Kostyum ne geroy
Auteur : Angelscythe
Genre : Sombre, un peu drama, humour (j'espère…) shonen-ai, romance
Couple : Stucky !
Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ? (Bon hormis Alexandre Sheperd qui, pour le coup, est à moi, yup)
Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !
Note 2 : Les passages en italique/noir sont ceux où Jacques parle français (histoire de ne pas toujours me répéter)
PARTIE I
CHAPITRE II : Ricochet
Bucky se perdait dans le campement de fortune. Ils n'avaient pas grand-chose si ce n'était des rochers, quelques vêtements supplémentaires pour faire des tentes de fortunes. Ils ne pouvaient rien cacher aux autres. Pas que le Sergent en ait foncièrement envie mais il n'aurait pas non plus craché dessus.
Il entendit du bruit alors qu'il jetait quelques vêtements sur un rocher un peu moins désagréable que les autres. Le froid de début Novembre s'enroulait autour de lui et le fouettait impitoyablement tandis qu'il se tournait vers Jacques Dernier.
- Sergent, ça fait du bien de vous voir. On pensait que vous ne sortiriez jamais du mitard. Captain America, c'est un homme fantastique, hein ?!
Son supérieur se tendit mais força un sourire alors qu'il voulait juste se laisser tomber sur la pierre. Ou au sol… tant qu'à faire.
- Je… n'ai pas tout compris Jacques.
Gabe Jones surgit de nulle part, telle une ombre à l'affut.
- Je pensais que vous étiez meilleur en français que ça !
- La fatigue. Marmonna Bucky. Qu'est-ce qu'il a dit ? Demanda-t-il.
- Il a dit que Captain America t'avait sauvé et que c'était un grand homme.
Bucky s'assit pour de bon cette fois. Il se passa la main sur le front, serrant les dents car il venait d'effleurer une plaie ouverte.
- Oui. Captain America, c'est quelqu'un de bien. Il vous a sauvé aussi. Il a fait plus que n'importe qui.
Gabe claqua sa main sur l'épaule de son Sergent en un geste viril et amical.
- Faites pas cette tête ! Vous aussi vous êtes un grand homme. Vous avez pu apprendre plein de truc. Ça fonctionne toujours comme ça quand on interroge quelqu'un, non ? Vous avez vu plus de choses dans cet endroit.
Jacques Denier leva le regard vers son ami, opinant vivement à la fin de chaque phrase, lâchant régulièrement « oui ».
- Ne faites pas cette tête, hein ? Rajouta Gabe en pressant l'épaule de Bucky dans sa main.
Pour approuver cette phrase, qu'il trouvait très vrai, Jacques fit de même sur l'autre épaule. Le Sergent lâcha un petit rire et sourit en exhibant ses dents.
- Vous avez raison. Où est-il d'ailleurs, ce grand héros ?
- Il s'assure que tout le monde à tout ce qu'il faut. Il donne beaucoup de sa personne. Dit Gabe en désignant Steve du pouce, un peu plus loin.
Bucky se pencha légèrement et acquiesça légèrement du menton lorsqu'il repéra son meilleur ami au loin.
Il donnait de sa personne, oui. C'était tout ce qu'on pouvait logiquement attendre du Captain America, de Steve Rogers…
- Vous voulez le voir ? Demanda Jacques.
Des mots que Bucky comprenait malgré son état de fatigue, la sensation de brouillard et la migraine qui se profilait. Il n'était pas fier de lui mais il fit semblant de n'avoir rien saisit et secoua discrètement la tête. Ce qui pouvait tant passer pour une réponse ou de l'incompréhension.
- Vous avez l'air un peu lessivé, Sergent. On va vous laisser vous reposer.
- Merci. Passez une bonne nuit.
- Vous aussi.
Bucky fit un geste de la main et leva les yeux vers les fumées qui continuaient de s'élever de temps en temps, rappelant qu'il y avait eu une base de l'HYDRA là-bas. Il profita de son peu de solitude pour retranscrire rapidement un message sur une vieille feuille de papier avec tout ce qu'il trouvait : un bâton et un peu de terre.
Une fois fait, il le fourra dans sa poche puis arrangea ce qu'il avait sous la main pour tenter de dormir. Et il fallait dire que dormir n'était vraiment pas de refus ! Quand était-ce la dernière fois que Zola et Schmidt l'avaient laissé faire ? Est-ce que c'était avant ou après les hallucinations qui le faisaient murmurer plus que son matricule ? Heureusement, il n'avait rien dit de dangereux pour les forces armées des États-Unis d'Amérique. Mais pas pour les tortures…
Ah ? En ce cas, les hallucinations remontaient à longtemps. Mais ça n'empêchait qu'il n'avait plus dû dormir depuis au moins septante-deux heures. À chaque fois qu'il s'abandonnait au sommeil, des coups, de l'électricité ou une sensation violente de noyade le sortait de ses amorces de cauchemars.
Il eut un frisson en repensant à ces horreurs et s'allongea sur la terre parfaitement inconfortable. Mais il n'allait pas se plaindre. C'était tellement mieux qu'une table d'opération avec sangle. Puis ce n'était pas comme si les lits de camps ne lui avaient pas appris à résister à ça.
Il ferma les yeux et sombra simplement.
µµµ
Steve donna sa veste à un homme aux blessures si effroyables que sa réserve d'eau n'avait pas suffi à laver ses plaies. Il retira enfin le casque qu'il avait honteusement volé à l'une de ses ravissantes danseuses et s'approcha de l'endroit où devait être Bucky. Il fut soulagé de voir qu'il n'avait pas bougé mais il se retint de le toucher en voyant qu'il dormait.
Il sourit, l'observant à travers l'un des rideaux de flammes éparpillés un peu partout dans le campement.
Il posa son bouclier à moitié détruit et prit le premier quart avec deux autres de ses hommes.
µµµ
La plupart des soldats avaient été entraînés à ne pas manger pendant des jours et ils auraient bien pu supporter la famine le temps de rentrer au campement officiel s'ils n'avaient pas dû se battre pour manger quelques bouchées d'avoines humides…
C'était ainsi que Steve s'était retrouvé à chasser une biche. Et… à lui sectionner la gorge grâce à son bouclier. Ils faisaient alors chauffer cette viande et se la partageait au même titre que les rations d'eau puisée un peu plus tôt dans une cascade clair à deux bon kilomètre. Avec cela, il y avait quelques pommes trop mûres et des châtaignes qui chauffaient avec le gibier. Steve avait bien trouvé des champignons mais il n'était pas sûr qu'ils soient comestibles alors il avait préféré les laisser.
Les rescapés seraient bientôt remis sur pied et ils pourraient repartir. Peut-être réussir à s'éloigner assez pour trouver un campement vraiment propice où ils pourraient se rassasier à leur faim et dormir de tout leur saoul.
- Eh bien… Captain America sait vraiment tout faire. Dit une voix derrière Steve.
Celui-ci s'interrompit une seconde alors qu'il distribuait des morceaux de viande encore un peu juteuse puis reprit cette labeur en jetant un coup d'œil à Bucky qui s'approchait, l'air plus vif, plus… lui.
- Merci. Je suis content que tu ailles mieux Bucky. On repartira bientôt. J'espère que ça ira pour toi. D'autres hommes doivent avoir des soins au plus tôt. Si on ne se dépêche pas, j'ai peur que certains d'entre eux meurent avant qu'on ne rentre au campement.
Le Sergent secoua la tête en souriant.
- Tu n'as pas besoin de me dire ça, Steve.
Il s'avança de quelques pas et s'assit sur une pierre basse à côté de lui. Mais le Capitaine notait tout de même qu'il y avait trois roches entre eux, un bon mètre et demi. Même en tendant la main, il ne pourrait pas l'effleurer.
- Buc…
- Je pense aussi qu'on doit rentrer au plus tôt. Les supérieurs doivent penser à leurs hommes avant tout ! Moi, je vais bien.
- Tu es enco…
- Je vais bien. Répondit Bucky avec un sourire. Donne-moi à manger et j'irai encore mieux.
Steve lui tendit sa portion sans plus attendre.
- Merci.
- Je t'en prie. Je…
Le Capitaine hésita, regardant les mains de son ami porter la viande à ses lèvres pour en arracher un morceau. Le blondinet retint un sourire en voyant le jus couler sur le menton de Bucky. Pas parce qu'il mangeait comme un cochon, ce qui aurait pu entraîner des jeux plus osés il y a encore quelques mois, mais simplement parce qu'il retrouvait un peu plus de Bucky chaque minute.
- … vais rassembler les hommes et voir si tout le monde va bien. Vérifie l'armement quand tu pourras avec quelques hommes de confiance.
- Oui, Captain America.
Leurs yeux plongèrent l'un dans l'autre. Aucun d'entre eux ne souriait. Steve carra les épaules, hocha à peine le menton et partit vers les autres hommes entassés ci et là, poussant Rogers à se demander s'il ne devait pas aller chasser un autre animal. Tout le monde mangeraient-ils à leur fin ? Ne risquaient-ils pas de voir tomber les hommes lorsqu'ils avanceraient vers le campement ?
Il n'aimait pas devoir jouer leur vie mais avait-il seulement d'autres choix ?
Risquer la vie de quelques-uns pour préserver celle de tous les autres.
Il lança un regard vers Bucky lorsqu'il s'éloigna, manquant de trébucher sur un rondin qu'il avait lui-même déplacé en tant que siège.
- Capitaine ? Questionna un homme à la moustache brune.
- Tout va bien, merci. Euh…
- Alexandre Sheperd. Lui lança le Sergent.
Le dénommé Alexandre regarda de l'un à l'autre et fit un garde-à-vous.
- Aidez-moi à m'assurer que tout le monde va bien. Nous partons à zéro six-cent trente heures(1). Dit-il.
- Oui, Capitaine.
Le Soldat se mit au garde à vous puis fila au trot. Bucky termina rapidement cette pitance un peu dure pour partir à sa propre mission. Il ne leur restait qu'une heure. Ils avaient encore beaucoup à faire et c'était hors de question de la perdre.
µµµ
Les hommes n'hésitaient pas à se soutenir lorsqu'il le fallait, d'autres étaient dans les blindés car trop faibles pour se déplacer. Leur pas était à la fois pitoyable et fier. Parce que c'était des hommes qui avaient bravés la mort qui revenaient finalement de l'Enfer mais dans quel état. Steve n'avait cessé de les regarder jusqu'à ce qu'on les acclame et que la foule de militaire se presse autour d'eux. Ça faisait du bien. Beaucoup de bien…
Et peut-être que cette sensation était encore plus délectable parce que Bucky était juste derrière lui. Ils étaient ensemble. On leur assignerait une tente et ils pourraient tout mettre à plat, se reposer, vraiment manger et puis… tant reprendre les entraînements que se préparer à plus que cela. Il espérait activement qu'après cette prouesse, il pourrait vraiment en faire partie.
Le Colonel Chester Phillips s'avança vers lui et il eut une vague de sueur froide qu'il contint avec vigueur.
Il n'avait pas envie d'être chassé loin de Bucky. Il n'avait pas plus envie de recommencer à être un joli singe qui plaisait au peuple. Il voulait prouver, une nouvelle fois, qu'aujourd'hui, il était capable de plus. Comme son ami était juste à côté de lui, c'était comme s'il oubliait complétement tout ce qu'il avait traversé, ses nouvelles résolutions bien que détestable… Il voulait juste être à la hauteur du Sergent, fier à ses yeux. Oui, dès qu'il était là, il avait besoin de faire le beau.
Qu'est-ce qu'il dirait cette fois ? Lui qui s'évertuait à l'appeler Captain America.
Il vit le regard de Bucky et puis le hochement de tête ferme. S'il ne l'approuvait pas, ça y ressemblait beaucoup.
- Colonel. Dit Steve en se mettant au garde-à-vous. Nous avons besoin de médecins. Certains hommes sont gravement blessés.
Calmant sa crainte, il continua.
- Je suis prêt à répondre de mes actes, Colonel.
- Ce ne sera pas nécessaire. Lui assura-t-il.
Le soulagement qui étreignait le blondinet était si fort qu'il irradiait presque par vague. Il y a encore quelques mois, Bucky se serait moqué de lui. Surtout que ça se sentait mais ça ne se voyait pas…
- Eyh ! On applaudit Captain America. Tonna la voix du Sergent, ce qui provoqua une foule d'acclamation comme Steve n'en avait jamais eue. Même dans ses spectacles.
Ou ceux-ci étaient-ils juste plus plaisant ? Pourtant, tel un cruel coup du sort, le titre résonnait encore.
µµµ
Le Soldat Alexandre Sheperd se dirigea vers la tente du Colonel. Il pouvait se faire écarter pour moins que ça… Mais lorsqu'il entendit son supérieur parler de « l'enfant chéri de l'Amérique », il eut la certitude que ce qu'il allait faire… devait être fait.
(1) Utilisation du système militaire américain. Ça équivaut à six heures et demie.
