rude semaine dirons-nous, la vie c'est pas un kiwi.

J'espère que ce chapitre vous plaira ! - ATTENTION LEMON/SLASH - vous avez voté en masse pour le Lemon après tout (haha).

Les personnages sont toujours à JK. Rowling.

Je remercie Julie pour la correction du chapitre - la doudou a passé ses partiels elle a eut moins de temps du coup mais elle a géré tout de même ! Merci à ma femme pour ses conseils et son soutien (fan number one HAHA) et à tous les joueurs de ME (rpg sur forum) parce qu'ils sont toujours là pour m'inspirer !

Merci à vous pour vos reviews, ca me met en joie ! :D :D N'hésitez pas à ... imaginer la suite (sait-on jamais ca peut me donner des idées #out). Sur ce, je me tais : Bonne lecture !


Ses bras m'entouraient encore lorsque je me suis réveillé le lendemain. Je n'avais définitivement pas assez dormi, mais un trait de lumière m'arrivait directement dans les yeux. Cette sensation de chaleur était désagréable. Ouvrant les paupières, je fus aveuglé, et lâchais un grognement. J'étais encore dans cet état de demi-conscience que je n'avais aucune envie de quitter. Mon côté droit était totalement engourdi, et mon corps suait à grosses gouttes. La chaleur du corps de Sirius irradiait littéralement, et alourdissait mes sens. J'avais plus ou moins conscience de notre posture : nos jambes entrelacées, son torse collé à mon dos, son bras posé négligemment sur mon ventre, et serrant ma main, et son visage perdu dans mes cheveux. Je sentais le mouvement imposé par sa respiration apaisée, et me concentrais sur cela pour tenter de me rendormir. Peine perdue : dix minutes plus tard quelqu'un se mit à frapper à la porte avec énergie, nous sortant tous les deux de notre état de sommeil. Ce matin-là Lily mit un point d'honneur à accompagner chacun de ses mots acerbes par un geste violent : ouvrir les rideaux, tirer la couette, pousser nos corps entremêlés par terre, jeter des fringues dans notre direction. Apparemment, James et Sirius avaient trouvé le moyen d'entrer dans l'appartement de Minerva McGonagall pour y déposer quelques citrouilles, des boules puantes, et mettre des ailes de diable autour de son chat. Découvrant les méfaits en rentrant d'une soirée aux premières lueurs du jour, elle n'avait pas été longue à trouver l'un des persécuteurs dans l'appartement de Lily, obligeant cette dernière à se réveiller. James se trouvait dans l'appartement pour nettoyer ses bêtises. Sirius le rejoignit rapidement. Aucun commentaire ne fut fait sur la position dans laquelle Lily nous trouva matin-là, mais elle ne manqua pas de me lancer un clin d'œil empli de sous-entendus.

Le mois de Novembre passa rapidement, entre les révisions et les examens. Je faisais en sorte de passer le plus de temps possible à rattraper le retard que j'avais pu accumuler en me laissant emporter par Sirius. Les cours que j'avais manqués étaient plus nombreux et importants que je ne l'avais escompté. Mais fort heureusement Lily fut présente pour m'accorder du temps et m'aider dans nos révisions. Nous passions notre temps libre dans son appartement, entourés de livres et de Junk Food à nous réciter mutuellement ce que nous savions. Nous partagions nourriture, savoir et angoisse. Lors de notre semaine d'examen, ni Sirius ni James n'osèrent se montrer. Chaque fois qu'ils osaient nous proposer une sortie nous ne manquions pas de leur rappeler qu'eux aussi avaient – éventuellement – des examens à passer. Qu'il serait de bon goût qu'ils les révisent – éventuellement toujours – et qu'ils étaient les bienvenues pour nous rejoindre si le cœur leur disait. Je pense que Lily avait rapidement trouvé le moyen de motiver James qui se retrouva un jour à lire un bouquin assis sur le canapé, caressant distraitement la chevelure de Lily, assise à ses pieds. Sirius ne réapparut qu'une semaine plus tard, lorsque les examens se terminèrent. Comme toujours nous nous étions retrouvés au Hogwarts. Alcool, danse, rock, tout pour fêter dignement la fin de la première partie de l'année. Les vacances de Noël se profilaient, et nous devions tous rentrer chez nos parents. J'appris rapidement que Sirius passait son Noël chez les parents de James, comme tous les ans depuis ses quinze ans, mais je n'ai pas eut à cœur de demander pourquoi. Et cela n'avait rien à voir avec le bras de Sirius constamment posé sur mes épaules, sur son souffle dans mon cou, et sur sa promesse de m'offrir un cadeau inoubliable à mon retour…

Se retrouver dans la langueur assommante de Gloucester après presque trois mois dans le rythme trépidant de Londres fut un soulagement lors de la première semaine de vacances. La neige était tombée sur la ville. Remus prenait plaisir à rester assis dans le fauteuil du salon avec un des romans qu'il avait pris sur la bibliothèque – et qu'il avait déjà lu au moins deux fois – une tasse de chocolat chaud sur les genoux, regardant l'extérieur avec ce sentiment presque mélancolique. Gloucester lui manquait de temps en temps, particulièrement lorsqu'il ressentait ce sentiment apaisant, et cette chaleur douce. Il était chez lui, dans le cocon familial de son enfance, où il gardait quelque uns de ses meilleurs souvenirs de môme. Noël était sans doute la fête qu'il préférait. Jusqu'à ses seize ans, il avait eut à cœur de porter une grenouillère et de passer sa journée à jouir des cadeaux que ses parents avaient pu lui faire. Cependant, bien qu'il appréciait toujours l'ambiance qui régnait durant cette période de l'année, elle se teintait d'un sentiment moins chaleureux, plus poignant et désagréable à mesure des années.

Cette année cela en devint presque suffocant.

Mais pour l'heure alors qu'il se trouvait dans un silence agréable, Remus prit le temps de réfléchir à tout ce qu'il avait pu vivre durant ce premier semestre à Londres. Il se rendit compte rapidement que la présence des Marauders et de Lily lui manquait, alors qu'il avait parfois l'impression d'entendre le rire de la jolie rouquine, ou de sentir le souffle de Sirius à son oreille. Il était en train de devenir fou, c'était une évidence.

Comme si c'était la première fois qu'il connaissait une telle amitié. Il avait le sentiment de faire partie d'un tout, d'avoir été intégré à une seconde famille sur laquelle il pouvait compter, qu'importe ce qu'il pouvait advenir. C'était des pensés candides, puériles, et innocentes. La naïveté de ces réflexions le fit sourire, mais il voulait y croire. Vraiment, il aurait aimé se dire que tout était possible, et qu'il n'avait qu'à se laisser porter par cette amitié, être lui-même, et que les autres l'accepteraient. Qu'importe ce qu'il pouvait cacher. Qu'importe ce qu'il pouvait leur avouer.

Mais la peur lui tordait le ventre. Une appréhension qu'il ne s'expliquait pas vraiment, parce que la perspective de se dévoiler ne lui était pas apparue comme inévitable. C'était autre chose.

« Remus ? Nous n'allons pas tarder à passer à table. »

La voix douce et tendre de sa mère le sortit finalement de sa contemplation, et dans un mouvement ample il ferma son livre, termina le chocolat chaud, et se lèva pour rejoindre la salle de bain – posant la tasse dans la cuisine en passant. Après une douche rapide, il choisit une de ces tenus traditionnelles pour les soirs de Noël : un pantalon beige et un pull en laine rouge, avec une tête de cerf au centre. Ridicule.

Il se retrouva rapidement à table, l'odeur de la dinde avait envahi la maison et faisait gronder son ventre. Pour l'occasion son oncle, sa tante et deux de ses cousines se trouvaient à table avec eux, et les conversations allaient bon train. Les études, Londres, les voyages, la politique extérieure, la politique du pays, les polémiques, les scandales. Le cancer gay.

La logique des passages d'un sujet à l'autre lui échappa totalement, mais Remus finit par rester totalement silencieux, et il régna soudainement une ambiance lourde et sous-entendue et de non dits autour de la table. Il tentait de l'ignorer, jouant avec le morceau de bûche de noël glacée qui se trouvait dans son assiette. Il n'avait plus vraiment faim – pour ne pas dire qu'il était prêt à exploser – mais elle était au chocolat. Et Remus ne se refusait jamais du chocolat.

« Vous avez entendu ce qui est arrivé au fils Greyback ? Une terrible histoire n'est-ce pas ? On ne se rend pas compte que cela peut nous toucher d'aussi près. »

Choc. Le sang se figea dans ses veines, et il stoppa tout mouvement, laissant le chocolat fondre sur sa cuillère. Il n'avait pas entendu le nom de « Greyback » depuis presque six mois. Une éternité, mais apparemment pas assez longtemps pour rester totalement stoïque. Sans doute cela serait-il à jamais impossible au vue de ce qui les liait tous les deux. Il déglutit difficilement. Son cœur battait dans ses tempes, et le bourdonnement dans ses oreilles l'empêchait d'entendre ou de suivre la suite de la conversation. Il voyait tout tourner autour de lui. Il prit une grande inspiration et se leva.

« Veuillez m'excuser je… je… » Il devait prendre l'air, rapidement. Essayant de garder contenance, il traversa le salon pour se rendre dans la cuisine, et ouvrir la porte menant à une arrière courte assez modeste. L'air frais lui claque les joues, et il se sentait pétrifié. Mais revigoré.

Il s'en voulait. Il s'en voulait de réagir de la sorte à la simple mention de Greyback. Mais c'était bien trop présent, empoisonnant l'air et le moindre souvenir qu'il gardait de sa ville d'enfance. Soudainement toutes les raisons qui l'avaient poussées à partir lui revenaient comme une gifle, et il se sentait suffoquer. Le besoin de fuir revenait en flèche et il se demanda s'il serait de bon goût d'appeler Lily. Ou James. Ou Sirius…

Il sourit à la simple évocation de ses amis. Mais l'apaisement fut de courte durée, le poids des non-dits pesant sur ses épaules. Et le nom de Greyback dans son esprit, évoqué dans un écho mortifiant.

« Fils ? »

Il sentit la main de son père sur son épaule, et se presser contre sa peau tendue comme pour lui rappeler qu'il était présent. Il opina, invitant Lyall à se joindre à lui. Sans faire cas de ce que son père pourrait dire, il sortit de la poche de son jean un paquet de cigarettes « emprunté » à Sirius et en alluma une qu'il glissa entre ses lèvres. Aucun commentaire.

« Nous aurions du t'en parler auparavant, mais nous ne savions pas comment aborder le sujet…

- Me parler de quoi ? »

Sa voix fléchit légèrement, et il inspira profondément pour se donner contenance, mais refusa de croiser le regard de son père. Il croisa les bras autour de sa poitrine, dans un geste défensif, gardant une main pour porter la cigarette à ses lèvres. Distraitement, le geste automatique lui permettait de garder le contrôle de ses émotions. Tout du moins était-ce l'impression qu'il avait.

« C'est arrivé il y a trois jours, ça a fait la une des journaux locaux.

- Dis-le.

- Remus… Je ne pense pas que ce soit…

- Je veux l'entendre. J'ai besoin de l'entendre. »

Le silence s'installa. Sans doute Lyall devait-il peser le pour et le contre, mais Remus ne fléchirait pas. Pas cette fois. Peut être trois mois auparavant aurait-il tout fait pour échapper à cette conversation, fuir ses démons, et faire comme si de rien n'était. Il était facile d'oublier, de faire croire à cette illusion de bonheur quand il se trouvait dans le flot des délires des Marauders. Étreint par la jovialité de Lily. Il était facile de croire que tout était facile dans ces moments-là, loin du passé, loin des blessures. Loin de la peur.

Il entendit son père bouger, et soudainement son visage se retrouva face à lui. Il ne pouvait plus échapper à son regard et le croisa enfin. Il oublia de respirer, sachant ce qu'il allait se passer mais incapable de l'arrêter. Il sentait les larmes lui piquer les yeux, mais refusait de les laisser tomber. Il sentait sa main trembler, mais continuait à faire monter la cigarette entre ses lèvres. Il sentait son corps entier se tendre, mais garda une allure qui se voulait nonchalante. La vie ne devait pas s'arrêter là. Pas la sienne.

« Il est mort. »

Sentence, fatalité qui devait finalement l'emporter. Emporter Greyback, lui ôter la vie, et en faire un souvenir désagréable. Le pire de tous. Un souvenir qu'il avait aimé – pensait-il – plus que tout. Illusion bafouée par une cruauté vile qui le saignait à blanc aujourd'hui.

« Ça devait arriver un jour, j'imagine. Je ne pensais pas… Pas si tôt. »

Il ne savait pas ce qu'il advenait de dire dans ces moments-là. Il n'était pas vraiment surpris, il devait s'y attendre à ce jour. Il arrivait fatalement, ils le savaient tous les deux. Remus était parti à cause de cela après tout.

« Remus, ça ne veut pas dire… Ce qui est arrivé à Fenrir est terrible, mais ça ne veut pas dire que tu es…

- Arrêtes Papa. Tu sais comment on appelle ça. »

Lyall tentait de comprendre, vraiment. Mais il était un père avant tout, et la peur de perdre son fils bien trop tôt ne devrait pas le pétrifier sur place, ce n'était pas dans l'ordre des choses. Il aimait Remus, il aimait son fils unique plus que tout. Le voir partir trop tôt le tuerait sans doute. Le voir souffrir, et mourir comme Fenrir Greyback, c'était insoutenable.

« C'est peut-être… une erreur… Tu es sûr que ?

- Papa. On appelle ça « le cancer gay ». Crois-moi, il n'y a aucune chance pour que cette ordure ne m'ait pas contaminé. »

Et ce fut tout. Le mot était lancé, la vérité prononcée à voix haute pour la première fois depuis six mois. Depuis que Remus avait quitté Greyback. Depuis qu'il avait apprit que son amant était malade, qu'il le lui avait caché, et qu'il l'avait infecté à son tour. Enfoiré.

Putain d'enfoiré.

« Allô ?

James ? C'est Remus.

Hey Rem ! Joyeux Noël ! Alors ces vacances ? Comment tu vas ?

Très bien. Comme des vacances de Noël en famille tu sais. Des disputes, du scandale, des disputes, des pleurs, et un peu de dinde au four.

HA HA HA ! Ouais je vois carrément. C'est un peu ça ici aussi. Avec un peu plus de... Nous. Sinon que fais-tu pour le Nouvel an ?

Je regarde ma petite cousine chanter les derniers titres de Beattles en essayant de la convaincre que rien n'est mieux que les Stones ?

Hum. Sinon tu peux aussi venir chez moi ? Mes parents nous laissent la maison, on fait une petite fête tous ensemble.

Une petite fête tous ensemble, ça signifie un espèce d'immense foutoir avec la moitié de la ville, de l'alcool, possiblement des choses illicites, et la possibilité de ne plus se souvenir de mon nom au bout d'une heure à peine ?

Tu commences à bien nous connaître.

J'ai hâte d'y être. »

Il savait que James Potter était issu d'une famille aisée. Au bout de trois mois, on finit par savoir ce genre de choses sur les gens qui partagent notre quotidien. Mais jamais il ne se serait imaginé ça. C'était un manoir, ou un château, bien que James s'évertuait à l'appeler « maison » comme si elle ne comportait pas six chambres, trois salles de bain, deux salons, une salle de jeu, trois garages, et une cuisine qui aurait pu contenir l'appartement entier de Remus. Et sans doute l'appartement de son voisin également.

Impressionnant.

Remus était arrivé assez tôt le 31 Décembre, conduit par son père à la gare pour prendre un train jusqu'à Godric's Hollow. Une fois devant la bâtisse, il avait failli faire demi-tour, pensant s'être trompé. Mais James et Sirius étaient sortis en courant, le prenant dans leur bras et le serrant contre eux avec des cris de joie presque hystériques.

« Tu es venu Rem ! » S'exclamait l'un en le touchant comme s'il s'imaginait faire un rêve éveillé. « Tu es vraiment venu ! » Surenchérissait l'autre en venant le prendre dans ses bras, faisant s'accélérer son cœur et rougir ses joues. Autant d'effusions le faisait sourire, et il se permit de laisser derrière lui les souvenirs désagréables du Noël passé auprès de ses parents.

Il aidait les deux garçons à préparer la soirée, bougeant les meubles du grand salon, gonflant les ballons, mettant quelques guirlandes supplémentaires un peu partout dans la maison – pour faire plus festif selon James – et accueillant les barmaids, serveurs et traiteurs pour servir les invités le soir-même. Lily, Peter et Marlène arrivèrent au milieu d'après-midi pour donner un coup de main, et dés le début de soirée, ils proposèrent de sortir quelques bières, et mirent de la musique.

Le reste des invités arriva assez rapidement, et avant que Remus n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, il était assis auprès d'une dizaine d'inconnus, Sirius et Peter dans le cercle, les bouteilles d'alcool et les verres en plastiques colorés devant chacun d'eux. Ils faisaient passer les bouteilles de Vodka, de Rhum et de Vin blanc pour que les verres restent pleins, et s'évertuaient à trouver des jeux de plus en plus grotesques et embarrassants.

« Ça s'appelle Je n'ai jamais. On propose une action, quelque chose que l'on a jamais fait. Et si quelqu'un l'a déjà fait, alors il devra boire et raconter ! »

Peter semblait prendre de l'assurance quand l'alcool réchauffait ses joues et rendait ses yeux brillants, faisant sourire Remus. Il doutait que jouer à ce genre de jeu était une bonne idée, mais lui-même en était à son cinquième verre – ou sixième – et il n'était plus en état de se battre contre son instinct de préservation. Il le but, se servit de la Vodka et attendit que le jeu commence.

« Je n'ai jamais… Surpris mon meilleur ami dans ma chambre avec sa copine. » Le regarde tourné vers Sirius, Marlène lui souriait avec ce sadisme particulier qui lui seyait si bien. Le bellâtre se mit à boire, grognant sa désapprobation – c'était forcément bien moins marrant de jouer avec ses meilleurs amis surtout lorsqu'ils ne se cachaient rien – et termina son verre d'une traite. « J'aimerai ôter ce souvenir de ma tête, bordel. » Lâcha-t-il en secouant la tête. Il se resservit.

« Je n'ai jamais embrassé un professeur. »

« Je n'ai jamais embrassé la sœur de ma copine. »

« Je n'ai jamais couché avec une amie. »

« Je n'ai jamais couché avec une amie à l'arrière de la voiture de ses parents. »

« Je n'ai jamais couché dans un lieu public. »

« Je n'ai jamais surpris mes parents le faire. »

« Je n'ai jamais couché avec mon patron. »

« Je n'ai jamais embrassé ma cousine. »

« Je n'ai jamais couché avec quelqu'un quand j'étais ivre. » …

A croire que le monde entier s'était ligué contre Sirius, faisant rire Remus qui n'eut la chance – toute relative – de ne boire que deux fois durant le premier tour de jeu : il avait bien surpris ses parents une fois, et il avait déjà couché avec quelqu'un lorsqu'il était ivre. Il considérait que ce n'était pas le plus embarrassant, parce qu'il n'était définitivement pas le seul à boire à ce moment-là. Mais ce fut suffisant pour qu'il lâche prise, se mette à rire stupidement, et ne soit plus du tout sur la défensive.

Il ne s'attendait pas à ce que Sirius croise son regard à ce moment-là. C'était au tour du bellâtre de jouer.

« Je n'ai jamais embrassé quelqu'un du même sexe que moi. »

Le silence se fit dans le cercle. Froncement de sourcils, et regard introspectif au reste des participants. Et Remus qui ne peut pas s'empêcher de rougir, sentir une chaleur intense et embarrassante le saisir. Le verre monta à ses lèvres, les regards se posaient sur lui, choqués ou intrigués. Et le sourire triomphant de Sirius en face de lui. Il but. Cul sec.

Le souvenir de Greyback lui revint violemment, et il savait qu'il ne pourrait pas le raconter – c'était pourtant la règle du jeu. Son cœur s'emballa, il sentit l'émotion lui prendre la gorge, et la boisson la lui brûler. Il ne pouvait pas le raconter. Ses idées se perdaient, il ne savait plus ce qu'il faisait là. Et il les entendit alors : les murmures. Il regarda les inconnus qui l'observaient comme s'il était une bête étrange, sauvage, dangereuse. Gay. Tapette. Tantouze – il les entendit, ces mots qui résonnaient comme des insultes. Il tremblait, se lèva, bafouilla quelques mots et s'enfuit.

Il s'enfuit parce que c'était plus dur qu'il ne l'aurait cru. Son esprit était embrumé par l'alcool, la musique forte, et la soirée déjà bien avancée. Il se rendit compte qu'il n'avait presque rien mangé, qu'il n'était plus capable de penser de manière cohérente, et que la foule l'étouffait. Alors il marcha, poussant les personnes qui se trouvaient sur son passage, ignorant les insultes et les récriminations. De l'air, il avait besoin d'air, de calme, de reprendre pied. De reprendre ses esprits, et d'oublier.

Toujours oublier. Le repousser au plus loin de sa mémoire, et ne plus en être torturé. Pourquoi avait-t-il fallut qu'il boive ce verre ? Pourquoi avait-t-il fallut que Sirius pose la question ? Et ce foutu sourire sur son visage…

Il se retrouva à l'étage, où personne n'avait eut l'idée de monter, et entra dans la première pièce qu'il trouva. Une chambre. Il la traversa sans vraiment faire attention à ce qui l'entourait, et ouvrit en grand la porte-fenêtre qui le mena à un balcon surplombant le jardin et la foule qui s'y était amassée malgré le froid mordant de la nuit d'hiver. Il ignorait l'heure qu'il était mais plusieurs voix entamaient des comptes à rebours avant de les arrêter et de les reprendre quelques secondes plus tard. Il se demandait si quelqu'un savait quand Minuit devait arriver.

Et emporter avec lui cette année passée. Emporter les erreurs. Emporter les souvenirs. Emporter la douleur. Il voudrait vraiment qu'elle parte cette foutue douleur.

Et lâcher prise.

« Remus ? »

Sursaut. Il se retourna alors pour découvrir Sirius qui le fixait. Et ce fut la première fois qu'il sembla hésiter, s'approchant lentement vers le centre de la pièce, comme pour s'assurer de ne pas effrayer le jeune Lupin. Ce dernier le regardait, sans réagir. Sans savoir quoi faire, s'attendant à ce qu'à tout moment Sirius Black ne lui envoie une de ces insultes, en lançant un « je savais que tu étais une foutue tapette » avant de le montrer du doigt et de se mettre à rire.

Être gay était sans doute assez mal vu dans une société qui découvrait le Sida.

Et il se sentait terrifié, tétanisé sous le regard gris de Sirius. Terrifié non parce qu'il pourrait lui dire, il savait qu'il pourrait vivre avec ces insultes et l'impression de n'être rien, d'être un monstre, d'être une erreur. Il savait qu'il pourrait surmonter cela, et continuer d'avancer malgré tout. Si Sirius acceptait qu'il reste malgré tout à ses côtés. Parce qu'il n'avait jamais été aussi apaisé, et heureux que lorsqu'il était à ses côtés. Et il espérait que ce sentiment était partagé.

Le compte à rebours était hurlé par la foule au-dehors, et Sirius avança jusqu'à atteindre le balcon.

« Tous les ans, depuis que je vis chez James, j'ai l'habitude de faire une chose nouvelle le 1er janvier. C'est peut-être stupide, mais c'est une manière de me prouver que je continue d'avancer. » Expliqua-t-il calmement, osant un geste vers Remus, et lui prenant la main.

Ils restèrent un moment les yeux dans les yeux, sans qu'un mot ne soit prononcé entre eux.

10, 9, 8…

« C'est censé donner le ton du reste de l'année. Une chose positive pour bien commencer, et espérer, du coup, une bonne année. » Il continuait de parler, s'approchant encore de Remus qui était comme hypnotisé. Il ne bougea pas lorsque la main de Sirius vint s'aventurer sur sa joue.

7, 6, 5…

« L'année dernière a été un véritable cauchemar. Elle avait assez mal commencé. J'espérais que cette année cela serait différent… » Il murmurait à présent, son corps se serrant contre celui de Remus, et ses yeux happant son regard ambré avec une intensité qui leur coupa le souffle à tous les deux. Les lèvres de Remus étaient entrouvertes, laissant s'échapper un mince filet d'air.

4, 3, 2…

« Je n'ai jamais… »

1.

Les exclamations de joie devinrent un bourdonnement aux oreilles de Remus. Son visage était brûlant, les mains de Sirius le tenant fermement pour qu'il ne lui échappe pas. Les lèvres de son ami se posèrent avec détermination sur les siennes, restant immobiles dans un premier temps. Et parce que les mains de Remus s'emparèrent des hanches de Sirius pour être plus proche de lui encore, elles se mirent à bouger. Plus confiantes. Plus exigeantes.

Il lâcha un soupir lorsque la langue de Sirius vint taquiner ses lèvres, et il le laissa venir explorer sa bouche pour trouver sa langue et danser à l'unisson. Ils gémirent de concert à ce contact intime. Les yeux fermés, les mains se mirent alors en mouvement pour explorer les corps offerts et brûlant d'envie. Serrés l'un contre l'autre il leur était facile de deviner l'excitation du deuxième qui se tendait contre leurs corps. La passion les saisit soudainement, et l'alcool embrumait leur jugement, les poussant à n'écouter que leurs désirs primaires et à oublier tout le reste. A lâcher prise. Totalement.

Attirant Remus à l'intérieur, loin de la morsure du froid, Sirius brisa le baiser un cours instants sans pour autant lâcher le corps de Remus toujours lové contre le sien. « C'est ma chambre » Annonça-t-il en venant glisser ses lèvres sur la joue, et le cou de son ami, taquinant la peau tendre avec sa langue avant de la suçoter.

« Je l'ignorais. » La voix de Remus ne lui avait jamais semblé si rauque, si grave, si éperdue. A l'image de son corps qui se tendit contre Sirius, sa tête allant vers l'arrière pour lui laisser la place d'explorer son cou, descendant vers sa poitrine, qu'il dévoila en déboutant d'un geste habile sa chemise qui se retrouva au sol. La tête de Remus lui tournait. Il avait chaud, désireux de sentir la peau de Sirius contre la sienne, et de pouvoir en découvrir chaque parcelle à son tour. Il le poussa contre le lit, où le brun tomba sans grâce, le dévorant d'un regard brillant.

Remus en profita pour quitter ses chaussures – constata que Sirius faisait de même – et ôta le reste de vêtements qu'il avait, avant d'en faire de même avec Sirius. La seule idée qu'il avait et embrumait son esprit, restait ce désir. Celui de toucher Sirius. De sentir sa peau contre lui, sa bouche qui l'explorait, son sexe tendu contre son ventre. Le posséder.

« Personne ne viendra nous déranger ici.

- C'est une bonne nouvelle. »

La logique de la conversation lui échappait – il s'en fichait pour dire, préférant s'attaquer à la chemise de Sirius qui vola à travers la pièce. Et rapidement ils se retrouvèrent nus, tous les deux, étendus sur les draps du lit de Sirius.

L'excitation les enveloppait, les faisant gémir alors qu'ils s'embrassaient, et frottaient leurs érections l'une contre l'autre. Un concert de gémissements et de supplications, qui les laissaient pantelants. Les effluves d'alcool les enveloppaient dans cette bulle érotique d'où ils n'avaient aucune envie de sortir. La main de Sirius se fit plus ingénue, allant trouver l'érection de son vis-à-vis et la frôlant, causant un halètement chez son amant. Il lui prit alors d'envie de la prendre plus fermement, et d'entamer des mouvements de va-et-vient qui firent venir Remus dans un cri rauque – et Sirius eut à peine le temps de l'embrasser pour le faire taire.

Éperdu, dans les méandres de la jouissance, et sans vraiment prendre conscience de ce qu'il faisait, Remus se retrouva à explorer le corps de Sirius de sa langue, encore essoufflé et la vague de plaisir lui embrumant l'esprit. Il soufflant sur la verge tendue. Sirius se mit à gémir. Il la saisit dans sa main chaude, et commença à caresser la peau sensible, avant de venir y rajouter sa langue. Il lui semblait que Sirius parlait, mais les mots restaient incompréhensibles ou illogiques, le faisant sourire. Il le prit alors en bouche, suçant, et léchant le sexe tendu.

« Bordel Remus ! » Il ouvrit les yeux pour croiser le regard fiévreux de Sirius qui fixait ses mouvements sur son sexe, haletant de plus en plus, la main trouvant un chemin jusqu'aux cheveux de Remus pour accompagner ses mouvements. « Je … je… » C'était peut-être la première fois que Sirius se retrouva à court de mot. En manque d'air.

Et il implosa dans un hurlement de jouissance libérateur. Il s'effondra sur le lit, un sourire extatique sur les lèvres, attira Remus contre lui, et l'embrassa encore. Paresseusement, leurs corps détendus par la jouissance. Ils se serrèrent l'un contre l'autre, ignorèrent la musique, les cris et la foule, et se laissèrent aller à savourer l'instant. Simplement.


THE END...

FAUX. On continue encore un peu. On arrive à la moitié de la fanfiction (oui oui déjà). Par contre j'ai pas mal de trucs à gérer (je viens d'être nommée présidente d'une association haha), et je risque de mettre un peu plus longtemps à poster la suite (dix jours au lieux de sept n'est-ce pas..) alors ne m'en veuillez pas !

J'VOUS BISOUILLE FORT !