BONJOUR A VOUS TOUS !
Je sais ca fait longtemps que vous attendez un nouveau chapitre - j'ai eu un mois de Novembre atroce entre les dossiers, les oraux, et les partiels. D'ailleurs je suis en pleine période de partiels ... J'ai juste trouvé du temps pour vous écrire ce chapitre XD Et comme ma bêta aussi est en examen il n'est pas encore corrigé (mais je tenais à vous le poster quand même 3 )
Je suis vraiment désolée pour l'attente - encore une fois - et j'espère qu'il vous plaira. Comme c'est le milieu de la fanfiction... ce chapitre fonctionne en binôme avec le prochain qui ne devrait pas tarder (je tiens à l'écrire rapidement mais je ne fais pas de promesse de délai).
BREF. Je vous laisse découvrir ce chapitre ! Merci pour vos reviews ! Et merci pour les followings ! Vous êtes géniaux. Bonne lecture !
Certains disent que l'on naît comme cela, comme si c'était une sorte de fatalité génétique contre laquelle on ne peut strictement. D'autres s'imaginent que c'est à cause des parents – et je dis bien « à cause » comme si c'était une faute plutôt qu'une chance – et de leurs éducations. Certains pensent enfin que ça arrive quelquefois, comme une erreur qui se glisse dans le chaînon de l'existence et que l'on ne s'explique pas vraiment. Pour ma part, je n'ai jamais vu mon homosexualité comme une fatalité ou une erreur. Ce n'était pas non plus un choix, parce qu'il était évident que je ne m'étais pas retrouvé un jour devant une vitrine, une femme et un homme devant moi à devoir me décider duquel je devrais tomber amoureux. Je pense plutôt que c'est en chaque être, mais que certain décident de l'ignorer parce que ça ne les intéresse pas tant que cela, ou parce qu'ils ont plus d'attraction pour le sexe opposé. Je pense que j'étais curieux, et que l'éducation de mes parents m'avait apporté assez d'ouverture d'esprit pour ne pas simplement nier les sentiments qui se développaient pour Greyback. A l'époque je m'étais persuadé qu'il s'agissait d'un amour romantique comme tous les adolescents en rêveraient, et je me fichais qu'il s'agisse d'un homme, notre histoire était aussi romanesque que celle de Darcy et Elizabeth, ou de Tristan et Iseult. Je la fantasmais complètement, m'imaginant des sentiments épiques qui n'étaient que des flamboiements à peine perceptibles.
Je découvrais un brasier ardent dans les bras de Sirius. J'étais déjà blessé par ce que j'avais pu vivre auparavant, mais cette curiosité toujours présente, me poussant à venir goûter à ses lèvres, ou à écouter chaque mots prononçé par cette bouche. Sirius prenait possession de mon être, et je le laissais faire, jusqu'à ce que je réalise qu'il était déjà trop tard. Lorsque je me réveillais dans ses bras, le 1er Janvier, ma bouche était pâteuse, mes idées obscurcies par la gueule de bois, et le poids de son bras sur la hanche me faisait souffrir. Je sentais son corps collé au mieux, les effluves d'alcool et de la sueur remontant à mes narines, en même temps que les souvenirs de la veille. Je réalisais qu'il était trop tard – comme je l'expliquais. Non seulement j'avais cédé aux impulsions et aux désirs que les regards, les discours et la simple présence de Sirius avaient immiscé en moi. Mais je l'avais aussi laissé me posséder alors que je ne pouvais plus simplement me le permettre. Je réalisais que je l'avais mis en danger, et qu'il n'en soupçonnait rien. Le dégoût et la colère prirent rapidement possession de mon être, et je restais là à fixer le vide en essayant de faire fuir les larmes qui risquaient de couler. Suffocant, je quittais les bras de mon désormais amant, dévoilant ma nudité pour quitter la pièce – après avoir récupéré mes vêtements et les avoir remis rapidement. Je ne savais pas si c'était anormal, inné, un choix. Qu'importe, cela n'avait pas d'importance. Parce qu'à ce moment précis, à mes yeux, c'était tout simplement une erreur.
Il neigeait sur Londres, Remus s'était accoudé à la fenêtre de son salon, regardant le ciel chargé de nuages, tout en fumant une énième cigarette. Il n'avait pas quitté son appartement depuis une semaine, avançant son travail de recherche qu'il devait remettre à la fin de l'année afin de pouvoir la valider. Une chose qu'il avait totalement mise de côté depuis qu'il était arrivé à Londres, sans doute parce que passer son temps à parcourir les rues en présence de Sirius Black était bien plus intéressant que quelques ouvrages sur la littérature russe des années 20. Il avait du retard à rattrapé, et le fait que Lily se trouve encore chez James, sans doute à l'instar des autres Marauders l'aidait à se concentrer, et à trouver du temps pour lui.
C'était chiant à mourir.
Il se rendit bien vite compte que ne pas entendre le remue-ménage de ses voisins de palier lui manquait, qu'il ne pouvait pas passer une soirée sans espérer voir Lily débarquer avec un plat qu'elle aurait ramené d'un week-end chez sa mère. Ou passer une journée sans avoir Sirius qui essayait de le convaincre de faire quelque chose de totalement fou – en tout cas aux yeux de Remus parce qu'il avait le sentiment que rien ne pourrait vraiment être « totalement fou » pour Sirius. Comme s'il était blasé de tout ce que la vie pouvait lui apporter, trouvant seulement un semblant d'excitation à voir Remus le découvrir. Et il s'avérait que l'absence de Sirius était bien plus lourde à porter que le souvenir de leur nuit à tous les deux. De plus, Remus prenait conscience qu'il était plus dérangé par le mensonge qui entourait sa fuite et sa réaction que par la nuit en elle-même qui avait été la plus érotique de son existence. Et ils n'avaient pas franchi toutes les étapes de l'amour physique, la fatigue et l'alcool les emmenant dans les bras de Morphée assez rapidement.
Ce souvenir le rendait fou. Il tentait de se concentrer sur ses lectures et ses dossiers pour ne pas simplement fermer les yeux et revivre chaque instant – bien qu'ils soient flous pour certains à cause de tout ce qu'il avait pu boire – de la nuit du Nouvel an. Depuis il n'avait pas eut de nouvelles de Sirius, dédaignant les appels qu'il recevait chaque jour. Il ne saurait quoi lui dire en réalité.
Alors il se trouvait là, accoudé à sa fenêtre, à fumer. Et il se sentait seul. Stupide. Et seul – vraiment très seul. Il se rendait compte que ce qui le liait à ses voisins de palier, à cette bande, était bien plus fort qu'il ne le pensait. Une amitié réelle qui le conduisait à croire qu'ils pourraient peut être lui en vouloir de ce silence qu'il imposait depuis une semaine. Il se doutait que Lily, Peter et Marlène ne tarderaient pas à revenir à l'immeuble, après tout la rentrée était dans deux jours, et ils ne pouvaient pas décemment l'ignorer.
« Remus ! »
Le vent emporta le bruit, laissant Remus perplexe. Il devait sans doute commencer à devenir, fou, le manque jouant sur son imagination et lui donnant l'impression que ses amis se trouvaient là. Il baissa le regard vers la rue, un vrombissement sourd s'arrêtant brusquement juste sous sa fenêtre.
« Remus ! Viens ! »
Son regard tomba alors sur une silhouette qu'il ne pouvait pas reconnaître depuis son balcon – bien que la voix lui était bien plus que familière, faisant galoper son cœur plus rapidement encore. Il déglutit difficilement, et mû par son besoin irrémédiable de retourner auprès de ses amis, il quitta la fenêtre, s'habilla rapidement (un jean, des Doc Marteens, un t-shirt des Ramones, et un manteau beige) avant de prendre son paquet de cigarette, ses clés, et de descendre les marches deux à deux, manquant à plusieurs reprises de tomber.
Il se trouvait là. Sirius Black, dans une veste en cuir qui lui seyait incroyablement bien, adossé à une moto rutilante noire et rouge sur laquelle étaient posés deux casques. Il regardait Remus approcher avec un sourire en coin, ne cachant pas un air lubrique à la vue de sa tenue. Une fois à sa hauteur, Remus se sentit soudainement, incroyablement gêné, sans savoir si cela venait du regard de Sirius sur lui, ou du fait d'avoir fuit malgré la nuit qu'ils avaient partagé. Preuve une fois encore que Sirius n'avait pas les mêmes préoccupations que lui, ce dernier se hissa jusqu'à ses lèvres pour s'en saisir rapidement, plaçant une main derrière la nuque de Remus, l'empêchant d'échapper à l'étreinte. Il gémit contre les lèvres du Black, s'accrochant un moment à sa veste avant de le repousser.
« Qu'est-ce que tu…
- Tu es parti bien trop vite au Nouvel an. Et tu m'as manqué. »
La sincérité dans la voix de Sirius le laissa perplexe, stoïque, sans doute parce qu'il n'était pas habitué à l'entendre parler à cœur ouvert – si compter qu'il puisse considérer cela comme une confession. Les iris brillants, et le sourire timide de son ami lui firent comprendre que c'était le cas. Soudainement Sirius paraissait à nouveau vulnérable, comme s'il craignait de voir Remus partir en courant une fois encore.
Ce qu'il ne fit pas, préférant passer outre, et se concentrer plutôt sur l'engin à leurs côtés.
« Jolie bécane.
- Pas mal hein ? C'est les Potter qui me l'ont offerte pour Noël. Une vraie gonzesse, terriblement capricieuse. Je l'adore. »
Il caressa la carlingue, un sourire de gamin sur les lèvres, comme s'il ne réalisait pas la chance qu'il avait. Remus s'en sentirait presque jaloux, s'il ne trouvait pas l'engin tout aussi attrayant. Etrangement, pour la première fois depuis longtemps, l'envie d'essayer quelque chose de nouveau prit le pas sur tous les potentiels risques qu'il pouvait encourir en essayant. Il prit alors un casque sans demander l'avis de Sirius qui le laissa faire, le fixant avec stupeur.
« Tu m'amènes faire un tour ? » Demanda-t-il tout de même, non sans un sourire de connivence, comme pour assurer au bellâtre qu'il espérait bien pouvoir profiter de ce cadeau à son tour. Alors Sirius opina, sautillant presque sur place. Il mit son casque, enfourcha la moto, et alluma le moteur avant de faire signe à Remus de faire de même. Ce dernier s'accrocha à la taille de son ami, tout d'abord avec timidité avant que Sirius ne prenne ses mains pour les positionner sur son ventre. Il hurla un : « Tiens toi bien » qui justifiait cette proximité – mais Remus doutait qu'il s'agisse uniquement de cela, et il démarra.
Remus ne savait pas combien de temps ils slalomèrent dans les rues de Londres avant de quitter la ville pour se retrouver dans la campagne anglaise. Sirius empruntait des chemins qu'il n'avait jamais vu, et il se contentait de profiter de la promenade pour observer les paysages, et savourer l'effet de la vitesse sur son corps. L'adrénaline coulait dans ses veines, et il avait envie de crier « plus vite » - mais chaque fois qu'ils prenaient un virage un peu trop serré il sentait son corps s'emballait et il serrait les dents pour ne pas crier. Il adorait cela – découvrit-il. Autant pour la proximité de Sirius, la chaleur qui irradiait de son corps, que pour le sentiment de liberté que la vitesse lui procurait. Il se demanda si Sirius lui apprendrait à conduire s'il le lui demandait. Mais sans doute avaient-ils d'autres choses à discuter auparavant.
Ils arrivèrent dans un village plutôt modeste dont le nom échappa à Remus – peut être parce qu'ils roulaient bien trop vite quand ils passèrent le panneau – mais qu'il trouva charmant. Sirius s'arrêta devant une maison un peu reculée, et coupa le moteur avant de faire signe à Remus de descendre de moto et d'en faire de même, laissant les deux casques dans l'attaché-case qui se trouvait à l'arrière de la moto.
« Viens » lui intima Sirius en prenant sa main, et en le conduisant non vers la maison – comme il l'avait cru – mais sur un sentier à côté qui entrait rapidement dans un petit bois. Ils marchèrent ainsi en silence, Sirius gardant fermement sa main dans la sienne. Il appréhendait ce qu'il allait se passer, sentant qu'il ne pourrait de toute façon pas y échapper, et que cela pourrait bien mettre un terme à tout ce qu'il avait crut gagner en venant vivre à Londres. Une fois que Sirius saurait, il ne voudrait plus lui accorder un regard, la trahison était bien trop grande. Après tout, ce n'était pas comme si Sirius avait été subtil dans ses avances, Remus ne les avait pas ignoré, l'incitant plutôt à les multiplier, y répondant comme il le pouvait. Il aurait dû lui dire la vérité plus tôt. Avant d'être trop impliqué. Avant de l'embrasser. Avant de faire plus avec lui.
Ils arrivèrent devant un lac gelé, dont la couleur noire d'encre contrastait avec les nuages blancs qui parsemaient le ciel. Sirius l'amena jusqu'à un banc face au paysage et s'y assit, l'emportant avec lui. Leurs mains toujours enlacées.
« Une de mes cousines habite ici, avec son mari et sa fille. Elle m'a montré cet endroit cet été. » La voix de Sirius était calme, apaisée, et jamais Remus ne l'avait encore vu ainsi. Comme si toute la tension, l'énergie dont il faisait preuve en général s'étaient envolées pour laisser autre chose. Quelqu'un d'autre. Quelqu'un de plus sérieux, de plus adulte. De plus sombre. « J'aime venir ici, quelques fois. Lorsque j'ai besoin de réfléchir. »
Soudainement il se tourna vers Remus. Leurs regards se rencontrèrent, se happèrent violemment pour ne plus se lâcher. Remus aurait été incapable de quitter ses orbes irisées, dont la couleur brillait si violemment qu'il en avait la gorge serrée. Il comprit alors que Sirius aussi était un être brisé.
« Je suis venu ici assez souvent cette semaine. Je n'arrivais pas à… » il inspira profondément, s'obligeant à ne pas quitter le regard de Remus. « Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi tu étais parti aussi vite. Je ne pouvais pas simplement croire que tu n'avais pas aimé, ou que tu avais honte parce que sérieusement Remus… Tu était diaboliquement sexy. »
Les joues de Remus brûlèrent sous l'intensité de ce regard, retrouvant la même flamme qui l'avait saisit ce soir-là. Ce soir-là... Il s'intima au calme, inspirant profondément, sans dévier son regard. Il s'était approché imperceptiblement, son cœur battant toujours follement dans sa poitrine. D'appréhension, d'excitation, d'autres émotions qui le happaient avec délice et qu'il ne voulait pas refouler. Pas cette fois.
« Alors j'ai essayé de rassembler les pièces du puzzle. Je savais que tu avais connu… une déception amoureuse ou quelque chose comme cela. Que c'était peut être un homme – sans doute même au vue de ta réaction au Nouvel an. Je savais que ça t'avait brisé. Mais il y avait plus. Plus qu'un simple chagrin amoureux. Quelque chose qui t'avait rendu apathique, craintif. Comme si tu avais peur d'aller vers les autres. Non pas par crainte que les autres te fassent du mal… mais l'inverse. »
La voix de Sirius s'accélérait, comme s'il essayait de rendre leur cohérence à ses pensés, de trouver la clé d'une énigme qu'il avait sous les yeux mais qui le rendait aveugle. Il se tourna entièrement vers Remus, et mena la main de ce dernier à ses lèvres, le faisant frémir. Il se radoucit, souriant contre la peau de Remus qui en oubliait de respirer. Ils y étaient.
« Il ne t'a pas simplement brisé le cœur n'est-ce pas ?
- Non.
- Il t'a… Je ne sais pas quels sont les termes exacts.
- En général, j'utilise le mot contaminer. »
Il sentait Sirius frissonner et se reculer. Le contact fut brisé, et Remus sentit ses forces le quitter soudainement. L'envie de rester ainsi, assis, sans bouger se fit ressentir. Alors que Sirius ne le touchait plus, il avait comme perdu l'envie de bouger à son tour.
« J'ai le Sida. »
Les mots flottèrent un instant entre eux. Le silence s'installa jusqu'à ce que Sirius bouge à nouveau et lui sourit.
Il lui souriait.
Ca n'avait aucun putain de sens. Pourquoi est-ce qu'il lui souriait ? Remus resta perplexe, sourcils froncés et bouche entrouverte, ne sachant comment prendre ce genre de réaction. C'était bien la première fois que quelqu'un lui souriait quand il annonçait être porteur d'un des virus les plus terrifiants des années 1980.
« Ce n'était pas si dur de l'avouer si ?
- Tu te fiches de moi ? C'est… C'est en général le genre de chose qui fait fuir les gens. C'est pire que la peste. On sait pas d'où ça vient, comment ça se transmet ni… on sait juste que… Ça tue. »
Le dernier mot fut prononcé avec une sorte de fatalisme qui n'échappa pas à Sirius. S'approchant à nouveau de Remus il frôla son bras, entamant des mouvements d'allers et venus qui les apaisaient tous les deux.
« Celui qui t'a… contaminé. Il est ?
- Mort. Ce Noël.
- Je suis désolé, Remus.
- Ne le sois pas. Il l'avait mérité, cet enfoiré. Je ne savais pas qu'il… Je pensais qu'il était honnête. Je pensais qu'il m'aimait. Mais il y a des gens qui sont tellement en colère, qu'ils trouvent amusant de simplement… partager cela. Contaminer les autres pour le plaisir de les voir souffrir à leur tour. »
La lueur qui étincelait les yeux de Sirius à ce moment-là était si rougeoyante que Remus eut un mouvement de sursaut. La colère grandit en lui, et Remus se sentit honteux. Il bafouilla, se recula, entourant son torse de ses mains, et évita le regard orageux autant que possible : « Ce n'est pas… Je ne suis pas comme cela. On aurait pas dû… Tous les deux… C'était une erreur. J'avais bu, je n'ai pas su me maîtriser mais… Ca ne se reproduira pas. Je refuse de prendre ce risque. »
Pour toute réponse il sentit la main de Sirius appuyer sur son menton, le poussant à relever le visage. Leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau, mais cette fois Sirius ne l'emprisonna pas dans une étreinte dominatrice, caressant doucement ses lèvres, comme s'il en savourait la texture, et laissait à Remus le temps de se dégager s'il en avait envie. Mais il ne désirait que cela. Sentir ces lèvres contre les siennes, et jouir de leurs caresses encore et encore. Il savoura le moment, son esprit vagabondant loin de ses pensés, totalement tourné vers le corps de Sirius bien trop proche du sien. Et ses lèvres qui s'entrouvrirent pour venir jouer avec sa langue. Mû par une envie irrépressible de le sentir plus proche encore, Remus s'accrocha à sa nuque, ses doigts jouant avec les cheveux qui tombaient à la base de sa nuque, s'y emmêlant. Ils restèrent un moment, s'embrassant, gémissant, et savourant le sentiment de s'appartenir, d'être l'un contre l'autre sans personne pour venir briser cet instant. Sans rien pour les empêcher de simplement être l'un avec l'autre, puisque c'est tout ce qu'ils désiraient. Le baiser prit fin, et la réalité, abrupt revient soudainement.
« On ne peut pas.
- Pourquoi ? Simplement parce que tu penses que tu vas me contaminer à mon tour ? Je n'ai pas peur.
- Tu devrais.
- Mais je n'ai pas peur. Dis moi que tu n'en as pas envie. Dis moi que tu n'as pas envie de m'embrasser, ou d'être avec moi, et je n'insisterais pas. Dis moi que tu n'as pas aimé cette nuit-là, et je l'oublierais.
- Je ne veux pas l'oublier… »
Sirius s'approcha encore, collant leurs fronts, soufflant sur le visage de Remus, son parfum l'enveloppant avec délice.
« Je n'ai pas peur du Sida. Je n'ai pas peur de la mort. Tant que je peux savourer chaque instant avec toi…
- Je ne veux pas être celui qui te…
- On trouvera un moyen. Je trouverais un moyen pour pouvoir faire l'amour avec toi, être entièrement à toi, sans que tu t'inquiètes. Je trouverais un moyen, Remus. Je te le promets. »
Il voulait y croire, à cette chimère insensée. Croire que tout pouvait être aussi simple, qu'il suffisait de « trouver un moyen ». Et dans la bouche de Sirius ces mots semblaient être les plus aisés à dire. Comme une formalité, une simple formalité qui serait bientôt derrière eux. Il voulait y croire – mais c'était prendre le risque d'être déçu, de voir Sirius l'abandonner quand il comprendrait qu'il n'avait aucun intérêt à rester à ses côtés. Qu'il n'avait rien à y gagner qu'un homme blessé, malade, craintif. Un homme qui avait décidé que la vie était une pourriture, qu'il valait mieux la vivre passivement en attendant que cela passe. Plus vraiment un homme, une ombre plutôt, qui parcourait l'existence sans vraiment y prendre part.
Comment pouvait-il prétendre être au cœur de la vie de Sirius ? Lui qui menait un combat contre la vie, comme s'il était persuadé de pouvoir courir plus vite que le temps. Comme s'il était persuadé qu'il pourrait goûter toutes les pommes interdites. Comme s'il marchait devant la mort en la narguant, agissant impulsivement. Comme s'il savait qu'il était le maitre de son destin, et refusait que quiconque lui dicte ses règles.
Remus désirait ardemment vivre ainsi. Il désirait ardemment sentir l'adrénaline courir dans ses veines. Il voulait être vivant à nouveau, l'être auprès de Sirius, l'être pour lui. Il voulait l'aimer – s'autoriser cette folie. S'autoriser à ne pas penser aux conséquences, et simplement se dire « on verra bien » comme si ce n'était pas effrayant. Comme s'il ne risquait pas de le regretter amèrement.
Finalement peut être était-ce le cas. Choisir entre une existence sans Sirius, retournant à la morosité et la passivité, agonisant sous la peur de vivre, mais certain de ne pas blesser son amant. Et une existence aux côtés de Sirius, flirtant avec le risque, la mort, la folie, prendre le risque de le blesser, mais pouvoir exister pleinement.
Son regard se perdit un moment sur le paysage, le silence bourdonnant dans ses oreilles, l'assourdissant presque. Passivité. Tout à coup, la nature endormie, le lac gelé, et le ciel lourd de nuages lui donnèrent envie de fuir. Il avait le besoin immuable de bouger, de courir, de rire, de chanter, de hurler s'il le fallait. De faire valoir la vie au-delà de tout le reste. De rappeler au monde qu'il n'était pas mort. Pas encore.
« D'accord. » Dit-il simplement en prenant la main de Sirius, se tournant lentement vers lui, le visage rayonnant de cette résolution nouvelle. Il se jeta littéralement sur lui, sa bouche s'écrasant sur celle de Sirius avec une passion folle. Leurs dents claquèrent, retenant à peine des gémissements de douleur, mais aucun ne brisa l'étreinte. Alors qu'il parcourait la bouche offerte de son amant, Remus se retrouva rapidement à califourchon sur ses cuisses, les mains se perdant dans la chevelure d'ébène. En réponse, les mains de Sirius trouvèrent le chemin vers sa peau, passant sous ses vêtements pour venir caresser la peau de son dos. Faisant frissonner Remus. Ils restèrent ainsi, à gémir et s'embrasser durant un long moment. Quand ils se reculèrent pour reprendre leur respiration, ils se sourirent, et Remus quitta l'étreinte pour se redresser.
« Les autres sont rentrés ? »
Changement de sujet peu subtile, mais il ne voyait pas ce qu'il y avait encore à rajouter. Il n'était pas assez naïf pour demander à Sirius s'ils étaient « un couple » ne sachant pas même si le terme conviendrait au bellâtre. Après tout, n'avait-il pas assuré qu'il refuserait toute forme d'engagement ? Que l'amour était une folie ? Qu'il préférait s'en tenir à l'amitié ? Tout cela n'avait pas de sens, mais Remus ne désirait pas en donner un. Il voulait simplement en profiter, savourer la sensation de son cœur qui battait follement, de son envie de sourire bêtement, et le sentiment que le monde pouvait exploser il n'en avait que faire.
Sirius se releva à son tour, et opina.
« Ils devraient être rentrés oui. On donne un concert à Hogwarts ce soir. Tu viendras ?
- Je ne sais pas… J'ai entendu pas mal de bien de ce groupe. Il paraît que le guitariste est un canon.
- Un canon ? Vraiment.
- Il paraît. Je pense que tu as du souci à te faire. Tu m'as ouvert les yeux : la vie mérite d'être vécu. Peut être que je devrais faire des folies de mon corps maintenant. »
Ils marchaient côte à côté, la tension envolait pour laisser une euphorie grandissante. Lâchant un rire canin, Sirius enveloppa les épaules de Remus dans son étreinte, et se pencha à son oreille.
« J'adore quand tu fais des folies de ton corps, Remus. »
Frissonnant, le ton caressant réveillant son excitation, il s'intima au calme, déglutissant difficilement. Ils arrivèrent rapidement jusqu'à la moto, Sirius lui rendant son casque, avant de mettre le sien et d'enfourchait l'engin. Cette fois il n'eut pas besoin d'intimer à Remus une plus grande proximité. Ce dernier mit directement ses mains dans les poches avant du blouson de son amant, et profita de l'étreinte pour inspirer le parfum dans son cou.
Ils rejoignirent Londres assez rapidement, Sirius déposant son ami devant son immeuble pour qu'il puisse se préparer à la soirée. Un baiser volé, rapide, sur les lèvres du Black fut déposé avant qu'il ne disparaisse dans l'immeuble. Ignorant les regards outrés et dégoûtés de quelques passants.
Les bruits qui venaient de son étage le firent sourire. Il était évident que Lily était rentré – elle hurlait une chanson des Stones en passant l'aspirateur dans le couloir comme cela lui prenait quelque fois lorsque son appartement était vraiment en bordel. Les crises de ménage de Lily Evans étaient toujours accompagnées de chansons détruites par sa voix abominable. Mais cette fois, Remus était bien trop heureux pour s'en offusquer. Bien qu'il adorait Beast of Burden.
« Tu as oublier un coin, là. » Hurla-t-il alors qu'il arrivait sur le palier. Lily sursautant avant de le voir – de hurler de joie – et de se jeter à son cou.
« REMUS ! Tu es rentré ! Tu vas bien ? Comment a été ta semaine ? Pourquoi tu es parti si vite ? Dis moi tout ! JE VEUX TOUT SAVOIR ! »
L'euphorie et l'excitation de Lily étaient communicatifs, et il la serra dans ses bras à son tour.
« Je suis heureux de te revoir, Lils. Tu m'as manquée. » Elle se laissa faire, profitant de l'étreinte, sans rajouter un moment. Elle coupa l'aspirateur, se le rangea rapidement. Mais avant qu'elle ait rajouté un mot, Remus ouvrit la porte de son appartement et lui fit signe de venir : « Je t'offre une bière, et je te raconte tout ? »
C'était sans doute la première fois que Remus lui faisait ce genre d'invitation avec autant de simplicité. Habituellement s'il n'était jamais contre un peu de compagnie, l'invitation ne venait pas de lui. Il ne prenait pas de décisions, savourant simplement la présence des autres autour de lui. Jusqu'à maintenant. Lily fut bien trop heureuse d'accepter, et alors qu'il lui offrit une bière, il commença à se déshabiller, écoutant la jeune femme raconter sa soirée de Nouvel An.
« Cette saloperie de Rita Skeeter a encore essayé d'embrasser James. C'est une foutue stagiaire en journalisme. Elle craque sur James. Ils ont couché ensemble une fois, y a longtemps, depuis elle est en demande constante. Je pense que je vais la tuer un jour. C'est même quasiment sûr. » - elle but une gorgée – « Un jour, elle comprendra qu'il ne peut pas s'intéresser à elle. Comment est-ce possible quand on sait avec qui il sort n'est-ce pas ? »
Elle se tourna vers Remus qui se trouvait dans la salle de bain, se rafraîchissant avant de se préparer pour la soirée.
« J'aimerais simplement qu'il le lui fasse comprendre. Qu'il le lui dise. Mais non, il préfère l'ignorer. Je pense plutôt qu'il aime cela. Si être au centre de l'attention de toutes ces pimbêches lui plait tant peut être que je devrais l'abandonner. »
Remus leva les yeux au ciel, soupirant lourdement, avant de revenir dans la pièce, son eau de cologne embaumant la pièce.
« Tu te parfume toi maintenant ?
- Ca m'arrive… Ca m'arrivait. Avant. Il est tant que je recommence à prendre soin de moi non ? »
Il espérait que l'explication ne semblerait pas trop naïf et abrupte. Mais Lily n'était pas si stupide, et elle se pencha vers lui, avec un regard moqueur.
« Et cela n'a rien à voir avec le fait que Sirius et toi avaient passé la nuit du Nouvel an ensemble dans sa chambre, loin des regards ? »
Il lui offrit un sourire en coin, prenant un jean blanc déchiré aux genoux pour le passer, et un t-shirt des Stones.
« On ne peut rien de te cacher, n'est-ce pas ?
- Strictement rien.
- Ca a tout à voir. Je sais pas encore… Ce que c'est, et il y a pas mal de… Enfin. Ce n'est pas si simplement. Mais parfois il faut juste en profiter n'est-ce pas ? »
Lily se leva alors du canapé où elle était assise avec sa bière, et prit Remus dans ses bras. Une étreinte amicale, presque fraternelle, qui fit sourire le jeune homme.
« Des choses terribles arrivent à des gens bien, Remus. Ce n'est pas pour cela qu'on va arrêter de t'aimer. Ce n'est pas pour cela que ça fait de toi quelqu'un de détestable. »
Si elle savait pour lui elle n'en dit pas plus, et il ne se sentait pas le courage – ou l'envie – de lui poser la question. Il profita simplement de l'instant, de l'impression que tout allait pour le mieux, que la vie n'était pas si abominable en fin de compte.
« Tu viens au Hogwarts ce soir ? »
Demanda-t-il finalement, brisant l'instant d'émotion pour se concentrer sur la vie de jeunes adultes délurés. Elle se recula et lui offrit un doux sourire.
« Evidemment. Même si James… Je sais pas. Il a été distant et nerveux cette semaine. C'est peut être pas que Sirius a été un parfait connard après ta disparition soudainement, mais… J'en sais rien. Tu crois qu'il va …
- James est fou de toi, Lils. Arrête de dramatiser. Et arrête de croire qu'il irait avec quelqu'un d'autre. Personne n'exprime plus clairement ses sentiments que James Potter, et les siens à ton égard sont plutôt clairs non ? Alors bouge tes fesses, va te faire belle, et on part dans une heure. »
Le sourire cristallin de la jeune femme lui répondit, alors qu'elle sortit de la pièce en sautillant presque. Elle se retourna une dernière fois, croisant le regard surprit de Remus.
« Tu sais quoi ? Sirius avait raison : t'es terriblement sexy. » Rougissant, alors que la demoiselle sortait de la pièce pour retourner dans son appartement, Remus prit la bière à moitié entamée et décida de la terminer. Alors qu'au-dehors la neige avait recommencé à tomber, il se sentait apaisé, léger. Heureux.
To be continued. HAHA.
